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Prologue : Le miracle

Cela faisait seulement deux jours que Eönardë avait quittée l'auberge de Hadyon. Il était déterminé à ne pas décevoir Pallando quand il le reverrait, de même qu'Alatar. Alors il faisait ce qu'ils lui avaient dit, il marchait vers l'Ouest en direction des anciens pays Elfes. Là, il attendrait le temps qu'il faudrait que ses pères adoptifs reviennent, et ils pourraient être heureux ensembles…

Eönardë pensait aussi à Eliriel et Aragorn. Durant son voyage, il comptait bien les retrouver. Pour les revoir, faire connaissance avec eux, et peut-être que, oui, peut-être…

Se reprenant au bout de quelques minutes, Eönardë effaça l'image d'Eliriel dans son esprit et fit disparaître son sourire pour continuer sa route. Celle-ci était longue, et même si il marchait à grands pas, il lui faudrait –selon son étude des cartes- plusieurs mois pour arriver à destination.

L'enfance d'un mythe

Deux semaines plus tard. Plaines de Dagorlad.

Eönardë était allongé sur le sol, tout juste protégé des rigueurs de la nuit désertique par sa cape de voyage. La veille, il avait failli perdre la vie, et il ne s'en était fallu que de peu pour qu'il ne perde son combat.

Lui-même ne croyait pas en sa chance, il avait repoussé son ennemi au loin avec ce qui était presque de la facilité. Il fallait aussi admettre que quand celui-ci l'avait attaqué –pour une raison inconnue-, il était affaibli. Ce qui pouvait éventuellement expliquer qu'Eönardë n'ai eu aucun mal à vaincre. Mais malgré tout, Il revenait parfois à la charge, et le laissait épuisé. Son voyage allait durer beaucoup plus longtemps que prévu s'il devait se reposer autant…

Il y avait toutefois quelque chose qu'il ne s'expliquait pas : le lobe. Et la rondeur.

L'enfance d'un mythe

Contreforts Est des monts brumeux. Au nord de la Lorien, non loin du col du Caradhras.

Des orques ? Mais que font-ils ici ?

C'était une très bonne question. Il avait évité la Lorien, malgré son envie de la voir, car il savait que la Dame Le découvrirait sans peine, et qu'Il n'y serait pas bienvenu. Il n'avait pas envie de se faire tuer.

Il avait prévu de prendre le col du Caradhras, mais était maintenant bloqué par une troupe d'au moins deux cent ourouk-haï. Il lui fallait prendre un autre chemin. A plus forte raison qu'il n'avait pas envie d'affronter la tempête qui régnait là-haut. La noirceur des nuages et la puissance des éclairs étaient telles que le beau temps devait avoir peur de se montrer.

Faire un détour par la Trouée du Rohan le retarderait bien trop. Monter vers le nord pour prendre le col d'Imladris serait encore pire, et il n'avait pas la moindre envie de se rapprocher de son enfance. Il n'avait qu'une autre solution.

Et il s'enfonça sous terre.

Sans savoir que son sang se trouvait loin au-dessous.

L'enfance d'un mythe

Horrible. C'était horrible. Il espérait qu'il n'aurait plus jamais à passer dans cet endroit. Le trouble qu'il y ressentait était extrêmement dérangeant. Ce qui l'attirait dans les profondeurs était sans aucun doute une puissante magie maudite. Peut-être la même qui avait poussé les nains à creuser si profond ?

« Mellon ».

Enfin. La lumière du jour.

L'enfance d'un mythe

Contreforts ouest des monts brumeux. Pays de Houssaye.

Fatigué. Il était vraiment très fatigué. Le voyage sous les montagnes et le stress constant qu'il s'était imposé avaient été énormes et épuisants. Il allait s'installer dans cette petite clairière pour deux ou trois jours, le temps de se reposer et de faire quelques cueillettes. Ses réserves étaient presque vides.

Son sac était maintenant plein d'une astronomique quantité d'herbes. Il ne devait plus rester le moindre brin d'Athelas dans les environs. Tout cela lui permettrait de tester ses idées et, peut-être, de créer des médications plus efficaces.

Quelqu'un approchait. Quelqu'un d'incroyablement silencieux. Un elfe ? Non, eux-mêmes font plus de bruit. Un maïa ? Un vala ?

Un… un quoi ? Il ne connaissait pas cette étrange créature qu'il entrevoyait dans son bout de miroir. Elle était bien plus petite qu'un nain, et bien moins poilue. Et ce n'était visiblement pas un enfant. Mais peu importait. Il n'allait pas se laisser voler comme ça.

Faisant mine de se coucher à quelques pas de son sac, de l'autre côté du feu, il se saisit subtilement du couteau qui se trouvait à sa taille, et s'allongea pour dormir. L'inconnu fut dupe. Quelques minutes après, il s'avança en direction du sac. Il l'ouvrit. S'empara en souriant d'une large poignée d'Athelas. Et repartit le plus vite et silencieusement possible. Avant de se stopper net, un couteau en travers de la gorge.

- Qui es-tu ? Demanda Eönardë, méfiant.

- J'ai faim. Je… je m'appelle Pippin !

- Pourquoi m'as-tu volé ?

- Je suis désolé, mais j'ai vraiment besoin de ces herbes ! C'est pour soigner une amie !

Il n'y avait pas la moindre trace de mensonge dans la voix du petit être.

- Soit. Emmène-moi là-bas. Je la soignerais.

Méfiance. Le petit être ne le croyait pas.

- Tiens, prends mon couteau. Je ne te veux pas de mal. J'ai une formation de médecin.

Espoir. Il n'y avait pas le choix. Eliriel devait être soignée le plus vite possible.

- Suivez-moi !

Le destin prenait parfois des détours étonnants.

La suite dans « Eliriel & Eönardë ».

Un bonus est à venir.