Disclaimer : Les personnages appartiennent à Stephanie Meyer, seule l'histoire est de moi. Le contexte et les personnages secondaires appartiennent à Shonda Rhimes.
Note de l'auteure : Bonjour les gens ! Voici un nouveau chapitre qui amène la première confrontation JB ! Il était temps ! J'espère que ce chapitre vous plaira et qu'il répondra à vos attentes ! Je vous souhaite une bonne lecture !
Réponse aux reviews :
Carolin21321026 : Je suis heureuse que le début de cette fiction te plaise. Voici donc la fameuse première confrontation. J'espère que ça t'a plu !
Miss StarPolaris : Merci énormément pour ta review, qui m'a fait très plaisir ! Je suis contente de t'embarquer avec moi dans cette aventure ! Alors, qu'as-tu pensé de cette première confrontation? Jasper en bave-t-il assez selon toi?
Alisper : Merci pour ta review, je suis heureuse que cela te plaise ! Surtout que vu ton pseudo, j'ai bien l'impression que tu es pour les JA !
G6K : Alors... 1. Désolée désolée désolée mais il fallait bien que je coupe quelque part :) Et puis ça alimente le suspens lol ! Voici les fameuses retrouvailles que tu attendais avec impatience. Je te laisse lire, j'espère que cela te plaira ! 2. J'adore moi aussi la série Grey's, mais je dois te prévenir qu'il ne s'agit ici vraiment que d'une toile de fond, sinon j'en aurais fait un crossover. Et enfin 3. Merci énormément pour tes compliments qui me font chaud au cœur. Je suis vraiment heureuse de voir que tu attends les chapitres suivants avec impatience à chaque fois. J'espère juste ne pas te décevoir et que tu continueras de me suivre !
oliveronica Cullen Masen : Merci pour ta review, voici la suite !
larosesurleau : Voici la suite ! Ne t'inquiète pas, elle est forte !
Anne : Merci infiniment pour ta review ! Ce sont là des compliments fantastiques qui me vont droit au cœur! J'espère que cette fic continuera à te plaire !
Alex16 : Je ne sais pas vraiment quoi te répondre, si ce n'est qu'il se passe des choses dans ce chapitre et dans les chapitres suivants. Les deux premiers permettaient de mettre le contexte et les personnages en place, par la suite ça avance ! Première confrontation JB par exemple ici ! Mais je ne suis pas fan de ces fictions ou tout se résout dès le premier chapitre, alors je ne te promets rien. A toi de voir si le rythme te convient. Bonne lecture :)
Chapitre 3 :
I hurt myself today
To see if I still feel
I focus on the pain
The only thing that's real
The needle tears a hold
The old familiar sting
Try to kill it all away
But I remember everything
What have I become
My sweetest friend
Everyone I know goes away
In the end
And you could have it all
My empire of dirt
I will let you down
I will make you hurt
Hurt – Johnny Cash
Quand elle rentra dans la chambre, elle fut immédiatement happée par le regard de la jeune femme qui avait prit sa place aux côtés de Jasper. Pétillant, enjoué, enthousiaste, hyperactif à lui tout seul, en fait. Elle semblait être un vrai rayon de soleil, un concentré serré de bonne humeur et de joie de vivre. Un cocktail de positivité qui donna presque envie de vomir à Bella. Elle était tout ce qu'elle-même n'était pas. Jasper lui avait donné tout ce qu'il lui avait si brutalement enlevé, à elle.
Après quelques secondes de silence, tendu, mal à l'aise, Carlisle s'éclaircit la gorge, tandis qu'Alex dardait sur la petite famille un regard froid, polaire et revêche. Il les menaçait clairement de dire quoi que ce soit sortant du cadre professionnel dans lequel il comptait la protéger.
- Jasper, Alice, voici les médecins qui vont suivre et opérer Tom, Bella, je veux dire le docteur Swan, ajouta Carlisle après un regard d'Alex, chirurgien cardio-thoracique, et le docteur Karev, chirurgien pédiatrique et néonat.
- Enchanté, répondit Jasper, tendant une main à Alex qu'il ne saisit jamais.
Il y eut un moment de flottement, la gêne se répandant dans l'air comme une odeur lancinante, puis il se tourna vers elle, et la salua.
- Bonjour Bella.
Elle aurait voulu lui envoyer du « Docteur Swan » et du « M. Withock », mais l'attitude aurait été puérile, et l'aurait renseignée sur sa rancœur. Or, il ne devait absolument pas savoir qu'il avait une incidence sur sa vie, quelle qu'elle soit. Alors elle se tourna vers lui. Il avait les yeux fatigués, cernés, une légère barbe de deux jours tandis que ses cheveux chiffonnés et ses vêtements froissés indiquaient qu'il n'avait pas dormi, ou si peu. Et pourtant, Dieu qu'il était beau. Peut-être même plus que dans ses souvenirs, où il était plus soigné, arborant fièrement un costume trois pièces. Il avait vieilli, un peu, ses traits de jeune homme avaient été remplacés par ceux plus affirmés de la petite trentaine. Une évolution logique, attendue, souhaitable même, et pourtant il avait également changé. Quelque chose au fin fond de ses yeux. Fatigué, également, le regard. Fatigué et insondable. Alors qu'elle avait toujours su lire en lui, à force de longues années de pratique. Ce n'était plus le cas aujourd'hui.
- Jasper, le salua-t-elle d'un simple, et bref, hochement de tête.
Et parce qu'elle était incapable de soutenir plus longtemps ce regard, ou celui de sa femme, elle se tourna vers l'enfant qui suivait, sans en comprendre la teneur, la conversation qui se déroulait devant lui. La conversation faite principalement de silence.
- Bonjour Tom, lui dit-elle et il lui accorda toute son attention du haut de ses cinq ans. Je suis Bella, et voici Alex, ajouta-t-elle en désignant le dit-nommé du pouce. Nous serons tes docteurs à partir de maintenant. Est-ce que tu sais pourquoi tu es ici ?
L'enfant, intimidé, parut hésiter et se tourna vers sa mère, en attente d'un consentement qu'elle dut lui donner, puisqu'il reporta son attention sur Bella après quelques secondes.
- Mon cœur est malade, souffla-t-il, et celui de Bella fondit instantanément, sachant d'avance qu'elle allait aimer ce petit bout, lui compliquant ainsi la tâche.
Elle ne voulait pas d'enfant. Pour être tout à fait honnête, c'est plutôt qu'elle n'en voulait plus. Pourtant, à chaque fois que le patient sur la table en était un, elle ne comprenait pas. Elle savait que la vie était ainsi, et cependant, savoir un enfant malade, savoir qu'il pouvait mourir sur sa table, sous ses mains, restait particulièrement difficile.
- Oui, lui répondit-elle, reprenant ses esprits. Et moi je suis un médecin du cœur, et Alex est un médecin pour les enfants. Comme tu es un enfant dont le cœur est malade, tu as deux docteurs qui vont s'occuper de toi à toi tout seul. On va passer beaucoup de temps tous les trois tu sais, alors je veux que tu me dises tout, tout le temps. Si tu as mal, mais aussi si tu te poses des questions. Tu peux tout me demander, d'accord ?
Le petit acquiesça, un peu moins intimidé maintenant qu'elle avait créée une intimité. Echanger les prénoms avait souvent cet effet sur les enfants. Les médecins ne leur étaient plus inconnus, ils se sentaient plus en confiance, plus à l'aise. Et c'était important.
- Bella, l'interpella la voix de la mère de Tom.
- Docteur Swan, l'interrompit-elle.
Fallait pas abuser. Créer une intimité avec l'enfant, ok. Laisser son ancien compagnon l'appeler par son prénom pour éviter de paraître puéril, déjà plus difficile mais passons. Mais faire amie-amie avec celle qui lui avait tout prit ? On allait s'en passer.
Elle vit du coin de l'œil les lèvres d'Alex frémir, prêtes à se relever dans un rictus peu sympathique, et l'en empêcha d'un coup de coude discret. Puis elle reporta son attention sur le petit lutin aux cheveux bruns qui l'avait si outrageusement reluquée la veille. Analyse de la concurrence, elle avait fait pareil. Elle se morigéna silencieusement : quelle concurrence ? Elle avait gagné par échec et mat, avant même que Bella ne comprenne qu'elle devait jouer. La jeune femme qui lui faisait face se dandinait légèrement sur ses pieds, clairement mal à l'aise, et Bella s'invectiva au calme. Son fils était gravement malade, elle n'avait certainement pas besoin d'une ex de son mari qui faisait du zèle. Pourtant, elle ne put s'empêcher d'appuyer sarcastiquement sur les mots qui suivirent.
- Madame Withock ?
Elle vit Jasper tiquer. Bien, se dit-elle, au moins avait-il quelques remords.
- Appelez-moi Alice, s'il vous plait.
Son ton était presque suppliant, et Bella hocha la tête, certaine que par là celle qui lui faisait face voulait à son tour créer un lien, effacer un peu les problèmes du passé, espérant certainement qu'elle n'en ferait pas payer les conséquences sur son fils. Imbécile, pensa Bella, si Jasper lui avait un tant soit peu parlé d'elle, elle aurait du savoir que ce ne serait pas son genre. Et puis il était un peu tard pour ça, de toute façon. Ils auraient pu aller n'importe où ailleurs, et avaient choisi son hôpital, son service, se réintroduire dans sa vie.
Elle ferait tout pour l'enfant, peu importe de qui était-il le fils. Mais qu'on ne compte pas sur elle pour s'occuper de la mère. Jasper n'avait qu'à la consoler.
Elle haussa le sourcil devant le silence persistant d'« Alice ».
- Je vous écoute, l'encouragea-t-elle d'un ton qui, elle le savait, n'avait pas grand-chose d'encourageant.
- Comment… que… comment allez-vous procéder ?
Parfaite diversion. Elle activa le mode docteur, sans plus penser à qui lui faisait face.
- Nous en avons longuement parlé avec le Docteur Karev.
- Nous y avons même passé la nuit, l'interrompit-il, et elle se demanda ce qui lui prenait.
Ce n'est qu'en voyant son petit sourire satisfait, et les traits de Jasper se tendre légèrement, et ses doigts amorcer le mouvement de se resserrer avant d'abandonner, qu'elle comprit le but de la manœuvre. Elle souffla discrètement, et leva les yeux au ciel. Il était un mec, et réagissait en fonction de son service trois pièces, c'était certain. Décidément les femmes étaient définitivement plus subtiles. Elle continua comme si elle n'avait jamais été interrompue.
- Nous avons décidé de poser un cœur artificiel provisoire, comme le Docteur Cullen vous en a certainement fait part, dans l'attente d'une transplantation cardiaque. Nous avons pensé au début à poser un dispositif d'assistance ventriculaire, tout d'abord, qui est une bonne alternative, mais le côté droit de son cœur est trop endommagé. Nous nous sommes décidés pour un type Jarvik-7, qui est un cœur pneumatique à diaphragme, mais tout ça c'est du jargon médical. L'intervention est assez urgente, mais il faut être préparé, c'est pourquoi nous la ferons dans quatre jours, à savoir jeudi, dans la soirée.
C'était certainement trop pour la jeune mère, et elle se précipita dans les bras de son mari. Ce fut au tour de Bella de serrer les poings, et elle détourna rapidement le regard, tandis qu'Alex posait sa main dans le creux de ses reins, dans un signe de soutien. Elle posa les yeux sur l'enfant, qui regardait sa mère pleurer, affolé. Alors la jeune femme se tourna courageusement vers le couple, professionnelle :
- Si vous devez craquer, évitez de le faire sous le nez de Tom. Sortez quelques instants, discutez-en entre vous. Dans ce genre de cas, les parents ont besoin d'un moment à eux.
Jasper sembla sur le point de répondre quelque chose, alors qu'il ne quittait pas la main d'Alex, dans son dos, des yeux. Il se ravisa finalement, et entraina sa femme à sa suite. Sa réaction exaspéra la jeune femme. Ok, Alex en faisait clairement trop. Mais Jasper avait refait sa vie, lui, et plutôt rapidement. Il était passé d'une femme à l'autre, et encore, si on avait la naïveté de croire qu'aucune période de transition où il voyait les deux n'avait existé. Pourquoi pas elle ? Pensait-il sérieusement qu'elle avait passé les cinq dernières années à l'attendre ? Bon, il n'aurait pas entièrement tord. Mais il n'avait pas à le savoir.
Quand ils revinrent dans la pièce, Alice présentait un visage défait, mais résigné. Les yeux rougis, les paupières gonflées, elle indiqua d'une voix déterminée aux médecins présents, ainsi qu'à Carlisle, qui s'était fait très, trop, discret jusque là, qu'elle était d'accord pour l'opération. Bella aurait pu avoir un élan de sympathie à ce moment, pour elle. Mais elle n'en eu pour aucun des deux. Elle n'en eu que pour le petit garçon qui se retrouverait bientôt sur sa table. Ils discutèrent des dernières formalités, même si la jeune femme ne prit pas vraiment part à la conversation, puis prirent congés.
Alors qu'elle partait de son côté, bien décidée à prendre une douche avant de rejoindre Rosalie, après avoir assuré à Alex aller bien et ne vouloir qu'être un peu seule, elle senti une main s'enrouler autour de son poignet. Surprise, elle se retourna, et quand elle comprit l'identité de la personne, se dégagea rapidement et violemment. Jasper Cullen, ou Withock, se tenait devant elle, un air résolu sur le visage.
- Bella, j'aimerais pouvoir te parler.
La blague. Vraiment. Sa vie était une vaste farce et son ex en tirait clairement les ficelles. Voulait-il l'achever ?
- Deux choses Jasper. 1, moi aussi je voulais parler il y a cinq ans, mais tu t'es lâchement tiré avant d'avoir la moindre conversation avec moi, alors je ne vois pas pourquoi j'agirais différemment aujourd'hui. Et 2, maintenant tu veux parler, mais tu as clairement fait comprendre que tu n'as rien à dire.
Il ne sembla pas surpris de son éclat de voix. Pour paraître indifférente, c'était raté de toute manière, se dit la jeune femme. Les traits de l'homme qui lui faisait face se tordirent. Il semblait en proie au doute, à l'hésitation. Voulait-il vraiment se racheter une conscience auprès d'elle ?
- Je ne peux rien expliquer pour l'instant, c'est vrai. Mais je peux au moins m'excuser.
Elle eut un rire dédaigneux.
- T'excuser ? Trois petits mots ? Mais c'est facile ça Jasper, rien de plus évident. Désolée, désolée, désolée, j'ai renversé votre chat. Désolée, désolée, désolée, j'ai violé votre fille. Désolée, désolée, désolée, j'ai tué votre mari. Désolée, désolée, désolée, je t'ai trompé, j'ai fait un gosse à une autre et me suis tiré avec elle. Lui cracha-t-elle au visage.
S'il fut prit de court par son éclat de voix, il sembla plus surpris encore par ses paroles.
- Je ne t'ai jamais trompé, Bella. Et Tom n'est pas mon fils.
Elle souffla longuement. Toute cette situation, tous ces non-dits et ces mensonges l'exténuaient.
- Je le saurais Jasper. On va faire des analyses de sang sur Alice, sur toi, et sur tous ceux qui voudront bien aider. Au cas où il aurait besoin de quelque chose, on doit trouver des correspondances, même sans lien du sang. Mais peu importe, au final, non ? Tu m'as forcément trompé.
- Bella, je te promets que…
- Aucune promesse, Jasper. Les tiennes n'ont plus aucune valeur. Et puis quoi ?, s'énerva-t-elle soudain, tu l'as rencontré le matin en achetant les croissants, ça a été le coup de foudre et tu t'es décidé à te barrer dans l'heure qui suit ? C'est un peu gros, même pour la naïve gamine que j'étais à l'époque.
Il baissa les yeux, conscient qu'en effet, c'était plutôt difficile à gober, mais pourtant il les releva presque immédiatement, la mâchoire serrée.
- C'est pourtant la vérité. Ecoute je sais que pour le moment, tu m'en veux, et tu me détestes, mais…
- Pour le moment ? Mais qu'est-ce que tu penses Jasper ? Tu crois que je vais apprendre à vous connaître peut-être ? Que tu vas redevenir mon meilleur ami, que je vais faire d'Alice une copine de shopping et qu'on se retrouvera tous les trois autour d'un verre, le soir, pour évoquer les souvenirs ? Et puis quoi encore, je serais la marraine de vos futurs enfants ? Mais on est pas au pays des bisounours ici tu sais. C'est la réalité. Celle où les jeunes filles amoureuses sont cocues et se font larguées, et où les enfants tombent malades.
- Je sais. Je suis désolé…
Souffla-t-il, d'une voix quasi imperceptible, qui donna la chair de poule à la jeune femme. Mais il allait en finir avec ses « désolé », elle n'en avait rien à faire de ses excuses. C'était trop facile, et cela l'énerva plus encore.
- Tu as raison sur un point Jasper. Je te déteste. Quoi que tu es loin du compte. Je te hais de tout mon corps. Et ce n'est pas qu'une expression. Ma bouche a envie de te cracher au visage, mes jambes rêvent de te frapper, et je voudrais t'arracher les yeux à mains nues. Après tout ce par quoi je suis passée après ton départ, et crois moi ça n'a rien d'un conte de fée, tu te pointes ici cinq ans plus tard, avec femme et enfant, et tu t'incrustes dans ma vie. Tu sais combien il y a d'hôpitaux dans tout le pays ? Mais qu'est-ce que je t'ai fait pour que tu t'acharnes ainsi sur moi ?
- Rien, Bella, soupira-t-il. Les prochains mois vont être difficiles, et j'avais besoin de ma famille pour les surmonter. Je ne savais pas que tu travaillais ici avant d'arriver chez mes parents. Je pensais que tu serais partie ailleurs.
- Oh. Et bien désolée, mais c'est ma vie qui est ici. Pas la tienne. Et ta famille est désormais ma famille également, même si on ne se mariera jamais. Alors je te préviens, j'opère Tom, et dès qu'on a un cœur, je ferais tout pour qu'il puisse vivre une vie normale. Après quoi, vous déguerpissez de ma vie.
En s'éloignant, elle l'entendit la héler, de toute évidence en colère :
- C'est ma famille, Bella. Je compte bien rester.
Elle inspira un grand coup, et se retourna.
- Mais je ne t'ai jamais demandé de les abandonner, pas plus qu'il y a cinq ans Jasper. Tu l'as fait de ton propre chef, par lâcheté. Je ne te demande pas de virer de leur vie, juste de la mienne.
Et sans lui laisser le temps de répondre, elle tourna les talons.
Plus tard, alors qu'elle prenait un café avec Rosalie après son rendez-vous en néonat, elle lui détaille la rencontre et toute la conversation.
- Quel toupet, s'exclama cette dernière.
- Hum hum, répondit Bella, un peu ailleurs.
- En tout cas, je suis fière de toi, tu sais. Il y a cinq ans, tu ne te serais pas défendue comme ça. Tu as prit de l'assurance, et aujourd'hui plus personne ne te marche sur les pieds, à commencer par mon crétin de frère. Si une chose de bon est ressortie de toute cette affaire, c'est bien ça.
- Je sais pas, Rose.
Celle-ci haussa un sourcil, interrogateur.
- Tu te souviens de ce bouquin, qu'on devait lire au lycée ? Celui d'un jeune simple d'esprit, qui devient de plus en plus intelligent. Mais plus il est intelligent, moins il est heureux. Il comprend petit à petit qu'en fait ses amis se foutaient de sa gueule. Il quitte son petit monde pour rentrer dans la réalité, une réalité où il est confronté à la noirceur de l'esprit humain. Et il se dit que finalement, il était mieux avant… Parfois, reprit-elle après un silence, parfois je pense que j'étais mieux avant aussi.
Rosalie sembla réfléchir à la question quelques instants, les yeux rivés ailleurs, sur les passants qu'on apercevait en contrebas à travers le rempart de verre de la cafétéria de l'hôpital. Finalement, elle se tourna vers son amie.
- Tu as toujours été intelligente, Bella. Et pas naïve, malgré ce que tu crois. Seulement tu étais heureuse, et ça te rendait aveugle au reste. Mais c'était pas si mal. Moi aussi, j'aimerais revoir cette Bella. La Bella heureuse, et passionnée. Et pas seulement parfois. Tout le temps.
- Mais je suis heureuse, Rose.
- Tu mérites de l'être plus, Bells. Rencontrer quelqu'un que tu aimeras follement. Te marier, faire des enfants.
- Pfff, je ne sais vraiment pas ce que tu as contre Mike. Je l'aime, tu sais.
- Je sais. Mais c'est pas suffisant. Et je n'ai rien contre lui. Je l'aime bien, c'est quelqu'un de bien, et il a beaucoup souffert. Il t'a soignée, d'une certaine manière, comme tu l'as fait pour lui. Mais maintenant il est temps de vivre. Et vous trainez trop de bagages à vous deux, vous les avez trop partagés, les tiens sont devenus les siens et vice-versa.
- Peut-être, mais l'amour fou, j'ai déjà donné. Et je ne sais toujours pas comment je m'en suis sortie la première fois. Je ne laisserais pas ça m'arriver de nouveau Rose. Sans Jake, sans vous tous, … Vous m'avez sauvé.
- Non, sourit son amie. C'est Seth qui t'a sauvé d'une certaine façon. C'est pour lui que tu as décidé de t'en sortir. Et seulement là, tu as accepté les mains qu'on te tendait désespérément depuis des mois.
La jeune femme réfléchit pendant un moment aux paroles de Rosalie. Elle avait raison, si elle n'avait pas rencontré Seth cette nuit là, qui sait où elle serait aujourd'hui. Qui sait si elle serait quelque part tout court d'ailleurs. Un sourire fleurit ses lèvres à la mention de son petit frère. Qu'importe les liens du sang, au final.
- En parlant de frangin, Rose. Que vas-tu faire à propos du tien ?
- Je ne sais pas, soupira cette dernière. Maman nous invite à dîner samedi soir, elle veut qu'on se voit tous ensemble, après l'opération. Ca tombe bien finalement, deux jours après l'opération. Le petit ira bien, et je n'aurais pas à prendre des gants. Je vais pouvoir m'en donner à cœur joie.
- Rose…
- Quoi c'est vrai, non ? Il se cache derrière la maladie de ce gamin, personne n'ose rien dire parce que ce qu'il vit, c'est dur. Et je peux comprendre, mais j'ai besoin de dire ce que j'ai sur le cœur, une fois pour toute. Et je ne serais pas capable de les voir avant que ça ne me soit permis. Le plus dur, ça va être de convaincre Em' de venir, il ne porte pas mon frère dans son cœur. Vu comment s'est passée leur dernière rencontre… Et toi, bien sûr.
Oh non non non non non. Pas question, se dit-elle. Ce serait bien trop glauque.
- Moi, Rose ? Tu n'es pas sérieuse j'espère.
- C'est ce que j'ai répondu à maman. Mais elle a insisté. Elle veut tous ses enfants autour de la table, réunis. Ca n'est pas arrivé depuis cinq ans.
- Super, Esmée la machine à culpabilité est en route, répondit-elle, exaspérée.
- Je sais, rit son amie, tu crois que je me suis laissée convaincre facilement ? Mais elle a fait ses yeux de cocker…
- Ouch, la situation est grave, elle ne les invoque qu'en dernier recours. Mais je n'irais pas, ajouta-t-elle d'une voix plus ferme.
- Crois-moi, tu viendras, lui répondit Rosalie, se moquant ouvertement d'elle. Maman a peur que tu ne te sentes mise à l'écart, et Papa culpabilise à fond de devoir t'imposer tout ça. Ils vont s'y mettre à deux, t'as aucune chance.
Et elle avait raison. Bella venait de passer une demi-heure au téléphone avec Esmée, qui l'avait appelée à la minute où son service s'était terminé. Elle avait eu le planning par Carlisle, c'était certain. Une demi-heure douloureuse de chantage. Autant appeler un chat un chat. Esmée lui avait proposé de venir accompagnée de Mike, et elle aurait tout donné pour qu'il vienne en effet. Mais elle savait que ce week end, il se rendait à l'orphelinat dans lequel il travaillait bénévolement depuis qu'il avait rencontré Manuel, 9 ans à l'époque, aux séances qu'il suivait dans le sein de cet hôpital. Le jeune garçon venait de perdre ses parents, et il participait aux mêmes groupes de soutien que Mike. Un lien s'était créé entre ses deux-là, et Bella s'était souvent demandé pourquoi ça n'avait pas été plus loin. Mais ça n'était pas ses affaires.
Ces moments avec Manuel, aujourd'hui âgé de 12 ans, étaient particulièrement importants pour Mike, et Bella ne l'aurait empêché de le voir pour rien au monde.
Décidément, depuis sa conversation avec Carlisle de la veille, le sort s'acharnait sur elle. Elle qui pensait avoir résilié son abonnement à la poisse depuis plusieurs années. Mais chez Isabella Swan, poisse un jour, poisse toujours. Et on peut dire qu'elle lui faisait rapidement rattrapé ce qu'elle avait manqué ces trois dernières années.
A peine fut-elle sortie de l'hôpital, qu'elle sut ce qu'elle avait à faire. Elle attrapa son portable dans son sac, et arrivée à sa voiture, se glissa sur le siège conducteur en approchant l'appareil de son oreille. La personne au bout du fil décrocha au bout de quelques sonneries.
- T'as retrouvé la mémoire ?
Elle fut un instant décontenancée.
- Comment ?
- Comment ça comment Bells ? Je n'ai pas eu de tes nouvelles depuis plus d'une semaine. Je te rappelle qu'on a une compète ce week-end, et on ne s'est absolument pas entraîné…
- Désolée, Jake. Mais c'est justement pour ça que j'appelle. Un entraînement. La totale. Aujourd'hui tu peux me faire courir autant de kilomètres que tu veux, me faire faire des abdos, des pompes, et je ne sais combien de tours. Je te promets que j'en redemanderais jusqu'à tomber d'épuisement.
Il y eut un silence au bout du fil, qui lui sembla durer une éternité.
- Ok, c'est quoi le problème ?
- Ca veut dire quoi, ça ? Que je n'y mets pas du cœur à l'ouvrage d'habitude ?
- Je ne répondrais pas à cette question. Mais là ça sonnait un peu désespéré, comme si t'en avais besoin. Comme si tu voulais te faire du mal. Et ça fait un moment que c'est pas arrivé, ça… Crache le morceau, Belli Bells.
Elle leva les yeux au ciel, exaspérée. Combien de surnoms lui avait-on attribué tout au long de sa vie ? Faudrait penser à les faire répertorier.
- Bells… Quelqu'un est mort ou quoi ?
- Plutôt revenu à la vie. Jasper est en ville.
- Oh.
- Oui, oh.
- Un seul mot de toi, et les gars et moi on lui fonce dessus. Avec une batte de baseball. On lui casse la gueule quand tu veux.
- C'est gentil Jake, mais normalement ça ne rentre pas dans tes attributions tu sais. Toi t'es là pour soigner, guérir et réinsérer des individus pires que lui. Et puis c'est pas le moment apparemment.
- Comment ça pas le moment ? Il t'a expliqué pourquoi il est parti ? Il est toujours avec cette poufiasse ?
- Accroche-toi bien. Pas d'explication, et il n'en donnera pas. Enfin pas tout de suite. La poufiasse en question est maintenant sa femme, et ils ont changé de nom de famille. Et tout ça, c'est juste l'emballage, parce que dans le kinder surprise, surprise ! Un gamin, cinq ans, soit disant le fils d'un autre. Malade. Du cœur, bien sur. Dans mon service, évidemment.
- Ok, répondit-il après un silence. Rendez-vous à la Push dans quatre heures. Et ce soir tu dors à la maison. On va s'entraîner jusqu'aux petites heures du jour toi et moi. Histoire d'évacuer la pression, et d'éviter en même temps un massacre. Le programme te convient ?
- Parfait.
Après avoir raccroché, elle appela Mike pour le mettre au courant des derniers événements, et le prévenir qu'elle ne rentrerait pas le soir même. Mike, toujours aussi prévenant, toujours si compréhensif et adorable, ne lui en tint pas rigueur et lui proposa de prendre quelques jours de congés pour s'occuper d'elle, ce qu'elle refusa. A la mention du repas du samedi soir, il décida derechef de décommander sa soirée avec Manuel et de venir, et il lui fallut bien vingt minutes pour le convaincre que non. Sur le chemin du washington, elle eut respectivement son père au téléphone, puis sa belle-mère, Sue, puis ses demi-frère et sœur, bien qu'ils ne soient que les enfants de la femme de son père. Leah et elle avaient eu du mal à s'appréhender, mais après l'épisode entre Seth et elle, la jeune indienne avait décrétée que Bella était sa sœur et elles étaient devenues plus proches. Elle traînait plus avec Bella, à la Push et avait apprit à connaître Jake. Bien sur, ils venaient de se marier. Tout le monde avait droit à ses bisounours sauf elle. Quand elle eut Seth au téléphone, il voulut prendre le premier avion pour la rejoindre, mais il en était hors de question. Il était en fac de médecine à New York et ne pouvait se permettre de manquer un seul cours. Ils avaient vécu beaucoup de choses ensemble, et Bella devrait assumer seule une des tuiles qui lui tombaient fréquemment sur la tête pour une fois. Les gars de la Push n'appelèrent pas, sachant qu'elle arrivait, mais Emily y tint quand même.
Bref, la nouvelle s'était répandue comme une traînée de poudre. Et elle avait eu l'ensemble ou presque de son répertoire au téléphone, s'échelonnant sur l'ensemble du trajet, et prévenant chacun, comme elle l'avait fait avec Jake, de garder la nouvelle pour soi, afin de préserver un petit garçon de cinq ans.
Enfin libre, pensa la jeune femme en enfourchant sa moto et en démarrant à vive allure. Jake la suivait à distance, et elle accéléra rapidement, poussant sa bécane au maximum. Habituellement, son ami l'aurait rattrapée et lui aurait dit de se calmer, mais de toute évidence il n'était que trop conscient à quel point elle en avait besoin. Ils roulèrent jusque tard, sans échanger un mot, et Bella se reposa dans ce silence confortable. Ils ne rentrèrent que tard à la Push, où tous les gars de la « meute »_ ils ne faisaient rien individuellement, et elle les avait rapidement surnommé ainsi_ les y attendaient. Ils avaient prévu un feu de camp avec les anciens, rien que pour elle certainement. Elle adorait ces veillées, soirs de fête au calme, tous réunis autour d'un feu, les plus vieux racontant des histoires abracadabrantes sur les légendes de la tribu indienne. La push était une des rares réserves à être restée telle quelle, vivant dans les traditions, sans devenir un site touristique peu authentique comme tant d'autres. L'idée de Sam et de Jake avait permis des subventions qui avaient sauvé la réserve.
Elle passa auprès d'eux une excellente soirée. Aucun ne lui parla de Jasper, et elle leur en fut reconnaissante. Ils avaient très certainement téléphoné à Carlisle, avec qui ils avaient travaillé la première fois pour elle, puis avec qui ils avaient continué de collaborer depuis. Ils avaient de bons contacts, et lui avaient très probablement téléphoné pour connaître le fin mot de l'histoire et les détails superflus. Si Bella n'était pas leur premier « cas », elle était le plus spécial, avec Seth, puisqu'ils la connaissaient et l'avaient longtemps côtoyée. Il en était de même pour Carlisle, et elle se doutait qu'ils parlaient souvent d'elle entre eux.
Elle fut accueillie chez Jake et Leah, et ils s'endormirent tous les trois, ensemble, de fatigue après avoir discuté toute la nuit. Comme ç'avait si souvent été le cas.
Le lendemain, elle partit de bonne heure, afin d'avoir le temps de prendre le petit-déjeuner avec son père et Sue, avant de prendre la route pour rentrer à Seattle. Elle espérait rentrer pour le déjeuner, et avoir le temps de dormir dans l'après-midi avant de prendre son service.
Sur l'accueillit d'un énorme câlin, comme elle l'avait toujours fait. Bella n'avait que très peu connue sa mère, avant que cette dernière ne se tire dans sa plus tendre enfance. Puis Esmée avait rapidement prit sa place, et il était de notoriété publique qu'elle la considérait comme sa fille. Pour autant, Bella avait accueillie Sue à bras ouverts, recherchant toute présence maternelle possible, ainsi que ces deux enfants, avec l'espoir de pouvoir former une famille quand elle rentrait chez son père. Ils avaient mis du temps, notamment avec Leah, mais ils y étaient parvenus. Et aujourd'hui, elle n'aurait échangé ses familles pour rien au monde.
Son père s'avança à son tour vers elle, et la prit rapidement dans ses bras. Il avait eu peur pour elle, vraiment, même terrifié, cinq ans auparavant, et depuis il avait fait quelques progrès question affectivité. Pas énormes, mais notables.
- Je viens d'avoir Esmée au téléphone. Elle veut nous inviter samedi soir.
Bella eut une expression horrifiée.
- T'inquiète Bella. Si toi tu ne sais plus rien lui refuser, moi je sais encore dire non. Et quand je lui ai donnée mes arguments, elle s'est rapidement rangée à mon avis.
La jeune femme arqua un sourcil, amusée.
- Et quels sont-ils ces arguments ?
- Simplement ça : si je me retrouve assis en face de Jasper Cullen pendant tout un repas, ça va finir en bain de sang. Emmett se chargera de le remettre à sa place pour moi, j'en suis sur. Mais il ira un peu plus en douceur je pense, pour Rosalie.
Bella allait ouvrir la bouche pour riposter, et expliquer à son père qu'elle n'était plus une petite fille et qu'elle était parfaitement capable de le remettre à sa place d'elle-même quand Sue, sentant la dispute approcher, intervint.
- Comment va ma fille ?
- Elle vit à moins de 10 kilomètres d'ici, Sue. Et elle a le téléphone.
- Oui, mas je la vois beaucoup moins ces temps-ci.
- C'est une jeune mariée…
Quand Bella reprit la route ce matin-là, elle se sentit revigorée. Elle s'était construite une vie, et une famille après le départ de Jasper. Et elle les adorait tout autant l'une que l'autre. Elle saurait faire face, quoiqu'il ait à lui dire, et par la suite, ce serait son tour à elle de l'éjecter de sa vie.
Voilà voilà mes p'tits loups, j'espère que ce chapitre vous a plu. Que pense-vous des réactions de Bella? Et de celles de Jasper, de Rosalie? Dites moi tout.
Bon sinon, j'ai commencé une autre fic comme je vous l'avais dit, et elle avance plutôt bien. Je pense donc commencer à la publier bientôt. Une autre JB, qu'en pensez-vous?
Je vous souhaite à tous une excellente semaine, à dans sept jours !
