PARTIE 3, DEUXIÈME MOUVEMENT
Autour, tout semblait mort et vivant à la fois. Les villageois en rire, les villageois immobiles et sans voix.
Dans ce magma divergeant, un homme s'intercala.
- Bah, Harvey ? Qu'est-ce que tu fiches par terre ? T'as glissé sur une feuille ?
Yenyeli n'écouta pas. Focalisée sur le noir cognant la vie, aucune sujétion n'avait l'approbation. Régulier, légèrement rapide, un métronome tranquillisant naturel, elle réapprenait à nager.
Toutefois, la mer était vorace ce soir, elle balayait des rouleaux puissants et endurants.
- S'pèce de cinglée, hurla le dénommé Harvey, effaré.
Yenyeli n'écouta pas.
- Harvey ?
- Elle a voulu me tuer !
Yenyeli n'écouta pas.
- Quoi ?
Yenyeli suivait le rythme du Serpentard, l'oreille martelée d'une petite percussion, un concerto apaisant.
- Je te dis qu'elle a voulu me tuer. Je l'ai vue, elle a tenté de me tuer. Enfermez-là !
- Voyons Harvey, t'as forcé sur la bière, personne ne veut te tuer.
- Je sais ce que j'ai vu. Eddy, viens là, éloigne-toi de cette folle.
L'enfant obéit, Yenyeli n'écouta pas.
Elle restait sourde de toute autre note que celle jouant contre son cœur. La cécité l'aveuglait.
Deux sens, paralysés.
De même, elle n'avait pas visé sa cible lucide au moment d'être touchée. Harvey avait pressenti la mort l'estampiller. L'estoc funeste percé droit sur lui, il l'avait décelé. En cernant deux billes couleur de sang, toute sa vie avait défilé devant ses yeux. Sa colère avait laissé place à sa terreur. A deux pas du Malin décrit dans la bible, la crise cardiaque avait tambouriné à sa porte, le cœur proche d'imploser. Figé, puis tombé. Si vif ce démon, si imposant ce spectre, il lui avait fallu plusieurs longues secondes pour s'assurer d'oxygène. Après seulement, la terreur avait ressaisi la colère et d'homme pourchassé, la mort aux trousses, il publiait désormais le SOS salutaire à sa survie.
- Mais, appelez la police bon sang, elle a voulu m'assassiner.
- Harvey, Harvey, faut arrêter la bouteille pour ce soir mon bon ami.
- Mais, tu vas te taire, je suis sobre.
- Père !
Cette fois, Yenyeli écouta.
- Père, vous allez bien ?
Cette fois, Yenyeli percuta. Palpita.
Sans connaître l'identité de la voix aigüe féminine, elle sut qui en portait l'apparence. Elle avait enregistré la couleur des femmes étrangères, elle les reconnut. Elle, et l'autre, rappliquée juste après. Son calmant Serpentard ne fut pas suffisant, elle retomba dans l'océan des ténèbres.
Elle lâcha sa balise et d'une voix indescriptible, éraillée, inhumaine animal sauvage et maléfique, elle persiffla, les paupières closes.
- Abjectes humains ! Justes bons à nourrir la terre, écartez-vous, éloignez-vous, disparaissez ou de vie à trépas votre souffle va se transposer.
Le silence parla dans l'auditoire.
Si personne n'avait avantagé les allégations de leur vieux camarade Harvey, jugé d'expérience éméché la diatribe, expulsée haut et fort par une voix jamais télescopée jusqu'à aujourd'hui, modifia leur analyse. Changé leur position, ils se fixèrent d'unité sur Yenyeli.
Severus les copia, il ne reconnaissait pas son étoile.
- Ohé, railla celle-ci en rouvrant les yeux pour se peindre d'un rouge vermeille sur les deux femmes et l'homme à l'instant relevé. Je vous ai parlé. Elle amorça un pas, tous reculèrent.
- Yenyeli…
- Allez voir ailleurs, mordit-elle d'une acidité plus sulfurique que le souffre d'un volcan.
- Yenyeli, répéta Severus en l'accostant. Sa petite étoile avait disparu, mais il n'avait pas peur. Ce n'était pas la première fois qu'il surprenait cette tonalité venimeuse dans la bouche de son alliée, il l'avait déjà confrontée par le passé.
»Yenyeli ?
- Quoi ?
Le regard assassin vira, une mer noire l'envahit, elle atterrit sur Terre.
Vivaces, tous les condamnés sautèrent sur l'occasion. Ils profitèrent l'instant de grâce pour prendre la tangente, conscients qu'à chaque seconde la mort pouvait les foudroyer plus violemment que l'éclair fendant le ciel orageux. Severus, réactant, formula silencieux le sort d'oubliettes sur tous les témoins. Il préparait le sort de mort sur l'homme ayant osé insulté son étoile, mais la préoccupation immédiate étant l'oubli, il renonça.
L'oubli, et la tranquillité.
Yenyeli, l'esprit toujours agité et obnubilé des étrangères, ruminait sa rage.
Enfin, il put l'attoucher, et ressentir l'isolation dont elle avait besoin. Ils redevinrent invisibles aux yeux du monde.
- Tu as fait tomber ta glace…observa-t-il les yeux aimantés sur la masse agglutinée au sol.
- Je n'en veux plus… Je n'ai plus faim.
- Yenyeli. Il souffla. Il faut que tu manges quelque chose.
- J'ai dit que je n'avais plus faim !
Un cri, la démesure furieuse refusait de la quitter. Severus forgé d'imperturbable supporta, résista.
- Yenyeli…
Il engagea leur contact, elle le balaya d'un geste fuyant. Puis, acrimonieuse et imperméable, elle le rejeta.
- Et, n'utilise plus jamais ta magie contre moi !
Elle s'éloigna, sous le regard étrange de Severus Snape.
Combien de fois le ton avait-il monté entre ces deux là ?
Un nombre incalculable de fois.
Torturés amers, l'émotion à fleur de peau, le cœur anonyme, impassibles indifférents, incompréhensifs total du tourment de leur âme, l'un et l'autre s'animaient pour exister. Mais, Severus captait une différence. Dans la réaction inusitée de Yenyeli, il détectait un nouveau quelque chose. Non pas ses démons passés ou présents, mais la peur atroce d'être dérobée, volée, oubliée. Il n'aimait pas cela.
Poursuiveur émérite, il se mit en route, délestant les réjouissances et les moldus imbéciles, abandonnant les couleurs et les odeurs irrespirables. Plusieurs mètres à parcourir de petites ruelles, à longer les murs délabrés du bâtiment religieux plus grand qu'estimé au préalable, il la trouva. Debout, immobile, en plein milieu d'une arrière cours en ruine.
Le vent rugissait souverain et perturbateur dans la nature, la neige se prédestinait sur la terre.
Severus avança, doucement. Le visage pâle se portait très haut dans le ciel blanc, les yeux rivés à la lune, il jura silencieux. Il maudissait l'influence de cet astre de nuit.
Elle s'éloignait, il allait la perdre.
Révolté, il fit deux pas supplémentaires et nonobstant toute rétraction, il enroula sa main dans la sienne et tira.
- Tu es gelée, remarqua-t-il, mécontent.
- Il fait froid sur la lune, disserta la femme d'une voix sans nuance.
Elle quittait la terre, il se déchaîna.
- Non, il fait froid sur terre. Tu n'es qu'une…
- Une imbécile, je sais, devina Yenyeli, égale. Mais, je suis une imbécile qui a soif de sang, ne commets pas la folie d'abaisser ta garde.
- Et, toi, ne fais pas l'erreur de m'ignorer, fronda Severus dogmatique en la tirant sans douceur. Regarde-moi !
Les yeux dans les yeux, elle le regarda. Severus chevrota, il ne la reconnut pas. Le voile lunaire subsistait par-dessus le rouge, elle ne le voyait pas.
Eole chanta dans l'écime des arbres.
Les arbres valsèrent grâce à Eole.
- Il fait froid, singea-t-elle comme un pantin.
Une marionnette sans âme, elle fit le tour d'horizon avant de choisir leur destination. Sans contester la chaleur palpée au creux de sa main, elle omit sa lune et opta pour la petite porte dérobée de l'église.
Close, elle enchanta le verrou de sa magie. Ils entrèrent, elle referma et scella.
Ils étaient coupés du monde.
Ils avancèrent séparés dans la nef centrale, défilant cérémonieux dans cette havre de paix silencieuse. Des dizaines, des centaines de cierges flambaient devant l'autel et tout autour, formant un chemin tamisé et chaleureux au milieu d'anonyme. Un champ de lumière les accueillit. Yenyeli s'en approcha, contempla, toucha par simple défi.
La Lune, folle, jouait avec le feu.
Le Serpent, inquiet, veillait sur la Lune.
- Tu vas me confesser ton cauchemar ? demanda le Professeur en surveillant de près les gestes imprudents. Attentif, il ne dévia à aucun moment les yeux des doigts léchant les candelas tentateurs.
- Non.
- Yenyeli…
- J'ai dit non.
Dure, implacable, le silence s'installa entre ciel et terre.
Le vent gémissait fort à l'extérieur, la consonance au loin des villageois ne les affecta pas. Les milles petits feux follets des priants dansaient dans l'aura sacrée du lieu, reflétant des fantômes indescriptibles au chœur du bâtiment.
Les deux cœurs à n'être qu'un n'arrivaient pas à se trouver. Un, mué deux.
Yenyeli était troublée, perturbée outre raison. Inapte à se comprendre, elle remâchait intérieurement la scène interprétée sans véritable conscience. Le film des deux femmes au futur d'appréhender Serpentard, passait en boucle dans son esprit.
Qu'est-ce qui gangrénait son âme si aisément submersible ?
Sa main droite, faucheuse déçue, frétillait. Déshéritée, elle briguait continue le fossoiement des deux cavalières au presque trot.
Mais, qu'est-ce qui putréfiait en elle ?
Elle radotait muette le crépuscule tortueux annonçant leur fin définitive. Les yeux hypnotisés par le feu des bougies, elle s'imaginait leur immolation. Un bûcher, embrasant le ciel. Un bûcher, ininflammable auquel elle assisterait au premier rang, jouissant leur râle supplicié, le sourire aux lèvres et les narines embaumées par l'odeur de la mort.
Lorsque, penchée et sclérosée, abusant sa résistance, elle se brûla.
Severus, chevalier prince, enserra son poing pour éteindre le feu et soigner l'annulaire fardé du souffreteux rouge.
- Petite imbécile, grinça-t-il en jetant un sortilège de guérison, avant de saliver sur la plaie pour ôter la cire et s'assurer qu'aucune cicatrice ne resterait.
Le doigt mouillé et bagué entre deux lèvres sorcières, Yenyeli se réveilla.
Le doigt cerclé d'une langue de serpent, Yenyeli sortit du coma.
Terrorisée, elle recula, heurta de plein fouet l'homme posté dans son dos. Un choc. Un Contrecoup fulgurant qui termina de lui restituer ses entières facultés. Clairvoyante unanime, elle déjoua aussitôt la névrose de sa magie. Elle manda ses démons au silence, maçonnant un nouveau mur infranchissable entre elle et le monde.
Severus ne lui avait pas appris la mort.
Severus ne lui avait pas appris la haine.
Severus ne lui avait pas inculqué la destruction. Ni le désir d'Armageddon.
Severus, Severus, Severus…
Yenyeli fit volte face, le cœur à cent à l'heure.
Que le ciel l'emporte ici et maintenant, son âme en éclats à jamais sans rebâtir. C'était lui son problème.
De la lave en fusion s'écoula sur la montagne de son corps. Un feu dévoreur macula les rus de son cœur. Il était sa peur et son contraire. Il était sa colère et l'opposé. Sa tempête et sa sérénité. Pourquoi ? Comment ?
Là, tout de suite, elle n'en avait cure.
Il était son lien sur terre et dans le ciel, c'était suffisant pour avancer.
- Parle-moi, adjura le Professeur de Potions calmement, lisant ostensiblement l'épouvante sur le visage de sa jeune partenaire.
Il fut sans réponse.
Yenyeli n'ouvrit la bouche que pour s'envoler sur la sienne.
Adieu les démons, son corps entier s'excita. Envoûtée, un malin discordant entonna le refrain libertin, elle convola dans ses bras.
Severus n'eut pas le temps d'objection.
Poussé d'une main, fort, il recula. Il trébucha, il fut retenu, agrippé à sa boucle de laine, juste avant d'être plaqué contre une énorme colonne.
Severus n'eut pas le temps d'insurge, une autre main feutra derrière son crâne pour amortir le trauma éventuel.
Même précipitée, elle refusait de le blesser.
- Yenyeli qu'est-ce…, articula-t-il entre deux respirations.
L'autre bouche encore, l'interrompit. Une langue licha la sienne et s'amusa. Deux pupilles couleur feu s'incendièrent dans l'obscurité de ses yeux. L'instant suivant, il était recouvert partout de sa petite étoile. Deux mains habiles et fines s'évertuaient à le déshabiller. Deux mains serpentines et entrainées voulaient le toucher. Il était assailli, aussi charmé que le serpent le plus venimeux à l'écoute d'une flûte enchantée.
Sa résistance fut morte avant d'éclore au monde.
Rapide, habituée, pleine de dextérité, Yenyeli expulsa le manteau, délia l'étole, lorsque découvrant l'en-dessous, elle s'esquissa d'un sourire.
Elégant dans les moindres détails, Severus Snape était l'incarnation d'Elégance, toujours.
Elle ralentit, récusant d'assiduité, ternir l'image de cet homme prestigieux par son empressée turpitude. Lenteur se succéda dans l'agilité de ses doigts, chaque bouton sur la veste cintrée noire, détaché de parcimonie. La cravate en soie du même noire, découlée à presque reculons tellement le nœud elredge rimait la vénération.
Quel soin particulier avait-il apporté à sa tenue, elle fut époustouflée.
Révérencieuse, elle laissa l'infini instituer l'acte final. Hésitante, elle maria leurs deux bouches, se façonnant du courage en l'embrassant. Puis, les yeux clos, elle traça du bout des doigts l'ultime frontière, de haut en bas. Les boutons nacrés d'une chemise au col anglais blanche évaporés, elle s'octroya la route jusqu'au cœur de sa conquête. Elle chavira. Vibrée par le trésor coffré précieux sous les ténèbres secrètes. La lumière dans les yeux, elle s'y ancra quelques instants.
A jamais, leur premier anniversaire brillait contre lui, la couronne du roi. La petite chaîne argentée, surmontée de son trèfle d'obsidienne,-le premier cadeau qu'elle lui avait destiné-paradait souveraine, non loin du cœur Serpentard. Soumise respectueuse, émue, elle baissa la tête et papillonna sur le bijou. D'un baiser léger, elle s'inclina. Elle le remercia et l'épousa une troisième fois.
Le marié, Potionniste intoxiqué, subissait croqué dans son entre buccale par l'envie exaltée de cette langue à laquelle il avait en maître absolu, professé toutes les missions d'invasion. Il l'adorait.
Avivé à l'identique, il se dégagea un minimum, forçant sur sa jambe gauche dans le but d'un semblant d'équilibre. Il ébaucha deux mains vers le visage de son étoile, elle l'entrava. D'un galant coup de pied, elle l'enchaîna, le délestant de sa stabilité. Il n'avait pas le monopole d'autorité dans cet instant.
- Laisse-moi faire, quémanda Yenyeli en lui rendant sa liberté.
- Yenyeli, tu ne serais pas léonine entreprenante ? se débattit sans véritable aplomb le Serpentard.
- Tu m'as enseigné l'art d'entreprise, objecta-t-elle, railleuse. Tu m'as convertie à l'exigence. Tu m'as éduqué tes zones sensibles, tu m'as appris comment te faire du bien. Or, vantard déraisonnable raisonné, tu es bon professeur.
- J'ai surtout une ancienne élève à la mémoire trop vive et audacieuse.
- Vous préférez donc que je feigne l'indifférence, Professeur ?
Susurré le titre, elle rampa, paumes vers l'avant en signe de sédition.
- Surtout pas, contesta l'ancien Mangemort, impérial. Il la cramponna pour la maintenir à grands flots contre lui.
- Haha, j'apprécie la talent inné de votre répartie, Professeur.
- Petite impertinente, sale petite impertinente ! Il la fusilla du regard. Et, je te l'ai bâché et rabâché : cesse cet immémorial Professeur sur moi. Je ne suis plus ton prof…
- Severus, souffleta Yenyeli insistante dans son oreille. Elle insinua le bout de sa langue à l'intérieur et mordit le lobe en ressortant. Il frissonna. Laisse-moi te faire du bien.
- Yenyeli, répartit Severus incapable d'avouer sa défaite. Un jour il faudra qu'on s'échine sur ton obsession du dernier mot.
- Un jour, Severus… Bien que cela aussi, c'est toi qui m'as appris.
Que Salazar lui pardonne, il obéit, complètement avili par la béatitude qu'elle suscitait sur son corps. Il ferma les yeux et apprécia chaque soupir, chaque mouvement émis contre lui.
- Bon sang, Severus ce que tu es beau, s'émerveilla sa reine en tâtant la peau mise à nue. Deux pans de chemisés tirés, écartés, la poitrine masculine s'offrait l'entier luxe d'expectative.
- Que, quoi ? s'embrouilla celui-ci en rouvrant les yeux.
- Tu es beau, répéta-t-elle, circulant sacrée sur lui de ses deux mains.
- Ne dis pas de bêtises ! La colère s'exprima sur les traits ténébreux. Je ne suis pas beau, je suis tout sauf…
Un doigt au milieu de ses lèvres, elle le contra, tranchant d'un sabre suave tout l'ennemi. Les yeux noyés dans les siens, elle l'obligea au silence, à l'écoute, puis reprenant son voyage Ô charnel, elle ajouta.
- Tu es magnifique. Les doigts pianotèrent des notes attentives et pleines d'envie sur le torse masculin. Ces dernières années, ton corps s'est transformé. Elle contourna les épaules pour s'aventurer sur les muscles dessinés discrets. Les combats ont modelé ce qui paraissait maigre et faible aux couleurs du monde. Elle descendit sur le ventre plat, tatouant la paume de ses mains de cet homme pas comme les autres. Tu as mûri, tu t'es bonifié comme disent les moldus amateurs de vin, et même si à mes yeux tu m'as paru parfait au premier jour, j'avoue un peu amère que tu l'es davantage au présent.
- Amère ? releva Severus transporté par le délicat toucher qu'elle ne livrait que pour lui. Il se retenait durement atroce, de gémir son châtiment divin.
- Tu attires la nouveauté. Tu n'as pas vu ? Les gens prennent enfin conscience de l'attraction qui est la tienne. Pleine de charme et si pas comme les autres, tu es désiré. Je ne suis plus seule…
- Tu as tort, s'efforça de nier Severus, obstiné. Tu restes toujours l'unique à apprécier le physique ingrat qui me définit.
- Ingrat pour les imbéciles, s'emporta Yenyeli plus entêtée et irascible qu'il puisse se représenter de tant de fausseté. Et, je ne suis pas seule. Ce soir même, deux femmes t'ont digéré des yeux.
C'est parce que tu es avec moi, réfléchit l'homme pour lui seul. Parce qu'en ta compagnie j'ai l'impression d'être normal, et important. C'est toi qui attires, et mêlé à toi, on me remarque. Mais, éloigné et je redeviens l'acariâtre, l'homme qu'on dédaigne, l'invisible laideur du monde et que Salazar témoigne, cela me sied à merveille. Tu dis deux femmes, je n'ai rien vu, mon regard n'a d'intérêt que pour toi.
- Crois-moi Yenyeli, renforça-t-il en voguant l'une de ses mains sur le visage en face. Il n'y a vraiment que toi pour apprécier mon corps.
- Alors, c'est parfait ! Mon parfait Millésime.
A suivre !
