Mais regardez qui update comme une boss !
Merci à tous pour vos reviews, mes petits enregistrés, Aliena, Nalou, Electre, Maeva, Sherly, Yao, Catflo, Twin Sun Leader, Thelxinoe, et Parmezan!
Et merci à mes anonychous :
Frederick : AH AH AH AH mais oui, c'est tellement débile. Ne cherchons pas logique du truc ! Et merci pour la comparaison, j'aime beaucoup ce qu'elle fait, ça me fait très plaisir ^o^
China : Mouahaha, un peu qu'elle est dans la merde. En même temps quelle idée de se planquer sous le lit ! Sinon de rien, c'est un plaisir :D
N'oubliez pas : cette fic est débile. A ne pas prendre au sérieux. (Aussi, si vous trouvez sans tricher quel est le personnage à qui Hannibal fait référence dans la deuxième ligne du chapitre, vous aurez un bisou!)
Bonne lecture !
.oOo.
Lounds avait un pistolet, une petite chose qui ressemblait à un jouet. Hannibal le soupesa d'un air pensif – il n'aimait pas les pistolets ; comme disait le sagace personnage d'un film qu'il avait regardé quelques temps auparavant, la poudre à canon, ça n'avait aucun savoir-vivre. Il préférait de loin les courbes sensuelles d'un couteau de chasse ou l'intimité des mains qui se refermaient sur une gorge ou qui brisaient une nuque. Néanmoins, un pistolet restait une arme de longue distance qui pouvait se révéler utile quand on était l'ennemi public n°1.
Et Hannibal l'était.
D'un coup sec, il fit glisser la chambre du pistolet dans sa main et constata qu'il était chargé – même si l'idée d'utiliser une arme à feu ne l'enchantait pas, c'était toujours ça de pris.
À côté de lui, Will fixait le lit de Zeller d'un air absent. Hannibal fit claquer le chargeur à l'intérieur du pistolet.
- Des regrets ?
Au son de la voix d'Hannibal, Will sursauta et leva les yeux vers lui, puis sur l'arme qu'il avait dans les mains.
- Lounds et moi, on s'est toujours haïs, dit-il d'une voix atone.
Hannibal haussa un sourcil.
- Raison de plus pour ne pas regretter sa mort.
- Je sais. Mais à cause d'elle, c'est tout le reste qui est mis en danger. Notre fuite. Notre sécurité.
- Tes amis.
Bien qu'il ait réussi à ne pas prononcer cette phrase d'un ton accusatoire, Will ne fut pas dupe.
- Oui, répondit-il fermement. Mes amis. Tu ne peux pas me demander de ne pas me soucier d'eux, Hannibal.
- Je ne te le demande pas. Mais tes amis veulent me voir derrière les barreaux ou sur la chaise électrique, et je ferai ce qui sera nécessaire pour protéger ma liberté. Tu as fait ton choix, Will.
- Est-ce que tu me tuerais, si je changeais d'avis ? Non, ne réponds pas. Je sais que tu le ferais.
Will leva les yeux vers lui, avec un petit sourire empli de tristesse, et Hannibal s'approcha pour lui caresser la joue de la main qui ne tenait pas le pistolet.
- J'aimerais ne pas y être obligé, dit-il d'une voix douce.
- Je ne sais pas si je supporterais de devenir l'assassin, même par procuration, de mes amis.
Hannibal baissa la main, et un élan d'irritation le parcourut.
- J'attends tes suggestions, dans ce cas. Je n'avais pas prévu de tuer Freddie Lounds – tu ne peux pas me blâmer d'avoir fait rater le plan.
- Je sais, répondit Will d'un ton un peu cassant. Il va falloir trouver autre chose.
- On peut se réapproprier mon plan initial. Tuer tout le monde sur l'île.
- Hannibal...
- Je sais. Tu ne veux pas tuer Jack et Alana.
- On est surveillés. Et avec un cadavre, tout va devenir incroyablement plus compliqué. Dès qu'on mettra un pied hors de cette chambre, les caméras vont nous suivre partout. Ils vont commencer à se demander où est Lounds. Se rappelleront qu'ils l'ont vue entrer dans la chambre il y a quelques heures.
Un gémissement s'éleva dans la pièce, et Will détourna son regard d'Hannibal pour le poser sur Freddie, attachée à une chaise en osier blanche et bâillonnée avec une taie d'oreiller roulée en torsade, nouée derrière sa tête. Son regard terrifié passait successivement d'Hannibal à Will, et elle secouait la tête avec vigueur. Hannibal ne daigna même pas la regarder.
- Si on ne la tue pas, elle ira raconter à Jack que tu es entré dans la chambre en criant à haute voix ta trahison.
Il indiqua du menton l'appareil enregistreur qui était posé à côté d'un sac à main ouvert sur le lit de Zeller – la conversation qu'avaient eu les deux hommes quand Will était entré dans la chambre avait été supprimée, mais la menace restait en la présence de sa propriétaire.
- Je sais, rétorqua Will.
Sous son bâillon de fortune, les plaintes de Freddie Lounds se firent encore plus insistantes, et ses yeux s'écarquillèrent – Will fronça les sourcils, et Hannibal soupira. Ils échangèrent un regard, Hannibal hocha imperceptiblement la tête, et Will s'avança pour dénouer le bâillon.
Lounds se mit aussitôt à tousser – il fallut attendre la fin de la crise pour qu'elle dise d'une voix rauque :
- Vous pouvez m'utiliser. Je ne dirai rien. Du moins, pas tout de suite.
Hannibal haussa un sourcil nettement incrédule, tandis que Will continua à l'observer d'un air sombre.
- Je dis la vérité ! s'exclama-t-elle, avec une touche de désespoir dans sa voix. Je peux vous aider !
- Pardonnez-moi d'avoir du mal à vous croire, miss Lounds, répondit Hannibal, mais je vois mal ce que vous retireriez de la situation.
- Une interview exclusive du Chesapeake Ripper.
Hannibal s'immobilisa, et Will haussa à son tour un sourcil – leur silence semblait une invitation suffisante, et Freddie continua :
- Vous me donnez cette interview – de façon anonyme, évidemment, je protège mes sources – et vous me laissez sortir. Je ne vous mets pas de bâtons dans les roues pour quitter l'île. Je ne dis rien à Jack Crawford. Will Graham peut... suivre ses nouvelles envies. J'ai mon interview que je garde au chaud jusqu'au moment de la publier.
- Pourquoi feriez-vous ça au lieu de nous dénoncer tous les deux ? demanda Will.
- Parce que j'y gagne plus avec une interview qu'avec une dénonciation. Et j'y gagne plus vivante que morte. Et ça ne vous arrange pas de me tuer maintenant.
- Je ne doute pas qu'on puisse se sortir de cette situation si besoin est, nota Hannibal d'un ton léger qui fit frissonner Freddie. N'allez pas croire que j'éviterai de vous tuer simplement pour ça. J'ai toujours aimé les défis.
- Vivante, je peux vous être utile.
- Vous n'êtes pas utile, nuança Will. Vous n'êtes pas encore devenue un inconvénient, c'est tout.
- Avec ce qu'elle a entendu, en ce qui me concerne, je la classe dans la catégorie des inconvénients, répondit Hannibal d'une voix froide.
- Je peux vous être utile ! répéta Freddie avec force. Je peux même vous donner un moyen de quitter l'île dès ce soir.
La proposition inattendue réduisit les deux hommes au silence, et Freddie, qui y vit sans doute son salut, s'engouffra dans la brèche.
- Mais si vous voulez le savoir, détachez-moi. Vous n'avez pas envie que Jack tombe sur ce spectacle, de toute façon. Il pourrait débarquer dans trente secondes.
Ça, ce n'était pas faux, et Will, après un rapide regard à Hannibal, qui hocha rapidement la tête, se pencha pour enlever définitivement son bâillon et détacher ses mains et ses pieds liés à la chaise. Avec un soupir de soulagement, Freddie frotta ses poignets rougis, tandis qu'Hannibal coinçait le pistolet dans l'arrière de son pantalon, après avoir bien vérifié que la sécurité était activée – il n'avait pas envie de se tirer dans une fesse par erreur.
Will croisa les mains sur ses bras, mais Hannibal le sentait prêt à bondir à la moindre incartade de Freddie – et il trouvait ça terriblement sexy.
- Alors ? demanda-t-il d'un ton pressant.
En dépit de la situation, Freddie eut un sourire malin.
- Je sens qu'il est temps de refaire un peu votre culture téléréalité.
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- Pardon ?
Tous les yeux étaient tournés vers lui, toutes les bouches grandes ouvertes de surprise, même Will, assis à côté de lui, qui jouait fantastiquement bien son rôle.
Mais s'ils étaient en compétition pour l'Emmy Award du meilleur acteur, Will n'avait pas encore gagné, car Hannibal ne se débrouillait pas si mal non plus, de son humble avis.
- Je souhaite quitter l'île. En tant que départ volontaire, répéta-t-il d'un ton posé.
Une option dont il ne connaissait même pas l'existence quelques heures plus tôt : lassé de toute la mascarade, le candidat pouvait décider de quitter l'île avant la fin du temps imparti, une idée qui convenait parfaitement à Hannibal. Pour le coup, il fallait bien admettre que Lounds avait eu une bonne idée.
Ce qui ne l'empêchait pas de comporter des inconvénients :
- Je veux repartir avec Bedelia.
- Avec Bedelia ?
C'était tout le problème – le "départ volontaire" des candidats ne pouvait avoir lieu qu'avec leur moitié féminine, avec qui ils étaient arrivés, puisque le prétexte était qu'ils ne pouvaient pas supporter de vivre sans elle un jour de plus.
Inutile de dire qu'Hannibal devait rassembler toutes les miettes de son talent pour être convaincant.
Il avait été décidé qu'un seul d'entre eux ferait un départ volontaire – et qu'il s'agirait d'Hannibal, puisqu'il était celui autour de qui le piège était censé se refermer. Aux protestations qu'il avait émises à l'idée de partir sans Will, Lounds avait fait remarquer que de toute façon, il ne tarderait pas à quitter l'île non plus – et il avait fallu admettre qu'elle avait raison, tout aussi désagréable que ce soit.
- Oui, avec Bedelia. Ma compagne. Celle avec qui je suis venu, dit-il du ton qu'il prenait avec ses patients les plus stupides pour leur expliquer ce qu'ils ne comprenaient pas.
L'effet était grandiose, renforcé par la pénombre et la lueur des flammes du feu de camp, qui éclairaient leurs visages. Jimmy Price, le présentateur, était bouche bée. Will jouait magnifiquement bien la surprise mélangée à l'incompréhension et la détresse. Jack – et c'était le plus réjouissant – semblait abasourdi.
Jimmy Price balbutia :
- Mais... Will...?
- Oui ? demanda Hannibal, jouant parfaitement bien l'homme qui ne comprenait pas. Quel rapport avec Will ?
- Mais... vous ne... vous êtes... tous les deux, vous...
Les mots ne voulaient visiblement pas sortir, et Hannibal décida de faire semblant de le prendre en pitié en reprenant la parole – en réalité pour enfoncer le clou.
- Will est mon ami. J'ai été incroyablement chanceux de le rencontrer, et je serais heureux de le revoir en dehors de l'émission. Il m'a beaucoup aidé à supporter ces journées passées sans Bedelia. Mais tout aussi agréable que soit la compagnie d'un ami, elle ne peut pas remplacer celle de la femme que vous aimez.
Les mâchoires se décrochèrent un peu plus, et les caméras faisaient des gros plans sur l'expression blessée de Will, qui était si fantastiquement bien imitée qu'Hannibal eut envie de le saisir par les épaules et lui jurer que tout était faux. Décidément, la compétition pour l'Emmy était rude.
Maintenant, la vraie question était de savoir comment Bedelia allait réagir.
Elle pouvait très bien décider de ne pas rentrer avec lui, ce que n'importe qui ferait en ayant un grain de jugeote et deux sous d'instinct de survie. La différence, avec Bedelia, c'est qu'elle n'était pas n'importe qui – et c'était bien pour ça qu'il l'avait supportée si longtemps. Elle était intelligente, et surtout, elle comprenait ses motivations ; pas au niveau d'un Will Graham, évidemment, loin s'en fallait, mais elle parvenait à discerner la personnalité derrière le voile.
Bedelia, Hannibal en était convaincu, comprendrait que repartir avec lui assurerait probablement sa seule chance de rester en vie, ainsi que celle des autres occupants de l'île par la même occasion – du moins temporairement, car Hannibal se souvenait toujours de la double humiliation d'avoir été ramené sur cette île pour y être trahi, et ne risquait pas de l'oublier de sitôt.
Mais Bedelia était un plat qui méritait d'être savouré lentement.
Jimmy Price, qui avait une répartie prête en toutes circonstances (et qui, pour cette seule raison, avait depuis le deuxième jour gagné un aller simple sur la liste rouge d'Hannibal), semblait pour une fois à court de mots, ses yeux alternant d'Hannibal à Will.
Le plus beau, là-dedans, c'était que Jack ne pouvait rien faire. Certes, le jeu entier était du chiqué. Tout le monde le savait, et Hannibal savait qu'ils savaient ; mais pour Jack, Hannibal s'imaginait participer à un jeu télévisé, et s'il décidait de jouer avec les règles de ce jeu, il n'y avait rien pour l'en empêcher.
- Je... Je...
Price échangea un regard rapide avec Jack, et Hannibal réussit l'exploit de se sentir bouillonner de colère envers eux et envers son propre aveuglement tout en étant profondément reconnaissant envers Will de ce qu'il avait fait pour lui, le tout sous un visage qui ne montrait absolument rien.
- E-Eh bien, finit par dire Price, je... je vais en informer la production...
La production. Y avait-il seulement une production, derrière tout ça, ou seulement des gens du FBI qui attendaient impatiemment de voir le moment où Hannibal ferait un faux pas ? Il n'en ferait pas. Il ne se trahirait pas. Il devait bien ça à Will.
Trois heures plus tard à peine, Bedelia le retrouvait. Elle conservait un reste de surprise sur ses traits, ce qui indiquait qu'elle avait dû être sacrément interloquée par la nouvelle pour continuer à ne pas pouvoir entièrement cacher ses émotions.
- Bonsoir, Bedelia, dit Hannibal d'une voix dont le velours cachait le tranchant. Tu m'as tellement manqué.
Les caméras tournaient, et Hannibal tenait à leur offrir un show, même si ce n'était que du chiqué. Il la prit dans ses bras et l'embrassa, et ressentit une pointe de joie féroce lorsqu'il la sentit se raidir sous son étreinte.
- Bonsoir, Hannibal, réussit-elle malgré tout à murmurer, et Hannibal fut impressionné par la maîtrise d'elle-même dont elle continuait de faire montre.
- Il est temps de rentrer chez nous, n'est-ce pas, ma chérie ?
Leurs bagages les attendait déjà – Hannibal s'était hâté de faire sa valise, et Bedelia, de son côté, avait dû sentir le danger, car elle n'avait pas tardé non plus – et les employés qui étaient chargés de les reconduire à terre les montèrent dans le petit bateau à moteur.
En guise de réponse, Bedelia ne fit qu'un petit sourire qui cachait mal sa nervosité, avant d'embarquer avec toute la dignité qu'elle fut capable de réunir. Hannibal la suivit en sautant dans le bateau avec grâce.
Il ne put s'empêcher de se retourner vers l'île lorsque le bateau s'éloigna. Will, sur la plage, était en train de le regarder partir.
Il souriait.
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