Défi (très difficile à trouver) du chapitre précédent : Sam doit raconter un truc très embarassant.
Personne n'a trouvé, vous vous relachez là!
Le défi de ce chapitre est tellement débile que vous risquez de ne même pas trouver. Si vous pensiez que le coup du canard en plastique était naze, vous étiez loin du compte! Mon confrère Moht, ne m'a pas fait de cadeau!
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Un caddie pour l'enfer
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Karma
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Aïe.
C'est tout ce qui vint à l'esprit de Dean quand il ouvrit les yeux. Aïe à la tête, aïe aux mains, aïe aux côtes, aïe au genoux… aïe partout en fait.
Il essaya de se relever et dû s'y reprendre à deux fois. Quelque chose était tombé sur lui. Plusieurs quelques choses en fait. Tout le rayon papier toilette.
Fort heureusement mieux valait se prendre ça dans la tronche que des boîtes de conserves car au final seul l'égo de Dean était blessé, son corps quant à lui, allait plutôt bien.
Il n'empêche, se prendre tout un rayon de magasin sur le coin de la gueule, ça a tendance à assommer son homme. Il ne savait pas du tout depuis combien de temps il était la dessous, certainement pas si longtemps que ça vu que Sammy n'était pas là, en train de faire une crise de spasmophilie. Si son frère l'avait vu dans cet état, non seulement il serait devenu tout bleu - oui parce que quand Sam paniquait, il ne devenait pas livide comme tout le monde, non, il virait au bleu - il serait devenu tout bleu donc et aurait agité les bras dans tous les sens en criant à la fin du monde.
Dieu sait qu'il aimait son frère mais parfois, il le trouvait quand même légèrement hystérique. Surtout depuis le deal. Si Sam avait toujours eu un côté excessif dans ses démonstrations d'angoisse, le pacte qu'avait conclu Dean avait littéralement sublimé sa propension à la panique.
Et c'est Dean que ça rendait complètement dingue. Après tout c'était son deal, c'était lui qui allait mourir. Si quelqu'un devait paniquer ici, ça devait être lui ! Mais non, comme d'habitude Sam tirait la couverture à lui, il fallait toujours qu'il ait le dernier mot, le dernier cookie ou, en l'occurrence, la dernière crise d'angoisse.
Toujours pour lui.
La plupart du temps, ça ne dérangeait pas Dean. C'est vrai, c'était son rôle de prendre soin de sa famille, sa mission. Il avait toujours fait ça de bon cœur, parce qu'il le voulait et pas parce qu'il se sentait obligé. Mais aujourd'hui ça devenait plus difficile. Parce que môssieur 'centre du monde Sam', n'était plus tout seul à paniquer. Dean avait l'impression que le sol se dérobait sous chacun de ses pas. Bientôt il allait passer au travers et disparaître à tout jamais dans un monde de souffrance et il n'avait pas le droit d'avoir peur.
Il devait être fort pour Sam. Malgré toutes les sérénades que lui chantait son cadet sur le fait de s'ouvrir et autres conneries larmoyantes, il ne disait rien. Parce que Sam n'avait pas la moindre idée de ce qu'il se passerait si Dean s'ouvrait. Dean lui même ne savait pas, mais ce ne serait pas beau à voir. C'était beaucoup trop noir à l'intérieur.
Toujours est il que Sam le traitait comme s'il était atteint d'une maladie grave et qu'il risquait de se briser en deux au moindre mouvement.
« Il me fait chier quand je parle, il me fait chier quand je pisse… il est toujours sur mon dos… » bougonna Dean à voix haute. « Depuis quand est ce que c'est moi qu'il faut protéger dans cette famille, hein ? C'est moi le grand frère ! C'est moi qui protège. L'enfer j'en ai rien à foutre, j'ai pas peur! Pas peur du tout! »
Il ne savait pas trop pourquoi il baragouinait ça maintenant. Certainement parce qu'il venait de se faire assommer par une montagne de PQ, ou peut être parce que le poteau contre lequel il était adossé était un bon interlocuteur. Lui au moins, il ne lui enverrai pas ces yeux de chien battu en pleurnichant sur son sort. Parfois Dean avait envie de foutre des baffes à son frère.
« Hey ho Sammy ! Réveille toi ! C'est bibi qui va en enfer, toi t'as juste à poser tes fesses et à vivre ta vie de tarte aux pommes et de pelouse parfaite. Alors arrête de paniquer ! ».
Dean se rendit compte qu'il était en train de parler tout seul, enfin… avec un poteau, au moment où il tomba sur le regard éberlué de Chris.
« Je vais bien. » Lança-t-il comme si les trois mots n'en formaient qu'un seul.
« Euh… vous êtes sûr ? » Demanda le garçon sceptique.
Il regardait Dean comme s'il risquait d'exploser à tout instant.
« Super. »
« Vous avez trouvé Violet ? »
Violet… ah oui ! Putain Violet ! La fille en petit morceaux ! Dean se rappela tout à coup ce qu'il faisait là, il était en mission sauvetage de nymphomane. Encore un superbe réussite à la Winchester… Des petits morceau de la fille devaient traîner un peu partout et l'aîné espérait vraiment que Chris ne tombe pas dessus. Pas qu'il en ai grand chose à foutre que le gosse soit traumatisé à vie, c'était surtout que se serait plus difficile de gérer une bande d'hystériques qu'une bande de mortifiés.
Bon... Si. Au fond, il devait admettre que quelque part ça le travaillait un peu d'être responsable de la depression d'un gosse, mais à la chasse Dean était professionel, tactique, stratégique. Il devait raisonner comme un chasseur, et pas comme un humain. C'est cette capacité à prendre de la distance qui fait la différence entre un chasseur vivant et un chasseur mort.
Tant qu'ils ne savaient pas exactement ce qu'ils risquaient, les gens étaient tout disposés à croire les bobards de ceux qui prenaient le contrôle, en l'occurrence, Dean et son frère. Ils étaient tétanisés, mais ils écoutaient. En revanche, si la panique commençait à filtrer, alors là c'était le branle-bas de combat, sauve qui peut et advienne que pourra.
Dean avait vu des tas de gens paniquer dans sa vie et si vous êtes de la vieille école et que vous croyez encore que c'est les femmes et les enfants d'abord, vous vous fourrez le doigt dans l'œil jusqu'au coude. A la guerre comme à la guerre. L'instinct de survie, c'est chacun pour sa gueule et si je dois trucider mon prochain pour avoir une chance, ne croyez pas que j'hésiterai. La panique est un poison volatile qui contamine les gens à la vitesse grand V et qui les conduit à faire des choses stupides. Un peu comme dans les films de zombies.
Oui, Dean avait vu des tas de gens paniquer dans sa vie. Il y avait ceux qui hurlaient à la mort, ceux qui faisaient le mort, d'autres qui mourraient vraiment. Juste comme ça. Hop, on éteint la lumière. En même temps c'était une vieille de 84 ans… Quoi qu'il en soit, la panique foutait toujours la merde dans une situation qui pourrait éventuellement s'arranger en restant concentré et pragmatique.
Une montagne de PQ sur la gueule plus tard, Dean n'était plus vraiment concentré mais il restait toujours pragmatique, c'était inscrit dans ses gênes. Alors oui, il espérait que Chris ne voit pas ce qu'il restait de son horripilante petite amie parce que ce serait vraiment trop chiant à gérer.
Heureusement, le jeune garçon n'envisagea pas de soulever les rouleaux de papier toilette pour rechercher sa bien aimée et Dean pu s'en sortir en répondant simplement « Pas vue. »
Par contre, il avait vu autre chose. L'horrible croque-mort avec son horrible fouet. Il avait disparu maintenant, évidemment. Soit le fantôme ne savait vraiment pas viser, soit il n'avait pas voulu le tuer. Sachant ce qu'il savait sur les créatures surnaturelles, Dean accordait beaucoup plus de crédit à la seconde option. Mais pourquoi l'épargner ? De tous les gens enfermés cette nuit, il était probablement le plus menaçant pour ce genre de créature. Enfin, lui et Sam bien sur.
...SAM !
Ni une ni deux, ignorant totalement Chris qui criait derrière lui, Dean se mit à courir à perdre haleine vers l'endroit où il avait laissé son frère. Sauf que l'un des cris de Chris fut différent des autres.
Entre « Dean ! où est ce que tu vas ! » et « Attends moi ! », un véritable cri d'agonie.
Le dilemme cornélien ne dura qu'une toute petite seconde dans le cerveau de l'aîné des Winchester, mais il était bien là : rejoindre son frère qui pouvait être en danger ou sauver un parfait inconnu qui était en danger. Une seconde, pas plus, mais c'était suffisant pour semer la panique dans la tête de Dean. Et comme nous le savons tous, la panique, ce n'est jamais bon. Mais parce qu'il était entraîné, conditionné et parce qu'il ne pourrait plus jamais se regarder dans un miroir s'il ne le faisait pas, Dean se retourna vers Chris.
Le jeune garçon était accroupi sur le sol et se tenait une main. Il gémissait de douleur.
« Est ce que ça va ? »
« J'ai glissé… » balbutia Chris.
Dean leva les yeux au ciel. Mon dieu mais qui lui avait refourgué une telle bande de bras cassés ? Il avait dû faire un truc terrible dans une vie antérieure, c'était pas possible autrement. Les indiens croyaient au karma, une sorte d'équilibre cosmique : si tu fais le mal, il t'arrivera de mauvaises chose, si tu fais le bien, il t'arrivera de bonne choses. Dean n'était pas croyant, mais disons qu'il était ouvert d'esprit. La limite avant qu'il ne dise 'c'est impossible' était beaucoup, beaucoup, beaucoup, plus loin que celle d'une personne normale.
Le karma ? A ranger avec les licornes, les anges et les lutins : une belle connerie en haut de la Bullcrap List du surnaturel.
Sans déconner.
Il passait ses journées à sauver des gens. Enfin… quand il n'était pas en train de manger, de dormir ou de baiser. Quoi qu'il en soit, si vous cherchez la définition de l'ingratitude dans le dictionnaire vous trouverez certainement le nom de Dean Winchester quelque part. Oh, il ne demandait pas grand chose. Après tout, la chasse était une vocation, un mode de vie et s'il l'avait choisit, ce n'était certainement pas pour la rétribution. Mais quand même... de temps en temps il apprécierait que le vent tourne un peu en leur faveur. Juste un petit peu…
Une vie sauvée, un pneu de l'impala éclate. Un drame évité, Sam teint tout ses sous vêtements en rose (ça fait Stanford et ça ne sait pas utiliser une machine à laver….)
J't'en foutrais du karma…
Et ce soir ce n'était pas différent.
« Tu t'es cassé quelque chose ? » Demanda Dean en approchant à hauteur du garçon qui se tenait toujours la main.
« Non… je me suis brûlé… »
« Brûlé ? En tombant ? » S'étonna Dean.
Il s'accroupit pour regarder la blessure. La paume était bel et bien brûlée. Rien d'alarmant, mais ça devait effectivement faire un mal de chien. Dean regarda autour de lui pour trouver la cause de cette étrange blessure.
A quelques centimètres de Chris, il y avait un sorte de petite flaque qui faisait des bulles. L'aîné des Winchester leva la tête, ils n'étaient ni au rayon lessive, ni produit d'entretien. Lentement il approcha le nez de l'étrange flaque et il se recula vivement. Ca puait, c'était infâme. C'était un joyeux mélange de sang, d'eau croupie, de vomi et de souffre.
Du souffre. Ce sentait le démon à plein nez. Mais qu'est ce qui avait bien pu provoquer ça ? L'homme au fouet ? Si les démons commençaient à se soulager au milieu des allées de supermarché Dean pourrait certainement crier au et fort qu'il avait vraiment, vraiment, tout vu. Il plongea à peine le bout du doigt dans la petite marre bouillonnante et du le retirer aussitôt de douleur. C'était comme de l'acide.
Qu'est ce que c'était encore que cette nouvelle tambouille ? Les démons semblaient vraiment sans limite dans l'art et la manière d'inventer de nouvelles façon de tuer les gens. Qu'est ce que je vous sert aujourd'hui ? Au menu nous avons un croque-mort increvable armé d'un fouet géant et une pluie d'acide, au choix, service à volonté.
Dean aida Chris à se relever, et après une nouvelle inspection de la main le déclara apte à bouger et notamment, à aller rejoindre les autres. Tout à coup, un vacarme terrible les fit sursauter. On aurait dit qu'on tirait à la mitraillette. Automatiquement Dean pointa son arme, mais ne savait pas sur quoi, vu qu'il n'y avait rien à voir. Une montagne de boîte de conserve venait de s'effondrer à l'autre bout du rayon.
Une ombre se dessina sur le sol. L'oreille aiguisée de Dean discerna des bruits de pas. C'était léger et furtif, mais c'était là.
« Charlie ! » S'écria Chris.
Ne jamais hurler à côté de quelqu'un qui tient une arme et qui est en pleine concentration. Le coup parti tout seul. Dean ne sentit même pas son doigt appuyer sur la gâchette, il encaissa juste le recul.
« Non ! » Cria quelqu'un.
C'est très étrange dans ces cas là. La scène se passe en quelques secondes, mais on a l'impression qu'elle se déroule au ralentit. Dean eut le temps de voir le visage de son frère au moment où il tournait au coin du rayon. Il eut le temps de voir la tête des autres, les yeux grands ouverts, ébahis. Il eut le temps de voir l'impact. Il vit parfaitement Sam reculer d'un coup, tomber à la renverse.
C'était lent, très lent.
Dean voyait chacun des mouvements image par image. Les pieds de son frère qui décollaient, tout sont corps qui suivait le mouvement de l'impact sur sa poitrine, la chute en arrière, la rencontre avec le sol. Une collision lourde. Près de deux mètres de muscles abattus en une seule fois.
Dean avait gardé le bras tendu et au bout tremblait l'arme fumante. Seul les néons du générateur osaient troubler le silence de mort avec leur grésillement.
Il avait deux armes à sa ceinture. Une avec des balles en argent, l'autre chargée au sel. Il n'avait pas réfléchit quand il l'avait attrapée. Il avait entendu du bruit et agit par réflexe.
Balle en argent ou gros sel ? Balle en argent ou gros sel ? Balle en argent ou gros sel ? Réfléchis Dean ! REFLECHIS !
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DEX
