Disclaimer : Bleach n'appartient pas à Mig. Tite Kubo owns Bleach not Mig
Merci pour vos reviews, Idiote, Pyjacks, BeN, et la petite nouvelle Narhia ! C'est franchement grâce à vos commentaires que j'arrive à trouver des directions quand je suis en manque d'inspi. Je voulais revenir rapidement sur le nouveau système de reviews. Personnellement, j'ai toujours choisi d'accepter les reviews anonymes ou non. Je prends tout sans le moindre filtre. C'est pour ça que ce nouveau système ne va pas changer grand chose pour Mig lol. Sauf que c'est embêtant car ceux qui n'ont pas de compte ne peuvent pas utiliser leur pseudo directement ( sans le signaler dans le coeur du message ). En même temps, je comprends la nécessité d'inciter les lecteurs à avoir leur propre compte. Pour le lecteur, il y a les services " story alert" et "author alert" qui permets d'être prévenu des mises à jour de chapitre. Pour l'auteur, ça a aussi ses avantages. Déjà, on sais un peu plus sur nos lecteur et cela nous permet aussi de rester en contact. Et puis comme ça Mig peut flooder votre messagerie en remerciement ( ce qui est plus sympa ou pas ). Tout ça pour dire qu' être anonyme ou être propriétaire de compte a chacun ses avantages. Je respecte vos choix et c'est pour ça que je laisserais toujours la porte ouverte. Vous pouvez donc laisser des commentaires sans modération. A tout ceux qui ont passé des exams et sont dans l'attente des résultats, Mig pense à vous. Enjoy!
-4-
Les démons Invisibles
Dr Kurosaki Ichigo
Fils d'Isshin et Masaki Kurosaki
Frère de Yuzu et Karin Kurosaki
Ancien shinigami suppléant
Interne en chirurgie pédiatrique à Karakura General Hospital
Ex-petit ami d'Orihime Inoue
Amoureux de Rukia Kuchiki
Colocataire de Shinji Hirako et « Shinzo Maru »
Il était temps pour le docteur Oz de prendre des mesures extraordinaires pour sauver son patient.
Les basses des haut-parleurs de Shinji faisaient toujours vibrer les murs de la maisonnée sur des notes jazzy. Ichigo se glissa sous la douche avec un soupir. Les yeux clos, il laissa les gouttelettes translucides ruisseler le long de sa nuque et de son dos sculpté.
Cela arrivait sans crier gare. Il ferma les yeux et le ressentit au plus profond de lui. C'était comme l'impact après une chute de trente étages. C'était violent. Brutal. Elle lui manquait. L'air se raréfiait alors autour de lui. Il voyait trouble. Elle lui manquait. La douche gouttait avec plus de force faisant taire le vacarme autour de lui. Cela rongeait la moindre parcelle de patience en lui. Cela s'attaquait à son système de valeur tout entier. Il devenait quelqu'un d'autre quand ça lui arrivait. Elle lui manquait.
Il se repassait dans la tête alors tout ce qui lui était arrivé depuis qu'il l'avait rencontré. Quand sa mère était morte, le pendule s'était figé. Quand il avait rencontré Rukia, il avait recommencé à balader pour mieux se figer encore à la mort de Chad... et au départ de Rukia. Cette impression d'immobilisme était asphyxiante. Il n'était pas allé bien loin depuis la sortie du lycée. Il n'était pas vraiment devenu quelqu'un. Il n'avait pas retrouvé Zangetsu. Il n'était pas redevenu le mec qu'elle admirait.
Ichigo prit appui sur la paroi carrelé. Il se mordit les lèvres. Il n'avait pas chialé depuis qu'on avait mis sa mère en terre et vraiment il n'allait pas commencer aujourd'hui. Mais la douleur qui compressait sa poitrine ne voulait plus le quitter. Il resta prostré de longues minutes, l'eau gouttant en cascade sur sa nuque.
- Tu ne m'as pas vraiment dit « je t'aime ». Si je comprends bien, je suis bien le seul à m'être confessé, c'est un peu injuste.
Rukia écarquilla ses grands yeux violets et ses joues se colorèrent d'un rose pétale. Elle ouvrit la bouche pour mieux la refermer. Rukia Kuchiki avait perdu une bataille là. Elle se mordit les lèvres sous le regard amusé d'Ichigo, allongé sous elle. C'était un de leur derniers moments ensemble, des heures précieuses dont ils se souviendraient toujours.
- Qu'est-ce que tu veux que je te dise ?
- Que je suis le meilleur amant que tu n'aies jamais eu, Kuchiki!
Ses grands yeux en amande s'arrondirent de panique. Rukia vira pivoine. Ichigo éclata de rire.
- Ça t'amuse ?
- Beaucoup. On fait avec les moyens du bord, nain de jardin.
Elle déposa un baiser tendre sur ses lèvres pour le faire taire.
- Ichigo, je...
Elle se mordit encore les lèvres.
- Tu n'as pas à te forcer, tu sais.
- Ce n'est pas ça. Je ne sais même pas comment...dire... C'est compliqué. Je veux dire...
Il se redressa pour mieux enlacer ses hanches.
- Je comprends. Ce n'est pas grave.
- Je ne l'ai jamais dit à personne. Même si parfois j'ai voulu le dire...
Ichigo baissa la tête. Une minuscule lueur de jalousie obscurcit le regard du rouquin.
- Renji ?
- Non.
Rukia observa une minute de silence.
- Kaien. Kaien Shiba. Il était mon mentor. Le vice-capitaine de la treizième division. C'était un homme extraordinaire. Sa femme et lui, je les admirais tellement. Ils m'ont appris beaucoup de choses.
Sans prévenir, les larmes s'amoncelèrent dans ses grands yeux violets. Rukia détourna la tête pudiquement.
- Je lui ai donné la mort. Je l'ai tué.
Ichigo déglutit avec peine. Il connaissait l'histoire, il l'avait entendu de diverses sources mais jamais il ne l'avait entendu de la bouche de Rukia. Jamais, il n'avait eu cette conversation.
- Je ne l'ai jamais dit à personne ça non plus, à part peut-être à sa famille. Mais ça c'est grâce à toi.
Il écarquilla les yeux, visiblement surpris.
- En repensant au fait que tu avais traversé une dimension pour venir me sauver, que tu avais eu le courage de faire face à toute une armée, je me devais d'avoir le même type de courage au moins pour honorer ton sacrifice. Tu m'as rendue forte, Ichigo Kurosaki. Tout comme Kaien Shiba auparavant m'avait rendu plus forte. Je me sens presque indestructible quand je me bats à tes côtés. Je sais que même si je meurs mon cœur sera toujours sain et sauf avec toi. Il sera toujours à tes côtés.
- Rukia...
Il n'avait rien trouvé d'éloquent à dire. On pouvait dire tel était pris qui croyait prendre. Rukia se redressa et chercha ses vêtements des yeux.
- Je dois m'habiller. Je vais être tellement puni, tu n'as pas idée.
- Rukia...
Il avait encore envie de la retenir pour qu'elle lui parle plus, pour qu'elle en dise plus sur ce qui se passait dans son cœur, pour qu'ils partagent encore et encore mais le temps venait à manquer. Ils avaient beau repousser le moment. Combien de fois l'avaient-ils fait en l'espace de vingt-quatre heures ? Il avait oublié de compter. Il la rattrapa par la taille et déposa un baiser sur sa nuque. Elle resta figée dans ses bras, le souffle court, la voix tremblante.
- Oh, je fais peine à voir. J'ai beau fanfaronner. J'ai peur. Je suis terrifié à l'idée de te donner la mort en restant à tes côtés. Je dois partir, Ichigo.
Alors, et alors seulement, Ichigo lâcha prise.
Ichigo serra le poing. Il n'aurait jamais dû lâcher prise parce qu'il n'y avait pas moyen pour qu'il y arrive sans elle.
Les notes de jazz du tourne-disque vintage de Shinji résonnèrent plus fort dans la maison. Il prit une profonde inspiration avant de couper l'arrivée d'eau. Il se sécha rapidement avant d'enfiler le bas d'un survêtement noir. La baie vitrée entrouverte donnait sur la terrasse. Elle offrait une vue sur le jardin et bien sûr la falaise, et les lumières de la ville en contrebas. Il s'attarda quelques secondes. Il vida la poche de son jean sur son lit et briquet, paquet de cigarette, pièce de monnaie, son beeper, et son badge shinigami formèrent un tas informe.
La décoration de sa chambre était sobre.
La basse de Chad était le seule ornement qu'il avait accroché aux murs.
Seuls trois cadres photos faisaient office de décoration réparties sur les diverses commodes et chevets. Il y en avait deux de sa famille. La première avait été prise le jour de sa remise de diplômes à Karakura High. Isshin et les filles posaient en tenues hawaïenne avec un Ichigo endimanché. Oui, le vieux avait osé ! Il ne souriait pas vraiment sur cette photo mais cela restait un très bon souvenir. La deuxième photo était un portrait de famille qui datait de la naissance des jumelles. C'était l'une des rares photos qu'il avait de sa mère. Elle posait avec les jumelles dans ses bras. Karin et Yuzu ne devait pas avoir un an. Ichigo portait sa tenue de karaté et Isshin gesticulait de manière grotesque en arrière-plan.
Enfin la dernière photo était celle du gang au grand complet. Ils étaient tous à la plage, Rukia, Renji, Orihime, Ishida, Chad, Keigo, Mizuiro et Tatsuki. Renji et lui se tenait côte à côte derrière le nain de jardin. Orihime était à sa gauche et tenait le bras de Chad. Ishida souriait de toutes ses dents. Mizuiro frimait les mains dans les poches. Keigo grimaçait. Tatsuki avait été figé pour la postérité, le poing serré à deux centimètres de sa joue.
Son ordinateur portable trônait en son centre le bureau d'architecte dont il avait hérité de l'ancien propriétaire à l'emménagement. Il y avait quelques dossiers de patients qui attendaient d'être annotés et révisés. Son doctorat dans un cadre en bois vernis prenait de la poussière dans un coin.
Ichigo n'utilisait jamais le bureau au rez-de-chaussée qui était devenu le sanctuaire d'Ichimaru qui s'en servait comme un atelier d'écriture. Il regardait rarement aussi la télé et ne savait pas cuisiner. Alors on pouvait dire que c'était l'une des seules pièces qu'il utilisait dans la maison vraiment.
Il chercha un vieux t-shirt dans son armoire. Sa main resta figée le long des portes coulissantes de son dressing. Il y avait là quelques vestiges de son adolescence, la couette de Rukia, son lit improvisé, ainsi que la peluche abimé qui avait été le corps de Kon pendant si longtemps. Il referma la porte d'un coup sec. L'horloge à côté de son lit affichait minuit trente. Il commençait à huit heures le lendemain. Il régla le réveil pour qu'il sonne dès six heures. Mais au lieu de se coucher, il sortit de la chambre et descendit dans le sous-sol de la maison.
Il avait exactement quatre heures pour s'entrainer.
Sur une des étagères de la cave, il déplaça un pot de peinture sur sa droite, et l'ouverture de la trappe s'enclencha. Des marches en acier le conduisirent dans la salle d'entraînement aménagé dans les entrailles de la maison. Avant qu'il ne découvre à quel point Urahara était un serpent à deux visages, ce dernier avait aménagé avec Tessai, le sous-sol de la maison comme une réplique presque parfaite de la salle souterraine de la boutique de magie.
Il y avait encore un mois, il n'avait jamais mis les pieds là. Il y avait encore un mois, il s'entraînait exclusivement à la boutique de magie. Il y avait encore un mois, il était le dindon de la farce.
C'était la quinzième expérience de ce genre et le quinzième échec, pensa Ichigo, en sortant de la machine. Le soi-disant « accélérateur de reiatsu bêta ». Il n'avait rien pigé à l'explication d'Urahara sur la théorie. Il savait juste que c'était une des nombreuses machines supposé l'aider à retrouver ses pouvoirs. Et tant pis, s'il avait l'air un peu con sur le moment, accroupie dans une baignoire à pieds rose à pois blanc, immergé dans une substance verdâtre gluante et malodorante. Tant pis, si pendant que Shinji tentait de garder son sérieux, Jinta et Yoruichi riait à gorge déployée.
Ok, il était un peu agacé. Mais ce n'était pas vraiment dirigé contre ces trois-là mais plutôt envers lui-même. Cela faisait bientôt sept ans, et sa patience s'amenuisait. Il n'avait pas progressé d'un iota. Il n'était pas plus près de pouvoir retrouver ses pouvoirs. En voyant sa mine grave, les trois autres retrouvèrent vite leur sérieux.
- Désolé, Ichigo ! Lança Shinji. Cela avait l'air une bonne idée en théorie.
Urahara racla sa gorge, les sourcils froncés.
- Il manque certainement un réglage ou deux. Je vais y travailler.
- Pas la peine. Marmonna Ichigo.
- La science n'est jamais exacte ou sûr à 100%, Kurosaki-kun. Il va falloir faire preuve d'un peu de patience.
- C'était aussi compliqué pour ma mère ?
Yoruichi tourna rapidement la tête vers Shinji. Ce dernier remontait déjà l'échelle avec Jinta. Il disparut par la trappe.
- Oui, elle a perdu ses pouvoirs comme moi. Elle n'a jamais pu les retrouver et elle est morte en essayant de me protéger.
Kisuke arrangea son chapeau.
- Je regrette encore ce qui lui est arrivé. Ta mère était vraiment quelqu'un d'exceptionnel. Un shinigami d'exception.
Ichigo baissa la tête avant d'acquiescer. Il avait encore du mal à digérer le fait que sa mère était le premier shinigami suppléant de karakura, qu' elle avait été le premier cobaye du Hōgyoku d'Urahara, qu'enfin elle avait perdu ses pouvoirs d'une manière similaire à la sienne, en plein combat. Il avait du mal à l'imaginer se battant en kimono noir. Imaginer que son père, soit tombé amoureux, et qu'il ait décidé de rester avec elle dans le monde des vivants à la suite de la perte de ses pouvoirs était la partie de l'histoire la plus facile à digérer. Isshin adorait Masaki. Il ne doutait pas que c'était le genre de sacrifice que son père ferait sans réfléchir. Mais il y avait tout un pan de son histoire avec laquelle il n'arrivait à se réconcilier. La mort de cette dernière, il ne la comprenait nullement. C'était la suite illogique à ce qui aurait dû être une belle histoire.
- Mais heureusement, Continua Kisuke sur un ton obscure, nous ne sommes plus dans la même situation qu'à cet époque. Les patrouilles ont été renforcées à Karakura et il semble que même les hollows ont pris quelques vacances.
- Nous n'avons pas encore retrouvé les agresseurs de Shinji et Gin. Ils ont tué Hiyori et Lisa.
- Malheureusement, mes tentatives pour retrouver leurs traces et déterminer leur mobiles sont restés vaines.
- On ne sait absolument pas ce qu'est devenu Hachi, Kensei, et Love. Rose est toujours à la Soul Society. Je sais que cela ronge Shinji de rien pouvoir faire.
- Certaines choses prennent du temps, Kurosaki-kun. Heureusement, nous n'avons pas à agir dans l'urgence. Je vais continuer mes recherches...et...
- Ça fait quand même beaucoup d'échecs pour le grand Urahara Kisuke ! C'est vraiment pas une période marrante pour lui ! Fit Remarquer Gin qui n'avait pas bougé de l'endroit depuis lequel il avait assisté à la quinzième humiliation d'Ichigo avec la meilleure vue.
Yoruichi pivota vers lui comme une flèche et le fusilla du regard. Elle l'avait oublié celui-la.
- Même Urahara Kisuke a ses limites et c'est encore heureux !
- Encore heureux, comme tu dis, Yoruichi-san. Je vois. Dit-il en se dirigeant vers la sortie. Il grimpa en prenant appui avec sa seule main disponible.
Yoruichi suivit Gin au niveau supérieur tandis qu'Ichigo resta seul avec Kisuke. Ichigo fronça les sourcils.
- Je sais que tu as besoin de réponses et de solutions, Kurosaki-kun, et je m'attelle à pouvoir t'en fournir. J'ai aussi promis à Shinji que je chercherais à faire toute la lumière sur cette affaire. Ces gens sont des ennemis et je veux être sûr que nous n'ayons pas une nouvelle guerre sur le feu. Mais en l'absence de pistes...
Ichigo acquiesça. On ne lui avait pas caché que la tâche serait difficile. Il devait s'accrocher.
Gin et Shinji étaient déjà là à sa grande surprise. Si Gin s'était changé et avait revêtu une tenue traditionnelle par-dessus son gigai, Shinji lui était toujours revêtu du même pyjama.
- Bon on peut aller à l'essentiel ? Lança Gin de son air le plus virile, une main empoignant la ceinture de son Hakama.
Shinji secoua la tête tout en enfournant une pleine poignée d'ourson en gelée.
- Il doit d'abord s'échauffer à l'épuisement. Et il n'y a rien de mieux que mon bébé ici. Dit-il en pointant du doigt l'elliptique de l'enfer qui n'avait pas pris une couche de rouille.
Il ne s'était pas attendu à ce qu'ils participent tous les deux à la séance de ce soir. La soirée avait semblé tellement mal partie. En même temps, la nuit était encore longue.
- Des foutaises !
- Rien de mieux que de se prendre une raclée pour bien s'endormir.
- L'elliptique. Il doit entraîner son cœur et repousser ses limites.
- Le combat direct lui apportera tout ça et bien plus rapidement.
- L'elliptique, c'est Hiyori qui a inventé cette méthode...
- La baston, inventé et approuvé par Ichimaru et des milliers de pauvres bâtards depuis la nuit des temps.
- J'ai envie d'essayer quelques choses de nouveau ce soir.
Gin et Shinji mirent aussitôt fin à leur joute verbale pour toiser Ichigo du regard.
Cela faisait un mois que ce genre de séance était devenu une routine. Un mois qu'il avait rayé Urahara de sa vie. Il avait toujours fait confiance à cet homme alors qu'il ne lui avait envoyé que des signaux d'alertes tout au long de ces années. C'était bien l'homme qui avait caché le Hōgyoku à l'intérieur de Rukia. C'était la même personne. Certes, il n'avait pas eu de raison de se méfier sur le coup. Il s'était occupé de Shinji. Il n'avait pas eu besoin de supplier pour qu'il aide Gin. Urahara avait tout de suite acquiescé. Il l'avait soigné, avait assuré les soins post-opératoire après l'amputation de son bras gauche, et avait même conçu un gigai spécial pour lui, un gigai qui lui permettait de passer sous les radars du Gotei 13. Si Gin restait Gin pour lui. Pour le reste du monde, il apparaissait sous la forme d'un quadragénaire invalide aux cheveux blancs nommé Shinzo Maru. Urahara avait fait tout ça presque sans arrière-pensées. Du moins c'était ce qu'il avait cru pendant toutes ses années. Résultat, il avait perdu près de dix ans de sa vie. Il aurait dû le savoir, Urahara Kisuke avait toujours une idée derrière la tête.
- Je veux essayer Enkeikuroryū.
Ichigo avait une idée derrière la tête. Gin et Shinji échangèrent un regard avant d'éclater de rire. Sans se démonter, Ichigo attendit qu'il retrouve leur sérieux avant de poursuivre :
- Je suis sérieux.
Gin se dirigea vers les escaliers.
- Je vais me coucher.
- C'est à toi que je parle. Tu connais la technique, Gin.
- On n'avait pas déjà eu cette discussion au tout début de cette brillante collaboration, gamin ?
- Je n'ai plus le choix. Il faut que je tente le tout pour le tout.
Gin haussa les sourcils. Heureusement, il reçut le secours inespéré de Shinji qui bondit immédiatement de son rocher.
- Vous avez perdu les pédales ? Est-ce que j'ai raté un épisode ? Personne ne serait assez cinglé pour ne serait-ce que tenter Enkeikuroryū avec un reiatsu avec un reiatsu aussi faible et aussi inconstant que le tiens ? Et puis à quel moment vous avez eu cette discussion exactement sans m'en parler ? Je croyais qu'on était pote et qu'on se disait presque tout ?
- Tu étais encore dans le coma. Répondit Ichigo.
- On n'a jamais été pote. Rétorqua quant à lui Gin. Et puis, j'ai assez entendu d'ânerie.
- Donc, tu as menti quand tu as dit que tu m'aiderais à retrouver mes pouvoirs ?
Gin s'appuya sur la rampe de l'escalier. Encore ce couplet...
- Peut-être bien ? Et alors ? Je n'aurais pas été le premier.
Ichigo fronça les sourcils. Le visage de Gin se détendit dans le plus déstabilisant des sourires. Shinji les dévisagea tour à tour.
- On se calme. Ichigo, sais-tu seulement ce que tu demandes ? demanda le blondinet.
- Je sais exactement ce que je demande.
- Ah oui ? Cela n'a pas l'air.
- Ça a l'air d'être un autre caprice ! Lança Gin en contournant Shinji.
- Tu ne sais pas de quoi tu parles !
- Non ? Donc tu es finalement prêt à faire les sacrifices nécessaires ?
- Gin, ne l'encourage pas dans cette hérésie !
- Tu es bien en vie, toi ?
- Vois ce brave petit soldat ! J'aimerais seulement te rappeler que j'ai perdu un bras. Il est juste partie en cendre un beau matin. Tu veux que je te montre ?
- Ichigo pour une raison que l'on ignore, ton reiatsu a été scellé avec le reste de tes pouvoirs...
- Ne perds pas ton temps, Hirako. Je lui enseignerais.
- Quoi ?
Shinji empoigna Gin par le col.
- Qu'est-ce que tu mijotes ? C'est une technique interdite ! On est jusque-là passé inaperçu. Il n'y aura pas moyen de le faire sans en avertir le Gotei 13.
Gin haussa les épaules.
- Qu'est-ce que t'en dit, Ichigo ? taquina-t-il.
- Je me fiche du Gotei 13.
- Bon garçon ! Ça c'est une bonne réponse !
- Ichigo ! Ne fait pas ça !
Gin se posta devant Ichigo.
- Je suis ok pour jouer. Mais mes règles...
Ichigo recula par méfiance.
- Si je t'enseigne Enkeikuroryū, je t'enseigne tout. Tu ne poses pas de questions. Tu fais tout ce que je te dis.
- C'est de la connerie ? Ichigo ! C'est tout ce dont Gin a envie... Tu as déjà restauré un peu de ton reiatsu ! C'est déjà un progrès ! Tu n'as pas besoin de brûler les étapes !
- Bien sûr, si tu as envie de passer les dix prochaines années à tenter de rentrer en contact avec des esprits de base, je t'en prie. Par tous les shinigami, ne m'écoute pas !
- Ok, Gin. Tes règles ! Je suivrais tes règles !
Ichigo vit un flash de turquoise et d'aigue-marine avant de voir le sourire de Gin s'agrandirent.
- Ichigo, j'ai besoin que tu fasses trois petites choses pour moi pour commencer.
Il s'attendait à tout de la part de Gin.
- La première chose est simple, je veux que tu démissionnes.
- Quoi ?
Gin haussa une épaule.
- Quitter mon travail ?
- C'est pas grand choses, n'est-ce pas ?
- Tu plaisantes ?
- C'est non ?
- Il n'en est pas question.
- Très bien, c'était rapide.
- Tu fais marche arrière ?
Gin ne perdit pas de sa désinvolture.
- Tu fais marche arrière aussi. Où est le problème ?
Ichigo recula.
- T'es vraiment un individu ignoble.
- Je ne t'apprécie guère non plus, étrange gamin névrosé.
- Tu sais ce qu'il te dit le gamin ?
- Qu'il abandonne ? Qu'il déménage ? Qu'il se marie ? Qu'il crève ? Youpi !
- Tu te fous de moi ! Je vais pas quitter mon job rien que parce que...
Le sourire de Gin s'était élargi de manière déconcertante.
- Rien que... J'aime mon job.
- Et tu aimes la poésie des courbes de Rukia Kuchiki, j'ai bien compris.
Shinji prit sa tête entre les mains. Cela allait mal finir.
- C'est dingue. On en revient toujours à la question à 300 000 000 yen ( la somme exacte que tu dois à cette famille de mafieux) et je dois dire que sur ce coup-là, tu t'es surpassé vraiment.
Si j'avais pas déjà foiré ma vie je t'aurais pris pour modèle. Venant de ma part, c'est plutôt un compliment.
- Qui t'as parlé de ça ?
Shinji se sentait mal soudain.
- Un petit chat avec la langue bien pendue a chuchoté à l'oreille d'un abruti.
- Yoruichi ? Shinji ?
- Elle n'a pas de mauvaises intentions, Ichigo. Je suis sûr qu'elle veut bien faire.
- Peut-on revenir sur la question qui me taraude ? Je suis sûr que tous nos téléspectateurs se foutent de savoir la raison pour laquelle Ichigo, le sauveur de Karakura, aurait emprunté une somme d'argent pareil à des requins. La question qui nous taraude tous depuis des années c'est vraiment qu'est-ce qui lui a pris de coucher avec la sœur de Byakuya Kuchiki ? Même moi, je ne suis pas si hardi.
- Cela ne te regarde pas.
- Est-ce que ça valait le coup au moins ? Dix ans après, tu as eu le temps d'y réfléchir. Dix ans, c'est le temps d'une réflexion de shinigami. Alors ? J'ai du mal à comprendre. Elle est fichue comme une poupée de chiffon avec ses tout petits membres. J'en ai encore des sueurs froides ! Elle me filait la chair de poule. J'avais constamment envie de mettre mes mains autour de son cou, de serrer, de la faire pleurer. C'est dingue... Une fois, j'ai...
Gin vit venir le premier coup de poing et se plaça bien dans sa trajectoire pour remonter le moral d'Ichigo. Un deuxième coup de poing fit reculer l'ancien capitaine qui en rajouta un peu pour le spectacle.
- Cela a pris dix ans pour voir ce que t'as dans le froc ! J'ai jamais vu plus refoulé !
Ichigo tenta un coup de pied retourné, Gin esquiva agilement.
- Je vais te tuer. C'est ce que j'aurais dû faire depuis longtemps !
- Si t'en avais eu une paire... je ne dis pas non. Seulement voilà, il faut un peu plus que des mots pour me séduire. Tu aurais dû demander à Aizen. L'homme avait des arguments.
Ichigo leva à nouveau le poing pour frapper à nouveau mais l'homme aux cheveux argentés glissa de manière acrobatique hors de son chemin. Il se redressa. Ichigo lui donna une autre coup de pied. Gin l'arrêta avec la simple paume de sa main droite. Ichigo resta figée. Ses genoux tremblèrent. Il tituba avant de gouter le sang sur sa langue. Son torse était en feu. Seulement, il n'avait pas vu le moment où Gin l'avait frappé avec son seul bras valide. Le sang continua d'affluer depuis ses bronches. Il se pencha en avant subitement pour recracher un épais filet de bile.
- Tu n'as pas trop mal, j'espère ?
Ichigo grogna avant de retomber à genoux.
- C'est exactement ce que je disais. Ecoute bien Sensei, gamin. Règle numéro un : On ne devrait jamais contrarier un mec qui pourrait nous tuer en clignant des yeux. Byakuya Kuchiki par exemple ? On était dans la même promo. Il ne fallait pas le chercher, je suis bien placer pour le savoir, je le cherchais souvent. Alors qu'est-ce qui t'es passé par la tête ? Je veux dire... C'était physique... T'es un doc pour les gosses après tout. Tu as peut-être des penchants ?
Ichigo avait beau avoir les poumons en feux. Il se redressa et fonça dans le tas. Gin et lui allèrent percuter un bloc de rochers avant de s'écraser au sol dans un enchevêtrement de membres.
- Sérieusement, tu croyais qu'il apprécierait que tu te tape le portrait craché de sa femme ? Tu le voyais t'autoriser à forniquer avec sa sœur hors mariage. Je ne serais pas étonné s'il avait décidé de la garder enfermé dans son donjon jusqu'à la fin de ses jours à cause de toi. La pauvre malheureuse, elle doit être en train de t'attendre, d'espérer que tu viennes la sauver. Pauvre chérie, elle sera déçu cette fois !
Ichigo se redressa pour frapper et frapper encore. À l'aveugle presque... il fallait juste qu'il le fasse taire.
- Tu pensais que la Soul Society, c'était quoi ? Le club libertin des dieux de la mort ?
Ichigo recracha un nouveau filet de bile ensanglanté. Gin partit dans un fou rire tout aussi rouge.
- Je la retrouverais ! Je donnerais tout !
- C'est vrai ? Tu es un peu maso, Ichigo. Ça, je l'ai deviné dès notre première rencontre !
- Ta gueule !
Ichigo tenta d'attraper Gin par le col, mais celui-ci bondit hors de son emprise avant de lui assener un violent coup de genou. Shinji s'interposa enfin, balayant Gin d'un coup de pied. Son crâne se fractura sous l'impact. Son gigai se mit à saigner à son tour.
- Tu veux crever, Ichimaru. Tu le touche encore et...
- Et quoi, Cinquième Division ?
Ichigo tenta de reprendre son souffle. Il empoigna la terre sablonneuse à pleines mains. Ses larmes arrosèrent le sol aride lentement.
- Tu abandonnes ?
- Non ! Non ! Non ! Jamais !
- Mais tu n'essayes même pas ? Ou peut-être que tu essayes vraiment ? Auquel cas, ce serait pire. Je suis désolé mais ton cas est désespéré ! Je peux pas aider quelqu'un qui ne fait aucun effort.
- Gin !
Le vizard se plaça entre les deux hommes.
- Ichigo, ça va ?
Gin toisa Shinji du regard.
- Et tu ne me demande pas si ça va ? C'est beau tant de camaraderie.
- Reste où tu es, Ichimaru.
- Tu veux le protéger ? Je t'en prie, vas-y. Il a vraiment besoin d'aide, ce petit.
Shinji se rapprocha d'Ichigo pour l'aider à se relever.
- Stop ! Plus un pas... Je vais bien. Reste où tu es, Shinji.
Ichigo se redressa le regard hagard.
- Tu vois, il en redemande.
- Ichigo, ne l'écoute pas. Cela prendra du temps mais tu retrouveras tes pouvoirs. Comme lorsque tu es venu nous voir ? On va trouver une solution.
- Je vais bien, Shinji.
- Non, tu ne vas pas bien, Ichigo. Tu passes tes journées à faire l'inventaire de ce qui ne va pas dans ta petite vie. Oh ton boulot est dur ! Des mômes crèvent ! Ton complexe de supériorité ( qui a une vie à lui tout seul ) n'arrive pas à empêcher l'inévitable d'arriver ! Oh ! Je me suis fait une dette monumentale auprès de requins. J'ai claqué le fric en bonbon et cigarette ? Non ! En prostituées ? En jeux ? Même pas ! Non, j'ai claqué le fric pour payer l'opération d'une fillette malade ! Quel héros tu fais ?
- Gin ! Plus un mot.
- Bouh ! Mes amis ne me suivent plus comme des toutous. Je me suis rendu compte qu'ils avaient une vie en dehors de moi ! Bouh ! Je me suis pas branlé depuis une éternité !
- Gin, ça suffit.
- Mes pouvoirs ont disparu, je suis horriblement ordinaire. Ouh je meurs !
Ichigo et Gin se jaugèrent du regard.
- Tu es tellement humain. Ca papote vraiment là-dedans ! Mais en attendant, tu ne peux pas te concentrer sur l'essentiel, Ichigo. Tu viens me parler d'Enkeikuroryū ! Reste à ta place. Tu peux à peine entrer en méditation dans l'état dans lequel tu te trouves. Tu ne sais pas ce que tu veux. Humain un jour... Shinigami la semaine d'après. Tu t'es bercé d'illusions si tu penses que tu peux être tout ça à la fois sans avoir à faire de choix. Sans avoir à faire de sacrifice ! On ne peut faire les choses à demi.
Ichigo essuya le sang sur ses lèvres d'un revers de manche.
- C'est pour ça que tu as trahie tes compagnons d'armes et même la femme que tu aimais ?
Gin hocha la tête tout sourire.
- Exactement. C'est dans l'ordre des choses. On se sacrifie pour obtenir ce que l'on désire. On donne pour recevoir et tout le baratin. Il y a toujours un échange de bons procédés avec la nature. Tu crois qu'avoir un reiatsu important est gratuit. Non. Cela vient avec son lot d'ennuis. Si tu veux du pouvoir, tu dois être prêt à sacrifier ce que tu as de plus cher. C'est ce qu'Urahara s'est bien gardé de t'enseigner ! Il ne fait jamais face lui-même aux conséquences de ses actes.
- Je me suis pas sacrifier assez selon toi !
- Tu n'es qu'un enfant gâté. Ce genre de faux efforts ! C'était bon quand t'avais 15 ans ! Mais il faut te réveiller, l'univers ne va pas t'accommoder parce que tu lui parais sympathique. Le roi des Esprits ne sort pas souvent de son palais pour admirer les paysages et ses loyaux sujets. Il n'en a même strictement rien à foutre de toi. Ce type ne doit aimer personne. Parce que les types qui ont du pouvoir, c'est bien connu, ils ne savent pas aimer. Fais un choix ou abandonnes et marie-toi avec la première Candy que le Destin aura bien voulu mettre sur ton chemin, et puis fait nous tous plaisir, prends des rides et crève. Qu'on en parle plus !
Gin remit les mains dans ses poches. Shinji baissa la tête.
- T'étais pas obligé, Gin !
- Argh, c'est pas comme s'il aura une illumination subite. Rassure-toi ! Cela fait dix ans. Cela se saurait si ça travaillait là-dedans. Bonne nuit !
Gin se dirigea vers l'échelle. Ichigo fixa le sol.
- Je quitterais l'hopital.
Gin s'arrêta sur la première marche. Il écarquilla les yeux. Pendant une fraction de seconde, il dévisagea Ichigo comme s'il ne croyait pas ce qu'il venait d'entendre.
- Je quitterais l'hôpital sur mes termes.
- Tu abandonneras ce pourquoi tu as travaillé pendant dix ans ?
- Je veux redevenir un shinigami. C'est ma seule ambition.
- Très bien, j'ai deux autres conditions que tu devras remplir mon cher disciple avant que je ne te prodigue mon enseignement.
- Lesquels ?
- Je veux que tu m'amènes la rouquine.
- Quoi ? Orihime ?
- Oui, tu la ramène ici. Tu lui demandes gentiment ou méchamment, je m'en fous. C'est une tâche simple, non ?
- Pourquoi ?
- Ce ne sont pas tes affaires.
- Ichigo... Je t'en prie.
- C'est bon, Shinji ! Tu voulais aussi qu'il soit à nouveau réuni. Tu ne te serais pas donné tout ce mal avec Yoruichi sinon.
- Si tu touches à un seul cheveu d'Orihime...
- Ne fais pas de menaces en l'air, petit. De toute manière, je veux simplement lui parler. Rien de bien méchant !
Ichigo déglutit avec peine et se dirigea à son tour vers l'escalier. Il passa devant Gin.
- C'est bon. J'irais la voir.
- Il reste une dernière chose.
Ichigo s'arrêta à mi-chemin.
- Quoi encore !
- J'avais bien dit que j'avais trois conditions.
Gin lui montra trois doigts.
- Ceci est ma dernière condition et la plus importante. Pour t'aider à récupérer ta copine, j'ai besoin d'un objet qui m'est chère. Je veux que tu récupère un objet pour moi chez Urahara. Plus précisément dans son laboratoire.
Shinji et Ichigo échangèrent des regards inquiets. Ichigo redoutait déjà ce que Gin allait dire.
- Je veux que tu m'apportes Shinsō. Je veux retrouver mon zanpakutō.
Shinji Hirako
Ancien capitaine de la cinquième division
Vizard
Amateur d'oursons en gelée
Shinji avait souvent eu le cul entre deux chaises mais jusque-là Hiyori avait toujours été là pour botter le postérieur en question dans la bonne direction.
On disait que dix ans c'était le temps de tout perdre et le temps de tout reconstruire. Shinji Hirako avait certainement perdu beaucoup. Mais en ce qui concernait la reconstruction, il se posait là en toute honnêteté. Il avait tenté de ne pas paniquer quand Ichigo avait juste mentionné l'Enkeikuroryū. Il avait écouté l'esprit ouvert. Il avait eu envie de lui donner... leur donner aussi bien à Ichigo qu'à Gin le bénéfice du doute. Mais Gin était comme Aizen. On ne savait jamais sur quels pieds danser avec lui. Il avait gardé l'un près d'un demi-siècle et vivait avec l'autre depuis dix ans. Une minute, il vous sauvait la vie. La minute d'après, il tentait de vous étrangler dans votre sommeil. Voilà, le genre de type qu'était Ichimaru ! La pire racaille d'Inuzuri ! Il n'y avait pas exactement d'amour perdu entre eux.
La cohabitation avait même été parfois difficile. Ce qu'il admettait volontiers, c'est d'avoir commis des erreurs lui aussi. Cela avait été une erreur de laisser Hiyori capturer Gin quand il l'avait retrouvé à moitié mort dans une allée à l'agonie. Hiyori avait été immédiatement pris d'une envie de revanche. Après tout, Gin avait été à deux doigts de découper en deux la jeune femme pendant la guerre d'Hiver. Si elle n'avait pas reçu les soins d'Unohana, elle y serait restée...
Plus tôt.
Il l'avait emprisonné. Personne n'avait vraiment protesté. Personne ne portait vraiment Ichimaru dans son cœur. L'idée de pouvoir lui rendre ne serait-ce qu'un peu de la monnaie de sa pièce avait fait son chemin dans toutes les têtes, y compris la sienne. Cela devait durer un jour. Cela avait durée des semaines... des mois. Petit à petit, le groupe avait commencé à se disputer. Il y avait les partisans de la torture, Hiyori et Lisa. Il y avait les autres. Rose était partie retrouvé sa famille au Seireitei. Après tout, il avait laissé derrière lui une femme et une fille pendant son exil. Love, Kensei, et Hachi était resté même s'ils désapprouvaient vraiment les méthodes d'Hiyori. Et lui, il était resté au milieu. Il n'était pas arrivé à se décider. Il ne comptait plus les fois où il avait demandé à Hiyori de relâcher Gin ou de mettre définitivement fin à ses jours. Elle avait à chaque fois fait la sourde oreille. Il avait toujours su que cela finirait mal. Quand les héros adoptent les méthodes des vilains dans les comics, c'était à chaque fois la même chose.
Et puis le drame était arrivé ! Jusqu'à ce jour, il ne savait pas ce qui s'était passé. C'était le trou noir. Une seconde, ils étaient en train de déjeuner, la seconde d'après, ils étaient attaqué par... Peut-être par les dieux eux-mêmes, s'il devait croire à ce genre de chose. Hiyori avait crié son nom et l'instant d'après, elle n'était plus que chair et sang sur le mur. Il avait hurlé et hurlé. Le sang avait giclé et Lisa était partie tout aussi brusquement. Il n'avait pas eu le temps d'avertir Kensei, Love et Hachi. Tout était devenu noir comme si on avait éteint la lumière. Il s'était réveillé plusieurs semaines plus tard chez Urahara.
Gin, malgré les mauvais traitements, lui avait sauvé la vie, du moins c'est ce qu'Ichigo avait dit. Il avait donc été obligé de lui accorder le bénéfice du doute. Mais vraiment, il n'y avait pas assez de couleuvres dans le monde pour qu'on lui fasse avaler que Gin Ichimaru était entièrement passé du côté des gentils. Sérieusement ?
Gin Ichimaru.
Déjà, personne ne le connaissait. Il était bien comme Aizen. Qui était-il avant d'entrer à l'académie ? D'où venait-il ? Il n'en avait aucune idée.
Gin avait le chic pour retourner chaque situation à son avantage. Il ne pouvait pas faire l'impasse dessus et Ichigo non plus. Surement, il n'était pas si naïf.
- Je veux que tu m'apportes Shinsō. Je veux retrouver mon zanpakutō.
Les premières demandes de Gin lui avait déjà hérissé le poil dans le mauvais sens. Mais ça c'était la cerise sur le gâteau. Ichigo et lui échangèrent un regard.
Ichigo reprit la parole.
- Shinsō ?
Gin acquiesça avec un grimace.
- Shinsō.
- On s'était mis d'accord.
- J'avais accepté en position de faiblesse de donner des gages de ma bonne foi. Cela fait dix ans, et force est de constater que Gin a été sage. Je n'ai fait cuire aucun bébé dans une marmite depuis au moins une éternité. Je crois que j'ai dépassé ma période de probation. En toute honnêteté, ce zanpakutō est un tel sociopathe, qu'à l'époque, j'étais content de m'en débarrasser. Mais aujourd'hui, son sens de l'humour et nos balades sur la plage au coucher de soleil me manquent. On a un nouveau deal ?
Surement, Ichigo n'allait pas tomber dans le panneau.
- On a un deal ?
Ichigo poussa un soupir.
- Deal.
- J'adore négocier avec toi, petit. Tu es si raisonnable.
Gin jeta un dernier coup d'œil dans leur direction avant de disparaître par la trappe ouverte.
- Ichigo...
- Je sais ce que je fais.
- Vraiment ? Je n'en suis pas sûr. Tu ne devrais pas lui faire confiance.
- Quelques choses me dit que si.
- Est-ce que tu as perdu la tête ? Crois-moi, je comprends ta situation. Tu te vois offert la possibilité d'obtenir tout ce que tu n'as jamais désiré. Mais Gin...
- J'ai besoin que tu m'aides.
- Non.
- Tu es le seul à être resté en bon terme avec Urahara et Yoruichi. Tu ne penses pas que cela paraitra suspect si je demandais du jour au lendemain à faire un tour dans son labo.
- Tu as perdu les pédales si tu penses que j'irais voler le zanpakutō d'Ichimaru ! Tu t'entends un peu ? Tu n'es pas toi-même !
Ichigo retourna sur ses pas et regarda Shinji dans les yeux.
- Non, je ne suis pas moi-même, Shinji ! Tu n'es pas non plus toi-même ! J'ai essayé la méthode d'Urahara. J'ai essayé ta méthode. Et, où cela m'a-t-il mené ?
- C'est bon ! Je vois où tu veux en venir.
- Je n'ai pas envie d'attendre passivement que mon monde s'effondre à nouveau. Je vais retrouver mes pouvoirs et retrouver les bâtards qui ont fait ça à Lisa et Hiyori.
Il y avait une telle détermination dans les yeux d'Ichigo que Shinji ne sut quoi opposer à sa logique. Il finit par hocher la tête.
