Titre: 14 février
Chapitre: L
Auteur: FayVerte
Raiting: PG-13 et encore... ah pardon, je voulais dire K+.
Genre: Histoire de sucrerie. Presque drôle. Presque...
Avertissement: Je crois qu'il n'y en a pas pour cette histoire. Après tout, c'est L.
Discalmer: N'étant ni Takeshi Ôbata ni Tsugumi Ôba, je peux affirmer que rien ne m'appartient.
14 Février
L
L n'avait jamais reçu de chocolat le jour de la Saint-Valentin. Il n'en avait pas pour autant une haine à l'encontre de ces couples se promenant main dans la main et échangeant des cadeaux dans le but inavoué et non totalement masqué d'augmenter la probabilité d'avoir des relationx sexuelles ensemble mais il reconnaissait être alors plongé dans les abîmes de l'incompréhension.
Il ne désirait pas particulièrement avoir à ses côtés une personne le connaissant assez pour deviner la moindre de ses pensées et inversement, cette situation serait pour lui d'un ennui total. Mais devoir réaliser chaque année à quel point son intelligence était évincée du système reproductif humain le mettait quelque peu en rage. Et c'était un euphémisme.
L se mordait rarement le pouce jusqu'au sang. Cette journée était une exception. Il ne lui était alors pas rare de se blesser durant la vague somnolence matinale qu'il pouvait éventuellement s'accorder et de rouvrir la blessure toute la journée durant, divisant au passage par deux la longueur de son ongle.
Il se souvenait encore de son premier éclat de colère. C'était peu de choses comparé à une crise mais avait suffisamment inquiété Watari pour être noté et ritualisé. Il ressemblait alors physiquement à un enfant et enquêtait sur un couple qu'il soupçonnait d'être l'un des tristement célèbres duos de tueurs. A travers un moniteur, il avait pour la première fois assisté à un échange boîte-baiser. Et il avait alors réalisé une injustice flagrante. Les tueurs avaient la capacité de se multiplier. Ils pouvaient se rencontrer et se reconnaissaient même souvent entre-eux. Si lui rencontrait un individu de son « espèce », il ne serait jamais tenté de l'aborder et il ne doutait pas que l'autre l'éviterait. Confronter deux intelligences relativement au même niveau que la sienne menait bien trop souvent à un pugilat pour permettre une rencontre entre deux gamètes. Il s'était alors plongé dans une profonde réflexion cherchant à établir les tenants de sa pensée. Peut-être que les tueurs étaient plus pervertis et touchaient donc au corps tandis que les génies tel que lui étaient au niveau de l'esprit.
L ne jalousait pas tant les Valentins et Valentines que l'insupportait l'injustice flagrante dont ils faisaient preuve que ce soit en s'exhibant à la face du monde ou dans le cas d'individus semblables à Light en diminuant la présence des autres individus de sexe masculin.
Light n'avait pas dû réaliser ce qu'il s'était passé au cours de cette journée. Lui revoyait bien tous ces regards dirigés vers ce garçon qui ne semblait pas s'en soucier. Il s'était senti flatté de l'intérêt que lui portait le garçon qu'il associait à Kira malgré les propositions insistantes de jeunes filles qu'il pouvait qualifier de « belles » selon les critères communs. Lui attirait les sourires, les regards entendus parfois, la curiosité aussi. Il n'était pas un leader charismatique. La foule suivrait Light si sa présence ne les dissuadait pas de l'approcher. La foule suivrait Kira s'il n'avait pas montré le véritable visage de ce « Dieu ».
L n'aimait pas vraiment les 14 février. Il n'avait jamais eu personne pour lui faire comprendre l'importance d'utiliser une journée pour dire « Je t'aime ». Il n'envisageait pas d'avoir une personne proche de lui, liée à lui et dont il ne voudrait pas se détacher. Il n'avait même jamais pensé offrir des chocolats à quelqu'un. D'ailleurs, si on lui en donnait, il ne saurait probablement pas quoi en faire. Le message derrière une simple boîte était devenu bien trop important et symbolique pour ne pas plonger n'importe quel individu dans le trouble. Il était donc normal qu'il soit lui-même tant perturbé puisque ses pensées l'emmenaient toujours plus loin que la normale.
L se demanda pendant un court instant si Kira acceptait les chocolats qu'on lui proposait à la Saint Valentin. Puis il reprit contact avec la réalité, secouant brièvement la chaîne au bout de laquelle se trouvait son seul ami, Light. Ce dernier se tourna vers lui avec une expression clairement fatiguée sur le visage. L souriait, tenant une de ces délicieuses boites de chocolat qu'il aimait tant et que Watari lui offrait sans condition, sans attendre un jour particulier pour lui montrer son attachement. Il s'interrogea un instant sur la probabilité que Light devienne fou avant la fin de l'enquête et en vint à la conclusion qu'il ne s'agirait alors que d'un dégât collatéral comme il en survenait parfois. Quoi qu'il advienne, la justice l'emporterait. C'était la seule chose qui comptait vraiment. Et si au passage il pouvait s'amuser, il en profiterait.
« Light, accepterais-tu un chocolat ? »
Peu importe les conséquences, à la fin, c'est toujours le bien qui l'emporte.
Note de fin de l'auteur: c'est terrible. Un jour peut-être L acceptera de se laisser manipuler par moi. En attendant, ça donne souvent ce genre de choses. Un texte inégal et particulier.
