"Sache, ô Prince, qu'entre l'époque qui vit l'engloutissement de l'Atlantide et des villes étincelantes et celle de l'avènement des Fils d'Aryas, il y eut un Age insoupçonné, au cours duquel des royaumes resplendissants s'étalaient à la surface du globe tels des manteaux bleus sous les étoiles: la Némédie, la Brythunie, l'Hyperborée, Zamora, avec ses femmes aux cheveux noirs et ses tours mystérieuses aux horreurs arachnéennes, Zingara et sa chevalerie, Koth, qui jouxtait les prairies de Shem, la Stygie et ses tombes protégées par les ombres, l'Hyrkanie, dont les cavaliers étaient vêtus de soie et d'or. Mais le plus illustre des royaumes de ce monde était l'Aquilonie, dont la suprématie était incontestée dans l'Occident rêveur."Les Chroniques Némédiennes. Robert E. Howard
La veille, Les lourdes cuirasses des cavaliers aquiloniens ont été soigneusement polies et leurs chevaux longuement brosser. Ces nobles guerriers voulaient être sûr d'apparaître dans toute leur majesté lorsqu'ils paraderaient sous les confettis des enfants et les yeux des femmes. En ce jour l'Aquilonie célébrait la victoire de son armée sur le royaume de Zingara. Les fantassins, encore marqués par les combats, succédaient aux fiers cavaliers. Puis vinrent les mercenaires qui portaient leurs regards avides sur les jeunes filles disséminer dans la foule. Tous buvaient les acclamations des badauds attroupés le long de l'avenue.
Derrière la parade des vainqueurs, le cortège des vaincus, couverts de chaînes, n'avait droit qu'a des huées et des jets de légumes pourris. Mais le calme s'abattit subitement lorsqu'ils virent l'un des prisonniers en particulier. Il ne marchait pas aux côtés des autres mais était enfermés dans une cage montée sur quatre roues, tiré par d'autres prisonniers et entourés de quelques fantassins. Ce qui prouvait sa dangerosité. Un mince masque noir cachait ses yeux. Mais malgré cela son regard dégageait une férocité, une force et une détermination qui glaça le sang de tous ceux qui le croisaient. Beaucoup rentrèrent chez eux pour se cacher et prier de ne jamais avoir à lui faire face. Sous les chaînes et les entraves on pouvait voir son corps, petit et svelte, ainsi que ses vêtements rouges et vert recouvert d'une cape.
Sur le balcon de son palais le roi Volmana se réjouissait de la liesse populaire qui parcourait la capitale. Ce succès militaire fera le plus grand bien à sa popularité et lui donnera la légitimité qui lui fait défaut depuis qu'il a renversé le roi Conan. Sa cour était déjà rassemblée dans la salle du trône. Tous s'inclinèrent sur son passage. En s'asseyant sur son trône, Volmana se demandait combien d'entre eux s'apprêtaient à le trahir. La porte s'ouvrit sur le général Prospero qui venait présenter ses hommages au roi. Le chef de guerre victorieux au visage ferme s'avança. Ses habits couverts de sang et de poussières contrastaient avec les étoffes fines et précieuses des barons de la cour. Ces derniers n'appréciaient d'ailleurs pas la démarche fière avec laquelle il passait devant eux. Alors que lui et ses aides de camp se prosternaient, il vit le vizir glisser quelques mots à l'oreille du roi.
Ra-amon s'est retrouvé propulser grand vizir dès les premiers jours du règne de Volmana. Tout le royaume détestait ce sorcier stygien. Avec sa haute stature, son crâne et son visage glabres parsemés d'étranges tatouages et son regard noir, il inspirait la crainte. Une crainte amplifiée par une multitude de rumeurs. L'une de ces rumeurs voulait qu'il soit l'artisan de la mort du roi Conan. Ces derniers mois il ne se déplaçait jamais son sinistre bouffon au visage blanc et aux lèvres rouges, dont les sourires inquiétaient autant qu'ils faisaient peur. Une fois les messes basses du vizir terminées, le roi s'adressa au général.
_ La rumeur d'un mystérieux démon qui serait apparue au milieu du champ de bataille vous à précéder. Montrez-nous-le?
Prospero fit signe à ses aides de camp de chercher le prisonnier. On amena la cage au milieu de la salle. Le prisonnier inspira dans le palais la même peur que celle qu'il avait répandue dans la ville. Sauf pour le bouffon qui alla faire ses grimaces près de la cage. Robin et le Joker se reconnurent mais n'échangèrent pas un mot. Prospero se plaça entre la cage et le clown puis s'adressa à son roi d'un ton solennel.
_ La bataille était sur le point d'être gagné et le soleil n'allait pas tarder à se coucher. Quand ce jeune homme est apparu dans un grand jet de lumière bleu. Il s'est retrouvé perdu en pleins milieux des combats avec son étrange costume. Il ne fallut pas longtemps pour qu'il soit pris à partie par les belligérants. Et il ne fallut pas longtemps pour qu'il désarme l'un de ses adversaires, un mercenaire hyrcanien un peu trop lourdaud qui lâcha sa hache à double tranchant à la suite d'une clé de bras qui lui brisa l'articulation du coude. L'inconnu fut bientôt encerclé par nos troupes mais ne céda pas un pouce de terrain. Il nous fallut plus de temps pour le maîtriser que pour vaincre l'armée Zingaréenne. Lorsque finalement on put le capturer, l'herbe autour de lui était rougie par le sang des blessés.
Alors que le général contait son histoire, le vizir portait sur Robin un regard de plus en plus lubrique. Il demanda que l'on enferme le captif dans l'aile du palais où il pratiquait ses expériences. Le roi accéda à sa requête en souriant. Tous les autres témoins de la scène frémissaient. Ils avaient tous entendu parler des horreurs que le vizir appelait expériences.
Robin attendit la nuit pour s'évader. Bien évidemment, dans le cachot où on l'avait enfermé pas un rayon de soleil ne lui parvenait. Mais les années passées dans les rues de Gotham avaient aiguisé son instinct. Il savait naturellement qui du soleil ou de la lune occupait le ciel. Il fit sortir une mince tige métallique de sa peau et crocheta la serrure de la petite porte de bois bardé de fer. En sortant il entendit des pleurs dans le cachot d'à côté. Il força la serrure. Même si la petite pièce humide était entièrement noire il distingua la silhouette d'une femme.
_Viens avec moi. Dit-il en se penchant vers elle. Je vais te sortir de là.
_Tu es fou. Lui répondit-elle. Quand le sorcier nous rattrapera il nous… Elle éclatât en sanglot. Tu n'as pas idée de ce dont il est capable.
_J'ai vaincus des êtres plus dangereux que n'importe quel sorcier. Je vais nous débarrasser de lui et tu pourras t'en aller.
Il lui caressa la joue pour la réconforter, puis il partit et arpenta prudemment les couloirs. Les soupiraux et les rayons de lune qu'ils lui apportaient le rassurèrent. Mais un tentacule fibreux attrapa sa cheville et le tira à travers les couloirs. Au bout de quelques secondes il vit la créature qui l'avait capturé. Un immonde croisement entre une plante et un animal, le corps d'une fleur géante avec une gueule béante et des crocs dégoulinants de baves à la place du pistil. A ses côtés, le sorcier ricanait en faisant des gestes de la main. Au majeur de cette main, un anneau en forme de serpent émettait une étrange lueur. C'est probablement grâce à cet artefact que Ra-amon contrôlait sa bête. Robin, suspendu la tête en bas par le tentacule, s'en voulait de s'être laissé capturer à cause de son excès de confiance. Soudain, le sorcier tomba, assommé par un coup sur la tête. Un batarang trancha le tentacule et le jeune prodige tomba dans les bras de Batman.
_ Tu as été victime du moteur temporel. Dit le chevalier noir de sa voix caverneuse. Il t'a envoyé en plein cœur de l'âge hyboréen.
_ Il faut que je te prévienne. Nous ne sommes pas seul… Mais Robin, toujours dans les bras de son sauveur, n'eut pas le temps de finir sa phrase.
La plante carnivore, jusque-là inerte, les attaqua. Le Joker venait de tuer et de couper la main du sorcier. Il agitait le membre tranché pour utiliser l'anneau enchanté. Batman lâcha son partenaire et se jeta dans la gueule du monstre puis le déchira de l'intérieur. Une fois sortit de la carcasse végétale il souleva le Joker par le col.
_ Pourquoi m'as-tu suivie jusque ici, pourquoi me persécutes-tu. Depuis ce jour… Ce n'était qu'un canular. Je voulais te faire rire. Dit le Joker en pleurant. Je voulais simplement te faire rire. J'ai vu la peine que tu cachais sous ton masque et je pensais que ça te ferait du bien de rire un peu. Mais toi tu m'as défiguré avec un de tes espèces de boomerang coupant. Oh mon Dieu, j'étais amoureux de toi et je voulais te faire rire. Pourquoi tu m'as défiguré ?
Les larmes du Joker coulaient et emportaient son fond de teint blanc, laissant apparaître des cicatrices qui partaient de la commissure des lèvres pour remonter le long des joues. Elles formaient ce que les légendes urbaines ont baptisé le sourire des anges. Le visage du chevalier noir restait impassible. Robin baissait ses yeux vers le sol. Une flèche traversa alors la nuque du clown et ressortit par sa gorge. Le héros laissa tomber le cadavre. Des hommes en noir portant des masques de hiboux s'avancèrent. L'un d'eux, le tireur, se prosterna devant Batman.
_Nous avons arrêté Volmana l'usurpateur et ses fidèles. L'Aquilonie est à nous. L'homme parlait sous son masque mais Robin reconnut la voix de Prospero.
_Très bien. Nos chemins se séparent donc ici. Répondit Batman.
_Nous n'oublierons jamais vos enseignements, maître.
_Qui sont-ils ? Demanda Robin
_La cour des hiboux. Une société secrète qui voulait renverser le roi Volmana. Lui répondit son mentor. Je les ai entraîné pour m'assurer leurs services et ainsi avoir une chance de te retrouver. J'ai échappé aux machinations de l'homme calendrier et j'ai découvert que tu as été touché par le moteur temporel. J'ai donc pris le même chemin pour me rendre quelques mois avant ton arrivée. Quand Prospero m'a dit que tu étais au palais nous avons lancé l'attaque.
Après avoir dit cela, il serra Robin dans ses bras pendant quelques minutes.
_Que fais-tu ?
_Regarde ! Un contact physique prolongé active l'énergie temporelle résiduelle qui restait dans nos corps. Espérons que ça nous ramènera chez nous
Une lueur bleue recouvrit leurs deux corps.
###############################Pendant « ce » temps, à Gotham city. ##################################
Fantômas arpentait la batcave, vêtue de son costume de Batman. Il était abasourdi par toutes les merveilles que cette grotte renfermait. Toutes ces armes et cette technologie lui offraient des possibilités infinies. Mais son plus grand trésor était le masque qu'il portait. La peur qu'inspirait cette cagoule lui permettrait de régner sur la ville. Un bruit de verre briser l'arracha à ses rêveries. Il vit deux hommes s'enfuir. Une vitrine était brisée. C'était celle qui se trouvait près de l'escalier. Un masque et une cape de chauve-souris y étaient exposait. Ils sont venus pour voler un costume. Cela aurait pu paraître idiot aux yeux de n'importe qui, mais pas de Fantômas. Il comprenait l'importance des masques. Avant qu'il ait pu poursuivre les voleurs un rugissement de chauve-souris lui vrilla les tympans.
Lady Beltham rangeait ses affaires dans le manoir. Elle adorait ce grand bâtiment avec toutes ces boiseries et ces décorations raffinées. Soudain, elle entendit des hurlements remonter du sous-sol. Elle ouvrit nerveusement le passage secret caché derrière l'horloge et s'y engouffra. Au bout de quelques secondes elle en ressortit en courant. Elle se réfugia dans une chambre et se cacha sous une couette. Elle tremblait.
Fantômas courait à perdre haleine. Son costume de Batman était déchiré et taché de sang. Il s'effondra au milieu de la route qui menait au manoir. A cette heure de la nuit aucune voiture ne passerait par là. Il se demandait comment Man-Bat avait fait pour regagner la Batcave. L'homme calendrier l'en avait pourtant chassé. Alors que Fantômas était toujours couché sur la route, un homme en smoking se penchât sur lui. Il portait une cape et un petit masque de chauve-souris. Ceux-là même qu'il venait de dérober. A ses côtés, un autre homme, en costume rayé, ajustait son chapeau.
_ On dirait que monsieur Wayne a fait une rechute. Outsider, occupez-vous de lui. Dit l'homme à la cape.
_ Très bien docteur Hurt. Répondit l'autre.
L'assistant du docteur attrapa Fantomas. L'Outsider n'était pas très musclé mais il maîtrisa son adversaire sans peine. Sa peau avait l'apparence de la pierre.
_Vous faites une grave erreur. Je suis Fantomas. Protesta le blessé.
_Depuis que vous vous terrer dans cette grotte vous n'êtes plus personne, Monsieur Wayne. Répondit le docteur Hurt.
L'Outsider enferma le forcené dans le coffre de leur voiture. C'était la réplique exacte de la Batmobile. Le docteur Hurt et l'Outsider roulèrent à tombeau ouvert. Ils prenaient la direction de l'asile d'Arkham.
