Merci encore à toutes les personnes qui reviews, j'ai répondu à tout le monde, sauf à toi Halyn25 car tu n'es pas inscrite mais merci aussi.
J'en profite pour remercier également toutes les personnes qui me lisent sans laisser de commentaires, vous êtes nombreux et du monde entier.
...
IV –
Le corps de Bella était déjà parcouru de spasme, le venin se frayant un chemin dans ses veines, son corps brûlant à petit feu. Rosalie me regarda droit dans les yeux.
- Et bien finis la mon frère, tu ne va pas la laisser se transformer n'est-ce pas ?!
Je regardais Carlisle, qui était perplexe. Il se tourna vers moi.
- Et bien Edward, c'est à toi de choisir, que faisons-nous d'elle ?
Je regardais son corps frêle et pâle. Que faire d'elle ? Je pouvais toujours finir de la vider en effet, faire disparaître un corps était très facile pour un vampire. Je ne pouvais pas la condamner à être éternelle, la damner.
Alors pourquoi y réfléchir ?
Soudain, une vision d'Alice m'atteignait.
Bella Swan en vampire, c'est ce qu'elle voyait.
Et moi, j'étais partagé.
La honte était telle que je n'avais plus envie de m'abreuver d'elle, malgré son odeur entêtante, mais comment la tuer autrement ?
J'étais un meurtrier par ma nature mais je n'étais pas un barbare.
Je regardais Carlisle et lui demandait, d'une voix rauque et brisée :
- Carlisle, ne peux-tu faire quelque chose ? La tuer, maquiller sa mort, et nous pourrions rester ?
- Maquiller sa mort, je pourrais le faire, mais les Quilleutes sont loin d'être bêtes, les anciens comprendront. Quant à la tuer, ne compte pas sur moi mon fils, tu dois assumer.
Je regardais ailleurs, sauf dans ses yeux. Pourquoi ne me raisonnais-je pas simplement en finissant au plus vite ? Pourquoi me faisait-elle douter, encore ?
Etait-ce la vision d'Alice ? Ou était-ce mon attirance pour elle, simple et fragile humaine ?
J'avais envie de parler, mais je savais qu'en le faisant je la condamnais. Je murmurais quand même :
- Alice a eu une vision…
- De qui ?
- D'Isabella Swan.
- Et ?
- Et elle était une des nôtres…
- Ha…
Je l'entendais réfléchir. Il soulevait beaucoup de questions.
Contraintes et avantages, temps, d'adaptation, et également, l'attirance que j'avais manifestement pour elle.
Je haussais un sourcil, surpris. Tout à sa réflexion, il ne réagit pas.
Il était surtout attentif aux gestes d'Esmée, qui lui serrait le bras plus fort, et gesticulait sur place, preuve d'une grande émotion et d'un grand trouble intérieur.
Je n'avais pas fais attention à ma Mère jusqu'à présent. Je sondais ses pensées.
Au-delà de sa peine et de son amour pour moi, de sa compassion et sa tristesse pour Isabella Swan, je captais une étrange pensée, un curieux vœu, qui la tiraillait.
Esmée était faite pour être mère.
Sa vie cruelle lui avait enlevée son seul bonheur, l'enfant qu'elle avait eu tant de mal à avoir avec l'homme qu'elle aimait à l'époque et qui la battait. Figée dans sa stérilité éternelle, parfois encore, elle se laissait aller à la mélancolie, en compagnie de Rosalie, unies par le même désespoir, elle ne se comprenait que trop bien.
Elle regardait la jeune Isabella avec l'envie profonde de s'occuper d'elle comme de sa fille, elle voulait "un nouvel enfant", même si cela condamnait la jeune femme.
Elle en avait besoin, et Carlisle l'avait compris.
- Donne-moi le téléphone Esmée.
Ma Mère le lui tendit, elle n'avait pas encore appelé. Carlisle pianota à vitesse surhumaine le numéro de nos "cousins" de Denali. Il tomba sur Eleazar :
- Eleazar mon ami, j'ai besoin de toi, de ton clan, pour nous héberger le temps d'une affaire urgente, je ne pense pas me tromper en pouvant compter sur toi.
Le ton d'urgence était très audible dans sa voix, et Eleazar répondit simplement qu'ils nous attendaient.
Isabella se mit à gémir en se tordant sur le sol, brulée vive.
Carlisle s'approcha d'elle et passa sa main dans ses cheveux. Il haïssait la douleur, et cela le rendait fou de ne pouvoir la soulager.
Et Rosalie comprit. Regardant tour à tour tout le monde, elle se mit à murmurer avec rage, consciente de ne pas faire trop de bruit afin de ne pas attirer l'attention :
- Alors c'est ainsi ? Vous la condamnez. Je vois donc que je n'ai rien à dire. Pourquoi elle ? Dans nos passés, nous avons presque tous tué, sans distinction, sans regrets immédiats, et elle, vous la condamnez ? Vous bouleversez nos vies, pour te faire plaisir, mon frère ? Tant d'efforts, tant de sacrifices, et tout part en fumée, pour toi Edward ? Je ne suis pas d'accord ! J'ai aussi mon mot à dire !
Carlisle, que ce discours n'avait pas ébranlée, la pria :
- Nous t'écoutons.
Je ne voulais pas ça, Rosalie était pleine de haine, et je voyais déjà ce qu'elle allait dire. Non seulement elle allait être la voix de ma conscience, tous les arguments que j'avais détruits ce matin pour pouvoir m'abreuver de Bella Swan lui brûlant les lèvres, mais elle allait blesser aussi. Je grondais :
- Rose, je te l'interdis…
Elle éclata d'un rire sans joie. Me montrant d'un mouvement de tête qu'elle voulait désinvolte le corps parcouru de frissons de ma victime, elle éructa :
- Que connais-tu des interdits et de la modération Edward, toi que j'avais toujours cru parfait, tu va me faire une leçon, alors que tous nous avons devant les yeux la preuve de ta faute ?
J'encaissais l'insulte, en silence. Je voyais bien qu'elle refuserait de se taire. Alors je la laissais parler. Elle se tourna vers Esmée, furibonde, dont elle avait compris les motivations :
- Alors Esmée, sous prétexte de notre mal d'enfant, que devrions-nous faire ? Une armée de nouveaux-nés ? Pour notre bon plaisir de mères bafouées ?
Si c'était possible, Esmée aurait pâlit. Blessée, elle grimaça, comme si elle allait pleurer, la chose qu'elle regrettait le plus de ne pouvoir faire. L'argument avait fait mouche.
- Et toi Carlisle, qui t'es donné tellement de mal pour nous construire cette illusion de vie normale, qui a du marchander avec la réserve pour que nous puissions rester, leur garantissant notre probité, notre droiture, notre sérieux, notre "non-violence" à l'égard des humains. Même si tout est déjà détruit, quoique devienne Isabella Swan, tu validerai l'erreur de ton fils… préféré ?!
Rose avait toujours su taper là où ça faisait mal, et depuis qu'elle était des nôtres, elle avait toujours aimé à penser que comme j'étais le premier transformé par Carlisle, j'étais son préféré. Je savais bien que c'était faux, mais Rose n'avait jamais voulu entendre raison. Blessée dans sa vie d'humaine par les sentiments fourbes et changeants des gens qu'elle côtoyait, surtout Royce King, malgré le profond attachement et amour pour le clan Cullen, elle gardait au fond d'elle cette blessure, cette peur de la trahison sentimentale, et c'était devenu le moteur de nombre de ses actions.
Néanmoins, Carlisle balaya cet argument d'un geste de la main.
- Je t'en pris Rosalie, tu sais bien que j'ai le même attachement à tous les membres de notre famille, anciens comme récents, tu me connais et tu sais bien que ce tu avances est faux. Tu es aussi importante pour moi qu'Edward, c'est pourquoi je suivrais n'importe lequel de mes enfants dans leurs choix dans la mesure où ses choix ne sont pas contraire à ce que j'ai construit…
Rose voulut l'interrompre, il leva la main pour la faire taire.
- Je sais que tu veux dire que ce qu'a fait Edward, se… sustenter d'un humain, c'est ce que nous combattons par notre style de vie… végétarien. Je suis responsable de vous, je vous ai créé, par conséquent, je dois aussi assumer vos fautes. Nous ne sommes plus humains Rose, mais nous avons nos faiblesses, ce que viens de vivre Edward est la preuve que malgré une rigueur absolue, nous sommes tous à même de craquer. Si il avait choisi de nous tourner le dos, de revenir à un mode de vie plus… traditionnel, je n'aurai pas réagit comme je le fais, mais ce n'est pas le cas, ça a du être une torture pour ton frère, regarde-le !
Elle me lança un regard plein de haine, et je baissais les yeux. Elle était vexée que Carlisle ne l'écoute pas, et au lieu de comprendre, elle renvoyait ça sur la supposée préférence de Carlisle pour moi. Rose avait aussi un autre défaut, c'est qu'elle était têtue. Elle voulut parler à Alice mais celle-ci pris la parole avant.
- Je sais ce que tu veux me dire, seulement Rosalie, cette fois-ci, je ne suis pas avec toi. Edward est notre frère, nous devons le soutenir, rien que pour cette raison nous devons être là. J'ai dit que j'avais honte pour lui, je l'ai pensé sur le moment, oui, j'ai pensé la même chose que toi, mais ma raison me pousse à pardonner, et à expliquer. Je me mets à sa place Rosa. Et ne compte pas sur Jasper pour t'appuyer, il est avec moi, mais plus que ça, il est encore trop jeune végétarien pour défendre ta position.
Elle passa une main douce sur le visage de Jasper, qui gardait un œil inquiet sur le corps et surtout sur le sang de Bella.
Rosalie fit un tour sur elle-même, cherchant du soutient, mécontente. Elle regarda Emmet, son époux, persuadé de se sentir appuyée, mais celui-ci préféra garder le silence, ce qu'elle prit pour une grande offense. Finalement, il l'entoura d'un de ses bras musculeux, et lui souffla dans l'oreille qu'il la soutiendrai toujours, mais que la situation était grave.
Emmet, sous ses en dehors de grand gaillard toujours prêt à sortir une blague salace, à se battre et à taquiner tout et tout le monde, était profondément amoureux de Rosalie, toujours là pour elle, et il n'y avait qu'elle qui pouvait le rendre grave un instant, sérieux. Ils formaient un couple tapageur mais uni par un désir, un amour et un respect qui m'avait toujours rendu jaloux.
Esmée décida alors de me défendre :
- Rose, ma chérie, essaye une minute de comprendre. Si je ne dois avoir qu'un argument, ce sera celui-ci. Nous sommes dans une situation grave, mais très semblable à celle que tu as vécu toi, quand tu nous as ramené Emmet…
- Mais ce n'étais pas moi qui l'avait blessé Maman !
- Je sais ma chère et tendre fille, je le sais. Mais toi aussi, à une époque, tu as choisi Emmet, de t'en faire le compagnon pour ton éternité, d'en faire un des nôtres. Au lieu de le laisser mourir, comme nous pourrions le faire avec cette jeune fille, tu as aussi brisé, par ta seule volonté, tous les arguments que tu brandis avec tant de véhémence. Voudrais-tu empêcher Edward, ton frère, de faire de même, lui reprocherais-tu l'égoïsme qui, pour notre plus grand bonheur, nous a apporté Emmet ?
Le plaidoyer de ma mère fit grand effet sur Rosalie. J'entendais ses pensées. Elle détestait avoir tord, et tentait par tous les moyens de trouver de nouveaux raisonnements valable de la soutenir, en vain. Elle regarda Emmet, qui raffermi son geste affectueux autour d'elle, et flancha. Elle me contempla :
- Chaque situation est unique, il est impossible de les comparer, les raisons, les motivations ne sont jamais les mêmes. Tu ne vis pas ce que j'ai vécu Edward, j'en suis certaine ! Ce que j'ai vécu, ce qui m'a construit, bien malgré moi, je ne le souhaite même pas à mon pire ennemi Edward, tu ne me ressembles pas. Cependant, je vois bien que tout le monde est contre moi, encore une fois je suis seule. Qu'ais-je à dire contre vous ? Que puis-je faire ? M'enfuir loin de vous, ma famille ? Je n'en ai pas envie. Je resterai Edward, et je prendrai soin d'elle, je la guiderai dans ce monde nouveau pour elle, je serai sa plus proche sœur…
Rose était très en colère. Car j'allais oublier qu'en plus d'être têtue, elle était rancunière, et aimait la vengeance. Elle aimait cultiver et s'abandonner à sa colère pour mieux se venger encore.
Et pendant qu'elle murmurait des mots rassurants mais vains à l'oreille d'une Bella Swan convulsive de douleur et qu'elle la prenait dans ses bras d'un geste protecteur, elle me fixa de ses yeux dorés et eut une pensée acide à mon égard.
"Et elle qui a l'air de tant te plaire rien qu'en humaine, je lui apprendrai à te haïr, et tu souffriras mon frère, autant qu'elle souffre en ce moment…"
...
...
Oo0
Voilà voilà, les dès sont lancés, et le sort de Bella arrété.
Au début, j'avais essayé de donner un nom à chaque chapitre, mais je n'étais pas satisfaite, sauf celui-là, que j'avais nommé "Entretien avec des Vampire", et j'aimais assez bien parce que c'est un de mes chapitres préférés.
Je vous souhaite une bonne lecture, et je suis impatiente de lire vos commentaires.
