Titre : Quand magie et sciences se rencontrent

Chapitre : 3

Fandom(s) : Harry Potter/Fringe

Genre : Crossover, aventure

Word count : 4327

Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas mais ils sont la propriété de leur créateur respectif

Chapitre 3

Lorsqu'il se réveilla, bien des heures plus tard, la journée était déjà bien entamée. Il fallait bien admettre qu'il avait été se coucher très tard et il n'était donc pas très étonnant qu'il n'ait pas réussi à se sortir de son sommeil avant presque midi. Spécialement en prenant en compte le fait que, pour une fois, il n'avait pas été dérangé par les images macabres des nuits de tortures que Voldemort se plaisait à organiser pour ses servants.

Pour Harry, cela venait assurément du fait du décalage horaire entre leur pays de résidence. Il savait que Voldemort tendait à opérer durant la nuit, du fait de la plus grande facilité à passer inaperçu et, bien entendu, que ses mangemorts avaient des emplois. C'était pour cela qu'il pouvait tout voir lorsqu'il était endormi. Seulement, comme la nuit en Angleterre se trouvait être la journée en Amérique et vice versa, le décalage horaire était assez grand pour permettre à Harry de se reposer sans avoir peur de ce qu'il pourrait voir.

Malheureusement, cette bonne nouvelle ne pouvait guère effacer la menace qui planait à nouveau au dessus de sa tête et à laquelle Harry devait se préparer. Avec les mangemorts aussi en Amérique, il était de nouveau en danger et, cette fois-ci, sans personne sur qui pouvoir compter autour de lui. Il lui faudrait donc se montrer extrêmement prudent. Il savait bien qu'il ne pouvait se permettre le luxe de rester caché, pas lorsqu'il avait une mission à accomplir, mais il devait se comporter de manière réfléchie, ce qui le changeait de l'habitude.

Alors qu'il se préparait, prenant une douche et dévorant le délicieux petit déjeuner que lui avait préparé Tinker, il repensa à tout ce qu'il avait appris la nuit dernière sur ce qu'il s'était passé récemment dans la vie de Bishop. Enfin, de Walter, comme il devait maintenant se référer à lui dans son esprit. Avec la présence de Peter dans l'histoire, cela deviendrait vite difficile de s'y retrouver sinon.

Le docteur avait été libéré de l'hôpital psychiatrique il y avait bien quelques moins maintenant et, il fallait l'admettre, cela était une très bonne chose. Au moins, étant dehors, il avait plus de chance de pouvoir échapper aux mangemorts et il serait également plus facile à Harry de garder un œil sur lui pour le protéger. Deux autres problèmes se posaient, par contre.

Le premier était bien sûr la présence continue de Peter au côté de son père. Si celui-ci n'était pas au courant de l'existence de la magie, Harry savait qu'il allait être quasiment impossible pour lui d'avertir Walter. Après tout, il fallait bien que Peter s'arrange pour ne pas avoir à renvoyer son père en asile psychiatrique et cela voudrait dire essayer de minimiser ses délires. Il allait voir Harry comme une menace à ceci. Mais, pour l'instant, il s'agissait là d'un problème secondaire.

Le problème principal, par contre, était comment retrouver l'homme à présent. Il n'avait absolument aucune idée de l'endroit où il résidait car son dossier n'en faisait aucune mention. Il savait également qu'il serait difficile de se procurer cette information sur le net parce que toutes les données qu'il avait pu trouver à son sujet datait d'avant son enfermement. Il avait, apparemment, disparu de la circulation pour le reste du monde.

Harry savait que la sécurité intérieure avait fait ressortir Walter. Pour le jeune sorcier, cela voulait très certainement dire qu'ils avaient besoin de ses compétences. Prenant cela en compte, il était plus qu'évident qu'eux devaient posséder des renseignements tels que son adresse actuelle et moyen de contact. Bien entendu, Harry ne pouvait guère se pointer à leur bureau et espérer une réponse à ses questions. Non seulement, ils ne les lui fourniraient pas mais il y avait de grandes chances qu'il se retrouve illico presto en salle d'interrogatoire à devoir répondre à toute une série de question s'étalant de la raison pour laquelle il cherchait Walter jusqu'à pour qui il travaillait. Il se voyait mal admettre la vérité, sachant qu'il y avait très peu de chance pour qu'il tombe sur une personne au curant de l'existence du monde des sorciers.

Il lui fallait donc tenter sa chance autre part. Il savait de part les informations sur les relations entre autorités magiques et non magiques que le Ministère de la Magie devait avoir quelques contacts avec les autorités non-magiques et qu'il était donc probable que les employés de ce dernier puisse avoir accès aux informations dont Harry avait besoin. Seulement, est-ce qu'ils accepteraient de renseigner Harry ? Les Américains n'étaient pour l'instant pas mêlés à la guerre contre Voldemort, allaient-ils briser le statut quo et risquer de se retrouver visés ?

Il n'y avait vraiment qu'une seule manière de le savoir et c'était de prendre rendez-vous avec quelqu'un là-bas. Comme il ne connaissait pas du tout la hiérarchie du Ministère ni à qui il devait s'adresser pour une telle requête, il n'y avait qu'une seule personne à laquelle il puisse écrire, c'était le Premier Ministre lui-même…. Ou plutôt, elle-même, d'après les informations de la grand-mère de Neville, qui lui avait envoyé avec sa première lettre quelques données sur la situation politique en Amérique.

Il s'attela donc à écrire une courte et concise missive qu'il envoya sans tarder avec Hedwige, revenue quelques heures auparavant. Il espérait de tout cœur que la réponse de cette femme serait positive et qu'il obtiendrait un rendez-vous assez rapidement car, si ce n'était pas le cas, il n'y avait de grandes chances pour que la vie d'un homme soit perdue.

En attendant de recevoir la réponse, Harry se mit à réfléchir à ses projets pour l'année à venir. Comme il s'y était déjà résolu au moment de son départ, il ne retournerait pas à Poudlard pour sa sixième année. Il lui fallait une possibilité de s'entraîner et, si possible, très loin de Dumbledore et des personnes qui le suivaient sans y réfléchir.

D'un autre côté, il ne pouvait tout de même pas se permettre d'arrêter complètement son éducation magique. La seule solution qu'il lui restait était donc de trouver une école qui puisse le prendre. Il avait déjà entendu parler de l'Académie de Salem mais il n'avait aucune idée de si c'était faisable. Non seulement, il n'avait absolument aucune idée des résultats de ses BUSES et ne les recevraient sûrement pas, mais il ne savait pas non plus si l'école acceptait des transferts. En plus, la rentrée approchait à grand pas.

De plus, la question de sa nationalité s'imposait. Il avait la nationalité anglaise et il ne savait pas s'il lui était possible de rester vivre longtemps dans le pays sans en changer s'il souhaitait avoir tous les mêmes droits que ses concitoyens. Lui était-il même possible d'aller à Salem s'il n'était pas Américain ? Il faudrait également qu'il s'informe de cela auprès des autorités.

Harry soupira. Il y avait tellement de questions qui se bousculaient dans sa tête. L'année dernière, tout avait encore été si facile, même avec la menace de Voldemort, planant sur sa tête comme une épée de Damoclès. Il avait encore eu son parrain, ses amis, même un mentor, bien que ce dernier ait déjà commencé à s'éloigner quelque peu. Il avait eu des personnes sur qui compter pour prendre les bonnes décisions. Maintenant, il pouvait demander conseil à Luna et Neville, bien sûr, mais il y avait des choses pour lesquelles ils ne pourraient pas aider, des choses pour lesquelles il lui faudrait un adulte à qui se confier. Mais qui pourrait bien prendre le rôle du mentor ? Le rôle du grand frère ? Pas celui du père, car cela serait toujours réservé à Sirius. Mais il avait besoin d'un modèle et il ne savait simplement pas qui choisir parce qu'il n'y avait absolument pas de candidat parmi qui choisir.

Harry bondit de sa chaise d'un coup, ne pouvait supporter de rester une seule seconde de plus sans rien faire. Il devait attendre la réponse du Ministre pour pouvoir continuer sa quête, cela ne voulait pas dire qu'il devait rester cloîtré chez lui. Il pouvait très bien sortir et faire une promenade.

Après avoir passé plus d'un mois enfermé chez les Dursley, il en avait bien besoin. Malgré tout, il fallait bien qu'il admette que cet enfermement forcé avant tout de même eu le mérite de lui laisser le temps de ressasser les événements de l'année précédente, en long, en large et en travers, et surtout de faire son deuil. Il n'avait pas eu grand-chose d'autre à quoi penser pendant qu'il se trouvait sous les bons soins de sa famille, et il avait réussi à mettre tout cela derrière lui.

Bien sûr, il ressentait toujours de la tristesse en pensant à Sirius, en ressentirait certainement toujours, et à ce qui aurait pu être si la vie s'était comportée autrement. Mais il n'était plus en risque de sombrer dans une dépression comme il aurait pu le penser au début de l'été. Il comprenait maintenant que Sirius était parti de la manière dont il l'aurait souhaité et que cela n'avait pas été de sa faute, malgré le fait qu'il ait contribué aux événements qui avaient amené son parrain au Département des Mystères.

Il appela Tinker pour l'informer de ses intentions et prit sa clef, ainsi que le portauloin qu'il avait suspendu au bout d'une chaîne, comme un médaillon. Heureusement que Gringott avait un esprit pratique et avait fabriqué ceux-ci en forme de pièce d'or, percée. Il sortit ensuite de la maison et se lança sur le chemin, décidant de visiter un peu le quartier.

A cette heure-ci, tout le monde était encore au travail, bien entendu. Par conséquent, les routes étaient calmes. Cela fit du bien à Harry qui se mit à rêvasser, chose qu'il lui était très facile de faire lorsqu'il était en mouvement constant et répété comme cela. C'était exactement la même que lorsqu'il montait son balai, pour le plaisir évidemment.

Il ignorait pendant combien de temps est-ce qu'il s'était promené sans regarder où il allait mais il fut soudainement interrompu par l'arrivée impromptue d'une chouette qui laissa tomber une enveloppe dans sa main. Harry en fut étonné, pensant que les lettres arriveraient chez lui, mais il l'ouvrit néanmoins immédiatement, s'emparant du morceau de parchemin.

A peine eut-il touché le papier qu'il sentit la sensation familière et désagréable caractérisant le début d'un voyage en portauloin. Pendant quelques instants, il eut la terrifiante pensée que le courrier était piégé, venant de Voldemort et qu'il allait se retrouver face à lui mais, lorsqu'il vit que le décor l'entourant était un bureau accueillant et chaleureux et que le visage qui lui faisait face était celui d'une femme d'une quarantaine d'année, il comprit qu'il était en fait au Ministère de la Magie. Il ne put que se sentir soulagé.

« Je m'excuse de vous avoir fait venir ce cette manière quelque peu surprenante et non conventionnelle, Monsieur Potter, » s'excusa immédiatement la sorcière. « Votre demande me semblait être de la plus grande importance et j'ai donc jugé bon de vous faire venir immédiatement. Je me présente, je suis Anita Chase, Ministre de la Magie des Etats-Unis d'Amérique. »

Elle lui tendit la main et Harry la serra sans la moindre hésitation. Elle semblait différente de Fudge, très différente, et pour Harry, cela ne pouvait être qu'une bonne chose. Elle paraissait également savoir ce qu'elle voulait et en venir droit au but. Cela changeait vivement des politiciens qu'il avait rencontré jusque là.

« Enchanté, Madame la Ministre. Je suis vraiment navré de vous prendre votre temps mais il s'agit de quelque chose d'extrêmement important. »

La femme hocha la tête et lui fit signe de prendre place dans un des fauteuils. Elle s'assit en face de lui.

« Si vous me disiez exactement de quoi il en retourne. Vous êtes resté très vague dans votre lettre. »

« Je sais, j'avais peur qu'elle ne soit interceptée. »

Il la vit faire un signe de tête et réalisa qu'elle avait probablement deviné par elle-même qu'il s'agissait là de la raison.

« Je suppose que vous êtes au courant du retour de Voldemort ? »

« Oui, je vois que le Ministre Fudge, » commença-t-elle, ne se gênant pas pour laisser transparaître le mépris qu'elle ressentait à l'égard de l'homme. « A finalement admis ses fautes. Mais j'ai bien peur de ne pas voir ce que cela a à voir avec votre présence sur le territoire américain. »

« Je vais essayer de faire cours, Madame. Voldemort a décidé d'éliminer tous les anciens membres de la résistance et la personne en charge refuse de les prévenir ou protéger. Un de ces membres se trouve actuellement en Amérique et souhaitais pouvoir le rencontrer pour l'avertir du danger. Je sais que les Etats-Unis ne sont pas concernés par cette menace et je comprends que vous ne souhaitiez pas commencer une guerre. Je ne vous demande pas de mettre certains de vos hommes sur l'affaire ou quoi que ce soit dans le genre. La seule chose dont j'ai besoin, c'est de renseignements. »

« Monsieur Potter, je vous assure que j'utiliserais tous les moyens nécessaires pour stopper Voldemort s'il représentait un quelconque danger pour un citoyen américain. Mais si avertir cet homme est tout ce que vous souhaitez faire, je ne comprends pas pourquoi est-ce que vous auriez besoin de moi. Il suffit de lui envoyer un courrier. »

Elle semblait étonnement sincère et Harry était dès à présent certain qu'elle l'aiderait de son mieux, tout en essayant de rester en dehors de la guerre. Il put sentir un poids s'évaporer de sa poitrine.

« C'est homme n'est pas un sorcier. Il s'agit de quelqu'un qui ne possède aucune magie. »

Harry pouvait voir l'étonnement de Madame Chase et, alors qu'elle semblait sur le point d'ouvrir la bouche pour commenter, il reprit, lui assénant le coup de grâce métaphorique.

« Il est également un consultant pour la sécurité du territoire. Il s'agit du docteur Walter Bishop. »

Elle referma la bouche et s'appuya contre le dossier de son siège. Elle resta muette pendant quelques instants, regardant Harry avec insistance, avant de se reprendre.

« Je dois dire que ce n'est pas vraiment ce à quoi je m'attendais. Je n'arrive pas à croire que Dumbledore ait mêlé un non-sorcier à son organisation. Vous ne pensiez tout de même que je n'étais au courant de ce qu'était l'Ordre, Monsieur Potter, » ajouta-t-elle avec un rire lorsqu'elle vit son air étonné. « Je devrais être capable de vous trouver les informations dont vous avez besoin. Cela peut prendre au moins un jour, j'espère que vous comprenez. »

Harry hocha la tête. Il aurait, bien entendu, préféré que cela ne soit pas si long, mais il savait très bien que Madame Chase n' pouvait absolument rien. L'administration était comme cela.

« Était-ce là tout ce dont vous souhaitiez me parler, Monsieur Potter ? » demanda-t-elle gentiment.

Harry hésita quelques secondes puis se dit qu'il n'avait rien à perdre à se renseigner sur les autres questions.

« En fait, j'avais d'autres questions mais je pense qu'il doit y avoir des services au Ministère qui s'en occupe nt plus particulièrement. Je ne devrais pas vous faire perdre votre temps avec ça. »

« C'est moi qui vous le demande, » lui rappela-t-elle.

Harry acquiesça et se lança.

« Voilà. En fait, je n'ai pas vraiment l'intention de retourner en Angleterre cette année. Je pense que quand je le ferai, ce ne sera pas pour très longtemps, juste le temps de régler une affaire, » commença Harry, ne mentionnant rien du combat qui aurait lieu entre lui et Voldemort. « En fait, je souhaiterais m'installer définitivement aux USA. »

« Vous voudriez vous faire transférer dans une école ici ? »

« Si cela est possible oui. Mais ce n'est pas tout. Je voudrais aussi faire une demande pour obtenir la nationalité américaine. »

Cela étonna quelque peu le Ministre, mais elle ne le laissa pas trop paraître.

« Normalement, l'obtention de la nationalité n'est pas aisée. Je crois, néanmoins, que dans le cas présent, nous pouvons faire une exception. Principalement parce que je pense que vous en avez surtout besoin pour éviter d'être rapatrié de force en Angleterre, ce que je pense être une méthode que Dumbledore serait capable d'utiliser. Il devrait être possible de vous obtenir cela dans le courant du mois de septembre. Je regrette de vous dire qu'il ne sera pas possible de le faire plus tôt. »

La mâchoire d'Harry se décrocha.

« Cela me va très bien. Je pensais que cela prendrait des mois ou même des années ! » s'exclama-t-il.

« Normalement, je dois dire que cela serait le cas. Comme je l'ai dit, nous pouvons faire une exception pour cette fois. Mais passons à votre transfert. Avez-vous une école précise en tête ? »

« Je ne sais pas trop, à vrai dire, » admit Harry. « La seule dont j'ai entendu parler est celle de Salem. Mais j'aurais aimé savoir s'il était possible d'avoir une école qui ne fasse pas pensionnat. »

« Salem offre cette possibilité, en fait. Certains élèves préfèrent rester à l'école tout au long de l'année, excepté pendant les vacances. D'autres rentrent chez eux chaque week-end et certains font les allers-retours tous les jours. Je suppose que vous souhaiteriez la dernière possibilité ? »

Harry acquiesça. C'était la meilleure solution s'il voulait pouvoir s'entraîner comme il le désirait. Bien sûr, il ne pensait pas qu'admettre cela au Ministre serait une très bonne idée.

« Je n'ai pas les résultats de mes BUSES, » confessa Harry, espérant que cela ne poserait pas de problème. « Je ne sais pas si c'est possible de les demander en Angleterre sans que Dumbledore soit au courant ou si je dois les repasser. »

« Souhaitez-vous le faire ? » demanda Madame Chase.

Harry prit quelques secondes pour réfléchir. S'il les repassait, il était certain qu'il pourrait faire mieux. Non seulement, il serait plus concentré mais il avait également un peu révisé. Le problème était de savoir quand est-ce que cela passerait.

« Quand ont lieu les examens' »

« La séance de rattrapage a lieu la première semaine de septembre, » l'informa-t-elle puis, devant son air étonna, ajouta : « Les cours commencent à la mi-septembre et non le premier comme à Poudlard. Vu le peu de personnes passant ces examens, il est rapide des les corriger. Souhaiteriez-vous vous inscrire ? »

Harry hocha vigoureusement la tête.

« Merci beaucoup, Madame. Que dois-je faire ? »

« Je vous indiquerai où aller lorsque vous quitterez mon bureau et je contacterai personnellement la Directrice de Salem pour arranger votre entrée dans son établissement. Attendez-vous à recevoir une lettre de l'école très rapidement. »

« Merci, Madame, » dit encore une fois Harry, ne pouvant s'empêcher de penser qu'il avait répété ce mot plus de fois que jamais auparavant.

« J'aurai néanmoins un service à vous demander, Monsieur Potter. »

Harry grogna presque ; il savait que cela était trop beau.

« Je souhaiterais que vous me teniez informée de ce que vous savez sur les agissements de Voldemort et ses mangemorts dans mon pays. Je ne vous demande pas de m'avertir à la moindre information mais de m'écrire au moins une fois par mois pour me dire ce qu'il en est. Et, bien sûr, s'il y a quelque chose de très important, ainsi que si vous avez besoin de mon aide. »

La Ministre sourit à Harry, qui le lui rendit, ne pouvant pas croire qu'il s'agissait là du seul service qu'elle requerrait. Il s'agissait presque plus d'un service qu'elle rendait à Harry que l'inverse. Il semblerait vraiment qu'on ne puisse trouver personne plus différente de Fudge.

« Ce sera sans problème, Madame la Ministre, » déclara Harry.

« Je vous en prie, Monsieur Potter, si nous sommes en contact régulier, j'insiste pour que vous m'appeliez Anita. »

« Alors appelez-moi Harry. »

Les deux se serrèrent la main et Anita se leva, indiquant à Harry que l'entretien était terminé.

« Très bien Harry, » dit-elle en le menant vers la porte. « Je vais me renseigner sur l'adresse actuelle du docteur Bishop et je vous ferais parvenir les informations au plus tôt. Pour ce qui est de votre inscription aux examens, il vous faut vous rendre au deuxième étage et suivre la direction du service de l'éducation. Ils vous donneront tous les formulaires à compléter. »

« Bien, merci encore Mad- je veux dire Anita. »

Sur ces mots, il sortit de son bureau après lui avoir donné un dernier sourire et se dirigea prestement vers le service de l'éducation, content des progrès qu'il avait effectué ce jour-là.

*

Le lendemain, en fin d'après midi, alors qu'Harry était penché sur un livre de potions, essayant de rattraper tout le retard qu'il avait pu accumuler dans cette branche au fil des années avec les examens, une chouette arriva. Il leva les yeux et réceptionna la lettre, l'animal ne s'attardant pas, n'attendant apparemment aucune réponse.

Il déplia rapidement la lettre et un sourire vint étendre ses lèvres. Anita avait tenu parole et lui avait fait parvenir l'adresse de l'hôtel où résidaient les Bishop, ainsi que le numéro de leur chambre et l'adresse à utiliser pour se rendre à Boston en utilisant le réseau de cheminette. De plus, elle avait rajouté un post-scriptum.

Si vous avez besoin de prendre contact avec moi, il vous sera certainement plus rapide de me joindre sur mon portable. Je sais que vous êtes habitués à une séparation nette des technologies moldues et du monde des sorciers mais vous remarquerez vite que les choses sont un peu différentes en Amérique. Je vous joins ici mon numéro.

Et elle l'avait fait. Harry s'empressa de le rentrer dans la mémoire de son propre téléphone avant de fourrer l'enveloppe dans la poche de son jeans et de prendre les clefs.

« Tinker, je sors un moment ! »

« Bien sûr, Maître Harry. J'attends votre retour pour le souper. »

« Merci, Tinker. A bientôt ! »

Et avec ceci, Harry s'empara de la poudre de cheminette qui se trouvait sur le rebord du foyer. Il haïssait ce mode de transport encore plus que le portauloin, mais cela serait certainement le plus rapide. Il prit bien soin de prononcer distinctement l'adresse, ne souhaitant pas répéter l'aventure de son arrivée impromptue sur l'Allée des Embrumes. Il sortit incognito et, une fois dans les rues de Boston, héla un taxi, donnant l'adresse de l'hôtel.

Après avoir payé le taxi, il pénétra dans le hall d'entrée de l'hôtel et passa devant la réception sans même prendre le temps de s'y arrêter. Il avait, après tout, le numéro de chambre. Quand il fut arrivé à destination, il prit une grande inspiration et frappa à la porte, se mordant les lettres, n'étant toujours pas sûr de comment est-ce qu'il allait s'expliquer. Plus l'attente se faisait longue, plus son cœur battait fort. Il frappa à nouveau, n'obtenant pas plus de réponse.

Finalement, à bout de patience, il redescendit, se dirigeant cette fois-ci vers la réception.

« Excusez-moi ? » dit-il à la réceptionniste, une jeune femme d'une vingtaine d'année.

La jeune femme releva les yeux de son écran d'ordinateur et, tout de suite, un sourire vint gracier ses lèvres. Il fallait dire qu'avec son nouveau style de vêtement et les lentilles de contact qu'il avait décidé de s'offrir pour se débarrasser de ses montures, Harry paraissait quelques années de plus que son âge.

« Puis-je vous aider ? » demanda-t-elle d'un ton doux, semblant vouloir flirter avec lui.

Il décida de tourner cela à son avantage et se pencha vers elle, n'était pas vraiment sûr de ce qu'il faisait mais tentant tout de même le coup.

« En fait, je viens d'arriver à Boston et je devais rejoindre mon oncle et mon cousin. On m'a donné cette adresse et leur numéro de chambre seulement, il n'y a personne qui répond. J'aurai bien aimé savoir s'il y a une erreur dans mes renseignements ou s'ils ne sont tout simplement pas là en ce moment. »

« Bien sûr, » répondit-elle, lui jetant un regard interrogateur.

« Harry, je m'appelle Harry. »

« Enchantée, moi c'est Sarah. Est-ce que je peux voir les informations que vous avez ? »

Harry les lui donna, prenant soin de plier la lettre afin qu'elle ne puisse voir que l'adresse et le numéro de chambre.

« Oh, votre oncle est Monsieur Bishop ? Il est un peu…. »

« Etrange ? » proposa Harry.

Il n'avait jamais rencontré l'homme de sa vie mais, étant donné qu'il avait passé les dix-sept dernières années en institution, cela semblait une supposition raisonnable. Il avait apparemment visé juste car elle hocha la tête.

« En tout cas, je peux vous dire que lui et votre cousin sont sorti ce matin vers les onze heures, je venais d'arriver pour mon service. Mais ils ne sont jamais revenus. Est-ce que vous souhaitez les attendre ici ? »

« Non, » répondit Harry, se retenant de soupirer. « Je repasserais plus tard. »

« Très bien, si je les vois je leur dirai que vous êtes passé… »

« Non ! » s'exclama Harry. « Je veux dire, je suis là pour leur faire une surprise. Est-ce que vous pourriez garder le secret, pour moi ? »

La jeune femme rougit légèrement devant le regard insistant d'Harry et hocha la tête, saluant une dernière fois le sorcier qui ressortit sans être plus avancé qu'en arrivant. Il ne pouvait pas croire qu'il avait agi comme cela avec Sarah et savait déjà que cela n'allait pas devenir une habitude. Il ne se sentait pas vraiment à l'aise, bien qu'il apprécie la facilité avec laquelle cela lui avait permis de se procurer les renseignements dont il avait besoin.

La question qui se posait maintenant était où se trouvaient les Bishop ? Se pouvait-il que les mangemorts aient déjà frappé ?