Chapitre 4 : Jalousie
Alice trouvait Raymond extrêmement charmant. Et de toute évidence, c'était réciproque. Le jeune homme ne cessait de lui faire du plat et se montrait particulièrement attentionné avec elle. La journaliste avait de suite vu en lui la possibilité de faire rager Laurence, qui, malgré ce qu'il voulait faire croire, était évidemment très jaloux.
Avril n'aurait pas dû être au Majestic ce matin, car elle ne travaillait pas. Cependant, tant que le patron ne la voyait pas, elle pouvait laisser traîner ses yeux et ses oreilles dans le but de récolter quelques indices même si, il fallait bien le dire : les employés étaient plutôt secrets. Sauf Raymond, qui lui ne cessait des glisser des mots doux à la jolie rousse, lui décrochant toujours un grand sourire. Alice était très sensible aux compliments, elle n'était pas vraiment habituée à en recevoir. Elle savait qu'elle jouait un jeu dangereux et qu'elle risquait de perdre le Commissaire, mais après tout, elle ne pouvait pas être dépossédée de quelque chose qu'elle n'avait pas.
Elle aperçut Laurence entrer dans le cabaret alors qu'elle était en train de discuter avec son prétendant. Poursuivant toujours le même but, elle feignit de ne pas voir Swan et s'approcha un peu plus de son collègue qui la dévorait des yeux. Elle avait un sourire diablement séducteur plaqué sur le visage et était totalement consciente de l'effet que cela pouvait provoquer chez les hommes. Avril posa ses mains sur le torse de Raymond qui se mit à rougir comme un adolescent. Elle dut se contrôler pour ne pas rire, tant cette vision (et celle de Laurence en train de bouillir au fond de la pièce) était comique.
« Alors on dit ce soir, 20h ?
- Ça marche, Raymond. Ce soir, 20h. »
Elle déposa un baiser sur la joue de son courtisan, ce qui acheva le Commissaire. Il se précipita vers les deux jeunes gens, visiblement énervé.
« Non, ce n'est pas bon. Ce soir Mademoiselle Avril a rendez-vous avec la police !
- Bonjour Laurence ! Dites, ça a pas l'air d'aller mieux, vous. »
Le regard de défi et l'air triomphant qui animaient son visage firent comprendre à Swan qu'il venait de tomber dans le piège que lui avait tendu la jeune femme.
« Avril… »
Raymond, conscient qu'il venait de totalement disparaître aux yeux de celle qu'il convoitait, décida de s'en aller discrètement. Personne ne remarqua sa sortie.
« De toute façon, j'ai jamais de chance avec les femmes… »
Alice s'accouda au bar sans quitter son sourire. Elle était absolument fière d'elle. Elle trouvait Swan encore plus séduisant quand il était dans un tel état. D'autant plus lorsque cet état était provoqué par elle.
« Jaloux, Laurence ?
- Et de quoi ? De ce petit danseur de cabaret minable ? Non mais j'vous prie Avril, quand même ! Va falloir arrêter l'alcool ! »
Il vit le regard de la jeune femme changer alors qu'il prononçait ces mots. Il avait espéré la vexer pour lui rendre la monnaie de sa pièce, mais loupé : il n'avait fait que confirmer le fait qu'il était jaloux. Alice s'approcha de lui jusqu'à pouvoir sentir le souffle de son homme sur son visage. Il voulait paraître invulnérable, mais encore une fois, c'était raté. L'attirance qu'il éprouvait pour Avril était décelable à des kilomètres. Elle déposa sa main gauche sur la joue du Commissaire et caressa ses lèvres du bout de son pouce.
« Tu es jaloux, Laurence.
- C'est totalement faux. Tu n'as aucune preuve, Avril.
- Tu mens vraiment mal, parfois. »
Elle se hissa sur la pointe des pieds et embrassa le Commissaire qui n'attendit pas longtemps avant d'approfondir leur baiser. Il la plaqua contre le comptoir et passa ses mains sous les vêtements d'Alice. Il la voulait au plus près de lui, de suite, sans plus attendre. Il était devenu totalement dépendant d'elle. Avril, son remède contre la dépression entraînée par la mort de Maillol, était devenue sa nouvelle drogue. Après tout, le meilleur moyen de chasser une addiction n'était-il pas de la remplacer par une autre ?
« Hé, ça va là ? J'vous dérange pas trop ? »
La journaliste et le Commissaire se séparèrent d'un coup, encore haletants. C'était la deuxième fois qu'ils étaient ainsi surpris si les choses continuaient comme ça, les gens n'allaient pas tarder à jaser.
« Toi j'te paye pas pour coucher avec les clients, on n'est pas dans un bordel ici ! D'ailleurs tu travailles pas aujourd'hui, alors t'as rien à faire là. Allez, ouste ! »
Alice s'exécuta, ne voulant pas contrarier un peu plus le patron du cabaret. Elle adressa un clin d'œil et sourire aguicheurs à Laurence, puis fila en s'excusant auprès de son chef.
« Et vous, Monsieur, si vous voulez une fille, c'est pas ici que vous en trouverez. Nous sommes un établissement respectable, pas une maison close ! »
Swan soupira et attrapa sa carte de police, qu'il montra au gérant.
« Je le sais. Commissaire Laurence, j'enquête sur la mort de Ruby Rose. Et… Je connais très bien Mademoiselle Avril, qui, je vous l'assure, n'a rien d'une prostituée.
- Excusez-moi, Commissaire. C'est juste qu'il y a un an, une fille se servait du cabaret pour trouver ses clients et ça m'a valu pas mal d'ennuis… Depuis, je suis un peu frileux avec ce genre de situation…
- C'est à moi de m'excuser, notre comportement a été déplacé, mais je peux vous l'assurer : cela ne se reproduira plus. Auriez-vous un endroit un peu plus discret où nous pourrions discuter ? »
oOo
« Alors, avec Glissant, c'en est où ?
- Écoute Alice… Je crois bien que je suis amoureuse.
- Sérieux ?! C'est top ça Marlène !
- Et figure-toi, que pour lui c'est pareil. Il m'a dit « Marlène, la première fois que je t'ai vue, mon cœur a su que c'était toi, et la première fois que je t'ai entendue parler, ma raison a su que mon cœur avait vu juste ». C'est si romantique !
- Ouais, tu m'étonnes... En tout cas, je suis ravie pour toi. Enfin trouvé un homme bien qui pas seulement pour ton physique !
- Je suis si heureuse, si tu savais, Alice ! Et même le Commissaire est ravi pour moi.
- Quoi, cet ours était au courant ?
- C'est le Commissaire, voyons… Il sait toujours tout.
- Oh, pas toujours non, tu peux me croire… »
Alice fit quelques pas dans le bureau, passant ses doigts sur le dossier du fauteuil en cuir. L'odeur du parfum de Laurence était si présente dans cette partie de la pièce qu'on aurait pu croire qu'il était là. Sans s'en rendre compte, Avril s'était mise à sourire, ce que remarqua vite Marlène.
« Et toi, alors, les amours ?
- Oh bah moi, tu sais… Rien de spécial, hein !
- Alice, j'ai des yeux. Je vois les choses. »
La journaliste releva brusquement la tête vers son amie. Une angoisse soudaine s'empara d'elle. Avait-elle deviné pour Laurence et elle ?
« Tu n'es plus exactement la même depuis quelques jours. Tu es plus… souriante.
- Mais Marlène, j'souris tout l'temps !
- Oui, mais là, ce n'est pas le même sourire. Et puis, regarde toi : tu fais plus attention à comment tu t'habilles et tu as pris du temps pour te maquiller, ça se voit. Tu ne le fais jamais d'habitude.
- Non, mais c'est pour le boulot, faut être maquillée pour bosser au Majestic…
- Certes, mais aujourd'hui tu ne travailles pas. Allez, raconte-moi tout. »
La jolie secrétaire tapota sur son bureau, comme pour inviter Avril à s'y asseoir. Cette dernière prit une chaise, la posa face à Marlène puis s'assit dessus.
« Bon, puisque tu insistes… Il y a bien quelqu'un, c'est vrai.
- Quelqu'un ? Pas encore une femme, Alice ?
- Non Marlène, c'est bien un homme. » Avril ne put s'empêcher de sourire en se souvenant des attributs de son amant.
« Je le connais ? Il est comment ?
- Il est… grand, viril, séduisant… Vraiment très doué au pieu…
- Oh, Alice !
- Bah, quoi, tu m'as demandé, non ?
- Oui, mais bon… Et quoi d'autre ?
- Je me sens vraiment bien quand je suis avec lui. J'ai… J'ai l'impression que rien de mal ne peut m'arriver et… »
La journaliste sembla réfléchir un instant puis son visage se décomposa littéralement.
« Merde…
- Quoi, qu'est-ce qu'il se passe, Alice ?
- J'crois que j'suis amoureuse, Marlène.
- Mais c'est fantastique !
- Qu'est-ce qui est fantastique ? » demanda Laurence, qui fit son entrée à ce moment-là.
« Rien. »
Les deux en chœur, une fois de plus. S'il avait été question de Glissant, Marlène lui aurait dit, étant donné qu'il savait pour eux deux. Vu l'air perdu qu'Avril essayait de cacher, cela était forcément en rapport avec elle. Elle ne fuyait pas son regard. D'ailleurs, elle ne le regardait même pas, perdue dans ses pensées. Donc elle n'avait rien dit à Marlène à propos de leurs petits secrets. Sans savoir pourquoi, ce comportement de la part de la rousse inquiéta Laurence. Elle l'agaçait, le mettait à bout de nerfs très souvent, mais dès qu'elle n'avait plus l'air dans son assiette, il ne pouvait s'empêcher de se faire du mouron. Et encore plus maintenant…
« Avril, tout va bien ?
- Ouais… Vous avez appris des trucs au Majestic ? »
Elle avait fui le sujet et avait repris une attitude normale, comme si de rien n'était. Le Commissaire laissa passer quelques secondes avant de lui répondre, observant les traits de son visage à la recherche du moindre indice.
« Rien, mis à part que Joséphine avait un homme dans sa vie, et nous le connaissons…
- Ah oui ?
- Et oui, Marlène. Il s'agit de Marc Garrec, le beau-frère de Michel. »
Il traça un trait à la craie entre les photos des deux jeunes gens.
« Ouais, enfin ça j'le savais déjà, moi.
- Ah oui, et depuis quand Madame Irma ?
- Raymond me l'a dit hier, mais ça vous le sauriez déjà si vous m'aviez laissée parler tout à l'heure, au Majestic.
- Commissaire, ce n'est pas bien de ne pas écouter Avril !
- Rassurez-vous Marlène, elle aurait pu me donner ces informations si elle n'avait pas trouvé mieux à faire… »
Il aurait fallu être un bloc de marbre pour ne pas sentir la tension sexuelle qui venait de s'installer entre Laurence et la journaliste. Ils étaient chacun perdu dans le regard de l'autre, un sourire malicieux plaqué sur le visage. Il ne fallut pas longtemps à la secrétaire pour comprendre qu'il y avait là un sous-entendu à une chose dont elle ne savait rien. Elle alla s'asseoir et observa ses deux amis qui semblaient communiquer par télépathie. Marlène n'était pas bête et avait bien vu que la relation entre son supérieur et Alice était en train de se métamorphoser. Avril devenant plus femme, il était normal qu'elle plaise au Commissaire. Cependant, la jolie secrétaire ne s'imaginait pas que cela allait bien au-delà de la simple attirance.
Martin frappa à la porte, sortant les deux amants de leur discussion muette, puis entra.
« Commissaire, on a retrouvé l'Alpine A110 de Darrieux. Oh, bonjour Mademoiselle Avril !
- Salut Martin.
- Et qu'est-ce que ça peut bien me faire, que vous l'ayez retrouvée, cette voiture ?
- C'est-à-dire qu'elle a été incendiée, Commissaire. Et il y avait quelqu'un dedans. Quelqu'un de mort.
- Très bien, j'arrive. Merci Martin. »
Le jeune officier referma la porte et le regard de Laurence se posa de nouveau sur la jolie rousse.
« N'y pense même pas. »
Marlène releva la tête vers eux, croyant avoir mal entendu. L'avait-il vraiment tutoyée ?
« Allez, Laurence ! C'est génial pour l'enquête, ça va faire un papier de dingue !
- C'est non Avril. Tu… » Il croisa le regard ébahi de sa secrétaire et se reprit. « Vous restez là. Je suis déjà bien gentil de vous laisser autant de liberté, alors vous n'allez pas commencer à abuser.
- Ok, très bien…
- Et ne me suivez pas en scooter.
- Mais pourquoi ?!
- Je vous connais, Avril. Je sais à quel point vous êtes mal à l'aise face à un cadavre. Alors un cadavre brûlé, je n'ose même pas imaginer. »
Elle croisa les bras et bouda comme une enfant. Il ne put s'empêcher d'esquisser un sourire tant il la trouvait adorable.
« Bon, très bien. Mais je vous préviens : si vous vous sentez mal, vous vous débrouillerez toute seule ! »
Il tourna les talons et se dirigea vers la sortie sans l'attendre. Elle sautilla de joie puis le suivit rapidement, sans oublier de déposer un baiser sur la joue de Marlène.
oOo
« Laurence ?
- Oui Avril ?
- Vous croyez que Marlène se doute de quelque chose ? »
Le Commissaire quitta une seconda la route des yeux pour regarder Alice. Elle lui posait une vraie question, et la réponse semblait vraiment la préoccuper.
« Je… Je n'en sais rien. Elle est bien plus maligne qu'elle n'en a l'air et elle peut se montrer très observatrice parfois… Alors…
- Et si elle savait, ce serait grave ? »
Il détourna une nouvelle fois le regard vers elle puis réfléchit. À vrai dire, il n'en avait aucune idée. Plus le temps passait, plus il avait envie d'être avec Avril. D'être à Avril. Marlène le saurait bien un jour, de toute manière. Elle était loin d'être idiote.
Laurence gara la Facel Vega parmi les autres voitures de police, puis en descendit, rapidement imité par Avril qui armait son appareil photo. Ce n'était pas aujourd'hui qu'elle aurait sa réponse, visiblement.
« Re-bonjour, Commissaire.
- Martin.
- Monsieur, vous devriez peut-être dire à Mademoiselle Avril de rester à l'écart, c'est vraiment pas joli.
- Essayez donc vous-même, Martin. C'est une vraie tête de mule.
- J'vous ai entendu, Laurence !
- J'espère bien. »
Tous les trois continuèrent leur chemin en direction de la voiture incendiée, Martin tentant en vain de dissuader Alice d'y aller.
Ils arrivèrent face à la scène de crime, ou du moins ce qu'il en restait. Une voiture à moitié calcinée, le coffre ouvert, dans lequel se trouvait un cadavre sérieusement amoché par les flammes. Cependant, il avait toujours une forme humaine et on pouvait même encore y distinguer ça et là quelques particularités.
« Blonde platine, encore une fois… Elle devait avoir quoi, 16-18 ans. Qui a découvert le corps, Martin ?
- C'est nous. Enfin, des officiers de chez nous qui revenaient d'une perquisition. Le feu était déjà éteint, certainement par la grosse pluie qu'il y a eu cette nuit ou la nuit d'avant. Quand ils ont vu la voiture, ils ont fait le rapprochement avec l'avis de vol de Monsieur Darrieux. Alors ils se sont approchés, et ils ont trouvé le cadavre. »
Laurence acquiesça puis se tourna vers Avril, qui était devenue aussi pâle qu'un linge en voyant les restes de cette jeune fille. Oubliant qu'ils n'étaient pas seuls, il se précipita à ses côtés et l'entoura de ses bras. Elle tremblait. Il lui avait pourtant dit que c'était une mauvaise idée de venir…
« Ça va mieux maintenant, Alice ?
- Je crois… J'aime bien quand vous m'appelez Alice.
- Je sais. »
Il lui caressa doucement la tête, sous les yeux ébahis de Martin, qui se demanda s'il n'avait pas trop picolé la veille et s'il n'était pas toujours en état d'ébriété avancé. Il chercha les regards de ces collègues, comme pour s'assurer qu'il n'hallucinait pas, mais tous étaient occupés ailleurs et aucun autre n'était témoin de cette scène qu'il jugeait surréaliste.
Le Commissaire desserra son étreinte et fit un pas en arrière, se séparant d'Avril. Elle s'éloigna de la scène de crime, laissant Laurence reprendre ses observations. Il prit plusieurs photos puis fit un signe à son subordonné.
« Martin, venez voir par là.
- Oui Monsieur ?
- Il n'y a rien qui vous semble bizarre ?
- Si, Monsieur. D'habitude, vous n'êtes jamais aussi gentil avec Mademoiselle Avril. Ni avec personne d'autre, d'ailleurs. »
Swan leva les yeux au ciel, se contenant pour ne pas tarter le jeune officier.
« Je vous parle du cadavre, Martin.
- Ah ! »
Il l'observa attentivement, se gratta la tête puis releva les yeux vers son supérieur.
« Elle ressemble beaucoup à la première victime, non ? Mêmes cheveux, à peu près le même âge, même robe… Ou du moins ce qu'il en reste.
- Exactement. Ce qui m'amène à penser qu'il s'agit du même tueur.
- Ce serait un meurtrier en série ?
- Tout est possible, Martin. »
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« Je vous ai connue plus bavarde, Avril. Si j'avais su que voir un macchabée dans cet état vous faisait taire, ça fait bien longtemps que je vous aurais fait visiter plus en détail la morgue.
- Ah-ah-ah. Très drôle. »
Ils échangèrent un regard et les yeux rieurs de Swan rendirent à la petite journaliste son sourire.
« À vrai dire, c'était pas à ça que je pensais.
- À quoi alors ?
- Et si le meurtrier ne s'en prenait qu'à des hôtesses du Majestic ?
- Il reste encore à prouver qu'elle aussi travaillait là-bas.
- Ouais… En plus Raymond me l'aurait certainement dit si quelqu'un d'autre avait disparu…
- Ah, Raymond… » grogna Laurence.
Alice tourna la tête vers lui, amusée. Il ne se rendit compte que quelques secondes plus tard de la réaction qu'il avait eue et de ce que cela signifiait.
« Vous êtes jaloux, Commissaire… » Elle déposa sa main sur le genou de son amant et la remonta très doucement vers le haut de sa cuisse. « Très jaloux… »
À quoi bon lutter, elle savait et il savait qu'elle savait.
« Et alors, Avril ? Qu'est-ce que ça peut bien te faire ?
- Je te le dirai si tu m'invites à manger. J'ai très, très, faim. »
Elle avait dit ça avec tant de sensualité qu'un frisson parcourut la nuque du Commissaire. Il détourna le regard vers elle. Il n'avait encore jamais vu autant de désir dans les yeux d'une femme. Si elle avait pu, elle lui aurait fait l'amour sur l'instant. Laurence accéléra. On ne faisait pas attendre une femme comme elle.
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Laurence se laissa tomber sur le lit, attirant Avril à lui. Elle s'était déjà montrée entreprenante par le passé, mais jamais à ce point. Elle l'embrassait passionnément tout en le déshabillant aussi vite que cela était possible. Quand il lui attrapa les fesses, elle se redressa et sortit deux paires de menottes de l'arrière de son pantalon.
« Cette fois Laurence, c'est moi qui mène la danse ! »
Il éclata de rire, amusé par la détermination dans le regard de sa maîtresse. Elle avait un don pour le rendre fou.
« Où as-tu trouvé ça, Avril ?
- La première paire, sur toi. La deuxième, dans ton tiroir, à l'entrée. »
Elle l'embrassa pour l'empêcher de répliquer et entoura un des poignets de son homme d'un bracelet qu'elle attacha au barreau droit de la tête de lit. Il se laissa faire, de plus en plus excité par les agissements de sa petite journaliste. Elle acheva de le déshabiller puis se servit de la deuxième paire de menottes pour l'attacher au barreau gauche. Elle se releva et contempla son œuvre, fière d'elle.
« Alors, Avril, tu vas me le dire maintenant, ou je dois attendre encore un peu ? »
En vérité, il se fichait qu'elle lui dise maintenant ou dans une autre vie. Tout ce qui lui importait, c'était qu'elle soit à lui, maintenant.
Il la regardait avec délectation, s'attendant à avoir une séance privée d'effeuillage. Elle sourit, l'embrassa une nouvelle fois puis déposa un coussin juste devant les attributs masculins du Commissaire.
« Non, je vais te le dire… »
L'expression d'Avril changea et Laurence commença à avoir des doutes.
« La vengeance, mon cher Commissaire. La prochaine fois, tu y réfléchiras à deux fois avant de dire que coucher avec moi n'était qu'une erreur. »
Elle se pencha puis l'embrassa une dernière fois avant de partir.
« Sans rancune, Laurence ! »
Elle quitta la pièce, puis l'appartement, laissant le Commissaire tout seul et attaché à son lit. Elle avait vraiment verrouillé les menottes et elle avait laissé la clé sur la table de nuit. Il la détestait. Il la tuerait.
« Avril, reviens ici ! De suite ! Avril ! Aaaavriiiil ! »
J'espère que cela vous a plu ! Bisouuuus
