Bonjour à tous,
Il pleut, le ciel est zébré d 'éclair et le tonnerre gronde, une journée parfaite pour écrire un chapitre (le 9 de cette fic) mais faisons les choses dans l'ordre... Pour le moment voici le chapitre 3
Bonne lecture
Chapitre 3
Le secret de Malefoy
Harry se sentait nauséeux, il avait la tête qui tournait comme un lendemain fête et il ne comprenait pas pourquoi il était encore en vie. Il avait tenu tête à Voldemort devant toute une assemblée de Mangemorts. Cela aurait du lui coûter un allé simple pour les cachots, mais au lieu de ça, il était confortablement installé dans un lit.
Pendant une fraction de seconde, il se demanda s'il devait son confort à Draco. Avant de sombrer dans l'inconscience, il avait perçu quelque chose dans son regard, quelques chose qu'il était incapable de définir. Ce n'était ni de la compassion, ni de la sympathie et encore moins de la pitié mais son regard lui avait paru rassurant et apaisant. Depuis qu'il le connaissait Harry ne lui avait jamais connu un tel regard c'était un peu comme s'il ne lui appartenait pas, comme si ce n'était pas Draco qui s'était tenu devant lui à ce moment là.
Harry poussa un profond soupir, il était apparemment en plein délire. Draco était un Mangemort sans cœur, capable de s'en prendre à un enfant pour le bon plaisir de son maître. Il ne pouvait pas se monter rassurant. Harry n'avait vu dans ses yeux que ce qu'il espérait voir, mais ce n'était pas réel.
Le sauveur se redressa et se cala contre le montant du lit. Sa main le faisait atrocement souffrir et il pouvait une fois de plus remercier Draco pour ça. Il aurait aimé pouvoir utiliser le pouvoir que Severus lui avait enseigné afin de vérifier si Liam était toujours dans le Manoir, mais il savait que cela était impossible. Voldemort avait été clair, s'il essayait d'utiliser la magie il le saurait immédiatement et l'Elu ne se sentait pas près pour un entretien avec le seigneur des ténèbres.
Harry passa les jambes hors du lit. Il fallait qu'il trouve un moyen de s'échapper. Si Liam était toujours au Manoir, il reviendrait et il tuerait tous les Mangemort qui se mettraient en travers de sa route. Draco en tête de liste.
Il se leva et fit quelques pas dans la chambre. Il y avait deux portes, l'une menant logiquement sur un couloir et l'autre à une autre pièce qui devait être une salle de bain ou une autre chambre. Dans le doute Harry bloqua les deux portes en positionnant une chaise sous les poignées, il savait que cette protection était ridicule mais il n'avait pas d'autre solution n'ayant plus accès à sa magie.
Il s'approcha ensuite d'une fenêtre et regarda à quelle hauteur il se trouvait. Il était au deuxième étage, il y avait plus de sept mètres pour atteindre le jardin mais le jeune homme ne voyait pas d'autre moyen pour fuir. Il ouvrit la fenêtre et monta sur la corniche. Avec prudence, il fit quelques pas chassé vers la droite et fixa le sol. Sans magie, il était certain qu'il finirait en mille morceau s'il sauta. Il se remémora rapidement l'ensemble des sorts sans baguette qu'il connaissait et trouva rapidement celui qui pouvait l'aider. Un sort d'apesanteur. S'il parvenait à le jeter juste avant d'atterrir il ne se blesserait pas et s'il courrait assez vite il aurait peut-être la possibilité de sortir de la propriété pour transplaner. La crainte de la douleur qu'il ressentirait à cause du Manglogle le fit hésiter mais il se ressaisit rapidement, il n'avait pas d'autre choix.
Une rafale de vent le déstabilisa et son pied dérapa. Lorsqu'il essaya de se rattraper le Manglogle s'accrocha à l'une des pierres de la façade du Manoir. La douleur fut si intense qu'il manqua de perdre connaissance. Alors qu'il prenait une profonde respiration pour endiguer la douleur, le visage de Malefoy apparut par la fenêtre qu'il venait de quitter.
- Potter qu'est ce que tu fous ? Reviens là !, ordonna l'ancien Serpentard.
Harry le regarda une seconde.
- Je préfère crever que d'être l'esclave de ce cinglé, répondit-il en fixant de nouveau le sol.
Il fallait qu'il saute, il n'avait plus une seconde à perdre.
- Bordel descend de là, tu crois quoi ? Que le suicide va te sauver ? Penses à ton fils, lança le Mangemort.
Harry sentit une bouffée de haine l'envahir. Malefoy était bien la dernière personne à avoir le droit de lui parler de son fils, il ne serait pas debout sur cette corniche si son ennemi de toujours n'avait pas enlevé Liam.
- Je t'interdis de parler de lui, cracha-t-il. Tout est de ta faute après tout.
- Vous, fermez là, gronda Draco.
Harry fronça les sourcils, apparemment quelqu'un d'autre se trouver dans la chambre avec Draco et cela ne présageait rien de bon.
- Bon maintenant Potter arrête de faire l'enfant et reviens là, reprit Draco.
- Navré Malefoy mais je retourne voir mon fils…
Harry fit deux pas chassé supplémentaire pour s'éloigner de son geôlier qui semblait près à tendre le bras pour essayer de l'attraper.
- Sans Magie tu risques la mort en sautant, tenta de nouveau Draco. J'ai parlé en ta faveur, obéis à mon maître et il ne te sera fait aucun mal.
S'il n'avait pas été dans une situation aussi périlleuse Harry aurait surement explosé de rire. Malefoy croyait-il réellement que Voldemort ne lui ferait aucun mal ou essayait-il simplement de l'amadouer. Harry n'avait pas le temps d'y réfléchir.
- Tu ne comprends pas Malefoy… Je ne me soumettrais jamais.
Le jeune homme prit une profonde respiration, prêt à s'élancer dans le vide…
- IMPERO…
Avant que ses pieds n'aient quitté la corniche, il sentit que son corps de lui obéissait plus. Il se vit revenir près de la fenêtre en maudissant Malefoy de lui avoir jeter l'imperium. Il essayait comme il pouvait de résister mais il ne parvenait à rien. Il était aussi docile qu'un agneau, obéissant sans s'en rendre compte à des ordres qu'il n'était même pas capable d'entendre. La sensation était troublante.
Lorsqu'il fut de nouveau dans la chambre il se rendit compte de Voldemort, Bartemius Croupton Jr, que tout le ministère recherchait, et Lucius étaient dans la pièce. Il aurait aimé crier de rage mais il suivit simplement ses bourreaux.
Au regard paniqué de Draco, Harry eut le sentiment que le jeune homme était en mauvaise posture. Finalement ce n'était pas lui qui lui avait jeté l'impérium mais Voldemort lui-même. Le jeune Malefoy devait surement penser que son maître lui en voulait de ne pas y avoir pensé plus tôt et d'avoir failli le laisser fuir. Harry s'amusa de l'inquiétude de Draco, pauvre petit prince en disgrâce pensa-t-il en sortant de la chambre.
OoOoO
Harry s'arrêta devant une lourde porte en fer. Il sentit l'effet de l'Imperium s'estomper et Bartemius ouvrit la porte avant de le pousser violement, à l'intérieur de la cellule. Surpris Harry s'étala sur les dalles crasseuses du cachot. Il tenta de se relever mais reçut un violent coup de pied dans les côtes le renvoyant au sol.
- Reste coucher… Bâtard, gronda le Mangemort.
Harry obéit tout en se demandant ce que son bourreau attendait. Croupton Jr alluma une cigarette et s'adossa contre un mur. Son regard méprisant fixait Harry qui, bien que toujours à terre, ne baissait pas les yeux.
- Tu es bien trop fière Potter, s'exclama l'homme. Mais crois-moi tu ne vas pas le rester.
A peine eut-il finit sa phrase que la porte de la cellule s'ouvrit laissant apparaitre Bellatrix Lestrange.
- Tu en as mis du temps que faisais-tu ?
Harry grimaça, la nuit risquait d'être longue si la cousine de Sirius décidait de s'occuper de lui personnellement.
- Lève-toi, ordonna la sorcière sans tenir compte de la question de Bartemius.
Harry resta au sol avec pour simple plaisir celui de la contrarier.
- J'ai dit, LEVE-TOI, hurla Bellatrix.
D'un mouvement de baguette elle obligea Harry à lui obéir puis elle le poussa contre le mur. Le jeune homme sentit deux chaînes s'enrouler autour de ses poignets et le tirer vers le haut de sorte que ses pieds ne touchaient presque plus le sol.
Le poids de son corps tira douloureusement sur les articulations de ses épaules.
- C'est plus facile de s'attaquer à un sorcier sans baguette, dit-il sans lâcher des yeux les deux Mangemorts.
En deux pas Bellatrix s'approcha de lui et le gifla. Sous l'impact les lunettes d'Harry volèrent et se brisèrent contre un mur. A présent, tout était flou autour de lui, il ne distinguait la Mangemort que parce qu'elle se tenait à coté de lui mais il ne voyait de Bartemius que le bout incandescent de sa cigarette qui rougeoyait chaque fois qu'il tirait une bouffé de fumée.
- Je pourrais te tuer même si tu possédais ta précieuse baguette, immonde Sang-mêlé.
- Tu parles trop Bella, murmura Bartemius en s'approchant à son tour.
Lorsqu'il fut assez près, l'homme arracha la chemise d'Harry dévoilant ainsi le haut de son torse et aspira longuement sur sa cigarette avant de l'écraser sur la peau nue du prisonnier.
Harry serra les dents mais il ne put s'empêcher de gémir.
- Tu vois, dit-il. L'action vaut plus que les beaux discours.
Bellatrix parut excitée par la scène, elle éclata d'ailleurs d'un rire hystérique en frappant dans ses mains.
- Encore, dit-elle.
Bartemius ne se fit pas prier, il alluma une nouvelle cigarette qu'il tendit ensuite à sa compagne.
- A ton tour, proposa-t-il.
La Mangemort aspira une bouffée et écrasa le mégot sur la plaie précédemment faite par Croupton Jr.
Harry grimaça de douleur avant de sourire.
- Qu'est ce qui te fait rire ? demanda Bellatrix.
Le jeune homme ne répondit pas, son courage avait des limites et il n'était pas suicidaire. Une réplique de trop et il savait que la femme ne se gênerait pas pour le tuer.
- Je crois qu'il trouve notre méthode de torture un peu trop théâtrale.
Bartemius était intelligent, plus que la plupart des Mangemorts, Harry ne fut donc pas étonné qu'il ait compris la raison de son sourire.
- Très bien alors allons y pour l'ancienne méthode, accepta Bellatrix. Endoloris.
Harry hurla de toutes ses forces. Son cri raisonna dans la cellule, accompagné du rire dément de son tortionnaire.
Jamais jusqu'ici il n'avait ressenti pareille douleur. Le doloris que Bellatrix lui envoyait semblait surpuissant, pourtant, ayant subi ceux de Voldemort il avait longtemps cru qu'il n'en existait pas de plus douloureux.
Alors qu'il continuait de se tortiller au bout de ses chaînes comme si cela avait la possibilité de lui éviter la douleur, Bartemius s'approcha de lui.
- Ca fait mal ?, demanda-t-il.
Il était si proche que malgré ses mouvements incontrôlés et la douleur, Harry ressentait la chaleur de son souffle sur sa joue.
- Remercie le Manglogle et comprend ce que ressentent les Moldu, expliqua l'homme.
La séance de Doloris sembla durer des heures. Harry avait la gorge complètement desséchée à force d'hurler et il se demandait pourquoi il n'avait pas encore perdu la raison. Il espérait qu'il serait assez fort pour se remettre de se traitement mais il craignait de finir handicapé. L'image de Neville se rendant à St Mangouste au chevet de ses parents se superposa à celle d'un jeune homme châtain se rendant à son chevet. Liam ne devait pas subir ce que Neville vivait.
Harry n'aurait jamais pensé que ça magie avait un effet protecteur aussi important. Sans elle, tout lui paraissait plus douloureux. Il ne sentait plus ses jambes et à chaque mouvement il avait l'impression que ses bras allaient se détacher de son corps.
Bartemius fut le premier à se lasser du doloris. Il s'installa dans un coin de la pièce et regarda Bellatrix continuer de s'amuser pendant plusieurs minutes jusqu'à ce que finalement, elle se lasse à son tour.
- Et maintenant on fait quoi ?, demanda-t-elle.
Le Mangemort fit mine de réfléchir mais Harry était loin d'être naïf, l'homme savait déjà comment mener la suite des évènements.
- Rendons la suite un peu plus salissante…
Une fois de plus, la femme frappa dans ses mains et sauta sur place.
- Oui, oui, dit-elle, bonne idée.
Elle faisait l'effet d'une petite fille dans une fête foraine à qui l'on aurait dit qu'elle pouvait manger autant de barbapapa qu'elle voulait. Son compagnon lui était beaucoup calme mais le plaisir qu'il prenait à voir souffrir Harry était tout aussi élevé que celui de Bellatrix.
L'homme invoqua un fouet à trois lanières. Il fit passer ses mains sur chacune d'elles en murmurant des mots qu'Harry ne comprenait pas. Il devait s'agir d'un sort d'empoisonnement mais le jeune captif préférait ne pas y penser.
Le Mangemort donna le fouet à sa complice qui l'abattit sans attendre, sur le torse du jeune homme déchirant la chemise déjà malmené et lui lacérant sa peau.
Au départ Harry ne sentit rien, puis tout à coup, il eut l'impression que son torse tombait en lambeau. Au second coup Harry hurla et se cambra brusquement. Un craquement sonore lui indiqua qu'il venait de se casser le poignet à cause des chaines mais il ne ressentait que la douleur des coups répétés.
Il avait essayé de résister aussi longtemps qu'il l'avait pu mais il n'y parvenait plus, il laissa donc couler les larmes qu'il retenait depuis plusieurs heures. Les Mangemorts ne firent pas de commentaire sur cet état de faiblesse trop occupés par leur petit jeu… Harry sentait le sang s'échapper de ses plaies et dégouliner le long de son torse.
Il haïssait Malefoy, tout était de sa faute, s'il mourrait cette nuit dans se cachot, Draco en serait l'unique responsable mais s'il survivait il se vengerait… Oui, cette simple pensée devait lui permettre de tenir le coup. Il fallait qu'il ait l'occasion de tuer son vieil ennemi.
Après un certain temps Harry arrêta d'hurler, il n'en n'avait plus la force, mais les coups eux ne cessèrent pas.
Au bout d'une heure, peut-être deux, la porte du cachot finit par s'ouvrir apportant un courant d'air frais qui fit du bien à Harry.
- Le Seigneur vous demande, lança une voix que le jeune homme connaissait.
Bartemius Croupton attrapa Harry par les cheveux et le tira en arrière.
- Tu n'as pas envie de t'amuser un peu ?, demanda-t-il au nouvel arrivant.
Harry n'arrivait pas à distinguer les traits du troisième Mangemort et même si sa voix ne lui était pas inconnue il n'arrivait pas à savoir de qui il s'agissait.
- J'ai mieux à faire, répondit la voix d'un ton froid.
Lucius Malefoy, Harry reconnu facilement l'intonation. Tous les Malefoy avaient cette faculté de glacer l'atmosphère en une phrase.
- Dommage, bouda Bartemius avant de frapper violemment son prisonnier dans les côtes. Je suis sûr que tu y prendrais plaisir.
Le Survivant ne bougeait même plus, il se laissait frapper sans réagir comme un punching-ball.
Les trois Mangemort finirent par quitter la pièce et Harry perdit connaissance juste après leur départ, au moins il ne leur aurait pas fait le plaisir de s'évanouir devant eux.
OoOoO
Depuis combien de temps était-il dans cette cellule ? Harry n'aurait pas su le dire. Il avait repris conscience depuis quelques minutes et s'il avait dans un premier temps essayé de prendre la fuite, il avait abandonné cette idée. Il souffrait trop. Chaque mouvement lui était insupportable.
Il savait que le répit auquel il avait droit ne serait que de courte durée. Les Mangemorts n'allaient pas tarder à revenir et il ne voyait pas comment il pouvait s'en sortir. Severus était le seul à pouvoir l'aider, mais seul contre tous les fidèles de Voldemort, il n'avait aucune chance et Harry espérait qu'il ne ferait rien d'inconsidéré.
Un bruit métallique lui fit lever la tête, comme prévu les Mangemorts ne l'avaient pas oublié.
La lumière du couloir lui brula les yeux, cela faisait tellement longtemps qu'il était enfermé dans le noir qu'il n'arrivait pas à s'y habituer.
Une silhouette s'approcha de lui et Harry ressentit un vague de haine le traverser lorsqu'il reconnu Draco.
Le visage du jeune homme était mutilé par trois plaies qui lui barraient la joue. Harry ne fit aucun commentaire mais il comprit soudain l'inquiétude qu'il avait lue dans les yeux du jeune homme avant d'être amené ici.
La place de Draco au sein des Mangemort n'était peut-être pas la meilleure au final mais Harry était loin de le plaindre après ce qu'il venait de subir à cause de lui.
- T'es venu te faire plaisir ?, marmonna Harry avec le peu de force qu'il lui restait.
- Non je suis venu t'aider, répondit l'ancien Serpentard alors qu'il le libérait de ses chaînes.
S'il avait pu Harry aurait explosé de rire.
- Je n'ai pas besoin d'aide, dit-il en s'écroulant dans les bras de son ennemi.
Draco posa une cape sur ses épaules et Harry prit conscience qu'il avait eu froid. La douleur avait cette faculté de faire oublier tout le reste. Ses pieds décollèrent du sol et il supposa que l'héritier Malefoy lui avait jeté un sort de lévitation. Durant tout le chemin à travers le Manoir, Harry ne vit que le plafond. Il n'avait pas la force de regarder autour de lui pour voir où on l'emmenait.
Harry ferma les yeux lorsque Draco l'allongea sur un lit, il sentit le jeune homme déboutonner le dernier bouton de sa chemise en lambeaux. Des mains qu'il connaissait bien commencèrent à le palper. Lorsqu'elles s'approchèrent trop de ses côtes il poussa un gémissement de douleur et rouvrit les yeux.
Le visage de Severus était proche du sien, cette apparition fut un soulagement, il tendit une main dans la direction de son ancien professeur. Severus était le seul à pouvoir abréger ses souffrances
- Severus… j'ai mal, aide-moi…, supplia-t-il
L'homme toussa, gêné, mais ne lui prêta pas plus d'attention.
- Il a au minimum deux côtes cassées, son poignet est dans le même état, cela devrait être assez facilement soignable mais le Manglogle va ralentir la guérison des plaies.
Harry comprit qu'il s'adressait à une autre personne, probablement Draco, il resta donc silencieux écoutant la suite. Il avait besoin de savoir comment il allait, s'il était mourant, car c'était le sentiment qu'il avait...
- Je vous laisse cet onguent, il faut l'appliquer deux fois par jour jusqu'à la cicatrisation. Et pensez à en mettre sur votre joue si vous ne voulez pas garder de vilaines cicatrices.
Harry ferma les yeux, la présence de Severus le rassurait. Fort de se sentiment, il sombra alors pour la deuxième fois de la journée dans l'inconscience.
Lorsque Harry se réveilla, il avait chaud, très chaud, a tel point qu'il était en nage. Il essaya de bouger mais il était courbaturer et chacun de ses muscles le faisaient souffrir.
Le visage de Draco se dessina dans son champ de vision. Le jeune homme semblait inquiet et Harry s'en demanda la raison.
- Reste calme Potter, tu vas mieux mais si tu essayes encore de t'enfuir, je ne pourrais pas t'aider.
La voix de l'ancien Serpentard raisonnait comme un carillon dans sa tête. Draco croyait-il réellement qu'il était en mesure de tenter quoi que ce soit ?
- Je ferais ce que j'ai à faire, répondit Harry d'une petite voix pour le défier.
La seconde d'après Harry était de nouveau inconscient.
Lorsqu'il reprit connaissance, il se sentait beaucoup mieux et il était seul. Il regarda un peu autour de lui reconnaissant la chambre dans laquelle il s'était réveillé après son entretien avec Voldemort. Il découvrit également ses lunettes réparées posées sur la table de chevet. Pour la première fois depuis longtemps le flou qui l'entourait s'estompa.
Lorsqu'il se leva il eut un vertige et se rattrapa de justesse faisant tomber la lampe sur pied prés du lit. Il resta immobile une seconde espérant que personne ne l'avait entendu ce qui était visiblement le cas. Il fit quelques pas et s'accrocha au lit pour ne pas tomber une seconde fois. Il se regarda dans le miroir tout proche et fut content de constater que son torse ne présentait plus de marques, l'onguent de Severus avait fait du bon travail. Il chercha des yeux un t-shirt pour se vêtir mais il n'y avait aucun vêtement dans la pièce.
La porte de communication par laquelle Draco était rentré lorsqu'il avait tenté de fuir quelques jours plus tôt s'ouvrit et Harry jura intérieurement.
- Potter, on peut savoir ce que tu comptes faire ?, demanda l'héritier Malefoy qui venait d'entrer.
- Un jogging, répondit Harry en lâchant le lit.
Le vertige avait disparu et il pouvait à présent se déplacer comme il le voulait. Il vit Draco s'approcher de lui un air mécontent collé au visage.
- Tu vas te remettre au lit immédiatement, ordonna le Mangemort.
- J't'emmerde
Harry n'avait pas l'intention de se montrer conciliant. Il avait passé trop de temps au lit et là il ne désirait qu'une chose, faire quelques pas et surtout manger
- Arrêtez ça ou je vous endors à coup de camomille, gronda Draco.
Harry haussa un sourcil perplexe et fixa Draco. C'était la première fois que Draco le vouvoyait et il ne voyait pas en quoi une camomille pourrait l'endormir.
- Je te préviens Potter tu es sous ma responsabilité et tu as intérêt à m'obéir si tu ne veux pas finir stupéfixé.
Harry secoua légèrement la tête, il n'avait pas envie d'essayer de comprendre l'étrange comportement sur jeune homme, à la place, il lui sourit et pencha la tête sur le coté en signe de défit.
- Vous je vous ai dit de vous taire…
Le survivant fronça les sourcils, il n'avait rien dit… Draco n'avait pas l'air dans son état normal, Voldemort avait peut-être abusé des sorts de torture sur son petit favori.
- Est-ce que tu te drogues ? demanda Harry après quelques secondes.
Il remarqua l'air gêné que Draco afficha mais s'en désintéressa lorsque l'image de Liam s'imposa à lui.
- Où est mon fils ?, questionna-t-il. Est-ce qu'il va bien ?
- Liam est en sécurité avec sa mère…
Harry s'approcha vivement de Draco et le saisit par le col de sa chemise. Voldemort avait promis de libérer Liam s'il se rendait. Comment cette ordure pouvait-il laisser un enfant avec une dangereuse psychopathe telle que Daphné
- Tu te fous de moi là ? Je veux voir MON fils immédiatement, gronda le jeune père.
Draco se dégagea sèchement, bousculant Harry sans ménagement.
- Bon sang Potter, calme-toi ! Je suis sur que Granger saura s'occuper de lui, même sans papa à la maison.
Le sauveur se figea.
- Hermione ? Liam est avec elle…
Harry éclata de rire.
- Tu as cru qu'Hermione était la mère de Liam ?, demanda-t-il avant de recommencer à rire.
- Tu n'es pas en position pour te foutre de moi, je te signale que tu es le prisonnier de mon maître, répondit Draco visiblement vexé.
Harry se calma immédiatement et fit quelques pas en arrière. Draco pouvait croire qu'il était prisonnier si cela le soulageait mais maintenant qu'il était sur Liam n'était plus dans le Manoir, il ne comptait pas s'éterniser ici.
- Et alors ? Maintenant que je suis certain que mon fils est en sécurité ce petit détail ne va pas durer, s'exclama Harry.
- Non attend Potter, tu es sous ma responsabilité, ne…
Harry ne réfléchit qu'une seconde avant de trouver un sort sans baguette parfait pour fausser compagnie à Draco.
- Nébula…
Le prisonnier sentit une décharge électrique partir du Manglogle et circuler dans chacune des fibres de corps, il poussa un cri de douleur mais se ressaisit assez vite sachant que son sort ne tiendrait pas longtemps. Traversant le nuage de brouillard qu'il avait crée il sortit rapidement de la chambre avant de s'élancer dans le couloir à la recherche de la sortie.
Malheureusement Harry ne put pas aller très loin, en effet alors qu'il allait atteindre le grand escalier, Daphné apparut et il se figea immédiatement.
- Harry ?, s'étonna la Mangemort.
Le jeune homme ne répondit rien. Il resta immobile fixant le visage de la femme qui avait partagé sa vie et qui lui avait donné un fils. Elle était toujours aussi belle, peut-être même plus que la dernière fois qu'il l'avait vu dans les appartements de Voldemort car sa tenue était plus classique, moins sophistiquée. A cet instant elle était naturelle ne cherchant pas à le séduire, elle était la Daphné qu'il avait connu avant que tout ne devienne impossible entre eux, avant qu'elle ne change et qu'elle l'abandonne.
- Bordel Potter tu n'arrêtes jamais tes conneries… Bonjour Daphné…
La voix de Malefoy le tira de ses pensées et quelques secondes après Lucius s'approcha d'eux.
- Draco, le maître désire te voir, annonça le propriétaire des lieux. Notre prisonnier à semble-t-il utiliser sa magie.
- T'es fier de toi Potter ?
Harry lui aurait volontiers répondu oui, mais son geôlier ne lui en laissa pas le temps. Il l'attrapa par le bras et le tira sans ménagement vers la chambre qu'il venait de quitter. Une fois la porte refermée Harry sentit que Draco avait lancé un sort de verrouillage sur la chambre. Il avait beau connaitre de nombreux sortilèges sans baguette, il était certain de ne pas pouvoir débloquer celui que Malefoy avait jeté sur la pièce.
Contrarié Harry se jeta sur le lit et croisa les doigts derrière sa tête en prenant garde de ne pas appuyer sur le Manglogle. Il avait besoin d'aide, seul il ne parviendrait jamais à s'enfuir.
L'Ordre devait s'inquiéter pour lui et dans peu de temps ils lanceraient une attaque suicidaire sur le Manoir. Harry ne voulait pas en arriver là, il savait que ses amis n'avaient aucune chance s'ils attaquaient Voldemort sur son propre terrain.
OoOoO
Harry espérait secrètement de Draco était en fâcheuse position face à Voldemort. Avec un peu de chance se disait-il, le Mage Noir aurait même puni son favori pour ne pas avoir réussi à le faire obéir.
Savoir que l'ancien Serpentard était en train de supplier son maître de lui pardonner son incompétence avait quelque chose de jouissif. Cela venait sûrement de la vision de Draco à genoux, tête basse et soumis qui dansait dans la tête du prisonnier.
Alors qu'un sourire mesquin se dessinait sur le visage d'Harry face à cette idée, il sentit que le sort de verrouillage jeté par son ennemi n'était plus en place. Il se redressa du lit où il était allongé et regarda la porte s'attendant à voir apparaitre l'héritier des lieux mais ce fut Severus qui entra dans la chambre.
- Je dois faire vite, expliqua l'homme en s'approchant du prisonnier. Je n'ai pas le droit d'être ici…
Harry acquiesça silencieusement connaissant les risques que son ancien professeur encourait.
- Je suis venu te dissuader de tenter quoi que ce soit, continua-t-il. Sois patient et je trouverais comment te sortir de là.
D'un geste tendre Severus laissa glisser ses doigts sur la joue d'Harry qui ferma les yeux appréciant la caresse.
- Je m'inquiète pour toi…, avoua-t-il en s'éloignant légèrement.
Il était plus que rare que Severus se laisse aller de cette manière, il n'avait pas pour habitude de montrer sa faiblesse ou son inquiétude et cela alarma Harry
- Le Manglogle est dangereux, continua Severus, tu dois arrêter d'utiliser la magie sans baguette, ça pourrait te tuer.
Il fouilla dans l'une de ses poches et sortit une baguette.
- Je te la rends juste au cas où mais évite de t'en servir tant que tu n'es pas certain de pouvoir fuir.
Harry s'avança vers Severus et récupéra son bien. Il posa ensuite une main à plat sur son torse comme s'il cherchait à distinguer les battements de son cœur. L'ancien professeur resta stoïque mais le regard de son protégé l'inquiéta.
- J'ai besoin que tu me trouves un liguant, le plus vite possible, demanda Harry.
Severus fronça les sourcils.
- Tu ne vas pas mourir ici, dit-il en lui attrapant les épaules.
- Ca tu n'en sais rien, répliqua Harry. Tu l'as dit toi-même tu t'inquiètes... J'ai faillit y rester dans les cachots. Que serait devenu Liam ? Tu veux que Daphné en récupère la garde ? Qu'il finisse dans un orphelinat quelconque ? Trouve-moi un Liguant et je ferais de toi son père.
L'ancien Professeur serra les poings, il savait que Liam était l'unique raison qu'Harry avait de rester en vie, s'il acceptait de lui trouver un liguant et de devenir le père de l'enfant, Harry arrêterait de se battre.
- Je refuse, s'emporta l'aîné. Ne me choisit pas parce que je suis la seule personne que tu aies sous la main.
Sans un mot de plus il quitta la pièce et replaça le sort de verrouillage.
Harry balaya d'une main ce qui se trouvait sur la petite table au milieu de la pièce. Pourquoi Severus ne voulait-il pas comprendre ?
Il commença une série de va et vient dans la chambre et croisa les bras sur son torse. Si Severus refusait de devenir le père de Liam alors il n'avait plus aucune chance.
Le sort de verrouillage fut une fois de plus levé et Harry se tourna vers la porte espérant que Severus revenait lui dire qu'il avait changé d'avis. Mais cette fois ce fut Daphné qui entra. Tous les Mangemorts semblaient avoir décidé de lui rendre visite, mais tant qu'il ne voyait pas apparaître Bellatrix, Harry restait serein.
En le voyant seul, la jeune fille courut dans sa direction et se jeta dans ses bras.
- Il te voulait quoi Severus, demanda-t-elle en le serrant contre elle.
Malgré les bras de la jeune femme autour de son cou Harry resta stoïque.
- Il m'a donné un nouveau médicament, répondit-il avec méfiance.
La jeune fille s'éloigna de lui et le fixa les yeux brillants de larmes.
- Tu m'as tellement manqué mon amour… commença-t-elle.
Harry sentit une vague de haine l'envahir. Ah oui, il lui avait manqué, alors pourquoi était-elle partie ? Le visage en larme de Liam lui demandant pourquoi il n'avait pas de maman s'imposa à lui et ses traits se durcirent
- Qu'est ce qui t'arrive ?, demanda-t-elle devant le regard froid d'Harry.
- Tu te moques de moi ?, répondit le jeune homme.
Daphné lui attrapa le poignet appuyant involontairement sur le Manglogle.
- Tu me fais mal, gronda Harry en retirant sa main.
- Mon amour… Est-ce que tu m'en veux ? Tu sais que je n'avais pas le choix quand je suis partie. Mon maître m'aurait fait tuer si je ne lui avais pas obéi.
Harry se demanda si tous les Mangemorts étaient obligés de rejeter leurs fautes sur leur précieux Voldemort. Ne pouvaient-ils assumer les conséquences de leurs actes ?
- Tu aurais pu rester, tu étais en sécurité à la Villa. Mais tu as fait ton choix, celui d'abandonner ton fils…
- Je suis tellement désolé d'avoir du partir, coupa la jeune femme, je t'ai pleuré pendant des semaines.
Harry s'éloigna d'elle et contourna le lit pour se poster devant la fenêtre. Il y avait tant de sincérité dans le ton de Daphné qu'il en était troublé, mais il ne voulait pas le montrer, il s'était fait piéger une fois, il ne fallait pas que cela se reproduise. Elle était une Mangemort et chacune de ses paroles était dictée par Voldemort.
- Je t'aime toujours, je n'ai jamais réussi à t'oublier.
Le sauveur sourit avec ironie. Elle était pathétique.
- Il faut que tu me pardonnes, que veux tu que je fasse, dis moi ! Je me suis déjà excusée.
Harry garda le silence.
- Réponds-moi au moins… Harry tu me manques tellement… Je regrette ce que j'ai fait. Je t'aime et je voudrais tellement… tellement que tu me pardonnes.
Le jeune homme serra les poings, lui causant une brûlure insoutenable à la main. Il fallait qu'elle parte. Il ne voulait plus la voir, plus l'entendre… Elle avait fait tant de mal à Liam, elle ne méritait pas son pardon.
- HARRY !, hurla Daphné au bord de l'hystérique. Où est donc passé ton légendaire sens du pardon.
- C'est cela que tu veux ?, répondit le jeune homme d'une voix qui l'étonna lui-même tant elle était froide. Mon pardon ? Sache que je te l'ai déjà accordé, j'ai même fait mieux ? Je t'ai oublié.
- Pas moi, répondit la Daphné. Je ne veux pas que tu m'oublies, maintenant que tu es là, soumets-toi à notre maître et nous pourrons tout recommencer, comme avant…
Harry laissa échapper un éclat de rire. Il se retourna vers son ancienne maîtresse dont les yeux étaient baignés de larmes.
- Tu es pathétique… Je ne me soumettrais jamais et je ne vais pas rester ici bien longtemps…
- Draco ?
Harry reconnut immédiatement la voix de Lucius, même si elle n'avait rien du ton froid qu'il avait employé dans les cachots en s'adressant à Bartemius. Les deux hommes devaient être devant la porte dans le couloir et Daphné fut la première à réagir. Elle fila en direction de la seconde porte et passa dans la pièce d'à côté.
Harry était tenté de la suivre mais les paroles de Severus lui rappelèrent qu'il ne devait rien tenter. Il fixa de nouveau le jardin et entendit quelqu'un courir dans la chambre. Lorsqu'il se retourna il était seul avec Lucius et quelques secondes après, Draco revint dans la chambre. Il était vraisemblablement parti à la poursuite de Daphné sans pour autant réussir à la rattraper.
- Surveille-le bien si tu ne veux pas avoir de problème, lança Lucius en quittant la pièce.
Draco le fixa d'un regard méchant. Il avait du craindre une nouvelle tentative de fuite mais Harry s'en moquait éperdument. Savoir qu'il pouvait devenir une raison d'insomnie pour le favori de Voldemort lui redonnait une raison de vivre.
- Avec qui parlais-tu ?, demanda soudain l'ancien Serpentard.
- Personne…, répondit Harry
- C'est nouveau ça, le Sauveur du monde sorcier parle tout seul.
L'Elu se tourna vers lui et sourit, Draco pouvait croire ce qu'il voulait mais son comportement n'était pas plus étrange que le sien. Lui au moins ne sortait pas des phrases sans queue ni tête à tout bout de champ.
- Un peu comme toi, dit-il espérant l'énerver.
- Je ne parle pas tout seul, s'emporta Draco.
Les deux hommes se mesurèrent du regard comme s'ils étaient de nouveau dans l'un des couloirs de Poudlard.
- Tu veux savoir à qui je parle ?, demanda soudain l'ancien Serpentard.
Harry s'éloigna et se laissa tomber sur le lit
- Ca ne m'intéresse pas…, répondit-il
- Je parle avec ton père.
Le Survivant garda le silence. Draco était-il assez stupide pour penser qu'il allait vraiment croire qu'il puisse parler avec les morts ?
- Tu as entendu ce que je viens de te dire ?, demanda Draco.
- Bien sur Malefoy, répondit Harry, moi-même j'ai de longue conversation avec Godric Gryffondor et une fois j'ai parlé à Merlin en personne. Dans l'intimité je l'appelle Merly, mais ca reste entre nous.
D'un œil Harry regarda la réaction de Draco, ce dernier ne semblait pas apprécier la plaisanterie.
- Tu ne me crois pas ?
Le survivant se redressa légèrement sur le lit.
- Malefoy, t'es un Mangemort, torturer l'esprit c'est ton petit plaisir perso, mais là franchement tu aurais pu trouver mieux.
L'ancien Serpentard lui saisit le bras et le tira pour le forcer à se lever.
- La carte de quoi ?, demanda Draco comme s'il répondait à une question.
Harry haussa un sourcil septique, son vieil ennemi agissait réellement bizarrement.
- Je dois admettre que tu joues les schizo à la perfection, dit-il.
- Tu connais la carte des Maraudeurs.
Harry se figea.
- Comment connais-tu cette carte ?
- Ton père vient de m'en parler, expliqua Draco.
- Malefoy arrêtes tes conneries, mon père est mort, s'énerva le Brun.
- Je n'ai jamais dis le contraire.
Harry secoua la tête avant de rire nerveusement, Draco était devenu fou.
- Les doloris de ton maître ont du te griller les neurones.
- Voldemort voulait te soumettre à sa volonté, expliqua Draco. Il a cherché à emprisonner l'âme de ton père mais à cause de la maladresse de l'un de ses partisans elle se trouve à présent dans mon corps.
Le Survivant tourna autour de Draco en le détaillant de haut en bas, si ce Mangemort de malheur disait vrai alors il devait être capable de détecter la présence de son père.
- Arrête ton délire, lança-t-il après son inspection. Je ne te crois pas.
- Très bien, répondit l'héritier Malefoy, viens avec moi.
Harry ne s'était jamais senti aussi mal à l'aise. Draco le traînait derrière lui à travers tout le Manoir et chaque fois qu'ils croisaient des Mangemorts il pouvait détecter un plaisir malsain dans leurs regards.
Les deux ennemis passèrent sans s'arrêter devant une porte qu'Harry reconnut comment étant l'entrée des appartements de Severus. Ils arrivèrent devant une autre porte que Draco ouvrit sans frapper. Il le poussa sèchement à l'intérieur et entra à son tour.
Le maître des Potions se tenait près de sa réserve et son regard passa plusieurs fois de Draco à Harry. Le Survivant sentit immédiatement qu'il y avait un malaise. Severus était crispé, son visage était fermé mais l'ancien Gryffondor n'eut pas le temps de s'étendre sur le comportement de son complice.
- Severus, ordonna Draco, dites à Harry que je suis bel et bien possédé par l'esprit de son père car cet idiot ne veut pas y croire.
L'homme se crispa un peu plus avant de jeter un coup d'œil dans sa réserve.
- Nous en avons déjà parlé Draco, vous n'êtes pas possédé, vous avez simplement subit un effet secondaire de la potion.
L'héritier Malefoy frappa du plat de la main sur le bureau à coté duquel il se trouvait et Harry sursauta, son comportement n'avait rien de factice, Draco était réellement en colère.
- Mais c'est pas vrai, c'est un complot ou quoi ? Vous savez très bien que je suis…
Le jeune homme n'eut pas le temps de finir sa phrase, Théodore Nott sortit de la réserve un immense sourire aux lèvres.
- Merci pour cette racine de Blob, Monsieur. Je me demandais vraiment si elle n'était pas devenue introuvable depuis la restriction sur les ingrédients dangereux, dit-il. Je crois que le Seigneur des Ténèbres sera heureux d'apprendre la nouvelle ajouta-t-il ensuite en fixant Draco.
Lorsque Théodore fut sorti du bureau, Draco s'approcha de l'espace de travail de Severus. Totalement paniqué, l'héritier Malefoy farfouilla parmi les papiers et secoua quelques fioles avant d'en déboucher une et de l'avaler d'une traite. Harry jeta un coup d'œil à Severus qui avait étrangement pâlit.
Des bruits dans le couloir apprirent à Harry que le Mage Noir arrivait. Théodore n'avait pas trainé.
Lorsque Voldemort entra dans le laboratoire, il était accompagné de Lucius, Nott Jr et Bellatrix. D'un regard il engloba les trois hommes et Harry se demanda lequel d'entre eux allait le plus souffrir de la colère du Lord
- Lucius, à partir de maintenant le prisonnier est sous ta responsabilité, annonça le Mage Noir. Severus j'espère pour toi que tu as une bonne explication. Quant à toi termina le Seigneur des Ténèbres en fixant Draco, tu vas apprendre ce qu'il en coûte de me mentir…
Visiblement Draco serait l'heureux élu.
OoOoO
Harry comptait pour la troisième fois le nombre de livres qui se trouvaient sur la deuxième étagère du quatrième meuble de la bibliothèque. Il s'ennuyait et il était inquiet car il ne trouvait jamais le même nombre d'ouvrage. De temps en temps il sentait le regard de Lucius se poser sur lui mais l'homme ne parlait pas, au contraire, il semblait prendre un malin plaisir à laisser planer un silence glacial.
L'ancien Gryffondor attrapa un livre au hasard et s'installa face au Mangemort. Il feuilleta le manuscrit mais ne prit pas la peine de le lire, en effet il s'agissait d'un traité sur l'avilissement des créatures hybrides qui n'avait pas grand intérêt. Hermione aurait adoré le brûler.
- Que va-t-il arriver à votre fils ? demanda Harry sachant qu'il n'obtiendrait pas de réponse.
Lucius ferma son livre et le posa sur l'un des guéridons qui encadraient le canapé.
- A quel point détestes-tu Draco ?
Harry fixa dans le livre qu'il avait choisi la représentation d'un elfe de maison avant de lever les yeux vers son hôte. Le regard gris de Lucius était fixé sur lui et il n'y avait aucune trace d'ironie sur son visage. A cet instant plus que jamais le père ressemblait au fils.
- Il t'a causé beaucoup de tort, continua le patriarche Malefoy. Il est normal que tu le haïsses. Tu le tuerais surement si tu le pouvais, mais le laisserais-tu mourir…
Harry referma d'un geste sec l'ouvrage qu'il tenait toujours dans ses mains.
- J'ai détesté votre fils dés le jour où je l'ai rencontré et je le détesterais jusqu'à ce que je meure ou jusqu'à ce que je le tue. Alors oui je le laisserais volontiers mourir.
Lucius se permit de sourire.
- Il est extrêmement inconvenant de couper la parole d'un sang-pur, dit-il. Ce que je voulais savoir c'est si tu le laisserais mourir sachant qu'il est possédé par l'esprit de ton père. As-tu une idée de ce que ton père est en train de vivre en ce moment ?
- Oui, répondit sèchement Harry, je sais ce qu'il vit. J'étais dans le même cas il n'y a pas si longtemps.
- Cela devrait te donner envie de l'aider, de lui épargner cette souffrance.
Harry se rappela ce qu'il avait ressentit lorsqu'il était torturé par Bellatrix et Bartemius. Il avait encore l'impression de ressentir les lanières du fouet s'abattre sur sa peau et les doloris le brûler de l'intérieur. Son père était-il réellement en train de subir la même chose ?
- Je sais que tu as envie de l'aider, c'est dans ta nature, expliqua Lucius. Moi je veux le bien de mon fils.
- Et pour cela vous iriez à l'encontre de la volonté de votre maître, s'étonna Harry.
Lucius se leva et s'approcha de lui.
- Toi plus que quiconque tu sais de quoi un père est capable pour sauver son enfant.
Harry ressentit dans cette phrase tout l'amour que Lucius portait à Draco et il en fut étonné car il n'aurait jamais cru un Mangemort capable d'un tel sentiment.
Il avait toujours excusé Daphné de son manque d'instinct maternel du fait de son appartenance aux partisans de Voldemort mais il comprenait aujourd'hui que le comportement de son ancienne maitresse n'avait rien à voir avec les Mangemorts. Elle n'était simplement pas faite pour être mère.
- Je peux t'aider à t'enfuir… Uniquement si tu emmènes Draco avec toi. Je ne crois pas me tromper en disant que Rogue se joindra à moi pour vous aider.
Harry fronça les sourcils, Severus avait-il fait une erreur qui ait pu laisser penser à Lucius qu'il était un espion ? Il en doutait, personne ne pouvait percer les secrets du plus grand occlumens du monde sorcier.
- Ce Manoir m'appartient, expliqua Lucius qui avait lu l'interrogation dans les yeux du Sauveur. Je sais qui s'y trouve à chaque instant… Tu as beau être discret ta petite visite n'est pas passée inaperçue pour moi.
Harry baissa les yeux, Lucius avait deviné sa présence lorsque Severus l'avait conduit ici quelques jours plus tôt mais il n'avait pas donné l'alerte.
- Je te laisse réfléchir à ma proposition…, termina Lucius en quittant la pièce.
Harry fixa la porte qui venait de se refermer, finalement les Malefoy pouvaient réserver des surprises.
A suivre...
Merci à tous ceux qui me laissent des reviews et à ceux qui lisent cette fic c'est ce qui donne envie de continuer.
Sao
