Chapitre 3 : Rechercher quelqu'un

« Tout se paye un jour. Dommage pour lui que ce pauvre DiNozzo vous ait rencontré.»

Gibbs jeta le papier sur son bureau. Qui avait bien pu laisser ce mot ? Sans savoir pourquoi, il était persuadé que ça lui était destiné. A lui, Leroy Jethro Gibbs,

ce qui voudrait dire que s'il arrivait quoique ce soit à Tony, ce serait plus ou moins sa faute. Et cette idée lui était insupportable. Il se leva et se dirigea vers

l'ascenseur.

-Abby, dit-il en entrant dans le labo, est ce que tu peux trouver d'où vient ce papier ?

-Bien sûr Gibbs ! répondit la laborantine


Tony était toujours dans la même situation, et il était incapable de dire depuis combien de temps il était attaché ici. Le type qui s'amusait régulièrement à lui

enfoncer un couteau dans différentes parties de son corps ne donnait plus signe de vie depuis un bon moment, et Tony en vint à se dire qu'il n'était peut-être

plus dans la pièce. Mais il se rendit compte qu'il avait tord lorsqu'il entendit des voix, qui lui semblaient assez lointaine. Il reconnut cependant celle du sadique à

qui il avait parlé, mais il ne pût pas déterminer à qui était l'autre voix, si ce n'est que c'était une femme.

-Pourquoi tu le gardes ici ? Ca t'apportes quoi d'obéir à l'autre abruti ? demanda la femme

-Qu' est ce que ça peut te faire hein, renchérit l'autre, c'est mon problème. Et si je veux aider « l'abruti », comme tu dis, à se venger de ce Ribbs ou Tibbs, je ne

me rappelle pas, ça ne te regardes pas alors tu la ferme !

Ribbs ou Tibbs ? Alors je serais ici parce qu'un taré veut se venger de Gibbs ? se demanda Tony, qui comprenait de moins en moins ce qui se passait. C'était la

première fois qu'il entendait une femme ici, et ça aussi, c'était bizarre. D'autant plus qu'elle n'avait pas l'air d'accord avec la brute adepte du couteau. Mais le

plus étrange de tout, c'était qu'il avait déjà entendu cette voix ailleurs. Il connaissait cette femme, il en était persuadé.


-Bon alors, j'ai remarqué que ce papier est plutôt spécial, expliqua Abby à ses collègues, mais comme j'ai l'impression que si je me lance dans les détails

techniques, vous n'allez rien comprendre et alors vous allez m'interrompre pour me dire que...

-Abby, coupa Gibbs.

-Oui, exactement comme là, Gibbs ! Donc je vais aller droit au but. On en trouve dans seulement 5 boutiques dans les environs, dont j'ai bien sûr trouvé

l'adresse. Par contre, je n'ai rien pû faire pour l'écriture. Ecrit en majuscule, pas de signe distinctif particulier comme par exemple faire le point de rattachement

du O en bas. J'ai vu ça dans un film une fois, je suis que Tony l'adorerait ! Enfin bref, à part les endroits où trouver le papier, je n'ai rien.

-Merci Abs !


Tony se concentrait toujours pour écouter la conversation et pour trouver qui était la femme. Le ton montait entre les deux, et il entendit finalement le bruit

d'une claque. Probablement de la part de l'homme. Après ça, il n'y eut plus un bruit pendant au moins un bon quart d'heure. Ou plutôt ce qui lui sembla être un

quart d'heure, vu que Tony avait commencé à perdre la notion du temps. Et puis finalement il entendit des bruits de pas qui se rapprochaient, et l'homme

–toujours avec son couteau fétiche dans la main- lui serra la gorge.

-Eh, ça faisait longtemps dis donc, lui lança l'agent, tu commençais presque à me manquer !

-Pourtant je ne crois pas qu'on s'était déjà parlé, lui répondit une voix féminine.

Oups. Loupé, c'était la femme.

-Oh, oui je crois que je vous ai confondue. Sans vouloir vous vexer, bien sûr.

-Vas-y ! intima l'homme. Prouve moi que tu es bien de son côté.

Tony sentit que le couteau s'enfonçait encore une fois dans sa peau. La femme lui taillada une large entaille en travers de son torse, ce qui le fit tressaillir de

douleur.

-Ouh, ça faisait longtemps que j'avais pas eu droit à ce doux contact. Vous êtes des fétichistes du couteau vous, non ?

L'homme poussa un grognement.

-Tu vois, c'est pas parce que je ne comprends pas vraiment son but que je ne suis pas de son coté. Maintenant si tu pouvais avoir un peu confiance, ce serait

bien.

Elle était visiblement légèrement vexée. Tony entendit ses deux bourreaux s'éloigner et se retrouva seul. Du moins pour quelques minutes. Après ce laps de

temps, quelqu'un entra dans la pièce et il sentit qu'on poussait sa chaise.


Ziva, McGee et Gibbs avaient déjà vérifié les listes de clients ayant acheté du papier de quatre des cinq boutiques, et jusqu'ici ils n'avaient pas trouvé de nom

qui puissent leur évoquer quoique ce soit. Ils ne connaissaient aucun des acheteurs. Gibbs espérait que le cinquième et dernier magasin leur fournirait un nom

connu, sinon cela voudrait dire que le type qui retenait son agent était assez intelligent pour envoyer quelqu'un qu'ils ne connaissaient pas acheter le papier.

Et ça, ce serait embêtant. La vendeuse de la dernière boutique leur apporta la liste. Ils l'étudièrent soigneusement.

-Je n'en connais toujours aucun, soupira Ziva.

-Moi non plus, dit McGee sur le même ton. Et vous Patron ?

Gibbs ne répondit pas.

-Gibbs ? demanda Ziva

-Jérome Tansay. Répondit-il d'une voix tremblante, que ses agents n'avaient pas l'habitude d'entendre. Celui là, je le connais.