Notes de l'auteur:

Ce passage là est sans doute le plus joyeux de toute ma fanfiction. J'ai donc le plaisir de vous annoncer qu'il est tout public.

Réponse aux Reviews:

stormtrooper2: Coucou;

Pfiou, heureusement que tu es là sinon je sais pas si j'aurais trouvé la courage de continuer. Oui tu as raison Severus fait déjà preuve d'un esprit typiquement serpentard. En fait pour être totalement honnête je crois que c'est dans les premiers one hot que je colle le plus au personnage. Plus j'avance dans la rédaction plus j'ai l'impression de sombrer dans un sentimentalisme trop important…. Et pouratant mon but premier EST de rendre Snape plus humain à nos yeux! Enfin bref je m'égare; encore merci pour ton soutient et une fois de plus ton analyse de mon texte est extrêmement proche de ce que je voulais transmettre. (Pour le père t'inquiète pas il va payer un jour ou l'autre!). Bonne lecture

Bizz Ciao+

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Quand l'Astre de la Nuit se lève et Apporte l'Espoir:

Le grand jour avait fini par arriver. Je me tenais sur le quai de la gare attendant avec impatience l'arrivée du Poudelard express. Tout l'argent, que m'avait laissé maman, avait servi à m'acheter mes fournitures et encore tout était d'occasion. Cela ne m'empêchais pas d'être fou de joie. J'avais lu de bout en bout tous mes manuels, en apprenant le plus possible. J'avais hâte d'assister à mes premiers cours et je savais que je ferais tout pour être le meilleur. Jusqu'à présent mon père et ses « amis » m'avaient toujours considéré comme un avorton inutile et incapable de réussir quoi que ce soit. Avec mon entrée dans le monde sorcier j'allais leur montrer à quel point ils avaient tord. Je serai le meilleur, je n'avais pas le choix, je devais être le meilleur, pour me prouver que je valais quelque chose. Perdu des mes rêves de gloire et de reconnaissance, je sursautais en entendant le coup de sifflet annonçant l'arrivée du train. Sans que je m'en rende compte la gare c'était remplie. Partout je voyais des enfants embrassant leurs parents, et des mères donnant des recommandations de dernière minute. Je sentis mon cœur se serrer et j'étais envahi par un horrible sentiment de solitude. Secouant la tête je repoussais cette faiblesse au fond de mon esprit, puis je montais dans le train, le visage de marbre et l'œil glacial. Si je pouvais tromper les autres avec ma feinte assurance, je ne pouvais me tromper moi-même en sentant mon cœur battre la chamade. Trainant derrière moi, avec difficulté, ma lourde malle, je finis par dénicher un compartiment vide. C'étais avec soulagement que je me laissai tomber sur la banquette. Je ne l'aurais jamais avoué, même sous la torture, mais voir tout ce monde autour de moi m'avait terrifié.

J'étais tellement habitué à la solitude… J'avais l'impression que chaque regard était braqué sur moi à l'affut de la moindre erreur. Mon répit fut de courte durée et la porte de compartiment s'ouvrit sur une fille aux yeux verts et aux cheveux auburn.

« _ Bonjour, je peux m'installer ici? » Me demanda-t-elle, un grand sourire illuminant son beau visage.

Je ne savais pas comment réagir et je résistais à mon impulsion première de baisser la tête, pour me cacher derrière mes longs cheveux. Après un petit moment de silence gêné, je réussis à répondre d'une voix calme et posée:

« _ Bien sur, je m'appelle Severus Snape et toi?

_ Merci! Moi c'est Lily Evans, je viens d'une famille moldu alors je me sens un peu perdue. » Réplica-t-elle joyeusement en s'asseyant à côté de moi. Habituellement je n'aimais guère parler et encore moins de moi, mais curieusement je me sentais bien avec elle. Etait-ce son sourire ou la joie de vivre brillant dans ses yeux? Je ne sais pas, mais je sentis comme des papillons dans mon ventre. Quelque chose me poussa à répondre, juste pour la faire parler encore un peu et entendre sa voix.

« _ Mon père aussi est un moldu, alors je ne sais pas grand-chose non plus. Mais j'ai lu l'Histoire de Poudelard et…

_ Toi aussi?! Ce bouquin est génial, tu ne trouves pas? J'ai hâte de voir les escaliers magiques.

_ Oui tu as raison, il est très bien écrit et puis tu as lu le passage sur le plafond magique de la grand salle? Ca doit être agréable de voir le ciel comme ça. »

Mais que me prenait-il? Je ne me reconnaissais plus. C'était moi qui venais de répondre avec un tel enthousiasme à sa question? Par Merlin mais c'est que j'allais sourire! Mais qu'est-ce qui m'arrivais? Je tentais de reprendre en mains mes émotions et de garder un visage impassible, sachant que la moindre faille pourrait se retourner contre moi. Autant tenter de décrocher la lune, j'aurais sans doute eu plus de succès. Lily était irrésistible et la conversation mouvementé sur l'histoire de Poudelard se poursuivit jusqu'au terminus. Avec sa candeur et son enthousiasme, lentement mais surement, la petite rouquine était entrain d'abattre les défenses que j'avais érigées autour de mon esprit et de mon cœur. En descendant du train je lui en voulait d'avoir réussi à me toucher ainsi et je m'en voulais encore plus pour ne pas avoir su brider mes sentiments. Les sentiments étaient dangereux, je le savais bien pourtant. Et puis surtout j'avais peur de souffrir, peur qu'elle se rapproche, puis me rejette comme mon père m'avait renié.

C'était donc d'une humeur passablement massacrante et le visage renfrogné que je pris pied sur le quai, et suivis l'immense barbu qui nous mena jusqu'à des barques.

Lily avait remarqué mon changement d'humeur et me demanda ce qui se passait. Furieux contre moi, je l'envoyais froidement promener. Vexée, elle se tu mais ne me quitta pas. Ce dont je lui fus secrètement reconnaissant. Soudain une voix s'éleva au dessus du brouhaha ambiant:

« _ Lily, ma reine, ma princesse, viens t'assoir à côté de moi! »

Agacé et légèrement dégoûté par tant de mièvrerie, je cherchais l'auteur de cette déclaration, grandiloquente, observant anxieusement la réaction de Lily.

Je finis par repérer l'énergumène qui exposait si crânement ses sentiments à la face du monde. C'était un garçon brun, bien bâti, aux cheveux rebelles, qui affichait un sourire charmeur et plein de prétentions. Il était encadré par trois autres garçons. L'un était petit et avait le regard fuyant d'un rat, un autre avait les cheveux châtain clair et le visage avenant, il semblait gêné par la sortie de son ami. Mais le dernier par contre nous toisait avec la même insolence que le brun.

« _ Potter! » Répondit froidement Lily, « Ce sera Evans pour toi et non je refuse de m'assoir à côté d'un verracrasse bouffi d'importance tel que toi! »

Puis m'adressant un petit sourire, elle alla s'assoir à côté de moi dans la barque. Je ne connaissais ce Potter que depuis quelques secondes et il m'agaçait déjà avec ses grands airs. Il se comportait comme si le monde lui appartenait. En repensant à son physique de star hollywoodienne, à sa robe bien coupée et au regard béat d'admiration qui le suivait, je me dis que c'était sans doute, hélas, le cas. J'en conçus une rancœur encore plus tenace, surtout après la façon cavalière dont il avait interpelé Lily. Ma sombre humeur dut se répercuter sur mon visage, car Lily me dit d'une voix apaisante:

« _ Ne fais pas attention à ce crâneur de Potter, il y a des dizaine de gens bien mieux ici! »

Plongé dans mes ruminations, j'acquiesçais vaguement. En vérité, j'étais jaloux de Potter, de sa richesse apparente, de sa beauté et de popularité. Ce sale petit prétentieux avait tout pour lui, alors que moi…

La vue de Poudelard eut tôt fait de me tirer de mon humeur maussade et j'oubliais vite ce Potter et ses manières agaçantes. A l'entrée du château une vieille femme du nom de Minerva Mcgonagall nous accueillit et nous expliqua ce qui allait suivre. J'étais anxieux. Bon d'accord j'étais mort de trouille à l'idée de ce qui allait se passer et je ne lâchais pas Lily d'une semelle.

Puis la répartition commença. Le garçon insolent qui accompagnait Potter, se nommait Sirius Black et fut réparti à Griffondor. Quelques instants plus tard Lily l'y rejoint, suivie par le garçon châtain, Remus Lupin, et par le garçon à la face de rat, Peter Petigrow. Puis à mon grand damne Potter fut lui aussi envoyé chez les rouges et or.

Après encore cinq minutes d'attente angoissée mon tour arriva et Mcgonagall lança un Severus Snape, retentissant.

J'avais les genoux en coton et mon cœur était écrasé par un étaux de peur. Mais fidèle à moi-même, je m'avançais calmement le visage fermé et le dos droit. Tous les regard étaient braqués sur moi et j'étais atrocement mal à l'aise. Je finis par arriver jusqu'au tabouret. Je m'y assis et enfonçai le Choixpeau Magique sur ma tête.

« _ Ah, ah, voilà la fils d'Eileen Prince. » Stupéfié, je faillis tomber de mon tabouret. Le chapeau parlait et en plus il connaissait maman!

« _ Bien sur, que je connais ta mère. Bon, bon, voyons voir, où allons nous t'envoyer? Il y a une soiffe de connaissance intense chez toi, mais aussi une grande détermination. Non ce ne sera pas Serredaigle, ni Griffondor, tu n'as pas leur courage éclatant. »

J'étais pétrifié de peur et je sentais venir le moment où le choixpeau dirait que je ne pouvais aller nulle part, que j'étais un raté. Je revis mon père me traiter de déchet, de sous-homme et je sentis une bouffée de haine et de colère m'envahir.

« _ Haaa, il y a cette colère, cette envie de reconnaissance. Oui, oui ce sera donc: SERPENTARD » Finit-il à voix haute. Infiniment soulagé, je retirais le Choixpeau et me dirigé vers la table de ma maison, dont les élèves applaudissaient poliment. On était loin de l'exubérance des autres tables et j'entendais bien les Griffondor me huer. Notamment James Potter qui lança avec suffisance:

« _ C'est pas étonnant! Vous avez vu ce type?! Avec son nez crochu c'est sûre qu'il a la tête de l'emploi! Le parfait mage noir! »

Sa voix emplie de sarcasmes me frappa là où j'étais le plus vulnérable, en mon âme. Je ne pus empêcher le rouge de la honte, de colorer mes joues pâles et je baissais les yeux sur mon assiette.

Lorsque j'osais enfin relever le visage, je croisais les magnifiques émeraudes de Lily qui me souriait chaleureusement. Le cœur gonflé par un étrange sentiment, je lui rendais son sourire.

J'avais 11 ans, je venais d'entrer à Poudelard et je m'étais déjà fait un ennemi. Oui mais il y avait Lily, l'astre de mes jours et de mes nuits, et sa présence m'emplissais d'un étrange espoir.

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