Patron VS Panda
Chapitre 4
En rentrant en voiture, Mathieu et ses compagnons réfléchissaient à une façon quelconque de retrouver Maître Panda et le Patron. Enfin, surtout Mathieu, vu que le jeune à la casquette priait pour qu'ils ne retrouvent jamais le dangereux criminel, et le hippie pensait... à rien, en fait.
Soudain, le Geek faillit s'étrangler.
-Quoi, qu'est-ce qu'il y a? S'affola Mathieu.
-Rien...Je...J'ai cru voir dans le taxi qu'on vient de croiser le Patron. J'ai dû rêver...
Ils se garèrent devant la maison, très accueillante après le pauvre immeuble crasseux qu'ils venaient de quitter. Après avoir mangé du bout des lèvres (pas besoin de préciser lesquelles, hein), ils rejoignirent leur chambre respective, en espérant dormir. Mais ni le Geek ni Mathieu n'y arrivèrent, peu habitués au silence.
D'habitude la nuit était rythmée par les cris des victimes dans la cave ou encore par la voix du Panda (un touuut petit peu plus harmonieuse) qui répétait dans sa chambre. Mais là, rien. Silence. Un silence de mort.
Après s'être retourné pendant des heures dans son lit, le célèbre youtubeur se leva et alla dans la cuisine d'un pas lourd. Il vit alors l'ado à la casquette assit seul à la table, un paquet de clopes du Patron et le micro de l'autre porté disparu dans les mains. Il tourna la tête vers son compagnon, les yeux embués.
-Tu crois qu'on va les retrouver?
-Ne t'inquiète pas, lui sourit Mathieu. On les reverra, bien assez vite.
-Mais...si le sang par terre, à l'appartement, c'était au Patron et qu'il était...
-Calmes toi, gamin! Dit-il en lui ébouriffant les cheveux. Tu connais le Patron, il sait se sortir de situations bien pires.
Le gamin en question lui sauta dans les bras en s'essuyant discrètement les yeux.
-Tu sais quoi? Ça te dit d'aller les chercher? Je sais qu'il est super tard mais puisqu'on arrive pas à dormir...
Le Geek se releva et hocha la tête avec détermination.
-Allons-y!
Quelques heures plus tôt, le Panda se réveilla en sursaut. Il n'y avait rien de suspect, pourtant. L'instinct le poussa cependant à jeter un regard circulaire autour de lui. Soudain il entendit la poignée de la porte se baisser en grinçant légèrement. Il eut à peine le temps de se jeter sous la table basse que la porte s'ouvrit en grand, laissant entrer le Patron, le flingue subtilisé à Tony braqué devant lui. Ce dernier jeta un rapide coup d'œil dans la pièce et faillit laisser échapper un éclat de rire nerveux: en face de lui, deux oreilles noires dépassaient de sous la petite table.
-Sérieusement... Sors de là, boule de poils.
Le Panda sortit en tremblant de sous la table en levant les mains en l'air, mais la tête haute en signe de défi. Il écarquilla alors les yeux et ouvrit la bouche, mais trop tard. Le Patron sentit contre sa tempe un objet froid. Le canon d'un revolver. Une voix éraillée résonna alors dans le studio:
-Nous y revoilà, pas vrai?
-Tony... soupira le criminel de l'émission.
Maître Panda sortit de sa poche son flingue et le braqua vers Tony.
-Pose ton arme!
-Eeeh mais c'est mon flingue! S'indigna le Patron.
-T'osera jamais me buter, ricana Tony.
Ce dernier donna un vigoureux coup de crosse sur la tempe du Patron, qui lâcha son arme de douleur. Le géant le saisit par les épaules, donnant un coup de genou dans les...attributs masculins de son ennemi qui s'écroula par terre. L'homme au kigurumi essayait quant à lui de viser le mieux possible la machine à tuer sans toucher le Patron, ce qui n'était pas chose facile.
"Calme-toi. Respire. Prend ton temps." Se sermonna-t-il intérieurement.
Tony donna un coup de pied dans le ventre de l'homme à terre.
-Crève... putain...de merde...tu vas crever oui!? Hurlait le géant en rythmant chaque mot par un coup de pied.
Un coup de feu retentit. Tony hurla.
-Arg mon épaule!
-Merde, merde, merde, je l'ai raté, comment on recharge?
L'autre taré lui sauta dessus, la bave aux lèvres. Un autre coup de feu retentit. La balle qui venait de sortir du canon alla directement s'imbriquer...dans les parties de Tony.
-Hhhhhh... Vous avez quoi avec ça putain ?!
Il frappa de toutes ces forces le Panda qui s'étala sur le sol en perdant connaissance.
-Toi, tu vas souffrir et regretter d'être né. Le Patron peut attendre.
Il chargea sa future victime sur son épaule intacte, et marcha jusqu'à la sortie en se tenant l'entrejambe, lui donnant une démarche plutôt particulière.
Le criminel affalé contre un mur près de la porte fixait intensément son pistolet, à deux mètres de lui, en espérant que celui-ci lévite comme par magie jusqu'à sa main. Ce qui n'arriva pas. Il soupira et se mit à ramper jusqu'à lui, serrant les dents de douleur quand ses deux côtes cassées entraient en contact avec le sol. Deux pieds apparurent devant son champ de vision.
-Où tu comptais aller, toi?
Une des deux chaussures entra en collision avec son visage, puis ce fut le noir.
Il fut réveillé par deux voies, qui semblaient lointaines. Dont une, désagréable, plaintive qui lui semblait familière. Mais pour l'instant, tout ce qu'il voulait, c'était un peu de calme, pour qu'il apprécie entièrement la fraîcheur du carrelage contre son visage. L'autre voix retentit plus près. Elle avait l'air inquiète. On le secoua, et il grogna de frustration. "Laissez-moi tranquille avec mon carrelage, nom de dieu!" Pensa-t-il. Il essaya d'articuler la phrase mais ce ne fut pas très concluant.
-Il a dit quoi?
-Je crois qu'il parlait de carrelage... Il a perdu la boule!
Les voies étaient tout près maintenant. On le secoua avec plus de force. Il soupira, ce qui lui causa une douleur atroce du côté de ses côtes, et ouvrit les yeux.
Le visage de Mathieu apparut en gros plan devant lui.
-Aaah mais bouge de là, gamin!
Celui-ci sourit.
-C'est bon, il est de retour parmi les vivants, ton Patron.
Le Geek s'approcha avec suspicion.
-Euh...salut.
Le Patron grogna et s'adossa au mur. Il était toujours dans sa planque (plus très bien planquée, vu que tout le monde l'avait trouvé), au même endroit où l'avait laissé Tony.
-Tony! Il faut que je le retrouve...
Il se releva péniblement avec l'aide du mur.
-Oh, calme-toi, mec. T'as deux côtes cassées, des méchants bleus un peu partout et t'as pas vu ta tronche. D'abord, on passe à la pharmacie, ensuite à la maison, on te soigne, puis tu pourras faire la chasse aux types barges. Au fait, tu n'aurais pas croisé le Panda?
Le Patron lui lança un regard indéchiffrable.
-Si, vaguement. Bon, faut qu'on bouge.
