Chapitre 3

Info ou Intox ?

Le ninja borgne aux cheveux gris terminait son rapport à son supérieur. Les coudes sur le bureau et le menton posé sur le dos de ses deux mains jointes, celui-ci paraissait plongé dans un abîme de pensée. Le ninja, imaginant son chef concentré sur son rapport, acheva son exposé :

- Et donc, pour en finir, je n'ai relevé aucun signe d'activité de la part de l' Akatsuki autour de Konoha.

Aucune réponse. Kakashi, posa une main sur sa hanche et reprit :

- Les membres de ce groupuscule ont l'air de se tenir tranquilles mais ça ne durera pas.

Toujours aucune réaction. Le ninja copieur insista :

- Euh, Minato-sensei, vous m'écoutez ?

- Est-ce que tu crois que j'ai raison de lui faire confiance ? Après tout, je ne sais rien de lui à part ce qu'il a bien voulu me dire et comment savoir ce qui est vrai ? La seule chose qui soit certaine, c'est que c'est mon fils. Mon cœur me dit d'avoir confiance en lui mais ma raison, elle, m'incite à la prudence. Alors que dois-je faire ?

- Je comprends ce que vous voulez dire. Moi aussi, mon instinct me dicte de lui faire confiance mais la sécurité du village prime avant tout. On ne sait rien du tout de lui. Juste ce qu'il a pu nous dire et allez savoir ce qu'il y a de vrai là-dedans. Si ses intentions étaient hostiles….

- Tu as raison, Kakashi. Je suis l'Hokage, et quoi que mon cœur me dise, je ne peux pas faire prendre le moindre risque au village. Convoque Inoichi Yamanake à l'hôpital. Racontes-lui ce qui se passe et qu'il me rejoigne dans la chambre de mon fils immédiatement !

- Bien, Hokage-sama. Je vais le chercher tout de suite.

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Naruto lisait son livre fétiche : Chroniques d'un ninja courageux. Il avait beau le connaître par cœur, il prenait toujours autant de plaisir à le parcourir. Dévorer les chapitres de cet ouvrage, c'était un peu faire revivre Ero-sennin, le légendaire héros de Konoha et auteur de quelques-unes des œuvres les plus controversées de Konoha. Il eut un sourire en abordant son passage préféré, celui où le héros combat un ninja ennemi et s'exclame qu'il n'abandonne jamais. Bon, après ça, je me couche, il est quand même déjà quatre heures du matin, pensa-t-il.

Le bruit d'une porte lui fit lever la tête de sa lecture. Son père venait d'entrer, la mine grave presque lugubre. Un homme aux cheveux châtain clair rassemblé en queue de cheval le suivait. Naruto se leva du matelas posé par terre qui lui servait de couchage. L'administrateur de l'hôpital, en apprenant que le lit du blondinet était pulvérisé pour la seconde fois, s'était exclamé qu'il n'avait pas le budget nécessaire pour remplacer le lit d'un patient toutes les semaines et que ledit patient n'avait plus qu'à s'en passer ! Naruto salua son père respectueusement et adressa un signe de tête à l'inconnu.

- Qu'est-ce que vous venez faire ici de si bon matin !

- Naruto, je te présente Inoichi Yamanaka, de la section interrogatoire. Pour le bien du village, je te demande de coopérer avec lui. Comprends-moi bien : je suis persuadé que cet interrogatoire est inutile et que tu es bien l'homme de confiance que j'imagine mais tu voyages avec un membre de la Racine et cette organisation n'est pas nette. Pour le bien du village, je dois écarter tout possibilité d'erreur. Je t'en prie, mon fils, ne le prend pas mal et essaye de me comprendre !

Naruto pinça les lèvres, mécontent, mais après avoir boudé quelques minutes, les joues gonflées comme celles d'un hamster, il prit la parole :

- Je comprends, tu n'as aucune preuve que ce que je t'ai dit est vrai. Si j'étais hokage, je ferais sûrement la même chose. Allons-y, plus vite nous commencerons, plus vite nous en aurons fini. Que dois-je faire ?

- Détendez-vous, Naruto-san et laissez-moi pénétrer votre esprit.

Inoichi Yamanake posa une de ses mains sur le front de Naruto et se fit propulser loin de lui. Naruto soupira :

- Pardon, c'est Kyubi, il me protège contre les attaques mentales. J'ai eu le même problème pendant mon apprentissage au mont Myobuku. Allons le voir !

Naruto attrapa la main de chacun des deux hommes et les emmena avec lui dans son espace mental. La cellule de Kyubi avait beaucoup changé. Naruto en ayant eu assez des jérémiades du renard concernant l'insalubrité des lieux, s'était décidé à l'aménager. Exit donc les murs lépreux, les flaques d'eau au sol et l'obscurité. À la place, des murs blancs, lumineux et un sol parfaitement sec mettaient en valeur le sceau et les barreaux qui maintenait Kyubi en détention.

- Kyubi, je t'amène de la visite !

- Yondaime ! Tu viens me narguer jusqu'ici ! Naruto, laisse-moi sortir que je le bouffe !

- Pas question que je te laisse bouffer mon père ! et arrête de jouer au Grand Méchant Démon avec moi, ça ne marche plus depuis longtemps ! Si tu veux ton panier pour Noël, collabore ! Kyubi, j'ai besoin que tu laisses l'accès à mon esprit à cet homme, ajouta-t-il en désignant Inoichi. Je dois prouver ma bonne foi au village.

- Après tout ce que tu as fait pour eux, ces ingrats mériteraient qu'on les laisse se débrouiller.

- Kyubi, nous sommes dans un monde parallèle. Ici, j'ai encore rien fait pour le village, je n'existe même pas, ou plutôt si mais je suis une fille…Enfin c'est pas le propos.

- Un monde parallèle ? Ce serait amusant si… Non, ce serait vraiment énorme comme coïncidence. Et pourtant…. Non ça ne se peut pas….

- Kyubi ! s'exclama Naruto, exaspéré par les cogitations du renard. Si tu partageais tes réflexions avec nous ?

- C'est juste que… Il y a plusieurs siècles maintenant, les démons à queues furent exilés dans le monde que tu connais. Je me disais juste que ce serait une drôle de coïncidence si tu avais été envoyé dans mon monde d'origine, c'est tout. Bon, c'est Ok pour l'accès à ton esprit mais seulement pour deux petites heures !

- Ça me suffira, assura Inoichi. Merci Kyubi-sama.

- Kyubi-Sama ? Enfin quelqu'un qui s'adresse à moi avec le respect qui m'est dû ! s'enorgueillit le renard.

Les trois hommes se retrouvèrent à nouveau dans la chambre d'hôpital. Inoichi Yamanaka posa une main sur le front de Naruto et visionna à grande vitesse chaque journée de la vie du blondinet. Quand il eut fini, il posa la main sur l'épaule de Naruto :

- Tu es vraiment incroyable. Quand je pense à tout ce que tu as souffert pour l'amour du village ! Tout ce que tu as subi dans ton enfance, toutes les épreuves que tu as endurées, ça en aurait brisé plus d'un !

- Oh, vous savez, je n'ai aucun mérite, j'avais Sakura, mamie Tsunade et tous mes amis pour me soutenir. C'est grâce à eux que je n'ai pas mal fini. Sans oublier les ramen d'Ichiraku qui m'ont convaincu qu'il y avait quelque chose à sauver dans ce village, s'exclama-il en riant.

Les deux hommes s'esclaffèrent puis reprit leur sérieux. Minato se tourna vers son subordonné et lui demanda :

- Alors, pas de danger pour Konoha ?

- Absolument aucun danger pour Konoha sauf que…

- Sauf que…releva Minato.

- Et bien votre fils n'est pas très sûr des motivations de son ami de la Racine, il serait peut-être prudent de le sonder aussi avant de le laisser quitter la clinique.

- De toute manière, j'ai l'intention de sonder chacun des membres de cette équipe. À présent, allons voir Sakura. Naruto, Emiko passera te prendre vers dix heures pour te faire faire les boutiques. Si tu veux un petit conseil, repose-toi tant que tu peux car tu vas devoir visiter chaque échoppe de fond en comble !

Naruto jeta un coup d'œil au réveil qui trônait sur la table de nuit. Six heures, parfait, ça lui laissait quatre heures de sommeil à rattraper. Cette séance de sondage mental l'avait épuisé.Sans attendre que ses visiteurs aient passé la porte, il se recoucha.

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- Naruto, grouille ! On n'a pas toute la journée ! Si tu veux qu'on fasse les boutiques, faut y aller !

Naruto grogna et se retourna de l'autre coté, la couette par-dessus la tête. Emiko, puisque c'était elle, attrapa le matelas et, rassemblant toutes ses forces, le retourna, propulsant son frère au sol. Celui-ci râla pour la forme mais se décida tout de même à se lever. Il attrapa son pantalon et fila sous la douche. Emiko sortit du sac qu'elle avait apporté un T-shirt rouge ainsi qu'une veste noire appartenant à son père. Naruto ne pouvait quand même pas se balader dans Konoha torse nu. Non pas qu'elle ait l'impression que son frère soit très pudique mais il était le fils de l'Hokage et en tant que tel, il se devait d'avoir une tenue correcte ! Et foi d'Emiko, il l'aurait ! Quelqu'un frappa à la porte, la tirant de ses pensées. Sakura entra dans la chambre et s'immobilisa net en voyant la jeune femme. Ses sourcils se froncèrent et une grosse veine pulsa sur sa tempe, signe certain de colère.

- Naruto ! quand vas-tu cesser d'utiliser cette technique de pervers ! Je vais t'apprendre, s'exclama-t-elle en envoyant une calotte made in Sakura en direction de la pauvre Emiko. Celle-ci, assommée pour le compte, s'écroula au sol sans un bruit.

Naruto choisit ce moment pour sortir de la salle de bain. Sakura, interdite, regarda à tour de rôle son coéquipier et sa victime, ébahie. Naruto avisa sa sœur à terre et comprit tout de suite ce qui c'était passé. Il commença à gesticuler en vociférant :

- Non, mais ça va pas la tête ! qu'est ce qui t'a pris de frapper ma sœur ? Faut vraiment que tu penses à te calmer ! Emiko, ajouta-t-il tendrement en tapotant gentiment les joues de son double féminin. Constatant le manque de réaction de la blessée, il se tourna vers Sakura et lui intima, furieux :

- T'as plus qu'à la ranimer, maintenant ! Si tu l'as blessée, ça va être ta fête !

Sakura parut se ratatiner devant la colère de Naruto et l'énormité de sa bourde. Elle tricota avec ses doigts, penaude, et articula misérablement :

- Je suis désolée.

- Mais qu'est-ce que t'attends pour la soigner ? le déluge ? Ohé, Emiko, réveille-toi !

Sakura s'agenouilla à coté de sa victime et commença à diffuser son chakra à travers ses mains. Emiko battit des cils et finit par reprendre conscience.

- Tu vas mieux ? demanda Sakura, je suis désolée, c'est ma faute. Quand je t'ai vu, j'ai cru que c'était encore ce maudit sexyjutsu de Naruto. Je n'ai pas réfléchi. Je suis vraiment désolée. Pardonne-moi !

- Sexy jutsu ? mais qu'est-ce que c'est que ça ?

- Naruto, montre-lui, soupira Sakura .Un dessin vaut mieux qu'un long discours…

- Ok mais tu cognes pas !

Naruto esquissa les gestes appropriés et disparut dans un nuage de fumée, laissant apparaître sa version féminine…en tout point semblable à sa sœur. Celle-ci, bluffée, en resta bouche bée.

- Mais qu'est-ce que c'est que cette technique de pervers ? T'es tout nu en plus !

- Tu comprends mieux maintenant pourquoi je t'ai frappée ?

- Mon frère est un pervers !

- Bon, n'en rajoutez pas les filles !s'exclama Naruto, agacé.

- Mon frère est un pervers….

- C'est bon, tu vas t'en remettre ? J'ai inventé ça à l'académie, y'a prescription !

- A l'académie ? Ouiiiin, mon frère est un pervers précoce ! pleurnicha Emiko pour enquiquiner son frère.

Voyant la réaction de Naruto, mélange d'agacement et de gêne, Sakura décida d'entrer dans le jeu d'Emiko :

- Faut dire qu'il a des excuses. Au début, c'était juste une technique pour embêter Iruka et Ebisu. Mais avec les deux plus grands pervers de Konoha comme sensei, ce n'est pas étonnant qu'il l'ait autant perfectionnée !

- Sakura ! C'est bon maintenant ! c'est juste une technique, ce n'est pas comme si je faisais des trucs louches !

- C'est pas louche, ça ? s'exclamèrent les deux filles dans un bel ensemble.

- Ohé, Vous n'allez pas m'en faire une montagne, non plus !

Les deux filles éclatèrent de rire devant les joues rouges et l'air embarrassé de Naruto. Celui-ci réalisa soudain qu'il était victime d'une conspiration et après avoir lancé un « oh, les chieuses ! » éclata de rire avec elles. Sakura retourna dans sa chambre quand Emiko rappela à son frère qu'ils devaient faire les boutiques. Naruto attrapa son sac à dos, descendit à l'accueil signer l'autorisation de sortie et suivit sa sœur dans les rues de Konoha.

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Naruto se laissa traîner en râlant dans une énième boutique. Sa sœur était une véritable accro du shopping. Ça faisait trois heures qu'ils écumaient les magasins pour le rhabiller. Emiko donnait son avis sur tout et était déterminée à ce qu'il ait une tenue appropriée pour chaque occasion. Mais là, Naruto en avait assez…et fit un gros caprice :

- Emiko, ça suffit ! j'ai assez de fringues pour m'habiller pendant un an sans faire de lessive ! J'en ai marre et j'ai mal aux pieds. Je veux rentrer !

- T'es bien un mec, toi ! (elle soupira de manière théâtrale) D'accord, on rentre, d'ailleurs Papa m'a dit de ne pas trop te fatiguer. Allez viens, je vais te faire visiter la maison.

Emiko se dirigea vers le quartier résidentiel de Konoha. Naruto eut un choc : le quartier Uchiwa qu'il avait toujours connu désert et silencieux était métamorphosé. Des enfants jouaient dans les rues, des gens discutaient, les bruits des diverses activités artisanales se faisaient entendre. Deux jeunes hommes aux cheveux et aux yeux noirs devisaient entre eux. Leurs traits accusaient une forte ressemblance. Naruto les reconnut immédiatement : Itachi et Sasuke Uchiwa. Les frères ennemis paraissaient en excellents termes. Décidément, il avait l'impression d'être dans un épisode de la quatrième dimension. Cette impression d'étrangeté qui ne le quittait pas n'était pas près de se dissiper. Ils arrivèrent dans un secteur de la ville que Naruto ne reconnut pas. Ils passèrent sous une arche indiquant le quartier Namikaze. Les rues étaient larges, bien entretenues, les immeubles cossus, le quartier était selon toute vraisemblance assez huppé. Ils arrivèrent en vue d'un manoir. Emiko poussa le portail, traversa le jardin et conduisit Naruto jusqu'à sa chambre. Celle-ci était claire et spacieuse avec ses murs beiges, son parquet en chêne clair. Un lit deux places trônait au milieu de la pièce, la tête plaquée contre le mur. Un bureau, plaqué contre le mur opposé et une bibliothèque complétait l'ameublement. Une porte sur la gauche menait à la salle de bain tandis qu'une autre menait à un immense dressing room. Naruto se dirigea vers celui-ci et commença à ranger ses vêtements à l'intérieur. Emiko sourit et s'approcha pour l'aider. Naruto décida d'aller voir Sakura avant qu'elle ne sorte le lendemain.