Titre : Phileo, Storge, Eros, Agape
Auteur : ylg
Base : Saiyūki
Personnages/Couple : Cho Gonō/Cho Kanan
Genre : UST
Gradation : PG-13 / T
Disclaimer : propriété de Minekura Kazuya, je ne cherche pas à me faire de sous avec.
Thème : 2#2, « amour » pour 5 sens
Nombre de mots : 950
oOo
Comme les choses changent et se transforment ! En quelques semaines à peine, Gonō et Kanan se sont transformés de deux inconnus sans atomes crochus en fratrie complice inséparables. On croirait presque des jumeaux soudés, et leurs camarades versés dans la biologie plaisantent là-dessus.
« Vous êtes certains d'être de genre opposé ? De ne pas être des vrais jumeaux identiques, en fait ? Ou une paire de chimères ? »
Qu'ils rient tous les deux à la plaisanterie est le signe d'une grande avancée. Un progrès net de la part de Gonō : lui qui, il y a si peu de temps encore, n'aimait pas du tout les gens et ne recherchait la compagnie de personne ! Il y a maintenant au moins une personne à laquelle il s'ouvre, et grâce à elle, il se découvre plus accessible aux autres en général.
Et c'est un changement pour Kanan elle aussi : autrefois, elle n'aurait jamais accepté qu'on se moque, même sans méchanceté, de sa famille.
Elle lui raconte. Il l'écoute. Ils font connaissance.
Lui n'avait plus de souvenir d'elle, elle n'avait que de rêves à confronter à la réalité.
Elle se dévoile, il la laisse faire. Il aime la voir faire.
Il l'apprend et puis, à son tour, sa coquille percée, il se met à lui dire...
Ils partagent et confrontent ; leurs caractères, leurs goûts, leur histoire l'un sans l'autre. Ils remplissent mutuellement leurs vides. Ce que l'un n'a pas, l'autre peut remplacer. Ils acceptent leurs différences comme des compléments sans s'en inquiéter.
Ils finissent par connaître l'autre encore mieux qu'eux-mêmes, à pouvoir prédire ses réactions. Même s'ils ne mélangent pas leurs personnalités, ils pourraient presque, s'ils le voulaient, jouer à les échanger. Mais ils ne le feront pas, pas plus qu'ils n'harmoniseraient plus qu'elle ne l'est déjà naturellement leur apparence physique.
Maintenant qu'ils savent, leur parenté semble évidente à tout le monde. Mais de l'avoir découverte il y a si peu rend la chose étrangement exotique à leurs yeux. Ils ne se lassent pas de se contempler mutuellement.
La façon dont ses yeux le cherchent, et s'illuminent quand elle le trouve ! L'arc décrit par la tresse, et la lumière qui rend blonds ses cheveux châtains, le bas de sa jupe qui vole autour de ses jambes... Pour Gonō, Kanan a toujours quelque chose de plus visible que les autres filles. Et pas juste parce qu'il n'a jamais fait très attention aux autres avant de la rencontrer elle.
La façon dont ses yeux sont toujours là pour veiller sur elle, et s'adoucissent quand elle lui sourit... l'ombre portée par sa frange sombre sur ses yeux verts, la prestance de ses épaules d'homme, la force et la grâce à la fois de ses mains qui écrivent ; Kanan sait que son Gonō a quelque chose de différents des autres garçons de leur âge.
Quelque chose qui remue en dedans quand leurs regards se rencontrent, quand leurs mains se touchent. Ils tiennent énormément l'un à l'autre, he bien, c'est normal ! Mais il y a quelque chose d'exclusif dans l'affection qu'ils se portent mutuellement, au détriment des autres parfois.
Ce quelque chose se double d'un désir physique de plus en plus difficile à nier et à rationaliser ; il est encore prématuré de mettre des mots dessus, de reconnaître, d'avouer...
Ce n'est plus juste de l'amour fraternel dont ils avaient été privés qui se reforme. Ça n'est pas une amitié entre une fille et un garçon qui viennent de se rencontrer. L'affinité entre eux deux va tellement plus loin.
Il existe plusieurs formes d'amour, dit-on, et la leur, découvrent-ils secrètement, c'est une passion de jeunes gens. Des jeunes gens avec peut-être moins d'idéaux que leurs pairs, ayant déjà expérimenté avec les côtés durs de la vie plus jeunes, mais toujours pleins d'espoir sur l'avenir et sur l'amour.
Ils en arrivent à un point où parler d'eux-mêmes devient dangereux et où pourtant, parler des autres est encore plus blessant.
« Tu es tellement populaire auprès des garçons !
- Mes amies me le disent, oui.
- Je serais si malheureux si tu te trouvais un fiancé.
- Même pas heureux pour moi ?
- Ce serait bien mais non, je suis trop égoïste. Je serais triste de te voir passer moins de temps avec moi à cause d'un autre.
- Pauvre garçon !
- Tu n'as pas idée. »
Et parce que parler devient difficile, et que leur soif de connaître l'autre ne s'éteint pas, le langage du corps remplace la parole. Ils apprennent les limites des gestes qu'ils peuvent se permettre : se tenir la main en toute occasion, le bras éventuellement ; se prendre dans leurs bras, se serrer fort quand ils se retrouvent ou sont sur le point de devoir se quitter de nouveau ; et respirer l'odeur de ses cheveux, de sa peau à cette occasion seulement s'ils sont seuls.
Leurs journées se passent toujours à se croiser autant qu'ils peuvent y contraindre leur emploi du temps, et bientôt ils en font autant la nuit. Des rêves, parfois étranges, et de plus en plus explicites, les visitent. Et toujours, de plus en plus dévorant, ce désir bien réel de s'embrasser
Si c'était juste une manifestation d'un manque, que ça s'efface en passant plus de temps ensemble !
Mais non au contraire, ça s'exacerbe avec le temps, avec la proximité.
Les yeux dans les yeux, ils pourraient presque être sûr d'y lire des sentiments en miroir.
« Tu sais. Moi... je t'aime plus que je ne le devrais.
- On ne peut pas aimer trop.
- Mais on peut aimer mal.
- Je n'y crois pas. »
Les mots glissent dans leur étreinte
les yeux se ferment
les corps se rapprochent
tête contre épaule
les cœurs se cachent
pour ne pas risquer de dévoiler trop tôt ce à quoi ils croient vraiment.
