IV – Runnaway.

Petit mot de l'auteur :
Je suis sincèrement désolée de la petitesse de ce chapitre, je n'avais pas réalisé en l'écrivant qu'il était aussi court, mais j'avais absoulument besoin d'une ellipse. Nous approchons bientôt de la fin de l'histoire, et je crois que le dernier chapitre sera assez long.

Réveil.

Xemnas annonçait aujourd'hui qui partirait pour le manoir Oblivion. Demyx n'avait aucun doute quand au fait qu'il ne serait pas de la partie. La présence de Marluxia sur les lieux fut cependant une surprise. Il était réellement puissant, pour un membre assez jeune, tout comme Larxenne. Demyx fit donc ses adieux provisoires à Axel puis rassura Roxas qui semblait apeuré par le départ de son mentor.

Plus tard dans la journée, il jouait, comme à son habitude, dans le salon, lorsqu'il s'aperçut que Roxas le regardait fixement. Il sourit .

-Eh, p'tit gars. Pourquoi tu me regardes comme ça ?

-Ce que tu as joué... C'était... Bizarre.

-Ode à Twilight Town, c'est comme ça qu'elle s'appelle.

-Tu aimes bien Twilight Town ?

Il acquiesça, un large sourire aux lèvres. Roxas eut un petit sourire.

-Moi aussi j'aime bien cet endroit.

La discussion fut close.

Leur QG était sacrément vide. Axel et sa bonne humeur manquaient. Ainsi que Lexaeus et son calme légendaire, Zexion, qui avait toujours quelque chose d'intelligent à dire. Larxenne et sa mauvaise humeur, si agréable à taquiner. Marluxia et le parfum de fleurs qu'il répends... Et Vexen, qui... Non, en fait Vexen ne manquait à personne, se disait Demyx en errant dans les couloirs. Il croisa Axsile, qui était très occupée à ne rien faire d'utile, comme à son habitude. Il fit à peine un pas dans sa direction qu'elle tourna vivement la tête vers lui.

-Qu'est ce que tu veux ?

-Je pensais que tu partirais pour le manoir Oblivion.

-Tu le vois bien, je suis restée.

-Tu n'es plus le jouet de Xemnas ?

Elle eut un rire jaune.

-Il a cru que j'étais aussi docile que Saix. Je crois que ça veut tout dire que je sois encore ici.

Demyx eut un sourire crispé. Il se souvint de son objectif de rassembler ses souvenirs.

-Axsile, comment est ce que tu as perdu ton coeur ?

-Je l'ai moi même rejeté.

-C-c'est possible de faire ça ?

Elle aquieça, les yeux perdus dans le vague. Un léger silence se fit, puis elle secoua la tête.

-Je ne te dirais rien de plus sur mon passé, si c'est ce que tu veux savoir... Désolée, Demyx.

-Pas de problème, excuse moi si... j'ai réveillé de mauvais souvenirs.

Elle sourit, puis baissa à nouveau la tête. Demyx estima qu'il était opportun de s'en aller.

« Medy était heureux. Il semblait que Summer ait réellement trouvé en lui cette raison qu'elle cherchait. Son expression triste avait totalement disparu. Tout allait pour le mieux. »

-Ce souvenir n'avait rien d'utile, soupira-t-il.
Les jours passèrent, et il se rendit compte qu'il n'arriverais à rien sans revoir Summer. Chacun des mouvements qu'elle faisait lui rappelait une anecdote, un instant, un fragment de souvenir. Et ces derniers étaient précieux à ses yeux. C'était devenu pour lui une sorte de jeu, son but ? Tenter de faire agir Summer des manières les plus différentes possibles. Sa mémoire lui revenait petit à petit... Un soir, il trouva le courage de retourner là où il vivait autrefois. La capuche sur la tête, il resta quelques minutes aux alentours, incapable d'entrer. Trop, trop de souvenirs. Les regrets, les remords, lui serraient la gorge . Il ne se sentait pas capable d'affronter la vision de ce qu'il était avant. Un lâche qui avait déçu celle qui l'avait mis au monde.

La boulangerie n'existait plus. À la place, il y avait un immeuble où vivaient des dizaines de personnes. Demyx comprit vaguement qu'il aurait dû ressentir quelque chose, comme de la tristesse, de la nostalgie... Maudit vide.

-Summer, tu sais ce qui est arrivé à ma mère ?

Son expression devint plus dépitée que jamais.

-Elle a vendu la boulangerie peu après ton départ, je crois qu'elle a fini par mourir de chagrin...
-Oh.

Demyx tenta d'afficher une expression la plus triste possible. Si la joie était quelque chose qu'il imitait sans peine, la tristesse était beaucoup plus ardue. Il fallait plonger au plus profond de ses souvenirs, dans les méandres de sa mémoire... Pour s'en rappeller enfin.

« Fuir. Il devait fuir Twilight Town. Plus rien ne le retenait là bas. Medy avait été attrapé par sa mère en pleine étreinte avec Summer. Furieuse n'était pas un mot assez puissant pour décrire dans quel état de colère elle était. D'une nature extrêmement possessive envers son fils, qu'il ait fugué puis qu'elle le retrouve dans les bras d'une fille était le comble de tout ce qu'elle avait jamais craint. Elle hurlait, dans un état d'hystérie terrifiant. Medy se bouchait les oreilles, retenant sa colère. Écoutant chaque mot haineux sortant de la bouche de sa mère, l'absorbant, comme s'il s'agissait de la vérité absolue. Nous connaissons tous ce moment tellement paradoxal, où nous savons pertinemment que ce que nous entendons n'est destiné qu'a nous faire souffrir, mais où nous écoutons et croyons tout... Lorsqu'elle vint à parler de Summer, des mensonges qu'elle lui avait sûrement proférés, du moment où elle n'hésiterais pas à le jeter, d'à quel point elle se servait de lui, Medy n'en pouvais plus. Il se leva, bouscula sa génitrice et se précipita vers la sortie. Fuyant, de toutes ses forces. Loin de Twilight Town, où plus rien ne le retenait désormais... Pas même Summer, en qui il avait perdu toute estime, à cause de sa mère. »

Elle le serra dans ses bras. Demyx ne réagit pas, choqué par ce qu'il venait d'apprendre. Il rendit machinalement son étreinte à la jeune fille.

Pendant ce temps, dans le Manoir Oblivion, Marluxia poussait son dernier soupir...