Bonjouuur !

Merci merci merci, encore mille merci pour vos commentaires sur le derniers chapitres, ils sont tous adorables. Je suis heureuse que le chapitre précédent vous ait fait rire :D

Pour celles qui ont tiqué lorsque Edward dit de l'homme qu'il est supérieur à la femme, c'est du second degré, pas d'inquiètude de ce côté là. Je crois que nous sommes toutes bien placée pour savoir que les hommes aiment bien nous charier avec ça ... -_-'

Bon, j'espère que ce chapitre vous plaira en tout cas. Il m'a donné du fil à retordre, et je n'en suis pas particulièrement fière... Je voulais un peu plus pousser mes recherche sur New York mais la tâche s'avère plus difficile que prévue !

En parlant de ça d'ailleurs, pour vous mettre dans le bain, je vous conseille Google Map, un site qui m'aide énormément : non seulement il permet une vision satellite, mais, en s'approchant d'une rue et en double cliquant dessus, le site offre une vue en trois dimension, comme si on se déplaçait en voiture dans la rue : C'est tout simplement génial ! Je m'aide de cette vue pour faire les descriptions et pour voir un peu les différents quartiers de New York !

Comme d'habitude, n'hésitez pas à signaler les erreurs !

(à ce propos, rien de grave, mais il manquait un mot à une phrase au précédent chapitre, rien de bien gênant : "Pourtant, les mots étaient bels et bien sortis de sa bouche. Il aurait bien pu dire n'importe quoi par pitié" voilà pour la correction)

Bonne Lecture, à bientôt !

Elinae


CHAPTER 4

« Oooh, ça résonne dans ma tête, le piano semble provenir, en direct live, de mon cerveau. La musique est douce, elle est forte, mais pas dérangeante.

Bon SANG de bois c'est bon. Humphff

Toniiiiiight I'm gonna have myseeeeelf a real good time … I feel alIiii Iiii Iiii Iiiiive ! Des champis hallucinogènes, ça ne peut qu'être ça. Imaginez vous, volant en looping sur la route arc-en-ciel de Mario Kart Nintendo64. Et puis là, je me retrouve surfant sur une comète, mine de rien, il est là, Edward, en Freddy Mercury, moustache, pantalon en cuir rouge, Marcelle blanc, tapant du pied, ce putain de sourire arrogant collé aux lèvres. Il marque le rythme du bout de sa botte, un rythme en total désaccord avec ce magnifique air de piano.

Sauf que le décompte commence, les chœurs me martèlent les tympans

Don't stop me noooow….

Don't stop me noooow….

'Cause I'm having a good time having a good time ! ! !

I'm a shooting star leaping through the skiiiiiies

Like a tiger defying the laws of gravityyyyy

I'm a racing car passing byyyy like Lady Godiva

I'm gonna go go go

There's no stopping meeee »

Réaction en chaîne, les Queens (soit la sonnerie de mon téléphone, qui était soigneusement sous mon oreiller, c'est à dire au même endroit que ma tête, d'où l'effet ampli/salle de concert) m'arrache les oreilles. Je me redresse, me cogne à la tête de lit. Mon téléphone valdingue à l'autre bout de la pièce. Jusqu'à ce que je réalise que cet appel est LE fichtrement attendu appel d'Edward. S'en suit une course poursuite, une mêlée de pieds dans la couette, et une attaque de couteau à peinture dans le genou. – ca t'apprendra !... à force de tout laisser traîner partout -

-Freddy Mercury, je t'en**** !

-Bonjour à toi aussi, Bella !

La phrase de trop qui voulait dire que j'avais, malgré tout, décroché à temps, et que l'interlocuteur au bout du fil avait tout entendu. La journée commence bien dis donc !

-Si j'étais à ta place, j'arrêterai de l'ouvrir Freddy ! Tu devrais essayer le cuir à propos… et le rouge te va bien au teint !

-J'y penserais ! On pourra trouver ça cet après-midi si tu veux toujours m'accompagner !

-Il est quelle heure au juste ?

Je réalisai que, avant ce réveil plutôt bruyant, et plutôt raté à vrai dire… je dormais, je dormais bien même.

-Midi précise Mam'selle. Répondit-il avec un accent du sud exagéré. Bon Dieu, il était tard ! J'avais dormi beaucoup plus de temps que prévu !

-Et tu es…

C'est à cet instant que LE coup d'interphone décida de retentir

-Oooh non... tu n'as pas osé ?

-Non, tu as raison, je n'ai pas osé 'té ! On m'a trop bien élevé … Par contre, j'apprécierai que tu m'ouvres rapidement, je n'ai pas de parapluie !

-Edwaaard…

-J'ai toujours rêvé de voir une fille au saut du lit sans qu'elle s'y soit préparée.

J'enclenchai l'interphone, et trois minutes plus tard, c'est un Edward trempé jusqu'aux os qui pénétra dans mon appartement. Sa chemise lui collant le torse et les cheveux dégoulinants sur son front et sa nuque. MIAM

- Je sais, on se croirait presque dans une comédie romantique à deux balles. Loin de moi l'idée de briser cette instant de rêve, mais… Tu me fais rentrer ?

J'aurais pu lui répondre sauvagement un truc du style « Non Beau Gosse, on ne s'adresse pas à Bella Swan de cette manière ». Mais je décidai de rester dans un discours plus… soft

-Et si je refuse ?

-Si tu refuses, je m'assurerai que tu te souviennes à jamais du jour ou tu m'as ouvert ta porte en pyjama, avec une trace d'oreiller sur la joue et des chaussettes de tennis dépareillés aux pieds… Mais bon, j'dis ça, j'dis rien hein

Je faillis lui demander comment il voulait s'y prendre mais je n'étais pas sûre de vouloir connaître la réponse.

-Humpff

Je fis mine de lui claquer la porte au nez, et m'effaçai au dernier moment. Edward me fixa et s'avança dans ma petite entrée, visiblement fière de sa victoire.

Son expression si moqueuse changea du tout au tout lorsqu'il parcouru la pièce du regard. L'arrogance fit place à de la curiosité et à une étrange timidité. Le voir ici avait quelque chose d'irréel. Il était le premier de mes « amis » à entrer dans mon chez moi. La présence d'une telle beauté dans mon trois pièces avait quelque chose de décalé. Pourtant, Edward s'arrêtait sur chaque détail comme s'il visitait un musée.

Il ricana en voyant ma collection de jeux Kinder Suprise dont j'avais juré ne jamais me séparer, fièrement exposée sur une étagère, entre deux rangées de livres.

Il sourit en voyant une photo de moi, parmis tant d'autre, sur laquelle j'étais ado, bras dessus bras dessous avec ma meilleure amie. Cette amie que j'avais laissé là bas, chez moi. J'étais hideuse sur cette photographie poussiéreuse. L'appareil dentaire dont j'étais si fière au début, fixé sur mes dents du bonheur. J'avais rapidement changé d'avis cela dit.

Il se contenta d'effleurer des doigts les toiles, dessins préparatoires ou aquarelles que j'avais accrochés anarchiquement sur le mur pour essayer de mettre un semblant d'ordre dans mon esprit.

Et moi. Je l'observai, appuyée contre un mur. Je venais de réaliser une chose. Ma vie à New York ne me ferait pas oublier ma vie d'avant. Et Edward, en débarquant dans mon cocon, venait de créer un lien entre mon passé et mon présent.

La vie est un livre Bella, tu auras beau scinder ta vie en chapitres, chacun d'eux restera intrinsèquement lié aux autres.

-J'aime beaucoup ton appart Bella, il te ressemble. Déclara-t-il solennellement, dans un souffle

-Qu'est ce que je dois comprendre, lui lançais-je en m'approchant lentement de lui, il me tournait le dos.

-Tu dois comprendre qu'il est plein de surprises, de couleurs, de joie de vivre, de caractère… et d'histoire. Oui, c'est sûrement ce que tu as de plus précieux, une histoire.

-Tout le monde à une histoire, et la mienne est plus que banale. Rien de précieux là dedans.

Un soupir à fendre l'âme s'échappa de ses lèvres, il marmonna quelque chose que je ne compris pas, avant de se retourner et de se reconstituer un visage emprunt de bonne humeur et de joie de vivre. Son petit jeu ne me trompa pas, mais je n'en dis rien…

Nous nous connaissions depuis à peine quelques jours et je n'avais aucun droit de lui demander des comptes. Cela dit, j'avais le droit de penser, et une chose était sûre : Edward Cullen était torturé. Psychiquement, par quelques chose qui l'avait marqué dans son passé. Quelque chose dont il ne s'était visiblement pas remis, malgré son rôle d'homme bien dans sa peau qu'il interprétait à la perfection.

-Bon bon bon ! Qu'il pleuve, qu'il vente, qu'il neige, nous ferons cette visite de New York, Swan. En revanche, je t'autorise… non, en fait je t'oblige à te mettre autre chose qu'un pyjama sur le dos. Et tu auras exactement 15 minutes pour te préparer dans 3… 2... 1...

-Tu plaisantes j'espère ?

-Ai-je l'air de plaisanter ? Tu perds du temps Bellaaaa tic tac. Je viendrai te chercher sous la douche s'il le faut !

Ça, c'était loin de me déplaire mais… Et merde, il ne plaisante pas !

-J'y vais ! Allume la télévision si tu veux ! Beuglais-je tout en me dessapant en courant. Sympa comme programme.

-Oula non, il y a tellement de choses plus intéressantes à explorer.

Je filai rapidement sous la douche, en essayant de ne pas penser à Edward rodant dans mon appartement à la recherche de détails compromettants… Gloups.

Cinq minutes plus tard, j'étais hors de la douche, la brosse à dent à la bouche, la brosse à cheveux dans ma tignasse indomptable – Et bien, tu devais être somptueuse, Bella, quand tu lui as ouvert la porte – Oh Ta gueule toi !

Quinze minutes plus tard, montre en main, j'étais debout dans le salon, une jupe en jean juste au dessus des genoux, une paire de collants noirs transparents et une paire de Dr Martens, le tout accompagné d'une chemise et d'une veste décontractée. Rien de très folichon, mais c'était mon style.

-Une jupe… avec ce temps. L'envie de lui faire ravaler son petit air dubitatif pris le dessus, et je me fis un plaisir à lui clouer le bec

-Gros malin, au moins, avec une jupe, je ne risque pas de mouiller le bas de mon pantalon ! En plus, il ne fait pas froid, et je suis prête à parier que le temps va se lever.

-Bella 1, Edward 0, mais je n'ai pas dit mon dernier mot. Trêve de bavardage à présent, place à la visite et prend ton appareil photo !

L'averse s'était calmée, comme je m'en doutais. La visite ne pourrait qu'être agréable, surtout en sa compagnie.

Il m'emmena jusqu'au métro –Je n'étais pas prête de trouver notre prochain lieu de visite… le métro pourrait nous amener partout dans new York et ce dans n'importe quel district-

-Où va-t-on ? Ma raison me hurlait de ne pas faire confiance à ce sourire arrogant qui me promettait des choses, trop de choses… Dieu sait où il allait me faire traîner. Il était bien capable de me faire regretter ma légère prise de pouvoir de l'instant d'avant. Mon cœur, m'intimai doucement, et avec succès, de le suivre dans son aventure New Yorkaise. Quelque chose me dit que je ne le regretterai pas.

Il haussa des sourcils suggestifs, sans se départir de son éternel sourire. Il dut voir mon expression inquiète car il s'empressa de me rassurer en disant que j'allais adorer… Puisqu'il le dit !

Le métro était bondé, le hasard avait sans doute décidé de ne pas me faciliter la tâche… J'étais collée à Edward, dos à lui, tandis qu'il avait posé ses deux mains sur chacune de mes épaules pour maintenir mon équilibre. Je me tordit dans tout les sens pour choper mon appareil photo puis me tournait vers Edward. Grossière erreur, il était sacrement plus intimidant de l'affronter de face. Qu'importe, l'objectif de l'appareil imposait une certaine distance.

-Dis, tu es en train de faire quoi microbe ?

-A ton avis ?

-Tu sais que si nous n'étions pas dans un métro bondé, je serais déjà en train de te faire regretter ce que tu t'apprêtes à faire là !

-Wooo, j'ai peur, souris, montre moi comme tu es heureux.

Un sourire de demeuré apparut sur ses lèvres, il ouvrit de grands yeux non moins fous et s'approcha lentement de l'objectif.

C'était le moment, j'appuyai lentement sur le bouton déclencheur sauf que… le flash était actionné

Un hurlement se fit entendre dans la rame de métro, suivit d'un rire tonitruant dont l'auteur n'était autre… qu'Edward

En une demi seconde, une cinquantaine de visages s'étaient tournés vers nous, et nous étions devenu LE centre d'attention. Un fou rire incontrôlable nous pris à tout deux.

Edward, tête baissée, paupières hermétiquement clauses, les épaules secouées par son hilarité et moi me répandant en excuses entrecoupées de fous rires nerveux, les joues d'Edward entre mes paumes afin de vérifier son état.

-Mon dieu Edward ! Regarde moi et dis moi que tu n'es pas encore aveugle !

Phrase qui aurait pu révéler une sincère inquiétude de ma part, si seulement je n'avais pas été écroulée de rire.

-Bella, tu m'as tué… Tu vas être obligée de t'occuper de l'infirme que je suis devenu tout le restant de ta misérable vie.

Je songeai que m'occuper d'Edward n'aurait pas été une punition, bien au contraire

-Ouvre les yeux Edward, pour l'amour du ciel ! M'esclaffais-je. Mon rire ne fit qu'augmenter lorsqu'il ouvrit ses yeux rougis par les larmes.

-Tu me vois ? repris-je

-Et bien, là tout de suite, j'ai plutôt l'impression d'avoir la vierge Marie en face de moi, y'a comme qui dirait une auréole autour de ta tête… J'y aurais presque cru si tu n'avais pas été une telle démone ! Me railla-t-il

Nous nous affrontâmes du regard et en un instant, une course poursuite commença dans la rame de métro, encouragée par certain, tandis que d'autres s'offusquaient de notre manque de savoir vivre. La plupart des voyageurs supportaient l'un ou l'autre de nous, et ce, malgré les bousculades que cela occasionnait.

Je reprenais mon souffle lorsque j'entendis un cri à l'autre bout de la rame :

-BELLA ! ON DESCEND À LA PROCHAINE !

-C'EST D'ACCORD ! Hurlais-je à mon tour, pas gênée le moins du monde par le regard désapprobateur d'une dame d'un certain âge. Je lui fis un sourire angélique qui sembla apaiser son regard. New York était une ville vraiment formidable. La cité était une invitation à s'ouvrir aux autres, et on vous le rendait bien en vous accueillant à bras ouvert tant que vous ne vouliez de mal à personne.

Les portes s'ouvrirent, je me frayait un chemin pour sortir et tombai, nez à nez sur le quai, avec un groupe de musiciens. Cuivres, cordes et caisses se mêlaient mélodieusement pour donner naissance à un air si entrainant qu'un clochard s'était mis à danser furieusement. Je ne pus retenir un sourire béat. Une présence se fit sentir derrière moi.

-Welcome to New York, Bella ! Déclara-t-il d'une voix mystérieuse et envoutante, envoutante et mystérieuse comme cette mégalopole

Je me bornai à lui répondre d'un sourire, puis il m'entraîna à sa suite.

-Je t'avertis, ne t'attends pas à une visite traditionnelle, nous n'irons pas dans les lieux les plus connus de New York, nous irons plutôt dans les bas fonds ! New York recèle bien des secrets, et je suis loin de les connaître tous, mais je peux te donner un aperçu de ce que j'ai découvert.

-Je te suis !

-J'y compte bien ! Rit-il doucement. Il se racla la gorge et sa voix pris l'intonation d'un guide touristique

-Bien, bien, bien… New York, cité cosmopolite Milady, elle n'appartient pas aux Etats-Unis, elle n'appartient qu'à elle même et se suffit à elle même et se construit elle même. Elle absorbe toutes les cultures qui viennent à elle. Nous sommes… encore à Brooklyn. Et nous commencerons cette visite par un musée.

-Un musée, vraiment ? Je croyais que ta visite sortirait de l'ordinaire. le taquinais-je

-Je suis absolument certain que le musée que nous nous apprêtons à visiter te plaira. Dis le moi, si je me trompe, mais tu aimes l'histoire et les vieilleries, non ?

-Touchée, Cullen. J'ai un petit faible pour l'histoire.

C'est à cet instant que nous émergeâmes de la bouche de métro. Metropolitan Avenue. Une artère de Brooklyn bordée d'immeuble assez ancien, la plupart en briques rouges et oranges avec les escaliers de secours de traversaient la façade en diagonale « comme dans les films » songeais-je. Nous marchâmes quelques minutes jusqu'à ce qu'Edward m'intime de m'arrêter devant une minuscule enseigne, encadrée de pot de fleurs « City Reliquary »

-Bella, prépare toi à plonger dans le passé. Dans ce minuscule musée a été concentrée toute l'histoire de New York.

Je n'eus aucun mal à le croire. Je n'avais jamais vu autant de couleurs dans un si petit espace. La vitrine, de chaque côté de la porte, débordait d'objets. Pancartes, vieilles affiches, quantités astronomiques de capsules et de bouteilles de bière d'un autre temps.

Edward me poussa vers l'entrée, et l'atmosphère du musée, tamisée, mystique et chaude, m'engloutit en un instant. Le musée était un travail de romain. Une gigantesque collection s'étendait sous nos yeux. Entretenue avec soin, complétée au fur et à mesure. Allant d'une collection de cartes postales de la statue de la liberté, en passant par un mur, couvert de photographies dédicacées, consacré au base-ball. Sans oublier une gigantesque archive des plus grands quotidiens new yorkais. D'innombrables vitrines couvraient les murs, certaines remplies de babiole, de bijoux ou de vaisselle, d'autres contenaient carrément des fragments de pierres taillées, ou de poutres métalliques qui avaient du appartenir à des bâtiments de la ville…

J'explorai les lieux émerveillés, en sentant le regard d'Edward sur moi. Il me déstabilisait… C'était étrange, il semblait se rassasié de mon émerveillement, ne se lassant pas d'observer la moindre de mes réactions. Je le savais, je le voyais faire, mais ne disais rien. J'étais bien trop heureuse de ses prunelles irréelles posées sur moi

Personne ne pourrait faire un inventaire de tout ce que se trouvait conservé ici, rangé méticuleusement. Sauf peut être ce vieil homme qui lisait un vieil exemplaire usé d'Huckleberry Finn, derrière des lunettes à armature épaisse

Je n'osai pas interrompre sa lecture jusqu'à ce qu'il se décide à lever les yeux sur moi de son propre chef. Et la discussion s'engagea, alimentée par des anecdotes du propriétaire et de certains visiteurs et habitants du quartier qui passaient par là. Ces gens là étaient nés ici, ils appartenaient aux murs.

Je discutai littérature, en faisant semblant de ne pas voir Edward qui me reluquait toujours, amusé par la passion que je déployais dans la conversation.

Une éternité était passée depuis le jour ou j'avais tenu une véritable conversation sur la littérature.

Ma mère s'était souvent moquée, en disant que je n'étais pas née à la bonne époque : je m'entendais mieux avec les personnes âgées qu'avec les personnes de mon âge.

Repenser à maman s'avérait plus douloureux que je ne l'imaginais. Ce retour désagréable dans le passé fut rapidement occulté par Edward qui tentait tant bien que mal de m'arracher des entrailles de ce musée. Que dis-je, de cette mine d'or.

Le propriétaire nous expliqua les difficultés financière auxquelles il était confronté au quotidien. Ce petit musée de quartier luttait pour survivre. Nous payâmes nos places et Edward, comme si c'était une évidence, m'offrit une des babioles que Le City Reliquary proposait en souvenir, à savoir, un médaillon sous doute plaqué argent, grossièrement gravé, et qui s'ouvrait pour que l'on puisse y placer une photographie ou une sorte de relique.

Le cadeau ne valait pas grand chose. Pourtant, j'en fus touché. Sans doute parce qu'il venait d'Edward.

Nous sortîmes complètement dépaysés du petit musée.

-La première visite t'a plu ? Me demanda Edward, inquiet, en tripotant la médaille nerveusement autour de mon cou.

-Et comment ! J'ai hâte de voir ce que tu me réserves pour la suite ! Edward, ce musée, et ce type, étaient fantastiques !

-Et tu n'as encore rien vu. C'était la partie culturelle, maintenant, place à la partie un peu plus marrante !

En effet, je n'avais encore rien vu. Tout le reste de l'après midi se déroula à un rythme effréné. De Brooklyn aux petites communautés religieuses de Harlem qui s'évertuaient à nous transporter dans un autre monde en chantant leur âmes et leurs souffrances dans le Gospel, au rythme de leurs mains, qui frappaient sans relâche. La visite continua à travers des marchés improbables, à l'intérieur de galeries d'art, dans des cafés sombres tenus par des propriétaires tout aussi sombres, le tout ponctué de sourires de toutes nationalités.

Il était presque dix-sept heures, nous trainions tranquillement dans une toute petite rue du district de Manhattan, pleine de charme, ombragée par rangée d'arbre.

Le temps, comme je le présageais, s'était levé. Le temps était un peu frais mais un ciel pâle nous assurait que la soirée serait belle.

Je prenais n'importe quoi en photo avec mon vieil appareil argentique à objectif. Je râlais intérieurement en me disant que j'allais devoir attendre de faire développer la pellicule chez un photographe pour voir les photos. Les photos d'Edward en particulier… Je n'avais malheureusement pas encore les moyens de m'offrir un appareil photo reflexe numérique avec mon petit pécule. Mon appareil actuel avait beau être d'excellente qualité, je l'avais acheté d'occasion depuis quelques années, et le numérique offrait des possibilités non négligeables…

Edward marchait à côté de moi, mains dans les poches, regardant autour de lui, c'était un regard d'enfant, émerveillé à chaque fois qu'une devanture de magasin lui plaisait plus qu'une autre. Il était si attendrissant, et je venais de comprendre pourquoi.

Il était un vrai gosse. Terriblement intelligent, doué, penseur. Il en savait des choses, en était conscient, mais ne se sentait pas supérieur aux autres pour autant. Il gardait cet éternel esprit puéril, mais dans le bon sens du terme. Il était ouvert, ne se souciant pas des préjugés qu'avaient les « adultes ».

En fait, il réfléchissait… intelligemment. Il se posait des questions là ou il y en avait, le reste, il l'acceptait avec facilité sans se prendre la tête.

Mais une ombre demeurait chez lui, un non-dit que je ne parvenait pas à cerner.

Je l'observai du coin de l'œil et il le remarqua, un sourire espiègle se dessina sur ses lèvres parfaites. Oh… il avait une idée derrière la tête, et il me jaugeait des yeux pour savoir s'il pouvait tenter le coup.

Il entrouvrit ses lèvres, comme pour parler, se résigna puis… audacieux, se décida à me demander ce qui trottait dans sa petite tête de lapin crétin.

-Bellaaaa … Roucoula Edward doucement.

Help, help, voix séductrice à bâbord !

Oui, le genre de voix qu'il utilise pour que tu ne puisses pas lui résister…

Alors, qu'est ce que je fais ?

Ben rien, c'est fait pour !

Merci, le conseil m'est d'une grande aide !

Mais de rien…

-Edward…

-Bella… Est ce que… Est ce que tu aimes les fringues ? Enfin, tu vois, les trucs de nana, les fripes, les trucs un peu Vintage ?

Je me méfiai un peu, un homme ne vous demande jamais ça au hasard… Je pris des pincettes et lui répondit prudemment :

-Et bien, ouai… Je veux dire, oui. Sans excès, mais j'aime bien fouillé un peu dans les friperies, tant que ça reste dans mes prix.

-Génial ! J'en étais sûr ! Son ton était un peu trop enthousiaste pour ma santé mentale.

-Viens ! Suis-moi… Ajouta-t-il.

Je le suivis, mais en réalité, je n'eus pas tellement le choix, Edward me tirait par le poignet, comme un enfant attirant sa maman jusqu'à un magasin de jouet… à l'exception qu'Edward faillit me déboiter l'épaule par la même occasion.

Sans que je le réalise, je me retrouvais au beau milieu d'une friperie vintage encombrées de nippes, chapeaux tombants du plafond, sac vieille époque alignés au mur, étalages impressionnant de lunettes d'un autre temps. Et … bon sang, des motifs, des portants débordants de vêtements qui n'en finissaient plus ne courir le long des murs, et tout l'espace, du sol au plafond, ne laissant que d'étroits passages pour circuler…

On se serait cru dans un mélange du festival de Woodstock, Hollywood Boulevard dans les années 50, Broadway dans les années 80, agrémenté d'une odeur étonnante et forte, alliance de naphtaline et d'eau de Cologne ! Pour le coup, j'en avais plein les yeux et plein les narines, abasourdie que mes sens soient autant sollicités dans une si petite boutique.

-Edward… l'appelai-je faiblement. Tu… tu viens souvent ic…

Je fus coupée dans mon élan, Edward avait disparu dans les tréfonds du magasin, et il tapait jovialement la discute avec une femme d'une soixantaine d'année, couverte de bijoux, de parfums, et de maquillage, qui semblait répondre au doux nom de… Marilyn. Très original dans ce genre de magasin ! Ahem

-D'accord, tu viens souvent ici donc… dis-je pour moi même, m'enfonçant à mes risques et périls dans la jungle vestimentaire qui s'ouvrait sous mes yeux.

La suite fut hilarante, comme on pouvait s'en douter. Marilyn était particulièrement indulgente avec Edward - dont elle semblait apprécier les charmes – Et nous laissa à peu près tout essayer n'importe comment, même ses articles les plus chers. En fait, elle rigolait bien avec nous, nous essayions des fringues à tour de rôle au rythme des pincements de joues de Marilyn et de multiples photos souvenirs.

Jusqu'au dilemme suprême :

J'étais devant la cabine, attendant le verdict.

Edward me défigurait, sérieux, perché sur une table croulante de bijoux vintage, vêtu d'une chemise vintage à motifs floraux délicieusement ouverte sur le haut de son torse...

Fiouu…

Marilyn m'observait avec adoration, mains jointes en attitude de prière, au bord des larmes. On aurait dit qu'elle s'apprêtait à marier sa fille…

Okay, là, je panique. Si ils continuent à me regarder sans rien dire je vais…

Patience…

C'est Edward qui reprit la parole en premier, sa voix était… presque émue.

-Tu es…

-MAGNIFIQUE ! BELLA prends là ! Là, c'était Marilyn.

Je soupirai d'exaspération.

-Vous oubliez un détail, je ne roule pas sur l'or… Marilyn, c'est une des plus belles robes de votre collection. Elle mérite une propriétaire qui saura en être digne…

Je n'eus pas le temps de finir ma phrase, Edward et Marilyn parlèrent, - que dis-je – s'époumonèrent en même temps.

-Je te l'achète ! : Made in Cullen.

-Je te l'offre ! : Made in Marilyn.

Ils étaient adorables, mais je ne pouvais pas me résoudre à accepter un tel cadeau .

-Ecoutez moi bien, vous deux. Je me raclai la gorge, tentant de prendre ma voix la plus sévère possible. D'abord, vous, Marilyn, il est hors de question que vous me laissiez quitter cette boutique sans que j'ais payé cette robe. Quant à toi, Cullen, tu ne me payeras pas cette robe. Parce que je suis une grande fille. Et que je ne veux pas me faire offrir deux cadeaux par le même homme dans la même journée. Et surtout pas une robe de cette qualité…

-Bella, c'est ridic…

-Non, Edward !

Non, pas ce regard… Il me dévisageait depuis que j'étais sortie de la cabine.

Un regard un peu trop gourmand pour mon bien.

Mais là, il avait pris une moue terriblement irrésistible, on lui donnerait le bon Dieu sans confession. Il soutint mon regard jusqu'à ce que je pousse un soupir résigné…

Il savait qu'il m'avait à moitié convaincu et passait maintenant à la deuxième phase de son plan.

-Bella…

-Oui Edward.

-Bella, baisse les yeux un instant, regarde toi dans cette robe, retourne toi s'il le faut, et contemple toi BIEN, dans le miroir de la cabine. Regarde-toi autant de temps qu'il le faudra.

Je m'exécutai docilement. M'observant timidement dans le miroir, une moue contrariée collé au visage. Il avait raison. Cette robe était magnifique… un coup de cœur à vrai dire.

Elle était bleue de Prusse, mais en plus profond, plus foncé.

En mousseline de soie plissée, toute simple, elle avait des bretelles d'environ trois centimètres de largeur, un magnifique décolleté, pas très osé, mais suffisamment pour mettre ma poitrine en valeur. Une sorte de ceinture, dans le même tissu que la robe, me moulait, juste en dessous des seins, et jusqu'à la taille, puis le jupon de la robe s'évasait tout doucement, fluide, ample un peu plissé, glissement doucement sur mes hanches jusqu'à mes genoux…

Une petite merveille. Légère, agréable à porter.

Elle était dotée d'un charme indéniable, d'une petite note vieillotte tout à fait charmante et d'un parfum capiteux qui indiquait qu'elle avait déjà été portée. Sa propriétaire précédente en avait pris grand soin.

Je me retournai vers Edward sans un mot. Celui ce me fit un sourire d'encouragement que l'on aurait facilement pu identifier à celui d'un ange.

-Bien. Bella, maintenant que tu t'es vue clairement, regarde moi dans les yeux, et dis moi que tu ne veux pas cette robe.

-… Je… C'est ridicule, je n'arriverais jamais à la remettre.

Je mentais. C'était le type de robe élégante, mais que je pourrais parfaitement mettre dans la vie de tous les jours, quand le temps serait plus clément, au printemps par exemple.

Manque de pot, je mentais mal, et Edward était particulièrement perspicace.

-Bella… Gronda-t-il

-…

-J'attends, Renchérit-il

-Tu as raison. Je la veux… mais si tu l'achètes, je tiens à te la rembourser. C'est beaucoup trop.

-Ça me paraît réglo… On fera comme tu voudras Bella, je te demande juste de prendre cette robe.

-Alors… Deal ?

-Deal.

Une poignée de main plus tard, Edward régla l'achat et nous sortîmes de la boutique en promettant de revenir.

La promenade s'acheva dans le parc de High Line, bondé de New-Yorkais et perché au dessus de la ville qui ne dort jamais. Le mélange nature et urbain était absolument surprenant et curieusement plaisant.

Allongés côte à côte dans les transats du parc, qui se vidait peu à peu, nous admirions à présent un couché de soleil sur la ville. Le ciel prenant peu à peu cette teinte d'un bleu si profond, unique, que l'on ne voyait qu'au crépuscule, entre chien et loup.

-J'ai passé une journée merveilleuse Edward… Vraiment. Merci pour tout.

-Ta journée n'aura pas été plus belle que la mienne. J'étais en meilleure compagnie que toi.

Le compliment faiblement déguisé derrière cette phrase me fit monter le rouge au joue. Réaction qui ne manqua pas de faire pouffer Edward.

Un silence lourd de sens s'abattit alors sur nous, alors que nous regardions le soleil passer derrière les immeubles.

Edward fut le premier à briser la paix des lieux :

-Il se fait tard Bella, je devrais te ramener jusqu'à chez toi, nous avons beaucoup marché.

-Tu n'es pas obligé de me raccompagner, c'est loin.

-Ne discute pas, ce n'était pas une question Bella, je te ramène.

Je ne sais si c'était le fruit de mon imagination, mais sa voix douce de ténor était teintée d'une intonation triste… presque comme s'il regrettait de me quitter. Mais je pouvais lire autre chose sur son visage, de l'amertume, de la frustration, du dépit… de la colère.

Pourquoi diable serait-il en colère ?

Le trajet du retour se fit en silence. La journée avait été riche, mais épuisante.

Dans le métro, Edward et moi nous observions furtivement pendant que l'autre regardait autre part. Parfois, nos regards se cherchaient, se croisaient, se fixaient pour finalement se fuir la seconde suivante.

Bien vite, nos jambes nous portèrent jusqu'à la porte de mon immeuble.

L'instant était parfait.

Tout était parfait, hormis Edward. Il était là, devant moi, rembruni, les sourcils froncés, les traits tourmentés, le visage baissé, regardant ses doigts qu'il triturait nerveusement.

Il aurait pu m'embrasser. C'est ce que n'importe quel type sain d'esprit aurait fait. Mais Edward n'était pas n'importe quel type. Il était juste Edward.

C'est pourquoi il ne m'embrassa pas… Quelque chose, je ne sais quoi, l'en empêchait. Alors il continua à maltraiter ses mains, cette éternelle expression torturée collée à sa figure d'Ephèbe.

C'est moi qui fis le premier pas…

Presque.

Je pris son menton dans ma paume et relevai son visage vers le mien, déposant un doux baiser sur chacune de ses pommettes, puis sur son front.

Il fixa ses prunelles, puits sans fond, aux miennes et se mordit la lèvre inférieure pour qu'elle cesse de trembler. Son visage d'homme, à la fois visage d'enfant, marqué, terrorisé par ce que la vie lui réservait.

Tout en lui me criait de l'embrasser, de le consoler, de le cajoler contre ma poitrine… je ne sais pour quelle raison.

-Bonne nuit, Edward. Merci… infiniment, merci… Pour la robe, et pour aujourd'hui.

Lui murmurai-je, lâchant délicatement sa mâchoire. Je me détournai, montai les marches du perron, n'attendant plus rien de lui, mais avant que je puisse mettre la clé dans la serrure, une poigne sur mon bras me retint vers lui.

-Bella, attends, je t'en pris, attends.


Un peu de suspens n'a jamais fait de mal à personne ;)

A la prochaine ! (avec un chapitre aussi long que celui ci !)

Bisous bisous.

Elinae.