EDIT : Je reposte ce chapitre parce qu'on m'a dit que FFnet refusait de l'afficher, le coquin.

Bonsoir à toutes ! Je poste tard, je sais, mais aujourd'hui j'ai déménagé alors j'étais un peu occupée ;) Et je travaille tout le week-end, je suis joie et bonheur... mais bref on ne se laisse pas abattre !

Promis, je réponds à vos reviews du chapitre précédent demain sans faute et un gros MERCI à vous tous pour votre soutien !


Chapitre 04 - Un vieil ami

Sam était assis à la table du motel où ils logeaient et avait ouvert son laptop devant lui. Ses doigts pianotaient sur la table en bois en attendant que la page internet veuille bien s'ouvrir. A côté de lui, un hamburger chaud, des frites et une grande bouteille de jus d'orange frais attendaient patiemment qu'on les déguste. Bobby s'était pris une chambre individuelle tandis que Sam et Jack partageaient la même. D'ailleurs, le jeune homme était sous la douche. Quelque part à ses pieds, Sam savait que Juliette, la chienne de l'Enfer de Crowley, était couchée mais il ne savait pas où et ça le rendait extrêmement nerveux. Juliette était revenue de Salem et Crowley était parti à sa place puisque apparemment elle avait trouvé quelque chose.

Sam refusait d'imaginer qu'un chien de l'Enfer, plus habitué à déchiqueter les gens qu'à leur lécher l'oreille, pouvait être gentil, si tant est que ce terme avait du sens ici. Cependant, Crowley leur avait assuré que Juliette ne ferait aucun mal à aucun d'entre eux et, mieux, les protégerait mais ni Bobby, ni Sam n'étaient très rassurés. L'amitié qui les liait avec le démon était ancienne, très compliquée et datait à peu près du moment où Crowley avait commencé à devenir plus humain grâce au sang qu'il avait ingurgité. Malgré tout, Sam gardait dans un coin de son esprit qu'on ne pouvait pas entièrement faire confiance à un démon, quand bien même le démon en question s'était sacrifié pour eux. C'était encore pire pour Bobby qui n'avait pas du tout assisté à tout cela.

Sam entama son hamburger chaud, qu'il trouva délicieux, et avala ensuite une gorgée de jus d'orange frais. Puis, il commença ses recherches. A vrai dire, il ne faisait aucune recherche susceptible de retrouver Dean. Ils étaient en route pour la ville de Salem et s'étaient arrêté dans un motel pour passer la nuit. Dehors, la température avait encore chuté de plusieurs degrés et devait à présent frôler les quatre ou cinq degrés. Rien à dire, l'hiver arrivait à grand pas. Jack sortit de la douche quelques minutes plus tard et examina son repas. Sam lui avait acheté un cookie extra chocolat en plus de son hamburger puisqu'il semblait aimer les sucreries – il devait tenir ça de Gabriel – et Jack semblait ravie. Il s'installa à côté de Sam et regarda l'écran, visiblement désireux d'apporter son aide comme il le pouvait.

– Qui est-ce ? demanda t-il en mordant dans son hamburger.

Sam avait ouvert une page internet d'un blog montrant plusieurs peintures d'un ange.

– L'archange Gabriel, répondit Sam. Techniquement, c'est ton… oncle.

– Tu l'as déjà rencontré ? questionna avidement Jack.

Il semblait toujours mi-désireux, mi-angoissé à l'idée d'en apprendre plus sur sa famille.

– Oui, répondit Sam en souriant. Il a pas mal d'humour même si c'est souvent… mortel.

Ni Dean, ni lui n'avaient oublié les mille et une morts de Dean.

– Mais il nous a aidé pendant l'Apocalypse, ajouta Sam. Il s'est sacrifié pour nous permettre de fuir et nous a donné la clé pour ouvrir la cage de Lucifer.

– C'est Lucifer qui l'a tué, dit Jack.

Ça n'était pas une question et Sam se contenta de hocher la tête. Il ne servait à rien de cacher la vérité concernant la liste de victimes de Lucifer.

– Mais tu n'es pas comme lui, conclu Sam en lui donnant une tape sur l'épaule.

Jack eut un sourire puis désigna une des peintures de Gabriel qui illustrait l'article que Sam lisait.

– S'il est mort pourquoi tu fais des recherches sur lui ?

– En fait, il y a plusieurs choses à savoir sur lui, commença Sam. Il adore les sucreries et la bouffe en tout genre même si, techniquement, il n'a aucun besoin de manger et toutes les fois où il est intervenu dans nos vies, on a trouvé ça…

Sam sortit les papiers de bonbons multicolores de sa poche et les posa sur la table.

– Des papiers de bonbons ?

– Exact ! J'en ai retrouvé dans la salle de concert, sur le perron de la maison où se planquaient les démons et, si je ne me trompe pas, on devrait en retrouver à Salem.

– Et ça serait une bonne chose qu'il soit vivant ? Il pourrait nous aider ? Il ne voudra pas me tuer ? demanda Jack en observant les peintures de Gabriel où il avait l'air inoffensif.

Sam resta un instant silencieux et prit le temps de terminer sa petite bouteille de jus d'orange.

– Je pense qu'il nous aiderait, dit-il finalement. D'ailleurs, c'est probablement ce qu'il fait déjà, même si je ne comprend pas trop ses motivations. Quant à te tuer… Non et de toute façon, on ne le laissera pas faire.

– Mais si c'est un archange, il est plus fort que vous, objecta Jack.

– C'est vrai, admit Sam. Lucifer aussi et pourtant on lui a mit une dérouillée.

Jack eut un petit rire et termina son repas avec Sam.

– Sam ?

– Hum ? répondit Sam la bouche pleine de frites.

– Tu as parlé de ton petit frère, Adam, l'autre jour. Tu penses qu'il est où aujourd'hui ?

– Aucune idée, avoua Sam. Si Michael est sortit alors lui aussi et j'espère qu'il est vivant quelque part. Et s'il ne l'est pas, alors j'espère que son Paradis est magnifique.

Parler d'Adam c'était comme remuer une plaie à vif avec un couteau. La culpabilité faisait souvent cet effet là.

– Tu n'as aucun moyen de le contacter ?

– Non. Si un jour j'ai l'occasion de parler à Michael, et j'en doute, alors je lui poserais la question mais sinon…

– Sam, quand moi je mourrais, tu penses que j'irais au Paradis ?

– Je… Je l'espère, Jack.

Sam en doutait vu qu'il était le fils de Lucifer, mais il était aussi le fils d'une humaine, Kelly, qui avait été une bonne personne, alors peut-être. Jack ne parut pas dupe mais ne posa pas davantage de questions. Sam nota mentalement de demander à Castiel.

Après ça, ils regardèrent le premier film Star Wars, qui était en réalité le quatrième sortie. Après avoir tenté de passer quinze minutes à l'expliquer à Jack, il renonça et lança La Menace Fantôme sur son ordinateur et sortit deux bières du frigo. Il manqua d'ailleurs de trébucher sur Juliette qu'il avait oublié, toujours allongée au pied de la table.


Le lendemain matin, Sam se réveilla avec le soleil. Il resta de longues minutes à observer, les yeux à demi-clos, les rayons du soleil qui filtraient doucement à travers les rideaux de la fenêtre. Il s'était couché tôt et avait dormi huit bonnes heures, ce qui devenait rare ces derniers temps. Il se retourna sur le dos et observa le plafond quelques instants en pensant à Dean. Il se sentait terriblement impuissant et si l'idée de rester allongé sur ce matelas lui semblait la pire chose à faire à ce moment précis, il ne voyait pas quoi faire de plus pour le rechercher. Castiel était déjà à Salem pour tenter d'avancer plus vite qu'eux et sa présence lui manquait terriblement. Sam se retourna de l'autre côté doucement pour ne pas réveiller Jack qui dormait toujours profondément, la tête enfouie dans l'oreiller, les cheveux en bataille. Son bras dépassait du lit et sa main semblait reposer sur quelque chose d'invisible. Sam se rappela alors la présence de Juliette et il supposa qu'elle était allongée là. D'ailleurs, Jack devait probablement pouvoir la voir, lui.

Sam passa une heure de plus à somnoler puis se leva doucement pour prendre une douche chaude. Il entrouvrit les rideaux de la fenêtre de la cuisine et vit qu'elle était partiellement recouverte de givre, apparemment il avait fait très froid cette nuit.
Il attrapa une pile de linge propre, ses affaires de toilettes et se dirigea vers la salle de bain. L'eau chaude lui fit un bien fou et acheva de le réveiller. Il bailla longuement tout en démêlant ses cheveux et s'habilla plus chaudement que la veille. Il hésita puis enfila même une deuxième paire de chaussette par dessus la première.

Sam se félicita de cette brillante décision quand il ouvrit la porte d'entrée de sa chambre et qu'une vague de froid le gela sur place. Remontant son écharpe autour de son cou, il posa un pied dehors, dérapa sur une plaque de verglas et dévala l'escalier jusqu'en bas. Heureusement, ils étaient au premier étage. Sam grogna de douleur et jura.

– Sam ! cria Jack en passant sa tête au dessus de la rambarde. Ça va ?

Il descendit précautionneusement les marches pour ne pas tomber à son tour et l'aida à se relever. Sam avait mal partout, sa main était entaillée et il saignait.

– Ça va, grommela t-il. Aïe !

– Tu saignes, dit Jack en attrapant sa main.

Cependant, Sam n'eut pas l'occasion de saigner davantage puisqu'une lumière douce émana de sa blessure et qu'elle se referma aussitôt. Sam sentit également ses douleurs s'effacer et il eut même l'impression d'être plus réveillé. Jack relâcha sa main et regarda la sienne comme si lui-même ne parvenait pas à croire à ce qu'il avait fait.

– Jack ! s'exclama Sam. Tu m'as soigné !

– Je… Je ne sais pas comment j'ai fait, Sam, marmonna Jack. Je ne voulais pas que tu souffres et là…

Il haussa les épaules et Sam eut un petit rire.

– C'est super, Jack, vraiment. Je pense qu'en t'entraînant un peu tu pourras faire ça quand tu le voudras.

Bobby les rejoignit peu de temps après et ils poursuivirent leur route vers Salem, non sans oublier de prendre un petit déjeuner à emporter dans l'Impala.

– Pas de cochonneries dans la voiture, prévint Sam. Je n'ai pas envie de devoir la nettoyer une fois qu'on aura retrouvé Dean.

– Si tu voulais éviter les cochonneries dans la voiture, il fallait éviter de prendre un chien de l'Enfer avec nous, répliqua Bobby.

Ils ne savaient pas où était Crowley mais Juliette, elle, était allongée à l'arrière de l'Impala et semblait prendre les trois quarts de la place à elle toute seule. Si Sam et Bobby ne pouvaient pas la voir, Jack lui la voyait bel et bien et tapota dans le vide ce qui était visiblement sa tête.

– Je n'ai pas confiance en Crowley et je n'ai pas confiance en cette chose, grogna Bobby en ouvrant brusquement la carte routière de la ville de Salem en la déchirant au passage.

– Moi ? demanda Jack.

Sam et Bobby se retournèrent d'un même mouvement vers lui en fronçant les sourcils.

– Je parlais du chien de l'Enfer qu'on se coltine depuis des jours, Jack, répondit Bobby. Jamais je ne parlerais comme ça de toi, enfin !

Jack eut un petit sourire et but son café tandis que Bobby échangeait un regard avec Sam. Sam sut que Bobby avait compris que Dean n'avait pas été tendre avec Jack et il sut également qu'une fois Dean sain et sauf, il allait se faire sérieusement engueuler.

– Allé, démarre, grinça Bobby en attaquant son sandwich au bacon.

Sam enclencha le contact et la voiture se mit à ronronner.

Le ciel était d'un blanc immaculé, recouvert uniformément de nuages sans que l'on puisse apercevoir la moindre petite parcelle de bleu. Le tableau de bord de l'Impala annonçait une température de moins un dehors et Sam dû monter le chauffage jusqu'à ce qu'ils aient suffisamment chaud. Lorsqu'ils arrivèrent aux abords de la ville, il se mit à neiger, rajoutant une couche de neige fraîche à celle de la veille, qui s'était transformée en bouillasse sur le rebord de la route.

Ils trouvèrent un bon motel propre – d'après les commentaires sur internet – et Sam gara la voiture. Comme la dernière fois, ils prirent deux chambres indépendantes et s'installèrent dans celle de Sam et Jack pour faire le point.

– Ou est Juliette ? demanda Crowley en regardant autour de lui. Toujours dans la voiture ?

– Là-bas, dit Jack en montrant le canapé qui semblait, effectivement, étrangement affaissé.

– Tu peux garder un œil sur elle ? demanda Bobby. Puisque tu es le seul à la voir…

– Bien sûr !

Bobby nota que Jack faisait preuve d'un grand enthousiasme à l'idée d'apporter son aide et cette idée le fit sourire. Sam était exactement pareil au début. Sam de son côté faisait les cent pas dans la pièce, son téléphone collé à l'oreille. Il avait tenté d'appeler Castiel deux fois, puis Crowley et de nouveau Castiel. Personne ne lui répondit.

– On a un problème, dit Sam. Castiel ne répond pas.

– Tu as essayé d'appeler le roi de Pacotille ?

– Oui et il ne répond pas non plus, soupira Sam.

La tournure merdique des événements lui donnait l'impression tenace de patauger dans la semoule. Voilà presque dix jours qu'ils parcouraient la route allant de vagues pistes en idées à la con et ils n'avaient toujours pas retrouvé Dean qui devait nager en plein Enfer.

– Ça va aller, Sam, répondit Bobby.

Sam croisa le regard de Bobby et se demanda comment ils avaient pu tenir tout ce temps sans lui, sans ses conseils, sans son ton rassurant et ses engueulades.

– Qu'est-ce qu'on fait ? demanda Jack.

– On va enquêter comme prévu, Cas' a peut-être eu un empêchement, dit Bobby.

– Une seconde, dit Jack. Juliette peut retrouver n'importe qui puisqu'elle est un chien de l'Enfer n'est-ce pas ?

– Exact, oui.

– Alors elle peut sans doute retrouver Crowley puisqu'il est son maître, suggéra Jack.

Il s'approcha du canapé et réveilla Juliette qui grogna et s'étira sans doute puisque le canapé se mit à craquer d'une façon inquiétante. A voir la façon dont Jack la caressait, elle devait bien faire un mètre vingt de haut, c'était plutôt inquiétant.

– Cela dit, intervint Bobby, si elle se met à courir, on risque d'avoir du mal à la suivre.

– On peut toujours essayer… dit Sam sans grande conviction.

– Juliette, trouve ton maître, demanda Jack. Trouve Crowley.

Juliette émit alors un hurlement terrifiant, celui typique des chiens de l'Enfer qui avait le pouvoir de vous glacer jusqu'aux os quand bien même vous n'aviez rien fait. Juliette se mit alors en mouvement et bouscula légèrement Sam et Bobby quand elle passa entre eux. La porte d'entrée s'ouvrit à la volée et elle sortit dans le froid. Jack se précipita à sa suite suivit de près par Bobby et Sam. Ils montèrent à la hâte dans l'Impala qui démarra en trombe.

– Par là, indiqua Jack en montrant une ruelle du doigt.

Jack était installé sur le siège passager et les guida à travers toute la ville, suivant Juliette qui semblait savoir exactement où elle allait. La neige s'était mise à tomber plus drue encore et il était parfois difficile d'y voir quoi que ce soit. Fort heureusement, l'Impala ne dérapa pas comme Sam le craignait et ils arrivèrent à suivre la route sans trop de problème.

– En espérant que Crowley soit dans le coin, cria Bobby à l'arrière de la voiture. S'il est en Écosse on en a pas finit !

Fort heureusement, Crowley était en ville. Juliette ralentit l'allure quand elle entra dans la plus grande des avenues de la ville.

– Vous vous rendez compte qu'on est tous sauf discret ? dit Sam en se garant comme le lui indiquait Jack.

Fort heureusement, à cette heure-ci et vu la neige qui tombait, il était compliqué d'y voir quoi que ce soit, cela dit, quelques personnes désignaient Juliette du doigt en sentant bien qu'il y avait quelque chose dans pour autant la voir. Ils se trouvaient devant une grande brasserie qui était assez bondée en comparaison de l'avenue presque déserte. Juliette ouvrit les portes à la volée et rentra à l'intérieur.

– Putain, jura Bobby. Elle va se faire repérer.

– C'est déjà le cas, dit Jack en sautant hors de la voiture pour la suivre.

Ils suivirent Jack qui était déjà aux portes de la brasserie. Mais Sam avait à peine posé un pied dans la neige qu'il se retrouva téléporté dans un fauteuil moelleux. Sa tête lui tourna quelques secondes avant qu'il ne comprenne ce qu'il s'était passé. Ils avaient été téléporté ici, Bobby, Jack et lui. Mais pas par Crowley, par…

– Gabriel ? s'exclama Sam. Mais qu'est-ce que…

– Allons Sam ! Tu savais que j'étais en vie et je suis épaté d'ailleurs.

Ils étaient assis dans une sorte de salon privé, séparé du reste de la brasserie par un mur ouvert quelques mètres plus loin. Assis autour d'une table ronde, dans des fauteuils moelleux, plusieurs verres vides traînaient sur la table. De toute évidence, Crowley et lui buvaient un coup depuis quelques temps.

– Merde ! jura Bobby. Qu'est-ce qu'il se passe encore ? T'étais où toi ? ajouta t-il à l'adresse de Crowley.

Crowley, installé dans un fauteuil comme sur son trône et qui buvait un bourbon tout en caressant Juliette de l'autre main, répondit :

– Je buvais un verre, avec celui-là, dit-il en désignant Gabriel de son verre.

– Nous discutions de ce qui vous amène dans la région, précisa Gabriel.

– On cherche Dean, répondit Bobby.

– J'ai cru comprendre. Vous et votre discrétion légendaire... Vous avez fait fuir tous les démons à des kilomètres à la ronde et vous avez vraiment fait galoper un chien de l'Enfer sur cinq kilomètres ?

– Si Crowley répondait au téléphone, on n'aurait pas eu à faire ça.

– Je ne suis pas à ton service le Moose, répliqua Crowley. Et tu n'as pas un ange qui pouvait te le dire ?

– Oui, d'ailleurs, où est Castiel ? demanda Gabriel. Vous l'avez abandonné sur une aire d'autoroute ?

Sam imagina un instant Castiel seul sur une aire d'autoroute et ça le rendit un peu triste.

– Non, il ne répond pas au téléphone et il ne répond pas non plus quand je l'appelle, expliqua Sam. Alors on a pensé qu'il était peut-être ici avec toi.

– En aucune façon, dit Crowley.

Gabriel fronça les sourcils.

– Tu peux repérer Castiel ? demanda Sam. Et Dean ?

– Non et non, ces démons sont très expérimentés. Un peu trop pour être honnêtes. S'ils ont Castiel alors je n'ai aucune moyen de le contacter.

Sam sentit un abattement supplémentaire s'abattre sur lui. Il passa une main dans ses cheveux et se laissa retomber sur le dossier de sa chaise.

– Sam, dit alors Gabriel avec un air grave qu'il lui avait rarement vu, s'ils ont Castiel, on le retrouvera. Personne ne fera de mal à mon petit frère.

Sam hocha la tête.

– Et arrêtes avec ces yeux de chiots qu'on aurait abandonné au bord de la route, ça ne me donnera pas de capacités supplémentaires.

Sam eut un petit rire, prit une grande inspiration et se versa un verre de bourdon. Bobby, de son côté, observait alternativement Sam, Crowley et Gabriel. Assit près de Gabriel, Jack le fixait avec un air ravie et Sam sentit son estomac se tordre en pensant au fait qu'il n'avait justement pas pensé à dire à Jack de garder son identité secrète.

Gabriel nota rapidement que Jack le fixait et fronça les sourcils.

– Et toi tu es un autre Winchester ?

– Je m'appelle Jack, je suis le fils de Kelly et Lucifer, lâcha t-il comme un pavé dans la marre.

Un ange passa et un silence de plomb s'abattit sur la table.

Gabriel le fixa un long moment avant d'ouvrir la bouche.

– Tu… es le fils de Lucifer ? acheva t-il en tournant son regard éloquent vers Sam.

– Oui.

– Et tu as quel âge ?

– Bientôt un mois.

– Quel grand garçon, marmonna Gabriel. Tu nous excuses une minute ?

Il leva la main, claqua des doigts et Sam se sentit projeté quelque part et atterrit lourdement dans un lit.

– Sam ! s'exclama Gabriel. Il est le fils de Lucifer ?

Sam se redressa tant bien que mal et compris que Gabriel les avait téléporté tous les deux dans un appartement qui devait être le sien.

– Comment c'est possible ?

– Il faut vraiment que je t'explique comment il a fait, ricana Sam en se redressant.

Face à l'air furieux de Gabriel, il commença à expliquer la fuite de Lucifer, la possession du président, Kelly Kline, Castiel qui s'était occupé d'eux…

– Je vois, soupira Gabriel. C'est un problème, Sam. Un gros problème.

– Je le sais.

– C'est un néphilim, insista Gabriel comme si Sam n'avait pas compris l'urgence de la situation.

– Je le sais, Gabriel, répondit Sam avec lassitude.

– Non tu n'en sais rien, rétorqua t-il. Tu ne sais rien de la puissance qu'il renferme en lui, rien.

– Écoutes, il ne maîtrise pas ses pouvoirs mais il est profondément quelqu'un de bien et j'espérais que tu puisses m'aider à l'aider.

– Sammy…

– Sam, coupa t-il.

– C'est Sammy pour moi.

– Le Paradis a besoin de changer d'avis sur les néphilims, Gabriel. Je ne sais pas comment étaient les autres mais Jack est un gars bien. Aides-le. S'il te plaît.

– Sam, arrêtes avec ce regard. Tu sais que je n'y résiste pas, le taquina t-il.

Sam le savait très bien.

– Alors aide-moi, s'il te plaît. Je suis heureux que tu sois vivant et la dernière fois tu es mort en essayant de nous sauver…

– J'ai un vague souvenir oui, lâcha -il d'un ton amer.

– … alors c'est que quelque part, tu nous aimes bien.

– Jamais de la vie.

– Tu nous aimes bien, insista Sam.

Gabriel eut un petit rire et s'assit à côté de Sam puis se passa une main dans les cheveux dans un geste profondément humain.

– De toutes les conneries que Lucifer a faite, poursuivit Gabriel, celle-ci se place directement dans le top cinq. Mais qu'est-ce qui lui ai passé par la tête ? Il déteste tellement les humains, je ne comprends même pas qu'il soit allé fricoter avec… avec qui d'ailleurs ?

– Kelly Kline, l'assistante du président des États-Unis, répondit Sam.

– C'est d'un cliché, rétorqua Gabriel en souriant malgré tout.

– C'était une femme bien, rajouta Sam. Elle manque beaucoup à Jack.

– On dirait que tu t'es beaucoup attaché à lui, nota Gabriel.

– Un peu, avoua Sam. Il a juste besoin qu'on l'aide.

Gabriel soupira et ils restèrent quelques instants sans parler.

– Vous avez conscience que vous êtes des aimants à problème ? Demanda Gabriel.

Sam eut un petit sourire. Ça c'est sûr, ils attiraient les problèmes comme Pestilence attirait les mouches et ce n'était pas prêt de s'arranger.

– Ça va, Sam ?

– Tu veux dire en dehors du fait que mon frère a disparu, que Castiel est introuvable, que je m'inquiète pour Jack, qu'un chien de l'Enfer nous suit partout, que tous ceux qui nous côtoient meurent les uns après les autres ?

– Ils ont aussi tendance à revenir, tempéra Gabriel.

– C'est juste que… Je suis un peu fatigué.

Sam se sentit envahi par une tristesse immense, la même qu'il portait chaque jour de sa vie depuis des années. Il avait la sensation que quoi qu'il fasse, rien n'était jamais assez bien pour tout le monde, qu'il passait son temps à prendre soin de tout le monde mais il n'avait personne pour prendre soin de lui en retour. Pas même Dean. Sam se remémora le comportement exécrable de Dean des dernières semaines et il se demanda s'il n'allait pas tout plaquer une fois son frère retrouvé. Laisser tomber jusqu'à son grand frère et se construire une vie loin de tout.

– Okay, Sammy, commença Gabriel. Tu ne vas pas bien du tout là.

Sam le regarda sans comprendre.

– J'ai horreur qu'on lise dans mon esprit, Gabriel.

– Si tu ne gardais pas tout pour toi, ça irait mieux. Je suis déjà surpris que tu ais tenu le coup jusque là. Par contre, je crois que ton frère est encore en plus mal en point que toi, même si ça ne justifie pas le comportement qu'il a eu envers Jack et toi.

– Je suis… fatigué. C'est tout.

– Si tu n'y prêtes pas attention, Sam, tu vas finir comme Bobby, à te lever chaque matin en regardant ton revolver et te demander si aujourd'hui est le grand jour, celui où tu te colleras enfin une balle dans la tête.

Sam médita quelques instants et quelque chose l'étonna.

– Comment tu connais ce détail ? demanda t-il.

– Bobby me la dit, répondit simplement Gabriel.

– Et quand ça ?

Gabriel ne s'était, a priori, jamais retrouvé seul avec Bobby, il voyait donc mal comment il connaissait ce détail de la vie du chasseur, datant tout de même d'il y a quelques années. Gabiel sembla hésiter quelques instants.

– Il me l'a dit… quand je l'ai ramené.

Sam resta interdit quelques instants.

– Attend quoi ?

Gabriel soupira.

– Juste après que mon cher papa m'ait ramené à la vie, j'ai observé la Terre, appris les innombrables conneries que vous avez provoqué et qui vous sont arrivées et j'ai donc décidé de vous donner un coup de pouce. Pas en ramenant quelqu'un comme votre mère que vous ne connaissiez pas et qui vous a déçu mais la personne qui s'est le plus comporté comme un véritable parent envers vous, Robert Singer. En allant le chercher dans son Paradis – parce que oui je lui ai demandé son avis – il m'a expliqué beaucoup de choses sur lui, sur vous dont ce « détail » et sa peur que Dean ou toi finissiez pareil.

– J'arrive pas à croire que tu ais fait ça.

– Mais de rien.

– Et Bobby ne nous a rien dit...

– Il ne s'en souvient pas, répondit Gabriel.

Sam le regarda avec un sourire.

– Alors tu vas nous aider à retrouver Dean ?

– Peut-être, dit Gabriel d'un air évasif.

– Peut-être ? répéta Sam.

– Oui, je vais vous aider, admit-il. Mais il va falloir changer un chouia votre comportement pour arrêter de provoquer des remous cosmiques à chaque fois qu'il vous prend l'envie de mourir, revenir, tuer la Mort et autres diverses conneries.

Sam dû bien admettre que, dit comme ça, ils avaient l'air de véritables catastrophes.

– Cela dit, rajouta t-il, mon père vous apprécie, la Mort aussi… alors ça vous laisse une certaine marge de manœuvre.

– Si ça peut te rassurer, j'ai envie d'une vie plus tranquille. Pas forcément un truc « normal » juste moins de…

– Moins de choses à encaisser ?

Sam acquiesça.

– On va arranger ça, dit-il

– Pourquoi tu nous aides ? demanda t-il à Gabriel.

L'archange haussa les épaules en regardant vers la fenêtre d'où la neige ne cessait pas de tomber et où le ciel s'assombrissait. L'horloge accrochée au mur indiquait seize heures trente.

– Chuck te l'a demandé, conclu Sam.

– Non. Enfin, oui, admit Gabriel. Mais il me connaît suffisamment pour savoir que je ne ferais rien si je n'en avais pas réellement envie. Je vous aide ton frère et toi parce que vous êtes différent, vous changez la donne et je suis curieux de voir jusqu'à quel point. Sans que vous finissiez par vous coller une balle dans la tête bien sûr.

– Bien sûr.

Ils restèrent un instant silencieux puis :

– Tu me ramènes ? suggéra Sam. Je commence à avoir faim.

– Hum ? Oh oui. Moi aussi.

– C'est faux, tu n'as pas besoin de manger.

– Pourquoi te sens-tu obligé de briser les rêves des gens, Sammy ?

Sam eut à peine le temps de lever les yeux au ciel que Gabriel s'apprêta à claquer des doigts mais le chasseur l'arrêta.

– Une seconde. Concernant Jack…

– Je ne lui ferais rien.

– Tu l'aideras à se maîtriser ?

– Hum.

– Et à le cacher du Paradis ?

– Hum.

– Gabriel ?

– Oui, d'accord, lâcha t-il un peu à contre-cœur. Mais je persiste à dire que si les Winchester n'ont aucun instinct de survis, il n'en va pas de même pour tout le monde.

Il claqua des doigts et ils se retrouvèrent à nouveau dans la brasserie. Bobby sursauta et renversa une partie de sa bière sur lui quand Sam apparut brusquement à côté de lui.

– Bon sang !

– Désolé, Bobby, grommela t-il.

– Bon, et si on mangeait ? suggéra Gabriel.

– Vous étiez où tous les deux ? demanda Bobby.

– Une discussion sur le temps qui passe et tout ce que j'ai raté pendant les quelques années où j'ai dormi dans le Vide, répondit Gabriel.

Ils commandèrent à manger tandis que, dehors, le froid se fit encore plus mordant.


A suivre :)

N'hésitez pas à me laisser une review (sinon j'envoie Juliette vous croquer XD) et à bientôt pour la suite !