Chapitre 4
Une semaine était si peu de temps, je m'en rendais compte à présent ! A peine étais-je arrivée que la rentrée était déjà là. En effet, le soir-même, j'allais être répartie dans une des quatre maisons … Et j'allais enfin avoir l'occasion de rencontrer mes parents !
La journée passa très vite. Eanna s'était déjà envolée avant que je ne me lève, et le temps que je me prépare il était près de dix heures.
Il était près de dix-sept heures lorsque Minerva vint me trouver sur les berges du lac.
– Je vois que tu ne te lasses pas malgré les sirènes, rit-elle doucement en s'avançant vers moi.
Je souris. Les sirènes n'aimaient pas vraiment la compagnie des humains. Aussi, lorsque l'un d'entre eux restait souvent près d'elles, comme j'avais pris l'habitude de le faire, il leur arrivait de l'éclabousser pour de lui faire des signes assez … Disons peu polis. Elles étaient les même, ici ou dans mon présent. Et pourtant, au bout de quelques jours, elles avaient abandonné et m'avaient laissé tranquille.
– Tu n'aimes pas les sirènes ? demandai-je.
Elle frissonna.
– Un mauvais souvenir, dit-elle simplement.
Elle s'assit à mes côtés, le regard tourné vers un grand arbre aux fleurs jaunes planté non loin du lac.
– Je voulais te voir avant la répartition, dit-elle. Albus m'a dit qu'il était plus prudent de t'isoler des autres élèves. Certains curieux pourraient te poser trop de questions sur ton passé ou bien t'embêter si tu partageais les dortoirs. Il a dit que tu aurais une chambre pour toi, ça sera plus pratique si tu dois aller voir ton- ... tes pères. Il a aussi dit que tu n'aurais pas obligation de suivre les cours. Ce n'est pas comme si tu en avais besoin, ajouta-t-elle avec un sourire.
– Je sens que ça va être une belle année !
Un silence paisible s'installa entre Minerva et moi, et ce fut elle qui le rompit.
– Mais dis-moi, je suppose que tous les professeurs ne sont pas au courant de ton identité … Qui as-tu prévenu ?
– Albus, toi et Pompom êtes les premiers à avoir été informés. Rubéus aussi, mais je ne suis pas sûre qu'il me crois vraiment. Ah, il y a aussi Severus.
Elle sursauta, sûrement tant à la mention du professeur qu'à l'emploi de son prénom.
– Severus est au courant ? répéta-t-elle.
– Oui, je lui en ai parlé. Il ressemble tellement à ce que mes parents me disaient de lui ! Je pense que je commence à l'apprécier …
Elle rit doucement.
– Tu dois bien être la seule élève de Poudlard à l'apprécier !
– Draco l'adore aussi ! C'est son parrain !
– Mais le jeune Potter et le professeur Snape se haïssent depuis la première année … Dans un sens, c'est assez triste.
Changeant de sujet, elle m'accompagna à l'infirmerie avant de repartir à son bureau. Les élèves n'allaient pas tarder à arriver …
Je rangeai mes affaires dans la valise que j'avais acheté au Chemin de Traverse, triant mes affaires, retardant un peu le moment où je devrais quitter les lieux. J'avais passé une semaine ici et je m'y sentais presque comme chez moi.
Ouvrant la fenêtre près du lit que j'occupai, je sifflai deux coups et m'assis sur le matelas. Quelques minutes après, une boule de plumes noires passa la fenêtre et se posa sur mon épaule, me pinçant de ses serres.
– Eanna …
L'oiseau poussa un petit cri, me faisant sourire. Je la nourris et jouai avec elle pendant quelques minutes encore, la laissant virevolter près de moi, éviter mes mains …
Minerva me trouva endormie, assise à l'envers sur une chaise, accoudée à la fenêtre grande ouverte, Eanna me picorant affectueusement la main.
– Andyyy ! entendis-je. Il est dix-huit heures passées ! Dépêche-toi, tu as à peine un quart d'heure pour être prête !
Je sursautai, faisant piailler Eanna de surprise.
– Allez, à la douche ! s'écria-t-elle en me poussant vers la salle de bain sans que j'eus le temps d'esquisser un mouvement de plus. Je m'occupe de ta valise !
Dans la salle de bain, je ne pris même pas le temps d'attacher mes cheveux blonds qui me tombaient jusque dans le bas du dos et plongeai sans attendre dans l'eau chaude. Me savonnant vivement, je remarquai que Mimi m'observai. Je lui souris.
– Bonsoir Mimi ! Excuses-moi, je ne peux pas rester longtemps, je quitte l'infirmerie ce soir.
Le fantôme vola jusqu'à moi.
– Je vais être répartie, mais je te promet de revenir te dire dans quelle maison je serais. Tu pourras venir me voir de temps en temps ! souris-je.
Elle sourit elle aussi.
– Les élèves viennent d'arriver au château. Les premières années sont encore plus laids que d'habitude ! ajouta-t-elle avec un plissement du nez qui me fit rire.
Je sortis de l'eau, me séchai et enroulai une serviette autour de moi.
« Mince, j'ai oublié de prendre une robe de sorcier … J'espère que Pompom m'en a sorti une. »
Saluant Mimi, j'ouvris la porte de la salle de bain sans même regarder. Entourée d'une simple serviette, me frottant les cheveux d'une seconde qui me cachait la vue, je frissonnai au courant d'air frai qui me traversa.
– Pompom, tu m'as sorti une robe ? appelai-je.
Mais le silence me répondit. J'abaissai la seconde serviette et tombai sur une paire d'émeraudes qui me fixaient avec gêne et amusement. Mon père, bien plus jeune, se tenait assit sur un des lits, tenant un mouchoir ensanglanté sur son nez.
Soudain en proie à un stress immense qui me compressa la ventre, je tentai de le balancer loin dans ma tête et souris largement pour sauver les apparences.
– Bonsoir, souris-je en m'approchant de lui. Tu es Harry Potter, n'est-ce pas ? J'ai entendu parler de toi … Mais après tout, qui n'en a pas entendu parler, ajoutai-je en détournant les yeux une seconde.
Il rougit légèrement.
– Je suis Andrea, continuai-je. Tu peux m'appeler Andy, ça fait moins vieux je trouve.
Il voulu serrer la main que je lui tendis, mais à peine eut-il retiré le mouchoir de son nez que celui-ci se remit à saigner.
– Oh, attend, je vais arranger ça, souris-je.
Cherchant ma baguette du regard, je la vis posée sur le rebord de la fenêtre où je m'étais endormie.
« Oups ... »
Je l'attirai à moi d'un Accio informulé et me retournai vers Harry, pointant ma baguette sur son nez. Je murmurai une formule et aussitôt son nez désenfla, dérougit et cessa de saigner.
– Merci, dit-il en posant le mouchoir sur la table de chevet et en remettant ses lunettes. C'est la première fois que je te vois ici, tu es de quelle maison ?
– Je viens d'arriver, je serais répartie ce soir. Je vais suivre la sixième année ici.
Il ouvrit la bouche pour ajouter quelque chose, mais soudain la porte du bureau de Pompom s'ouvrit à la volée et un bruit de bas précipité se fit entendre. L'infirmière fonçait vers moi avec un regard énervé.
– Andy ! Je t'avais dis à peine un quart d'heure ! Qu'est-ce que tu …
Elle se tut en voyant Harry, avant de repartir de plus belles.
– Quelle est cette tenue devant un jeune homme, miss ?
Je vis Harry étouffer un rire.
– Allez donc vous habiller, votre robe est dans mon bureau !
Je vis un signe de main à mon père et partis en direction du bureau de Pompom quand celle-ci me rappela.
– Au fait, miss Malfoy, Minerva vous attend dans son bureau avant la répartition.
Je me retournai vivement, croisant le regard de Harry. Je vis du coin de l'œil Pompom retenir son souffle, se rendant compte de ce qu'elle venait de dire. Après tout, il allait bien falloir qu'il soit au courant … Dans les yeux du Gryffindor, je vis une vive surprise, bien vite suivie par une vague de colère voire de haine. J'eus l'impression qu'un coup de poignard m'arrivait en plein cœur.
Fidèle à moi-même, je souris.
– A tout à l'heure Harry !
Je partis vers le bureau de Pomfrey en soupirant. Voyant une robe noire posée sur le dossier d'une chaise, je l'enfilai et attachai mes cheveux en catogan. Minerva ouvrit la porte à cet instant et je la suivis jusqu'à la Grande Salle. Elle alla s'installer à la table des professeurs alors que je restai dans l'ombre d'un pilier. Le brouhaha des élèves résonnait dans la salle, et bientôt la porte d'entrée s'ouvrit, laissant place aux premières années.
Le choixpeau, fidèle à lui-même, chanta une chanson conseillant l'alliance des maisons, l'amitié et la justice. La répartition des premières années commença alors.
Je suivis du coin de l'œil Harry qui, en retard, rejoignait la table des Gryffindor. La répartition terminée, je me concentrai du Albus qui s'était levé et avait demandé le silence.
– Chers élèves, cette année est, nous le savons tous, différente des autres. Mais il n'est pas temps de parler de cela. Pour l'heure, je voudrais simplement vous annoncer la venue d'une nouvelle élève. Pour cause familiale, elle suivra sa sixième année à Poudlard. Je compte sur chacun de vous pour la soutenir et l'aider à s'intégrer.
Des applaudissements retentirent et Minerva me condamna, me nommant à tous.
– Andrea Malfoy.
Le silence se fit alors et je sortis de l'ombre pour m'avancer vers le choixpeau magique.
Avec un sourire, Minerva le posa sur ma tête. Je vis Harry, depuis la table des Gryffindor, me lancer un regard mauvais, et un jeune homme blond me fixer avec intérêt à la table des Slytherin.
A peine l'objet avait-il frôlé mes cheveux que la voix retentit dans la Grande Salle.
– Gryffindor !
La table des Hufflepuff applaudit, celle des Ravenclaw me fixa choquée, les Slytherin se tournèrent vers Draco qui semblait indigné et dégouté, et les Gryffindor durent dépités.
Je rejoignis ma nouvelle maison la tête haute, un large sourire sur les lèvres. C'était couru d'avance, j'avais hérité de toutes les qualités de Gryffindor de mon père ! Je m'assis à une place libre et souris au garçon à côté de moi.
« Neville ? »
A mon époque, le professeur Londubat enseignait la botanique à Poudalrd. De plus, il était un grand ami des Harry et il n'était pas rare qu'il vienne diner à la maison. Mon frère Allan l'appréciait particulièrement, surtout lorsqu'il ramenait de nouvelles plantes à installer dans le jardin.
Je lui souris largement et il prit une teinte rougeâtre.
– Bonjour, m'exclamai-je.
– B-Bonjour …
Le directeur fit alors son discours, prévenant les élèves sur le cours de la Guerre, les mettant en garde … Il frappa dans ses mains et le repas fut servit.
Les conversations reprirent, ponctuées de chuchotements et de regards dans ma direction. Tournant la tête, je vis Harry me lancer un regard noir.
– Re' ! souris-je. Je t'avais dis qu'on se reverrait ! Ton nez va mieux ?
Il grogna vaguement et ce fut un autre jeune homme qui me répondit.
– Qu'est- ce que tu fous là ? C'est chez les serpents que tu devrais être !
Je le reconnu comme mon oncle Ron. Il avait cette façon de parler – et surtout ce nez légèrement en trompette que j'avais toujours trouvé amusant lorsqu'il se mettait en colère.
– Pourquoi ça ? Je suis bien ici.
– Une Malfoy n'a rien à faire chez les Gryffindor !
Je soupirai. Oui c'était bien lui ! Ron Weasley avait toujours eu des montagnes de préjugés …
– Et pourquoi donc ? Parce que les Malfoy sont à Slytherin depuis des générations ? Tu devrais le savoir, non, que le nom ne fait pas le sorcier ! Je ne suis pas la seule de cette lignée à être à Gryffindor !
J'allais continuer quand je captai une lueur de tristesse dans le regard de Harry. Son parrain, Sirius Black, était issu d'une famille de sang-pur avec les mêmes volontés et idéologies que les Malfoy. Sirius avait été à Gryffindor, comme moi je l'étais aujourd'hui.
Hermione lança un regard au roux qui laissa tomber la conversation. A côté de moi, Neville bafouilla quelque chose et dût s'y reprendre à deux fois avant que je ne comprenne ses mots.
– Quel est ton lien avec Malfoy de Slytherin ?
– Oh …
Je réfléchis un instant.
– Disons que je n'en sais encore rien et que je suis là pour le découvrir.
Satisfait de ma réponse, il replongea dans sa purée de citrouille. Finissant mon assiette, j'attendis qu'ils en fassent tous de même. Alors que les préfets rassemblaient les premières années pour les conduire aux dortoirs, je m'éclipsais pour rejoindre Minerva.
Celle-ci me sourit, debout devant la Grande Porte.
– Andy ! Je suis ravie de t'avoir dans ma maison ! J'avoue que je suis assez impressionnée …
– Je tiens tout de mon père, dis-je avec un clin d'œil.
Je ris doucement avant de remarquer qu'une personne connue m'attendait. Minerva la vit aussi et prit les devants.
– Miss Granger, ne vous inquiétez pas, je conduirais miss Malfoy à son dortoir moi-même.
– Bien professeur McGonagall.
Je vis ma tante s'éloigner vers Ron.
Nous passâmes quelques minutes à bavarder sur la teneur de l'année à venir, puis, voyant que tous avaient rejoins leurs dortoirs, elle me proposa d'en faire de même. Elle m'accompagna jusqu'à la Tour de Gryffindor bien que j'en connaisse déjà le chemin.
Prononçant le mot de passe que je notai dans un coin de mon esprit, elle me laissa entrer et me suivit à l'intérieur de la Salle Commune. Là, quelques élèves de cinquième et sixième années discutaient, au chaud devant la cheminée. Sans sourciller, elle se dirigea vers le mur du fond, à quelques mètres de l'escalier des dortoirs des filles. Un petit tableau que je n'avais pas vu durant ma visite quelques jours plus tôt était accroché là.
Il s'agissait d'un petit serpent enroulé sur lui-même et couché à côté d'un lion endormit.
« Dumbledore a fait dans l'original. »
Min' murmura quelques mots et le tableau se fondit dans le mur, révélant une porte en bois noir.
Tout le monde nous fixait en silence. Minerva ouvrit alors la porte et m'invita à y entrer sous le regard ébahit des Gryffindor.
– Voici votre chambre, miss Malfoy, dit-elle. Vous y trouverez vos affaires ainsi que quelques mots du directeur … Votre emploi du temps est sur le bureau.
Une vague d'exclamations secoua la Salle Commune mais Minerva ne releva pas.
– Je vous attend demain en cours. Tâchez d'être à l'heure, au moins pour votre premier cours, fit-elle avec un sourire discret.
J'acquiesçai et elle partit sans un mot de plus. Je me tournai vers les innombrables paires d'yeux qui me fixaient.
– Heu … Bonne nuit ? soufflai-je, mal à l'aise.
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La chambre était teintée de rouge mêlé à l'argent. Au centre, face à la porte, un grand lit double était disposé. Sur le même mur, tout à gauche, une fenêtre offrait une parfaite vue sur la parc et le lac. Dans l'angle du mur de gauche, un bureau en bois était éclairé de quelques bougies – j'en avais presque oublié que les sorciers n'avaient pas l'électricité. Je m'avançai un peu, sursautant à un petit cri.
Dans l'angle de droite, la cage d'Eanna avait été suspendue, et celle-ci se tenait fièrement sur la table de chevet de droite. Sur mon lit, ma valise était à plat, encore fermée.
La petite chouette noire vint se poser sur mon épaule, me griffant la chaire de ses serres. Je retins une grimace de douleur et me promis d'acheter une protection en cuir de dragon à ma prochaine sortie à Pré-au-lard.
Sur ma valise, un parchemin attendait patiemment que je veuille bien le lire, et je m'y attelai immédiatement. Dans une écriture fine, on pouvait lire : « Le tableau du serpent bleu conduit directement dans les couloirs. Tu as la permission de t'y promener à ta guise. » Je relevai les yeux. En effet, sur le mur collé à mon lit, un peu plus à droite, un petite tableau représentant un serpent bleu était accroché.
Contournant le lit, je m'en approchai, le parchemin dans une main. Je caressai doucement le reptile et le tableau se fondit dans le mur, révélant de nouveau une porte. Le serpent rampa le long du bois et vint s'enrouler autour de la poignée. Je souris largement. Albus avait vraiment choisis les meilleurs symboles !
En bas du parchemin, une dizaine de mots s'alignaient en colonne.
« Il a même pensé aux mots de passe de Slytherin jusqu'à la fin du mois ... »
Retournant à ma valise, je l'ouvris, sortant mes affaires. Je posai les parchemins et encres ainsi que la plume que Minerva m'avait acheté au Chemin de Traverse sur le bureau, remarquant seulement à cet instant qu'un deuxième rouleau de parchemin m'attendait.
L'ouvrant, j'en découvrais son contenu. Albus m'y expliquait comment fonctionnait ma chambre.
L'ouverture menant à la Salle Commune se dévoilait avec un mot de passe que je pouvais changer de l'intérieur de la pièce. Je notai aussi qu'en vérité, ma chambre se situait juste au dessus des toilettes des filles de la Tour, bien qu'elle s'ouvre depuis la salle Commune … Je secouai la tête, ne cherchant pas à comprendre. Tout cela était magique après tout … Et puis cela faciliterait les visites de Mimi.
Le passage vers les couloirs s'ouvrait, comme je l'avais remarqué, en caressant le serpent bleu. Au bout de dix secondes, il devenait rouge autour de la poignée et reprenait sa place au centre du tableau, fermant le passage. Le même procédé pouvait me permettre d'entrer dans ma chambre depuis l'extérieur par un des couloirs – je supposai qu'il s'agissait de celui menant à la Volière.
La salle de bain – je ne remarquai qu'à cet instant que sur le mur à droite de mon lit, une porte en bois était entr'ouverte – comprenait un miroir spécial fonctionnant sur un principe vaguement similaire de celui du Miroir du Rizéd mais montrant la vérité. Je ne compris pas de suite ce qu'il voulait dire par là. Il l'avait apparemment fait venir du Canada pour son plaisir personnel mais avait décidé de me le prêter le temps que j'aurais à rester à Poudlard.
Brûlant le parchemin – il aurait été embêtant qu'il tombe sous la main d'un élève malintentionné – je me dirigeai vers la porte de la salle de bain.
Une grande baignoire était posée contre un des murs, une armoire contre un autre et deux lavabos au dessous du-dit miroir finissaient le tour. Le dernier mur était occupé par des porte-serviettes et autres étagères. La pièce était d'un ensemble bleu-clair.
Avec curiosité, je m'approchai du grand miroir. La seule précision que m'avait fournit Albus était de penser fortement à mes parents. Aussitôt je crus être devant un écran de télévision géant. Le miroir s'était séparé en deux parties. Sur l'une d'entre elles, Harry discutait avec Ron et Hermione dans la salle Commune ; sur la seconde, Draco finissait de sécher ses cheveux blonds d'un coup de baguette, une serviette enroulée autour de la taille.
Impressionnée, je me concentrai d'abord sur Harry, et bientôt des voix résonnèrent dans la pièce.
« – Je te dis quelle n'est pas normale ! s'exclama Ron.
– Ce n'est pas parce qu'elle porte le nom des Malfoy qu'elle est forcément mauvaise ! le reprit Hermione, blasée. »
Je souris. Hermione avait toujours été la voix de la raison.
« – Elle est … spéciale, fit mon père, songeur. J'avoue qu'elle m'inspire confiance. Ce qu'elle a dit tout à l'heure, c'est …
– Tu vas pas rentrer dans son jeu ? reprit le roux. C'est une Malfoy !
– Justement ! Son discours était exactement à l'opposé de celui de Malfoy !
– C'est vrai qu'elle n'avait pas l'air surprise d'être à Gryffindor.
– On s'en fiche ! Je suis sûr que c'est une espionne envoyée par Tu-Sais-Qui pour t'espionner !
Hermione se leva d'un bond.
– T'es vraiment qu'un idiot, Ron !
Elle se dirigea à grands pas vers l'entrée de son dortoir et se retourna une seconde.
– J'en ai marre, je vais me coucher !
Et elle disparut dans les escaliers. Ron coula un regard vers mon père qui haussa les épaules.
– Elle a un problème, si tu veux mon avis, fit mon oncle. Bon, je monte aussi, tu viens ?
– Je reste un peu, je te rejoindrais, répondit Harry. »
Je décollai les yeux du miroir avec difficulté. Alors comme ça Ron se méfiait ? Il me fallait devenir amie avec lui, je savais que je ne supporterais pas la haine de mon oncle une année durant … Voyant que Draco était au lit, je m'éloignai de quelques pas de l'objet enchanté et il redevint aussitôt un miroir ordinaire.
Je déballai les affaires de ma valise, rangeant mes habits dans l'armoire de la salle de bain, mes livres sur une étagère près du bureau et quelques potions que m'avait offerte Pompom dans le tiroir d'une des tables de chevet.
Je caressai doucement la tête d'Eanna qui était revenue vers moi. Me mettant en pyjamas, je la nourris et m'assis à mon bureau. Sortant un parchemin, je remerciai Albus du cadeau qu'il m'avait fait et lui racontai ma première impression à Gryffindor. Il savait comme moi que je ne tarderais pas à être acceptée. Je savais que mon père ne me détesterait pas une fois qu'on aurait un peu parlé …
J'accrochai ma lettre à la patte d'Eanna et lui souris.
– On a une sacrée semaine devant nous, hein, Eanna ? Allez, va, je laisserais la fenêtre ouverte pour toi.
Elle s'envola immédiatement alors que je me glissai dans les draps avec un soupire de plaisir. Rapidement je m'endormis, bercée par le très léger bruit du lac.
A Suivre ...
