Chapitre 4
PDV Charlie
C'était fou, je le savais bien, j'étais moi-même du genre terre à terre. Mais tout était écrit, le départ de Bella de Phoenix, les descriptions de sa mère et d'elle, de moi et de Forks. Les caractéristiques des vampires collaient parfaitement avec ce que j'avais déjà remarqué chez les Cullen. C'était fou mais j'y croyais et le pourquoi du comment n'importait pas.
J'étais déchiré entre la peur pour ma fille et ma détresse si elle repartait vivre loin de moi. Pour elle, j'avais tout accepté, sa mère leur avait fait mener une vie de bohème et j'avais été d'accord si ma fille était heureuse. Quand elle était enfant, Bella me racontait les voyages et les gens qu'elle rencontrait. Adolescente, elle avait perdu de sa joie de vivre et de sa candeur, j'aurais dû réagir alors. Renée se reposait trop sur elle, Bella était devenue adulte et s'était renfermée. Si j'avais insisté, si j'avais réalisé cela plus tôt , je me serais battu pour qu'elle revienne avec moi. Je n'étais pas organisé ni bon cuisinier, j'aurais appris.
Et voilà qu'elle s'apprêtait à aimer, à mourir trop jeune. Et à être heureuse à jamais ?
Je replongeai dans la lecture, je voulais connaître les pensées de cette Bella pour comprendre la mienne. Mon cœur se brisa quand Edward la quittait, j'eus un sourire quand Jacob l'aidait. Je n'y avais jamais pensé mais j'aurais sans doute aimé que Bella et Jacob finissent ensemble. Mais puisque les légendes étaient vraies, je n'avais pas de futurs gendres normaux à portée de main. Billy allait devoir m'expliquer deux, trois trucs.
La famille Cullen semblait encore plus unie et sincère que ce que j'avais déjà vu à quelques occasions. Ils aimaient tous Bella, ils l'aidaient, la chouchoutaient, la maternaient et ça, ma fille en avait besoin, quoique les deux Bella en disent.
Et il y avait Edward, un gentleman démodé. Sa persistance à épouser ma fille avant de lui faire l'amour était admirable. Il l'aimait tellement, la Bella dans le livre n'y croyait pas mais les faits et les paroles étaient éloquents, il ne vivait que pour son bonheur à elle et était toujours prêt à se sacrifier. Quand Bella tomba enceinte (toujours dans le livre), Edward avait eu peur encore, il était plein de préjugés et principes désuets. Ma Bella et la Bella du livre étaient des jeunes filles modernes, intelligentes et indépendantes. Je comprenais mieux la réaction de ma fille à l'annonce de son « destin ». Si elle n'avait pas lu ces livres, elle serait tombée amoureuse sans y réfléchir, sans avoir peur et sans se sentir piégée.
Je ne voulais pas penser à Sue comme ma prochaine compagne, j'étais triste qu'Harry meure dans le livre et je voulais l'éviter dans la réalité.
Puis Renesmée arriva et à la lecture du dernier tome, je fus presqu'aussi ému que l'autre Charlie. Devenir un grand-père, je n'y avais jamais songé et pourtant cela arriverait, du moins je l'espérais. Et j'étais fou d'une gamine dans un livre, autant que je l'avais été à la naissance de ma fille. J'étais vraiment les fesses entre deux chaises. Je me demandais s'il pouvait y avoir une troisième solution, une qui contenterait tout le monde.
Je passai la fin de la nuit à tergiverser, j'avais envie d'aller rencontrer les vrais Cullen, leur dire que Bella et moi savions, que nous garderions leurs secrets. Je leur raconterais que Bella avait pris un peu peur, sans leur dire pourquoi. Quand elle serait prête, j'avouerais tout à Bella et elle me pardonnerait, et aurait peut-être sa fille.
J'envisageai aussi ce que je ferais de cette révélation. Je comprenais l'attitude sympathique mais distante de Carlisle envers moi et tout un chacun. Mais désormais, je me voyais déjà en commissaire Gordon, appelant à l'aide un des sept super héros de la famille pour m'aider.
Vers six heures du matin, je quittai la maison pour me rendre au commissariat sans conviction. Quand je stoppai ma voiture sur le parking, je réalisai que je ne pourrais pas tenir longtemps sans avoir quelques réponses. Je fis demi-tour pour aller chez les Cullen. Je n'y étais jamais allé et je dus faire appel à de vieux souvenirs pour retrouver ce qui était autrefois une maison abandonnée où, enfants, mes copains et moi étions allés nous faire peur.
Je frappai deux coups discrets, s'ils étaient des vampires, ils m'avaient entendu arriver depuis la route. Esmé m'ouvrit rapidement et me salua comme si ma visite n'était pas étonnante.
« Carlisle est dans son bureau, il va descendre d'une minute à l'autre. Je peux vous servir du café ? Vous avez l'air fatigué. »
« Un café noir, merci. » répondis-je poliment.
Comment toujours, Esmé était aimable et serviable, la parfaite image de la mère de famille. Carlisle me rejoignit, suivi de tous les enfants Cullen. Je me souvins à temps du pouvoir d'Edward aussi je me mis à chantonner dans ma tête une chanson country. Son regard fut amusé mais pas plus étonné que ça. Ils savaient, Alice avait vu ce que j'avais décidé, évidemment.
« Je voudrais vous poser une question, à tous. »
« Nous vous écoutons, Charlie. » me dit Carlisle.
« Etes-vous des vampires ? »
Aucun ne parut choqué ou surpris.
« Oui. » répondit le chef de famille.
« Donc vous avez vingt-trois ans et six cent ans à la fois ! Et dire que j'étais un peu complexé à côté de vous, docteur ! »
Cela me fit du bien de casser la tension et de dire tout haut ce que je pensais.
« Quelle histoire ! Alice, tu as vu ce que je voulais ? »
« Non, juste votre venue matinale et votre question. Comment avez-vous appris ce que nous étions ? »
« C'est une longue et folle histoire, mais je vais être sincère et j'attends pareil de vous. Je garderai votre secret, je le jure. Ces Volturi ont l'air d'être des sacrées pourritures ! »
Ils me regardèrent avec méfiance, aussi je m'empressai de tout leur dire, les livres sur ma Bella, son arrivée et sa première journée au lycée, ma lecture de ces mêmes livres. Je n'entrai pas dans le détail de ceux-ci et les Cullen ne me pressèrent pas immédiatement de le faire.
« Je me demande pourquoi Bella a reçu ces livres et surtout qui les a écrits. » dit Esmé.
« Je me suis creusé la cervelle et j'en ai conclu que ça n'avait pas d'importance, ce qui est fait est fait. » répliquai-je.
« Pensez-vous que je peux lire ces livres ? » demanda Carlisle.
« Bella ne veut pas vous rencontrer pour le moment, elle veut quitter Forks et je ne peux pas la forcer à rester. Je lui ai demandé de rester une semaine pour y réfléchir mais je la connais, quand elle prend une décision, elle ne change pas d'avis. Et puisqu'elle part, la suite du livre n'arrivera sans doute pas. »
Dans mon esprit, je me rejouais pourtant quelques passages concernant Edward et Bella.
« Qu'attendez-vous de nous ? »
« Déjà, de respecter la volonté de Bella. D'après les bouquins, Alice est têtue. »
« C'est promis. » râla cette dernière.
« Je voudrais aussi un coup de main dans mes enquêtes. Je soupçonne les frères Darren de faire du trafic de drogues. Je n'ai pas encore pu leur mettre la main dessus, avec vos super pouvoirs, vous pourriez m'aider à récolter des preuves. »
« Ouais ! s'exclama Emmett. J'adorerais vous aider shérif ! On serait comme Batman et le commissaire Gordon ! »
Je devinais que j'avais sans doute fait une erreur, je me contentai de sourire au colosse et envisageai déjà de demander seulement de l'aide à Carlisle.
« Autre chose, Charlie ? » me demanda doucement Esmé.
« Je pourrais avoir une photo d'Edward ? »
Ce dernier, qui était resté à l'écart et sans réaction jusqu'alors, se redressa et vint se planter devant moi.
« Vous me cachez quelque chose, chef Swan. Vous savez que j'ai du mal à lire en vous ? »
« Oui. Ne pose pas de questions, petit, c'est mieux comme ça. »
Edward sortit précipitamment tandis qu'Esmé me tendit deux clichés de lui.
« Sur cette photo, il a seize ans, il est humain. Cette autre photo a été prise il y a un an. Edward ne m'autorise à le photographier qu'une fois par an, c'est un des cadeaux qu'il me faits à Noël. » m'expliqua-t-elle, émue.
« Chef Swan, je viens de rentrer tous nos numéros dans votre portable. » me dit Alice en me tendant l'appareil.
Je n'avais même pas remarqué qu'elle me l'avait pris.
« Merci. J'ai une dernière question. Les légendes Quileute parlent de vous, cela veut dire qu'ils se transforment vraiment en loup ? »
« Désolé, Charlie, c'est à eux qu'il faut poser la question. » me répondit Carlisle, mais Emmett me fit un clin d'œil, confirmant mes soupçons.
Je les quittai peu après, soulagé et encore plus triste pour l'avenir que Bella aurait pu avoir, et pour cette petite-fille que je ne connaitrais pas.
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