Disclaimer : Je ne suis pas Yamane-sensei, j'écirs cette histoire pour la plaisir, je ne reçois rien.

Merci pour vos reviews ! Vous êtes trop gentilles ! Et merci pour vos remarques ! Je vais tenter d'en faire plus niveau dialogues ! Promis !


Flammes dans la nuit


- Tu m'as observé toute la soirée ? D'ailleurs, cette soirée, c'était ton idée ?

Asami sourit doucement : Akihito n'avait pas perdu sa verve pendant ces dix ans, bien au contraire, il avait gagné en mordant et en cynisme, d'après ce qu'il avait vu au cours de la soirée. Il avait toujours adoré cet aspect chez Akihito, son courage et sa bravoure, son obstination et sa ténacité, une fois qu'il avait une idée en tête, impossible de l'en défaire, comme toujours. Comme rester loin de lui pendant dix longues années, trop longues à son goût. Attendre. C'était une notion qui était étrangère à Asami Ryûichi, il était tellement habitué à ce qu'on l'attende lui, qu'il lui avait paru impensable de patienter.

- Akihito, pourquoi devrais-je organiser une soirée en ton honneur ? Je t'aurais invité à dîner autre part qu'ici. Il se trouve juste que les organisateurs ont eu la bonne idée de louer la salle de conférence et la salle de réception d'un de mes hôtels.

En gros, il avait effectué une donation importante aux organisateurs de la soirée. Akihito en leva presque les yeux au ciel, rien n'avait vraiment changé de ce côté-là. A part quelques cheveux gris sur les tempes de l'homme, renforçant son côté aristocratique, qu'Akihito effleurait inconsciemment de ses doigts. Il était littéralement absorbé par la vision qu'il avait devant lui, avant de le voir, il n'avait pas réalisé à quel point l'homme lui avait manqué, que ce soit son corps, con coeur, son mental, il avait besoin de sa présence tout autour de lui. Impossible de lui résister. De tous points de vue.

- Alors pourquoi ?

Asami passa un bras autour de la taille d'Akihito, lui aussi incapable de résister à la tentation qui s'offrait à lui, il avait tellement désiré le corps du jeune homme, avait senti son coeur se briser en mille morceaux quand il avait quitté son appartement dix ans auparavant, s'était langui de sa présence, se sentant vidé de toutes ses forces. Pour une fois, il s'était senti vulnérable au point de vouloir tout briser sur son passage, de vouloir s'assurer que tout le monde le craignait effectivement. Ou alors, avait-il eu peur que son amour ne lui revienne pas ? Avait-il réalisé à quel point Akihito comptait vraiment pour lui ? Il n'en savait rien. Toujours est-il que ses propres subordonnés avaient noté qu'il s'était renfermé sur lui-même, mettant encore plus de distance avec les autres qu' avant de rencontrer Akihito. Rien n'était plus comme avant.

- Je pense que tu comprends très bien pourquoi.

Akihito s'était pressé contre lui, caressant toujours ses cheveux paresseusement, lascivement, suavement, comme pour savourer le moment présent encore plus intensément. Il posa ensuite ses deux mains autour du visage de son ancien amant, et très certainement futur, son regard doré qui pouvait décider en un instant le droit de vie et de mort sur un individu, quiconque se trouvant dans sa ligne de mire, trouvait le trépas quelques instants à peine après. Ce regard teinté de désir, un feu qui ne s'enflammait qu'avec Akihito, et uniquement lui, dès l'instant où ses yeux avaient fixé le jeune journaliste, il avait décidé d'en faire sa proie...

- Vraiment ?

Akihito avait posé sa tête sur l'épaule du yakuza, tellement réconfortante, tellement puissante qu'elle pouvait vous briser en une seconde, mais pas lui, il lui avait offert cette épaule, pour la réconforter au moment des coups durs, pour lui offrir son corps, son amour. Une épaule dont il avait regretté l'absence pendant ces dix longues années. Il serait toujours un peu faible face à lui, décidément. Il secoua sa tête, le visage souriant, le regard bleu pétillant de joie et de malice... Asami caressait ses bras, devenus durs comme l'acier, mais qui jamais ne tordraient son cou.

- Tu veux jouer à ça ? Avec moi ?

Asami savourait le retour d'Akihito de toutes les fibres de son corps, de son être, toute son âme vibrait en diapason avec ce corps devenu si fort avec le temps, l'entrainement intense auquel Akihito s'était soumis, l'expérience, la maturité, un passage à l'âge adulte, rendait Akihito encore plus appétissant d'avant son départ. Il adorait un défi quand il se présentait à lui, et Akihito lui offrait ce qu'il désirait le plus chez les autres... Une épreuve à remporter...Il n'avait jamais imaginé à quel point le revoir serait sa plus grand épreuve. Lui Asami Ryûichi... Eprouver de la peur ? Absurde et pourtant vrai.

- Attrape-moi si tu peux, Ryûichi.

Et le blond se défit de son étreinte avec une élégance qu'Asami lui avait peu connue, ou alors elle était là, présente dans chaque fibre de son corps, ne fleurissant réellement qu'à maturité, et cette maturité s'était tellement fait attendre. Trop. Asami rêvait de voir la personne qu'il avait vue en son jeune protégé, puis amant, et à présent qu'elle se trouvait face à lui, il ne la laisserait certainement pas s'échapper de la sorte. Hélas le plus jeune était déjà loin de lui, trop sans doute, mais Asami se surprit à lui courir après... Voulant l'avoir dans ses bras cette nuit.

- Tu ne perds rien pour attendre.

Le plaisir de la chasse, le désir d'attraper une proie inaccessible, quelqu'un de tellement libre qu'il en devenait insaisissable, tellement courageux que sa flamme ne s'éteignait jamais, tellement superbe qu'il en devenait délectable. Le fauve se lécha les babines et se lança à la poursuite d'un Takaba Akihito plus souriant et malicieux que jamais. Qui l'invitait. En plus. Il parvint aux couloirs et aux ascenceurs, Akihito l'avait envoyé au dernier étage de l'immeuble de luxe. Asami prit l'ascenceur voisin, haletant, et rejoint son cher et tendre au sommet de son hôtel. Il l'y trouva plein de vie et de grâce. Son Akihito était de retour.

- Tu sais, je pourrais me jeter du haut de cet immeuble...

Asami secoua sa tête face à temps d'audace, de culot, et de vitalité. Ce moment lui rappelait tellement leur rencontre, quand Akihito avait sauté du haut d'un immeuble pour échapper à ses hommes. Asami savait qu'Akihito, avec son adresse et son agilité, parviendrait sans peine à survivre à ce saut. Alors que d'autres mourraient de suite et perdraient pied. Il était définitivement de retour, plus hardi que jamais. Les cheveux dans le vent, les yeux reflétant l'éclat de la lune.

- Tu ne le feras pas.

Akihito haussa un sourcil étonné :

- Ah ?

Asami enserra la taille du jeune de tout son amour et son désir, pour qu'il ne quitte pas ses bras une seconde fois, qu'il ne le quitte sans plus jamais lui donner de nouvelles pendant encore dix longues années. Il déposa un baiser sur sa nuque, flairant à nouveau le parfum enivrant d'Akihito, le perdant lui, Asami, l'homme qui faisait rendre l'âme à beaucoup. Il en était craint. Oh oui ! Akihito avait le pouvoir sur lui en cet instant, chose que beaucoup lui enviait, que beaucoup jalousaient, mais lui seul pourrait en profiter. Il lécha consciencieusement la nuque de l'autre, qui frissonnait déjà de plaisir, envoûté par sa présence.

Akihito passa ses bras autour de la nuque d'Asami et se laissa emporter tout contre son corps, ainsi offert, Asami attaqua sa nuque, son menton, ses lèvres, ses joues, bientôt tout son visage fut recouvert de baisers, comme si Asami voulait reprendre ses marques sur lui, sur son corps, son coeur. L'homme laissa même son empreinte sur ses paupières, avant de retirer son visage, interrogeant Akihito du regard, qui baisa passionnément les lèvres de l'homme en face de lui. Il ravagea la bouche d'Asami, montrant que l'homme lui appartenait aussi. Que personne d'autre que lui n'avait le droit d'avoir Asami dans son lit. Il mordilla la lèvre de l'homme et l'homme lui répondit en mordant la peau de son cou, à la manière d'un vampire.

Akihito sourit parmi tous ces baisers, les uns plus dominateurs , plus suaves , plus ravageurs que les autres, tout son corps hurlait pour qu'Asami le prenne à nouveau, c'était une véritable explosion de désir, d'envie, de luxure, de péché mêlés. L'érection d'Asami se faisait sentir contre son coeur, chaud de désir, d'amour, de passion. Son propre sexe était gonflé de douleur rien qu'à l'idée qu'Asami le pénétrerait au cours de la nuit, son corps ne demandant que ça, seulement ça, il en avait rêvé au cours de ces années, à tel point qu'il voyait son visage dans la foule, mais ce n'était pas lui, à sa grande déception.

L'homme effleura un point sensible sur sa nuque et Akihito gémit de plaisir, les joues déjà bien rouges. Son corps se collant littéralement contre celui d'Asami, comme s'il voulait se fondre en cet homme. Pour toujours. Lui même se cabra, pour qu'Asami l'attaque encore plus, toujours plus, son corps était entièrement dévoré par son désir à lui. Akihito ne sentait plus la limite entre leurs corps ainsi mêlés. Il passa sa main dans les cheveux de l'homme qui lui lécha son membre durci par le désir, sur ce toit, exposé à la nuit froide, mais tellement chaleureuse. Les mains de l'autre le travaillaient tellement que son corps ne lui obéissait déjà plus depuis longtemps, que son corps n'était que l'objet de l'autre entre ses hommes, Akihito poussa un autre cri. Il écarta ses jambes, tandis qu'Asami prit une position encore plus dominante qu'auparavant.

La chemise ouverte d'Akihito dévoila un corps durcit par l'exercice, un corps difficile à dompter, chaque coup pouvant provoquer la mort, un corps qu'Asami proclamait comme sien, comme lui appartenant, un corps qui répondait à la moindre de ses caresses. Asami touchait l'acier qu'il était devenu et tel un chevalier, il maniait l'épée qu'il était devenu, comme il manipulait avec délectation son membre rendu dur, très dur par le désir, cependant Asami ne lui ferait pas le plaisir de le libérer. Il ferait tout pour faire durer, pour continuer à le faire souffrir, le punissant de l'avoir quitté dix ans auparavant. Akihito n'avait pas besoin de mots pour comprendre ce qu'Asami avait pu ressentir loin de lui. La douleur. La souffrance. La faiblesse.

Akihito voulut se remettre droit, mais Asami l'empêcha de mener à bien ses plans, l'homme le plaqua contre le béton, le forçant à le regarda droit dans les yeux, l'homme avait posé les mains sur ses hanches avec une force peu commune, et Akihito se rendit compte à quel point il serait toujours faible face à lui. Il se pencha pour baiser le poitrail du jeune homme, offert sous lui, le lacéra encore plus de sa langue gourmande et excitée, de ses dents aussi aiguisées que celles d'un lion, comme un chirurgien qui connaissait parfaitement son affaire. Et Akihito implora pitié pour qu'il le libère, qu'il le laisse aller librement, pourtant Asami n'en tint pas compte. Au contraire, il continuait.

Akihito passa sa jambe au-dessus d'Asami, l'implorant de le prendre, mais les yeux de l'homme brillaient d'un éclat dangereux : dans cet état, Asami ne laissait personne lui dicter sa loi. Et pourtant, il voyait quelque chose de nouveau, quelque chose qu'Akihito ne lui avait jamais connu avant : une demande, une inquiétude. Asami avait-il peur qu'il s'échappe à nouveau ? Quand il comprit cela, Akihito prit le visage d'Asami entre ses mains, le forçant à son tour à le regarder, les yeux remplis de compassion, et de pitié, semblait dire qu'il resterait à tout jamais au Japon, à ses côtés.

L'embrassant comme il ne l'avait jamais embrassé, Akihito fit comprendre par son geste qu'il ne quitterait jamais, au grand jamais, son amant de toujours, l'homme qui avait conquis son coeur, qui lui avait pris une partie de sa liberté, qui l'avait attaché à lui, d'une certaine manière, à qui il avait promis de revenir. Il était sans doute revenu beaucoup trop tard, comme Asami avait été trop lent à le secourir, dans ce restaurant, à son goût, provoquant un soupçon de colère en lui. C'était cette colère qu'il faisait ressortir à présent, blessant pratiquement Asami au niveau des lèvres, des joues, des épaules.

Puis plus doucement, pour lui faire comprendre qu'il était pardonné, que rien n'était sa faute, que seul un Russe était responsable de ses malheurs. Il dévisagea longtemps Asami avant de se lancer à nouveau dans sa série de baisers, plus courageux. Que ce soit la nuque d'Asami, son ventre, son membre, tout y passa, sa langue laissa des traces comme celles du fer rouge sur le corps d'Asami, lui faisant réaliser qu'il l'avait désiré tout autant que lui, Takaba Akihito. Akihito ne s'était jamais senti aussi mort qu'en l'absence du yakuza avec lui, au cours des nuits, même s'il ne l'admettrait jamais ouvertement.

Akihito, pratiquement nu, se mit à genoux face à Asami, lui aussi presque nu, savamment déshabillé par le jeune homme en face de lui, qui l'eût cru ? Akihito le dominait presque. Presque. Mais quelle surprise quand ce dernier s'inclina face à lui, prenant délicatement son membre dans bouche chaude, et humide. Asami gémit légèrement. Savourant ce qu'Akihito lui offrait. Il posa ses mains sur ses cheveux, l'incitant à être encore plus rapide, plus volontaire, mais jamais il n'avait vu Akihito participer autant à leurs petits jeux au lit. Il avait beaucoup changé. Et il avait le sentiment que c'était une partie émergée de l'iceberg.

Et doucement, il toucha les fesses du jeune homme, rendues plus rondes que la lune, plus fortes que la pierre. Il les malaxa entre ses mains pendant qu'Akihito jouait encore avec son sexe. Jouant avec ses fesses, il les écarta, testant toujours le jeune homme qui s'offrait à lui, volontairement, par amour, par désir, par envie. Il passa une main dans la fente que formaient ses fesses, Akihito poussa une petit cri de plaisir, sous ses caresses, passant une main autour de son membre rendu encore plus dur au cours de l'exercice. Les cris de plaisir et de désir se firent entendre, de plus en plus fortement sur le toit de cet hôtel cinq étoiles à Tokyo. Asami força la tête d'Akihito de s'écarter de son sexe, le sperme qui en jaillit évita son visage.

Alors Asami prit en pitié un Akihito plus désirable que jamais, plus suave que jamais, il prit son menton entre ses lèvres, les baisa avec douceur, beaucoup de douceur, respectueusement, avec amour, et il consentit enfin à passer un doigt dans l'antre d'Akihito. Ce dernier sentant que l'heure était enfin venue se positionna obligeamment sur la masse de leurs vêtements, une cheville sur l'épaule d'Asami. L'homme toucha l'entrée d'Akihito pour mieux l'écarter, le corps d'Akihito répondit magnifiquement : il était déjà très humide, quel petit coquin, il avait pratiqué sur lui-même ?

Taquinant l'antre chaud et dévoué, il glissa doucement son doigt à l'intérieur, savourant ce qu'il avait perdu dix ans avant, alors il chérissait l'humidité qui couvrait déjà ses mains, sa peau, ses ongles, tout, ça lui avait beaucoup manqué. Il plongea un autre doigt, tout aussi tentateur que le précédent, mais beaucoup plus prometteur, imitant déjà la pénétration anale qui allait s'ensuivre. Le jeune journaliste savoura l'instant, tout en fermant les yeux délicatement, ce manque, dix ans, qu'avait-il donc pensé ? Pourquoi s'imposer une telle souffrance ? Il comprenait enfin ce qu'il avait toujours cherché sans même essayer de l'analyser. Il voulait Asami de toutes les fibres de son corps.

Mais Asami ne laissa pas le jeune dominer, au contraire, il joua encore un peu avec le beau blond aux yeux bleus. Prenant un troisième doigt, cette fois, il écarta vigoureusement l'entrée, pour mieux y pénétrer plus tard, arrachant des cris de douleur à Akihito. Effectuant des mouvements de ciseaux entre les lèvres, tout en jouant avec le membre du jeune homme, il prit littéralement son pied, Asami était tellement satisfait du retour d'Akihito. Il s'imaginait déjà en lui aisément. Alors il prit les cuisses du journaliste entre ses mains, et les positionna au-dessus des ses épaules, préparant son propre membre.

Akihito se cambra d'ailleurs, n'attendant qu'une seule chose : la fusion de leurs corps, il cala ses fesses contre les cuisses d'Asami qui le regarda quelques secondes, toujours interrogateur, avant de le pénétrer avec force, un coup, qui balaya pratiquement le corps de son jeune amant sur le sol dur de l'hôtel. Un deuxième coup qui brisa les défenses du jeune homme, le laissant pantelant, sur le sol, un troisième qui décrispa tous ses muscles, un quatrième pour le dominer entièrement, un autre, et encore un autre, et toute une série.

Asami montrait à quel point Akihito lui avait manqué, à quel point sa présence avait été désirée tout au long de cette période, il n'avait plus accepté personne d'autre dans son lit du tout, il avait rejeté les avances de femmes, d'hommes, dans l'attente d'un retour qui tardait trop à son goût. Observant avec amour le jeune homme qui se cambrait de plaisir sous lui, il se disait qu'avoir attendu dix années en valait sans aucun doute la peine. Peu importait l'entrainement du jeune journaliste tant qu'il répondait à ses attentes à lui.

Puis, Akihito sentit qu'il perdait pied, il était entièrement à la merci du mâle dominant, acceptant, recevant ce qu'il lui offrait de tout son corps, il avait fermé les yeux depuis longtemps déjà quand il sentit à nouveau les lèvres d'Asami sur les siennes. Là, il perdit vraiment tout contrôle de lui-même, se relâchant entièrement, se laissant guider par Asami, et puis ils vint, aussi subitement qu'Asami avait pris contrôle sur lui, ayant la mainmise sur son désir sexuel. Et il gît, couvert de sueur sur le sol, tandis qu'Asami porta encore quelques coups sur la prostate du jeune homme avant de venir lui aussi.

Il se pencha et baisa la tempe du journaliste :

- Tu m'as manqué à ce point-là, Akihito.

Et le jeune homme le regarda, le regard épuisé :

- Je m'en doutais un peu.

XOXOX

Le lendemain, le journaliste se réveilla, courbaturé de ses activités nocturnes dans sa chambre d'hôtel, sans Asami à ses côtés, estimant que le moment n'était pas encore venu pour se remettre ensemble. La nuit avait fait office de bonjour entre eux, rien de plus, rien de moins, ça ne signifiait pas que les hommes s'entendraient à nouveau dorénavant, comme si rien ne s'était passé entre eux. Non, vivre à nouveau avec lui était hors de question. Ceci dit, il aurait tué pour qu'il soit avec lui, il avait un mal fou à se lever : son dos était vraiment en miettes, sa peau le faisait souffrir, il était certainement couvert d'hématomes. Et son visage le faisait atrocement souffrir : Asami l'avait recouvert de suçons sur les joues, le menton, les lèvres, bref un peu partout. Akihito mit donc longtemps avant de pouvoir se remettre debout.

Il tâtonna avant de trouver l'interrupteur et constata qu'on lui avait apporté de nouveaux habits au cours de la nuit, des habits de grands couturiers. Quand il se présenterait au travail, on penserait qu'il avait des goûts de luxe, et que le succès lui était monté à la tête. Ceci dit, Akihito remerciait Asami de lui procurer une fois de plus de quoi s'habiller. Avec les dix mille dollars acquis grâce au prix Pulitzer, il avait de quoi acheter des vêtements pendant un certain temps, il n'était tout de même pas complètement désargenté. Asami devait certainement se rappeler des mésaventures d'Akihito et du mal fou qu'il avait à arrondir ses fins de mois.

- Parfois je me demande s'il me prend encore pour ce gamin que j'ai été autrefois.

Il avait cependant demandé du fond de teint, ce qu'il trouva sur sa table de nuit. Pour couvrir les marques laissées gentiment par Asami au cours de la nuit précédente. Et elles étaient nombreuses, impossible de se présenter à son nouveau lieu de travail dans ces conditions, il avait rendez-vous cette après-midi à quatorze heures tapantes, on penserait qu'il se serait bagarré avec des voyous, ce qui ne passerait pas du tout. Mais alors pas du tout. Les Japonais étaient vraiment très stricts en la matière. Il tartina son visage de crème hydratante pour fixer le maquillage, et prit le pinceau du fond de teint entre ses mains, ça ne devrait pas trop causer de problème pour l'expert en l'art du déguisement qu'il était devenu au cours du temps. Il répartit le maquillage de façon à ce que le résultat couvre ses blessures tout en paraissant naturel. Satisfait du résultat, il prit une chemise noire à manches longues, et un pantalon de la même couleur pour cacher les hématomes sur sa peau.

- Enfin prêt.

Il jeta un coup d'oeil autour de lui, il prendrait la voiture qu'il s'était achetée aux Etats-Unis, une Aston Martin, son salaire le lui avait permis, petit, il s'était juré qu'il posséderait une voiture comme celle-ci, et son rêve s'était réalisé. Il appréciait cette chambre d'hôtel, cependant il lui faudrait bientôt son vrai chez-lui, il avait loué en avance un appartement, on lui avait remis les clefs la veille. Dans une enveloppe. Il devrait prendre toutes les affaires qu'il avait emportées depuis la Russie, de pays en pays. Chaque voyage emportant son lot de souvenirs, il avait loué un container pour apporter ses affaires au Japon. Le colis l'attendait patiemment au port, tandis que les déménageurs attendaient eux qu'il l'appelle. Ca se ferait ce soir, dans la plus grande discrétion, comme il l'avait demandé aux hommes des docks.

En sortant de l'immeuble, Akihito trouva sa voiture et un voiturier lui tendit les clefs, il s'inclina devant Akihito en le complimentant pour son prix Pulitzer, les journaux avaient déjà véhiculé le contenu de la soirée de la veille. Akihito en homme courtois, répondit :

- Je vous remercie.

L'employé de l'hôtel s'inclina à nouveau :

- Nous sommes très heureux de vous accueillir, Takaba.

Le journaliste répondit à son tour :

- Tout le plaisir est pour moi, vraiment.

Et le steward se retira pour laisser passer Akihito, qui montait dans sa voiture, sauf qu'une main le retint par l'épaule. Ennuyé, le jeune homme se tourna vers l'opportun pour lui flanquer une bonne raclée, hélas l'homme lui montra ouvertement son badge signifiant qu'il appartenait à la police. Le jeune homme sortit obligeamment de la voiture, sachant que désobéir à la police lors de son retour serait de mauvaise augure. Il avait une image à maintenir à présent.

- Monsieur, pourriez-vous me suivre ?

Akihito cilla :

- On m'attend dans trois heures au journal, je ne veux vraiment pas être en retard. C'est mon premier jour, vous comprenez ?

L'homme lui sourit :

- Ne vous inquiétez pas pour ça, monsieur, vous arriverez à temps.

Akihito se décida alors à le suivre, dans un café proche de l'hôtel, ils dînèrent paisiblement ensemble, mais Akihito sentait que la courtoisie n'était pas la vraie raison de sa visite. Quand un policier venait vous rendre visite, ce n'était en général, pas pour rien, et Akihito avait le sentiment qu'il n'allait pas apprécier la compagnie de l'autre.

- Au fait, je crois que vous ne vous êtes pas présenté.

Le policier lui sourit aimablement :

- Effectivement. J'ai entendu parler de vous, naturellement, tout le monde sait que vous êtes le lauréat du prix Pulitzer, fort de plusieurs enquêtes et vous avez aidé à plusieurs reprises les polices des pays que vous avez visités, comme vous l'avez dit dans une de vos interviews dans les journaux.

Akihito répliqua :

- Si les journaux le disent, c'est que c'est sûrement la vérité.

Mais le policier n'en démordit pas :

- Ce sont vos propos, et la police n'aime pas quand on déforme la vérité.

Akihito rit doucement :

- J'ai cru comprendre.

Le policier reprit un air sérieux :

- Je suis le commandant de police Yamato Shinzô, actuellement en charge des affaires concernant le crime organisé.

Et Akihito posa ses baguettes :

- Et naturellement, vous venez à moi pour que je vous aide. Je risque fort d'être occupé ces prochains temps, je devrais m'occuper de la section criminologie du journal.

Le policier se fit doux :

- Alors nous travaillerons ensemble d'une autre façon, je vous propose une affaire, une affaire en or, croyez-moi, pour un homme de votre calibre ça ne devrait pas poser de soucis.

Akihito n'apprécia effectivement ce qu'il venait d'entendre :

- Je suis prêt à coopérer avec la police dans le cadre de procès, pour des affaires pour lesquelles je serais le témoin, bien sûr.

Le policier lui suggéra :

- Et si je vous proposais un gros poisson, en parallèle à votre propre travail ?

Akihito parut intrigué :

- Quel gros poisson pour reprendre vos propres termes ?

Yamato se pencha :

- Asami Ryûichi.

Akihito se leva de table :

- Commandant Yamato, je ne suis pas votre homme, je ne travaille pas pour la police, mais je serai heureux de témoigner à un procès. Asami Ryûichi ne m'intéresse pas, un industriel du plaisir et du luxe ne fait pas partie de la catégorie des criminels.

Yamato parut déçu :

- Dommage, j'aurais pourtant cru que...

Mais Akihito n'en démordit pas non plus :

- Je pense monsieur, que ce serait un cruel manque de politesse à l'égard de mon hôte. Ce fut plaisir, commandant Yamato.

Sa réponse laissa un moment surprise chez le policier, qui n'en revenait pas qu'il ne pourrait pas utiliser ce journaliste du tout. Un sentiment de désespoir et de colère mêlés monta en lui : lui qui rêvait d'arrêter, il n'était pas prêt d'arriver au bout de ses peines. Il cherchait un allié insoupçonnable pour parvenir à ses fins, mais qui serait assez dingue pour l'aider ?

Qui ?


Révision du 06 septembre 2018 !