Sans vraiment comprendre ce qui se passait il se retrouva quelques secondes plus tard dans ce qui ressemblait à une grange où, dans un coin à l'écart de la paille qui emplissait l'endroit, ronflait un feu d'enfer dans une immense cheminée. Des gens s'activaient autour d'eux, le clan des Vanir du Givres devina Loki, qui ne put retenir un hoquet de surprise en se rendant compte que leurs vêtements étaient en Soie des Norns. Il entendit Myrkr s'ébrouait alors que deux gamins l'enroulait dans une couverture de ce même tissu et il saisit, un peu abasourdi, l'écuelle bien chaude qu'on lui mit entre les mains alors que Tony était visiblement entouré par des magiciens.
_ Tu es complètement fou, Tony ! Lui hurla dessus une femme dont la ressemblance avec les triplettes du Hafa était frappante. Venir ici sans même te protéger de sorts et te vêtir correctement ! Tu voulais mourir ou quoi !? Encore une chance que ce jeune homme ait visiblement du sang jotun dans les veines, il aurait pu mourir ! Heureusement que Myrkr a quasiment défoncé la première porte, tu as failli y passer !
Tony, enroulé dans d'épaisses couvertures en Soie des Norns et agité de violent tremblements, tenta de parler mais ne réussit qu'à se mordre la langue et à se prendre un nouveau sermon de la femme et puis de toutes les personnes présentes par la même occasion.
Il fallut plus d'une demi-heure pour que Tony puisse desserrer la mâchoire sans manquer de se sectionner la langue d'un coup de dents. Lorsqu'il le put, il marmonna difficilement un sort de réchauffement avant de se débarrasser des couvertures et des vêtements qu'il portait pour en revêtir d''autres en Soie des Norns qu'on lui avait apportés. Il ne sembla même pas entendre les cris d'orfraies que poussa la gente féminine pas plus que le glapissement de surprise et de terreur mêlée de Loki lorsque qu'il vit la marque sur l'aine du midgardien : la marque de Thanos. La main pâle du dieu se posa dans un geste instinctif sur celle, similaire, qui avait été marquée dans sa propre chaire lors d'une des longues séances de tortures du Titan Fou après qu'il soit tombé du Pont Arc-En- Ciel.
Ce fut une petite fille, plus petite encore que Clintia, qui détourna le dieu de ses terribles souvenirs en percutant ses jambes tant elle était pressée. Sans même songer à s'excuser elle se précipita sur Tony ayant à peine finit d'enfiler sa tunique.
_ Dis-moi que tu l'as Tony, se mit-elle à sangloter violemment alors que l'homme l'avait enserrée dans ses bras d'un geste protecteur et purement instinctif. Dis-moi que tu l'as ! Au-Aurile ne peut plus se-se lever et H-Hir-Hirmil est tombé dans le co-comaaaa.
_ Chut Sumariss, chut, marmonna doucement Tony avec la même voix apaisante qu'il avait utilisée pour Myrkr avant de chuchoter un sort de sommeil. Voilà ma douce, dors un peu, ça va te faire du bien.
_ Merci Tony, fit un homme en venant récupérer l'enfant, elle n'a pas dormi depuis que l'état d'Hirmil s'est dégradé et elle est devenue bien trop méfiante pour qu'on puisse nous-même lui jeter un sort de sommeil.
_ Quoi qu'il advienne, murmura doucement quelqu'un sans que Loki ne sache qui, on sait tous que tu donnes ton maximum pour les aider mais c'est difficile pour les plus jeunes.
_ Je vais avoir besoin de quelques sorts de chaleur, fit Tony après avoir lancé un sourire compréhensif vers un groupe de personnes près de la porte. Je dois descendre le plus vite possible et je dois garder une grande part de ma magie mobilisée pour... autre chose.
_ Votre température corporelle est encore inquiétante mais je vous connais assez pour savoir que vous n'en ferez pas grand cas Sir.
La voix faite de pure magie avait résonné après qu'un immense oiseau, fait d'une magie similaire à celle de Tony mais d'un gris métallique, fut apparu entourant de ses ailes le corps encore tremblant. Le visage de celui qui avait jadis été un mortel reprit des couleurs alors que des larmes de joie s'annonçaient au coin de ses yeux d'ambre.
_ J'ai vraiment réussi ? S'enquit-il incrédule.
_ Félicitation Sir, fit la créature d'un ton un peu sarcastique mais empli de fierté. Vous avez réussi à créer un Noyau. Je suis maintenant une entité autonome à part entière et je suis bien tenté de vous appeler Papa dorénavant.
_ Fais comme tu veux Jarvis, s'étrangla d'émotion le créateur de cette merveille. Tu n'en feras qu'à ta tête de toute façon.
_ J'ai tout pris de vous, ricana l'oiseau avant de redevenir un peu plus sérieux. Puis-je me proposer comme transport jusqu'à la cité ?
Tony n'eut que le temps d'esquisser un sourire que Loki et lui furent téléportés dans ce qui semblait être un couloir et dont la taille ne laissait aucun doute quant à ceux qui l'utilisaient. Bien sur le Prince d'Asgard avait deviné que le varani d'adoption l'avait emmené sur Jotunheim, mais entre le deviner et le voir, il y avait tout un monde. La dernière fois qu'il était venu sur la planète de Glace il n'avait vu que le palais de Laufey et la glace s'effondrait comme un château de sable. Le couloir qu'ils empruntaient maintenant était finement ciselé dans une glace saine et solide ; Tony l'informa qu'il était à plusieurs dizaines de kilomètres sous la surface, dans le couloir d'évacuation du Forum d'une cité Jotun. Le varani fit apparaître sa poche dimensionnelle et en retira une coupe que Loki pensa d'abord être en verre, mais le froid émanant de l'objet lui fit comprendre rapidement qu'il s'agissait du fameux Calice Fécond, volé à Hoenir. Le calice semblait bien modeste comparé à la fonction que lui prêtait les jotnar.
_ Ce que les ases croient savoir de cet artefact est complètement faux, annonça Tony en continuant d'avancer. Ce Calice n'à rien avoir avec la fécondité des jotnar, c'est une clé permettant de réguler le flux de magie issu du cœur de Jotunheim.
_ Mais alors comment Asgard a pu croire ça? S'enquit Loki sans même mettre en doute la parole du varani. Je sais qu'ils sont un peu idiots mais ce mythe doit bien avoir une fondation ?
_ Oui mais d'une superstition, les vielles mères jotnarde disaient que boire dans une Clé en forme de Calice apportait la fécondité... un peu comme le fait de manger le cœur d'un cheval blanc sur Asgard apporte soi-disant la force et la santé.
_ C'est idiot ! Commença à s'emporter le Prince avant de se calmer. C'est idiot... mais tout le monde le dit et le fait. A quoi servent donc ces Calices si ce n'est pas pour la fertilité des cités ?
_ Tu vas très vite comprendre Loki, chuchota Tony plus sombre que jamais en s'arrêtant devant une porte. Et tu risques d'être très profondément choqué. Jarvis, veille sur lui s'il te plaît.
Loki se mit à trembler d'anticipation, il avait la nausée alors que sa magie lui transmettait déjà la détresse qui émanait de cette grande porte encore fermée et ornée des trois lunes et du soleil qui éclairaient ce monde de glace. Il entendit Tony prendre une grande inspiration, rassemblant son courage, avant de pousser la porte. Malgré sa taille, elle glissa sans bruit et sans que le midgardien ne manifeste un réel effort, une immense et somptueuse salle apparut. Mais la délicatesse des voûtes et les sublimes ornements gravés dans les murs en dentelle de glace n'attirèrent pas une seule seconde l'attention de l'ase.
Ces pupilles vertes parcouraient, effarées et incrédules, les milliers de silhouettes squelettiques aux ventres gonflés par la famine qui relevèrent un regard éteint par la faim vers Tony qui avançait en saluant par leurs noms les fantômes affamés qui lui rendaient un sourire bienveillant. Beaucoup étaient allongés sur des lits de glace, d'autres étaient assis appuyés contre les murs ou les lits mais aucun n'était debout et seuls deux ou trois firent plus que relever la tête. Des chuchotis atténuaient un peu le silence morbide qui régnait et Loki se rendit compte que seules les ailes de Jarvis l'avaient empêché de s'effondrer. Doucement, la créature de pure magie transporta le dieu bouleversé sur les pas de Tony qui s'était arrêté prêt d'un géant tout aussi décharné que ses semblables mais dont le regard était peut-être un peu plus vif.
_ Tony, cela fait plaisir de te voir, fit le géant des glaces d'une voix à peine plus audible qu'un soupire. Comment vont Lida, Lidia et Liada ? Cela va bien faire presque mille ans que nous ne les avons pas vues.
_ Oh comme d'habitude, elles ne manquent pas une occasion pour transgresser les règles, rit doucement Tony alors qu'un soupire amusé parcourait l'immense salle. Je ne suis pas un très bon chaperon alors je pense qu'elles ont déjà au moins pris une cuite chacune si ce n'est plus, je ne suis pas non plus un exemple. Mais elles seront de très grandes marchandes, cela va faire quelques siècles que je ne leur arrive plus à la cheville quand il s'agit de marchander.
_ Je ne doute pas que ton savoir d'arnaqueur et d'escroc leur sera fort utile, gloussa faiblement un géant adossé à un lit derrière.
_Chut, Fosslopt, le réprimanda amicalement le premier géant, je n'étais moi-même pas très droit dans mes affaires, je te rappelle. Utilisées à bonne escient, ces méthodes un peu douteuses peuvent être un vrai miracle.
_ J'ai une bonne nouvelle, annonça Tony en mettant un terme à la chamaillerie naissante dans la salle.
_ Tu vas être père ? Lança quelqu'un.
_ Tu vas te marier ? Fusa une voix un peu plus loin.
_ Tu as décidé d'arrêter l'alcool ? Tacla narquoisement une géante toute proche de Loki alors que de faibles rires s'élevaient dans la salle.
_ Non je ne vais pas me marier et encore moins arrêter de vider vos réserves de Sang-Glacier, s'esclaffa bruyamment le varani alcoolique. Et oui on peut dire que je suis père puisque Jarvis n'a maintenant plus besoin de ma magie pour vivre... mais ce n'est pas ça.
_ Quelle nouvelle peut-elle être plus belle qu'une naissance, même aussi étrange que celle de Jarvis ?
_ J'ai la dernière Clé des canaux principaux.
Un murmure incrédule mais joyeux parcourut lentement la foule des géants décharnés. L'estomac de Loki se révulsa en voyant à quel point les jotnar semblaient presque choqués de cette nouvelle. Maintenant il devinait que ces Calices n'assuraient pas la fécondité des Cités mais jouait un rôle important dans l'alimentation des Géants des Glaces. En les retirant au peuple jotun sans savoir exactement à quoi ces artefacts servaient, Asgard les avaient voués à une mort lente, cruelle et douloureuse, sans même en prendre conscience. Le dieu pleurait silencieusement, contemplant ce peuple qui se mourrait et qui ne ressemblait en rien aux farouches bêtes sauvages et sanguinaires qu'il avait affrontés au palais de Laufey quatre mille ans plus tôt. Il ne comprenait pas. Les corps atrophiés devant lui ne ressemblaient en rien aux immenses blocs de glaces acérés qui constituaient le corps des soldats des glaces auxquels il avait était confrontés. La plupart des géants dans le Forum ne devait pas dépasser les trois mètres, bien loin des six à sept mètres de ceux qu'il avait déjà approchés avec son frère et le Trio Palatin ; et leur peau, mise à part la couleur, semblait être semblable à la sienne.
Il entendit à peine la voix de Jarvis mais ressentit parfaitement la chaleur presque salvatrice du corps de Tony alors qu'il se plaquait instinctivement un peu plus encore dans l'étreinte rassurante de l'homme. Loki était intelligent et il n'avait pas besoin que Tony lui dise qu'il contemplait là le vrai peuple des glaces et qu'il n'avait jusque-là connu que ses guerriers. Il distinguait mal les voix autours de lui, même celle de Tony dont il sentait pourtant la vibration rassurante à travers leurs vêtements et il comprit que c'était ses propres pleurs qui l'empêchaient d'entendre distinctement ce qui l'entourait. Loki pleurait comme un enfant. Tony l'avait prévenu et ne s'était pas trompé en disant qu'il pourrait être profondément choqué. Même lorsque Odin lui avait avoué ses véritables origines dans la Salle aux Trésors d'Asgard, il ne se souvenait pas avoir était aussi... il n'y avait même pas de mot pour décrire ce qu'il ressentait. Il faisait partie de ceux qui tuaient depuis huit mille ans maintenant tout un peuple de la manière la plus cruelle qu'il pouvait imaginer.
_ Ce n'est pas ta faute, Loki, personne ne savait.
Les mots de Tony touchèrent en plein cœur le dieu dont les pleurs redoublèrent mais c'était exactement ce dont il avait besoin... de ces mots et d'un peu de temps. Il sentit la chaleur du varani s'effacer alors qu'il était vraisemblablement confié à d'autres bras dont le froid était étrangement apaisant. Il sentit du mouvement autour de lui mais il se sentait encore incapable d'affronter la dure réalité qui subsistait et ce ne fut qu'en sentant une très douce et pure vague de magie, remontant depuis des profondeurs qu'il ne pouvait sonder, qu'il eut le courage de lever la tête. Il tomba sur le sourire décharné mais indéniablement tendre de la géante sarcastique qui avait taquiné Tony sur son penchant à la boisson.
_ Ça va mieux ? S'enquit-elle doucement en le couvant du regard. Tony est un idiot, on lui avait demandé de ne jamais amener personne ici, je suis vraiment navrée (, ou :) le spectacle doit être désolant. Sans compter que vous êtes arrivés en pleine nuit, on est quand même un peu plus vivaces que ça.
_ Merci, ne put que souffler Loki.
La main chaude de Tony sur son épaule le fit sursauter et il se laissa soulever par Jarvis plus que par son créateur puis guider vers une étrange fontaine. La main halée désigna la coupe qui trônait maintenant sur une espèce de piédestal sous lequel semblait doucement s'écouler un épais liquide blanc.
_ C'est le Sang de Jotunheim, sourit Tony alors que plusieurs géants recueillaient le liquide dans des vases pour le faire circuler et permettre aux géants de se nourrir. Un concentré de magie primaire dont les jotnar se nourrissent et que les vanirs appellent le Sang-Blanc. Les Clés sont ce qui ouvre et ferme les veines qui acheminant le Sang du Noyau de la planète aux canaux des cités qui alimentent chaque Forum. Les ases se sont saisi des Clés en forme de calice parce qu'elles étaient ce qui ressemblait le plus à un objet de valeur selon leurs standards. Sur les milliers de Calice volés, je n'en ai repris que douze mais je ne les ai pas choisis au hasard. Ce sont les clés des douze plus grands Forum de Jotunheim dont dépendent tout le reste du réseau. Il ne fallait que ces douze-là...
Loki reconnut celui que Thor nommait le plus grand génie de Midgard alors que Tony partageait d'une voix tranquille et enjouée ce qu'il savait de ce peuple. Il devinait que ce n'était qu'une toute petite partie de ce que l'homme avait appris en quatre mille ans ; Tony était de ceux qui ne se lassaient jamais d'apprendre et de découvrir, de ceux qui voulaient tout connaître et tout savoir. Thor avait raison, Tony Stark était un génie, mais contrairement aux ases qui finissaient par se désintéresser en gardant jalousement leur savoir, lui essayait de le partager et peut être qu'il n'avait seulement pas réussi à le rendre accessible aux néophytes alors qu'il était encore sur Midgard. Les progrès fulgurants du monde mortel étaient un peu moins mystérieux et devenaient plus admirables encore en sachant que le génie ne leur avait sûrement laissé que des pistes et des puzzles à résoudre.
Loki s'était, il y a bien longtemps, demandé s'il n'était pas aussi agacé par ce mortel parce qu'il sentait que cet insolent serait bien plus brillant que lui si son échelle de vie n'était pas aussi courte. Maintenant il connaissait la réponse et, même s'il n'admettrait sûrement jamais que Tony fût supérieur à lui, il le considérait comme son égal intellectuel.
Il rattrapa le corps de Tony par pur réflexe. Il ne s'attendait pas à le voir s'effondrer ainsi mais en voyant les lèvres plus bleues que pourpres, il comprit que le varani était en hypothermie ; ce que confirma bientôt Jarvis qui les téléporta presque instantanément dans la grange où le clan du Givre l'avait déjà sauvé in-extremis de la mort. Les Dokkalfars n'auraient pu lui trouver un meilleur surnom que celui de Trompe-La-Mort.
Emmitouflé de tant de couvertures qu'il ressemblait à une chenille sur le point de former sa chrysalide et enserré dans les ailes protectrices d'un Jarvis, fulminant sur le manque effarant d'instinct de survie de son père, Tony reprenait doucement des couleurs, le sommeil agité.
La grange était vide mise à part Myrkr et celle qui devait être la mère des triplettes du Hafa ; elle sermonnait d'ailleurs la jument qui s'amusait à mâchouiller les cheveux bruns de l'homme-chenille.
_ Sérieusement, Jarvis, finit par abandonner la femme, qu'est-ce qu'il a bien pu faire pour que sa magie soit aussi instable ?
_ J'ai bien peur que ce ne soit ma faute Karmallia, répondit la voix magique. En plus de l'énergie que je lui drainais jusqu'à maintenant, il a dû utiliser une masse considérable de sa magie pour atteindre le point critique d'animation de mon Noyau. Il en mobilise encore une très grande partie pour s'assurer de ma stabilité pendant que je teste mes limites.
_ Il a vraiment réussi à crée un Noyau ? S'enquit Loki d'une voix pleine de trémolos.
_ Il vous en parlerait mieux que moi, je n'ai fait que drainer sa magie pour me maintenir après qu'il soit venu me chercher sur Midgard.
_ Mais que lui est-il arrivé ? S'enquit de nouveau le dieu le regrettant un peu, pas tout à fait sûr de pouvoir encaisser d'autres informations choquantes.
_ Là aussi je ne sais pas grand-chose, soupira Jarvis. Sir ne parle jamais des situations traumatiques qu'il a vécues. Je n'en sais pas plus sur son séjour en Afghanistan que du millénaire qui s'est écoulé avant qu'il ne vienne me chercher.
_ Millénaire ? Se rembrunit Karmallia. C'est encore plus que ce que nous avions estimé. Tony a été l'élève le plus doué et le plus rapide que nous n'avons jamais eu, il n'a mis que trois cents ans avant de partir à travers les royaumes.
_ Si je me souviens bien de ce que Thor m'a dit, Tony a disparu en deux mille vingt-trois, songea Loki. Quand est-il venu te chercher Jarvis ?
_ En utilisant le même calendrier, en trois mille deux cent soixante-treize. Annonça-t-il après quelques secondes. Sir à dut réapparaître ici dans les années deux mille neuf cents. Il y a donc un vide de plus de neuf cent ans entre sa disparition et son arrivée ici.
_ Pauvre homme, soupira Karmallia.
_ Comment est-il arrivé ici ? Demanda Myrkr après un long silence.
_ C'était une époque où la famine ne régnait pas encore sur le peuple des géants, commença la femme alors que la nostalgie voilait ses yeux gris pierres, les jotnar sont prévoyants de nature et les réserves de Sang-Blanc, qu'ils avaient faites juste par pure précaution, étaient encore à un peu plus de la moitié de leur état initial grâce au rationnement qu'ils avaient instinctivement mis en place dès le vol des Clés. Il n'était pas rare de croiser un jotun hors des Cités et, le plus souvent, c'étaient eux qui venaient nous rendre visite pour prendre des nouvelles, discuter et partager les derniers ragots courants sur les Forum. Je n'étais qu'une gamine à l'époque, nous vivons bien moins longtemps que des vanes ou même des varani sûrement à cause de la rudesse du climat dans lequel nous vivons, mais je me souviens parfaitement de ce jour où Farbauti est arrivé dans le village avec Tony dans les bras. Le bruit de sa course et sa précipitation avaient fait trembler les murs comme lors d'une tempête de Blizzard et on était tous sorti hébétés de la voir ici. Depuis le vol de son dernier enfant, elle ne se laissait plus approcher que par ses deux fils aînés, Byleist et Helblindil. Le sort l'avait déjà durement frappé à l'époque alors que son mari, Laufey, avait décidé de couper ses cornes et de devenir un Sacrifié pour acquérir la force de protéger son peuple.
_ Un Sacrifié ? Demanda Myrkr alors que Loki était purement incapable d'articuler un seul mot.
_ Les cornes d'un jotun sont des organes extrêmement précieux pour eux, elles sont très sensibles et leur permettent, entre autre, de sentir l'affection que ses semblables, son compagnon et ses enfants lui portent et elles régulent son cycle de géniteur et de génitrice. Lorsqu'un jotun coupe ses cornes, il renonce à l'amour ainsi qu'à donner la vie, mais en échange une glace très dense le recouvrent, lui donnant une force et un instinct de combat très puissant afin de protéger ceux qu'il laisse derrière lui. On les appelle les Sacrifiés et ce sont les protecteurs du peuple des glaces.
_ Donc Farbauti avait déjà perdu son mari lorsque son cadet lui fut enlevé ? Tenta de résumé Myrkr alors que la Vanir du Givre acquiesçait. Elle devait avoir peur de tout ce qui ressemblait de près ou de loin aux ases alors ?
_ Effectivement, c'est pourquoi on était très étonné de la voir dans le village, sourit tristement Karmallia. Et plus encore quand on a vu le corps en lambeaux dans ses bras. Farbauti s'est tout de suite défendu d'en être la cause alors même que nous savions très bien que les jotnar, mis à part les Sacrifiés, étaient d'une nature profondément pacifique et bienveillante. Comme tous les jotnar de petite taille, Farbauti mesurait à peine deux mètres, elle était extrêmement sensible à la magie et elle s'était précipitée à l'endroit où elle avait senti une étrange et puissante manifestation magique pour tomber sur Tony. A l'époque le froid n'était pas aussi terrible qu'aujourd'hui, c'est le déclin du peuple des glaces qui le renforce afin de les protéger, mais il n'en était pas moins que même un ase sain mais nu n'aurait pas survécu plus de quelques heures dans les plaines neigeuses où elle l'avait trouvé. Pour Tony, cela tenait du miracle qu'il ait survécu ne serait-ce que les quelques minutes que Farbauti avait mis à l'amener ici. Il devait déjà être proche de la mort quand il est tombé dans la neige. Les adultes étaient tellement choqués et alarmés par son état qu'ils n'ont pas songé une seconde à nous éloigner de la scène.
Karmallia s'était recroquevillée sur elle-même, revivant la terrible scène perdue dans ses douloureux souvenirs. Il fallut que Myrkr la secoue un peu pour l'aider à s'extirper de la torpeur de terreur dans laquelle la femme s'enfonçait silencieusement. Elle remercia la jument d'un pâle sourire avant de reprendre d'un ton dont l'indifférence n'était qu'une protection contre ses propres souvenirs.
_ Le corps n'était qu'une plaie béante. Les membres étaient lacérés jusqu'aux os brisés, leur clarté blanchâtre tranchait avec les chaires à vif et nécrosées. Les seuls centimètres carrés de peau qui restaient étaient ravagés par des brûlures, certaines venant du feu, d'autres de l'électricité, et d'autres de ce qui devait être des poisons. Il portait encore des fers bien trop étroits aux poignets et aux chevilles... des morceaux de lames et d'autres choses étaient plantés dans les muscles qui s'étaient parfois reformés autour, l'empoisonnant de l'intérieur...
Il y eut un long silence alors que la vanir était incapable de continuer à décrire. Loki devinait qu'elle retenait la même nausée de terreur que lui mais dont l'intensité n'était pas aussi violente que celle du dieu qui avait lui aussi subi ces sévices. La voix de Karmallia s'éleva à nouveau dans le silence seulement rompu par les craquements du feu dans la cheminée.
_ "La magie était vraisemblablement la seule chose qui le maintenait en vie et elle vacillait dangereusement. Pour survivre sur Jotunheim nous sommes tous devenus magicien, mais même la magie de tout le clan ne suffisait pas à combler le besoin de ce corps moribond et quand Farbauti le comprit, elle partit chercher quelques amis à la cité, sans même se soucier que chaque once de magie qu'ils donnaient à cet inconnu raccourcissait leur espérance de vie, ils ont fourni ce dont Tony avait eu besoin pour se maintenir et même se guérir.
Je me souviens des longues heures où ma mère l'opérait pour corriger une erreur de régénération ou retirer un corps étranger que la magie n'avait pas réussi à éliminer alors. Farbauti restait assise à veiller cet inconnu miraculé. Les soins ont duré près de deux décennies et il est resté inconscient au moins autant de temps. Je ne sais même pas si l'on peut considérer les six premières années de son réveil comme s'il était vraiment conscient. Il ne réagissait que par pure réflexe de survie, ne laissant personne l'approcher et, quand il se sentait totalement acculé, il se laissait faire avec une docilité révoltante.
Je pense que la détresse évidente de Tony a réveillé l'instinct maternel des jotnar et, comme nous n'avions pas la capacité de gérer les violents réflexes de défense de Tony, c'est Farbauti, ses amis et ses fils qui s'occupèrent de lui jusqu'à ce qu'il comprenne que, quoi qu'il ait vécu avant, c'était fini et qu'il était en sécurité. Après être resté prostré quelques semaines, il sembla enfin s'ouvrir à ce qui l'entourait. Après ça, il n'a pas fallu très longtemps pour que Tony ne recommence à véritablement vivre et les soucis ont un peu commencé.
Visiblement, il ne comprenait pas notre langue et vu les regards fascinés qu'il jetait à tous, il ne connaissait vraisemblablement rien à ce monde. On aurait dit un nouveau-né et je crois que Farbauti n'a pas résisté à son instinct maternel désœuvré par la perte de son petit. En moins d'un an, le lien télépathique habituel dans les familles jotnar s'était créé entre lui et, Farbauti et ses deux fils. C'est comme ça qu'on apprit qu'il était censé être un mortel de Midgard ne connaissant des Neufs Royaumes que ce qu'il avait entendu des deux Princes ayant atterrie sur son monde. On n'a jamais rien su de ce qui avait pu l'amener ici ou des tortures qu'il avait sans aucun doute subies. Après ça, Tony n'a pas perdu de temps pour apprendre le jotun, l'asgardien et les autres principales langues des Royaumes ; pas plus que pour apprendre de Farbauti, notamment, la maîtrise de sa magie, et avec nos varanis allant et venant, les rudiments indispensables pour voyager et marchander à travers les Neufs Royaumes.
Trois cent ans après que Farbauti l'ait trouvé en pleine nuit, Tony entamait son premier voyage hors de Jotunheim. Quatre siècles plus tard, il revenait avec Jarvis, pas plus gros qu'un poing qui drainait les trois quarts de sa magie, et tout un tas de questions pour masquer l'immense tristesse qui l'habitait sûrement depuis qu'il avait constaté la disparition du monde auquel il avait appartenu."
Karmallia gloussa d'amusement avec un sourire avant d'ajouter.
_ Malgré toute l'horreur de cette histoire, il n'en reste pas moins que Tony a sûrement sauvé Farbauti en apparaissant comme un cheveu sur la soupe. C'est à elle qu'il doit son surnom d'IssAska.
_ Qu'est-ce que ça veut dire ? fit curieusement Myrkr, soulagée que la gravité disparaisse.
_ Iss, c'est la glace ; Aska, c'est les cendres, expliqua Karmallia. Et la Glace Cendrée est un remède très puissant pour les jotnar alors Tony l'IssAska veut dire... Tony le Remède ? C'est difficile à traduire, d'autant que certains disent aussi que ce n'est juste qu'une allusion au fait que la neige qui se pose sur la barbe de Tony prend la couleur de la Glace Cendré... Mais avec le retour des Clés je pense que la meilleure traduction est Tony le Guérisseur.
La vanir du Givre se leva pour jeter quelques bûches dans le feu. Le regard de Loki se reporta sur Tony qui s'éveillait doucement en baillant à s'en décrocher la mâchoire. Il baragouina d'une voix empatté et inintelligible qui figea Karmallia dans sa tâche et lui fit relever des yeux moqueurs. Armée d'un brin de paille, la femme s'approcha pour l'embêter à distance respectable ; mais quand on avait affaire à un sorcier ou un magicien, la véritable distance de sécurité était de ne pas les embêter. Loki contempla le visage dont les signes de vieillesse étaient presque effacés par l'énergie et la nature joyeuse de la femme ; elle semblait être plus âgée que sa mère, songea Loki alors qu'elle n'avait même pas un quart de l'âge de Frigg.
Il ne put s'empêcher de rire lorsque le brin de paille prit feu et que Karmallia souriait maintenant comme un enfant pris la main dans le pot de miel, en réponse aux yeux ambres qui la fusillaient du regard.
_ J'en connais une qui va retrouver son lit paillé, prophétisa Tony avec un petit sourire mauvais.
_ Oh non, pas ça ! Tout le monde va se foutre de ma gueule ! Se faire pailler à quatre mille ans, c'est pas sérieux !
_ C'est les filles qui vont bien rire quand je leur raconterai ça, se moqua-t-il ouvertement avant de reprendre son sérieux. Comment vont-ils tous les trois ?
_ Tu verras par toi-même, éluda Karmallia en sortant d'épais vêtements d'une commode. Fosslopt nous a fait monter une jarre de Sang Blanc, il faut aller leur apporter... mais j'ai peur que tu ne trouves un nouveau moyen de mourir congelé.
_ Ça fait combien de temps ? S'enquit Tony en essayant de se défaire de ses couvertures et de Jarvis. Mais lâche-moi, obsédé compulsif surprotecteur !
_ Dix heures depuis mon arrivée Sir et, sachant que vous avez déjà frôlé deux fois la mort depuis la vôtre, ce n'est pas une obsession de ma part mais du réalisme.
_ N'importe quoi, ronchonna l'homme avec une moue d'enfant grognon.
_ Moi aussi je vous aime, Papa.
_ Non, vraiment, y a un truc qui cloche, là. Si tu veux vraiment m'appeler comme ça, va falloir que tu me tutoies et je t'interdis formellement de m'appeler Père.
_ Mais le tutoiement est si laid !
_ Bah, m'en fiche, débrouille-toi mais je crois que t'as jamais capté que j'ai toujours pris ton « Sir » pour un « papa ».
_ Encore une preuve de votre perspicacité alors, je suis ravi que mes intentions aient toujours été comprises justement.
_ Tu en doutais ?
_ Hé ! Les coupa Karmallia. La discussion entre père et fils complètement bancale, vous la tiendrez plus tard, parce que non seulement vous aller finir par vous hurler dessus à en réveiller tout Jotunheim, comme d'habitude, mais aussi parce que j'aimerais être au Temple avant le blizzard du matin ! Maintenant tu m'aides à trouver des vêtements à la taille de ton ami, et Jarvis tu te tais !
_ Où allons-nous ? S'enquit Loki hébété.
_ Les voir, lâcha Tony comme si c'était une évidence alors que la femme se retournait pour dévisager le dieu qui venait de laisser tomber sa mâchoire.
La bouche grande ouverte pour visiblement rajouter quelque chose, la femme fut arrêtée nette par le tranchant de la main halée qui s'abattit sur le haut de son front. Elle eut la même réaction qu'une enfant face à un adulte l'empêchant de dire une bêtise de trop et se mit à bouder en lui tournant le dos. Un « vieux rabat-joie » fusa, arrachant un haussement de sourcil moqueur à l'homme visé, avant qu'il ne soupire d'amusement et disparaisse à moitié dans l'armoire qu'il fouillait. La même expression d'hébétude resta sur les traits de Loki durant un moment, son cerveau venait vraisemblablement de le laisser tomber.
Loki n'avait jamais pensé qu'il pouvait y avoir pire que de voyager à travers les deltas de lave de Muspellheim mais il venait de comprendre la différence entre le monde des glaces et celui du feu : même seul et sans connaître les secrets des plaines ardentes on avait des chances de survivre, faibles certes, mais quand même. Sur Jotunheim, faire vingt mètres sans un guide aguerri semblait purement impossible. Tony, en tête de file, creusait littéralement le manteau neigeux qui leur arrivait au niveau des épaules pour avancer et Karmallia passait son temps à rattraper le dieu qui ne distinguait pas la différence entre une plaque de neige compacte et une glace glissante. Ils n'avaient pas avancé de plus de trente ou quarante mètres lorsque l'homme au teint de soleil se retourna en rabaissant les couches de vêtement lui protégeant le bas du visage afin de hurler quelque chose qui se perdit immédiatement dans le blizzard avec un sourire de gamin partant pour sa première balade à poney. Puis il se volatilisa l'espace d'un battement de cil et Loki fut poussé par la vanir, se faisant happer dans un tunnel de glace, glissant à une vitesse si vertigineuse qu'il se demanda vaguement ce qu'il resterait d'eux si quelque chose ne les ralentissait pas avant d'arriver au point de chute. Il sentit son estomac faire un bond alors qu'il s'était mis à remonter comme un bouchon de liège dans une nouvelle partie du tunnel juste avec l'élan pris auparavant.
Loki rentra de plein fouet dans quelque chose. C'était trop léger et chaud pour que ce soit une stalagmite qu'il aurait percutée et quand un chapelet de jurons qu'il n'avait pas entendus depuis plus de quatre mille ans fut marmonné à son oreille, il comprit que ce n'était heureusement que Tony. Puis il se redressa et se rectifia en entendant un drôle de gargouillement humide, c'était malheureusement Tony qu'il avait percuté et bien que le mortel- qui ne pouvait d'ailleurs plus être qualifié ainsi- ait vécu quatre mille ans, il devait quand même rester bien moins résistant que lui.
Avec une rapidité acquise à esquiver les coups pendant près de huit mille ans, Loki bondit sur le côté entraînant le corps du blessé hors de la trajectoire de Karmallia fusant comme une flèche du tunnel. Il n'attendit même pas de savoir si elle allait bien et retourna Tony. Le gargouillement à son oreille lui avait bien rappelé ceux qu'avaient les guerriers s'étranglant avec leur propre sang alors que les côtes, ou une flèche, avaient perforé un poumon ; mais il ne s'attendait pas à voir l'homme avec la cage thoracique défoncée, dont les côtes saillaient à nu, chaires et tissus déchiquetés. Loki frissonna, comprenant que ce n'était pas lui la cause mais quelque chose de terrible. Il sursauta lorsque la vanir s'agenouilla à côté, visiblement terrifiée.
_ Lyngbakr, murmura-t-elle. Il devait y avoir un Lyngbakr dans le siphon... et merde ! Abruti d'excentrique, ça va faire presque mille ans qu'on n'en a pas vu et tu trouves le moyen de tomber sur le seul encore vivant dans les parages !
Karmallia se releva pour courir récupérer la jarre de Sang-Blanc, qui faisait plus de la moitié de sa taille, et brisa le sceller avant de faire léviter une seule et unique goûte du liquide blanc à l'aide de sa magie. Elle recula, entraînant Loki avec elle, et approcha doucement le Sang de l'énorme cylindre de métal entre les deux poumons lacérés. Le dieu regarda aussi fasciné que révulsé par cet étrange Noyau magique -parce que c'en était un et un vrai, pas comme les ersatz composés de pierres précieuses saturées de magie que certains Dokkalfars s'incrustaient dans la poitrine pour se faire passer pour des sorciers.
_ Par les Cornes, faites que ça ne soit pas pire que le mal...
Loki déglutit, Tony avait bien dit que le Sang-Blanc était un concentré de pure magie, non ? Il lança un regard peu rassuré à Karmallia. Il y avait plusieurs possibilités lorsque de la magie pure et concentrée entrait en contact avec un Noyau mais, pour résumer, soit les deux magies entraient en résonance et apportaient une pléthore d'avantages ou bien elles s'affrontaient et provoquaient une explosion d'une rare violence ; sachant que, de toute manière, si la seconde option devait se réaliser il n'avait que très peu de chance de survivre, Loki songea que c'était une mort relativement digne. Trouver le repos éternel en observant un phénomène rare et extrêmement dangereux, c'était une consécration pour un sorcier tel que lui qui cherchait toujours plus loin dans les arcanes magiques. Et puis, au moins, il ne serait pas mort suite à une erreur de manipulation de sa part... c'était meilleur pour l'ego.
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Hello world !
Ma vie est un enfer, entre les cours et les jeux vidéo (et puis tous les trucs du quotidien genre le ménage, la lessive…), y'a pas assez d'heure dans la journée pour que ça soit équilibré… et le pire dans tout ça : je viens d'avoir ma 3DS. Mes heures de sommeil vont encore drastiquement baisser et j'ai mes deux exposés à faire dont l'un sur la saga de Maxime Chattam : Autre Monde. Vous connaissez ? (non ? alors mettez-y le nez 3)
Voilà le chapitre du mois et on en sait un peu plus sur… tout et ce n'est pas très jouasse, je l'avoue… mais sinon ce ne serait pas intéressant x)
Maintenant : réponse aux Revieuws (qui me font toujours très plaisir)
Granotte : Héhé, le but n'était pas vraiment la surprise (bon, un peu quand même, je l'avoue) mais bon je me contente totalement de ce petit doute. Faut faire avec ce qu'on a !
Tu râle pour le nom de Halfbarn mais pas pour Myrkr… mais j'avoue qu'elle est tellement innocente, c'est une gamine en fait. Quant aux relations de Tony et Halfbarn, je ne tiens pas à revenir dessus… à moins de faire comme Liada.
J'ai bien un petit Stony sous la main, en fait, mais c'est un OS que j'avais écrit y'a un moment pour l'anniversaire de ma correctrice. Je lui demanderais son accord mais ne t'attend pas à ce que ça vole très haut, je ne suis pas bonne pour écrire des pairings et il remonte un peu.
Kaori Jade : Merci et j'espère que l'histoire continuera de te plaire.
Et bien sur ce je vous laisse !
Ps : Il y aura un OS aussi ce mois-ci.
