Chapitre 3

Ai guida Mami jusque chez elle, une petite maison bordée de fleurs, un peu à l'écart de la ville et proche de la campagne.

– Bon, voilà. C'est pas grand-chose… Mais c'est chez moi.

– C'est adorable, Ai, répondit Mami, émerveillée. Ça doit être génial de vivre ici…

– Allez, entre vite !

Ai ouvrit la porte de sa maison et laissa Mami entrer. Une fois que son amie fut rentrée, la rousse annonça à ses parents qu'elle était rentrée chez elle, et que Mami était avec elle. Celle-ci regarda l'intérieur de la maison. La décoration était simple, voire un peu rustique, mais très accueillant.

– Ah, Ai, tu es là ! s'exclama une femme qui devait être la mère d'Ai, et qui disposait des mêmes cheveux rouges et des tâches de rousseur de sa fille. Enchantée de faire enfin ta connaissance, Tomoe-san. Ai nous a tellement parlé de toi…

Mami eut un petit sourire gêné et sentit ses joues se teinter de rose. Ai était également dans une situation de gêne, et lança à sa mère un petit « T'étais censée ne pas le répéter ! », ce à quoi sa mère répondit par un petit rire.

– Ai, ma chérie, tu veux bien m'aider à mettre la table ?

– Oui, bien sûr !

– Je peux vous aider ? proposa Mami.

– Te prends pas la tête, Mami, enfin… commença Ai.

– C'est vrai, renchérit sa mère, après tout, tu es notre invitée, tu n'as pas à t'embêter avec ça.

– Ça ne m'embête pas, au contraire, assura Mami. Je préfère largement aider un peu plutôt que de me tourner les pouces.

– Bon, si tu le prends comme ça, ce n'est jamais de refus, tu sais.

En quelques minutes, la table était prête, et Mami put rencontrer le père d'Ai et Yui, sa petite sœur, une enfant de douze ans à qui Mami aurait donné trois ans de moins sans soucis, enjouée et innocente, dans tous les sens du terme. Celle-ci ressemblait beaucoup à Ai, à la différence que ses cheveux étaient plus courts et lisses, et que ses yeux étaient aussi verts que ceux de sa mère.

– Mami ! Après qu'on ait mangé, tu viendras jouer avec Ai et moi ? demanda-t-elle alors que sa mère venait de lui servir une part de tarte à la pêche.

– Bien sûr, répondit Mami en souriant.

– Je suis vraiment content que notre fille ait rencontré quelqu'un comme toi, Mami, déclara le père d'Ai. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas semblé aussi heureuse, et je sais de quoi je parle. Sans compter que vous êtes une élève modèle, toujours prête à aider et très bien élevée, ce qui ne pourrait qu'aider Ai, honnêtement…

– Papa, arrête, tu me gènes… bafouilla Ai.

– Et pourtant c'est vrai, et tu le sais très bien, ma fille.

– Je suis vraiment désolée de ne pas avoir plus à t'offrir, s'excusa soudain la mère des filles. Ai m'a prise un peu au dépourvu, d'autant plus qu'elle m'avait dit que tu te sentirais mal si je me donnais trop de mal, alors je me suis dit qu'une tarte à la pêche devrait aller…

– Je t'arrête avant que tu ne dises que c'est le seul truc que j'aime, supplia Ai. C'est juste que j'aime ça plus que tout au monde…

– Je n'ai jamais rien mangé d'aussi bon depuis très longtemps, avoua Mami. C'est mon dessert préféré, à moi aussi.

Elle se rendit alors compte qu'elle ne cessait de lancer des petits coups d'œil à Ai.

Après le goûter, Yui entraîna Mami et Ai dans sa chambre, dans laquelle les trois filles passèrent leur temps à rire, à jouer et à discuter de tout et de rien. Puis, au bout de quelques heures qui passèrent bien trop vite aux yeux de Mami, la nuit tomba, et la Puella Magi prit congé des Sanako pour rentrer chez elle.

– Attends ! cria Ai. Je te raccompagne jusque chez toi !

– Tu es sérieuse ?

– Bien sûr que oui, et j'insiste. Allez, on y va !

Mami se rendit alors compte que Ai courait si vite que, dans son entrain, elle l'avait déjà dépassée. La blonde fit quelques mètres au pas de course afin de la rattraper, puis les deux amies se remirent à marcher normalement, traversant les rues sombres de Mitakihara, illuminées uniquement par les réverbères et la lueur des étoiles et de la lune.

– Ta famille est vraiment géniale, dit soudain Mami. Je comprends mieux ce que tu voulais dire, lorsque tu m'avais dit que tu voulais les protéger coûte que coûte.

– Ouais, je pense que c'est le genre de famille que plein de gens voudraient avoir… (Elle s'interrompit.) Oh, je suis désolée, je…

– Ne t'en fais pas, ce n'est pas grave. D'autant que ça fait longtemps que j'ai décidé de tourner la page, et d'arrêter de me morfondre. De me consacrer complètement à mon statut de Puella Magi. Mais toi, je pense que tu devrais continuer de mener une vie comme tu la mènes en ce moment. Bats-toi comme tu le peux, mais ne néglige jamais tes parents et ta sœur. C'est pour eux que tu as fait ton vœu, ne l'oublie pas.

– C'est promis. Mais alors, toi, tu dois me promettre une chose en retour : si moi, je ne dois pas négliger ma famille, toi, ne néglige pas ta propre vie. Parce que t'as fait ton vœu pour ça, après tout ! Et que j'aurais pas envie de perdre la première vraie amie que je me suis faite.

– C'est réciproque. Et tant que ça sera comme ça, nous continuerons de nous battre toutes les deux, c'est d'accord ?

– Et jusqu'au bout !

Ai s'apprêta à lever la main au ciel, mais s'arrêta en plein geste, les yeux rivés sur sa Soul Gem.

– Moi aussi, j'ai vu, dit Mami. Une sorcière est dans le coin… On y va ?

– Mes parents vont me tuer… Mais bien sûr que oui, on y va !

Par chance, le combat fut rapidement terminé. Debout, sur le haut d'un entrepôt, Ai et Mami observèrent les gens ayant été contaminés par la sorcière se réveiller peu à peu, se demandant où ils étaient et ce qu'il s'était passé. Mami rayonnait de joie.

– On est vraiment les meilleures ! s'exclama Ai en reprenant le chemin de l'appartement de Mami. Si on continue dans cette voie, rien ne pourra nous arrêter ! Et on continuera d'apporter l'espoir… D'abord, seulement dans la ville, puis ensuite, dans le monde entier !

– Le monde entier ? Huh, Ai, je crois que tu t'emportes un petit peu… Mais tu n'as pas tout à fait tort. Et puis, c'est une bonne chose d'être déterminée comme cela… Je pense que tu peux rentrer chez toi, maintenant, Nous avons assez traîné, et tes parents risquent de s'inquiéter.

– D'accord, d'accord… Dis bonjour à Kyubey de ma part, je l'ai pas vu de la journée !

– Ce sera fait, promis. Passe une bonne nuit, Ai !

– Toi aussi ! Et à demain !

« À demain », répéta Mami à voix basse, tandis qu'elle passait la porte de sa maison.


Promis, la prochaine fois, j'essaierai de faire mieux, désolée. ; - ;