Un grand chapitre cette fois ci ! :) Au départ je l'avais écrit en deux partie mais finalement j'ai tout regroupé pour avoir un chapitre plus conséquent et surtout vite passer à l'action dans le suivant ! Bonne lecture :)

LouOak : Je suis vraiment très touché par tout ce que tu m'as dit ! Ca fait toujours extrêmement plaisir de lire ce genre de review ! :) Et tu sais, moi j'aime les lectrices sensibles ! ;) Je suis contente que l'idée d'exploiter un peu le personnage de Ori te plaise et je compte continuer de le développer un peu, notamment grâce à l'aide d'un personnage inattendue ( enfin j'espère ^^) Peut - être qu'effectivement tu vas arriver à ne plus trop apprécier Thorin, c'est vrai… mais peut être pas pour les raisons que tu imagines… enfin tout cela dans un ou deux chapitre.. :) Merci beaucoup pour ton message qui m'a fait très plaisir ! J'espère que la suite te plaira autant..


Quand Fìli s'éveilla le soleil commençait déjà de disparaitre à l'ouest. Encore engourdi, il se frotta paresseusement les yeux et quand il s'aperçu de ce qu'il faisait, il réalisa subitement que le main de Kìli n'était plus dans la sienne.

Cédant à la panique, il s'assit brusquement et jeta des coups d'oeil effrayés autour de lui. Il soupira de soulagement quand il remarqua que son frère était toujours là, à ses côtés. L'espace d'un instant il avait eu peur qu'on ne l'ait emporté loin de lui et à jamais.

- Du calme gamin, le rassura gentiment Oin, il fallait que je change ses bandages et malheureusement ta main me gênait.

- Comment va-t-il ? demanda le blond sans faire attention aux paroles du guérisseur.

- Toujours aucun changement, lui répondit la voix de Thorin qui assit à quelques pas, n'avait comme promis pas bougé de la journée.

- Oin, qu'est-ce que ça veut dire ? Est-ce qu'il va guérir ? Est-il hors de danger maintenant ? Demanda l'épéiste la voix angoissée.

- Je pense qu'il a besoin de beaucoup de repos et que c'est pour cela qu'il ne s'est pas encore réveillé. Laisse lui du temps.

Fìli ne répondit rien et déporta à nouveau son regard sur le corps immobile de son petit frère.

- Mais est-il hors de danger ?

- Tant que les blessures ne s'infectes pas et que la fièvre n'augmente pas trop ça devrait aller.

Fìli ne répondit rien et amena sa main au front du brun. Il était chaud. Encore. Cette constatation ne le rassura pas mais il se força à rester calme.

- Tu devrais manger quelque chose Fìli, conseilla Bofur qui s'était approché avec une écuelle à la main.

Et avant que le blond n'ait eu le temps de protester Thorin enchaina.

- Rappel toi ce que ton frère voudrait.

Avec un soupir Fìli se résigna à prendre l'écuelle et la cuillère que lui tendait Bofur. Il joua longuement avec la nourriture puis mangea doucement et sans appétit. Se sentant presque coupable de manger alors que son petit frère ne pouvait pas.

Finalement après cette journée de repos pour certain, ou de mission d'éclairage autour du camp pour les autres, les ténèbres s'installèrent complètement et tous ce couchèrent à nouveau. Ces derniers soirs, l'ambiance n'était évidemment pas aux veillées joyeuse qu'ils avaient pu connaitre les soir précédents.

Bofur et Bombur prirent le premier tour de garde en même temps qu'Ori s'étendait là où il l'avait fait la veille et continua de fixer Kìli.

La journée avait été affreuse pour lui aussi. Il n'avait que très peu parlé et très peu mangé. À la place il avait observé de loin la silhouette immobile du nain qu'il aimait. Il avait aussi écrit dans son journal et dessiné.

Beaucoup.

Dessiné Kìli. Kìli souriant, Kìli rigolant et surtout Kìli en bonne santé. Quand il n'avait pas été avec sa plume, il avait été avec l'arc et le carquois du brun, les nettoyant minutieusement. De cette manière il se sentait un peu plus proche de lui et presque utile. Au moins il faisait quelque chose et concentrait entièrement son esprit à la tache et non sur des pensées plus sombres.

Cette nuit comme la précédente il dormit très peu, regardant de loin Fìli murmurer de douces paroles à son frère inconscient. Il observa grâce à la lumière du feu comme le blond caressait tendrement le visage et les cheveux du brun. Il le regarda changer plusieurs fois le vêtement humide qui maintenait la fièvre plus ou moins à distance et à chaque fois qu'il effectua se geste, Fìli s'était penché pour embrasser son frère. Sur le front, la pommette, le nez, la joue.

Et le cœur d'Or s'arrêta brutalement quand, ne se pensant pas observé, Fìli s'inclina pour cette fois ci poser ses lèvres sur celles du brun.

Ori était bien plus que conscient du lien incroyable qui unissait les deux frères - c'était d'ailleurs à cause de cela qu'il n'avait jamais pu parler à Kìli en privé - seulement il n'avait aucune idée de la nature de leur relation. Certes ils étaient frères. Cependant certaines rumeurs, de retour dans les heures sombres et tardives des tavernes d'Ered Luin, couraient à leur sujet. Ori s'était toujours refusé à y croire, aveuglé par son propre amour pour le brun. Seulement aujourd'hui et avec ce dont il venait d'être témoin, il doutait violemment. Ce que venait de faire Fìli était peut être uniquement fraternel ? Il chercha à s'en convaincre de toutes ses forces même si au fond de lui il savait que c'était faux. Mais il continua de l'espérer profondément. Soudain sa réflexion fut coupée au court.

Kìli venait de bouger.

Ori eu une irrésistible envie de se lever et de courir à lui mais se retint quant il se rappela que Fìli lui en voulait toujours et ne le laisserai plus jamais approcher le jeune prince. Le scribe avala douloureusement sa salive à cette dernière pensée et observa, le cœur rempli d'espoir quand à l'état de santé de l'archer.

- Fee, murmura le brun les yeux difficilement entrouverts et la bouche pâteuse.

- Kìli ! Mahal soit loué tu es réveillé !

Le blond se pencha et referma délicatement ses bras autour de la forme de son petit frère, déposant un chaste baiser sur ses lèvres sèches.

- Fee… sa voix n'était qu'un faible croassement. Tu n'as… rien ?

- Oh Kìli !

Fìli ne put s'empêcher de rigoler doucement à la fois de soulagement et de consternation. Son frère se préoccupait toujours du bien des autres avant de s'en faire pour lui même.

- Je vais très bien, c'est toi qui nous as inquiété Sannadadith.

- Désolé…

- Shhh qu'est ce que tu dis ? Ne t'excuse pas ce n'est pas de ta faute.

Ori crut déceler dans ces dernières paroles une pointe d'amertume et une nouvelle fois il avala douloureusement sa salive. Il savait ce que voulais dire ces mots. Tout ceci est de la faute à Ori. C'est lui le responsable. Et le pire, c'est qu'il en était lui aussi convaincu malgré les efforts de ses frère pour le dissuader du contraire.

- Je ne voulais pas… que tu t'inquiètes …

Kìli remua légèrement, et la voix à peine plus haute qu'un souffle il continua:

- Fee ? J'ai… froid, Fee…

Le corps de Kìli commença de trembler de manière incontrôlée. Fìli retira le vêtement mouillé et sa main rencontra un front plus brulant qu'il ne l'avait encore jamais été. Refusant de céder à la panique Fìli serra la main du brun avant de la lâcher pour lui étendre une nouvelle couverture sur le corps.

- Mer – merci. Fee… J- j'ai si mal…

- Attend Oin a laissé quelque chose pour ça… Tient.

Délicatement il inclina Kìli pour lu faire boire les deux gorgées conseillées par le guérisseur. Le brun siffla sous la peine que lui procura le mouvement mais avala néanmoins le liquide.

Une fois allongé il recommença de trembler.

- F – fr – oid, Fee…

Et avant que Fìli n'ait pu se saisir du moindre bout de tissus Kìli commença de gémir et de se tortiller dans tout les sens.

- Kìli ! Cria alors Fìli alarmé en tentant de l'immobiliser avant qu'il ne fasse saigner ses plaies.

Le brun commença de hurler de plus en plus fort ce qui eut l'effet de réveiller instantanément tous les membres de la compagnie.

Oin, immédiatement alerte et sur ses pieds accouru près des deux princes, Thorin Dwalin et Bofur sur les talons. Ori qui s'était levé allait accourir lui aussi quand une main légère se posa sur son épaule. Il tourna la tête et découvrit Bilbo lui souriant à la fois gentiment et compatissant. Le scribe baissa la tête et suivi le Hobbit qui l'entraina plus loin sans un mot. Il était frustré d'être constamment tenu à l'écart mais au fond de lui il savait que sa présence au près du plus jeune Durin n'était pas désirée. De plus, Fìli semblait l'avoir étrangement oublié et ce n'était surement pas le moment de lui rappeler son existence.

- Que ce passe-t-il ? Gronda Thorin quand il fut près de ses neveux.

- Je ne sais pas ! Il s'est réveillé et tout allait bien mais il à commencé à avoir froid et pourtant il est brulant ! La seconde d'après il se mettait à hurler !

- NON ! S'époumona soudain le brun comme pour confirmer les paroles de son frère, non lâchez moi espèces de monstres ! Lâchez moi !

- C'est la fièvre, annonça Oin tout en agissant, elle a augmenté et il hallucine. Par Mahal, s'écria-t-il soudainement, allez vous finir par l'immobiliser ?! Il va ouvrir toutes ses blessures !

Sans se concerter Thorin et Dwalin se saisirent chacun d'une jambe alors que Bofur et Fìli lui tenait les bras. Chacun essaya d'immobiliser au mieux le corps du jeune prince en s'étendant sur lui autant qu'il le pouvait, mais celui ci ne se laissa pas faire et ils n'eurent pas d'autres choix que d'endurer les coups qui échappaient à leur grippe.

- LÂCHEZ MOI ! Mon frère et mon oncle vous ferons payer ça, démons !

Pendant ce temps là, Oin s'activa à préparer une concoction pour apaiser et avec un peu de chance assommer le brun.

- Mes frères… mes frères… bafouilla le prince en gesticulant et s'attirant un regard étonné avec une certaine pointe d'espérance.

- Mon frère ! Il vous tuera tous jusqu'au dernier ! Il… Aaaah !

Le reste de sa phrase mourut dans sa gorge quand une des plaies son épaule se remit à saigner abondamment.

- Qu'est ce que vous m'avez fait ? Pantela-il les yeux révulsés.

- Oin vite ! Craqua finalement le blond angoissé en lançant un regard suppliant en direction du guérisseur.

- Je fais ce que je peux Fìli !

- FÌLI ! NON ! Pas Fìli, ne le touchez pas ! Ne le touchez pas ou alors je jure que vous le regretterez !

- Kìli, tenta son ainé ne supportant plus de voir son petit frère se blesser lui même dans son délire, je suis là Atamanel. Je suis là je vais bien. Kee regarde moi, c'est moi. C'est moi Fee ! Kee !

Quelque part la voix de Fìli raisonna dans la tête du brun et il s'arrêta de gesticuler pour regarder attentivement mais fiévreusement le visage penché au dessus de lui.

Fìli caressa le visage en sueur du brun, écartant les mèches collées à sa peau.

- C'est ça Kee, c'est ça petit frère, c'est moi.

- Fìli… Murmura le brun les yeux écarquillés.

Le silence suivit et l'archer leva difficilement la main pour effleurer du bout des doigts la joue du blond. Fìli frémit de soulagement au contact et ferma les yeux. Mais soudain, l'instant se brisa.

- Espèce de monstre ! S'époumona Kìli, le feu ravivé dans son esprit et dans ses yeux. Comment oses tu prendre l'apparence de mon frère ! Je vais te tuer !

Le brun s'arqua violement pour atteindre Fìli, décollant son dos du sol et luttant encore plus fort pour se libérer.

C'est à ce moment qu'Oin arriva miraculeusement avec le breuvage. D'une main ferme il se saisit de la tête du jeune prince et l'obligea à boire, refermant ensuite sa main sur la bouche pour éviter qu'il ne recrache.

Kìli retomba immédiatement en arrière.

- Non, grommela-t-il. Qu'est ce que… mons-tres… mon frère… Tho-rin…

Peut à peu sa vision s'obscurcit et il se senti dégringoler doucement dans les limbes.

- Non… Thor… Fìli…

- Je suis là, l'apaisa celui ci toujours en caressant son front, ca va aller Kìli. Je suis là.

Il attrapa à nouveau la main du brun et le regarda s'enfoncer dans le sommeil.

- Fee

Et avec ce dernier murmure, ses yeux se refermèrent.

- Eh bien, soupira Dwalin en se massant les bras, c'est que le gamin à de la force.

- Tu l'as dit, grogna Bofur en essuyant avec le dos de sa manche le sang qui coulait de son nez.

Sans un mot, Oin entreprit de refermer et nettoyer les plaies qui s'étaient ouvertes. Une fois fait il appliqua de nouveaux bandages pour toutes les blessures et repositionna les couvertures qui étaient tombées dans l'agitation du brun. Il s'approcha ensuite de son sac et sortit une nouvelle fiole. Délicatement il souleva Kìli et versa un peu du breuvage dans sa gorge.

- Qu'est ce que c'est ? Demanda Fìli sceptique.

- C'est pour la fièvre. Je l'ai préparé dans la journée en espérant cependant ne pas avoir à m'en servir. Cette concoction est forte et peu avoir tendance à provoquer des brûlures d'estomac. Je voulais éviter ça à ton frère mais la fièvre a trop augmenté et je n'ai plus le choix. J'espère qu'il sera suffisamment endormi pour ne pas ressentir ces éventuels effets indésirables.

- Qu'est ce qu'on fait maintenant ? Risqua Bofur d'une voix nasillarde alors qu'il se tenait le nez.

- Rien. Je m'occupe de ton nez et on attend. Il va falloir continuer de lui donner le breuvage pour la fièvre. Il est impératif qu'elle retombe. En revanche on ne peut plus lui donner celui pour la douleur. J'ai bien peur qu'à long terme le mélange ne soit pas conseillé.

Fìli sentit une vague de panique l'envahir.

- Je lui en ai donné avant qu'il hallucine !

- Ce n'est pas grave, le rassura Oin. Il y a eu un peu de temps entre les deux et je pense qu'une seule fois ne lui fera rien.

- Il va donc souffrir d'avantage maintenant qu'il n'a plus rien pour l'apaiser, marmonna Thorin, le regard vaguement perdu sur le corps endormi de son plus jeune neveu.

Le babillage fiévreux de son neveu l'avait secoué. Quand Kìli avait hurlé son nom… il lui avait semblé être de retour sur le champ de bataille d'Azanulbizar, de retour à ce moment où il avait perdu une partie de son cœur. Et Kìli, là, qui venait de l'appeler… ou alors était-ce Frerin ?

Mes frères.

Kìli n'avait qu'un seul frère. Etait-ce un quelconque signe ? Etait-ce possible que dans la fièvre l'esprit de Frerin en ai profité pour s'éveiller? Thorin secoua fermement la tête et se gifla mentalement. Il s'en voulu de penser de telles choses. Ce n'était ni la voix de Kìli et encore moins celle de Frerin qui venait de hurler mais celle de la fièvre. Tout ce babillage n'avait aucune signification. Finalement la réponse de Oin le tira hors de ses étranges pensées malheureusement de plus en plus récurrentes.

- Espérons qu'il sera suffisamment inconscient pour ne rien sentir. Cependant rien n'interdit de lui donner la tisane que j'ai préparé pour l'endormir. Ca pourra toujours aider. Il faut continuer de le veiller et humidifier le tissu sur sa tête. Je vais aussi en mettre un derrière sa nuque.

- Je le ferais.

Cette fois ci aucun ne protesta aux paroles de Fìli. Tous sachant que c'était inutile d'aller contre la volonté de l'héritier dans une telle situation.

- Je vais rester avec toi, décida Thorin qui savait qu'il ne trouverait aucun sommeil cette nuit.

Fìli hocha simplement la tête, son attention à nouveau entièrement accaparée par le visage de son frère. Les sourcils de celui ci étaient légèrement froncés mais il semblait néanmoins ne pas souffrir.

Dwalin, Oin et Bofur s'éloignèrent des Durin mais ils entendirent quand même Oin dire à Bofur.

- Le gamin à effectivement de la force, ton nez est cassé.

- Oh, répondit Bofur retrouvant son caractère plaisantin alors qu'il hochait les épaules avec un soupir mélodramatique, quitte à avoir le nez cassé, autant avoir l'honneur de recevoir le coup par un prince aussi brave que lui.

A cette remarque Fìli et Thorin ne purent empêcher un petit sourire de naitre sur leur lèvre.

Oui leur Kìli était brave. Il survivrait.


Cette nuit là Kìli s'agita beaucoup dans son sommeil. L'instant était calme et le moment d'après d'énormes goutes de sueur perlaient sur son corps, il se mettait alors à gesticuler en gémissant des paroles incompréhensibles.

Dans ces moments là Fìli et Thorin assistaient, impuissants. Fìli tentai désespérément de prononcer des paroles rassurantes tout en caressant tendrement son visage ou sa main. Après un certain temps, l'archer finissait par se calmer et retombait dans un sommeil profond. Très souvent Fìli changeait le linge sur le front et sous la nuque de son frère pour maintenir la température la plus basse possible. Mais malgré cela et le breuvage donné par Oin, le brun restait dangereusement brulant. Quand il s'éveillait, on se dépêchait de lui faire boire quelques gorgées de tisane et en général, il en ressortait si ce n'était pas à chaque fois endormi, au moins apaisé. Finalement la nuit se termina puis un autre jour similaire s'écoula ainsi que deux autres.

Tous identiques.

Deux jours durant lesquels Fìli ne dormit que très peu. Deux jours durant lesquels Ori cru mourir de frustration de remords et d'inquiétude. Deux jours durant lesquels Thorin fut hanté par des pensées entièrement peuplées par Frerin. Mais aussi deux jours durant lesquels Dwalin effectua un travail remarquable. Personne ne l'avoua à haute voix mais lors de ces jours là ce fut lui plus que Thorin qui prit en charge toute l'organisation et la sécurité de leur compagnie. Le roi lui était dans un autre monde.

Au matin du quatrième jour après l'attaque, Kìli ouvrit les yeux.

La première chose dont il fut conscient fut du silence qui régnait autour de lui. Puis il sentit un contact dans sa main. Un contact chaud et apaisant. Il ouvra à moitié et difficilement les yeux pour que finalement son regard rencontre immédiatement des mèches d'or. Fìli était allongé sur son flan à ses côtés. Ses yeux étaient fermés et son corps était doucement soulevé par sa respiration endormie. Kìli resta ainsi quelques minutes, observant simplement la vue rassurante de son frère. Peu à peu les paupières du blond papillonnèrent et après un bâillement il ouvrit les yeux. Le bleu océan croisa immédiatement le chocolat et Kìli lui sourit faiblement:

- Hey.

- Kìli ! S'étrangla Fìli. Immédiatement sa main lâcha celle qu'il tenait pour se poser sur la joue du brun, testant sa température. Puis constatant que la fièvre semblait presque entièrement retombée il caressa tendrement le visage en face de lui, un poids s'échappant de sa poitrine.

Son petit frère élargit un peu plus son sourire. Ne pouvant résister après autant de temps, Fìli se pencha délicatement, réduisant l'espace entre eux pour presser chastement ses lèvres contre celles du brun. Il posa ensuite son front contre le sien et les yeux humides, il frotta légèrement son nez contre celui de Kìli.

- Atamanel… tu m'as manqué… marmonna Fìli.

En réponse Kìli retourna le fortement de nez et soupira d'aise. Fìli aussi lui avait manqué. Il n'avait aucune idée depuis combien de temps il était ainsi mais il savait que le toucher et l'odeur de son frère lui avaient terriblement manqué. À cet instant présent il était bien car il avait les deux. Et pour rien au monde il ne voulait bouger. Cependant une douleur dérangea ce moment de bonheur mais il refusa de laisser le blond s'en apercevoir et de lui créer plus d'inquiétude.

- Toi aussi.

Fìli posa un baiser sur le bout de son nez et s'éloigna de quelques centimètres pour le fixer dans les yeux.

- Comment te sens tu ?

- Endolori, répondit sincèrement Kìli avec une petite grimace de contrariété.

- Tu te remets à peine de tes blessures, rien de plus normal, le rassura Fìli en cajolant ses cheveux bruns.

- Combien de temps je… commença le plus jeune.

- Quatre nuits et trois jours, récita automatiquement Fìli qui avait compté précisément tout le temps où son frère avait été gravement malade et par ce fait séparé de lui. Nous sommes le matin du quatrième jour.

Kìli écarquilla les yeux et aussitôt Fìli regretta de lui avoir révélé cela maintenant. Il savait que Kìli s'en voudrait d'avoir fait retardé leur progression. C'est pourquoi il ajouta immédiatement:

- Tout le monde était fatigué Kìli. Je suis sur que Thorin aurait décidé de rester ici quelques jours de toute façon.

Peut convaincu le brun amorça une moue boudeuse ce qui fini de rassurer Fìli sur l'état de santé de son petit frère. Si Kìli commençait à retrouver la force de protester ou bouder c'était qu'il allait mieux. Avant qu'il ne puisse continuer leur conversation des pas raisonnèrent derrière eux et Bofur apparu à leur côté.

- Kìli ! Heureux de te voir à nouveau parmi nous, sourit-il chaleureusement. Tu nous à fait sacrement peur tu sais !

- Apparemment, grommela le brun la voix toujours un peu rauque mais rendant néanmoins un faible sourire à son ami.

- Ne bougez pas, je vais aller chercher Oin et votre oncle !

- Comme si je le pouvais, grommela à nouveau l'archer.

Tout en rigolant discrètement, le cœur plus léger qu'il ne l'avait été depuis longtemps, Fìli s'assit à côté de lui et souleva délicatement son frère contre lui pour frotter son nez contre la joue du brun.

- A peine de retour et tu grognes déjà Sannadadith.

- Je ne grogne pas, rétorqua le brun en faisant la moue.

- Oh si tu grognes Baghudel, taquina le blond en embrassant tendrement la même joue.

Kìli sourit à l'entente du surnom que lui avait donné Fìli quand ils étaient enfant. Il allait cependant répliquer mais n'eu pas le temps car Thorin et Oin arrivaient.

- Kìli, souffla le roi d'une voix où le soulagement transperçait clairement, par Mahal… tu vas bien !

Le brun lui sourit mais siffla quand Oin s'agenouilla et le tira hors de l'étreinte de Fìli pour l'ausculter. Le guérisseur enleva ensuite les couvertures qui le couvraient encore pour jeter un œil aux bandages qu'il entreprit de défaire.

- La fièvre est tombée, je pense qu'on sera tranquille avec ça maintenant. En revanche…

Le guérisseur glissa attentivement ses doigts autour des plaies.

- En revanche quoi ? Demanda Fìli une pointe d'inquiétude dans la voix.

- En revanche les plaies sont loin d'être cicatrisées. Mais elles le seront. Je pense pouvoir les recoudre aujourd'hui. Seulement j'ai bien peur qu'il ne faille qu'il reste immobile quelques jours après cela. Je ne voudrai pas que les points sautes.

Kìli frissonna à l'idée et un couinement involontaire s'échappa de sa bouche.

- Mais je ne peux pas attendre ! On a déjà perdu trop de temps par ma faute ! Il faut que l'on reprenne la route.

A ces paroles Fìli gronda.

- Kìli je t'ai déjà dit que rien de ceci n'était de ta faute ! Rien tu entends ?

Thorin sentant la tempête approcher pausa sa main sur l'épaule de Fìli dans le but de le calmer.

- Fìli, avertit-il.

- Mais c'est vrai ! Tout ça c'est de la faute à…

- Fìli !

La langue de Thorin claqua et Kìli leva des yeux intrigués sur eux mais ne dit rien. Il n'avait pas la force.

Ce fut Oin qui remarqua que ce dernier commençait de se fatiguer à nouveau.

- Kìli tu devrais dormir encore et –

- Mais –

- Et ce soir si tu es assez reposé je pense que quelqu'un pourra t'accompagner jusqu'à la rivière pour te décrasser un peu avant que je ne fasse tes points de sutures.

L'idée de pouvoir marcher à nouveau était trop tentante et Kìli ne protesta pas. Au lieu de ça il hocha la tête et coula son regard sur Fìli. Comprenant la demande silencieuse il s'assit près de lui.

- Je reste ici, annonça t-il.

Personne ne protesta et Thorin après un dernier coup d'œil hésitant suivit Oin laissant les deux princes entre eux. Il savait que viendrait un moment où il devrait aborder le sujet de leur relation. Seulement il n'avait ni le cœur ni le courage de fatiguer et peiner Kìli avec ça maintenant. Le plus jeune fils de sa sœur était à peine en train de se remettre d'avoir frôler la mort. Une telle discussion pouvait attendre. De plus Thorin était ces derniers temps bien trop perturbé et fatigué, ce qui ne le rendait pas du tout prêt à tenir tête et causer du chagrin à ses deux héritiers.

- Merci, chuchota Kìli à son frère les yeux déjà fermés par la vague de fatigue qui l'avait soudainement clamé.

Fìli ne répondit rien et écarta une mèche brune qui tombait sur le visage de son frère, se contentant de presser doucement mais rapidement ses lèvres contre les siennes.

Le soir venu, Kìli ne se réveilla pas et après une rapide inspection de Oin, Fìli fut rassuré d'apprendre qu'il n'y avait plus aucun signe de fièvre et que son petit frère était juste très fatigué. Rien de plus normal. C'est pour cette raison que lorsque Thorin lui demanda de le rejoindre un peu plus loin pour parler il accepta finalement de le suivre et pour la première fois quitter le chevet de son précieux petit frère.

Dwalin, Balin et Oin étaient déjà regroupés.

- Il va falloir que nous reprenions la route, annonçât Dwalin sans préambule, je pense que nous ne pouvons plus nous permettre de nous attarder.

Balin hocha la tête.

- Le mieux serait de reprendre la route dès demain, compléta-t-il

- C'est impossible ! Explosa Fìli dont le rouge était monté à la tête dès les premier mots du colosse, Kìli est encore trop faible pour voyager et Oin n'a encore pas fait ses points de sutures !

- Calme toi Fìli, rien n'a été décidé encore, nous en parlons seulement, soupira Thorin.

Intérieurement Dwalin ne put s'empêcher de sourire. Fìli venait d'avoir exactement la même réaction que Thorin avait eut quelques jours auparavant. Le colosse se fit la remarque intérieur qu'une fois de plus Fìli prouvait à quel point il ressemblait à son oncle.

- Je refuse. Je refuse de reprendre la route. On ne peut pas prendre le risque de le faire bouger !

- Oin qu'est ce que tu en penses ? Demanda Thorin.

Le guérisseur se frotta la barbe quelques secondes, signe qu'il réfléchissait et évaluait la situation, avant de répondre :

- Le gamin est certes encore bien faible… Mais j'imagine que si il reste à poney il devrait pouvoir voyager sans trop de risque de faire sauter ses points ou de se fatiguer… Cependant j'aimerais qu'on lui laisse encore au moins un jour.

Dwalin et Balin, bien que peut enchantés à l'idée de rester plus de temps ce contentèrent simplement de hocher la tête. Fìli lui, allait répliquer quand Thorin conclu:

- Bien nous partirons après demain matin. Nous profiterons de la journée qu'il reste pour se préparer. Oin tu penses pouvoir faire les points demain matin ?

Le guérisseur hocha positivement la tête.

Fìli grogna une dernière fois pour souligner son mécontentement avant de rejoindre celui qu'il avait déjà laissé depuis trop de temps.


Le lendemain matin Fìli et Oin se débrouillèrent pour faire boire à Kìli une importante quantité de la tisane arrangée du guérisseur pour tenter de garder le blessé endormi lors de ses points de sutures.

Oin désinfecta une nouvelle fois les plaies puis entreprit de recoudre. Ce ne fut pas une tache facile car le brun s'agita violement. La douleur l'éveilla finalement totalement et, c'est la main de Fìli fermement emprisonnée dans la sienne, les ongles plantés dans sa peau et les dents serrés qu'il endura la fin du traitement. Fìli supporta lui aussi la pression lancinante dans sa main, tentant de soutenir son frère et peut être d'une certaine manière partager sa douleur.

Quand finalement ce fut terminé, l'archer respira profondément et ferma les yeux d'épuisement. Le vieux guérisseur apposa de nouveaux bandages, redonna un peu de liquide contre la douleur et laissa enfin les frères entre eux. Kìli ne mit pas longtemps avant de s'endormir à nouveau et Fìli soupira. Voir son frère dans cet état le chagrinait beaucoup. Kìli avait été tellement affaibli qu'il dormais la plus part du temps. Néanmoins, le blond était soulagé de voir qu'il se rétablissait sans trop de complications.

L'héritier quitta à contre cœur le chevet de son frère pour commencer de rassembler leurs affaires à tout les deux. D'ailleurs, tout le monde dans le camp s'affairait maintenant à se préparer pour privilégier un départ efficace le lendemain. Une fois qu'il eu fini d'empaqueter toutes leurs affaires, Fìli remarqua qu'il n'avait aucune idée de ce qui était advenu de l'arc adoré de son petit frère. Il se reprocha alors sévèrement de ne pas y avoir pensé plus tôt. Il fallait absolument qu'il le retrouve.

Fìli savait que Kìli serait profondément touché par cette perte.

Cet arc, au delà d'être son arme fétiche, possédait un signification sentimentale pour le brun. Quand le jeune prince avait annoncé à leur oncle qu'il avait choisi l'arc pour arme, celui ci était immédiatement rentré dans une colère sourde.

Jamais ! Jamais tu entends ? Je refuse que cette pratique ennemis, méprisable, lâche et indigne souille les mains d'un prince de Durin. Tel avait été les durs mots de leur oncle.

Mais Kìli possédait ce pouvoir. Ce pouvoir de toujours et en n'importe quelle situation, amadouer les gens. Et son oncle n'échappait pas à cette règle, bien au contraire. Mais si Kìli avait réussi à convaincre Thorin de le laisser pratiquer l'archerie, celui ci avait en revanche refusé de le voir se servir de son arc près de lui. Puis après quelques temps, le roi déchu n'avait eu d'autre choix que de constater - lors de leurs chasses - que son neveu était un archer hors pair. Et si le roi déchu était têtu et rancunier, il n'était pas encore aveugle. Kìli excellait et le priver de son talent aurait été une perte pour tous. De plus, Thorin n'avait pas et n'aurais jamais la force de lutter face à son plus jeune neveu qui attendrissait toujours son cœur. Alors, le jour où Kìli atteignit sa majorité, Thorin lui offrit un arc en signe qu'il acceptait officiellement son choix. Un arc qu'il avait lui même fabriqué et gravé après de nombreuses heures de travail acharnées. Par conséquent, Kìli tenait beaucoup à cet arc, preuve de l'affection et la reconnaissance que lui portait son oncle.

Fìli se mordit douloureusement la lèvre en regardant tout autour de lui et c'est alors que son regard se posa sur Ori. Ori dont la pommette commençait à peine de dénoircir après le coup que le prince lui avait donné. Trop préoccupé par son petit frère, Fìli n'avait plus une seule fois pensé à ce lâche. Et maintenant que l'état de Kìli était stable, le blond recommençait de se rendre compte des autres qui l'entouraient.

Fìli aussi longtemps qu'il s'en souvienne et sans qu'il ne sache réellement pourquoi n'avait jamais apprécié le scribe. Peut-être était ce à cause de cette attention pour son petit frère, un peu trop grande à son gout, qui le dérangeait. Ou alors la façon dont il avait surpris le scribe à couler des regards un peu trop appuyés sur l'archer. Mais maintenant, s'était-il dit, il avait au moins une bonne raison pour le haïr et le mépriser.

L'héritier sentit la colère s'emparer peu à peu de son esprit et il s'obligea à respirer profondément pour ne pas se laisser submerger. Déclencher une nouvelle bagarre ne servirait à rien et surtout ne serait pas digne de son statut. Il s'était déjà assez laisser aller comme cela et avait peur de finir par décevoir son oncle.

Par ailleurs et pesant plus lourd dans son jugement, Kìli n'approuverait pas ce genre de réaction.

Réprimant son envie de meurtre et serrant ses poings, quitte à en enfoncer douloureusement les ongles dans sa peau, il avança dans la direction du roux.

Bilbo regarda avec des yeux anxieux Fìli passer à côté de lui pour s'approcher du jeune scribe. Le Hobbit aperçu les autres nains se tendre et déjà Nori se levait près à agir. Mais à la surprise général, l'épéiste ne fit rien de plus que s'approcher de Ori et de lui jeter un regard méprisant. Sans un mot, il arracha l'arc que le roux tenait dans ses mains.

- Il a horreur qu'un étranger touche à son arc. Il n'autorise que moi à le faire.

Fìli appuya ses mots, ressentant l'indescriptible besoin de faire comprendre au scribe qu'il n'était rien pour Kìli, et que cela soit vrai ou non. Il ne connaissait pas exactement l'attachement qu'Ori entretenait pour son frère, mais cela n'avait que très peu d'importance au final. Amitié, béguin ou simple admiration, cela devait cesser. Fìli ne supportait juste plus de voir quelqu'un d'autre que lui s'intéresser de trop près à Kìli.

- Je… je voulais juste…

Ori n'eut pas le temps de finir que Nori apparu à ses côtés.

Fìli et lui s'affrontèrent du regard, aucun ne voulant relâcher la pression et laisser l'autre gagner ce duel silencieux. Seulement Fìli était un Durin et quelque chose d'intimidant au fond de ses yeux brilla. Nori capitula à regret, pas de crainte - bien qu'à l'instant présent le blond lui rappela un lion près à passer à l'attaque- mais il se rappela que Fìli était malgré tout le neveu de son roi et qu'il n'avait cette fois ci pas lever la main sur son frère. Avec un reniflement de dédain il se détourna, emportant le scribe avec lui.

Les yeux remplis d'éclairs, l'héritier regarda les deux frères s'éloigner, luttant contre l'envie de leur courir après.

Finalement il se baissa pour ramasser le carquois et tout le monde retrouva à nouveau sa respiration.


Fìli décida peut après sa confrontation avec les nains qu'il détestaient maintenant le plus, qu'il pouvait s'éloigner le temps d'aller laver les vêtements de son frère. Il lança un dernier regard dans sa direction pour s'assurer qu'il allait bien. Bilbo l'aperçu et lui sourit gentiment. Finalement le blond se résigna et partit. Il ne savait pas exactement pourquoi, mais il faisait confiance au Hobbit. Celui ci avait su gagner la sympathie et le respect de son frère et lui dès le moment où il leur avait ouvert sa porte.

Kìli ne serait donc pas trop fâché si il se réveillait et découvrait Bilbo à sa place.

Finalement, une fois à la rivière, Fìli se mit à genoux près de la berge et commença par nettoyer la tunique de Kìli. Une fois qu'il eut ôté tout le sang mélangé à la terre et que le bleu noble apparut à nouveau complètement, il fut assez satisfait pour passer au reste. Une fois sa tâche accomplie, il se retourna près à partir mais découvrit Nori derrière lui.

- Qu'est ce que tu veux ? Grinça le prince.

Nori leva les mains devant lui en signe de paix.

- Calme toi, je veux juste parler.

- Parler de quoi ? Je crois que tout a déjà été dit. Ton frère a failli tuer le mien. Mais Kìli s'en est heureusement sortit. Maintenant on va faire en sorte d'éviter que cela ne se reproduise. Alors aussi longtemps que tu tiendras Ori loin de Kìli et moi tout ira bien. Et si tu ne le fait pas je me ferais un plaisir de le remettre moi même à sa place.

- Arrête, pas de menace avec moi Fìli. Je viens ici pour te parler calmement entre adulte.

- Tu n'as pas agi comme un adulte quand tu as défendu les enfantillages de ton frère.

- Ori n'a pas agi comme un enfant, Fìli. Tout ce qu'il voulait était un peu d'intimité.

- Oui, dans la forêt loin de la compagnie et exposé aux dangers !

- Kìli aurait très bien pu lui dire de s'arrêter mais il l'a suivi ! Ils sont tout les deux coupable pour ça.

- Kìli se préoccupe des gens ! Il n'a juste pas voulu lui faire de la peine ! Cracha le blond.

- Ne soit pas ridicule.

Peu à peu Nori commençait de perdre son calme. Il n'avait pas souhaité cette nouvelle confrontation aussi rapidement mais il se devait d'essayer d'apaiser les choses.

Pour Ori.

Il savait que son petit frère vivait très mal cette situation et Nori voulait essayer de changer cela. Seulement et sans surprise, Fìli ne faisait rien pour l'aider. Nori n'était pas réputé pour sa grande diplomatie ou son tact. Au contraire, plusieurs fois dans la passé celui ci c'était fait arrêter alors qu'il volait de la nourriture ou un peu d'argent pour subvenir aux besoins de sa famille. Il n'avait jamais été d'une nature passive et avait toujours réagi au car de tour. Aussi se laissa-t-il légèrement emporter malgré toute sa bonne volonté.

- Si ton frère était si attentionné envers les autres, il aurait peut être remarqué plus tôt les sentiments que nourrit Ori à son égard et ainsi ils n'auraient pas eut besoin de s'éloigner ! Ori comptait lui avouer ses sentiments ce soir là et il ne voulait pas le faire devant tout le monde ! Tu peux comprendre ça ?! Tu peux comprendre qu'Ori ne soit pas une brute comme la plupart d'entre nous et qu'il ait besoin d'un peu de calme et d'intimité ?!

Le cœur de Fìli rata un battement. Sentiments ? Bien sur qu'il avait remarqué les regards appuyés du scribe sur son frère mais jamais il n'aurait pensé que cela pouvait dépasser le stade du simple béguin.

De toute façon Ori arrivait trop tard. La place dans le cœur du plus jeune prince était déjà prise. Et à dire vrai, elle n'avait jamais été libre. C'était sa place et le resterait toujours.

Cependant Fìli comme tout nain digne de ce nom, était de nature extrêmement possessive et encore plus lorsque que cela touchait à ce qui lui appartenait. Savoir que quelqu'un d'autre osait aimer son frère le rendait fou de rage - bien que la notion d'aimer ici le fit presque rire sarcastiquement.

Ce qu'il éprouvait pour Kìli était bien au delà de l'amour. Ce qu'ils partageaient tout les deux était bien au dessus. C'était inconditionnel.

Presque irréel.

Ils étaient âme sœur et aucun mots, de n'importe quel langage connu en Terre du Milieu où ailleurs – si compté qu'il y en est un - ne pouvait décrire cela. Ils n'avaient d'ailleurs besoin d'aucun mot pour se comprendre. Mais même en étant conscient de cela, Fìli ne put s'empêcher d'être amer. Il rigola moqueusement.

- Alors c'est ça hein ? Ton petit frère est pitoyablement tombé amoureux du mien ? Je suis désolé de te l'annoncer mais ton cher petit Ori va avoir le cœur brisé. Kìli ne le verra jamais comme il semble l'espérer si désespérément.

Nori serra les dents, agacé par le ton et les paroles du prince.

- Qu'est ce que tu en sais ? Tu n'es pas dans sa tête. Peut-être que Kìli est un peu moins stupide que son frère !

Fìli sourit narquoisement. Si Kìli l'aimait du même amour que lui l'aimait, ce dont il était certain, alors son frère était aussi stupide que lui. D'après Nori.

Fìli allait répliquer mais hésita quelques instants. Personne n'était vraiment au courant de la réelle nature de leur relation. Ils avaient tenté de garder le secret jusqu'au moment qu'ils jugeraient propice pour l'annoncer à leur entourage. Ils étaient conscient des rumeurs autour d'eux mais ne faisait rien ni pour les contre dire ni pour les alimenter. Peut être qu'aujourd'hui était temps de mettre les choses au clair. Seulement Fìli ne voulait pas prendre la décision tout seul. Surtout quand Kìli se remettait encore d'avoir frôlé la mort. Cependant Nori n'était pas le genre de nain à crier ce qu'il savait sur les toits et Fìli en était conscient. Ca avait en partie été un aspect qui lui avait immédiatement plus chez le nain en face de lui. Et aujourd'hui, Fìli avait besoin de mettre les choses au clair dans la tête des trois frères. Il savait que Kìli ne lui en tiendrai pas trop rigueur et que à sa place, celui ci aurait sans doute déjà clamer haut et fort à tout ceux qui voulaient l'entendre que Fìli était sien. A cette pensée un petit sourire attendri étira ses lèvres. Puis il se rappela de la présence de Nori.

- Non tu as raison. Je ne suis pas dans sa tête, mais dans son cœur. Tout comme il est dans le mien et à jamais.


Le soir avant le départ, Kìli était exceptionnellement réveillé et assis contre des sacs pour qu'il n'ait pas à forcer. Il fixait attentivement son frère qui tentait de le décrasser un maximum avec un bout de tissus qu'il trempait dans une écuelle remplie dans la rivière. Oin avait finalement interdit au brun de se lever et cela malgré les protestations de ce dernier.

- Qu'est ce qu'il y a ? Demanda finalement Fìli avec un petit sourire amusé en sentant le regard appuyé de son petit frère.

- Rien, répondit le brun.

- Tu mens. Qu'est ce qu'il y a ?

- Rien. Je me disais juste que j'avais de la chance de t'avoir.

Emu, Fìli caressa tendrement sa joue.

- Atamanel, c'est moi qui ai de la chance.

Le brun lui sourit et haussa légèrement la tête en quête d'un baiser. Fìli lui donna volontiers et pour la première fois depuis longtemps ils échangèrent un baiser passionné. Essoufflé Kìli fut le premier à reculer.

- On ne devrait pas faire ca ici, murmura-t-il en jetant un œil vers Nori qui montait la garde seul, Thorin ayant décidé que le plus de nains seraient en forme le lendemain, le mieux ce serait.

- Tout le monde dort. Et puis je m'en fiche, répliqua Fìli, laisse les voir.

Sans prévenir, il clôt à nouveau la distance entre leur lèvre et sa langue s'incéra doucement dans la bouche du brun. Fìli crocheta une main derrière la nuque de son frère pour approfondir le baiser et Kìli voulu en faire de même mais les blessures de son épaule rendait le mouvement trop douloureux. Il renonça et se laissa glisser dans ce moment de plus en plus passionnel. Fìli transmit dans cet échange tellement d'émotions que Kìli en resta haletant. Le blond se détacha à regret et ferma les yeux, le front reposé contre celui du brun.

- Et puis… je l'ai déjà dit à Nori, murmura-t-il incertain.

Le brun n'eu pas la réaction à laquelle l'épéiste s'attendait, il pensait en effet devoir faire face à quelques reproches. Au lieu de ça son frère lui demanda calmement :

- Pourquoi ?

Fìli hésita. Il ne savait toujours pas si Kìli se rappelait la raison pour laquelle Ori l'avait entrainé dans cet enfer. Quand le blond garda le silence, le brun lui continua la voix toujours aussi calme.

- C'est à cause de Ori n'est ce pas ?

Etonné et un peu inquiet le blond releva la tête

- Tu te souviens alors ?

L'archer hocha positivement la tête.

- Je me sens coupable pour lui, Fìli, avoua finalement le jeune prince, Ori ne pensait pas à mal.

Le blond était fatigué de ressentir aussi souvent de la colère, mais il ne pouvait s'en empêcher. Pas quand Kìli cherchait à innocenter le responsable de son état désolant.

- Ne le défend pas Kìli ! C'est lui qui t'a entrainé dans tout ça ! Regarde dans l'état affligeant que tu es maintenant !

Fìli regretta ses mots au moment même où il les laissait malencontreusement sortir de sa bouche.

- Merci de me le rappeler, maugréa son frère en tournant la tête.

Il allait s'en excuser quand Thorin arriva à leur coté.

- Vous devriez être en train de dormir, les réprimanda-t-il comme lorsque qu'ils étaient enfants et rigolaient où discutaient jusqu'à point d'heure dans la nuit, surtout toi Kìli tu auras besoin de toutes tes forces demain sur la route.

Son plus jeune neveu, déjà agacé, n'accueilli pas très bien le fait d'être traité comme un enfant, et tout cela à cause de simples égratignures.

Alors qu'il s'apprêtait à répliquer, ses sourcils se froncèrent en signe de protestation et Thorin ne put s'empêcher de penser, qu'une nouvelle fois, Kìli lui rappelait Frerin lorsque que celui ci était irrité.

Frerin. Thorin pensait tous les jours à son frère et sa sœur disparus, mais depuis peu, son petit frère était constamment dans sa tête. A chaque fois qu'il regardait Kìli, le roi voyait son cadet.

Il s'était déjà fait depuis longtemps la réflexion que les deux se ressemblaient étrangement et depuis peu, avec tous ces récents évènements où l'archer avait failli laisser la vie, leurs ressemblances étaient devenues bien trop flagrantes. Thorin supportait de moins en moins laisser son jeune neveu loin de lui. Il avait réellement craint de le perdre et de perdre en même temps l'aussi agréable que douloureuse image de son défunt petit frère. Il l'avait déjà perdu lui, il ne perdrait pas non plus Kìli. Leur similarité ne devait pas aller jusqu'à leurs morts prématurées.

- Thorin ?

La voix inquiète de Fìli le sortit finalement de ses pensées pour le moins, sombres et incongrues et il baissa ses yeux interrogateurs vers ses neveux.

Ceux là s'échangèrent un regard concerné avant que le blond ne le regarde à nouveau. Il décida de ne pas répéter la réponse que Kìli venait d'articuler et déclara hésitant.

- Tu as raison, nous allons dormir maintenant.

Thorin hocha silencieusement la tête et jeta un rapide dernier regard à Kìli, ne pouvant s'empêcher de se demander si celui se rappelait dans sa fièvre, l'avoir plus ou moins appelé son frère. Puis il se détourna et regagna ses affaires pour s'endormir sur la promesse qu'au lendemain il cesserait d'avoir de telles pensées.


Traduction khuzdul :

Sannadadith : petit frère parfait

Atamanel : breath of all breath ( toujours preneuse si quelqu'un trouve une jolie traduction ;) )

Baghudel : wind of all wind ( un peu pareil que le précédent… J'aime beaucoup la sonorité en anglais mais tout de suite j'aime moins en français ^^)


J'espère que je ne vous aurait pas trop assommé avec ce chapitre… C'est en tout cas ce que je ressent actuellement après avoir longuement réfléchi si je le coupais ou non … Mais bon, j'avais aussi hâte de passer à la suite de l'action … ! :D Prochain chapitre donc… ;)