Note d'auteure : Merci à GUEST pour ta review qui m'a aussi fait ultra-plaisir (du coup je reposte un nouveau chapitre héhé) : je suis tellement heureuse que tu la trouves rafraîchissante et que tu l'aimes ! J'espère que la suite te plaira !
Et aussi à Sugarbrown : Merciiiiiiiiiiiiiiii du coup je poste la suite maintenant pour toi aussi ! J'espère que cette histoire continuera à te plaire, le chapitre 5 (un peu moins drôle je vous préviens) demain ^^
Pfiouuu je suis super émue là (vous devez être en train de rigoler) mais MERCI.
Plein de bisous,
Roxane-James
Chapitre 4 : Plante dentue et secrets nocturnes
- Je vais aller parler à MacGonagall, déclara Maisie d'une voix solennelle.
La Poufsouffle s'assit d'un air décidé en face de ses amies à la table de Serdaigle pour le petit-déjeuner pendant que celles-ci échangeaient un regard perplexe. Maisie s'était retournée dans son lit toute la nuit et à son réveil, elle s'était décidée à voir MacGonagall pour lui rendre son insigne, songeant qu'il s'agissait là de la meilleure décision qu'elle avait prise de toute sa scolarité.
Elle n'était visiblement pas faite pour ce poste de Préfète et toutes les responsabilités que cela signifiait. Sans compter les problèmes.
- Maisie, la sermonna calmement Wellina en nettoyant ses lunettes avec un pan de sa robe de sorcière, je doute que ce soit une bonne idée.
- Tu as entendu ce que Potter m'a dit ?! répliqua sèchement Maisie, il a dit, je cite que je « n'avais pas la carrure d'une Préfète ».
- Ce que ce crétin de Potter t'a dit n'a rien à voir avec cette histoire ! s'immisça Anthéa en laissant ses cheveux lisses et gris prendre une teinte plus colorée.
- Je te l'ai déjà dit hier et je te le répète, lui dit gentiment Wellina en remettant une mèche noire derrière son oreille, il faut que tu aies plus de confiance en toi.
- Honnêtement, je trouve que ce poste te convient à merveille, fit une voix douce dans son dos.
Maisie, Anthéa et Wellina se tournèrent vers la nouvelle venue qui se présenta alors avec un grand sourire.
- Fenezy Rockensol, Serpentard, dit-elle en serrant affectueusement les mains de Wellina et d'Anthéa. Je me permets d'intervenir dans cette conversation parce que je trouve Maisie faite pour être Préfète ! Cela serait dommage de renier ce poste aux oubliettes…
Maisie sourit à la jeune fille d'un air gêné pendant qu'Anthéa et Wellina approuvaient ses paroles d'un hochement de tête vigoureux.
- Bon, Maisie, je te dis à plus tard pour le cours de Potions ! s'exclama Fenezy avant de sortir de la Grande Salle. A bientôt Diggle, Devon.
Sitôt qu'elle eut passé les portes du réfectoire, Wellina et Anthéa se tournèrent vers Maisie avec un grand sourire.
- Tu vois ? ricana Anthéa, tu n'y couperas pas !
- J'aime bien cette fille, se contenta de dire Wellie en accompagnant ses paroles d'un clin d'œil.
Maisie rougit, agacée et amusée à la fois, et décida de clore la discussion en avalant goulument un toast à la confiture de potiron, manquant de s'étouffer sur le coup.
*.*.*
Il régnait une chaleur étouffante dans la serre numéro quatre lorsque Maisie y entra, accompagnée d'une Anthéa de mauvaise humeur. Les élèves de Poufsouffle et de Serdaigle furent accueillis par le Professeur Londubat qui leur présenta des plantes en pot à l'aspect étrange et, pour seule consigne, leur demanda d'en extraire le pus et de le recueillir dans une fiole située sur les paillasses. Il leur dit également de se méfier des « tentacules », ce qui n'eut pas pour effet de rassurer la Serdaigle.
Anthéa mit sa blouse et ses gants en râlant – elle détestait la botanique – et entraîna Maisie vers la paillasse la plus éloignée du bureau de leur professeur. Les deux filles observèrent d'un air circonspect le « carne vescuntur » qui possédait de fines tentacules rugueux et une sorte de bec coupant.
- Il faut qu'on appuie sur « ventre » de cette chose, ça fera remonter le liquide dégueulasse que Londubat veut qu'on lui apporte, expliqua Anthéa en ignorant la grimace que Maisie faisait face au vocabulaire dont elle avait usé.
- Tu en es sûre ? demanda la Poufsouffle d'une toute petite voix.
- Hum… Je ne vois qu'un moyen de le savoir, répondit Anthéa en enfonçant son scalpel dans ce que les botanistes appelaient « ventre » de la plante.
Cependant, tout ne se passa pas comme prévu. Au lieu d'éjecter un liquide brunâtre par la « bouche », la plante dévoila une rangée de dents acérées terrifiante qui fit sursauter les deux amies. Anthéa lâcha son scalpel qui tomba dans les mains de Maisie et la plante tendit ses tentacules vers la Préfète, l'attrapant par les pieds et la faisant tourner au-dessus de sa gueule. Maisie hurla de terreur en s'apercevant qu'une fois de plus, ses pieds ne se trouvaient plus sur le sol mais bien à une dizaine de mètres au-dessus et lâcha sa baguette magique jusqu'alors coincée dans une poche de sa blouse dans les yeux ouverts d'Anthéa qui essayait de libérer son amie.
La Serdaigle se reçut le bout de bois en plein dans l'œil et poussa un cri de douleur dont Maisie se souviendrait certainement toute sa vie. En attendant, la tentacule la maintenait au-dessus de la gueule de la plante (visiblement carnivore) et menaçait de l'y laisser tomber. Maisie ferma les yeux, imaginant déjà la mort atroce qui l'attendait. Elle serait boulotée par une plante verte à l'aspect commun (mais qui était en fait un véritable monstre) et la dernière image que son amie conserverait d'elle serait celle de son visage déformé par la peur et enfoncé dans le gosier de cette stupide chose verte !
- Aaaaaah ! cria Maisie en sentant un nouveau tentacule enserrer sa taille.
- MERLIN MISS WOMEL !
Le professeur Londubat se précipita vers le duo de choc sous les regards horrifiés des élèves et s'empressa de libérer son élève en arborant une grimace.
- Merci professeur, souffla Maisie, une fois que ses pieds eurent touché le sol.
Elle fut prise d'un rire nerveux qui la cloua au sol pendant quelques secondes et s'essuya les yeux, terriblement gênée.
Pourquoi fallait-il que ce genre de situation n'arrive qu'à elle ?
- Je ne savais pas que vous étiez un danger public, répondit mollement leur professeur d'un air ahuri.
- Vous plaisantez professeur, répliqua Anthéa d'un air mauvais en se massant l'œil droit, ce sont vos plantes qui sont un danger pour l'humanité !
Maisie échangea un regard fataliste avec son amie et toutes d'eux s'empressèrent de sortir de la serre pour aller se changer.
- Heuuu… Ce devoir ne sera pas noté ! les prévint Londubat d'un air gêné. Allez vous reposer.
- On a gagné une heure de tranquillité, glissa Anthéa à la Poufsouffle d'un air ravi, merci beaucoup Maisie !
- Heu… De rien ? bredouilla-t-elle, perplexe.
*.*.*
- Et la plante l'a prise par les chevilles, comme ça et elle l'a à moitié enfournée dans sa bouche géante et pleine de bave et là, le professeur Londubat s'est précipité à son secours comme un héro et…
- Merci Anthéa, la coupa Wellie d'un ton faussement poli avant de se tourner vers Maisie qui se retenait d'éclater de rire face à l'air outré qu'affichait la Serdaigle. J'ai trouvé une solution pour lutter contre ton manque de confiance, Maisie !
Sous l'œil intrigué de ses amies, Wellina sortit de son sac une feuille chiffonnée, la déplia et la lui tendit avec une expression triomphante. Maisie loucha dessus avec un air méfiant.
- Sérieusement ? Tu veux l'inscrire au club de bavboules ? pouffa Anthéa en regardant par-dessus l'épaule de la Poufsouffle.
- Et pourquoi pas ? rétorqua Wellie, piquée au vif.
- Mais parce que les bavboules c'est complètement dépassé, ricana la Serdaigle en se tenant les côtes.
- Mais pas du tout ! râla Wellie, moi-même avec mon petit frère…
Anthéa s'esclaffa et une courte dispute éclata entre les deux filles pendant que Maisie reprenait une part de lasagnes sans y prêter plus d'attention que ça.
- De toute manière, c'est Maisie que ça concerne, pas toi ! s'emporta Wellie en plantant sa fourchette d'un air rageur dans son chili con carne.
(Dont Maisie reçut un morceau de carotte dans la narine droite).
- Justement ! On n'a qu'à lui demander.
Anthéa et Wellina se tournèrent d'un même mouvement vers la Préfète qui rougit et balbutia.
- Tu en penses quoi, Maisie ? s'enquit affectueusement Wellie.
- Heu… je… Je n'aime pas trop les bavboules, avoua Maisie en baissant la tête.
- Ah ! Tu vois ! s'exclama Anthéa d'un air victorieux de celle-qui-le-savait.
- Dans ce cas, qu'est-ce que tu proposes ? répliqua vertement Wellina en croisant les bras sur sa poitrine.
- Qu'elle intègre l'équipe de Quidditch de Poufsouffle ! répondit Anthéa d'un ton enthousiaste.
Maisie ouvrit de grands yeux, tout bonnement horrifiée par l'idée de la Serdaigle. Il lui semblait inconcevable de gagner une once de confiance en soi en se prenant un cognard dans la tête ou de viser un anneau géant armé d'un souaffle. Elle lança un regard angoissé à Wellina, se demandant si elle prendrait son parti. Sauf que la Gryffondor semblait considérer cette idée comme étant plutôt bonne. A son plus grand déplaisir.
- C'est une excellente idée, dit-elle en offrant un sourire éclatant à Anthéa.
- N'est-ce pas…
- NON, non et NON ! hurla Maisie, agacée en ignorant les regards qui convergeaient vers leur petit groupe au centre de la table des Poufsouffle. Je REFUSE.
- Tu refuses quoi ? demanda poliment John Finch-Fletchey en s'asseyant à côté d'elle pour manger son déjeuner.
- Elle refuse de se présenter aux essais pour intégrer l'équipe de Quidditch de Poufsouffle, répondit laconiquement Wellina.
- Ah bon ? fit John en haussant un sourcil perplexe. Moi je trouve que c'est une très bonne idée pourtant ! Tu pourrais prendre confiance en toi !
Maisie lui offrit une grimace agacée avant de se lever d'un geste si brusque qu'elle renversa son assiette sur la table – sans pour autant y accorder de l'importance – et dit :
- Il est HORS DE QUESTION que je me rende à ces essais de Quidditch, vous m'entendez ?!
- Plutôt bien, Womel, déclara Potter derrière elle avec un grand sourire, et tu fais bien parce que ça nous permettra d'éviter un désastre ! Je n'ai pas envie de me retrouver à St Mangouste par ta faute !
Maisie rougit de honte, bredouilla quelques mots incompréhensibles et s'élança hors de la Salle Commune d'air un air furieux en direction des cachots.
- Potter ! entendit-elle beugler John, cinq points en moins pour Gryffondor !
Quelle saleté, ce James Potter ! Il fallait vraiment qu'elle apprenne à répliquer…
*.*.*
Maisie attendait devant les cachots depuis une bonne demi-heure, maussade. Son insigne de Préfète ne lui était visiblement d'aucune utilité face à James Potter et son cynisme. Le sourire narquois qu'il affichait perpétuellement l'agaçait fortement et pourtant, Maisie ne parvenait toujours pas à l'affronter droit dans les yeux. Lui ou qui que ce soit. Sa timidité reprenait le dessus sur sa colère et son corps la trahissait plus que nécessaire. Ses joues la brûlaient au moins cinq fois par jour et elle se sentait incapable de tenir tête à n'importe quel élève de ce château.
Ce n'était pas dans son caractère. Maisie ne s'emportait pas ou très rarement et n'était jamais en colère très longtemps. Elle était facile à vivre, un peu gauche et solitaire mais agréable lorsqu'on gagnait le chemin de son cœur. Maisie était sincèrement incapable de faire du mal à une mouche.
Gentille, trop gentille Maisie.
Elle doutait d'ailleurs que quelqu'un dans Poudlard la prenne réellement au sérieux. Sa petite taille ne jouait pas en sa faveur et sa voix fluette de soprano ne lui était d'aucun secours.
Elle en était là dans ses réflexions lorsque la cloche sonna, annonçant le début des cours. Les élèves ne tardèrent pas à affluer dans les couloirs, certains la bousculaient allègrement mais elle ne broncha pas.
- Maisie Womel ! Merlin, je t'ai cherchée partout ! s'exclama Fenezy Rockensol en apercevant la Poufsouffle.
La Serpentard semblait essoufflée en effet mais ses yeux trahissaient autre chose que de la fatigue due à de l'effort physique : de l'inquiétude.
- Tu vas bien ? lui demanda-t-elle en fronçant les sourcils. Je suis allée voir tes amies et elles m'ont dit que tu étais partie en courant.
- Je… vais bien, merci, souffla Maisie en repoussant une mèche de ses cheveux châtains qui tombait sur son front.
Fenezy semblait sincèrement se soucier d'elle et cela lui faisait tout drôle. Jusqu'à présent, seules Wellie et Anthéa s'étaient attachées à elle et s'étaient comportées de la sorte. Fallait-il comprendre que Fenezy était son amie ? Elles se connaissaient depuis si peu de temps que cela semblait tout à fait absurde. Pourtant, Fenezy était gentille, drôle et pleine d'énergie et Maisie se surprenait à apprécier les moments passés avec elle. Fenezy était tout simplement ce genre de fille attachante qui vous mettait de bonne humeur et Maisie trouvait qu'elle ressemblait un peu à Anthéa sur certains points : elle était aussi énergique et souriante que la métamorphomage.
- On se met à côté ?
- Tu veux vraiment qu'un chaudron t'explose à la figure ? répliqua Maisie en souriant.
- Je m'occupe de la pratique et toi de la théorie alors, rit Fenezy en entraînant la Poufsouffle par le bras dans les cachots de Slughorn.
Les deux filles s'installèrent dans le fond de la salle de classe, Fenezy bavardant gaiement et Maisie se contentant de l'écouter et de sourire à ses anecdotes amusantes.
Maisie n'aimait pas vraiment les cours de Potions : sa maladresse provoquait quelques fois des incidents dont elle se serait bien passée, mais, fort heureusement, la jeune fille n'avait jamais eu de mal à décrocher d'excellentes notes aux devoirs écrits ce qui rattrapait ses notes moyennes en pratique.
- Bonjour chers élèves, les salua le professeur Slughorn en entrant dans les cachots de manière grandiloquente, j'espère que vos vacances se sont bien passées. Nous allons nous attaquer à la Solution de Force qui vous sera fort utile pour les BUSEs, c'est en effet une potion souvent demandée lors des examens, aussi bien sur la pratique que sur la théorie. Nous allons donc découper nos deux heures de cours en deux aujourd'hui, pendant la première heure je veux que vous essayiez de me concocter un échantillon de cette fameuse potion et durant la deuxième, j'attendrai de vous un compte-rendu exemplaire de votre travail.
Les élèves se mirent aussitôt à la tâche, la mine sérieuse.
- Tu peux allumer le feu sous le chaudron ? demanda Fenezy à la Poufsouffle en souriant d'un air enjoué. Je vais chercher les ingrédients qui nous manquent dans l'armoire.
- D'accord, répondit Maisie à voix basse.
Les deux filles travaillèrent en silence sans incident notable, Maisie lisait les instructions recopiées sur son livre et Fenezy les appliquait avec soin, les deux filles mélangeaient à tour de rôle le liquide bleu foncé, ajoutaient les ingrédients et réglaient la température.
- Il te vient d'où ton prénom, Fenezy ? s'enquit Maisie après que sa camarade ait rapporté leur échantillon à Slughorn.
- De mon père, répondit la Serpentard avec un sourire. Il voulait m'appeler « Frenezy » parce que j'étais un bébé très remuant sauf qu'il a oublié un « r » lorsqu'il est allé faire sa déposition au Ministère !
Les deux filles éclatèrent de rire le plus silencieusement possible avant que la jolie rousse au regard argenté ne reprenne la parole :
- Et toi ? Mailisiana ce n'est pas commun non plus.
- L'esprit tordu de mes parents, esquiva mollement la Préfète en levant ses yeux verts au ciel.
- Tu ne t'entends pas avec eux ?
- Disons qu'ils sont… un peu déçus de ne pas avoir eu une fille normale.
Fenezy ne chercha pas à en savoir plus voyant le visage de Maisie se fermer et les deux filles se concentrèrent sur la partie théorique du travail.
*.*.*
Maisie était installée sur un canapé de la Salle Commune de Poufsouffle et rédigeait son devoir de potions (une recherche sur le chou japonais) avec un grand sérieux lorsque qu'elle sentit le sofa s'affaisser à côté d'elle.
- Salut Maisie, dit John en lui proposant une patacitrouille. Tu fais quoi ?
- Le devoir de potions, répondit-elle en acceptant avec plaisir la sucrerie que lui tendait le garçon. Et toi ?
- Je te cherchais.
- Ah ?
- C'est à propos de cette histoire de Quidditch, continua le brun aux yeux kaki avec un léger sourire.
Maisie se renfrogna, les sourcils froncés et ses yeux lançant des éclairs.
- Rhéa serait certainement ravie de t'accueillir dans l'équipe et les sélections sont ce week-end, tu es sûre de ne pas vouloir tenter ?
- John, c'est très gentil de ta part mais je pense que je me mets déjà dans des situations suffisamment embarrassantes pour m'embarquer en plus dans un jeu auquel je ne connais pratiquement rien et qui doit se jouer devant TOUT POUDLARD.
- Mais justement, renchérit le garçon, cela te fera gagner en assurance !
- Non, ça ne changera rien, répliqua Maisie d'une voix douce.
- Ce que tu peux être têtue ! observa le garçon en vrillant son regard kaki sur la jeune fille.
Maisie parut déconcertée par cette remarque, ses joues rosissant.
- Bien, admettons, souffla-t-elle à mi-voix pour que personne en dehors des deux Préfets n'entende ce qu'elle disait, comment peux-tu être sûr que je pourrais intégrer l'équipe ?
- Rhéa cherche des nouveaux joueurs et les essais sont là pour ça, tu sais !
- Mais je n'ai pas envie de me ridiculiser devant des centaines de personnes, gémit Maisie en prenant sa tête entre ses mains.
- Tu veux une bonne excuse ? demanda soudainement John d'un air sérieux.
- Heu… Oui ? balbutia Maisie.
- Tu vas le faire. Rien que pour emmerder Potter. Il dit que tu n'as pas la carrure pour être Préfète – sache que je ne suis pas de son avis – et il s'attend à ce que tu ne fasses rien pour améliorer ton manque de confiance en toi, alors surprenons-le ! Le jour du match, quand tu débarqueras sur le terrain, Môssieur-l'attrapeur-aux-cheveux-ébourrifés sera tellement surpris qu'il en oubliera de jouer correctement ! Et toi, tu pourras afficher un petit sourire victorieux et le remettre autant de fois à sa place que tu le souhaites parce que tu auras gagné un match formidable et pris conscience de la personne formidable que tu es !
Maisie, dubitative, retourna cette proposition dans sa tête une dizaine de fois avant de répliquer d'un ton mi-agacé mi-amusé :
- Tu sais quoi ? Tu devrais sortir avec Anthéa. Ou plutôt non, on risquerait le chambardement à Poudlard !
Les deux Préfets éclatèrent de rire et Maisie s'élança hors de la Salle Commune en lui disant :
- Je vais faire un tour. A demain !
- Il est vingt heures ! s'écria le garçon.
- Disons que j'effectue ma ronde, conclue la jeune fille en recoiffant ses courts cheveux châtains avec sa main droite.
*.*.*
Maisie marchait dans les couloirs faiblement éclairés à l'aveuglette, sa baguette magique dans la poche droite de sa robe de sorcier et la tête ailleurs. Elle allait se présenter aux sélections qui se déroulaient samedi, même si sa fierté devait en prendre un coup. Parce qu'Anthéa et Wellina s'étaient démenées pour lui trouver une activité et aussi parce que sa discussion avec John lui avait fait voir les choses sous un autre angle. Peut-être que sa timidité s'effacerait si Poufsouffle remportait un match ?
Maisie arriva à un angle et allait tourner dans un couloir lorsqu'elle entendit deux voix fébriles un peu plus loin et décida discrètement d'aller voir. Elle se cacha derrière une tapisserie épaisse représentant deux trolls qui dansaient et observa la scène qui se jouait devant ses yeux.
Deux jeunes filles que Maisie connaissait plus ou moins se tenaient face à face. L'une était Deirdre Londubat, la fille cadette de son professeur de botanique qui lui ressemblait beaucoup de par sa silhouette légèrement ronde et ses épais cheveux noirs mi-long qu'elle tressait tout le temps. L'autre fille était une jolie métisse aux yeux bleus et aux cheveux frisés et courts d'une jolie couleur auburn : Roxanne Weasley. Les yeux violets de Deirdre semblaient incapables de se détacher du visage de la Gryffondor.
- Mais si quelqu'un nous voyait ? demandait la Serdaigle en attrapant la main de Roxanne.
- Personne ne nous verra, Deirdre, rétorqua sèchement Roxanne. Pourquoi est-ce que ça t'inquiète autant ? Tu as peur de quoi exactement ?
- Ta réputation, bredouilla Deirdre en enroulant sa cravate bronze et bleue autour de son doigt, elle sera…
- Fichue ? Mais je m'en fiche, moi, de ma réputation ! s'exclama Roxanne en levant les yeux au ciel. Je t'aime, Deirdre, il n'y a rien de plus simple que ça ! Mais toi, j'ai l'impression que tu ne m'aimes visiblement pas assez pour sortir avec moi.
- Bien sûr que si, s'offusqua à son tour Deirdre en caressant tendrement le visage de la Gryffondor.
- Alors sors avec moi, déclara Roxanne d'un air très sérieux.
Deirdre rougit, ouvrit la bouche pour parler mais elle n'en eut pas le temps : Roxanne s'était rapprochée au point de poser ses lèvres sur celles de la Serdaigle dans un élan d'affection et lui dit :
- Si tu veux, pour l'instant ce sera notre secret… Mais après Noël je ne veux plus de cachotteries ! J'ai encore du piquer la cape d'invisibilité de James pour sortir de la Tour et Fred et James se demandent ce que je fais à chaque fois que je sors toute seule la nuit.
Deirdre hocha la tête en signe d'assentiment et dit :
- Promis, à Noël, tout sera réglé.
Les deux filles se sourirent puis s'éloignèrent en rejoignant chacune leur salle commune pendant que Maisie ouvrait de grands yeux effarés.
- Par Merlin, souffla-t-elle dans sa barbe, je ne m'attendais pas à ça !
La jeune Poufsouffle rejoignit son dortoir d'un pas furtif, souriant. Elle trouvait la complicité entre les deux filles adorable et s'était jurée de ne pas souffler un mot de ce qu'elle venait de voir à qui que ce soit. Même Wellina et Anthéa n'en sauraient rien… Du moins, pas avant Noël !
Encore l'auteure : Une bébé review ? C'est comme un bébé otarie, c'est mignon et ça fait plaiz' ! Merci d'avoir lu *.*
Roxane-James (merci, merci, merciiii)
