Bonjour

Voici le chapitre 4. Dean et Castiel partagent enfin la même cellule !

Merci de me lire et de m'écrire. Merci pour vos compliments et vos encouragements. Vous me donner la motivation pour continuer à écrire !

Bonne lecture et à jeudi

Sydney8201

Musique du chapitre :

The Pretender de Foo Fighters

Chapitre 4 : Envie

« L'envie, ce vice contraire à tout amour »

Sébastien Lapaque

Castiel était en colère. Pire encore, il était fou de rage. Et ce n'était jamais une bonne chose quand on avait tendance à passer cette colère sur les autres. Il avait demandé expressément à ce que ses « amis » bousculent Dean pour le contraindre à accepter l'aide de Castiel. Il avait exigé que personne ne le touche. Que personne ne laisse de trace sur lui. Il voulait que les marques qui apparaîtraient ensuite sur le corps du jeune homme lui appartiennent.

On ne l'avait pas écouté. L'homme chargé de remplir ce contrat avait fait du zèle. Il avait posé ses mains sur Dean. Il l'avait touché. Et un autre avait osé le menacer d'un couteau, entaillant sa peau parfaite avec la lame. Il avait fait couler le sang et il allait le payer cher.

Castiel ne pardonnait pas. Il se souvenait de tout et obtenait vengeance tôt ou tard. Ces deux hommes mourraient. Il se fichait que cela crée ensuite des tensions avec ces alliés. Il ne pouvait pas accepter qu'on ne suive pas ses ordres à la lettre. Cela serait un message adressé à tous ceux qui travaillaient pour lui. Soit on faisait exactement ce qu'il demandait soit on le payait de sa vie.

Castiel ordonna à Gabriel de faire le nécessaire. Il n'écouta pas les protestations de son bras droit. Il avait pris une décision et tout le monde avait intérêt à l'écouter.

Il avait observé Dean de loin avant que Carlos ne l'aborde. Il l'avait admiré sans se cacher. Jamais avant il n'avait été autant attiré par un autre homme. Jamais avant il n'avait eu autant envie de quelqu'un. C'était étrange et déroutant. Mais c'était également une motivation supplémentaire pour avoir le jeune homme dans son lit aussi rapidement que possible.

Dean avait fait mine de soulever des haltères pour passer le temps. Mais il était évident qu'il était occupé à surveiller les alentours et les autres détenus. Il était probablement terrifié à l'idée que quelqu'un vienne l'aborder.

Carlos l'avait ensuite approché et durant les premières minutes, tout s'était déroulé selon leur plan. Dean avait tenté de le repousser par les mots. Il avait essayé de prendre la fuite. Et c'était là que tout avait basculé. Carlos l'avait forcé à rester puis ses amis s'étaient mis autour de lui pour que personne ne voit ce qu'ils lui faisaient. Personne n'était intervenu. Castiel avait attendu, espérant qu'il ne se passerait rien de sérieux. Puis il avait vu le couteau. Il avait entendu Dean supplier. Il était passé aussitôt à l'action.

Quand le jeune homme avait accouru à sa hauteur, il l'avait aussitôt attiré contre lui pour que tout le monde sache qu'il lui appartenait. Il l'avait conduit à l'écart et avait étudié ses blessures. Elles ne laisseraient pas de cicatrices mais les marques seraient visibles pendant encore quelques jours. Cela rendait Castiel fou de rage. Il s'était toutefois forcé à garder son calme devant le jeune homme pour ne pas l'effrayer plus encore. Il avait parlé avec lui et en avait profité pour en apprendre plus sur lui. L'entendre lui raconter comment il avait été violé n'avait fait qu'attiser sa colère. Il s'était promis de retrouver l'homme qui lui avait fait subir ces horreurs et de le tuer aussi.

Puis Dean avait dit « oui ». Il avait donné son accord pour que Castiel le protège et il n'avait pas nié qu'il le trouvait attirant. Castiel l'avait tenu proche de lui, inhalant son parfum enivrant et observant les traits de son visage. Il avait eu envie de l'embrasser. De le prendre ensuite sur ce banc pour que tout le monde puisse les voir. Mais il savait qu'agir ainsi reviendrait à perdre Dean pour de bon. Le sexe en lui-même serait très certainement agréable. Mais Castiel était également attiré par l'esprit et la force qui émanait de Dean. Il le voulait consentant. Il le voulait tel qu'il était maintenant. Il refusait de n'avoir face à lui que le fantôme du jeune homme. Il allait donc devoir prendre son mal en patience et attendre que Dean cède enfin à ses avances. En attendant, il aurait déjà le loisir de l'avoir dans sa cellule. C'était mieux que rien.

Le reste de l'après midi passa rapidement. Castiel dut se séparer de Dean quelques heures avant de pouvoir le rejoindre ensuite pour le dîner. Ils mangèrent en silence. Il était évident que le jeune homme était nerveux. Sans doute à l'idée de passer la nuit dans la même cellule que Castiel. Mais ce dernier ne tenterait rien. Du moins pas si Dean ne le souhaitait pas. Et il ne semblait pas prêt à s'offrir à lui. Il était encore bien trop apeuré et méfiant.

Quand les gardes les raccompagnèrent à leur cellule, Dean tremblait. Il regardait autour de lui et ressemblait à s'y méprendre à une proie dans le viseur d'un chasseur. Une proie qui savait que la mort était proche mais qui souhaitait tout de même regarder son bourreau dans les yeux une dernière fois. C'était incroyable. C'était magnifique.

Castiel attendit que la porte de la cellule soit fermée et le garde loin pour indiquer les lits à Dean du menton.

- Je dors sur celui du haut. Tu peux prendre celui du bas. Ou tu peux dormir avec moi.

Dean fronça les sourcils avant de se laisser tomber sur le lit du bas. Sa réponse était claire. Il n'était de toute évidence pas prêt à partager le lit de Castiel. Ce dernier ravala sa frustration et retira son tee shirt. Il le posa sur une chaise avant de faire face à Dean à nouveau.

Il était étrange pour lui de partager sa cellule avec quelqu'un. Jusque-là, il avait obtenu d'être seul. Il détestait partager son espace avec un autre. Il vivait seul et il refusait de changer ses habitudes maintenant qu'il était en prison. Il était toutefois prêt à revoir sa position pour Dean. Il le voulait aussi proche de lui que possible. Il voulait pouvoir le surveiller et l'admirer.

- Tu comptes rester assis sur ce lit toute la nuit ? Tu n'as pas l'intention de dormir ?

- Je n'ai pas sommeil.

Castiel savait qu'il s'agissait d'un mensonge. Dean était visiblement épuisé. C'était normal après la journée qu'il avait eue. Mais il était trop stressé pour s'endormir. Il avait sans doute peur que Castiel tente quelque chose dès qu'il aurait les yeux fermés. Il n'avait pas confiance en lui. Castiel pouvait le comprendre.

Il s'approcha de Dean et s'accroupit pour être à sa hauteur. Il était torse nu mais il n'était pas pudique. Il savait qu'il avait un corps parfait. Il voulait également tenter Dean pour voir comment il réagirait. Il ne manqua pas le coup d'œil furtif du jeune homme sur son torse. Il sourit.

- Tu as besoin de reprendre des forces. Ce n'est que le premier jour. Et après ce que tu as vécu, il est évident que tu dois être épuisé. Alors arrête de te comporter comme un enfant et déshabille-toi.

Dean croisa aussitôt ses bras sur son torse. Il n'avait visiblement pas interprété les propos de Castiel correctement.

- Je croyais que tu ne tenterais rien … pas tant que je ne serais pas prêt.

- Et j'ai bien l'intention de tenir cette promesse. Mais tu ne vas pas dormir tout habillé. Et puis je veux vérifier que tes plaies ne risquent pas de s'infecter.

- Je vais bien et de toute façon, j'ai … j'ai un peu froid.

Castiel était tout à fait prêt à laisser du temps à Dean pour accepter ses avances. Mais il n'aimait pas qu'on lui mente. Il n'aimait pas non plus qu'on le défie pour quelque chose d'aussi stupide. S'il aimait ce feu qui animait Dean depuis son arrivée, il ne supportait pas pour autant qu'il lui manque ainsi de respect.

- La cellule est chauffée, assura-t-il.

Il ne laissa pas le temps à Dean de protester ou d'inventer un nouveau mensonge. Il le saisit par le bras et le força à se lever. Il était plus fort que lui et il n'eut aucune difficulté à le remettre debout. Dean tenta de se débattre mais Castiel était suffisamment entraîné pour ne pas se laisser surprendre. Il plaqua les bras de Dean contre son corps et plongea son regard dans le sien.

- Déshabille-toi. Je ne le répèterais pas une nouvelle fois.

Dean tremblait à nouveau. Castiel savait qu'il lui faisait peur. Mais il s'en fichait. A cet instant précis, il avait bien trop envie de voir Dean à moitié nu pour se soucier de ce que le jeune homme en pensait. Il attendit quelques secondes pour être sûr que Dean n'allait pas se débattre à nouveau avant de le relâcher. Le jeune homme ne pouvait pas reculer. Ses jambes étaient collées contre le lit derrière lui. Il ne pouvait pas non plus fuir sur le côté. Castiel était pratiquement collé à lui.

- Je suppose que tu ne te retourneras pas si je te le demande, souffla finalement Dean.

Castiel ne répondit pas parce que la question était stupide. Il était impossible de se montrer pudique en prison. Ils partageaient leurs douches avec les autres détenus. Ils utilisaient les toilettes devant leur compagnon de cellule. Dean allait devoir s'y habituer. De surcroît, au vu de son passé, il était évident qu'il avait dû se trouver nu devant tout un tas d'étranger. Il ne voyait pas ce qui était différent à le faire devant lui.

Dean hésita une seconde mais finit par retirer son tee-shirt. Castiel prit son temps pour observer son torse. Il ne chercha pas à s'en cacher. Dean savait qu'il était attiré par lui. Il n'était pas gêné de l'admirer ouvertement.

Dean était musclé. Ses pectoraux étaient dessinés finement et son ventre était plat. Il n'avait pas une musculature impressionnante mais il avait une force indéniable. Ses épaules étaient couvertes de tâches de rousseur. Il était totalement imberbe. Castiel observa ensuite ses bras. Ils étaient visiblement puissants. Il était évident que ses muscles n'étaient pas le fruit d'un travail avec des poids ou des haltères. Il avait développé cette musculature jour après jour sans avoir à fournir d'efforts particuliers. Il avait le corps d'un homme en bonne santé qui faisait probablement attention à rester en forme sans chercher à forcer les choses. Il était tout ce que Castiel aimait. Tout ce qu'il désirait. Il baissa ensuite les yeux sur le pantalon du jeune homme.

- Je t'ai dit déshabille toi, répéta-t-il.

- Je ne vais pas me mettre nu devant toi, protesta Dean aussitôt.

Il avait les joues rouges et le souffle court. Ce n'était pas dû à l'excitation mais bel et bien à une certaine angoisse et à une gêne évidente.

- Tu peux garder ton caleçon. Mais tu vas retirer ce pantalon.

Il aurait nettement préféré que Dean se déshabille entièrement. Mais il savait que cela ne ferait qu'effrayer plus encore le jeune homme. Il devrait se contenter de le voir presque nu. C'était déjà mieux que rien.

- Tu promets de ne rien tenter ?

- Dean, ma patience a des limites.

Le jeune homme soupira longuement puis déboutonna son pantalon. Il le laissa tomber le long de ses jambes arquées puis retira ses chaussures pour l'enlever. Il le jeta dans un coin de la cellule du pied avant de croiser ses bras et de poser ses mains sur son entrejambe. Il était mal à l'aise. Il n'avait toutefois aucune raison de l'être. Son corps était une œuvre d'art. Castiel était presque sûr qu'un photographe ou un artiste quelconque aurait été intéressé pour se servir de lui comme modèle. Il avait des cuisses musclées. Et ce qu'il avait entraperçu de son entrejambe avant qu'il ne la couvre laissait à penser qu'il était plutôt bien fourni dans ce domaine. Bien sûr, il aurait pu en avoir le cœur net en lui faisant retirer son caleçon. Il dut résister à l'envie de l'y contraindre.

- Tourne-toi, exigea t-il à la place.

Dean sembla hésiter à nouveau mais fit tout de même ce que Castiel lui demandait. Il avait probablement compris que refuser ne lui apporterait rien de bon. C'était un signe positif. Il semblait enfin avoir saisi l'importance de suivre les ordres. Il était toujours méfiant et défiant. Mais il était également raisonnable et suffisamment malin pour savoir quand se taire. C'était aussi pour ça qu'il avait survécu jusque-là.

Une fois qu'il lui tourna le dos, Castiel prit son temps pour l'observer à nouveau. Il y avait également des tâches de rousseur entre ses omoplates et le long de sa colonne vertébrale. Elles fascinaient Castiel et il avait envie de tenter de les relier entre elles du bout de la langue. Plus tard. Pour le moment, il allait se contenter de regarder. Il laissa ses yeux descendre jusqu'aux fesses du jeune homme. Elles étaient elles aussi parfaites. Musclées et rondes. Castiel pouvait facilement s'imaginer allant et venant entre elles. Les écartant pour avoir un meilleur accès. Les serrer dans ses mains. Les frapper peut-être un peu si Dean ne se montrait pas totalement obéissant.

- Qu'est-ce que tu fais ? demanda Dean en jetant un coup d'œil à Castiel par-dessus son épaule.

Ce dernier lui saisit la nuque pour le forcer à tourner la tête à nouveau et à regarder droit devant lui. Dean se laissa faire sans résister.

- Je t'admire… Tu devrais être flatté. Ce n'est pas quelque chose que je fais souvent. Mais je dois reconnaître que ton corps est fascinant.

- Euh … merci, souffla Dean d'une toute petite voix.

Castiel sourit alors avant de se baisser à nouveau. Il observa la blessure que le couteau avait provoqué dans le bas du dos du jeune homme. C'était une égratignure superficielle. Elle ne saignait plus. Elle disparaitrait bientôt. Mais elle était insupportable à regarder. Castiel sentit la colère l'envahir à nouveau.

- Je peux te promettre que ce salopard va payer pour ce qu'il t'a fait, jura t-il.

- Castiel, non. Ce n'est rien. Inutile de faire quelque chose de stupide pour une égratignure.

- C'est une question de principe Dean. Cet homme t'a blessé et il va le payer.

- Tu ne vas pas le tuer … Castiel, ne sois pas ridicule.

- Es-tu en train de me dire ce que je dois faire ? Dois-je te demander l'autorisation à l'avenir avant de faire quelque chose ?

Dean se tourna alors et Castiel leva les yeux vers lui, surpris. Il posa ses mains sur les hanches du jeune homme et le sentir frissonner à nouveau.

- Non, bien sûr que non. Mais je … si tu te fais prendre, tu seras conduit en isolement et je sais que je serais celui qui en payera les conséquences. Tu m'as promis de me protéger. Tu ne pourras pas le faire si tu es enfermé loin de moi.

Castiel se redressa alors et vint se coller contre le jeune homme. Le contact de leurs deux torses nus le fit frissonner à son tour. Il avait tellement envie qu'il eût du mal à résister. La peau de Dean était douce et chaude. Son odeur emplissait ses narines. Il aurait dû reculer mais il en était incapable.

- Serais-tu inquiet pour moi ? demanda-t-il en souriant.

- Non, je suis inquiet pour moi. Je ne veux pas payer les conséquences de tes erreurs.

Castiel l'attrapa alors par la nuque.

- Je ne commets jamais d'erreurs Dean. Je ne suis pas stupide. Je ne vais pas faire quelque chose qui pourrait m'amener à être séparé de toi. J'ai suffisamment d'alliés ici pour que le travail soit fait sans que j'aie à m'en mêler.

C'était vrai. Castiel ne ferait rien lui-même. Il tenait à rester à l'écart des ennuis. Mais il ordonnerait à un de ses alliés de faire le travail pour lui. Pas Gabriel. Il ne voulait pas mettre son bras droit en danger. Pas Rafael non plus. Il était presque convaincu qu'il refuserait. Il le demanderait sans doute à un des membres d'un gang rival à celui des hispaniques. Personne ne se douterait alors que l'ordre émanait de lui.

- Ne le tue pas, murmura Dean.

Castiel ne comprenait pas pourquoi le jeune homme insistait. Bien sûr, il n'était pas un meurtrier. Juste un petit délinquant qui avait agi en désespoir de cause. Il n'avait sans doute jamais fait de mal à quelqu'un dans sa vie. Mais cet homme avait manqué de le violer. Il avait manqué de le poignarder. Il aurait dû être furieux. Il aurait dû demander à ce qu'on le tue pour lui. Sa réaction surprenait Castiel. Mais c'était souvent le cas quand les gens choisissaient de ne pas se venger pour ce qu'on leur faisait subir. Quand ils s'en tenaient à la morale commune. Quand ils s'en remettaient à la justice.

- Pourquoi ? Est-ce que tu tiens à lui ? Est-ce que tu as envie qu'il tente de te faire du mal à nouveau ?

Dean secoua la tête aussitôt. Il avait l'air furieux que Castiel puisse le suggérer. Mais il savait se contrôler. Il avait visiblement appris à maitriser ses émotions pour éviter les ennuis. C'était une qualité de plus que Castiel admirait chez lui.

- Je me fiche de lui. Je me fiche qu'il meurt ou non. Mais je refuse qu'il soit tué par ma faute. Je refuse d'être mêlé à un meurtre. Ce n'est pas le genre d'homme que je suis. S'il te plait Castiel … je t'en supplie. Laisse tomber.

Castiel aimait entendre Dean le supplier. Bien sûr, il aurait préféré que ce soit dans d'autres circonstances. Il aurait préféré que le jeune homme prononce ces mêmes mots pour le supplier de le laisser jouir. Mais ce n'était pas encore le moment. Il ne devait surtout pas oublier la promesse qu'il lui avait faite.

- Tu crois vraiment qu'il mérite ta clémence ? Dean, après ce qu'il t'a fait, la mort est un châtiment presque trop doux.

- Il n'est pas question de clémence ou de pardon. Je le déteste et s'il venait à mourir demain, je ne le pleurerais sans doute pas. Je serais peut-être même soulagé. Mais je refuse qu'il meure par ma faute. Je ne veux pas ressortir de cette prison avec ça sur la conscience.

La conscience était un concept que Castiel avait du mal à saisir. Il n'avait jamais eu de problème avec la sienne. Sans doute parce qu'il n'en avait pas. Il avait juste quelques principes auxquels il se tenait. Si quelqu'un lui désobéissait ou tentait quelque chose contre lui, il le tuait pour éliminer la menace et faire passer un message. Il ne tuait pas ceux qui ne le méritaient pas. Il ne tuait pas d'innocents.

- Tu es une créature énigmatique Dean. J'avoue que j'ai du mal à comprendre comment tu fonctionnes.

- Peut être que le fait d'avoir une conscience est un mystère pour toi mais c'est pourtant comme ça que la majorité des gens fonctionnent. Et cela explique sans doute que tu sois en prison.

- Fais très attention à ce que tu dis de moi Dean, le menaça Castiel.

Il n'aimait pas que Dean l'insulte. Il ne l'accepterait jamais. Il serra sa nuque un peu pus fortement en guise d'avertissement. Le jeune homme déglutit avec peine mais ne dit rien.

- Je te rappelle que tu es en prison toi aussi.

- Mais je n'ai jamais tué personne. Je ne suis pas un meurtrier. Je n'aurais jamais tiré sur l'homme à la station-service. Je ne ferais jamais de mal à qui que ce soit même si j'estime qu'il le mérite. Je ne suis pas comme ça.

- Il m'a défié Dean. Il doit le payer. Si je ne fais rien, il recommencera. Je connais les hommes comme lui. Ils ne comprennent que les actes.

Dean fronça alors les sourcils, visiblement surpris par les propos de Castiel.

- Comment ça, il t'a défié ?

Castiel réalisa alors son erreur. Il ne voulait pas avouer à Dean qu'il avait demandé à ces hommes de le bousculer pour le convaincre de le rejoindre. Il ne pouvait pas dévoiler son plan. Il risquait de perdre le jeune homme et d'avoir ensuite à recourir à ses méthodes plus drastiques.

- Tu es à moi, se contenta t-il de dire.

- Comment pouvait-il le savoir hein ? Ce n'est pas comme si c'était écrit sur mon front.

- Il aurait dû le savoir.

- Il est évident qu'il est limité intellectuellement parlant. Il n'a certainement pas su lire les signes que tu lui envoyais.

- J'aurais peut-être pu me montrer plus clair. Mais cela ne change rien au fait que je ne peux pas ignorer la provocation.

Dean sembla alors résigné. Castiel se pencha pour l'embrasser sur le front, lui arrachant un nouveau frisson. Il recula ensuite et lui sourit.

- N'y pense plus. Il est inutile de t'inquiéter pour ça.

- C'est plus facile à dire qu'à faire.

- De toute façon, cela ne se reproduira plus. Je pense que tout le monde sait maintenant que tu es hors limite. S'il le faut, je le leur ferais comprendre à nouveau. Je pourrais poser ma marque sur toi si cela peut te rassurer.

- Je ne me ferais pas tatouer ton nom sur le front si c'est ce à quoi tu penses.

- C'est une idée amusante mais si mon nom devait être inscrit quelque part sur toi, je ne choisirais pas ton front. Et je ne parlais pas de ça de toute façon. Je parlais d'un autre genre de marques … que je pourrais peut-être laisser sur ton cou.

Dean se tendit alors et Castiel sut que sa proposition l'effrayait. Mas maintenant qu'elle était installée dans son esprit, il doutait de pouvoir s'en défaire. Il allait marquer Dean pour que demain personne ne puisse encore douter de la personne à qui il appartenait. Il apposerait un suçon dans son cou. Le jeune homme n'avait pas son mot à dire.

- Qu'est-ce que tu en penses ? demanda-t-il tout de même.

Dean ne répondit pas immédiatement. Castiel pouvait deviner la lutte qui avait lieu au sein du jeune homme. Sa raison lui criait sans doute de ne pas protester, de faire ce que Castiel voulait pour ne pas risquer de l'énerver quand son cœur lui répétait qu'l n'en avait pas envie. Que l'idée même lui donnait la nausée. Castiel choisit de ne pas l'inciter à répondre immédiatement. Il savait que sa réponse ne changerait rien mais il avait envie de savoir ce qu'il pensait. Il voulait voir ce qu'il déciderait.

- Je pense que c'est inutile puisqu'il est évident que ton message est passé. Je pense que je n'ai pas envie de porter ta marque parce que je sais ce que ça fera de moi aux yeux des autres. Je sais ce qu'ils imagineront en me voyant demain. Je sais qu'ils m'insulteront probablement. Mais paradoxalement, je pense également que ce serait une sécurité de plus. Je ne sais pas quoi faire.

- Si je te laissais le choix … si je te disais que je suivrais ta décision, est-ce que tu me laisserais faire ?

- Pourquoi en discuter puisqu'on sait tous les deux que ce n'est pas le cas ?

- Parce que je suis curieux.

Dean déglutit avec peine avant d'hocher la tête.

- Je te dirais de le faire.

Castiel fut surpris par cette réponse. Il s'était réellement attendu à ce que Dean lui dise qu'il aurait refusé. Il ne comprenait pas vraiment ce qui avait motivé sa décision. Il avait besoin de l'entendre de la bouche de Dean.

- Et pourquoi ? Tu as toutes les raisons de me dire non. Et je sais que tu n'en as pas envie. C'est évident.

Dean soupira avant de se mordre la lèvre inférieure durant de longues secondes. Il agissait ainsi par nervosité. Castiel le nota dans un coin de sa tête. Il était important qu'il apprenne à comprendre chacun des gestes de Dean, chacune de ses réactions. Cela lui serait utile dans l'avenir.

- Je n'en ai pas envie non. Mais je sais que toi oui. Et je sais qu'il est plus raisonnable pour moi de te donner ce que tu veux dans la mesure de ce dont je suis capable. Si je te dis « non », je m'expose à ta colère. Je n'en ai pas envie.

C'était une réponse raisonnable. Une réponse sensée et une décision logique. Elle ne plaisait toutefois pas à Castiel. Du moins pas complètement. D'un côté, il était soulagé de voir que le jeune homme savait se montrer raisonnable et conciliant. Mais d'un autre, il aurait aimé que ce geste représente quelque chose de plus pour lui qu'une simple mesure de sécurité. Il allait devoir attendre pour que Dean change d'état d'esprit.

- Allonge-toi sur le lit, ordonna-t-il finalement.

Une nouvelle fois, Dean semblait avoir envie de protester. Mais après quelques secondes d'hésitation, il fit ce que Castiel lui demandait. Il s'allongea sur le dos au milieu du lit minuscule et se força à garder ses bras le long de son corps. Il avait les poings serrés et le visage pâle. Castiel le dévora des yeux une seconde. Dean était encore plus magnifique dans cette position. Il y avait toujours cette défiance dans son regard. Cette flamme qui brillait et que Castiel ne voulait surtout pas éteindre. Il se faisait violence et cela allait sans doute à l'encontre de tout ce en quoi il croyait.

- Ta soumission est délicieuse, souffla-t-il.

- Je ne me soumets pas … je ne me soumettrais jamais à personne. Ni à toi ni à un autre détenu. Cette décision, je la prends par moi-même.

Castiel sourit, fasciné. Il monta ensuite à genoux sur le lit et se pencha au-dessus de Dean.

- Ecarte les jambes, ordonna-t-il.

Dean s'exécuta sans protester et Castiel put aussitôt prendre place entre ses cuisses. Il laissa ses hanches frôler celles de Dean. Il supporta une partie de son poids sur ses avant-bras pour ne pas reposer entièrement sur le jeune homme. Leurs entrejambes se touchaient mais la barrière des tissus évitait pour le moment à Castiel de réagir trop violemment à ce contact.

Il observa le cou de Dean durant de longues secondes en quête du meilleur endroit où laisser sa marque. Il avait besoin qu'elle se voie malgré son tee shirt. Il avait besoin que tout le monde puisse l'apercevoir au premier coup d'œil. Il choisit donc de poser ses lèvres juste sous l'oreille du jeune homme. Il savoura une seconde le goût de sa peau avant de sucer la peau entre ses lèvres.

Il sentit Dean se tendre. Le jeune homme tenta d'arquer le dos mais le poids de Castiel l'en empêchait. Il laissa échapper un bruit qui ressemblait à s'y méprendre à un gémissement. Castiel n'aurait pas pu le jurer mais il était presque sûr que Dean ressentait du plaisir à cet instant précis. C'était incroyable. Il allait prendre tellement de plaisir avec Dean dans l'avenir. Il continua d'appliquer de la pression dans le cou du jeune homme durant quelques secondes avant de le relâcher. Il releva ensuite la tête et observa la marque qui était déjà visible dans son cou. La peau était rouge et légèrement enflée. Il y aurait un bleu le lendemain. Satisfait, Castiel leva les yeux vers Dean. Il avait la tête basculée en arrière, les yeux fermés et les lèvres pincées. Il respirait trop vite et trop fort.

- Tu es tellement expressif … j'ose à peine imaginer comment tu réagirais quand je t'embrasserais à d'autres endroits.

Castiel, souffla Dean sans rouvrir les yeux.

- Qu'est-ce que tu veux ?

Ce n'était pas son genre de demander. D'ordinaire, il se contentait de prendre. Mais Dean était un mystère pour lui. Une véritable énigme qu'il avait du mal à percer. Il avait besoin de comprendre comment il fonctionnait. Besoin de savoir ce qui se passait dans sa tête à cet instant précis.

Dean ne répondit pas. Il ne semblait pas prêt à mettre des mots sur ce qu'il ressentait. Castiel aurait pu insister mais il n'en avait pas envie. Il se contenta de remuer sensiblement ses hanches pour appliquer de la pression sur le sexe de Dean. Il le sentit réagir doucement. Il sourit.

- Si tu en as envie, il te suffit de me le dire, souffla-t-il.

- Castiel, répéta Dean.

Ce n'était ni un « oui » ni un « non ». Castiel avait besoin d'une réponse un peu plus claire. Il continua donc de remuer les hanches pour voir jusqu'où Dean le laisserait aller. Il sentit son propre sexe se réveiller doucement et commencer à presser contre le tissu de son caleçon. Il avait envie de s'en débarrasser. Il avait envie d'un contact peau contre peau. Mais il ne ferait rien sans l'accord de Dean. Sans son feu vert.

- Il est évident que ton corps a pris sa décision Dean.

- Castiel, non.

Dean rouvrit les yeux pour les plonger dans ceux de Castiel. Ils s'observèrent ainsi durant de longues secondes.

- S'il te plait, tu as promis, murmura Dean.

Castiel arrêta alors de bouger. Il ne se releva toutefois pas pour autant. Il n'en avait pas encore tout à fait fini avec Dean.

- Dis-moi ce que tu as ressenti quand je t'ai marqué et j'irais me coucher sans insister.

- Tu me fais du chantage ? Je croyais que tu étais un homme de paroles.

- Je le suis mais j'ai beaucoup de mal à m'en souvenir quand tu es ainsi couché sous moi, ton magnifique corps exposé à mon regard … quand tu portes ma marque sur ton cou. Je ne te demande pas grand-chose … juste une réponse honnête.

- Du plaisir … j'ai ressenti du plaisir, admit alors Dean.

Castiel sourit de plus belle en se redressant. Il s'agenouilla entre les jambes de Dean et posa ses mains sur ses cuisses.

- Pourquoi me demander d'arrêter alors ? l'interrogea Castiel.

Dean ricana en dévisageant Castiel avec colère.

- Parce que ça ne veut strictement rien dire. C'est une réaction physique à une stimulation de nature sexuelle. Rien de plus. Ça ne veut pas dire que j'en ai envie. Ça ne veut pas dire que je veux aller plus loin. Juste que la sensation était agréable sur un plan physique. Point final.

- C'est ce que tu t'es dit quand tu as joui avec l'homme qui t'a violé ?

Dean écarquilla alors les yeux, visiblement surpris que Castiel ose lui poser une telle question. Il savait qu'il allait trop loin. Il savait qu'il l'avait énervé. Mais c'était plus fort que lui. Il avait besoin de savoir si Dean le classait dans la même catégorie que l'homme qui l'avait violé. Il avait besoin de le savoir pour la suite.

Il fut surpris quand Dean se redressa brusquement. Pendant une seconde, il crut que le jeune homme allait le frapper. Il ne recula toutefois pas. Ce n'était pas lui qui avait peur. Dean le foudroya du regard et Castiel devina aussitôt les larmes contenues qui faisaient briller ses yeux. Il avait réellement blessé le jeune homme. Ce n'était pas nécessairement ce qu'il avait cherché mais il y avait quelque chose de magnifique dans la réaction de Dean. Quelque chose de profondément viscérale. Il cherchait à retenir ses larmes. Il ne voulait pas paraître faible. Castiel trouvait que les larmes enlaidissaient même le plus parfait des visages. Mais chez Dean, cela ne faisait que renforcer la délicatesse de ses traits.

- Comment peux tu oser me poser une telle question ? Qu'est-ce qui ne va pas chez toi ? demanda finalement Dean.

- Je te l'ai dit … je suis quelqu'un de curieux. Et je me demande juste si cette explication est celle que tu te répètes jour après jour pour justifier les réactions que tu as eu avec tous ces hommes qui ont abusé de toi par le passé. Si tu me mets dans la même catégorie qu'eux … si je ne suis rien de plus qu'un client de plus sur une liste déjà longue.

- Tu es un monstre et tu es répugnant. Si tu veux tout savoir, je n'ai pas joui le jour où j'ai été violé. Je n'ai même pas eu d'érection. Ce n'était pas son objectif. Il se fichait de mon plaisir. Mais il m'est effectivement arrivé d'atteindre l'orgasme avec certains de mes clients. Et oui … oui, je me suis toujours dit que c'état une réaction physique normale qui ne signifiait pas pour autant que j'avais envie de toutes ces choses qu'ils me faisaient subir.

- Donc tu me ressors la même excuse parce que tu penses que je suis comme eux.

- Tu es pire … eux ils me payaient.

Castiel sentit aussitôt la rage l'envahir. Il ne s'était pas attendu à ce que Dean réagisse ainsi et tienne de tels propos. Il attrapa Dean par les épaules et le força à s'allonger à nouveau. Le jeune homme ne résista pas, visiblement terrifié par la réaction de Castiel. Il n'avait sans nul doute pas réfléchi avant de parler. Il était évident que cela ne se reproduirait plus. Pas maintenant qu'il avait vu l'effet que cela avait sur Castiel.

- C'est donc ça le problème Dean ? Tu es nostalgique de cette époque ? Tu as envie de recommencer ? Je préfère te prévenir tout de suite. Ici, cela ne fonctionnera pas. Personne ne paiera pour quelque chose qu'ils peuvent prendre à leur guise.

Dean ne répondit rien. Il ne parvenait plus à retenir ses larmes et elles roulaient à présent sur ses joues. Castiel se baissa pour en attraper une du bout de la langue. Il se redressa ensuite et plongea son regard dans celui de Dean.

- Que ce soit absolument clair entre nous … je suis prêt à accepter beaucoup de choses de toi … je suis prêt à tolérer que tu me répondes et que tu exprimes tes opinions mais je n'accepte pas que tu me manques de respect. Je te l'ai déjà dit et c'est la dernière fois que je le ferais … j'espère que le message sera passé cette fois. Si je te pose une question et qu'elle ne te plait pas, tu peux me le dire … mais tu le ferais calmement et sans m'insulter comme tu viens de le faire à l'instant. Est-ce que c'est clair ?

- C'est clair, répondit aussitôt Dean sans hésiter.

Il avait compris. Castiel n'avait pas besoin d'insister. Il allait oublier cet écart de conduite pour cette fois. Il ne lui pardonnerait pas deux fois. Il se remit à genoux et reposa ses mains sur les cuisses du jeune homme. Il les remonta doucement jusqu'à ce que ses doigts glissent sous le tissu de son caleçon.

- Je ne suis pas un de tes clients. Je ne suis pas non plus l'homme qui t'a violé. Ne t'avise pas de me comparer à nouveau avec eux. Sans quoi je serais obligé d'adapter ma conduite à la leur et de te faire subir les mêmes choses. C'est ce que tu veux ?

Dean secoua la tête.

- Très bien alors. On va oublier ce qui s'est passé aujourd'hui et repartir de l'avant toi et moi.

Dean ne réagit pas et Castiel choisit une nouvelle fois de ne pas le forcer à parler. Il savait que le message était passé. Et il savait que le jeune homme était suffisamment intelligent et malin pour ne pas commettre la même erreur une seconde fois.

Il continua à remonter ses mains le long des cuisses de Dean jusqu'à ce que ses doigts puissent effleurer son sexe. Il était entièrement flaccide. De toute évidence, sa légère excitation s'était envolée. Castiel n'était pas surpris. Il était toutefois un peu déçu. Il avait espéré que sa démonstration de puissance et de domination aurait un effet positif sur le jeune homme. Il en avait eu une sur lui. Il était particulièrement excité. Il avait beaucoup de mal à se retenir. Dean dut le sentir puisqu'il se tendit mais ne chercha pas à se soustraire à ce contact.

- Castiel, s'il te plait … tu me fais peur, avoua-t-il finalement.

Il était difficile d'entendre les protestations de Dean. Dans son état, Castiel n'écoutait plus que ses propres désirs et ses envies.

- S'il te plait … répéta alors Dean.

Castiel prit une grande inspiration et expira lentement pour retrouver un semblant de calme. Il était conscient qu'il allait trop loin. Il était sur le point de gâcher le peu de progrès qu'il avait fait jusque-là avec Dean. Il devait absolument se reprendre. Il retira doucement ses mains du caleçon de Dean et quitta ensuite le lit sans perdre une seconde de plus. S'il restait aussi proche de lui, il finirait par craquer. Il recula même jusqu'à mettre un peu de distances entre Dean et lui.

- Merci, lança le jeune homme en roulant sur le côté.

Il tournait à présent le dos à Castiel. C'était sans doute un moyen pour lui de fuir celui qui lui faisait tant peur. Un moyen de s'isoler sans pouvoir quitter la pièce. Castiel l'observa longuement avant détourner les yeux. Il retira son pantalon et le plia soigneusement avant de le poser sur son tee shirt sur la chaise.

Il jeta un dernier coup d'œil à Dean qui n'avait pas bougé avant de monter sur son propre lit. Il était passé proche de la catastrophe et il en avait conscience. Il ne commettrait pas deux fois la même erreur. Mais Dean était absolument irrésistible quand il se soumettait de la sorte. Il était difficile de se contenir quand cet homme si fort et si courageux baissait les armes et acceptait qu'un autre le domine aussi ouvertement. Les nerfs de Castiel avaient été mis à l'épreuve et ce n'était que le début. Il espérait que Dean ne lui résisterait pas trop longtemps. Il n'était pas sûr d'avoir suffisamment de patience.

Il se glissa sous ses couvertures et s'installa sur le dos, les mains jointes sur son ventre. Il tendit l'oreille et écouta Dean en faire de même en dessous de lui. Il était soulagé de ne pas l'entendre sangloter. De toute évidence, il avait repris le contrôle sur ses émotions. C'était une bonne chose. Il n'était pas sûr de la façon dont il aurait réagi si le jeune homme avait continué à pleurer.

Il attendit quelques secondes dans le silence avant de choisir de le briser.

- Dean ? appela t-il alors.

- Quoi Castiel ?

- Je sais que tu es terrifié à cet instant précis. Je sais que ma façon de réagir t'a fait peur. Mais tant que tu t'en tiendras à mes règles, tout se passera bien. Je peux te garantir que je ne m'énerverais pas sans raison. Je ne te toucherais plus non plus sans ta permission. Tu as ma parole.

- D'accord Castiel.

Il était évident que sa réponse était automatique. Il n'était pas convaincu. Il ne le croyait pas. Mais il lui disait ce qu'il avait besoin d'entendre par peur de l'énerver à nouveau. Castiel savait qu'il finirait par le convaincre avec le temps. Il avait juste besoin de quelques jours pour lui apprendre à lui faire confiance.

- Bonne nuit Dean, ajouta t-il en guise de conclusion.

- Bonne nuit Castiel.

Castiel entendit Dean tourner dans son lit puis s'immobiliser enfin. Il écouta sa respiration jusqu'à ce qu'elle devienne plus calme et plus régulière, signe qu'il s'était probablement endormi. Castiel s'autorisa alors à fermer les yeux à son tour. Il sentit un sourire étirer ses lèves en songeant à la marque qu'il avait laissée dans le cou du jeune homme quelques minutes plus tôt. Il voulait oublier ce qui s'était passé ensuite mais il comptait cette marque comme une victoire. Peu importait ce que Dean avait dit de sa réaction ensuite. Il était évident qu'il avait pris du plaisir en sentant les lèvres de Castiel contre sa peau. Il avait pris du plaisir à se faire marquer de la sorte. Il l'avait même avoué. Il avait peut-être encore besoin de se trouver des excuses mais Castiel savait qu'il avait de l'effet sur lui. Il savait que Dean était attiré au moins physiquement par lui. Il l'avait regardé avec envie l'espace d'une seconde quand il avait retiré son tee shirt. Il avait besoin de temps pour l'accepter. Ce n'était sans doute pas simple pour lui. Castiel était un homme dangereux et pour quelqu'un d'innocent comme Dean, il était inenvisageable d'avoir une quelconque relation avec lui. Il finirait par se rendre compte qu'il en avait envie. Et il se laisserait aller. Castiel n'avait aucun doute sur ce point.

Il laissa les images du jeune homme la tête basculée en arrière, visiblement surpris par son propre plaisir s'imposer dans son esprit. Il avait beaucoup à faire le lendemain. Il allait devoir parler à Gabriel de l'attitude de l'homme qu'il avait engagé pour faire peur à Dean. Il allait devoir trouver le meilleur moyen de le lui faire payer sans être impliqué de près ou de loin. Il avait également beaucoup à faire avec Alastair. Il y avait enfin Rafael qui risquait de poser des problèmes en constatant la présence de Dean à ses côtés. Mais Castiel n'avait pas envie de s'en soucier pour le moment. Il n'était pas inquiet. Il trouverait une solution à chacun de ses problèmes comme toujours. C'était ce qui faisait de lui le meilleur.

Pour le moment, il allait s'accorder quelques minutes de plaisir. Il était toujours excité et Dean dormait. Il glissa donc sa main dans son caleçon et saisit son sexe. Il se concentra sur les images du jeune homme qui tournaient en boucle dans sa tête. Il ne lui fallut pas plus de quelques secondes pour jouir violemment. Il tendit alors l'oreille. Dean dormait toujours. Il était presque déçu. Il aurait aimé que le jeune homme puisse constater l'effet qu'il avait sur lui. Tant pis. Ce serait pour une prochaine fois. Castiel se tourna sur le côté et laissa le sommeil s'emparer de lui. Pour la première fois depuis son incarcération, il était content d'être là. Et il le devait entièrement à Dean.