Coucou! Je suis en retard, toutes mes excuses. Mais j'ai eu une très grosse semaine, alors... m'enfin. Voici le chapitre 4, et je crois que vous l'aimerez bien! Le fameux souper chez Mrs Harvey... Avec Lily et James, bien entendu, mais aussi la vieille dame, Pétunia et Sirius... qui peut être plus présent dans la fiction, si vous le désirez. Qu'en pensez-vous? Dans le prochain chapitre (cinq), je vais l'inclure davantage... Mais bon, il faut d'abord commencer par lire le chapitre 4, important pour la suite de l'histoire!
Merci à Yzeute, Angeless, Senslo et Mea95Gryffondor pour les reviews, elles sont très gentilles et m'ont rendue toute joyeuse! Et maintenant... bonne lecture, et faites-moi part de vos sentiments par rapport à ce chapitre-ci! Que pensez-vous des personnages (bien que vous m'en aillez déjà touché un mot), que pensez-vous qu'il va se passer par la suite?
Ok, ok, je me tais et je vous laisse lire!
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Lily franchit avec crainte les derniers pas qui la séparaient de l'intérieur de la maison de Mrs Harvey. Elle avait l'habitude de passer le cadre de porte de bonne humeur et disposée à un bon thé chaud, que préparait si bien la vieille dame, mais cette fois… cette fois, il y avait quelque chose en plus. Et cela avait certainement à voir avec la présence de deux jeunes gens, logés chez la grande tante pendant que les parents étaient en voyage.
Pétunia était d'humeur dragueuse. Habillée de la légère robe de Lily, maquillée tout juste assez pour qu'on le remarque et coiffée d'un élégant chignon, elle était parfaite pour une soirée d'été passée entre amis – sauf que l'enjeu, Lily en était certaine, était plus grand que l'amitié. Bien qu'elle eût été en couple, rien ne l'arrêtait à s'amuser un peu, le temps d'un été, alors que son amoureux était près d'elle toute l'année. Et puis, cela faisait du bien de changer d'air, un peu, et de vivre de nouvelles expériences – car pour Pétunia, chaque relation était une aventure en soi.
Lily, contrairement à sa sœur qui ne cessait de jacasser, se tenait en silence, et baissait les yeux dès qu'un regard se dirigeait dans sa direction. Mrs Harvey fit les présentations rapidement :
-Les garçons, voici Lily et sa sœur Pétunia, elles habitent un peu plus loin. Et ces deux garnements, continua-t-elle dans un sourire en se tournant vers les deux sœurs, sont James et Sirius, son ami.
Lily hocha la tête et offrit un simple sourire en guise de salutation, alors que Pétunia continuait de parler sans arrêt, enroulant ses doigts autour de quelques mèches de cheveux bruns qui s'étaient échappées de sa coiffure.
-Alors, vous aimez la région? C'est la première fois que vous venez ici, je crois? Moi, j'adore cette ville, franchement… je crois que je vais habiter ici, quand j'aurai ma propre maison. Ce qui arrivera bientôt, je présume, puisque je commence à être tannée de la maisonnée – bien que j'aime beaucoup mes parents. Mais vous voyez ce que je veux dire, n'est-ce pas?
James et Sirius acquiesçaient de temps en temps, la laissaient continuer, et quand ils voulaient placer un mot, ils l'interrompaient et elle était aussitôt passionnée par ce qu'ils racontaient. Ils ne faisaient aucune allusion au fait qu'ils étaient sorciers, et Lily ne releva pas ce détail, puisqu'elle aurait été alors obligée d'exprimer ses propres opinions et elle ne voulait surtout pas devoir parler ainsi. Elle se trouvait bien dans son mutisme, elle était ainsi mieux avec elle-même – en ce qui concernait James Potter, du moins. Lui non plus ne parlait pas beaucoup, bien que Pétunia le draguât ouvertement.
À mesure que la soirée avançait, Lily sentait toutefois ses nerfs s'échauffer. Elle ne supportait plus Pétunia, et peu à peu, James Potter était entré dans son jeu. Sirius l'avait devancé de peu, et ils étaient désormais tous trois pris dans une conversation enflammée à propos d'elle-ne-savait-trop-quoi.
-Excusez-moi, fit Lily au bout d'un certain temps, il faut que j'aille à la toilette.
Quelques paires d'yeux la suivirent alors qu'elle se levait et se dirigeait vers la petite salle de bain. Puis, brisant le silence qui s'était installé suite à la déclaration de Lily, James Potter continua la conversation comme si de rien était :
-Alors, Pétunia, tu comptes aller à l'université tout près d'ici, si j'ai bien compris?
-Oui, tout juste! C'est une assez bonne université, et je crois que je n'aurai aucun mal à y entrer. J'ai un ami – Vernon, je vous en ai déjà parlé, je crois? – qui a l'intention de s'y inscrire également, et il dit que le meilleur programme d'ingénierie se trouve là.
Lily faillit s'étouffer avec sa salive en entendant le nom de Vernon. La façon dont en parlait Pétunia était si dégradante pour sa fonction de petit-ami! Bien que Lily ne l'ait jamais vraiment aimé, elle commençait à compatir à sa pauvre situation d'homme trompé – et avec James Potter, qui plus est! C'était incroyable, et Lily ne pouvait en supporter autant. Comment pouvait vivre Pétunia en agissant ainsi?
Elle ferma la porte de la salle de bain et s'aspergea le visage d'eau froide. Cela lui fit un bien fou, alors qu'elle entendait de l'autre côté un grand éclat de rire général, suivi d'une déclaration de sa sœur :
-Mais c'est vrai, je vous le dit! Elle le fait vraiment…
Ils étaient en train de parler d'elle, Lily en était certaine. Le rouge lui vint aux joues et elle s'assit sur le bord du bain, un instant, plongée dans ses réflexions. Comment pouvait-elle lui faire une chose pareille? Comment pouvaient-ils lui faire cela? Rire d'elle, alors qu'elle était dans la pièce d'à côté! Alors qu'elle entendait tout ce qui se disait…
-Et puis, il faut que je vous dise, dit encore Pétunia en baissant la voix, de sorte que Lily dut s'approcher de la porte pour entendre. Une fois, elle a écrit de son école – parce qu'elle va dans une sorte de pensionnat bizarre où je ne sais pas exactement ce qu'ils enseignent, mais ça a l'air vraiment louche – et elle disait – elle a écrit à mes parents, moi elle me déteste, continua-t-elle dans un petit rire. Enfin… elle se disait être victime d'un pauvre gars qui la poursuivait pour qu'elle sorte avec lui! C'est absolument ridicule… elle l'a sûrement inventé.
Pétunia éclata de rire, qui fut suivi par d'autres rires, plus timides par contre. Lily imaginait bien la scène, et cela lui donnait mal au cœur. Soudainement, elle fut prise de chaleurs et désira ardemment rentrer chez elle.
De l'autre côté, il y eut un raclement de chaise sur le sol, et la voix de Mrs Harvey se fit entendre, douce et sévère à la fois :
-Tu ne devrais pas dire des choses comme ça, Pétunia, ce n'est pas gentil. Et puis, tu ne sais probablement pas tout ce qu'elle vit, puisqu'elle ne revient que pour l'été, comme tu l'as toi-même mentionné.
Il y eut un moment de silence durant lequel Lily se réveilla de sa torpeur. Elle tira la chasse, même si la cuvette était vide, et ouvrit le robinet. Puis, elle prit une grande respiration et ouvrit la porte.
-Lily! Tu es toute blanche, tout va bien?
C'était la bonne Mrs Harvey, depuis la cuisine.
-Oh! Euh… je ne me sens pas très bien… j'ai dû attraper un coup de chaleur ou quelque chose comme ça.
-Ma pauvre! Veux-tu quelque chose?
Lily sourit devant la bonté de sa vieille voisine.
-Non, vous êtes bien gentille, Mrs Harvey. Je crois que je vais simplement retourner chez moi et me coucher.
-Tu es bien certaine? Je vais servir le dessert, dans quelques minutes, si les garçons veulent bien venir m'aider, finit-elle en haussant la voix pour qu'on l'entende de la salle à manger.
Les intéressés arrivèrent peu après, laissant Pétunia seule à la table.
-Lily! s'exclama James Potter. Qu'est-ce qui ne va pas?
Sa grande tante lui expliqua la situation avant que Lily ne put ouvrir la bouche, et il insista aussitôt pour la reconduire chez elle.
-Non, c'est gentil, mais ne vous dérangez pas pour moi.
Le jeune homme la regarda dans les yeux, et lui répondit, le plus sérieusement du monde :
-Je ne t'ai pas demandé ton avis. Je t'accompagne. Je ne veux pas que tu tombes dans les pommes alors que je peux l'empêcher.
Cette dernière répliqua rappela à Lily l'après-midi, et comment il avait été délicat… et avait semblé si calme, dans son sommeil… Elle rougit, et se détourna du petit groupe pour se diriger vers l'entrée. Potter la suivit de près, et Sirius et Mrs Harvey. Les deux derniers la saluèrent, alors que le premier sortit sans dire un mot.
Dehors, il pleuvait toujours. C'était une grosse averse qui devait avoir commencé peu avant qu'ils ne sortent. Les deux adolescents marchèrent en silence, apparemment tous deux dans leurs pensées. Lily était toujours furieuse et menaçait d'exploser à tout moment. James, lui, semblait plus intimidé, plus gêné de se trouver aux côtés de sa belle, qui était mal en point.
Ils arrivèrent rapidement à la maison de Lily et celle-ci, une fois qu'elle eut fermé son parapluie car elle était protégée par le petit toit, se tourna vers son compagnon et lui dit froidement :
-Merci, Potter. Tu peux retourner voir la géniale et amusante Pétunia, maintenant. Tu n'as plus à tenir compagnie à l'horrible fille qui invente des histoires parce qu'il ne se passe rien dans son pensionnat.
Il parut surpris. Dans son étonnement, il balbutia :
-Tu… tu as entendu, hein? Ce qu'elle a dit?
-Oui! cria presque Lily. Oui, j'ai tout entendu! C'est vraiment amusant de voir comment les autres réagissent quand on se fait insulter… ils rient!
-N'exagère pas non plus, Lily…
Lily redescendit les marches et vint se planter devant son ennemi, toute dégoulinante de pluie qu'elle était. Il marmonna un certain « Couvre-toi au moins sous mon parapluie… », mais elle ne releva pas et s'éloigna même de lui. Elle était furieuse.
-Moi, exagérer? Tu voudrais que je fasse une citation? Elle me déteste parce que je suis sorcière! Tu l'as bien entendue, non?
-Tu oublies que j'étais autant attaqué que toi dans ce qu'elle a dit!
-Bravo pour toi… c'est gentil de prendre une partie de l'insulte sur toi. Mais c'est un peu trop tard, là. Pourquoi n'as-tu pas voulu dire qu'il s'agissait de toi, hein? Tu as voulu paraître bien devant elle, peut-être? L'impressionner en riant de moi?
Il eut un sourire ironique.
-Alors tu es plus furieuse envers moi qu'envers elle, hein? Tout ça, c'est de ma faute, et pas de la sienne?
-Tu essaies de laver ta faute? Oui, bien sûr que c'est de sa faute! C'est elle qui a parlé! Mais t'aurais au moins pu essayer de l'arrêter… n'importe quoi, je sais pas, moi! T'as ri alors qu'elle se moquait de moi! Tu es aussi coupable qu'elle…
Lily aurait eu envie de rajouter : « Et puis, tu n'es pas sensé être amoureux de moi? » mais elle se retint, de peur d'avoir l'air de tenir à cet amour.
-Qu'est-ce que tu voulais qu'on fasse, Lily? fit-il d'une voix douce. Elle était là, à nous attaquer tous, sans savoir que toi, Sirius et moi allons au même pensionnat bizarre… sans même savoir que Mrs Harvey est sorcière.
Lily prit une grande bouffée d'air et chassa l'eau qui coulait dans son visage. Ses vêtements étaient désormais trempés, et James Potter se tenait là, devant elle, protégé de l'averse grâce à son parapluie noir.
-Ne pas rire aurait été suffisent, à mon avis, répondit-elle dans un souffle, avant de se détourner de lui et de rentrer chez elle.
Une fois la porte bien close, elle se laissa tomber sur le sol, le dos appuyé contre la porte. Les larmes vinrent, amères, et se mêlèrent aux gouttes de pluie qui dégoulinaient depuis la racine de ses cheveux roux. Dans la maison, il faisait noir. Il n'y avait aucun bruit, les sanglots de Lily exceptés.
La jeune fille resta ainsi recroquevillée sur un sol jusqu'à ce que le froid la prenne. Et alors, elle se rappela les paroles de James Potter, le salaud qui l'avait tant fait souffrir : « Je ne voudrais pas que tu attrapes un rhume ou quelque chose comme ça alors que j'aurais pu l'empêcher. » Et il avait répété cette formule, encore une fois, le soir même.
Elle se leva péniblement et essuya les larmes qui continuaient de couler sur ses joues. Sans allumer une seule lumière, elle monta jusqu'à sa chambre et prit sa serviette. Puis, elle se dirigea vers la salle de bain et alluma le jet d'eau – chaud, cette fois. Bien chaud. Puis, elle se laissa réconforter par la chaleur, le goût sucré du chocolat et par les mots de Jane Austen.
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James Potter revint seul à la maison de sa grande tante, sous l'averse qui ne diminuait pas. Il marchait d'un pas lent, las. Il était lui-même las. Tout son corps était brûlant, et plus brûlantes encore étaient ses pensées. Il avait envie de jeter son parapluie de toutes ses forces, il avait envie de crier, il avait envie de donner un coup de poing à n'importe qui ou n'importe quoi, il avait besoin de se défouler. Son cœur était gros, il battait fort dans ses tempes, et sa respiration était rapide. Trop rapide : on aurait dit qu'il venait de courir un marathon – ou de disputer un éprouvant match de quidditch. C'était d'ailleurs une chose qui lui aurait fait du bien, voler sur son rapide balai. Mais dans cette zone moldue, il ne pouvait pas se le permettre.
Pas plus qu'il n'aurait dû se permettre de rire au commentaire de Pétunia ; pas plus qu'il n'aurait dû se permettre de se disputer avec Lily, alors qu'il aurait dû la réconforter, lui dire des mots doux.
Et il était là, à se promener seul sous la pluie, à souffrir et à se maudire, et elle était seule chez elle, à souffrir encore plus qu'il ne pouvait l'imaginer.
Il se mit à courir, en balançant son parapluie dans tous les sens. Rapidement, il fut aussi mouillé que Lily l'avait été lorsqu'elle l'avait rejoint sur le trottoir, et il dut tenir ses jeans au niveau des cuisses car ses genoux étaient trop mouillés et il n'arrivait plus à courir. Il se défonça ainsi, courant de toutes ses forces, jusqu'à ce qu'il arrivât à la maison de Mrs Harvey et qu'il réalisât qu'il était tout trempé. Que diraient les autres à ce propos? James s'en fichait, Sirius comprendrait. Sirius comprenait pratiquement tout ce que ressentait son ami, sans que celui-ci ait besoin de lui parler.
Il entra donc dans la demeure et se dirigea vers l'escalier, afin de monter à sa chambre et de se changer.
-Par Mer… tous les dieux, James! Qu'as-tu donc fait? Lui demanda Mrs Harvey en le voyant passer.
Il haussa les épaules et répondit simplement :
-J'avais chaud.
Sirius se contenta de le fixer un instant, silencieux, et il entretint la conversation avec Pétunia – qui n'avait cessé de jacasser depuis que Lily était partie.
Alors qu'il entendait un gloussement dans son dos, James monta l'escalier quatre à quatre et revint deux minutes plus tard, en bas de pyjama carotté et en T-shirt blanc, les cheveux toujours mouillés et plus ébouriffés que jamais. Pétunia n'avait jamais rien vu de tel, et elle passa une merveilleuse soirée.
