Chapitre 4
PDV Esmé
Les deux semaines sans avoir notre fils chez nous le soir furent une parenthèse érotique intense pour Carlisle et moi. Au début quand Edward avait réemmenagé, ça avait été excitant de devoir nous faire discrets. Pourtant, la situation n'avait fait qu'empirer et nous nous étions résolus à faire ça rapidement dans notre salle de bain, dans la voiture après la messe du dimanche, dans une remise au fond de notre jardin ou encore par téléphone.
Un mois passa, nous avions tenté de faire revenir Bella chez nous, mais elle avait toujours décliné. J'avais demandé à Charlie si sa fille avait parlé d'Edward, Bella s'était contentée de quelques paroles polies avant de clore le sujet.
Charlie eut l'idée de suggérer à Bella de faire du bénévolat à l'hôpital, elle accepta et rencontra Carlisle. Il l'affecta au service post-opératoire où Edward travaillait. Mon fils avait été chargé de la présenter à l'équipe. Une semaine après, j'étais allée voir où en était leur relation.
« Comment ça se passe avec Bella ? »
« Euh… » Edward hésita, puis me regarda avec méfiance.
« C'est une jeune femme extraordinaire, non ? Je suis sûre que tous les patients l'adorent ! »
« Effectivement, elle fait l'unanimité… Pourquoi tu me parles encore d'elle ? »
« Comme ça… tu sais que son père est notre ami. »
« Merci pour la café, maman. À ce soir. »
« À ce soir. » répondis-je, abattue.
Mais pourquoi ne s'intéressait-il pas à Bella ? Carlisle me dit ce soir-là qu'Edward avait repoussé toutes les invitations depuis son retour, toutes les femmes célibataires de moins de quarante ans travaillant à l'hôpital avaient tenté leur chance, en vain.
« Tu penses qu'il préfère les hommes ? » questionnai-je Carlisle.
« Je ne sais pas. Il y a eu cet ambulancier qui l'a dragué un jour mais Edward a décliné. Il avait l'air très mal à l'aise. »
« Je n'en peux plus ! Demain matin, je vais fouiller dans ses affaires ! » me résolus-je.
« Et quoi ? Tu sais bien qu'il passe son temps libre le nez dans un bouquin de médecine. »
« Il a bien un ordinateur portable. Peut-être que… »
« Nous devrions lui parler franchement. Il est adulte, il comprendra. » raisonna Carlisle.
« On n'est même pas sûr qu'il ait déjà couché avec une fille. » me désolai-je.
« J'appelle Emmett. »
Carlisle décrocha le téléphone du salon mais je l'arrêtai. Mieux valait être prudent et appeler depuis un endroit plus isolé depuis son téléphone portable.
« Pa', je suis occupé… » répondit notre aîné avant de raccrocher.
Aucun doute sur l'activité accaparante qui l'empêchait de tenir une conversation.
« Au moins un qui y a le droit. » râla mon mari.
Emmett ne se révéla pas utile. Il était lui-même inquiet de la situation et en avait déjà parlé avec son frère, mais Edward avait répondu qu'il n'avait pas envie d'une relation. Puis il s'était fâché, intimant à Emmett de ne pas l'embêter lui aussi avec ça.
_oOo_
« Quatre jours isolés… » roucoula Carlisle en me montrant une petite brochure.
« J'en suis ! »
« Le chalet est un vrai appel à la luxure. Un grand lit, des peaux de bêtes partout, une grande cheminée, un jacuzzi, et même en option, un coffret érotique. » m'énonça Carlisle.
« Un coffret érotique ? »
« Oui, il n'y a pas de détails, mais ça doit être des… jouets, enfin tu vois ce que je veux dire. »
« Mmmmm, j'imagine. »
Je nouai mes bras autour de son cou avant de l'embrasser avec impatience. Hélas je n'eus pas le temps de faire plus.
« Bonsoir ! » nous lança Edward en entrant dans le salon.
Carlisle et moi échangeâmes un regard désespéré et quittions la cuisine pour rejoindre notre fils.
« Ça a été ta journée ? » demandai-je un peu mécaniquement.
« Oui, très bien, personne n'est mort. On a évité une catastrophe, ceci dit. »
« Ah oui ? » releva Carlisle.
« Cette très chère Bella Swan s'est évanouie à la vue du sang ! » se moqua-t-il.
« Comment va-t'elle ? » m'inquiétai-je.
« Bien, elle n'a rien. Mais franchement à quoi pensait-elle en venant faire du bénévolat dans un hôpital si elle a la phobie du sang ? Et bien sûr, tous l'ont chouchoutée… Même les patients ont demandé de ses nouvelles tout l'après-midi. »
« Tous l'aiment beaucoup. » dit Carlisle pour couper court aux sarcasmes d'Edward.
« Bref, j'espère qu'elle va changer d'avis et se rendre utile ailleurs. » conclut notre fils.
Le lendemain, je croisai Charlie et lui demandai des nouvelles de Bella.
« Plus de peur que de mal. Elle pensait avoir surmonté ça, mais hier elle avait à peine mangé, son corps a réagi à la vue du sang. »
« Et elle va arrêter le bénévolat ? » m'inquiétai-je.
« Non, j'ai eu la même appréhension mais elle s'y plaît vraiment. Elle parle même d'y faire plus d'heures. »
« Tant mieux. Elle vous a parlé d'Edward ? »
« Je l'ai questionnée ça et là, mais elle reste évasive. Ceci dit j'ai remarqué la semaine dernière en allant la rejoindre qu'elle avait rougi en croisant votre fils. »
« Vraiment ? C'est magnifique ! »
« Et lui ? »
« Rien. Je ne devrais pas vous avouer ça, vous êtes le sheriff, mais j'ai craqué ce matin et j'ai fouillé dans ses affaires. Il n'y a aucune trace d'une femme dans sa vie. »
« Il ne serait pas… » tenta Charlie sans oser aller jusqu'au bout.
« Gay ? Non, j'ai quand même trouvé dans son historique un site cochon, que des femmes. Il n'y est allé qu'une fois il y a trois mois et je parie que c'était par erreur. »
Edward serait-il une cause perdue d'avance? C'est l'exception de la famille des chauds lapins ;-)
