Yo, les jeunes, j'espère que vous passez de bien bonnes fêtes de fin d'année au fin fond de votre immeuble en ruines !
Trêve de bavardages, je vous souhaite une bonne lecture ! :D
- Je suis rentrée.
Je referme la porte pour me retrouver face à ma mère, qui me souhaite la bienvenue avec un grand sourire, et mon père, qui m'accueille également, sans pour autant bouger de son fauteuil ni même m'adresser un regard. Je ne suis pas spécialement vexée, son journal doit être intéressant.
Ma mère finit d'essuyer une assiette puis accourt vers moi, me demandant si j'avais passé une bonne journée. Je lui ai répondu que oui, mais elle avait pourtant l'air soucieuse. Elle a du remarquer que j'étais préoccupée. Du coup, j'essaie de la rassurer et vais à l'étage, dans ma chambre, pour faire mes devoirs, soi-disant.
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Arrivée là-haut, je jette mes affaires et me jette sur le lit, le regard tourné vers le plafond. Je me demande comment il a su… mais ce n'est pas ça qui me tracasse le plus, au fait. Il aurait très bien pu se renseigner auprès des gens du village, ça aurait été limite normal, il est d'ici, après tout. Non, ce qui m'intrigue, c'est son comportement. Pourquoi s'est-il enfui ? Était-ce pour lui une erreur de m'avoir appelé par mon prénom alors que je ne lui ai pas dit moi-même ? Ce genre de situation n'est pas naturel, mais est-elle vraiment un problème ? … En tout cas, de mon point de vue, non. Pas à ce point, même pour quelqu'un de timide. Ou alors… Me cacherait-il quelque chose ?
Pfouah, je me casse trop la tête. Le mieux serait encore de lui demander. Bref, il faut que je me change les idées. Je me redresse paresseusement et aperçois mon sac de cours. Mais oui, le livre ! Je me jette sur mes affaires et en sors le bouquin que j'ai emprunté tout à l'heure à la bibliothèque. Je l'ouvre sans tarder et commence à le lire.
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Je vois. Ça semble être un recueil de légendes autour des loups. C'était plutôt intéressant. Je referme le livre. Il n'est pas si épais, j'ai mis un peu plus d'une heure à le terminer. Certaines histoires étaient un peu bateau, mais d'autres m'ont semblé fascinantes. Je suis par exemple tombée sur une vieille légende populaire japonaise qui conte l'existence d'une race mi-humaine, mi-louve, qui vivrait dans le secret par peur d'effrayer les Hommes. C'est, bien sûr, surnaturel, mais parfois, j'aime croire en ce genre de choses. Je ne sais pas pourquoi, mais bizarrement, cette histoire me fait penser à Ame. Il a en lui un je-ne-sais-quoi, il semble être animé par une sorte d'instinct. Ça doit être ce mystère qui l'entoure qui doit me faire penser à lui. … Quand on y pense, il pourrait être un homme-loup, ça expliquerait bien des choses. Mais bon, je dois me rendre à l'évidence, ce genre de créatures n'existe pas, et la réalité est malheureusement bien plus fade.
Je soupire, victime d'un faux-espoir irréaliste que je me suis moi-même imposée, quand j'entends crier d'en bas.
- Ma chérie, on mange !
Immédiatement, je me lève et descends. Mes parents étaient déjà assis à table. C'est soupe de lentilles, ce soir, apparemment. Je m'assois à ma place et commence à manger, sans rien dire. Ma mère peine à se retenir de parler.
- On dirait que ça va mieux, je suis contente !
Je me contente de lui répondre par un petit sourire discret. Mon père ne tarde pas non plus.
- Tu as fait tous tes devoirs ?
Lui, je lui renvoie un « hmm », sur le même ton désagréable que celui de sa question. Gros blanc. Ma mère est visiblement gênée par cette situation pour le moins tendue, elle essaie donc de réattirer l'attention de mon père sur elle.
- Sinon, mon chéri, quand est-ce que tu reprends le travail ?
Oh non, pas ce sujet.
- Dans quelques jours, le temps que je m'habitue à mon nouveau bras. Il me faut toutes mes capacités physiques pour tenir mon fusil et viser correctement. Tu le sais très bien.
- Oh, c'est super, n'est-ce pas, Saki ?
Non, pas du tout.
- … Saki ?
- Laisse, Rosa, tu vois bien que le métier de son père n'intéresse pas ta fille.
Trop, c'est trop.
- Et comment, ça me dégoute au plus haut point !
- Reviens me critiquer lorsque tu auras fait de brillantes études, on en rediscutera.
- Les études par-ci, les études par-là, tu ne penses qu'à ça ! Jamais tu ne t'es intéressé à moi ! Tu n'es qu'un égoïste qui ne pense qu'à toi, ton petit confort, et à ton loisir cruel qui consiste à tuer des animaux innocents pour revendre leurs carcasses et te remplir les poches… Tu es un être abject !
- Sors d'ici tout de suite.
- Je te HAIS !
Et tout s'arrêta dans un violent claquement de porte. J'étais maintenant dehors, devant la maison, assise sur le banc. Il faisait nuit, maintenant. Et sans vraiment comprendre pourquoi, j'ai senti des perles chaudes rouler sur mes joues.
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Mais… qu'est-ce que je fais ? Je décide d'arrêter ma course. J'ai tellement couru que je peine à reprendre mon souffle et mes esprits. J'ai vraiment agi de façon lamentable. J'aurais très bien pu inventer une excuse qui aurait justifié ma connaissance de son nom. Maintenant, elle doit me prendre pour un gars bizarre… ou même fou. Je suis pitoyable. À peine étais-je entrain de me faire une amie, que je détruis tout moi-même. Je suis bien parti pour rester seul toute ma vie.
… C'est peut-être mon destin, après tout.
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Ça doit faire environ une demi-heure que je suis dehors. Je pense que je vais rentrer. Je me relève, et me dirige vers la porte. Je suis dans l'entrée, et m'apprête à rejoindre ma chambre, quand j'entends des voix dans le salon. Ça doit être mes parents. Pour en être sûre, j'entrouvre la porte un minimum, et j'écoute. C'est bien eux.
- Chéri… il y a une raison particulière à mobiliser tous les chasseurs du coin dans notre forêt, n'est-ce pas ?
- Hmm… en effet.
Mon père était très calme, mais il l'avait l'air de ne pas vouloir en parler. Il avait même l'air embêté. Mais de quoi est-ce qu'ils parlent exactement ? Ça a l'air plutôt important.
- Quoiqu'il en soit, ce projet représente une jolie paye. C'est une occasion à ne pas louper.
- Si tu le dis… Je peux comprendre que tu ne veuilles pas en parler à Saki, mais tu pourrais m'expliquer, à moi.
Mon père poussa un long soupir.
- Bien…
Comme quoi, derrière son côté un peu niais, ma mère sait se montrer convaincante. Ça fait bizarre de la voir sérieuse. En pensant ça, un petit sourire amusé se dessine sur mon visage, mais il s'estompe au fur et à mesure que mon père parle.
Au début, je suis étonnée, puis petit à petit, je ressens du dégoût. Lorsqu'il a fini, c'est de la haine qui m'anime. Une violente colère qui voudrait sortir, mais qui ne le peux. Elle bout à l'intérieur de moi.
- Elle l'aurait su tôt ou tard, de toute façon.
- Oui… lorsque le moment sera venu, j'espère juste qu'elle saura l'accepter du mieux possible.
Je ne peux pas croire que ma mère espère seulement que j'accepte la situation. C'en est trop, je ne veux pas écouter un mot de plus. Tant que la dernière phrase que j'ai entendu ma mère prononcer n'a même pas effleuré mon esprit.
- … J'espère vraiment qu'elle sera le moins malheureuse possible…
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Je ne prends pas la peine d'enfiler un pyjama, je me jette sous la couette et mords mon oreiller avec toute l'intensité de la rage qui me submerge. C'est vraiment ignoble…
Après quelques instants, j'ai décidé d'arrêter. Je ne voulais pas réduire mon oreiller en miettes. Et là, je me suis rendue compte d'un truc.
Au fait, la municipalité a décidé, suite aux difficultés financières et du taux de chômage de la commune, de se servir de la zone forestière pour agrandir les terres agricoles afin de remédier à ces problèmes. En d'autres termes, elle projette de raser la forêt. Pour ce faire, des chasseurs sont mobilisés pour la dépeupler un maximum, dans le but de ne pas « gaspiller de précieuses ressources en viande et en fourrure » lors du passage des engins destructeurs.
Lorsque j'ai entendu ça, j'ai juste pensé que ce projet était absolument abominable. Mais il y a quelque chose que je n'avais réalisé qu'à moitié. Les animaux que j'observais en silence, les petites bêtes qui se demandaient ce que je pouvais bien être, le loup à qui j'ai parlé… Tous.
Ils étaient tous en danger de mort.
- Oh my god, ça tourne à l'apocalypse, ce machin... - Meuhh non, rassurez-vous X)
Réponse à Ech0 :
Oui, la déléguée a eu un comportement bizarre, mais t'inquiète, elle ne l'est pas (tu comprendras très vite) ^^
En effet, la maman est sans aucun doute le personnage le plus à admirer de ce film, c'est trop une guerrière *o*
Mais nan, je suis pas sadique, enfin, ce n'est qu'une impression :P
Quoiqu'il en soit, je suis très heureuse que ma fic te plaise, je te remercie de me soutenir, et je te souhaite un bon rétablissement (si tu n'es pas déjà guérie) ! \o/
Tous ces vœux de bonheur en espérant que tu oublies de me tuer quand j'aurai fini cette fic (- Pourquoi lutter, tout le monde veut ta mort ! - Mais t'es qui toi à la fin ?!)
Je remercie également mes autres lecteurs (si ils existent mdr X)), et les encourage à poster une petite review pour me faire pleurer de joie... (oui, une review, ça fait beaucoup d'effet à la débutante que je suis) /o/
Sur ce, à plus, la jeunesse !
