Bonjour tout le monde! Bonne lecture.


- Merci Romuald vous m'avez été d'une grande aide.

- Je vous en prie Severus, tenez-moi au courant si elles réapparaissent.

- Je vous laisse avertir le ministre pour organiser un conseil d'administration extraordinaire.

- Vous recevrez ça par hibou dans la matinée.

- Vous serez bien aimable. Merci Romuald

Le visage du sous-secrétaire d'Etat disparut dans les flammes vertes de la cheminée et Severus soupira en passant une main sur son visage. Cela faisait maintenant quatre heures que Parkinson et la pompier lui avaient expliqué la situation et depuis, il faisait le tour de tous les services magiques, espérant en savoir plus. Cependant, rien n'avait été bien concluant. Toutefois, il apprit par le sous-secrétaire que Minerva avait transplané pour la dernière fois à 20h30 le mardi soir rien d'autre n'ayant été relevé depuis.

Concernant Hermione, la dernière trace de magie remontait au même jour mais plus tard dans la soirée. Passant une main dans ses cheveux gras, il se leva et alla s'assoir à son bureau. Cela n'expliquait rien mais les faits étaient là, Minerva et Hermione avaient été vues à l'hôpital pour la dernière fois avant de disparaître de la carte.

Severus était persuadé qu'elles n'avaient pas été enlevées, il y aurait eu une demande de rançon. Peut-être une fuite en amoureuses ? Il pouffa de sa bêtise, il faudrait encore pour ça qu'Hermione détourne son regard du terrain de volley et que Minerva se dévoue. Non, c'était vraiment ridicule.

Soupirant une énième fois, il se saisit du parchemin envoyé par le ministère.

« Mr Rogue,

A partir de maintenant et ce jusqu'à la réapparition de Minerva McGonagall et Hermione Granger, je vous charge de la tâche de directeur de Poudlard ainsi que de trouver un remplaçant pour le poste de professeur en métamorphose.

Avec tout notre soutient

Romuald Flint

Sous-secrétaire d'Etat, chargé de l'éducation. »

- Et bien au moins comme ça, c'est dit ! Pensa-t-il Bon, commençons par gérer l'école, qui vais-je bien pouvoir engager comme prof de métamorphose ?


Cela faisait vingt minutes maintenant que Minerva contemplait Hermione dormir. Elle n'osait pas bouger de peur de la réveiller ; la jeune femme semblait si paisible.

La veille, elles avaient discuté jusque tard pour tenter de comprendre ce qu'il s'était passé mais aucune réponse satisfaisante ne leur était venue.

- Je ne vois vraiment pas comment cela a pu arriver, maugréa Minerva après qu'Hermione lui ait récité les événements pour la troisième fois.

- Moi non plus, répondit Hermione lasse de ne pas trouver de réponse.

Bon sang, elle était la Miss-Je-Sais-Tout de Poudlard ! Pourtant aucune explication plausible ne lui venait et à ses côtés la directrice était dans le même état d'esprit.

- Très bien reprenons depuis le début, recommença Hermione.

- Nous venons de le faire, soupira Minerva dépitée, trois fois...

- Vous savez, mon père disait toujours « Pense à la solution, pas au problème ».

- C'était un homme sage Miss Granger mais je ne vois pas vraiment comment cela peut nous aider.

- Oublions-le pourquoi du comment nous sommes là, reprit la brune. Le problème est que nous sommes dans le passé.

- Ça, je crois que je m'en suis aperçue… répondit Minerva sarcastique.

- Le sarcasme ne vous va pas madame la directrice, répondit Hermione sur le même temps non sans se départir de son sourire.

La directrice lui sourit avant de s'excuser.

- Excusez-moi, poursuivez donc.

- Nous devons trouver un moyen de retourner à notre époque.

- Ou quelqu'un qui pourrait nous y aider, murmura l'animagus.

Les deux femmes se regardèrent pendant quelques secondes. On pouvait voir les rouages tourner ; chacune dans ses pensées, elles finirent par s'exclamer en même temps.

- Dumbledore !

Elles se sourirent avant de rire franchement. Oui, s'il y avait bien quelqu'un qui pourrait les aider, c'était bien ce vieux fou ou plutôt jeune fou, considérant l'époque à laquelle elles se trouvaient.

- Comment allons-nous faire ? Demanda Hermione. Nous ne pouvons tout de même pas débarquer à Poudlard comme ça.

- C'est une évidence, d'autant plus que je ne peux pas prendre le risque de croiser mon double dans le château. La seule solution serait de le convoquer ici. Avez-vous de quoi écrire ?

- Non, répondit Hermione après vérification, je vais aller demander à Jocelyne.

- Je vous attends, je crains de devoir rester cloîtrer dans la chambre pendant un moment encore.

La jeune femme lui fit un sourire désolé avant de quitter la pièce en recherche de la propriétaire de l'établissement. Elle revint quelques minutes plus tard avec ce dont elle avait besoin. Minerva s'en saisit et après avoir suçoté la plume pendant quelques secondes, commença à écrire.

Professeur Dumbledore,

Vous ne me connaissez pas mais votre réputation vous a précédé. Je souhaiterais m'entretenir avec vous demain dans la journée à l'heure qu'il vous plaira. Je ne peux malheureusement pas vous en dire plus maintenant mais sachez qu'il s'agit d'une affaire de la plus haute importance et qui, j'en suis sûre, attisera votre curiosité.

En espérant avoir de vos nouvelles rapidement.

Hermione Granger.

- Cela vous convient-il ? Demanda Minerva en tendant le papier à sa collègue.

- Oui, c'est parfait je pense qu'il viendra mais vous le connaissez mieux que moi.

- En effet…

Minerva fouilla dans ses poches et sortit les dernières noises qui lui restaient.

- Avez-vous de l'argent sur vous ?

- Seulement moldu, répondit Hermione embêtée.

- Très bien, prenez déjà ça et allez à l'Hibou Express du coin de la rue.

- Et pour les autres frais ? Demanda la jeune femme.

Voilà un point qu'il ne fallait pas négliger, car que ce soit dans le passé ou dans le présent, tout avait un prix. Malheureusement, elles ne pouvaient pas accéder au coffre de la brune puisqu'elle n'existait pas encore. De son côté, Minerva savait qu'elle possédait quelques économies dans son coffre mais il lui manquait une chose essentielle pour y accéder : sa baguette pour l'identification.

- Je crois qu'il va falloir que je récupère ma baguette.

- Vous voulez dire... S'interrogea Hermione ayant peur de mal deviner.

- La prendre à mon double oui ! Mais chaque chose en son temps, rencontrons d'abord Dumbledore nous aviserons par la suite.

- Vous avez raison. Je reviens toute suite.

Hermione quitta à nouveau la pièce chargée, cette fois, de la missive.

Dumbledore avait accepté de les voir dans la matinée et il n'allait pas falloir tarder à se lever. Cependant, Minerva ne parvenait pas à s'y résoudre, perdue dans sa contemplation. Alors que son regard était toujours posé sur la brune, quelqu'un tapa à la porte la faisant sursauter.

- Miss Granger ? Appela une voix, vous avez demandé à être réveillée à neuf heures.

Elle retapa à la porte et attendit.


- Vous me promettez de ne pas vous mettre en danger Professeur Weasley ! Intima Pomfresh

- Oui promis. Il faut que je reprenne mes cours, Severus est déjà bien chargé avec la disparition de la directrice et du Professeur Granger.

- Dans ce cas… soupira l'infirmière. Je ne peux pas vous retenir.

Ginny lui sourit aimablement avant de prendre la direction de la sortie. Elle marchait doucement à cause de sa jambe ; l'infirmière lui avait réparé les diverses fractures présentes mais la déchirure musculaire de son mollet n'était pas encore tout à fait guérie. Il lui fallait du temps et du repos pour cela mais elle ne supportait plus l'ambiance de l'infirmerie il fallait qu'elle voie le jour sinon elle allait devenir folle.

Cela faisait maintenant deux jours que son accident avait eu lieu et tout le monde était venu lui en remettre une couche même sa mère lui avait envoyé une beuglante. Elle soupira en se trainant jusqu'à ses appartements. Passant à travers le portrait, elle s'arrêta net en voyant l'état de la pièce.

Autour de son bureau jonchaient livres, plumes, parchemin et encre elle avait dû les emporter avec elle lorsqu'elle était tombée de sa chaise. Balayant la pièce, Ginny sentit son malaise grandir et son regard se fixa sur le petit écrin tombé à quelques mètres de son bureau. Se sentant vaciller, elle se retint au montant de la porte elle avait le cœur au bord des lèvres. Ne pouvant revoir le spectacle de son malheur, elle fit demi-tour et se dirigea là où cela l'avait conduit la dernière fois.

Traversant les couloirs elle retourna dans le parc pour prendre une bouffée d'air et faire s'apaiser la sensation d'étouffement. Reprenant sa marche dans la neige, elle resserra les pans de sa veste contre elle. Il y avait beau avoir des rayons de soleil, la température restait basse et froide par ce temps d'hiver. Se laissant guider par ses pas, elle se retrouva devant le lac, l'eau gelée s'étendant à perte de vue jusqu'à la forêt interdite. Le regard de la rousse se perdit dans le paysage ainsi que dans ses pensées. La lumière du soleil levant reflétait ses jolies couleurs sur la glace réchauffant un peu l'atmosphère. Le professeur de vol aurait aimé être accompagnée pour voir ce spectacle mais définitivement, personne ne la trouvait assez bien pour ça.

De petites larmes s'étaient formées aux coins de ses yeux et elle les essuya d'un revers de la manche. Il ne fallait pas qu'elle y pense.

- Ho excusez-moi, je pensais qu'il n'y aurait personne. Dit-une voix dans son dos la faisant se retourner.

- Non, ne vous excusez pas, cet endroit est pour tout le monde. Je venais juste… réfléchir mais vous pouvez rester. Dit-elle en baissant la tête.

Eindride adressa un sourire à la rousse et s'avança pour se mettre à ses côtés. Ils restèrent un moment silencieux avant que le jeune homme n'engage la conversation.

- C'est superbe ici, je comprends pourquoi vous aimez y venir.

- J'avais… j'avais besoin de calme. Et vous pourquoi êtes-vous là ?

Eindride avait bien compris le double sens de la question. Il était là mais il ne savait pas ni comment ni pourquoi les choses s'étaient déroulées ainsi. Cependant, maintenant qu'il était coincé là, il devait en trouver la raison.

- C'est compliqué. Dit-il en s'asseyant dans la neige.

- Etes-vous réellement un sorcier ? Demanda Ginny soucieuse.

- Pas au sens où vous l'employez. J'ai des pouvoirs, c'est vrai mais je n'ai pas de baguette comme vous. Je ne détiens pas tous les pouvoirs, juste la faculté de maîtriser l'eau et de transformer les choses en d'autres choses.

Pour montrer ce qu'il affirmait, il leva la main et fit apparaitre des vagues sur l'eau gelée. La glace craquela et le niveau des vagues augmenta. Un morceau de glace atterrit à leurs pieds et le jeune homme le changea en livre. Ginny se stupéfia devant le spectacle.

- C'est pour cela que vous avez pu me sauver n'est-ce pas ?

Le sourire que lui adressa le blond répondit silencieusement à sa question.


La directrice n'avait pas d'autre choix que de réveiller la brune. Elle connaissait Jocelyne, elle avait à cœur de s'en tenir aux demandes de ses clients et elle insisterait jusqu'à ce qu'Hermione vienne lui ouvrir.

Posant une main sur l'épaule de la jeune femme, elle tenta de la réveiller doucement.

- Hermione, dit-elle à voix basse, il est l'heure.

La brune se retourna vers l'animagus sans ouvrir les yeux et se blottit contre elle passant le bras sur son ventre.

- Laisse-moi dormir encore un peu Axelle.

Bien que le cœur de Minerva se serra à l'entente du prénom de la blonde, le rouge lui monta aux joues en sentant la femme qu'elle aimait se blottir contre elle.

Jocelyne tapa de nouveau à la porte.

- Miss Granger ?

- Hermione, réveillez-vous ! Reprit assez fort Minerva pour la réveiller mais pas trop non plus pour ne pas trahir sa présence.

- Hein ? Minerva ? Répondit Hermione encore ensommeillée.

- Oui, allez ouvrir à Jocelyne elle est venue vous réveiller, dites-lui que c'est bon.

- Ah... oui d'accord...

Tant bien que mal, Hermione se leva et ouvrit la porte à la patronne.

- Bonjour vous aviez demandé à être réveillée, dit Jocelyne pleine d'enthousiasme.

- Heu... oui merci beaucoup, bredouilla Hermione qui n'avait visiblement pas émergé.

- Je vous apporte le petit déjeuner ? Proposa la patronne.

- Avec plaisir mais double dose, je suis du genre à manger pour deux.

- Eh bien, Jocelyne parcourut le corps de la brune s'attardant sur quelques parties bien particulières. Vous en avez de la chance. Je vous apporte ça tout de suite.

La patronne s'éloigna et la jeune femme ferma la porte.

- Dîtes, elle est lesbienne la patronne ? Demanda Hermione encore dans les choux.

- Pardon ?

- Et bien..., la brune passa une main dans ses cheveux tout d'un coup gênée, je crois qu'elle m'a dévorée du regard.

- Je ne sais pas, répondit Minerva qui laissa à son tour son regard vagabonder sur le corps de la jeune femme. Mais je la comprends.

La fin de la phrase ne fut qu'un murmure mais Hermione l'entendit. Soudainement gênée, là en nuisette devant la directrice, elle ne savait pas vraiment comment réagir.

- Je … vais prendre ma douche, bredouilla la brune pour se substituer au regard inquisiteur de l'animagus.

Cette dernière ne prit réellement conscience de ce qu'elle venait de faire que lorsque l'objet de son désir disparut derrière la porte de la salle de bain. Elle passa une main dans ses cheveux, puis devant ses yeux en se rallongeant dans le lit. Un long soupir lui échappa. Cela allait être beaucoup plus difficile qu'elle ne le pensait.

Une heure après, on frappa de nouveau à la porte et Hermione alla ouvrir au professeur Dumbledore.

- Miss Granger ? Demanda-t-il.

- Bonjour, oui entrez, répondit Hermione en s'effaçant.

Dumbledore entra et croisa le regard de Minerva.

- Miss McGonagall ? N'êtes-vous pas censée donner cours à cette heure-ci ?

- Effectivement professeur, asseyez-vous, nous allons vous expliquer. Répondit l'animagus en lui proposant l'unique chaise.

- Merci, dit Dumbledore en s'asseyant.

- Une tasse de thé, proposa McGonagall.

- Avec plaisir.

- Hermione ?

Aussitôt la brune fit apparaître trois tasses, ainsi que des bonbons au citron et des biscuits au gingembre. L'attention fit sourire la directrice mais intrigua le jeune professeur.

- Comment saviez-vous que...

- En fait Albus, coupa Minerva, cela va vous paraître fou mais... nous venons du futur.

- Du futur ? Répéta-t-il, la lueur de malice apparut dans ses yeux tandis qu'il buvait une gorgée de thé.

- Oui, confirma Hermione qui s'assit aux côtés de Minerva sur le lit.

- Quelle époque exactement ?

- De l'an deux mille deux.

- C'est un sacré bond en arrière que vous avez fait. Comment être certain que vous me dîtes la vérité ?

Les deux femmes gardèrent le silence un instant, en toute logique, elles n'avaient pas le droit de révéler le futur au jeune professeur et bien qu'elle l'ait très bien connue, il était difficile de donner une information sans être certaine qu'il en ait déjà connaissance. Ce fut finalement Hermione qui prit la parole.

- Vous avez un frère dénommé Alberfort, il tient la Tête de Sanglier ici même.

- C'est exact, mais n'importe qui, qui aurait mené une enquête quelque peu approfondie, pourrait le savoir, contra Dumbledore.

- J'en doute professeur, vous ne parlez jamais de lui et il ne veut pas entendre parler de vous car il vous tient responsable de la mort de votre sœur.

Le visage du professeur se ferma à cette évocation. Il était forcé d'admettre que les deux femmes qui se trouvaient en face de lui ne mentaient pas. Il n'avait jamais rien dit à personne de cette histoire, ça il en était certain. Peut-être s'ouvrirait-t-il à Miss Granger dans le futur ?

- Très bien, vous venez donc du futur ! Que puis-je faire pour vous aider ?

- Nous cherchons un moyen de retourner à notre époque, il faudrait que l'on fasse des recherches dans la bibliothèque.

- Je peux vous autoriser l'accès. Il s'interrompit un moment avant de reprendre. Néanmoins, je crains que seule Miss Granger pourra y avoir accès, il serait trop dangereux pour vous de croiser votre double.

- Je le sais, soupira Minerva. Peut-être pourriez-vous nous fournir du polynectar ? Proposa-t-elle.

- C'est illégal, vous le savez Minerva.

- Allons professeur, le coupa Hermione, si vous vous en tenez aux règles aujourd'hui, c'est loin d'être le cas dans le futur croyez-moi ! Cela nous serait vraiment utile ! Dites-vous que vous le faites pour la bonne cause.

Hermione accompagna sa réplique d'un sourire malicieux qui fit écho à la lueur présente dans les yeux bleus du professeur. Il finit par lui rendre son sourire.

- Vous avez de la chance, Slugorn en a toujours un chaudron en réserve.

- Parfait, pourriez-vous me communiquer également mon emploi du temps et les tours de garde s'il vous plaît.

- Sans problème, mais pourquoi en avez-vous besoin ?

- En réalité, je vais avoir besoin de votre aide, Albus, commença Minerva.

- Je ferai tout mon possible pour…

- Samedi ce sera mon anniversaire.

- Que voulez-vous que je fasse ?

- Est-ce que vous tenez bien l'alcool cher collègue ?


- Je vais le tuer ! Je vais le tuer ! Je vais le tuer ! Marmonnait-elle tout en frappant frénétiquement sur la porte de l'appartement.

Alors qu'un énième coup allait s'ajouter sur le bois, un cliquetis se fit entendre et la tête à peine réveillée de Fred passa la porte.

- Je peux savoir pourquoi tu gueules comme un putois enragé à la porte de chez nous alors qu'on est vendredi, que c'est le seul jour où je bosse pas, qu'il est six heures du matin et que j'aimerais profiter de ma femme !

Pansy s'immobilisa, se rendant compte que réveiller ses amies de si bonne heure n'était pas forcément une brillante idée. Néanmoins, elle lui adressa un sourire goguenard.

- Je peux me joindre à vous ?

Boom ! Fred venait de lui fermer la porte au nez ce qui augmenta son rire de plus belle. Avant qu'elle n'ait eu le temps d'appuyer de nouveau sur la sonnette, Karen rouvrit la porte et l'invita à entrer.

- Ne fais pas attention, elle est bougon ce matin et elle a surtout trop bu hier. Répliqua la rousse en lançant un baiser à sa femme qui, ronchonnant une dernière fois, fit demi-tour pour s'enfermer dans leur chambre. Viens donc t'assoir, tu veux un café ?

- Je veux bien merci.

Alors que Karen disparut dans la cuisine, Pansy repensa à sa soirée de la veille. Instinctivement, sa main vint serrer l'accoudoir du fauteuil crapaud des années trente sur lequel elle était assise. Après son entrevue avec Potter, elle avait transplané au ministère pour faire des recherches. Ce n'était surement pas la première fois !

Fred réapparu dans le salon habillée d'un vieux jogging des pompiers qu'elle avait eu en rentrant à l'école des officiers deux ans plus tôt. Instinctivement, elle alla trouver dans le placard une fiole de potion anti-gueule-de-bois qu'elle but d'une traite. Le brouillard dans sa tête ne mit pas de temps à s'évaporer. Se retournant vers son invitée, elle s'installa à ses côtés sur l'autre fauteuil.

- Bon alors qu'est-ce que tu fous là de si bonne heure ? D'habitude c'est l'heure à laquelle tu t'éclates au pieu une dernière fois avec ta conquête de la nuit.

Pansy sortit de ses pensées mais ne desserra pas les dents pour autant. Elle ne savait toujours pas comment elle avait fait pour garder son sang-froid lors de cette rencontre. Karen ne tarda pas à arriver, brisant le silence inconfortable du moment. Elle déposa une tasse devant chacune avant de s'assoir sur les genoux de Fred. Voyant que sa collègue ne réagissait pas, elle posa sa main sur l'épaule de la serpentard et lui sourit chaleureusement.

- Raconte-nous.

Levant la tête, Pansy rencontra le regard amical remplit de soutien. Soupirant, elle finit par ouvrir la bouche pour parler.

- Hier, quand nous nous sommes quittées après notre passage à poudlard, j'ai flâné sur le chemin de traverse, je voulais essayer de faire le point sur tous ce que j'avais ressentie en… la voyant.J'ai marché un moment et alors que j'allais faire une dernière boutique je suis passée devant l'allée de embrumes….

Pansy détailla son entrevue avec Potter sous les regards horrifiés de ses deux amies.

- Le connard ! L'ordure ! Karen en était toute retournée. Quand je pense que Ginny ne veut pas le traîner dans la boue !

- Je ne sais pas comment j'ai fait hier pour ne pas l'encastrer dans le mur ! S'exclama Pansy. Finalement j'ai tranplané pour le ministère et j'ai fouillé dans les dossiers…

Le ministère était silencieux et Pansy marchait à pas de loup, se faufilant à travers les couloirs. Frôlant le mur, elle s'introduit dans l'escalier de service et monta au sixième étage. Arrivée en haut, elle déchaussa ses escarpins.

- Putain… j'ai mal aux pieds !

Les chaussures désormais en main, elle marcha jusqu'au bureau du premier ministre. D'un coup de baguette, elle ouvrit la porte et se glissa discrètement à l'intérieur. Elle fit le tour du bureau et chercha certains dossiers en particulier.

- Ha ! C'est bon, celui-là, celui-ci….

Magiquement, elle fit des copies qu'elle fourra sous sa veste avant de tout remettre en place. Elle fit demi-tour avec autant de précaution et une fois sortie, elle transplana pour son bureau.

- De ce que j'ai vu, d'autres cas de fraudes magiques ont été graciées par Potter maintenant, il me reste à savoir à quel prix.


Les résistants avaient pris possession du village en ruine. Épuisés par leur longue fuite, ils s'étaient endormis dans les maisons les moins endommagées par le temps. A présent le soleil se levait au-dessus des chaumières dont les habitants commençaient à s'éveiller.

Jêra qui était debout depuis un petit moment faisait déjà le tour du village, évaluant les différentes maisons, celle qui étaient en état, et celles qu'il faudrait restaurer. Il y aurait pas mal de choses à reconstruire le temps n'avait rien épargné. Cependant, il était sûr de faire revivre ce village et d'y mettre en place la résistance. La chose dont il était encore plus certain était qu'ici au moins ils étaient à l'abri.

Quelques hommes le rejoignirent lorsqu'il passa devant l'autel abandonné. Toujours intrigués par ce qu'ils allaient devenir, ils commencèrent à poser des questions sur l'organisation et la suite des événements. Jêra les avait libérés et guidé, ils l'avaient donc naturellement désigné comme chef. Néanmoins, bien qu'ils lui fassent confiance, quelques questions subsistaient.

- Jêra? Osa demander l'un des hommes, Es-tu certain que nous sommes en sécurité ici ? Je suis prêt à me battre et je n'ai pas peur de mourir mais je n'ai pas envie d'être attaqué dans mon sommeil.

Une quinzaine d'hommes entouraient désormais le leader. Au milieu de tous, celui-ci s'assit sur une pierre visiblement tombée de l'autel.

.

- Je vais vous raconter l'histoire de ce village mes amis, répondit Jêra en les fixant un à un. Il y a maintenant quarante ans…

Le roi, suivi de quelques survivants, avançait péniblement contre le vent tumultueux d'automne. De son bras ensanglanté, il maintenait fortement sa petite fille contre son torse. Ne pensant plus à sa blessure, il tentait de calmer l'enfant dont les pleurs ne tarissaient pas. Le groupe marchait maintenant depuis des heures, fatigué et blessé ils étaient tous au bord de l'épuisement.

C'est alors qu'au détour d'un grand chêne, ils aperçurent un petit village qui semblait paisible. Intrigués, ils s'approchèrent silencieusement craignant d'y trouver des bandits.

Durant leur course, ils en avaient traversé des villages, tous étaient à feu et à sang. Navré de ne pouvoir enterrer dignement les morts, le roi avait poursuivi sa route dans l'espoir de sauver les vivants. Les malheureux rescapés faisant désormais partie de leur fuite.

Toujours sur ses gardes, le groupe pénétra dans la rue principale, prêt à bondir sur leurs éventuels assaillants. Quand les villageois s'approchèrent, les fuyards reculèrent avant de se rendre compte qu'ils ne leur voulaient pas de mal. Ayant baissé leur garde, les habitants purent venir à leur secours. Le roi, qui n'avait pas réussi à protéger son royaume, ne dévoila pas son identité. Alors qu'il voulut lui soigner le bras, le chef du village le reconnu.

- Mon seigneur, laissez-moi vous aider.

- Merci mon brave mais d'autres sont plus mal en point que moi. Comment t'appelles-tu?

- Vala mon Seigneur.

- Vala, reprit le roi, tu dois savoir que je ne suis plus le bienvenu au royaume. Il ne faut pas dévoiler mon identité ni celle de ma fille sous aucun prétexte. Je n'ai pas réussi à protéger mes sujets et la sorcière qui est derrière tout ça nous croit mort. Je ne veux pas mettre ton village en danger. Peux-tu garder mon identité secrète?

- Je ferai selon vos désirs Mon Seigneur.

Le roi sourit.

- Appelle-moi Halvard désormais.

- Comme vous voudrez Mon sei... Halvard.

- Merci souffla-t-il. Occupe-toi des blessés, ils sont les plus méritants d'entre nous. Je protégerai ton village.

Vala s'exécuta tandis que le roi confiait sa fille à la nourrisse du village. Il la remercia et embrassa sa fille sur le front.

- Ingenting vil skje med deg min kjaerlighet. (Il ne t'arrivera rien mon amour.)

Il se dirigea ensuite vers l'entrée du village et repéra ce qu'il cherchait ; une petite plaque de roche sur le sol. Il installa ensuite un système de miroir de sorte que la pierre ne soit illuminée par le soleil qu'au moment de l'aube et du crépuscule.

- I kraft av drager arvet fra min far, forsvinner landsbyen fra syn på verden og det åpner til verden under kjærtegne av solen viser bare. (Par les pouvoirs des dragons hérités de mon père, que ce village disparaisse à la vue du monde et qu'il s'ouvre au monde sous la caresse de l'astre illustre uniquement.)

- L'histoire que je vous conte aujourd'hui est la mienne. Ce village a été caché de la vue de tous par notre défunt roi. Je n'étais qu'un enfant quand il nous a protégés… Croyez-moi, nous sommes en sécurité.

- Tu as notre confiance Jêra et nous obéirons à tes ordres que faisons-nous maintenant?

- Nous allons reconstruire le village!

- Par où commence-t-on?


Voilà pour cette semaine!

A la semaine prochaine.

Duch et Sol'.