15 du mois, nouvelle entrée.

Après avoir perdu la fin du texte dans un merveilleux plantage d'ordinateur, j'arrive enfin au bout de mon idée.

Le résultat ne donne pas du tout ce que j'avais en tête :/

Pas sur que ça aura l'effet escompté...

D'avance, merci d'avoir lu !

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De mon esprit d'érudit, j'étais prédisposé à me confronter à toute sorte de phénomène. J'ai étudié depuis mon entrée dans les ordres et apporter ma contribution et mon aide dès que cela était possible sur nombre de dossiers sensibles et controversés pour mon Eglise. Je me sentais fort dans mon domaine, confiant. Pourtant, alors que ma respiration s'enrayait en même temps que mes membres engourdis se prenaient dans les pans de ma toge, je prenais à peine conscience de ma juste place.

Tandis que le ciel continuait à se couvrir au-dessus de moi, ma course irréfrénée ne permettait plus à ma conscience d'agir avec raison. Oublié les préceptes et les acquis. Il n'y avait plus que pulsion animale et instinct de survie. Et je devais me concentrer sur ça. Uniquement sur ça. Sinon j'allais perdre la tête. Je ne suis finalement qu'un homme…

De par mes compétences et de mes capacités, on m'avait chargé avec d'autres de mes confrères d'accompagner, suite au Conclave, l'un de nos représentants, Dame Elizabeth, sur le front qui s'organisait contre les Intendants. Notre mission, en plus d'apporter l'appui de l'Eglise de la Terre, était de mettre à disposition nos services.

Bénis par Gaïa, nous avons donc pris le chemin jusqu'aux alentours de Mirages. Jamais, un tel rassemblement de partisan de croyance différente n'avait été vu et relaté dans les anciens écrits. De lourds compromis furent appliqués afin d'arriver à obtenir une synergie contre le seul et unique ennemi. Mettant mes dons au service de la cause, il y eu de nombreux échanges. Stratégiques et intellectuel, les deux me convenaient.

Bien que j'aurais aimé que Dame Elizabeth, notre Haute-Dignitaire de la Sainte Terre, soit à la tête de ce commandement, sa place privilégiée auprès de l'Eglise des Murmures n'était pas à envier. Nous avions un poids et du crédit. On l'écoutait, et par extension, on m'écoutait.

Je me sentais utile, j'apportais toutes les connaissances que je pouvais avoir sur ses fameux Codex et les pouvoirs qui pouvaient en être tirés. De lourdes et sombres recherches. Je n'étais tout de fois pas le seul à me faire du souci par rapport à ça. Même le Magister de la Lumière, Eglise que nous ne portons pourtant pas en haute-estime dans nos rangs et dont les représentant sur le front étaient aussi rare qu'imbu de leur personne, arrivé au cours des négociations semblait redouter la suite des événements.

Je n'aurais jamais cru qu'un homme de cet foi eut autant raison.

Le siège était stable et les plans d'action avançaient correctement. Depuis un mois, les choses avaient évolué dans le bon sens et les différentes Eglises étaient plutôt satisfaites. Nous recevions beaucoup de messages de bonne fortune de Gaïa et nos prières à la Sainte Terre semblaient tout autant résonné en nous et nous apporter ses bienfaits. Dame Elizabeth nous recommandait chaleureusement pour chaque obligation.

Les aventuriers, par qui le conflit avec les intendants nous avez été dévoilés, avaient alors fait apparition dans le campement. La Prêtresse des Murmures, qui avait déjà punit le Magister de la Lumière pour certains fait antérieur, ne vit pas d'un très bon œil l'arrivée d'un nouvel Inquisiteur de la Lumière. Dame Elizabeth étaient même aller en amont de leur approche pour leur prier de faire demi-tour. Mais il avait insisté.

Cet Inquisiteur, il était rentré sur le camp et avait commencé à menacer les représentants. Du moins, c'est ce que me sembla, j'étais un peu en retrait des tentes principales, mais je voyais très bien les actions qui se déroulaient. Et elles s'enchainèrent bien trop rapidement et sauvagement à mon goût, pour que ma raison reste clairvoyante.

Dans un éclair venu du ciel, la Haute-Prêtresse des Murmures avait été projeté de l'autre côté de la rivière. La menace venait de l'intérieur du camp et pas de l'extérieur comme on nous l'avait fait croire. Manques d'informations et jugement hâtif. Pour moi, les ennemis étaient juste face à nous et il osait vouloir nous tenir et maintenir l'ordre par discours et intimidations. Dame Elizabeth ne s'y trompa pas et invoqua la Sainte Terre pour emprisonner le traitre de la Lumière. Les autres Haut-Dignitaires rassemblés se mirent alors à combattre.

A force d'assaut, l'Inquisiteur finit par perdre connaissance. Au même moment, le Magister de Lumière se rebella également et frappa Dame Elizabeth de son bâton. Impuissant de ma position, je vis le corps de ma très chère Dame voler avant d'atterir au pied d'un arbre, inconsciente. Pour preuve, le merveilleux cocon de Terre qui retenait le l'Inquisiteur se défit.

Une rage sans nom s'empara de mon être. A pas lourd et sombre, je commençais à me diriger vers le Magister. Mes mains commençaient à crépiter, je sentais quelques petits fragments de Terre se détacher pour commencer à recouvrir la peau nue de mes mains. Dans mon regard, il y avait le vieil homme de la Lumière et je ne voulais plus qu'une chose fracasser mes poings contre son crâne.

Ça aurait été si simple, alors qu'il nous tournait le dos pour rejoindre son disciple. Il n'était qu'à quelques mètres. La distance pouvait être parcouru si facilement et la Terre m'encourageait à lui rendre justice. Ma Dame, c'est pour vous que je fais cela. Mais un bras me retenu d'avancer plus en avant alors qu'un cavalier arriva avec sa monture enflammée.

D'un seul coup, j'arrêtais mon accumulation magique. Pas que l'arrivée d'un Mage de Feu me déconcentre, ni que le regard du Magister qui s'était retourné vers nous me conditionne, mais c'est ce qui se passait au sol sur le corps de l'Inquisiteur qui m'inspira la peur. Je fis doucement plusieurs pas en arrière. Sous mes yeux, je voyais des chaines énergétiques se former et entourer l'Inquisiteur de la Lumière. Puis, tel un pantin désarticulé, ses membres commencèrent à se mouvoir dans des positions étranges. Avec ce qui me semblait être une lenteur surnaturelle, il finit par se relever.

Mon regard était braqué sur cet homme, si bien que je vis à peine le visage paniqué du Mage qui prit la fuite en emportant le Magister. Dans mes veines, je sentais la magie émaner de l'homme me salir. Mon âme, profondément liée à la Terre, se sentait souillée et des violents haut-le-cœur me prenait. L'Inquisiteur tourna son regard vers nous et je ne pus soutenir son regard que quelques secondes à peine. Il n'avait d'humain que l'apparence. Le sourire carnassier et sans aucune once de pitié envoya des spasmes dans mes membres. Son regard semblait étrangement mort, plein et fou. Quelle était cette abomination qui venait de naitre ?

C'est alors que je vis sortir tout autour du campement des choses informes. Mon sang dans mes veines se glaça et je sentis toutes couleurs quitter mon visage. La rage que j'avais pu avoir quelques minutes auparavant s'effaça face à une terreur brute. Même les prières ne parvinrent pas à sortir. Le souffle coupé, mes genoux touchèrent brutalement le sol alors qu'autour de moi montait des exclamations de toutes part. Mon cœur avait des ratées alors que même mes larmes n'arrivaient plus à couler. Sainte Gaïa, qu'êtes-vous en train de subir ?

Malgré moi, je repris une inspiration. La sensation me brûla la gorge, mais ce n'était rien face au déchirement que j'éprouvais. Ma Sainte Terre était en train d'accoucher d'êtres qui n'auraient jamais dû exister. Ça restait dans le domaine du mythe, de l'improbable, de l'impossible. Mais ce que j'avais sous les yeux relevait bien de ce qu'on pourrait apparenter à de la nécromancie. Non. Impossible. Cela ne pouvait en être. Mais de tout ce qui pouvait être hérétique à mon Eglise, celle-ci mettait à mal notre Sainte Terre. Je pouvais presque l'entendre hurler à mes oreilles.

Toutes les fibres de mon corps voulaient se contorsionner et prendre la fuite le plus rapidement possible. Mais pourtant, je restais là, à regarder se mouvoir ses êtres à la chaire putrides ou aux os à vifs qui déambulés tout autour de notre groupe. Chaque minute qui passait, une nouvelle apparaissait. Sortant des entrailles de la Sainte. Donnant une couleur bordeaux à la Divine. Transperçant la surface de leur membre décharner et rejoignant cette armée plus morte que vivante.

Ce n'était pas possible. Un cercle magique s'était formé autour de la créature dans le corps de l'inquisiteur, mais ça ne m'intéressa pas plus que le rétablissement de notre Dame Elizabeth. On était juste rassemblé ensemble au pied de la grande tente et personne n'osait faire quoique ce soit. Apparemment, la créature attendait quelques choses en faisant les cent pas. Elle parlait régulièrement, mais je refusais de comprendre ses paroles. Alors cette résonnance de voix profonde et comme dédoublé me vrillait dans la tête. Les quelques soldats qui étaient avec nous n'osaient pas attaquer. On était complétement acculé par des choses sortant de la réalité. J'étais en train de rêver.

Des pourparlers sont alors intervenu à un moment donné. Hermétique, j'essayais juste de garder mon regard sur les créatures mobiles qui nous entouraient. Elle avait de temps à autre des soubresauts d'activité. Autour de moi, des voix se mirent à protester vivement. La Mort. La Mort. La Mort. Cette chose était la Mort. Elle avait apporté avec elle, ses enfants et ses suivants. La Mort. Prenant place au sein même de Gaïa, source de la Vie. Non.

Impossible. Cela ne se pouvait. Je ne l'acceptais pas. De tout ce que j'avais étudié, cela ne pouvait pas être véritable. Pas dans ce plan. Pas dans ce plan. Notre plan astral et métaphasique ne permettait pas cela. C'était impossible. Ce n'était que des réalisations anecdotiques. Rien. Rien au monde ne permettait ça. Alors pourquoi ?

C'étaient tous les fondements de la Terre qui étaient en train d'être déshonorés. Je ne comprenais pas. Je ne voulais pas. J'invoquais alors mon armure de Terre. Recouvrant tout le haut de mon corps, je sentis l'essence entourer ma peau. L'apaisement fut de courte durée quand je l'entendis souffrir. La Terre avait mal. Gaïa était meurtrie. Et sa voix résonnait encore plus en moi.

Pour la première fois de ma vie, je refusais de l'écouter. Que pouvais-je faire ? J'étais dans un cauchemar qui n'en finissait pas. Les êtres hérétiques autour de nous continuaient de se rassembler. La créature assise en tailleur au milieu de son cercle avait une patience infinie. Sans savoir comment, on finit par me relever. Je faisais face à quelque chose que je ne comprenais pas. Mon esprit ne voulait pas. Et ce que je vis après ne me fit pas plus sortir de mon état. Une seule chose résonnait en moi alors qu'un combat prenait place sous mes yeux : on profanait la Sainte Terre.

Des impulsions de magie se déchainèrent tout autour de moi. Les autres érudits, les prêtres et les Haut-Dignitaires répondirent à des injonctions venant de toutes part. Je ne distinguais néanmoins plus mes alliés, mon regard obtus ne trouvait sa vision que sur les multiples taches rouges qui noyaient le sol encore plus abondamment. Mon visage se crispait alors que mon souffle se faisait de plus en plus court. J'avais envie de crier. Qu'on arrête de la torturer. Qu'on empêche ses choses de la dénaturer. Qu'on la protège de ses êtres impurs. Mais rien ne sortait. J'étais figée sur moi-même devant un spectacle dont je n'avais plus aucune compréhension. Incapable de parler, d'émettre le moindre son, de pleurer ma chère Terre. Je voulais me réveiller. Je n'étais pas venu pour ça. Ça n'existait pas. Il ne pouvait pas exister de tel chose en ce monde. Ce n'était que des affabulations !

C'est alors que je le vis. Le démon. De l'autre côté du campement. Le Mage de Feu avait laissé place à un Démon. Sa mâchoire craqua laissant passer des rangées de dents acérées au positionnement inhumain. Les membres de son corps se contorsionnèrent et émirent des sons d'éclatement alors qu'ils prenaient de nouvelles formes. La peau se craquela et se désagrégea avant de tomber lentement tel des cendres ne laissant plus que les nerfs à vif et sanguinolent. Alors qu'il prenait de plus en plus de hauteur, grandissant à vue d'œil, des cornes apparurent sur son front et au-dessous, ses yeux d'un rouge de sang et de feu ne promettaient que la destruction.

Le ciel lui-même commença à se couvrir d'une lueur rougeâtre. Le Démon continuait de croître et l'anarchie sur le camp devenu champ de bataille était elle aussi de plus en plus folle. La Mort menait son combat. Les aventuriers menaient leurs combats. Les Eglises menaient notre combat. Et je me démenais dans mon propre combat. Intérieur. Ne devions-nous pas sauver le monde de la destruction ? réussi-je à penser alors que mes yeux s'égaraient sur un œil apparu dans le ciel qui s'était écarté, parsemé de comète. N'y avait-il plus d'espoir ?

Je n'en savais rien. Je n'en savais rien. Je ne savais plus rien. Je pris à peine conscience que mon corps avait agi pour moi, m'éloignant du campement. Des Démons voulaient à nouveau répandre le chaos. Des êtres sans vie, sortis des plus lugubres versés impies, se mouvaient. Des Entités d'un autre univers réclamaient leur place sur Terre. Ils profanaient ma Terre. Ma Sainte Terre. Ma chère Terre. Ma chère Mère Terre.

Je courais alors que je la sentais agonir tout autour de moi. Etais-je suivi ? D'autre avait-il fait les mêmes choix que moi ? Je n'en savais rien. Tous les êtres qui se dressaient devant moi étaient éclatés par mes poings de Terre. Mais je percevais, au fur et à mesure, l'armure se détacher de ma peau. Plus les impulsions de mort se produisaient, plus je perdais le contrôle de mes pouvoirs.

Je ne devais qu'avancer. Ce que j'avais appris ne me servirait à rien. A rien. Je ne suis qu'un érudit, pas un combattant. Pas un combattant. Je n'étais pas venu pour ça. Pour voir ça. Pour comprendre ça. Je ne le pouvais pas. Je ne le pouvais pas. Parce que la chose la plus tangible à laquelle je peux me raccrocher, constitue à une hérésie bien vivante qui ne cesse de grandir dans mon dos.

La voix résonnait encore plus fort dans mes tympans. Je n'avais plus d'armure et une première déflagration ahurissante fracassa le sol. Je ne sus pas comment je réussis à garder l'équilibre, alors qu'une trainée de chaleur se répandant dans l'air en même temps que l'onde de choc. Je ne sus pas comment j'arrivais encore à courir. Je ne sus pas ou je trouvai les forces. Gaïa, Sainte Gaïa, Mère Gaïa. Je ne t'entends plus. Je ne suis qu'un homme. Je veux encore vivre pour toi.

Il y eu une deuxième déflagration de météore, suivi d'une autre et d'encore une autre. Et d'encore une autre. Une autre. Encore. J'entends un rire qui me glace le sang. La chaleur devint insoutenable. Une autre encore. Encore. Je ne voulais pas. Ça ne devait pas. Les flammes ravagent la forêt. Ça ne se peut pas. Le ciel est rouge écarlate. Ça ne