Comment l'arachnide réagirait-il ? Et comment se déroulerait cette semaine de résurrection en sa compagnie ?
C'étaient les questions que se posait Camus et en appréhendant fortement la suite des évènements. Il venait d'arriver dans la maisonnette qu'Athéna lui avait prêté. Construite en bois, les nuances de clair-obscur plaisaient au verseau et il passa une agréable soirée en lisant un livre qu'il avait prit sur la jolie étagère qui en était remplie. La lecture lui fit oublier ses appréhensions et très vite, en partit à cause de sa résurrection, il alla se coucher.
Le lendemain, il se leva vers dix-trente et entreprit d'aller se balader un peu avant de revenir pour se préparer à recevoir, dans la soirée, son ancien ami.
Pendant ce temps, au sanctuaire, Milo fêtait son anniversaire en compagnie de ses frères d'armes survivants. Il avait reçut de jolis présents mais les deux plus étonnants et beaux furent quand Hyôga et ses amis étaient venus le voir mais aussi quand Athéna lui annonça qu'elle lui offrait une semaine de vacances.
Il venait de terminer son sac de voyage pour cette semaine offerte par la déesse, lorsqu'il entendit quelqu'un toussotait à l'entrée de sa chambre. En colère, il se retourna et fut stupéfait de voir le cygne adossait contre le chambranle de la porte. Pendant quelques secondes, ils se regardèrent puis le russe prit la parole :
Encore joyeux anniversaire Milo.
Merci. Que…que fais-tu là ? je croyais que tu ne voulais plus me voir.
C'était vrai mais les paroles de Shun, d'Athéna et de Shiryu m'ont fait réfléchir. Et je me suis rendu compte qu'ils avaient raison, ma réaction était guidée par la douleur que je ressentais.
Je comprends et je ne t'en veux pas le moins du monde car dans le fond, tu avais entièrement raison. Je ferais tout mon possible pour me faire pardonner sois en sûr.
Merci. Accepterais-tu que je t'accompagne jusqu'à l'endroit où tu dois te rendre ?
Avec plaisir, répondit le scorpion heureux.
Ils partirent dans l'après-midi et firent plus ample connaissance sur le chemin. Arrivés près de l'habitation, ils rigolèrent aux bêtises que Milo avait faites lorsqu'il était un enfant. Au moment où ils se séparèrent, ils se prirent dans les bras, content l'un comme l'autre d'être devenus amis.
Le grec regarda son nouvel ami partir puis se dirigea vers la porte de la maisonnée dont il avait les clefs. Il ouvrit la porte et apprécia davantage l'intérieur que l'extérieur. Il s'avança un peu plus en fermant la porte derrière lui et observa les lieux lorsque son regard tomba sur une silhouette lui tournant le dos et qu'il ne connaissait que trop bien. C'était impossible, ce ne pouvait pas être LUI !
Le scorpion avait pâlit et ne semblait plus pouvoir bouger tellement il était abasourdit. Le silence régna pendant de longues minutes qui parurent durer une éternité. Il fut incapable de dire quoique se soit et, lorsque le chevalier du verseau se retourna et lui lança un joyeux anniversaire, de manière froide et légèrement glaciale, il tomba dans les pommes.
Avant qu'il n'atterrisse sur le sol, le verseau le rattrapa. Il l'emmena ensuite sur le confortable canapé du salon et lui releva les jambes afin de faire remonter le sang jusqu'au cœur. Le scorpion reprenait peu à peu des couleurs et ouvrit lentement les yeux. Ceux-ci croisèrent pendant quelques secondes le regard bleu nuit du verseau avant qu'il ne détourne sa tête. Il culpabilisait et avait du mal à croire que le français était bel et bien devant lui. Ce dernier, qui s'était attendu à une autre réaction de la part du scorpion, prit la parole et lui dit d'une voix contrôlée : « Milo, je ne suis pas un fantôme comme tu semble le croire. Je suis revenu à la vie pour que l'on puisse tout mettre à plat sur ce que l'on ressent. Et on devra faire cela pendant le temps qui m'est impartit, c'est-à-dire une semaine ».
Se taisant à nouveau, le français se leva et partit dans la cuisine afin de préparer le repas. Alors qu'il était concentré sur sa préparation, il ne pouvait s'empêcher de se posait des questions sur le comportement du grec. Il constatait qu'Athéna ne lui avait pas mentit et cela ne faisait qu'accroître son inquiétude. Il bénissait en même temps la déesse de l'avoir forcé à revoir son ancien ami. Après avoir mis le plat au four et dressé la table, le verseau s'assit sur une chaise et se mit à réfléchir. De temps à autres, il surveillait tout de même la cuisson de ce qu'il avait préparé.
Pendant ce temps, dans le salon, Milo s'était peu à peu remis de ses émotions. Il maudissait et remerciait en même temps sa déesse du cadeau qu'elle lui avait fait. Quand il avait regardé son vis-à-vis, il n'avait, encore une fois, rien pu déceler dans son regard. Il avait néanmoins perçut de la tristesse dans sa voix même si le français cacher ce qu'il ressentait. Il s'assit sur le canapé et, la tête entre ses mains, il se mit à réfléchir aux paroles que Camus avaient prononcé.
Environ une heure plus tard, Camus vint chercher Milo pour dîner. Celui-ci hésita puis se leva et se dirigea vers la cuisine où l'attendait le verseau. Son odorat entra en action avant sa vue et ce qu'il sentait ne fit que le mettre en appétit. Lorsqu'il entra dans la pièce, il s'arrêta un instant afin d'admirer ce que le français avait préparé. Il aperçut également un paquet enveloppé dans du papier cadeau près d'une assiette. Lentement, il alla s'asseoir et bien qu'il n'ait pas faim, il se laissa servir et se força à manger. De temps à autres, il répondait aux questions du verseau sur l'après bataille du sanctuaire.
Désireux, tout de même, de ne pas gâcher cette fin de journée, Camus lui demanda ce qu'il avait reçut pour son anniversaire. Le grec se lança alors dans un récit joyeux et malgré lui, laissa ses yeux brillaient alors qu'il parlait de Hyôga. Cela n'échappa pas au français qui, malgré son impassibilité, sentit son cœur se serrer.
Le repas avançait et ils en étaient maintenant au dessert. Milo s'extasia encore plus devant la beauté du gâteau que son ancien ami avait fait et sans s'en apercevoir sur le coup, il lâcha une phrase qui instaura un lourd silence entre eux. Maîtrisant ses émotions suite à ces horribles paroles, Camus servit le dessert tout en restant silencieux. Il retenait difficilement ses larmes et n'osait pas regarder de nouveau le scorpion en face.
Ils finirent tranquillement de manger et Camus débarrassa la table, toujours sans regarder son ancien ami. Celui-ci s'était rendu compte de la méchanceté de ses paroles et réfléchissait à un moyen de se faire pardonner. Il regardait son frère d'arme faire la vaisselle lorsqu'il décida de se lever et d'aller au près de lui. Arrivé derrière lui, il l'enlaça et lui murmura à l'oreille : « Pardonne-moi Camus. Je n'ai pas réfléchis quand j'ai dit cela. Je ne voulais pas te blesser encore plus que je ne l'ai déjà fait. »
Le dénommé Camus ne répondit rien sur l'instant. Il était tendu et savourait en même temps la présence de Milo contre son corps. Il réfléchissait aux paroles du scorpion. Bien sûr, il avait envie de lui pardonner mais…il avait aussi envie de lui donner une bonne leçon. C'est pourquoi, une fois qu'il eut fini la vaisselle, il se dégagea de l'étreinte du grec et affronta son regard triste, implorant et chargé de remords. Il savait que ce qu'il s'apprêtait à dire allait faire mal à l'arachnide et que cela gâcherait son anniversaire mais il le devait. Alors d'un doux murmure, il parla : « Tes paroles me laisse de glace Milo. Tu dis ne pas avoir réfléchis en sortant ces paroles mais dans le fond, tu y as réfléchis. Tu te venges encore du baiser que je t'ai donné. Je vais me coucher. Le cadeau est pour toi au fait et j'espère qu'il t'ouvrira les yeux ».
Sur ces paroles, Camus se dégagea de l'étreinte du scorpion et sortit sans un mot ni un regard pour son vis-à-vis. Celui-ci ne bougeait pas et lorsqu'il se trouva seul dans la pièce, il se laissa tomber à genoux puis à quatre pattes. Il avait mal, tellement mal mais il savait qu'il le méritait. Des larmes coulaient le long de ses joues en partie à cause des paroles du verseau mais surtout parce qu'il avait vu la souffrance dans les yeux brillants de celui-ci.
Comment réussirait-il à se faire pardonner ? Surtout pendant le laps de temps que Camus avait ? Car c'était sûr, il ne repartirait pas au sanctuaire sans avoir tout tenté afin de reconquérir l'amitié de celui, il en était convaincu maintenant, qu'il aimait. Il trouverait le moyen de se faire pardonner et de lui avouer ce qu'il ressentait pour lui.
