Un nouveau warning pour ce chapitre.
Ceux qui pensent détester Sasuke sont encore bien loin du compte. Même moi je le déteste en fait, ce qui est assez controversant quand on sait qu'il s'agit (en temps normal) de mon personnage préféré. Relire ce chapitre est encore plus atroce.
Merci encore pour vos reviews, notamment les anonymes à qui je ne peux pas répondre mais que je n'oublie pas. Merci beaucoup.
Chapitre 4
« Ses lèvres près de mon oreille
Me chuchotent milles merveilles
Trésors de mon âme brisée
Chassé par un vent d'été. »
Il fait froid. La pièce me parait glacée. Ou alors c'est moi qui ai froid. Il y a quelque jour, je me plaignais de la chaleur de l'été. Mais maintenant, il fait froid. Je frisonne, et tout mon corps se met à hurler de douleur. Pourquoi ?
Mes paupières s'ouvrent lentement. La pièce est plongée dans la pénombre, je n'arrive pas à distinguer grand-chose. Ce n'est pas chez moi, c'est un autre endroit, une planque de mission, ou…ou quelque chose d'autre. Où suis-je ?
Je ferme lentement mes yeux avant de ramener la couverture sur moi. Mes mouvements sont étrangement lents, j'ai l'impression d'être groggy. Et puis j'ai mal, mal partout. Je passe la couverture sur mes épaules en me redressant, quand une douleur que je ne soupçonnais pas, se répand d'un trait dans le bas de mon dos. C'est à ce moment-là, que je me souviens.
Hier, j'avais repoussé Sasuke de mon esprit mais lui il avait…
Je me traîne hors du lit en sentant le sang séché entre mes jambes craquer timidement. La couverture devient mon ultime bouclier quand je tente de me lever sur mes deux jambes tremblantes, le froid faisant claquer mes dents, et ma gorge nouée par la nausée.
Bon, je peux me lever, je marche même si c'est comme un matelot bourré, ou un cow-boy, au choix, et je peux atteindre la porte. Encore un bon point. La porte est juste là, allez Naruto, tu peux y arriver ! T'as déjà fait pire que ça comme distance.
Une, deux. Une, deux. Une, deux. Mes pas, je les compte pour m'assurer que j'avance. Une, deux. Une, deux. Une, deux. Une, deux. J'y suis presque ! Je touche la poignée de la porte en retenant mon souffle. Lorsqu'elle cliquette, je me permets un sourire : il croyait vraiment m'empêcher de quitter les lieux, quel con. J'ouvre dans un grincement, et découvre un sombre couloir de pierre. J'étais donc dans une grotte.
C'est repartit, je dois avancer. Une, deux. Une, deux. Une, deux…Et si je croise des membres de l'akatsuki ? Je les bute. Une, deux. Une, deux. Dans l'état où je suis ? C'est pas gagné d'avance…Ce serait mieux de fuir. Une, deux. Fuir très vite ne sera pas facile non plus. Une, deux. Une, deux. Je n'ai plus qu'à essayé de ne pas rencontré qui que ce soit.
Je continue de marcher en écoutant attentivement les sons. Une, deux. Une, deux. Mon souffle est la seule chose que j'entends, mais je dois rester concentré. Ils peuvent masquer leur présence, et si jamais c'est Sasuke que je croise. Une, deux. Il peut dissimuler son chakra. Sasuke. Une, deux, Une, deux. Une, deux. Concentration, concentration…Ne pense pas !
J'ai beau ne pas penser, les souvenirs s'imposent à mon esprit, si forts, que je finis par compter tout haut pour ne me concentrer que sur ma démarche.
-« Une, deux. Une, deux. Une, deux. Une, deux. Une, deux. Une, une…Deux… »
Pourquoi ça n'arrivait qu'à moi ce genre de chose ? Pourquoi je devais souffrir autant ? Parce que j'avais ce connard de renard dans mon ventre ? Juste à cause de lui ? Je devais continuer à être détesté de tout le monde, et tuer ceux qui m'aimaient ? J'ai mal…
Mes larmes commencent à couler et je maudis ma propre faiblesse. Hier encore, mon père m'avait dit qu'il croyait en moi. Mais…s'il avait vu ce qui s'était passé…Il devait aussi me détester. Il devait me trouver répugnant, je devais le dégouter, tout comme les autres.
-« Une, deux. Une, deux. Une, deux. Une…Deux, une…Deux…Deux…Trois…Non, Une…Deux… »
Mes larmes commencent à me gêner la vue. Allez cassez-vous ! C'est trop tard pour pleurer, c'est trop tard. Il faut que je me reprenne, et que je continue de fuir. Pour aller où ?
Je m'arrête soudain, perdu. Où est-ce que je devais aller ? A Konoha, on ne voudrait plus de moi, j'avais encore tué des gens. Peut-être, peut-être à Suna…Peut-être que Gaara serait d'accord. Mais si j'y allais, j'allais mettre son village en danger.
Je dois fuir. Oui, si je fuis, tout ira mieux. Je dois juste penser à m'enfuir. Après je pourrais réfléchir. Je ne dois pas penser, pas encore.
Sauf que je trébuche à peine deux pas plus loin. Je m'affale à terre dans un grand bruit et je me mords la langue pour ne pas crier. Couché, je sens le froid se répandre dans mon corps, puis calmé ma douleur. C'est pas grave, je tombe souvent parce que je suis con. Faut se relever.
Le sourire de Sasuke s'impose dans mon esprit, ses yeux menaçant qui m'en voulaient tellement. Ses mains…
Et voilàààà ! T'avais dit que tu devais pas pleurer mais tu recommences ! T'es vraiment nul Naruto, tu sers à rien. Lève-toi. Allez, je me lève, il le faut. C'est pas grave, je vais fuir, prendre une douche pour tout nettoyer. Après ça ira mieux.
Dans un hoquet, je me relève en tremblant. J'ai froid, j'ai mal, et je suis bientôt saisi de spasmes. Finalement, ce qui devait arriver arriva, j'eu un haut le cœur époustouflant, et je vomis sans me retenir. C'était du sang qui inondait la pierre, du sang et de la bile immonde. L'odeur même me rendit encore plus mal. Les souvenirs continuaient de s'enchaîner comme un film qui restait bloquer. Je me rends compte que je n'ai plus assez de forces pour me relever.
Me traînant douloureusement dans un coin plus sombre, je m'enroule dans la couverture et continue de trembler en claquant des dents. Mon corps tout entier est agité de spasmes et de tremblement, comme une personne qui serait sur le point de mourir. J'aimerais bien mourir, là, maintenant.
Ma tête touche la pierre dure, et je ferme les yeux.
Mais le cauchemar ne s'arrêtait plus.
*
A partir de cet instant, je me suis réveillé souvent. Une fois, j'étais dans les bras de quelqu'un et l'eau chaude coulait sur moi. Une autre fois, j'étais sur un lit douillet. Plus tard, j'ai vu le visage de Karin qui parlait mais je ne comprenais rien. Après, on essayait de me nourrir.
Je me réveille enfin pour de bon il me semble.
Mon premier réflexe est de vérifier si je suis seul. Je remarque donc que la chambre est plus lumineuse. Il y a une fenêtre et le soleil filtre à travers. Il fait chaud ici, le lit est petit, les murs semblent moins épais ; on aurait dit que j'avais quitté le fin fond de la grotte pour une pièce plus en surface. Ce qui devait probablement être le cas.
Me redressant sur mon oreiller, je contemple la pièce vide. J'ai soif, mais sinon, je me sens nettement mieux. Je chasse très vite les pensées moroses qui risquent de me submerger si je continue de trop y penser. Il me faut un nouveau but. Il me faut quelque chose.
Les oiseaux sifflent gaiment dehors. Mon regard se perd dans le bruissement des feuilles d'un grand chêne. Ah…C'est tellement bien, de ne penser à rien, et juste de vivre. Je voudrais bien pouvoir voler. Si je pouvais voler…Je partirais loin, très loin. Et je ne redescendrais jamais sur terre.
Un claquement de porte et la voix de quelqu'un qui appelle mon nom. Las, je finis par me tourner pour voir de qui il s'agit. C'est une fille dans la vingtaine. Elle a des cheveux courts roux, des yeux bleus, et elle porte la robe de l'akatsuki. Elle m'annonce que puisque je suis réveillé, il faut que je m'habille et que je la suive. J'obéis.
Elle me donne un kimono noir très simple. Je regrette ma tenue orange, mais elle a été réduite en pièces. Je me contente de ce que j'ai, et je la suis. Je me rends vite compte que c'en est fini des petits oiseaux et du ciel bleu ; elle m'emmène dans les profondeurs de la grotte où seules les torches procurent de la lumière. La fille ne parle pas, elle se contente de marcher, et moi de la suivre.
Finalement, elle passe une ouverture dans la roche, et je me retrouve dans une grande salle de pierre beaucoup plus sombre où se dressent des piliers qui soutiennent la voûte. Même dans le noir, je n'ai aucun mal à reconnaître les yeux rouges.
La femme qui m'a accompagnée va rejoindre ses compères qui sont alignés près de leur leader et m'observent avec curiosité. Le Kyubi. Ah pour sûr ! Ils avaient dû en entendre parler ! Mais le voir en vrai, c'était autre chose ! Dans leurs yeux, juste de la curiosité à mon encontre, alors que je suis habitués au dégoût, ou à la haine. Pour une fois, être le centre de l'attention ne me gène pas tant.
-« Tu es réveillé ? » demande leur leader sur un ton neutre.
Je me demande si c'est vraiment la peine de répondre. Non, je suis un mort-vivant qui a les yeux ouverts et se trimballe dans le repère de l'akatsuki parce que c'est marrant…Je me retiens bien de le dire.
-« Puisque tu es le Kyubi, il ne nous reste plus qu'à te sceller pour que notre plan soit achevé. Seulement, nous manquons de bras depuis que Konoha à détruit cinq de nos membres. Nous allons devoir te garder captif d'ici là. Si tu essaies de t'enfuir où que tu tentes quoi que ce soit, Suigetsu se fera un plaisir de te trancher les jambes, puis les bras. C'est assez clair pour un idiot comme toi ? »
Je hoche la tête en déglutissant sous le regard amusé de Suigetsu. Je sais qu'il n'hésitera pas un seul instant. Plus important, Konoha avait donc tué trois de leurs membres durant l'attaque. En les comptant maintenant, je me rendis compte qu'ils n'étaient que quatre : Karin, Suigetsu, l'étrange fille, et Juugo. Je suppose que Sasuke ne comptait pas comme un membre, puisqu'il avait repris le rôle de Madara.
-« Karin, ramène-le en bas. »
-« Hééé ?! Pourquoi moi ? Je veux rester avec toi ! Envois plutôt Meirin ! »
Sasuke soupire et demande donc à Meirin de faire le « sale boulot » à la place de Karin. La femme me commande de la suivre à nouveau et je tourne le dos à toute cette joyeuse assemblée. Je commence à me poser des questions, si tout n'avait pas été qu'un long rêve, ou un sort de genjutsu. Peut-être même que cela s'était passé durant l'attaque de Konoha ?
Au moment de sortir, Sasuke rappelle Meirin.
-« Descends-le dans ma chambre, je lui parlerais plus tard. »
Ma guide lui répond qu'elle a compris, et je sens un froid s'imposer entre nous. Allons bon, je ne lui ai rien fait moi ! C'est à Karin qu'il faut en vouloir ! Et d'ailleurs, si Sasuke voulait me voir, peut-être qu'il allait tout m'expliquer. Peut-être qu'il allait me donner un moyen de fuir. Après tout, nous avons toujours été amis, et ce même après notre combat. Oui, tout ce qui s'était passé avant n'était sûrement qu'un cauchemar. Depuis le temps que Sasuke aurait pu me sceller, il l'aurait déjà fait, donc c'est qu'il a autre chose en tête.
La pensée me réjouit. Je m'imagine même rentrer avec lui à Konoha. Meirin me fait entrer dans une chambre sombre - parce que je devais bien finir par remarquer que tout était sombre ici – et m'ordonne de ne pas bouger de là si je tiens à mes jambes. Au moment de fermer la porte, elle hésite et me regarde.
-« Oui ? »
Ses yeux verts ne cillent pas, mais elle les détourne de moi.
-« Pauvre chose. »
Elle referme la porte avant que je n'aille eu le temps de répondre. Je suis vexé, voir choqué. Je ne comprends pas ce qu'elle insinue par là, mais je la trouve extrêmement bizarre. Je me laisse tomber sur le lit et observe le plafond de pierre.
Pff…J'espère que Sasuke ne va pas tarder…
J'entends un bruit qui me réveille en sursaut. Je m'étais assoupit à force d'attendre. La porte s'ouvre et je vois la silhouette particulière du leader apparaître. Son visage est impassible, comme toujours. Il ferme les yeux un instant avant de se tourner.
-« Suis-moi. »
Je me relève en frottant mes yeux et réajuste le kimono. C'est franchement pas pratique les kimonos. Je regarde Sasuke s'en aller avant de le rattraper.
-« Dis, tu n'avais pas dit que tu devais me parler ? » je demande.
-« C'était pour la forme. On va sortir d'ici. »
Sortir ? Je suis content de l'entendre. Je n'aime pas cet endroit. La cape de l'akatsuki est aussi noire que le chemin que nous prenons pour remonter lentement. A plusieurs reprises, j'ai l'impression de me perdre, et mon ami est obligé de m'attraper par le bras pour finir. Je suis un peu gêné d'être aussi stupide, et je me fais penser à un enfant. Ce qui ferait de Sasuke ma maman ?
Comme je ris sous cape, je sens la main de « ma maman » serrer beaucoup plus fort mon bras. J'aperçois alors la lumière au-dessus. La nuit tombe, et se sont les derniers rayons de soleil qui éclairent ma peau. Je souris devant ce spectacle qui me manquait. Sasuke serre encore mon bras, si bien que je commence à avoir mal.
-« C'est bon maintenant, tu peux me lâcher », je dis.
A la surface, il y a une sorte de terrasse de bois, les vestiges du temple qui a brûlé juste à côté. La forêt s'étend devant, et je peux entendre le bruit d'une rivière se mêlant aux chants des oiseaux qui s'apprêtent à aller se coucher.
-« Sasuke…Tu me fais mal… »
Mais il refuse de répondre et m'entraine sur la terrasse qui tremble à chacun de nos pas. L'air est humide, et je sens la chaleur de l'été me frapper de plein fouet. C'est vrai que dans la grotte il faisait assez frais, alors le changement de température est brutal. Dans un coin, il y a une vieille clochette rouillée pendue à une poutre calcinée qui tinte sous une légère brise.
-« Lâche-moi, maintenant ! » je crie en arrachant mon bras de la poigne de l'Uchiha. « Tu me fais mal, espèce d'idiot ! »
Sasuke se retourne et me dévisage. Il retire sa longue cape de l'akatsuki. C'est vrai qu'il doit aussi avoir chaud, avec encore son kimono en dessous. Ce n'était pas si pratique que ça les tenues de l'akatsuki. La cape touche le sol en même temps que moi.
-« Qu'est ce que… »
Sasuke qui venait de me frapper à terre, était maintenant occupé à m'écraser le visage de son pied. Son air hautain sur le visage, il soupire.
-« C'est presque trop facile… »
-« De quoi tu parles ? C'est quoi ça ?! »
-« Ah, ça… »
Il me montre un tube fixé sur une seringue. Il la fait danser dans ses doigts avec le liquide coloré qui tournoie. Mes yeux ne peuvent pas s'en détacher.
-« C'est une drogue que Kabuto m'a appris a fabriqué…Très utile pour que l'ennemi fasse tout ce que tu souhaites. Par exemple, il va se laisser tuer bien sagement, ou se laisser kidnapper. », dit-il en m'enfonçant l'aiguille dans le cou sans que je ne puisse réagir. «Évidemment, tu te doutes bien que puisque je t'ai déjà kidnappé et que je dois te garder en vie, ce n'est pour aucune de ses raisons que je te l'administre. »
Il retire la seringue avant de la jeter au loin, et va s'asseoir sur le bord de la terrasse. Dans une posture d'attente, le visage callé entre ses mains, il m'observe du coin de l'œil. L'horreur finit par me remplir l'estomac, et je me redresse brutalement sur mes pieds pour m'enfuir. A peine deux pas. Deux pas et je m'écroule sur le plancher. Je tente à nouveau de me relever, tandis que mes forces semblent fondre.
-« C'est un poison très rapide » note Sasuke. « Il va dévorer ton organisme pour supprimer tes forces ainsi que ta volonté. J'aurais très bien pu m'en passer, cependant je me suis dit qu'au vu de son effet à long terme, se serait bien plus pratique que de te courir après à chaque fois. »
-« Tu…Ca veut dire quoi, cette histoire… ? »
-« Ah oui, c'est vrai. »
Il se lève et s'approche de moi en me tirant brusquement par un pan de mon kimono, il ramène mon visage en face du sien. Je dois me concentrer de toutes mes forces, ne serais-ce que pour me maintenir la tête droite. Il lève un sourcil et ses yeux noirs commencent à rougeoyer.
-« Après tout, nous avons toujours été amis, et ce même après notre combat. Oui, tout ce qui s'était passé avant n'était sûrement qu'un cauchemar. Un sort de genjutsu. »
Comme j'écarquille les yeux de surprise, il s'autorise un sourire moqueur.
-« Les gens normaux ont tendances à chercher des excuses et à se fabriquer une autre réalité quand ils passent par un événement traumatisant. Vu que tu es plus proche du monstre, je ne pensais pas que tu aurais été tenté de te voiler la face. »
-« Qu'est…Qu'est ce que tu veux dire… » je bredouille.
-« Naruto…Je suis sûr que tu n'as pas oublié… », dit-il en rapprochant ses lèvres de mon oreilles, « les cris que tu as poussés cette nuit-là… ».
Non. Non, je les entends encore mes propres cris résonner dans mes oreilles. Mais ce n'était qu'un cauchemar, pas vrai… ? Je doute, je ne devrais pas, c'est une farce, c'est tout…
La main de Sasuke glisse dans ma nuque et ses lèvres frôlent mon oreille quand il continue de parler, en détruisant un à un les espoirs que j'avais bâtis, d'une voix tout à fait neutre, sans ressentir le moindre remord, il me raconte, me décris avec tout les détails, ce dont je ne veux surtout pas me souvenir. Et comme je continue de nier, il souris et me demande si je veux qu'il me prouve que tout cela est bien réel.
-« Tu veux que je te le prouve, Naruto… ? »
Mes yeux fixent le ciel bleu se tâcher de rouge, d'orange, de mauve, de rose. Mes yeux ne quittèrent pas un instant le ciel qui devint aussi noir que les cheveux de Sasuke. Les étoiles brillaient, lointaines dans le ciel, et je priais pour qu'elles entendent mon cri muet.
Le bruit craquant du parquet et la chaleur me noyait dans une atmosphère trop lourde. La drogue ne fonctionnait que trop bien. L'histoire que Sasuke me murmurait à l'oreille n'était que trop réelle. Kyubi dans sa cage continuait de rire, encore et encore, et son rire résonna longtemps après que Sasuke se soit rhabillé, me laissant couché à fixer le ciel.
-« Si tu espères que c'est terminé, tu te trompes. »
Ses sharingans de sang s'étaient penchés sur moi. Sa bouche était une vanne qui, quand elle s'ouvrait, déversait milles atrocités. Ses ongles me griffèrent la joue tandis qu'elle vomissait des ordures sans noms.
-« Je ne suis probablement plus en mesure de te contrôler comme avant, mais tu restes toujours sous mes ordres. Tant que tu possèdes le Kyubi, tu deviens lui, et tu deviens mon animal de compagnie. Le toutou des Uchiha. Pour quelqu'un qui voulait devenir Hokage, c'est pitoyable, tu ne trouve pas ? »
Le sang coula de mes blessures, et il tâcha mon visage de mon sang, avant de lécher ses doigts.
-« Je vais te faire découvrir ce que c'est que de voir son existence se briser, Naruto. »
C'est pour ça, Sasuke, c'est pour ça que tu me fais tant souffrir ? Parce que tu trouves que ce que tu as subis est injuste ? C'est de ma faute ?
Il se lève et dépose sa cape noire sur moi dans un geste que l'on pourrait voir comme protecteur, mais il est plus symbolique : le drapeau de l'akatsuki sur le corps sans défense du plus puissant des jinchuurikis.
Ne me fait pas rire, Sasuke.
Pourtant, lui il sourit, et détruit ainsi les dernières lumières d'espoir que j'avais tenté de dissimuler au fond de moi. Parce que oui, tout était de ma faute, je le savais, je l'avais mérité. Je n'étais qu'un monstre, un être qui dégoûte, et je me dégoûtais moi-même.
-« Tu verras, » ajoute-t-il « tu seras bientôt très heureux de m'avoir à tes côtés. Parce qu'après tout, je suis le dernier à bien vouloir de toi. Même ton père doit être horrifié que tu te vendes à moi. Dis-moi, est-ce qu'il observe vraiment tout… ? Tu veux que je l''empêche de voir ? »
Je ne sais pas trop. Mais je réponds quand même que oui, je le veux.
-« Supplie-moi comme il faut, Uzumaki. »
Je n'ai plus de volonté. Les étoiles me rejettent toute d'un air mauvais. Elles sont si pures et moi si sale, c'est bien normal. Je ne suis qu'un déchet de l'humanité, et je n'ai plus que lui dont le cœur est aussi serré que l'étau qui me maintient dorénavant à lui. Je n'ai plus rien. Je n'ai plus qu'à obéir.
-« Je vous en supplie, maître… »
To be continued in « Extraordinary Girl »…
