Je n'ai pas la patience d'attendre pour vous poster la suite de ma fic. Comme j'ai déjà 15 chapitres d'écrit, je peux bien vous poster plus souvent.

Je sais que cette fic ne fait pas vraiment partie de celles qui plaisent, elle est un peu spéciale, sombre, mais j'ose espérer que la suite ne vous fera pas fuir. Pour le moment, j'écris un chapitre par jour, et croyez moi, ce n'est pas facile.

Merci encore à LouiseMentalist, Janeandteresa et Solealuna qui, malgré le sujet et la noirceur de cette histoire, sont toujours là.

Je vous souhaite à tous une bonne lecture.

Sweety

PS: à savoir que Adam est le tueur, celui qui fait si peur aux gens. Je n'en dis pas plus.


Adam POV


La salle était sombre mais des lumières étaient suspendues tout autour d'une grande estrade sur laquelle se trouvaient plusieurs femmes dans des tenues plus que légères. Les hommes devant elles criaient, hurlaient, sifflaient, agitant des billets au dessus de leurs têtes. Les femmes souriaient, se dandinaient, dansaient et se mouvaient en rythme avec la musique envoutante. Certaines tournaient et retournaient le long des barres centrales sur l'estrade tandis que les autres se touchaient le corps afin d'attirer un peu plus l'œil des hommes en chaleur dans la salle.

J'entrais dans la salle et m'installais au bar, commandant une boisson pas trop forte, je ne voulais pas perdre la tête avant d'avoir obtenu ce pour quoi j'étais venu. Je voulais pouvoir être moi-même au bon moment, pouvoir me contrôler et assouvir ce dont j'avais besoin depuis si longtemps. Je me retenais depuis maintenant deux semaines et j'avais besoin d'avancer, de vivre et seule une femme pourrait m'aider pour ça.

Regardant autour de moi, je constatais que tout ces hommes bavaient devant le spectacle qui s'offrait à eux, des femmes se déhanchant, se trémoussant, se dandinant, exposant sans gêne leur corps et leurs formes. Je n'aimais pas spécialement ce genre de spectacle mais je n'étais pas là pour apprécier mais pour chercher. Je cherchais LA femme, celle qui m'aiderais dans ma tache que je repoussais depuis bien trop longtemps.

Je portais le verre à mes lèvres et captais le regard d'une jeune et jolie jeune femme, brune, le visage parsemé de taches de rousseurs. Elle portait une petite jupe à peine plus longue qu'une ceinture, laissant voir un petit string rouge à paillettes. Son soutien-gorge permettait à sa poitrine de s'offrir généreusement aux regard envieux de ceux qui la voyaient et elle semblait apprécier ça. Elle se rapprocha de moi, ondulant des hanches à chaque pas et posa une main sur ma jambe lorsqu'elle arriva au bar.

-" Alors beau gosse, t'es seul?" me demanda-t-elle en se penchant vers mon visage, me permettant d'humer son parfum exotique.

-" Oui," répondis-je simplement.

-" Besoin de compagnie ?" dit-elle en glissant sa main entre mes jambes, appuyant là où elle savait me faire réagir.

Je ne tardais pas à lui faire comprendre que son invitation était la bienvenue et elle attrapa ma main, me tirant à sa suite vers une petite salle dans le fond de la pièce principale. Surement le lieu où elle amenait ses conquêtes d'un soir, sous l'œil vigilant de son mac, sans aucun doute. Je ne pouvais pas faire ça ici, c'était trop risqué et je ne voulais pas me faire prendre avant d'avoir eu ce que je voulais, ce dont j'avais besoin le plus en ce moment.

Je la suivis donc, me faufilant entre les clients, les danseuses, les serveuses. Je vis du coin de l'œil le videur nous suivre du regard. La jeune femme dû lui sourire car il tourna la tête et reporta son attention sur la porte.

J'entrais dans une petite salle encore moins éclairée que la précédente et où une chaise trônait dans son centre. La danseuse s'y dirigea en me tirant la main par la même occasion. Je m'installais donc sur la chaise et attendit qu'elle fasse ce qu'elle voulait faire. Je savais ce qui m'attendais et ne le voulais pas forcement, mais je la laissais néanmoins faire. Elle était payée pour ça et je savais qu'elle devait avoir besoin de son argent pour quelque raison que ce soit.

La jeune femme se pencha une dernière fois vers moi pour me glisser quelques mots à l'oreille avant de se reculer pour commencer son show.

Gladys, comme elle me l'avait fait savoir à l'oreille, se mit à danser devant moi, se touchant le corps au rythme d'une douce et sensuelle mélodie. Je la regardais, fasciné par les mouvements de ce corps si frêle et pourtant si fort. Elle me tourna le dos et bougea les fesses tout en baissant le haut de son corps, de façon à ce que je ne vois plus que cette partie de corps chargé en chair tentante. Je voulais la toucher, la caresser ou tout simplement l'embrasser. Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas ressentis ce genre de chose, je ne savais pas comment l'interpréter. Je savais ce que je devais faire, je savais

que c'était elle, mais j'avais une autre envie, une de celles qu'on ne peut contrôler. Une envie dont les hommes étaient les esclaves depuis la nuit des temps. La luxure.

Gladys me fit de nouveau face, le visage rouge et je sentis mon propre visage me bruler. La sueur coula le long de mon cou, se perdant sous ma chemise et une autre partie de mon anatomie se réveilla. La belle rousse se rapprocha et vint s'assoir sur mes genoux, appuyant de façon explicite sur mon entre jambe. Je posais mes mains sur ses hanches et

appuyais mon visage sur sa poitrine. Elle rejeta la tête en arrière et soupira de bien être. Je laissais ma langue sortir de ma bouche, suçotais le haut de cette poitrine généreuse. Je sentis ses mains se glisser dans mes cheveux et me forcer à continuer. Ce que je fis volontiers, appréciant moi-même la torture que je lui infligeais.

Gladys se releva et je la laissais finir son show. Je savais désormais que c'était elle, il n'y avait pas de doute possible et je devrais me mettre en action rapidement. J'avais déjà attendu deux semaines et je savais que je ne parviendrais pas à attendre encore plus longtemps. Je me relevais et quittais la pièce, suivant de nouveau Gladys mais la retins par le bras et la fit se retourner vers moi. Je glissais deux billets de cinquante dollars dans son soutien-gorge et lui souris. Je me penchais vers son visage, pressant mon corps contre le sien, lui faisant sentir ce qu'elle avait provoqué.

-" Je voudrais te revoir," lui dis-je, la voix sensuelle.

-" Rejoins-moi sur le parking dans une heure," me répondit-elle dans un sourire avant de se remettre au travail, aguichant un autre bougre.

Je quittais le bar et me rendis à ma voiture pour attendre l'heure du rendez-vous que m'avait fixé Gladys. Cette femme était en tout point semblable à ce que je cherchais, à un détail près, elle avait quelques centimètres de trop et ce léger détail pouvait nuire à l'accomplissement de ma mission. Je ne pouvais me permettre de me tromper encore une fois, il me fallait absolument le bon spécimen sinon je serais condamné à chercher, encore et encore et c'était justement ce que je ne voulais pas. Il me tardais de la trouver et plus j'y réfléchissais et plus je me disais que j'avais fait erreur sur la personne. Ce ne pouvait pas être elle, je devais encore chercher. Il valait mieux que je mette un terme immédiatement à tout ça avant de perdre ce temps qui m'était si précieux.

Jetant un rapide coup d'œil dans la ruelle, je vis sortir la brune mais ne la rejoignis pas. Ce n'était pas elle alors à quoi bon? Je mettais donc le contact et quittais ma place de parking, rentrant chez moi pour réfléchir sur ce que je n'avais pas encore compris. Je voulais savoir pourquoi je ne parvenais pas à la trouver, ce n'était pourtant pas si compliqué de trouver cette femme, celle dont j'avais besoin depuis si longtemps. Je ne voulais pas être une nouvelle fois déçu en découvrant que ça ne marchait pas. Il me fallait relire mes livres, peut-être un détail m'avait-il échappé sans que je ne m'en rende compte. Auquel cas, tout ce que j'avais fait jusqu'à présent n'avait servi à rien.

Le groupe comptait sur moi, je ne pouvais les décevoir. Notre survie dépendait de ma réussite, j'avais été choisi pour cette tache, j'avais été choisi pour être celui qui conduirait notre communauté vers ce monde de pureté et de bonheur que nous ne trouvions pas ici. Je ne pouvais me permettre de les décevoir, une fois de plus. Mon honneur, ainsi que celui de ma famille dépendait de la réussite de ma mission.

Je roulais une bonne demie heure pour quitter la ville avant de m'engager sur un petit chemin de terre au bout duquel se trouvait ma maison, loin de la civilisation et de sa curiosité. Je n'aimais pas tous ces gens qui posaient sans cesse des questions pour savoir ce que cachaient les autres, je n'aimais pas la façon dont on vous regardait lorsque vous ne ressembliez pas aux autres, que vous n'étiez pas ce gentil petit mouton qui suivait les autres sans se demander pourquoi. Je n'étais pas de ceux-là, je n'étais pas comme eux et j'avais besoin d'un endroit qui me laisse respirer.

Arrivant devant la grande maison que j'avais hérité de mes parents, je garais la voiture dans le garage et en sortais pour entrer chez moi. Je posais ma veste et montais immédiatement à l'étage dans ma pièce secrète. Même chez moi j'avais besoin d'un endroit où cacher ma vie, au cas où la femme de ménage aurait l'idée de fouiller dans mes affaires. J'avais beau fuir ce monde, je n'en restais pas moins un homme occupé qui n'avait pas forcement le temps de ranger chez moi et cette femme m'était d'une grande aide.

Maria était une brave femme, d'une cinquantaine d'années passées, elle avait un charme indéniable et une gentillesse incroyable. Elle n'avait jamais eu la curiosité de chercher à en savoir plus sur moi, mais je ne pouvais me permettre de baisser ma garde. Elle pouvait bien cacher son jeu et je devais protéger ce que j'avais de plus cher au monde.

Ouvrant la porte de ma chambre, j'y pénétrais prestement et poussais un rideau avant de composer un code sur le boitier électronique. Une porte s'ouvrit à l'opposé de la pièce et je m'y dirigeais. Mes livres m'aideraient à savoir quelle erreur j'avais commise et où je trouverais celle dont j'avais besoin.

Je pris le plus gros ouvrage sur l'une des étagères et retournais dans ma chambre. Je pris place devant mon bureau, posais le livre et l'ouvrais tout de suite sur la page qui m'intéressais. Je parcourais les lignes, visualisant tout ce que je lisais dans mon esprit, guettant chaque mot comme s'ils allaient me donner la solution. Et soudain, je sus ce que j'avais à faire, je sus où je pourrais la trouver. Il me suffisais d'être attentif à tout et elle me trouverais elle-même. Cette femme qui avait l'extraordinaire chance de pouvoir accomplir de grandes choses se manifesterait elle-même à moi et ainsi je pourrais accomplir mon devoir, ma mission, ce que je savais être ma destinée depuis le jour de ma naissance.

Une fois la réponse à mes questions trouvée, je rangeais le livre à sa place et redescendais dans le salon. J'avais besoin de me détendre un peu, d'oublier que je devais repousser ce moment si important pour moi et je connaissais un excellent moyen pour ça. Allumant le poste de télévision, je tombais sur la chaine d'information. Même si je voulais fuir ce monde, j'aimais me tenir informé de ce qu'il s'y passait, savoir que bientôt tout ceci ne serait plus qu'un mauvais rêve d'une vie passée. Je montais le son afin de pouvoir comprendre de quoi parlait la jeune femme devant moi et l'écoutais expliquer ce qu'elle avait de si important à dire.

"Ce matin, sur le bord d'une route au nord de Sacramento, le corps d'une jeune femme à été retrouvé. Cette femme, Britney Parker, âgée de vingt cinq ans, vivait seule, travaillait dans un restaurant du quartier pour payer ses études et personne ne lui connaissait aucun ennemi.

Son corps était couvert de diverses blessures et le coroner a eu la gentillesse de nous informer que la pauvre femme avait été torturée pendant des jours, voir des semaines. La police a également retrouvé sur elle des marques qu'ils n'arrivent pas pour le moment à expliquer, comme un langage étrange que personne ne semble connaitre."

Je coupais le son, ne supportant plus d'entendre cette femme dénigrer mon œuvre ainsi, même si c'était une erreur, ça n'en restait pas moins une œuvre dont j'étais fier. Sur l'écran derrière la journaliste, je vis apparaitre une femme et là, je sus que je l'avais enfin trouvée. Elle était là, devant moi, enfin à la télévision et il se dégageait d'elle ce petit quelque chose qui manquait chez toutes les autres. Il n'y avait plus de doutes possibles, je l'avais enfin trouvé.

Maintenant que je savais où elle était, il ne me restait plus qu'à la trouver et l'approcher. Comment ? Je ne le savais pas encore, mais je trouverais bien un moyen sans pour autant l'alerter. Et il me serait alors facile de la ramener ici et de finir ce que j'avais commencé des années plus tôt. Ce n'était plus qu'une question de temps.

Mon cœur battait fort dans ma poitrine lorsque je montais me coucher ce soir. Je n'étais plus très loin d'en finir et je ne savais pas si je devais en être heureux ou triste. Tant d'années à chercher, tant d'années à parcourir le monde pour enfin trouver le bout du tunnel qui me conduirait là où je savais être ma place. J'avais mis tant de moi dans ces recherches qu'il m'étais difficile de penser que bientôt tout ceci serait fini. Mais d'un autre coté, j'étais heureux car enfin je serais libéré.

Je fermais les yeux et visualisais ce pour quoi j'étais né. Ma communauté serait fier de moi, j'allais enfin leur prouver que leur choix était le bon, qu'ils avaient choisi la bonne personne pour les conduire chez nous, dans ce monde si sélectif qu'il ne pourrait accepter que nous.

Le visage d'une femme apparut dans mes rêves, signe que c'était bien elle. Mais un petit quelque chose me fit comprendre que ce ne serait pas si facile, que les choses ne se passeraient pas comme je le souhaitais. Le chemin vers cette femme serait long et difficile. Il me faudrait me montrer fort et fier afin d'y parvenir. Je sentait l'ombre d'un homme autour de cette femme, un homme qui, je le savais, ne me laisserait pas l'approcher si facilement. Je ne savais pas encore qui il était, mais je le trouverais et le ferais disparaitre. Rien ne pourrait se mettre en travers de ma route, pas maintenant que je touchais presque au but.

Ma mission serait accomplie avec brio et je serais libre de cette enveloppe charnelle.


TBC…