Résumé de ce qui vient de se passé :
Isa est une jeune fille très timide. Isolée en classe, invisible au dehors, elle n'existe quasiment pas et mène une vie mortifiante où le quotidien est sa seule surprise. Mais un jour un détail change et au fur et à mesure, le mur de l'habitude semble se fissurer. Se brisera-t-il complètement ? Cela dépendra de Genzô Wakabayashi, le célèbre joueur de football. Celui-ci tente de se lier d'amitié avec elle mais goûte aux difficultés dues à sa timidité maladive. Isa avait promis de venir l'encourager à son match, mais c'était sans compter son séjour chez son horrible et misérable beau-père. Et si les coïncidences font habituellement bien les choses, cette fois-ci la question peut se poser…
Personnages :
-Isa Amond,
-Jérémie Amond : frère d'Isa.
- Aiden Zirk : père de Jérémie, ex-beau-père d'Isa.
-Genzô Wakabayashi (Thomas Price): gardien de football, ami d'Isa.
-Jonathan Einfren : ennemi d'Isa, petit caïd du coin.
-Mikami : coach de Genzô.
Quelques mots ?
Lorsque : &&I&&&&& apparaît, il y a changement de narration. Si vous êtes un peu perdu, regarder à la troisième case du « &&I&&&&& » il y a soit I soit G (I : Isa, G : Genzô)
Au-delà des Apparences
Chapitre 3 : La folie d'un proviseur est signe d'opportunités !
« Ce n'est pas la girouette qui tourne, c'est le vent. »
Edgar Faure.
Le week-end se terminait et j'exultais de joie en revoyant ma maison. 'Enfin débarrassée du démon !' soupirai-je.
Je n'eus pas le temps de savourer cette joie tellement j'avais à faire entre ranger mes affaires et faire mes devoirs.
Le lendemain matin arriva très vite, sans doute trop vite. J'avais à peine terminer de préparer mon déjeuner, prit ma veste et mes chaussures que je me retrouvais déjà dehors. Je fermai la porte et me dirigeai d'un pas rapide vers le croisement où je devais attendre Genzô. Viendra-t-il seulement ? Il m'avait paru très outré le jour précédent et si je devais me fier aux rumeurs, son orgueil était difficile à dompter ! Cela ne présageait rien de bon pour moi…
Je soupirai. Il n'était pas venu. M'en voulait-il vraiment ? A ce point ? S'il savait pourquoi, il ne réagirait pas comme ça !
« Les garçons sont stupides ! »
En classe, il ne s'assit pas à côté de moi, il m'ignora même superbement. Mais je n'eus pas l'occasion d'y penser. Le professeur s'approchait de moi.
« Tiens, il sait que j'existe ? » pensai-je sarcastiquement.
« Vous êtes attendue chez Monsieur le Proviseur, » m'annonça-t-il froidement.
Et il s'en retourna à son bureau, me laissant légèrement perplexe. Chez le proviseur ? Mais qu'avais-je donc fait ? Intriguée, inquiète, terriblement embarrassée de me faire remarquer devant toute la classe, je courus presque pour sortir de la salle. D'un pas non moins pressé, j'avançai rapidement à travers les longs couloirs de ce maudit lycée, et parvins devant la porte du proviseur.
La secrétaire, communément appelée Morue, m'interpella. Je lui dis mon nom de famille et le motif qui m'amène, enfin, le motif, quoi. Elle devait sûrement mieux le connaître que moi-même !
La porte s'ouvrit et le proviseur m'incita à rentrer, j'obéis sans brancher, me faisant toute petite et vint m'asseoir devant le bureau. La pièce était décorée de rouge et d'or, le bois des meubles étaient un plus qui chargeaient largement l'ambiance. C'était assez étouffant à vrai dire et je ne me sentais guère plus à l'aise.
« Mademoiselle Amond, » reprit le proviseur d'un ton trop grave à mon goût. « Tu ne te doutes certainement de la raison qui t'amène ici, aussi je préfère te rassurer : ce n'est absolument pas pour te réprimander. (Un nœud se défit dans mon ventre) Après avoir fouillé les dossiers scolaires de grands nombres d'élèves de mon lycée, je me suis arrêtée sur le tien. J'y vois là une élève modeste et appliquée. En interrogeant tes professeurs, j'appris même que tu étais très réservée, quasi inexistante. »
Je ne comprenais pas réellement où il voulait en venir. Etait-ce un reproche ?
« En réalité, » reprit-il. « Nous cherchions des élèves comme vous. »
« Comme moi, monsieur ? » répétai-je.
« Oui, comme vous, » répondit-il. « Laissez-moi terminer. Nous cherchions des profils d'élèves susceptibles de réussir, et je pense que vous êtes exactement la personne qu'il nous faut. »
« Il délire le pauvre vieux ! »
« Connais-tu la Ligue des Jeunes ? » demanda-t-il soudainement.
« Je crois bien, monsieur, » répondis-je, intriguée.
« Et tu dois savoir qu'elle organise tous les quatre ans un concours, » poursuivit le proviseur.
« Oui, monsieur. »
« Et bien, voyez-vous, j'ai eu la folle idée de soumettre votre candidature à la Ligue ! »
Je ne sus quoi dire, je sentais mes yeux grossir et tenter d'échapper à leur orbite. Ma moue fit rire le proviseur.
« Mais, monsieur…, » hésitai-je, rougissante.
« Je ne souhaite pas entendre des jérémiades de votre part, mademoiselle Amond, » coupa-t-il. « Vous n'avez pas un niveau des plus extraordinaires, nous le savions bien ! Mais là n'est pas la question. Nous cherchions le meilleur profit pour nos élèves et votre aptitude à paraître aussi inexistante que possible nous a beaucoup intrigué voyez-vous ? »
« Pas très bien monsieur, » répondis-je tout bas.
« L'avis de vos professeurs, mademoiselle, » reprit-il, « est que vous avez beaucoup de volonté en réserve et ils pensent, pour la plupart, qu'il suffirait que l'on vous aide pour que vous preniez votre envol ! »
« C'est carrément un emplumé… Il a reçu un choc ma parole ! »
« Nous souhaitons sincèrement que vous participiez à ce concours, mademoiselle, » poursuivit-il. « Si vous gagniez, vous irez terminer vos études au Japon. Vous n'aurez aucun souci d'argent ! Votre loyer, vos fournitures et même un compte en banque vous seront entièrement réservés jusqu'à la fin de vos études ! »
« Mais monsieur ! » rouspétai-je avant de rajouter tout bas : « c'est beaucoup trop d'honneur… »
« Je pense que nous pouvons nous le permettre, jeune fille, » répliqua le proviseur en souriant. « Je n'ai jamais vu pareil profil de toute ma vie. Je n'ai jamais rencontré quelqu'un capable de se blottir entre deux murs pour travailler au calme ! »
J'en perdis le souffle et m'affalai sur mon siège. Comment ! Le proviseur m'avait vu ! Quelle honte ! Quelle honte ! Quelle honte !
« Allons, allons, » me rassura-t-il amusé, « ce n'est pas un mal. Mais réfléchissez à ma proposition. Il n'y a que des bénéfices à participer à ce concours. Et si cela peut appuyer sur votre décision, nous nous engageons à prendre l'avenir de votre petit frère jusqu'à la dernière année de lycée. »
Après m'avoir fait promettre de réfléchir à sa proposition, il me permit de rejoindre les cours. J'étais époustouflée. Je ne comprenais pas. Pourquoi moi ? Je n'avais rien de particulier pourtant, mes notes étaient tout juste bonnes !
J'avais longtemps entendu parler de l'extravagance de mon proviseur, mais je ne pensai pas que ça irait jusque là ! Des études payées avec loyer et argent de poche ! Et puis l'avenir de mon frère tout de même ! Ce n'était pas rien ! Comment pourrais-je refuser une telle offre ?
Toute la matinée me servit à me répéter les paroles du proviseur. Plus j'y réfléchissais et moins je trouvais d'arguments pour refuser. J'avais encore peur de quitter ma mère, mais je désirais depuis toujours avoir mon indépendance, lui épargner le poids de s'occuper de moi… Et puis, je réservais une place de choix à mon petit frère si jamais je gagnais !
Et puis, rien ne pouvait prédire que je gagnerai, alors participer n'était pas un mauvais choix. Je me décidai ainsi bien vite à suivre ce choix. Je mettrai toutes les chances pour réussir !
Fière de ma décision, je quittai la classe pour trouver un endroit tranquille, il me fallait déguster mon bon déjeuner pour être parfaitement bien aujourd'hui !
« Amond ! Attends ! »
C'était Genzô. J'hésitai et après réflexion je continuai ma route, indifférente. Il me faisait la gueule, hein ? Peut-être pensait-il que j'étais qu'une simple idiote à qui l'on peut passer de l'amitié à la colère et venir comme ça sans raison précise ? Il allait bien voir que non !
Mais, le bougre ne se laissa guère distancer. Malgré mon pas rapide, il me rattrapa rapidement et, me tirant le bras, m'amena dans un coin tranquille.
« Non mais sans blague ! »
-Lâche-moi !, m'écriai-je avec colère.
Je me débattais, tentant de lui faire lâcher prise, sans résultat. Et bien ma cocotte, te voilà berner et sans rescousse aucune. Et dire que c'était censé être une belle journée...
&&G&&&&&
Lorsque je l'ai vu pour la première fois, je l'avais ignoré. Elle était si discrète, si insignifiante à mes yeux que c'est à peine si je savais qu'elle existait seulement. Isa n'était alors rien pour moi.
J'avais emménagé en Allemagne depuis plusieurs années déjà. Les débuts n'avaient pas été facile, mais foi de Genzô, je n'allais pas m'abattre pour si peu ! Et mieux encore, je me suis imposé dans ce monde Européen où le football Japonais n'était pas du tout reconnu. Bon dieu... Il nous fallait imposer nos talents ! Nous, qu'on appelle la Génération d'Or.
Petit à petit cependant, nous grimpions dans l'estime du monde du foot, grâce à notre réussite parfaite lors du tournoi international de cet été, on avait une bien meilleure opinion de nous. Et à raison ! Je ne laisserai jamais plus personne se moquait en ma présence ! Gare aux mauvaises langues.
Jusqu'alors, je suivais des cours par correspondance, mais Mikami, mon coach, a décidé qu'il vaudrait mieux pour moi de m'intégrer dans un bon lycée. A la rentrée, je fus assailli par grand nombre de 'fans' comme ils se nomment d'eux-mêmes. Au départ, être adulée de manière inconsidérée par la majorité des filles du lycée me paraissait flatteur, mais en discutant un peu, je me rendis bien vite compte qu'elles n'y connaissaient rien, et cela devenait de plus en plus ennuyant. Elles n'ont aucune discussion, aucun esprit, et ne pensent qu'à paraître à leurs avantages ! Cela m'ennuie terriblement...
Karl et Kartz n'étaient pas du même avis bien qu'ils les jugeaient fades. Kartz avait une copine à l'époque, mais cela ne l'empêchait guère de batifoler avec d'autres filles. Karl, lui, était célibataire. Il draguait sans chercher plus loin. Il ne cherchait pas de situations sérieuses. Il se lassait très vite des filles qu'il charmait.
Ils étaient dans mon équipe et nous formions les espoirs de notre club. Karl-Heinz Schneider était un attaquant hors pair, pareil pour Kartz Hermann. Moi, j'étais le gardien de géni.
Ma classe était sympathique aussi je n'eus guère de difficulté à m'intégrer, en plus d'être connus par ceux qui avaient suivis de loin ou de près le championnat de cet été. Il y avait Julie Seifrein, le physique typique allemande. Elle avait des cheveux presque blonds, des yeux d'un bleu océan et un sourire adorable, vive de nature, elle était une des rares personnes à s'intéresser réellement au football. Avec elle, j'avais sympathisé avec Aizen Preish, un garçon aussi bizarre que grand, un esprit vif, le regard à l'affût de tous les détails étranges et curieux.
Pour le reste, il y a quelques filles aussi idiotes qu'horriblement recouvertes de couleurs et de matière à vous faire pâlir, des garçons légèrement idiots, dont Jonathan était le maître de la stupidité. Jonathan Einfren se prenait pour un caïd en dirigeant une bande de crétins écervelés qui confondaient muscles et gras. Il essayait plusieurs fois de m'intégrer dans son collimateur, mais, heureusement pour moi, il avait aussi peur de moi.
Et puis, il y avait elle. Elle dont la présence était discrète, invisible aux yeux de tous. Elle qui s'installait à la toute première table, à la droite du professeur, là où ni lumière artificielle, ni celle du soleil ne pouvait l'atteindre, avec le nez tellement collé au tableau qu'il était impossible qu'elle y voit quelque chose, elle qui arrivait toujours la première et qui disparaissait bien avant que vous n'ayez rangé vos affaires. Elle, Isa Amond, une fille pas très jolie et banale que personne dont moi ne voyait et ignorait. Mais, c'était avant de la connaître.
Un matin aussi ordinaire où le soleil vint éclairer ma chambre, je me levai avec bonne humeur. Quelque chose allait changer et je le pressentais. Je descendis me préparer mon propre petit-déjeuner, profitant que nos employés ne soient pas encore là. Une fois terminée, j'attrapai ma veste et mon sac et sortai de la maison. Je vivais dans les beaux quartiers, séparés des quartiers modestes par un immense parc où j'aimais me promener.
J'avançai d'un pas lent vers le lycée. C'était à ce moment-là que je l'ai remarqué réellement pour la première fois. Isa avançait, main dans les poches, le dos légèrement voûté, sa silhouette repliée pour paraître aussi invisible que possible. Elle m'avait fait une étrange impression ce matin-là sans qu'il n'y ait aucune raison. Ce fut à partir de se moment que je pris conscience de sa présence et que je commençais à la remarquer petit à petit.
Elle m'intriguait. Je me rendis compte qu'elle existait, cette fille trop timide qui oublie sa propre existence face au monde. Je vis avec surprise qu'elle était dans ma classe. Je lui parlai pour la toute première fois devant la classe où elle attendait, cachée derrière un pilier, qu'on vienne ouvrir la classe.
« Salut, » la saluai-je.
Elle sursauta, elle ne m'avait pas remarqué. Elle me regarda un instant et baissa instinctivement son visage vers le sol, rougissante. Cela m'avait beaucoup intrigué, je n'avais fait que la saluer pourtant !
« Bon-bonjour, » balbutia-t-elle.
Son malaise était apparent. Elle n'allait pas relever la tête ! Sans doute était-ce la première fois qu'elle parlait avec quelqu'un de sa classe. En tout cas, sa timidité me mit mal à l'aise à mon tour, et après avoir hésité, je lui demandai poliment si tout allait bien. Elle ne répondit pas. D'ailleurs elle n'en avait pas eu le temps. Jonathan venait d'apparaître et sa remarque aussi stupide fût-elle avait fini de l'achever. Cette fois, c'était certain : elle ne me répondrait pas !
Je me tournai vers l'idiot, serrant les poings. De quoi se mêlait-il donc ? N'avait-il pas d'autres chats à fouetter !? Le professeur arriva, ouvrit la porte, et j'entrevis sa silhouette se faufiler rapidement dans la classe. Je jetai un regard noir vers Jonathan qui souriait mauvaisement et entrai à mon tour.
Le professeur mit un temps fou à amener le silence dans la salle. Comme chaque lundi, il interrogea trois personnes dont moi-même à dire dans sa langue ce que l'on avait fait le week-end. Je répondis avec fierté que nous avions encore gagné un match comme à chaque fois et il me félicitait pour mon langage sans défaut.
A midi, Julie, Aizen et moi nous rendions à la cantine. Ici, contrairement au Japon, nous avons un réfectoire qui nous préparait de bons repas. Assis à une table, la discussion battait à son plein quand Julie me demanda :
« Y a-t-il un championnat où nous aurons la chance de retrouver l'équipe du Japon ? »
« Ce n'est pas encore pour le moment, » répondis-je. « Mais, je crois savoir que des matchs amicaux vont avoir lieu. Ils auront lieu au Japon par contre. »
« Quel dommage, » se désola Aizen. « J'aurais bien aimé revoir jouer ce joueur fabuleux, quel est son nom déjà ? »
« Ozhora Tsubasa, » répondis-je avec fierté.
« Aah, Genzô et ce joueur, soupira faussement quelqu'un derrière nous, une véritable histoire d'amour ! »
« Salut Schneider », le saluèrent Aizen et Julie d'une voix commune.
« Salut vous deux, » leur répondit-il. « Genzô, il n'y aura pas d'entraînement. »
« Ah bon ? » m'étonnai-je, déçu.
« Le coach est malade. Mais on va aller au complexe sportif tout de même, tu veux venir ? »
« Evidemment ! »
Nous quittions la salle. A peine avons nous franchi la salle qu'Aizen levant la main et nous indiqua de regarder. Au loin, sur une pente d'herbes, on vit le groupe de Jonathan s'approcher d'une jeune fille que je reconnus aussitôt, c'était Amond. Celle-ci s'était levée, avait pris son sac et s'apprêter à partir. On aperçut aussi le moment où Jonathan renversa sa nourriture, la jeune fille ne semblait pas se défendre et partit en courant.
« La pauvre, » soupira Aizen. « Elle me fait pitié à se laisser faire ainsi... »
« Tu es cruel, » s'exclama Julie. « Elle n'a pas besoin de ta pitié. A mon avis, c'est d'un bon ami qu'il lui faudrait à cette petite ! »
« Tu pourrais le faire, » proposa Aizen, un sourire moqueur aux lèvres.
« Sûrement pas, » répondit-elle en soupirant. « Je n'aurais pas la patience. Elle se met elle-même dans cet état. Je lui ferai plus de tord qu'autre chose. Elle n'a pas besoin d'être entourée par un énergumène comme toi, » rajouta-t-elle vers Aizen.
« Merci bien ! » s'indigna-t-il faussement.
« Mais, et toi ? » reprit la jeune fille à mon adresse. « Avec ton caractère, tu pourrais sûrement lui être d'un grand recours. Tu pourrais très bien la défendre et lui apprendre à s'ouvrir aux autres. Une fois cela fait, nous viendrons volontiers goûté au changement ! »
« Tu dis cela de manière si directe ! » m'étonnai-je.
« Je ne vais pas prendre des gants, » s'amusa-t-elle. « Je dis seulement ce que je pense, Genzô. Je n'ai pas envie de me mouiller moi-même, cette fille m'est complètement indifférente. Par contre toi, tu sembles soudainement t'intéresser à elle, alors... Si tu veux qu'elle te parle un jour, tu devras prendre le rôle d'attaquant cette fois et quitter ta défense ! »
Elle éclata d'un rire franc. Julie et Aizen étaient d'une franchise qui m'étonnera toujours. Ils passent leur temps à constater les choses avec beaucoup de lucidité, mais ils n'agissaient jamais d'eux-mêmes. Ils savaient comment dire les choses pour que d'autres, plus intéressés qu'eux, s'en chargent. Mais ils avaient raison, si je souhaitais la connaître, cette fille, je devrais moi-même faire les choses ! Nous reprenons notre route, je me mis légèrement en retrait, réfléchissant à ce que je pourrais bien, comment je pourrais m'y prendre.
Le lendemain, je fis le premier pas. Je la retrouvai dans la classe, assise à son éternelle place. Je contournai le bureau du professeur et déposai mon sac sur la table voisine, lui demandant si je pouvais. Elle n'y répondit pas, je pris cela pour un 'oui' et m'installai. Je la sentis se raidir, elle se pencha en avant dangereusement. Intrigué, je lui demandais si tout allait bien. Encore une fois, je n'eus aucune réponse mais elle se redressa, gardant la tête vers le mur pour que je ne la vois pas. Etrange comportement tout de même, songeai-je.
A la récré, elle s'était faufilée dans le couloir avant que je ne puisse lui parler. Sortant à mon tour, intrigué par le brouhaha que je pouvais entendre, j'aperçus sans surprise que le groupe de Jonathan s'en prenait à elle. Ce crétin la tenait par les cheveux et lui parlait avec un air mauvais sur le visage. Personne autour d'eux n'intervint alors qu'ils regardaient tous, un demi sourire sur le visage. Je décidai de réagir moi-même.
« Qu'est-ce que vous faites ? »
Ils se tournèrent vers moi. Le groupe de Jonathan gloussa, et celui-ci se redressa, déçu d'être interrompu, il lâcha Isa et vint vers moi en faisant signe à tous de déguerpir. Il me souffla qu'il ne fasse rien de mal et poursuivit sa route. Serrant les points pour ne pas m'élancer sur son cou, je vins voir la jeune fille qui se relevait, les joues en feu.
Son visage baissé exprimait beaucoup de tristesse et de honte, mais je pouvais y voir un soupçon de gratitude sans qu'elle ne s'exprime pour autant.
« Ils ne t'ont pas fait mal ? » demandai-je.
« Non, ça ira..., » souffla-t-elle avant de s'élancer dans les couloirs, disparaissant à travers la foule.
Voilà encore qu'elle tente à se faire oublier, ça m'attristait un peu. J'ai un peu honte de l'avouer, mais je ressentais beaucoup de pitié pour elle à ce moment-là.
Je ne pus lui reparler que le soir. Je la vis disparaître de la classe et la suivais avec hâte, saluant Julie et Aizen qui me sifflèrent sans se soucier des regards intrigués des autres. Elle était déjà bien avancée. Elle allait vite ! Sans le vouloir, je la fis sursauter en posant ma main sur son épaule. Elle rougit. Ce n'était pas difficile de la rendre mal à l'aise…
« Cela te dérange si nous faisions route ensemble ? » demandai-je. « J'ai remarqué que nous prenions le même chemin. »
Elle accepta, mais avec quelle timidité ! Julie avait raison, il serait difficile de la faire sortir de son cocon ainsi ! Mais je n'allais certainement pas m'en décourager.
« Que s'est-il passé ce matin ? » continuai-je. « Que te voulait Jonathan ? »
Elle se raidit, me répondit froidement qu'il n'y avait rien de grave. Un beau mensonge, difficile de ne pas le savoir, on ne tirait tout de même pas les cheveux d'une personne par simple amitié ! Mais le sujet était clos et je ne rajoutai rien jusqu'au moment où nous nous séparions. Je la regardai partir de son côté, elle prenait un chemin qui contournait le parc. En la quittant, je gardai la même impression que le matin. Il y avait quelque chose d'étrange en elle, elle paraissait être quelqu'un de timide, d'ordinaire, de simple, mais ses réactions que j'avais perçu le long de cette journée me faisait penser qu'il y avait autre chose. Je l'appris plus tard mais Isa était loin du tableau que l'on se faisait d'elle. Il y avait une réelle complexité dans son caractère, elle était déchirée entre elle-même et sa timidité, la crainte d'être rejetée.
A peine rentré, je laissai un mot à Mikami et je repartais déjà à l'entraînement. Après deux heures de football, Karl et Kartz proposèrent qu'on reste ensemble pour la soirée. J'acceptai bien que le programme ne me plaisait pas ou peu. Les boîtes de nuit et moi ne formions pas le meilleur des ménages il faut dire et pour preuve…
« On peut s'asseoir ? »
Voilà deux flopés de maquillage et de vêtements aussi courts que possibles qui arrivaient à notre table. Elles ne seraient pas si laides si elles ne s'efforçaient pas trop à ressembler à une vulgaire poupée de chiffon. On les laissa s'installer, elles entamèrent tout de suite la discussion, gloussant horriblement lorsqu'elles apprirent que nous étions dans l'équipe de football. Le plus comique de l'histoire, je m'en souviens très bien, ce fut lorsque l'une d'entre elles se tourna vers moi, me jaugea d'un regard mielleux et m'annonça avec un sourire pulpeux :
« Toi, je paris que tu dois être le shooter de l'équipe ! »
Kartz et Karl pouffèrent. « Shooter ». Ce qu'il fallait bien entendre !
« But ou pas but ? » poursuivit-elle, s'approchant de moi.
« Ecrase, » soufflai-je, ennuyé.
« Pardon ? » s'étonna-t-elle, l'air encore plus idiote.
« Cela signifie : au revoir, » sourit Karl. « Reviens quand tu t'y connaîtras mieux, petite ! Genzô ne semble pas intéressé. »
« Mais… »
« Tu ferais mieux de faire ce que l'on te dit, » rajusta Kartz, lui adressant un clin d'œil.
Elle partit, outrée. Ses copines la laissèrent s'en aller sans rien dire. Elles continuèrent à draguer Kartz et Karl tandis qu'elles me laissaient un espace suffisant. Mais dans cette atmosphère-là, je me sentais vraiment de trop. Fatigué de leurs minauderies, auxquelles participaient mes deux équipiers, je les saluai et m'en allai loin de là. Une fois à l'extérieur, je respirai l'air libre. Je marchais dans les ruelles sombres avant d'atteindre le parc que j'aurais certainement pu contourner, mais, comme je n'étais pas si pressé de rentrer chez moi, je décidai de le traverser et m'engouffrai entre les arbres sur un chemin de pierre.
En tournant vers ma droite, j'aperçus une masse sombre affalée sur un banc. Je pensai d'abord qu'il s'agissait d'un clochard, mais, étrangement intrigué, en m'approchant, je remarquai avec surprise qu'il s'agissait d'une fille ! Quand elle remua et que ses cheveux s'écartèrent de son visage, je fus encore plus étonné car la fille endormie n'était autre qu'Isa Amond ! D'un coup, mon intérêt s'éveilla complètement et je me pressai à son chevet. Je l'appelai, posant ma main sur son épaule, la secouant le plus délicatement possible. Elle s'éveilla lentement. Isa ne se rendait pas tout de suite compte de qui j'étais ni d'où elle était.
« Wakabayashi ? » s'étonnait-elle. « Mais qu'est-ce que tu fais dans ma… Oh, mince ! »
Ses joues flamboyèrent, elle se mordit la lèvre inférieure, un véritable tic chez elle ! Visiblement embarrassée d'avoir été trouvée, elle ne savait plus quoi dire. Je ne lui demandai ce qu'elle faisait-là, elle tenta de prétendre qu'il n'y avait rien de spécial à ce qu'elle dorme là. Pensait-elle réellement pouvoir être crédible à ce moment-là ?
« Tu dors sur un banc ! »
Un moment, Isa sembla exaspérée et ne répondit tout d'abord rien. Puis, elle se décida et m'expliqua ce qui se passait. Elle avait visiblement perdue ses clefs et ne pouvait plus rentrer chez elle. Quant à alerter ses parents, elle ne le souhaitait pas. Elle ne voulait pas inquiéter sa mère. Etait-ce de la gentillesse ou de la stupidité ? Mettant de côté cette question, je laissai mon instinct agir et décidai donc de l'aider. De toute manière, je n'aurais jamais pu la laisser dormir seule dehors ! Pas après l'avoir rencontré !
Je l'entraînai donc chez moi malgré ses protestations. La jeune fille finit par accepter, plus gênée qu'autre chose, et je la guidai chez moi. Une fois arrivés, elle sembla ébahie par ce qu'elle voyait. A vrai dire, il était vrai que j'habitais dans une belle et grande maison. La décoration avait été faite entièrement par mes parents, ils avaient tenu à m'en faire cadeau et même si c'était largement excessif, je leur en étais très reconnaissant car cela rendait ma vie bien agréable.
Le lendemain matin arriva vite, bien que je n'avais pas beaucoup dormi, je me levai de bonne heure. Après m'être préparé, je descendis rejoindre Mikami à la salle à manger où nous nous installions. Je lui expliquai qu'il y avait une invitée qui dormait déjà dans une de nos chambres. Un peu plus tard, Isa nous rejoignit. Elle était, elle aussi, déjà prête à lever les voiles. Après les courtes présentations, la discussion entre nous reprit et alors que nous parlions du match que je disputerai le lendemain, il invita Isa à venir nous voir. La jeune fille parut embarrassée et accepta l'invitation. Quelque chose me disait c'était plus par gêne de refuser qu'autre chose… Mais je décidai de ne rien dire.
Alors que j'étais monté chercher mes affaires, je m'aperçus qu'elle était déjà partie. Un peu surpris et déçu, je partis la rejoindre au pas de course. Demandant des explications, la réponse ne plut guère ! Sa timidité excessive me frustra et je partis sans demander mon reste. Je ne pouvais pas comprendre. J'ai tenté d'être son ami, je l'avais aidé hier soir et pourtant elle me fuyait à cause, soit disant, du que dira-t-on. Peut-être en fait que cette réserve n'était pas si naturelle et qu'elle préférait rester seule.
La journée se passa dans une indifférence totale. Je n'avais pas envie de m'occuper de quelqu'un qui n'en était pas reconnaissante ! Ce fut dans cette pensée que je l'ignorais, m'asseyant à mon ancienne place, faisant, sans que je le sache, le bonheur d'une certaine personne...
Mais, le soir, alors que je rentrai chez moi, elle vint à ma rencontre. Elle rougissait avant même de me parler.
« Alors tu n'as plus peur que l'on nous voit ? » lui rétorquai-je.
Elle parut décontenancée, et elle sembla prête à faire demi-tour. C'était ce que je pensais, mais elle n'en fit rien et, tête baissée, elle exposa sa timidité devant moi, rougissant à chacun des mots qu'elle prononçait. Je compris alors qu'elle complexait de sa propre situation et qu'elle s'excusait sincèrement. Un sourire aux lèvres, je me contentais parfaitement de ces excuses et, la pardonnant, je l'invitais à continuer notre route.
Nous ne partagions pas encore beaucoup de paroles. Il faudrait certainement du temps pour qu'elle me fasse confiance.
« Dis-moi, tu comptes sincèrement venir demain ? » lui demandai-je.
Elle hésita. Nous étions arrivés au tournent qui séparait nos deux quartiers. Puis, elle m'assura qu'elle viendrait et elle partit de son côté. Du mien, je rentrai en vitesse chez moi, étrangement enthousiaste et me rendit au complexe sportif.
Après un entraînement intensif, je rentrai enfin chez moi. Je partis me doucher, m'installai confortablement sur le sofa et me reposai tranquilement. Mikami me rejoint et s'asseyant sur un sofa m'annonça :
« Isa est passée tout à l'heure. »
Je me redressai, surpris.
« Pourquoi ? » demandai-je.
« Elle venait te dire qu'elle ne pourrait pas venir demain à cause d'un imprévu, » me répondit-il.
« Un imprévu ? » répétai-je, fronçant les sourcils.
« Elle semblait réellement désolée, » dit-il. « A mon avis, ce ne devait pas être une très bonne nouvelle pour elle. »
Je m'affalai sur le sofa avec une soudaine mauvaise humeur, grognant contre cet imprévu, mais pensant que, si c'était important, elle n'était pas en cause...
Samedi arriva vite. J'arrivai suffisamment tôt pour flâner et me concentrer à la fois. J'étais un peu nerveux ce jour-là, je ne compris pas pour quelle raison je l'étais, mais j'espérai être au meilleur de ma forme.
« Alors Genzô, » me salua Karl, entrant dans la salle. « Tu m'as l'air bien anxieux ! »
« C'est rare la veille d'un match amical, » sourit Kartz, me saluant à son tour.
« Tu t'inquiètes pour le match ? » s'étonna Karl.
« Hmm, non, » lui répondis-je, distrait.
Kartz ricana.
« Ce serait pas plutôt à cause de ta nouvelle amie ? » fit-il, une lueur dans les yeux.
« Cette Isa Amond ? » demanda Karl. « Ne me regarde pas comme ça, Genzô, c'est Julie qui me l'a dit. »
« Mais à quoi pense-t-elle ? Aller dire ça à ces deux-là... »
« Comment tu t'en sors ? » Interrogea Karl, un sourire aux coins tandis qu'il déposait sa veste et commençait à se changer. « Selon elle, cette fille n'est pas très commode. Voyons voir... 'pas causante, pas forcément jolie, très réservée'. »
« La ferme, » grognai-je. « Tu ne l'as connais pas. »
Il me regarda avec insistance, certain que les propos de Julie ne pouvaient être totalement erronés. Après tout, c'était Julie qui lui avait dit.
« -Il est vrai, » avouai-je en soupirant, « qu'elle n'est pas très bavarde, mais c'est surtout qu'elle n'a confiance en personne et que, en effet, elle est extrêmement réservée... » (« Ce n'était pas peu dire, » songeai-je)
« Et tu t'es donné le rôle de la 'débloquer' ? » ricana Karl.
« Je ne suis pas comme toi, » rétorquai-je, souriant.
« Ca veut dire quoi ça ?! »
« Allez, les pipelettes, c'est l'heure ! » annonça le coach.
Nous sortions des vestiaires et nous dirigions sur le terrain, prêts à 'tout casser'.
L'équipe que nous étions prêt à affronter ne nous inquiétait plus depuis longtemps. A force de l'affronter, nous connaissions toutes leurs techniques. On ne comprenait d'ailleurs pas pourquoi elle s'acharnait tant à jouer contre nous alors que nous étions sans cesse vainqueurs et qu'elle ne semblait pas évoluer le moins du monde.
Coup de sifflet avec le ballon pour nous. Schneider et Hermann s'élancèrent déjà en une deux. La défense tenta de s'organiser autour des deux joueurs, je remarquai qu'ils étaient d'ailleurs bien marqués, mais, justement, c'était aussi ça le hic. En concentrant la totalité des joueurs autour de nos deux avants de génies, le reste de notre équipe était libre d'agir à sa guise. Hermann loba ses adversaires et donna le ballon à Mayen qui l'envoya aussitôt vers l'avant. Quant à moi j'étais tranquille, connaissant déjà le résultat de cet affrontement.
Schneider marqua par une reprise de tête de la passe de Mayen juste après s'être libéré par un bon pressing.
La balle fut donc renvoyée par le camp adverse, mais nous l'interceptions à temps. Seulement, dans la remonté, la balle fut interceptée et ils revenaient déjà à la charge, à bloc. Des séries de une deux se firent, et Scharzt, le seul joueur capable de nous inquiéter tira. Un bon tir brossé, je devais l'admettre, mais la trajectoire était bien trop prévisible, et il me suffisait d'un saut pour la récupérer dans mes mains.
« Bravo WAKABAYASHI ! » scanda mes équipiers.
Cette sensation d'être le meilleur pour mes coéquipiers et la foule en délire était très prenante. D'un coup de pied, je relançai la balle à l'avant où Karl l'intercepta aisément avant de virevolter et de s'élancer droit devant. Cette fois, ce fut Kartz qui marqua d'un tir à bout portant, un de ses préférés d'ailleurs.
Pour le reste de la première mi-temps, la stratégie consistait à laisser une marge, nous laissions volontairement l'équipe adverse terminer leurs assauts, faisant valoir mes talents de gardien.
La seconde mi-temps se termina par deux autres buts marqués par Karl lui offrant un nouveau 'coup de chapeau', à force, on finissait pas s'en habituer. C'en était presque ennuyant !
La foule nous acclamait, le coach souriait, l'équipe était contente, mais sans plus. Cela faisait trop longtemps que nous jouions contre eux. On ne pouvait plus être fier de ces matchs répétitifs. Après un éternel tour du terrain, les commentaires que nous partagions dans les vestiaires, et les fans inconsidérés qui nous attendaient à la porte, je réussis à me retrouver dans le couloir du stade, en direction de la sortie.
J'en avais oublié mes inquiétudes et me sentais aussi bien que je pouvais être après une victoire, aussi insatisfaisante soit-elle. Mais, j'allais très rapidement déchanter ! Quand je rencontrai devant moi Isa et un garçon plus jeune, je sentais en moi gronder la frustration et l'incompréhension.
« Je croyais que tu ne pouvais pas venir ! » m'exclamai-je.
« Je... C'est difficile à expliquer, » dit-elle, embarrassée, rougissante.
« Si je comprends bien, tu avais l'occasion de venir, » m'emportai-je.
« Non ! Enfin si, mais… »
« Je vois. »
&&I&&&&&
Nous nous retrouvions loin des regards curieux, Genzô tenait toujours fermement mon bras et semblait refuser de me lâcher. Il avait sans doute peur que je prenne la suite. Mais cette situation inconfortable m'énerva. Il se tourna enfin vers moi et plongea son regard dans le mien. Pour la première fois depuis très longtemps, j'osai tenir tête à quelqu'un. Je venais d'apprendre la meilleure nouvelle de mon adolescence, je n'allais pas le laisser détruire cela !
« Que veux-tu à la fin ? » rouspétai-je. « Tu me fais mal au bras à me tenir ainsi. »
Il me regarda surpris par mon audace et décida enfin de lâcher prise. Je massai mon bras douloureux, continuant à le regarder, la gorge nouée, le cœur battant, l'esprit envolé.
« Tu es fâchée ? » me demanda-t-il dans un ton de reproche et d'étonnement à la fois.
« Fâchée ? » rétorquai-je. « Ce n'est pas moi qui t'ignore et puis te tire sans raisons aucune et sans te laisser le choix. »
Je m'étonnai moi-même. C'était la première fois que je m'adressai à quelqu'un de façon clair et intelligible ou plus précisément avec le même entrain que face à Aiden. Pourtant ces deux-là étaient vraiment opposés. Ma frustration devait y jouer pour beaucoup. Genzô sembla hésiter et étrangement timide tout d'un coup. Ce ne fut qu'avec une petite voix qu'il m'adressa ses excuses sur son comportement envers moi, mais comme il était sincère, je ne pus lui en tenir rigueur plus.
« Je t'assure que je n'étais pas entièrement responsable de ma présence au stade hier, » m'excusai-je à mon tour. « J'ai quelques… difficultés familiaux assez compliqués en soi... »
« Ca va, » me fit-il, accompagnant sa parole d'un geste de la main. « Tu n'as pas à te justifier. »
Je lui souriais timidement. Finalement, c'était peut-être bien une bonne journée. Mais c'était sans compter la suite des événements. Ne jamais sous-estimer une journée, car celles-ci ne finit jamais de vous étonner, surprise succédant à une nouvelle surprise lorsque ce n'était pas d'une banalité mortifiante.
Nous étions prêts à nous rendre en classe quand un importun nous rejoignit.
« Tu n'as donc pas compris ce que je t'avais gentiment demandé, » souffla le nouveau venu.
-Fin du Chapitre 3.-
