For a want of a nail...

Chapitre 3

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Disclaimer : Je ne possède aucun droit sur ce manga, tout appartient à son auteur, Horikoshi. De la même manière, il existe sans doute des fics qui ont été écrites en suivant la même idée, donc je n'ai aucune exclusivité là-dessus non plus.

Notes de l'auteur : En fin de fic !

Warning : Dans les futurs (et lointains) chapitres, il y aura du shonen-ai.

Bonne lecture !

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Alors c'est ça, le meilleur lycée pour héros ?

Aujourd'hui était le début des épreuves d'entrée et Midoriya se trouvait devant le portail de Yuei. Et si la grandeur devait être représentée par la taille, Yuei était sans aucun doute le premier. L'académie était entourée d'un mur gigantesque et seules les quatre tours qui composaient le bâtiment principal étaient visibles depuis l'extérieur. La porte d'entrée, quant à elle, n'en ressemblait pas à une – c'était plus un gros trou qu'un portail. Mais il était possible d'observer un renforcement à l'intérieur du mur autour de la porte et Midoriya me doutait pas qu'en cas de visiteurs indésirables, le trou était bouché et formait une barrière impénétrable.

Izuku prit une inspiration – pas question de reculer – et traversa. Ses jambes tremblaient, il avait le trac et il était sans doute la seule personne sans individualité à tenter le concours. Les étudiants qui l'entouraient semblaient tous avoir des pouvoirs extraordinaires. Il y avait Kacchan, déjà, et il avait aperçu une fille capable de faire léviter les gens – elle avait aidé une personne avec de long cheveux noirs en l'empêchant de trébucher après que Kacchan l'ait poussée – d'autres aspirants héros avaient des caractéristiques animales – tête d'oiseau, crinière de lion, queue de lézard – et certains possédaient même des affinités avec les éléments – un gars avait créé un coup de vent pour soulever les jupes d'un groupe de filles. Il s'était fait tellement amoché qu'il a dû être emmené d'urgence à l'hôpital.

Mais même s'il était inquiet, Izuku restait déterminé à donner le meilleur de lui-même. Il s'était entraîné pour cet instant depuis qu'il était tout petit et l'entraînement de Tsukauchi avait boosté ses capacités. Échouer à ce niveau mettrait non seulement fin à son rêve, mais réduirait également à néant les efforts et le temps que son tuteur avait sacrifié pour lui. Il ne pouvait pas se permettre cela. Je vais le faire.

Il n'empêche, Midoriya ne pouvait s'empêcher d'avoir la sensation d'être entré dans une arène remplie de carnivores affamés et de se balader avec des morceaux de viande accrochés à la ceinture. Il tremblait tellement qu'il n'était pas sûr de pouvoir marcher sur plus de cinq cents mètres. Mieux vaut éviter Kacchan…

D'après les panneaux indicateurs, les étudiants venus passer le test devaient se regrouper dans l'amphithéâtre, où sera expliqué le déroulement de leurs épreuves. La brochure qui était distribuée à l'entrée de l'école expliquait que chaque tour du bâtiment principal correspondait à un département. L'amphithéâtre vers lequel il se dirigeait était celui réservé aux élèves du département des héros. Là-bas se tenaient la majorité des conférences et lorsqu'ils avaient lieu, des cours en commun. L'endroit avait été foulé par une quantité de héros inimaginable !

Lorsqu'il arriva dans l'amphithéâtre, la majorité des sièges étaient déjà occupés et ceux restant étaient éparpillés dans les nombreuses rangées. Bien décidé à éviter Kacchan – Izuku doutait que Kacchan se mettant à crier sur les toits qu'il ne possédait aucune individualité l'avantage beaucoup – il se dirigea le plus discrètement possible vers le côté opposé. Remarquant qu'il faisait partie des derniers à chercher une place pour s'installer, Midoriya se dirigea vers un siège sans prendre garde à ses voisins.

C'était peut-être pour cela qu'il se retrouva assis à côté de deux types muets comme des tombes et dont l'aura envoyait des vagues meurtrières dans toutes les directions – y compris la sienne. Quel bel augure pour la journée à venir !

L'identité de la personne sur sa gauche n'était pas difficile à deviner. C'était un jeune garçon de son âge, dont les cheveux séparaient nettement son visage de manière symétrique : blanc sur la droite, rouge sur la gauche. Il ne pouvait pas la voir de là où il se trouvait, mais il y avait fort à parier qu'une brûlure marrait le côté gauche de son visage. Même s'il n'avait pas encore agit aux côtés des héros professionnels, cette personne avait déjà été présentée par plusieurs interviews. Todoroki Shouto, fils de Endeavor, était considéré par beaucoup comme l'enfant le plus prometteur de la nouvelle génération. On disait de lui qu'il avait hérité des meilleurs atouts des individualités de ses parents.

Par contre, la personne sur sa droite lui était inconnue, malgré l'aura de danger qu'elle émettait. C'était un garçon aux airs négligé, dont les larges cernes soulignant la fatigue ressortaient sous les reflets bleus électriques de ses cheveux. Contrairement à Todoroki qui diffusait un air glacial cette personne donnait une impression d'agressivité passive et d'indifférence totale. Quelles que soient leurs attitudes, les deux semblaient intouchables et Midoriya, malgré toute son envie de commencer une conversation avec deux personnes qui avaient l'air extraordinaires, ne pouvait s'y résoudre. Il avait l'impression que même s'il essayait de parler, aucun son ne sortirait tant la pression qui entourait les deux était écrasante. Mais j'ai survécu à pire lors de mon entraînement ! Et ce n'est pas comme s'ils allaient me tuer pour avoir essayé de le parler ! Je n'aurais peut-être plus jamais de chance comme celle-là. Avant de pouvoir se laisser le temps de changer d'avis, Izuku ouvrit la bouche pour prendre la parole.

« H-hm... »

Seulement pour être coupé par le cri strident d'un héros – leur maître de conférence – qui venait de monter sur scène. Si ses deux interlocuteurs avaient remarqué sa tentative pour prendre la parole, ils n'en montrèrent rien. Malgré tout, Izuku oublia vite sa déception lorsqu'il remarqua que celui qui les guiderait lors de leurs épreuves n'était autre que Present Mic. Le fait que Yuei soit capable de réquisitionner un héros aussi connu pour s'occuper d'un groupe d'enfants était tout bonnement incroyable et démontrait encore une fois le niveau imposant de cette école. Il était tellement excité par cette apparition – c'était un de ses héros favoris – qu'il retourna sans s'en apercevoir à ses marmonnements habituels, ce qui lui valut le regard surpris d'un bon nombre de ses voisins.

Il fut sorti de ses pensées par la voix puissante de Present Mic qui essayait de mettre de l'ambiance dans la salle. Un ange passa et Midoriya s'obligea à retenir un petit rire face à la scène pour le moins étrange. Il pouvait comprendre, cependant : les élèves, lui compris, étaient tous bien trop tendus pour réagir de manière positive à un tel spectacle.

Present Mic partit alors sans plus tarder dans l'explication de l'épreuve qui les attendait. Midoriya avait sorti le cahier qu'il avait apporté avec lui et commença à prendre des notes et à dresser des champs de bataille, marmonnant dans sa barbe. Ce qui était attendu d'eux était plutôt simple. Ils allaient être divisés en groupes et emmenés sur les différents terrains d'entraînement du lycée. Là-bas, tous seraient soumis à la même épreuve, à savoir tuer le plus grand nombre d'ennemis possible pour marquer le plus de points. Selon le rang et la difficulté de chaque adversaire, le nombre de points marqué était plus ou moins important. Aussi, il existait d'après la brochure des ennemis qui, malgré leur puissance supérieure aux autres méchants, ne valaient aucun point. À première vue, c'était le genre d'ennemi qu'il valait mieux faire ou éviter, cependant, cela ne correspond pas à l'attitude attendue de la part de héros : quel héros digne de ce nom fuyait la bataille lorsque celle-ci se compliquait ? Il y avait donc un autre objectif caché derrière cela, mais Midoriya avait beau se creuser la tête, il ne parvenait pas à le déterminer…

Il fut abruptement tiré hors de son analyse par l'intervention d'un élève qui le réprimanda vertement sur son inattention. Les paroles étaient blessantes, mais Midoriya pouvait difficilement les nier et il se rassit le plus silencieusement possible – il s'était levé par réflexe lorsqu'on l'avait interpellé – et prêta une attention double à la conférence qui se tenait devant lui. Cependant, peu d'informations de valeur furent ajoutées et une dizaine de minutes plus tard, Present Mic leur ordonna d'aller se changer – ils avaient le droit de prendre avec eux tout l'équipement qu'ils souhaitaient, à condition que cela reste légal – et de monter dans le numéro de bus qui leur sera attribué.

Midoriya attendit d'être sûr que le héros aux cordes vocales ait fini son speech pour se lever brusquement et s'incliner face à ses deux voisins. Conscient que la plupart des personnes environnantes l'observaient, il rougit férocement, mais se força à continuer ce qu'il avait commencé.

« J-je… » Il prit une inspiration et stabilisa sa voix pour ne pas paraître plus ridicule qu'il ne l'était déjà. « Je suis profondément désolé si mon comportement vous a été d'une quelconque gêne lors de cette conférence ! » Midoriya était conscient qu'il avait probablement tout lâché d'un coup et sans doute un peu plus fort que nécessaire, mais parler ainsi en public n'avait jamais été son fort. Toujours honteux, il ne se permit pas de lever la tête tant qu'il n'aurait pas obtenu une réponse de ses interlocuteurs. Le silence parut s'éterniser quelques instants, mais une voix prit la parole. Sur ma gauche, Todoroki donc.

« C'est bon, ne t'inquiète pas pour cela. » Midoriya releva timidement la tête. Il remarqua du coin de l'œil que l'autre garçon était maintenant bien avancé vers la sortie. Il ne détacha malgré tout pas son regard de son interlocuteur : il avait été suffisamment impoli pour la semaine complète. Todoroki sembla hésiter un instant, puis se décida à rajouter quelque chose. « De toutes manières, il n'a fait que répéter ce qui se trouvait sur la brochure… »

Sur ces mots, le jeune homme fit demi-tour et rejoint le flux de personnes qui se dirigeaient vers les vestiaires. Midoriya le regarda s'éloigner, l'air songeur. Le peu de mots échangés ne l'avait pas rendu moins imposant ou moins effrayant, cependant… Il est peut-être plus gentil qu'il ne s'en donne l'air. Remarquant qu'il faisait encore une fois partie des derniers, il se dépêcha de ramasser son sac et de se diriger vers les vestiaires.

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Mais à quel point Yuei est-elle riche ?

Midoriya se trouvait devant le terrain d'entraînement E et c'était tout bonnement immense. Si le terrain était nommé 'E', cela signifiait qu'il y en avait au moins quatre autres, probablement dans les mêmes proportions. Est-ce que tout dans cette académie était aussi démesuré ? Autour de lui, les chuchotements allaient bon train et tous se trouvaient dans le même état d'extase que lui. Yuei est vraiment quelque chose.

En observant les autres participants de son groupe, il remarqua que tous portaient un costume singulier, contrairement à lui qui avait revêtu son uniforme scolaire. Sans doutes avaient-ils des équipements adaptés à leur individualité. Lui n'avait apporté que deux couteaux. Pas parce qu'il savait utiliser les deux en même temps, non, mais dans le cas où il en perdait un pour ne pas se retrouver désarmé. Je suis sans aucun doute le plus faible d'entre eux.

Silencieusement, il repassa ses plans en revue. Durant le trajet en bus pour atteindre le complexe, il avait étudié les caractéristiques des méchants qu'ils allaient devoir affronter. Bien sûr, il ne connaissait pas leur véritable nature et il se devait donc de laisser une large place à l'improvisation. Néanmoins, il avait mis en place certaines stratégies face à chaque type d'ennemi. Par exemple, il était dit dans la brochure que les ennemis à un point étaient rapides mais fragiles. Cela signifiait sans doute que leurs points vitaux seront laissés exposés. La question de rapidité posait cependant problème, car s'il échouait à donner le premier coup ou si celui-ci ne mettait pas son adversaire hors-jeu, alors il serait probablement à la merci de son opposant. D'un autre côté, les adversaires à deux points étaient caractérisés de 'blindés'. Ce terme pouvait signifier une très grande résistance aux attaques physiques ou une grande puissance de frappe. Par contre, il y avait de fortes chances pour que cette 'carapace' les empêchent de se déplacer rapidement. Le mieux avec ce genre d'adversaires était de ne pas s'engager au corps à corps mais plutôt d'observer jusqu'à découvrir sa faiblesse – il y en avait toujours une, nul n'était parfait. Une fois fait, attaquer par derrière afin de prendre l'adversaire par surprise et lui enlever toute chance de répliquer était le meilleur moyen de terminer le combat en prenant le moins de risques possible. Enfin, les ennemis à trois points. Ils étaient les plus dangereux de tous, étant 'polyvalents'. Cela signifiait qu'ils étaient aussi bons en attaque qu'en défense. Contre ce genre d'ennemi, il n'existait pas de plan infaillible et le meilleur moyen de s'en sortir était souvent d'utiliser le terrain à son avantage pour retourner la situation. Évidemment, il restait toujours la problématique de l'ennemi à zéro point. Quel était son utilité ? Malgré tous ses efforts, il n'avait pu trouver de réponse satisfaisante et cela laissait avec une trop grande part d'inconnu dans ses plans pour qu'il se sente confiant. Même si je ne suis pas sûr de me sentir mieux si la situation était différente…

Ses yeux se levèrent sur la ville reconstituée qui se tenait face à lui. Si le test se passait là-dedans, alors l'entraînement prodigué par Tsukauchi se révélera incroyablement utile. Pas que j'en ai jamais douté, de toute manière.

« C'EST PARTI ! » La voix tonitruante sorti tout le monde de ses pensées et pendant un instant nul ne sut quoi faire. Present Mic fut obligé de les rappeler à l'ordre, grondeur même si légèrement amusé. « C'est quoi le problème ? Il n'y a pas de compte à rebours dans une vraie bataille ! Courrez ! Courrez ! »

Il y eut un instant de flottement, puis tous les participants se ruèrent vers l'entrée de la ville. Tous, sauf Midoriya qui resta en arrière, abasourdi. Il ne reprit ses esprits que quelques secondes plus tard mais la différence était déjà de taille. Alors que lui courait pour atteindre l'entrée du complexe, les autres participants étaient déjà en train de compter leurs points. Dans une compétition telle que celle-ci où il n'y avait que quarante places pour plusieurs centaines de participants, chaque seconde était importante.

Enfin, Izuku passa les portes de la ville. Il ralentit le pas un instant. Il pouvait se diriger vers là où semblaient se trouver les principaux lieux de combats, mais la concurrence y sera rude et avec son niveau, il lui sera impossible de gagner suffisamment de points pour se démarquer.

C'est alors qu'il était en train de rechercher une solution à ce problème que son premier ennemi apparut devant ses yeux. Midoriya enregistra à peine le fait que c'était un niveau un ou que son adversaire venait d'affirmer qu'il allait le tuer. Non, tout ce qu'il pouvait penser était 'C'est un robot ! Les méchants sont des robots !'

La seule raison pour laquelle il fut capable d'éviter le tir du niveau un était due aux réflexes durement acquis lors de son entraînement avec Tsukauchi. En un instant, il roula sur le côté. Ses pensées se mirent en pause et son cerveau se concentra sur son adversaire. Comme il l'avait deviné, les parties vitales du robot étaient à découvert et la plupart des circuits électroniques les plus importants se situaient près de sa tête, à un endroit où il n'y avait pas de cuirasse. D'un autre côté, il avait perdu son avantage en laissant le robot lui porter le premier coup. Il n'avait plus le choix : pour le battre, il lui faudra surpasser sa vitesse.

Le robot semblant prêt à tirer à nouveau, Midoriya se déplaça de manière à se retrouver derrière lui. Celui-ci ayant perdu sa cible, et n'étant au final qu'un ensemble de capteurs de tous types, commença à s'éloigner vers les lieux de la bataille principale. Izuku profita de cette ouverture pour sauter sur son dos, couteau déployé, et trancher les fils qui reliaient son corps à sa tête. La machine tomba au sol, inerte. Midoriya se releva.

Et bien, c'est un sacré retournement de situation !

Il devait réfléchir sur la marche à suivre et vite. D'un côté, la présence de robots plutôt que d'humains facilitait ses combats, car contrairement aux êtres-vivants qui possèdent bon sens, instincts de survie et capacité de décisions, les machines ne pouvaient que se reposer sur leurs capteurs et leurs programmes, qui étaient bien moins fiables. Par exemple, dans la bataille précédente, un humain aurait su immédiatement qu'il s'était déplacé derrière lui, alors que le robot ignora la menace car il était hors du champ de détection de ses capteurs. Mais d'un autre côté, la présence de machines signifiait qu'il y avait quelqu'un dans ce complexe, un humain probablement, qui choisissait qui envoyer, où et quand. Cet adversaire constituait une menace dangereuse qui ne pouvait être ignorée. Même s'il ne faisait pas partie des cibles à points, l'arrêter permettra de terminer la partie avec une victoire de la part des héros.

Et puis, coupe la tête de l'araignée, et le corps tombera…

Sa décision prise, Izuku entreprit de localiser la personne qui se trouvait à la tête de tout cela. Un coup d'œil au chronomètre géant lui annonça que près du tiers du temps était écoulé et qu'il ne lui restait plus que sept minutes pour mener sa tâche à bien.

La personne à l'origine de tout cela était l'équivalent du joueur adverse sur un plateau d'échec : il avait besoin d'une vue d'ensemble pour choisir où poser ses pions au mieux. Il devait savoir où chaque combat avait lieu et quels étaient les pions engagés à chaque instant.

Une vue d'ensemble… Un point surélevé !

Malheureusement, c'était la reproduction d'une ville et elle était parsemée de buildings. Trois d'entre eux retenir son attention, par leur légèrement supérieur aux autres. Grimpant sur les toits, il se mit à courir dans leur direction.

Deux des tours étaient rondes, alors que la dernière avait une forme carrée. Izuku raya rapidement celle-là de sa liste car un espace rond permettait une meilleure vue panoramique et donc un meilleur visuel sur les combats. Cela lui laissait donc deux tours. Laquelle était la bonne ?

Six minutes.

La tour de gauche semblait légèrement plus élevée que celle de droite et pendant un instant, Midoriya fut tenté de se diriger vers celle-là. Mais cette tour se trouvait plus éloignée des combats que l'autre, ce qui était clairement à son désavantage. Quel intérêt de voir loin lorsque tout ce dont on a besoin est de regarder ce qui se passe à ses pieds ? Izuku fit son choix. C'était un pari risqué, avec une chance sur deux de réussir mais cela ne l'avait jamais arrêté auparavant. Il bifurqua vers la tour de droite.

Cinq minutes.

L'avantage d'avancer par les toits alors que les combats se passent au sol, c'est que l'on ne rencontre pas d'adversaires pouvant nous ralentir. L'inconvénient, c'est qu'il n'avait qu'un unique point et que si sa théorie était fausse, il était bon pour le lycée de secteur, département général.

Quatre minutes.

Enfin, il était arrivé au pied de la tour. Elle était immense et il doutait pouvoir arriver au dernier étage à temps. Sans perdre une seconde, il entra dans le bâtiment et se dirigea vers les escaliers.

Trois minutes.

Moins de la moitié des étages parcourus. Il accéléra le rythme, malgré son épuisement déjà important.

Deux minutes.

Trois étages, deux, un. Ouverture de la porte à pleine volée et mince, s'il y a un ennemi, je viens juste de lui indiquer ma présence. Mais pas un bruit, juste sa respiration essoufflée et ses battements de cœur affolés. Sans attendre, Midoriya avança dans la pièce, à la recherche du moindre signe, de la moindre chose qui puisse valider sa théorie. Elle était vide. Entièrement et complètement vide.

S'il vous plaît, faîtes que j'ai raison , s'il-vous-plaît s'il-vous-plaît, s'il-vous-plaît !

Une minute.

Un début de panique se fit sentir chez Midoriya. Proche des larmes mais refusant de les laisser couler, ses yeux se posèrent sur un petit bureau, caché à l'intérieur d'un renfoncement. À cet instant, le ridicule de la situation et le soulagement éprouvé failli le faire éclater de rire hystériquement. Tu parles d'un boss de fin !

Quarante secondes.

À toute vitesse il s'élança vers le bureau et prit place devant un ordinateur. Laissant sortir un petit rire, il se saisit de la souris…

Trente secondes.

… et cliqua sur le gros bouton rouge souligné des mots 'fin de la partie'.

Quelques secondes plus tard, la voix de Present Mic retenti sur le plateau. « Le test est terminé ! »

Est-ce que j'ai réussi ? Ou bien ai-je échoué ?

Ce qu'il ignorait, c'est que durant les trente dernières secondes de l'examen, tous les automates s'étaient arrêtés, évitant ainsi à une jeune fille de se faire écraser par l'énorme robot qui avait pris le contrôle du champ de bataille.

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Deux jours après, Midoriya se trouvait à nouveau devant la grille de l'académie pour passer son concours écrit. Ces trois jours d'attente avaient été un véritable enfer, avec Kacchan pour maître des lieux. Si celui-ci avait été plus furieux que jamais lorsqu'il avait découvert qu'Izuku avait participé au concours malgré ses avertissements – ils ne s'étaient pas croisés lors de l'épreuve – il fut fou de joie en apprenant que Deku n'avait tué qu'une seule cible – 'Même un vieillard sans individualité aurait fait mieux !' – et le harcèlement avait reprit à pleine puissance.

Cela avait été également deux jours où il ne put s'empêcher de se demander comment est-ce qu'il allait pouvoir annoncer un tel échec à Tsukauchi. Car cela était bel et bien un échec : il était inconcevable qu'il réussisse ce concours avec uniquement 1/100 dans la partie pratique. Même s'il marquait un score parfait à l'écrit, avoir la moyenne ne suffira pas en raison du nombre de participants, bien supérieur au nombre de places disponibles. Est-ce que passer l'écrit en vaut seulement le coup ?

Malgré tout... Malgré tout, il ne pouvait s'empêcher d'espérer – futile, idiot, vain.

Et si sa dernière action avait fonctionné ? Et s'il y avait la moindre chance qu'appuyer sur ce bouton ait eu un quelconque effet ? Les points gagnés n'avaient pas été révélés alors il ne savait pas quel score il avait réellement marqué. Il était sorti du complexe en dernier, alors il n'avait pas pu parler avec les autres participants non plus : il n'avait aucune idée de ce qui s'était passé sur le champ de bataille une fois qu'il était entré dans la tour. Il avait hésité à aller faire un tour sur les réseaux sociaux pour voir si quelqu'un avait posté ses impressions, mais la probabilité que cela lui mine le moral et influence son épreuve écrite était bien trop importante pour prendre le risque. Il voulait donner le meilleur de lui-même.

En ces raisons, Izuku se présenta pour le test écrit. À nouveau, ils furent conduits à l'intérieur de l'amphithéâtre et séparés en groupes. Le nombre de participants avait drastiquement diminué, sans doute pour les mêmes raisons qui l'avaient poussé à hésiter et ils étaient passés de plusieurs centaines aux environs de deux cents. Cela signifie que seul le cinquième d'entre nous sera accepté.

Present Mic, qui était toujours leur animateur, leur expliqua que cette épreuve avait été divisée en deux parties, une pour la matinée et l'autre pour l'après-midi. La première épreuve consistait en un test de connaissances générales, telles que les mathématiques où la grammaire – on pouvait difficilement permettre à une personne sans aucune éducation de représenter l'élite des héros. Le deuxième test est particulier à l'académie de Yuei et évoluait chaque année. Plus d'indications seraient données lorsque l'épreuve commencera. À l'entente de cette annonce, les élèves s'étaient tous agités, inquiet à l'idée de passer un examen pour lequel ils n'étaient pas préparés. La personne qui l'avait réprimandé lors de la conférence précédente avait alors dit quelque chose dans les lignes de 'Les héros se doivent d'être préparés à l'inattendu.' Cette annonce avait eu le don de calmer une grande majorité des participants et une fois le silence revenu, chaque groupe avait été emmené dans sa salle d'examen.

La première épreuve dura cinq heures – 8h00 à 13h00 – et Izuku considérait avoir plutôt bien réussi. L'examen avait été dur, digne du niveau d'un lycée comme celui de Yuei et il avait fait des erreurs, notamment au niveau de la partie 'langues étrangères', mais il était quasiment sûr d'avoir eu une bonne majorité des réponses correctes.

À la sortie de l'épreuve, il leurs avait été donné trois-quart d'heure pour manger. Le repas avait été stressant et le principal sujet de discussion entre les participants était la mystérieuse épreuve de cet après-midi. Tous avaient reçu un sac de pique-nique, composé d'un sandwich, une boisson et un fruit et ils avaient ensuite été dirigés vers la cour où ils avaient été libérés. Rapidement, des groupes d'élèves s'étaient formés et ils s'étaient tous dispersés. Midoriya était resté seul, abandonné à l'entrée.

Pendant un instant, Izuku considéra l'idée de rejoindre Kacchan et de manger avec lui, afin de ne pas rester seul. Cependant, les traitements qu'il avait reçus ces derniers jours le firent vite changer d'avis et il se mit à tourner la tête de gauche à droite dans l'espoir de trouver une place où s'installer. Il y avait plusieurs groupes de personnes qui avaient l'air assez amicaux, mais ils avaient l'air de se connaître depuis longtemps et Midoriya ne voulait pas déranger. D'autres groupes avaient l'air de s'être créés sur le moment, sans doute entre des personnes qui étaient dans le même groupe d'examen. Ces groupes-là étaient probablement plus facile à intégrer, mais l'ambiance y avait l'air tendue et en ce moment, Izuku n'avait vraiment, vraiment pas besoin de cela.

Laissant ses yeux se promener sur les différents groupes, Midoriya en remarqua un ou l'atmosphère semblait plus légère. C'était un petit groupe de trois et il pouvait reconnaître les deux filles qu'il avait remarquées le jour du premier test – celle qui avait failli trébucher et celle qui l'avait retenue. Elles avaient l'air gentilles et Midoriya s'apprêtait à avancer dans leur direction lorsqu'il reconnut la troisième personne. Il se figea net. C'était le garçon qui l'avait repris lors de la conférence et il faisait peur. Midoriya ne voulait pas manger seul, et les deux filles avaient l'air d'être une compagnie agréable, mais il était sûr que s'il mangeait avec eux il serait tellement tendu à cause de la présence de l'autre garçon qu'il serait incapable d'avaler la moindre miette.

Laissant passer un soupir de déception, il se résolut à manger seul et s'avança vers un coin reculé de la cour pour ne pas avoir à être dans la ligne de mire des autres participants – si Kacchan le voyait, il n'entendrait jamais la fin de cette histoire et il préférait éviter les ennuis inutiles.

À sa surprise, l'endroit laissait place à un petit carré d'herbe qui n'était pas visible depuis l'entrée. L'idée de pique-niquer dans l'herbe était agréable et il s'apprêtait à s'asseoir lorsqu'il remarqua que le coin était déjà occupé. La personne était seule et de là où il était, Izuku n'eut aucun problème à reconnaître Todoroki. Est-ce que ses cheveux sont naturels ? C'est tellement cliché…

Midoriya commença à s'agiter, ne sachant s'il devait continuer son action et commencer à manger comme si de rien était, s'il défilait demander l'autorisation de l'occupant déjà présent ou s'il devait essayer de partir avant d'être repéré. Son agitation ne devait pas être vraiment très discrète car le garçon releva immédiatement la tête de son repas et fixa ses yeux sur Midoriya, un air légèrement surpris sur le visage. Je suppose que partir maintenant serait vraiment malpoli… Décidant que l'ignorer était tout autant malpoli, Izuku entreprit d'initier la conversation.

« B-bonjour ! » Midoriya sentit ses joues devenir rouges de honte pour avoir bégayé devant quelqu'un d'aussi impressionnant. Todoroki ne sembla pas s'en préoccuper et continua juste de le fixer. Décidant de prendre cela comme une indication pour continuer, Midoriya se lança. « Est-ce que je pourrais m'asseoir ici ? »

Todoroki n'affichait pas de réaction visible et Izuku ne voulait qu'une seule chose, baisser les yeux et partir le plus vite possible. Mais cela serait lâche et il comptait devenir un héros : il n'allait pas fuir devant un garçon de son âge – Kacchan est bien pire.

En guise de réponse, Todoroki hocha la tête et retourna à son repas, ignorant totalement Izuku. Un peu surpris par son accord – le visage du garçon donnait plus l'impression qu'il allait lui dire de dégager que de rester – il s'assit dans l'herbe, pas totalement dos à l'autre, mais pas face à face ce non plus, et commença son propre sandwich.

Le silence n'était pas pesant, mais il n'était pas agréable non plus. Midoriya était légèrement mal à l'aise, mais réussi à avaler tout son repas malgré le stress et la tension. Sur la pause de quarante-cinq minutes autorisée, vingt minutes s'étaient écoulées et s'il n'occupait pas son cerveau maintenant il allait devenir fou à essayer de prévoir l'épreuve suivante. Il fallait qu'il se trouve une distraction avant de perdre la raison. Il prit son courage à deux mains et se tourna de façon à faire face à Todoroki.

« Je… Je m'appelle Midoriya Izuku ! » lâcha Midoriya d'une seule traite. Visiblement, son interlocuteur ne s'y attendait pas, car il leva la tête si rapidement qu'Izuku cru qu'elle allait craquer. Midoriya grimaça intérieurement. Pas le meilleur moyen de commencer une conversation…

Pendant un moment, le garçon face à lui ne dit rien. Midoriya commençait à penser qu'il allait décider de l'ignorer lorsqu'il hocha la tête, son visage à nouveau impassible. « Todoroki Shouto. » Sa voix était calme et Izuku se demanda distraitement s'il était normal que lui soit autant stressé par la situation.

Son interlocuteur continua à le fixer dans les yeux et Midoriya se creusa les méninges à toute vitesse pour trouver un sujet de conversation. « H-hm… » Le regard impénétrable qui ne le lâchait pas ne l'aidait pas beaucoup, non plus. Izuku combattit le besoin urgent de baisser les yeux. Il sortit la première chose qui lui vint à l'esprit. « Comment est-ce que tu t'en sors ? L'examen, je veux dire ! » Bravo, très clair, Midoriya.

Même si son visage resta impassible, Izuku eut la sensation que ce qu'il avait demandé n'avait pas été une question à laquelle Todoroki s'attendait. Ce dernier lui jetait d'ailleurs un regard suspicieux. « Je me débrouille. » Sec, mais au moins il avait répondu. Vu qu'il n'avait pas retourné la question, cela pouvait signifier que a) il se fichait complètement de la réponse ou b) il voulait que cette conversation se termine le plus rapidement possible. Sauf qu'Izuku avait été habitué à pire que cela avec Kacchan et qu'il n'allait pas abandonner.

« C'est vrai ? C'est impressionnant ! Les tests pratique était vraiment difficile ! Il y a certains moments où j'ai vraiment cru que j'allais mourir ! » Pas de réaction, mais il s'y attendait. Après tout, Todoroki était le fils du No.2 national alors il avait sans doute reçu des conseils à appliquer dans ce genre de situation. L'épreuve avait sans doute été plus facile pour lui que pour les autres. Todoroki est vraiment incroyable ! « L'écrit était dur, lui aussi ! Les exercices étaient du même genre que ceux qu'on a au collège, mais les questions étaient bien plus complexes. Les problèmes de maths, surtout, étaient très peu guidés et il était facile de partir dans la mauvaise direction… » Trop emporté par ses explications sur les différents pièges de l'examen écrit, Midoriya ne se rendit pas compte qu'il parlait à nouveau dans sa barbe ni que Todoroki avait haussé un sourcil amusé face à son étrange habitude. Il le laissa le divertir quelque temps avant de prendre la parole, le coupant sur une explication avancée sur la difficulté de l'examen en langues étrangères.

« Midoriya. » Surpris d'entendre son nom, Izuku se coupa net dans son explication. L'expression qu'il y avait sur son visage devait être assez comique car un des coins de la bouche de Todoroki tiqua et ses yeux portaient une lueur amusée. Il m'a parlé ! « Tu avais recommencé. » Il ne précisa pas ce qu'il avait recommencé alors Midoriya mit quelque temps pour comprendre ce à quoi il faisait référence. Ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'il réalisa qu'il avait repris son marmonnement et les traits de son visage se tordirent en une grimace horrifiée. Il se souvient de la réunion d'entrée ?! Il ouvrit la bouche pour se répandre en excuses mais Todoroki le prit de vitesse. « À ton avis, que va être l'examen de cet après-midi ? »

La grimace horrifiée se transforma en un air choqué avant de devenir un large sourire. Todoroki attendit patiemment qu'Izuku réponde à sa question. « Et bien… » Midoriya prit son temps pour réunir ses pensées. Il avait fait suffisamment d'explications décousues jusqu'à maintenant. « Pour l'instant, on a passé un test pratique qui évaluait nos capacités à faire face au danger dans des situations réelles. Ensuite, le premier test écrit évaluait nos connaissances scolaires. Je suppose qu'il ne serait pas de bonne image si un héros qui représente le pays n'est pas capable de parler correctement japonais. » À cette idée, Izuku lâcha un petit rire, avant d'afficher une expression sérieuse. « Cependant, je trouve cela dommage, car je suis sûr qu'il existe des personnes qui feraient d'excellents héros et qui se retrouve bloquées juste parce qu'elles n'ont pas reçu une éducation adaptée. » Les yeux de Todoroki flashèrent une lueur étrange et pendant un moment, Izuku fut certain de l'avoir offensé et qu'il allait se mettre en colère. Il n'en fut rien et son interlocuteur inclina la tête pour lui demander de continuer. Midoriya hésita, mais fit comme demandé. « Donc jusqu'à maintenant, ils ont évalué nos connaissances de base et nos capacités sur le champ de bataille – perspicacité, agilité, jugement, capacité de combat… Je ne pense pas que le système de points qui a été mis en place représente l'ensemble de la note, cela serait bien trop primaire. Il y avait sans doute des examinateurs qui nous observaient et qui ont noté nos aptitudes selon certains critères. » Les idées lui venaient au fur et à mesure qu'il parlait et Izuku se donna un moment pour réfléchir. « Cependant, il me semble impossible qu'ils aient pu saisir tout notre potentiel en un seul test. D'autant plus que celui-ci ne représentait qu'une seule situation et qu'il en existe plein d'autres qui demandent des compétences particulières que l'on n'a pas pu montrer lors de ce test. » Midoriya fit une pause, hésitant à donner son avis. Il se trompait probablement, de toute manière, et il ne voulait pas avoir l'air d'un idiot devant quelqu'un d'aussi impressionnant que Todoroki Shouto. Ce dernier leva un sourcil interrogateur lorsqu'il remarqua que Midoriya ne semblait pas vouloir continuer. Izuku se mit à balbutier. « Je-je me trompe sûrement… Je veux dire, la probabilité pour que j'ai raison est très faible et de toute manière j'ai sans doute tort, mais… » Il inspira. « Je pense qu'ils vont utiliser ce test pour complémenter leurs données… » Il n'eut pas le temps d'expliquer ce qu'il entendait par là car Present Mic était réapparu et leur demandait de se regrouper afin de pouvoir commencer le deuxième examen écrit. Izuku fit surpris : le temps était passé rapidement et la conversation avait été relativement agréable, même si pas tout à fait reposante.

Todoroki se leva et se dirigea vers l'animateur. Il le salua d'un signe de tête. « On va découvrir si tu as visé juste. » Midoriya fut laissé bouche bée et eut besoin de quelques secondes pour se reprendre et rejoindre les groupes qui se formaient.

Todoroki est une personne plutôt sympa, je suppose, mais il est vraiment intimidant.

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Finalement, Izuku n'avait pas été très loin de la vérité. Le deuxième examen écrit avait duré quatre heures et avait constitué en une série de dix problèmes – chacun sur dix points.

Chacun de ces problèmes décrivait une situation et l'élève devait proposer et expliquer une solution. Il devait prendre en compte les avantages et les inconvénients, indiquer les limites de sa solution, annoncer les difficultés majeures et les problèmes qui pourraient être rencontrés, ainsi qu'un moyen de les surmonter. Midoriya avait littéralement adoré ce test. Cela ressemblait énormément à son propre passe-temps, mais à l'envers. Au lieu d'analyser les combats des héros et d'en déduire leurs points forts et leurs points faibles, il devait choisir les héros les plus adaptés pour répondre à la situation.

Les trois premiers problèmes correspondaient à des situations d'attaques de vilains basiques, même si la difficulté augmentait avec chaque question. L'examinateur ne demandait qu'une seule solution par problème, mais il n'était pas interdit d'en donner plusieurs. Aussi, Midoriya passa une bonne partie de son temps sur ces trois questions, à essayer de trouver quelles étaient les meilleures situations possibles, en prenant en compte les dommages collatéraux, la rapidité d'exécution, les conséquences de chaque action et les limites de chaque individualité des héros qui intervenaient. À part le troisième cas, qui constituait en une prise d'otages, les situations étaient assez banales alors il prit garde à ne pas utiliser des héros surpuissants – comme All Might – au cas où un problème plus grave se déclencherait en même temps.

La moitié du temps s'était écoulé lorsqu'il arriva à la question quatre. Celle-ci, et les deux suivantes, se centrait sur l'étudiant qui répondait au test. À nouveau, trois situations dans lesquelles il faut arrêter un vilain, sauf que cette fois, au lieu de planifier les actions d'un héros quelconque, c'est le participant qui doit l'affronter. Les mêmes données étaient à prendre en compte, mais les méchants étaient nettement plus faible que les trois précédents et les situations plus banales et moins dangereuses. Ces trois questions se révélèrent être extrêmement ardue pour Izuku, car celui-ci ne possédait aucune individualité qui lui permettrait de finir rapidement les combats. Il fut obligé de créer des présupposés – la taille du vilain, sa vitesse, l'environnement dans lequel ils s'affrontaient… – ce qui, il en est conscient, était extrêmement bancal. En effet, il est loin d'être Dieu et en situation réelle, il y a de grandes chances pour que tout ce qu'il a prévu n'arrive pas. Cependant, il ne voyait aucun autre moyen pour faire autrement et finit par rédiger trois réponses les plus complètes possible pour compenser.

Les questions sept et huit correspondaient à des situations de sauvetage en cas de catastrophes. Dans la première, il fallait former une équipe de trois héros afin d'aider des civils qui avaient subit une grosse inondation. Celle-là était plutôt facile car les contraintes étaient évidentes et le danger moindre : c'était avant tout une mission d'aide. La question fut rapidement bouclée et Midoriya passa à la suivante. Cette fois, il y avait eu un tremblement de terre et il fallait que l'élève, accompagné de deux héros professionnels, aide les équipes d'intervention à retrouver les rescapés et à les sortir des décombres. À nouveau, la situation était loin d'être idéale pour lui, mais il réussit à trouver des solutions assez satisfaisantes et s'empressa de les écrire. Malheureusement, l'examinateur leur indiqua que le temps touchait à sa fin et qu'ils leur fallait arrêter d'écrire avant qu'il n'ai pu finir de rédiger la question – sans parler de la neuf et la dix.

Déçu d'avoir été piégé par le manque de temps et de ne pas avoir réussi à terminer le devoir, Izuku posa malgré tout son crayon et sorti de la salle. S'il avait raison et que chaque question était sur dix points, alors il ne pouvait obtenir qu'un maximum de 80/100. Si l'on prenait en compte le fait qu'il n'aurait pas tout juste – c'était impossible – il aurait sans doute autour des 60/100, ce qui était bien trop peu vu qu'il comptait sur cette note pour équilibrer sa performance pratique.

Les larmes menaçaient de tomber et il se dépêcha de rentrer chez lui pour ne pas se mettre à pleurer en public.

Il ne reste plus qu'à annoncer mon échec à Tsukauchi, je suppose.

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Notes de l'auteur :

Merci à toutes ces magnifiques reviews, ainsi qu'à tous ceux qui ont mis ma fic en favori ou ont follow. Cela m'aide et m'encourage à avancer. Merci beaucoup.

À propos des updates... À la rentrée, je vais en prépa, et je ne sais honnêtement pas à quoi m'attendre, ce qui risque de rendre mon rythme de publication légèrement chaotique, au moins pour les trois premiers mois. Je passerai donc à un chapitre toutes les deux semaines pour me laisser le temps de m'adapter, et je m'excuse d'avance si je n'arrive pas à tenir mon planning.

Bon. J'ai fini mes petites déclarations, alors je ne vais pas vous embêter plus longtemps. Merci d'avoir pris le temps de lire ce chapitre et, je l'espère, nous nous reverrons au suivant.