Auteur : Numi
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Rating : aucun…je crois
Disclaimer : ils ne m'appartiennent pas…éè
(…)
Mais cela ne m'empêchera pas de les faire souffrir, bien sûr !
rire démoniaque
Tout brûle autour de Duo. Le petit-salon, l'Enfer. Les boiseries craquent et subissent la morsure des flammes. Des bouts de verre incandescents traversent la pièce en sifflant.
Le plafond commencer a ployer et les vapeurs de peinture satuent l'air de leurs parfums mortels.
« Rien à foutre. »
Tout s'écroule. La fumée est noire, toxique. La maison gémit. Frissonne au contact du feu que la lèche passionnément…
« Rien à foutre. »
Impossible de plus rien distinguer dans le salon.
« Whatever ?»
Duo est accroupi. On voit mal son visage à cause de la fumée, de la poussière et des flammes qui balaient la pièce.
Duo regarde dans notre direction. Son visage est immensément triste. En cet instant, Duo ressemble à une madone avec ses cheveux détachés, étrangement immobiles.
La chose n'est plus là. Le tableau brûle sur le mur, qui se recouvre de cloques, se détache et se désintègre sur les braises incandescentes.
« Les bois noirs » brûle jusqu'aux fondations.
«C'est déjà fini ?»
C'est fini. Oui, c'est le mot.
Les flammes ont achevé de dévorer Duo.
Un cycle s'achève.
Duo contemple sa natte incendiée. Ses cheveux brûlent bien…
Duo contemple son propre visage. La peau qui semble couler comme de la cire fondue. Qui se détache. Son crâne, qui noircit.
Son corps martyrisé.
Son crâne qui semble lui sourire de ses dents nacrées..
Il détourne le regard. Il marche à travers les flammes. Droit. Sans tituber. Nullement incommodé par la fumée, les débris ou les flammes.
Simplement il est déjà ailleurs.
Il passe le dernier rideau de feu et se retrouve dehors.
--
Heero palpe une dernière fois le visage de Duo.
Ses mains agissent plus avec la précision d'une mère que d'un médecin. Ils sont précis mais doux, tendres et réconfortants.
Ces mains ont tout de mains de savant fou. Heero contemple la créature sortie des flammes.
Le Soldat parfait est comme un sculpteur, qui remodèlerait un chef d'œuvre, il étreint Duo.
Duo pose son visage sur son épaule.
"I had dreams. Dreams come true too late. Something of an incredible sadness."
Les trois autres pilotes semblaient tourner lentement autour d'eux.
Duo est sorti des flammes comme ça.
Chacun voudrait se frotter les yeux, comme dans les films, et chanter une ode au bonheur et aux fins heureuses de Disney, mais c'est impossible.
Duo est mort. Duo a brûlé, comme la maison qui achève de se consumer derrière eux, et qui projette un panache de fumée noirâtre dans le ciel étoilé. On a presque vu ses fins cheveux s'élever hors du bûcher.
Personne n'y croyait plus. Les esprits tournent à plein régime. Trop vite, au risque de surchauffer.
Quatre sent qu'il surchauffe, lui aussi. En effet, ilne sent plus la présence de Duo.
« Mon empathie, qu'est-ce qui m'arrive ? »
-Trowa ?
-Quatre…
Trowa se colle contre lui, ses yeux verts à trois centimètres des siens. Ses yeux verts qui semblent perdus.
-Je ne sens rien…je ne sens plus rien…
Quatre se sent atrophié, comme amputé d'un membre. Il ne ressent plus les autres. Il a mal, parce que c'est sa nature d'être empathe. Il est perdu, et l'iris de ses yeux est dilatée au maximum.
-Trowa…j'ai perdu mon empathie ! J'ai perdu mon empathie !
Des larmes coulent sur ses joues sales.
Le petit blond ne sent plus sa propre présence, et pas plus celle de Trowa qui dévisage maintenant Duo sans piper mot.
Ni Wuffei. Ni Heero. Aucun d'eux n'est plus réel pour lui qu'un écran de fumée désormais.
La réalité semble s'éloigner imperceptiblement, subrepticement.
--
-Heero.
-Oui ? Duo ? Heero le dévore du regard. Le colbalt est brûlant comme le brasier, sauvages à la lueur de l'incendie.
Duo est là. Duo est là.
--
La chose se sent obligée d'aller vers eux.
Elle ne sait pas pourquoi, mais elle ne s'en préoccupe pas.
C'est un comportement qui, voyez-vous, tiens plus de l'instinct.
La chose a depuis longtemps oublié sa propre existence.
Elle est un puits de souffrance hurlant en silence.
--
Wuffei la voit en premier.
-Meiran ?
--
Trowa voit le félin s'extirper avec grâce des ruines de la villa, avancer doucement vers lui, ses pupilles d'or fixées sur les yeux verts du pilote.
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-Heero.
-Hn, Duo. Oui ?
-Mes cheveux...
Inutile de continuer. Duo sent les mains puissantes et si douces, d'un coup, du pilote 01 dans ses cheveux.
Heero enfouit sa tête dans le cou de Duo.
Derrière eux, le père Maxwell attend en silence.
--
Quatre s'approche de la créature.
-Qu'est-tu ? murmure-t-il. Il ressent l'aura de douleur, continue, puissante comme une migraine nauséeuse entourer la chose.
Elle demeure muette. « Elle » est indéfinissable. Le blond l'ignore, mais il est le seul à la voir vraiment, à détailler ses courbes changeantes et difformes, zébrées de brefs éclairs de lumière.
Mais il se sent rassuré. Elle ne leur veut pas de mal. Il en est convaincu.
Elle se contente d'être là.
Quatre sent qu'elle l'observe, qu'elle l'attend. Le jeune blond passe un bras autour de son amant.
--
Anna arrive en courant. Depuis le séismé elle n'a pas arrêté de courir. Elle déblayait des pierres au village depuis trois heures lorsqu'elle s'est brusquement souvenue du petit blond et de son ami, ses nouveaux voisins qui avaient choisi le mauvais moment pour venir en vacances.
Le séisme a été très violent. Anna avait eu beaucoup de chance que sa maison ait résisté. Néanmoins , elle était blessée légèrement et boitait.
Anna sortit des bois et déboucha sur la clairière. Elle détourna le regard.
Elle appela les secours par réflexe une grosse larme coulant le long de sa joue sale, traçant un sillon plus clair sur la peau roussie.
« Les bois Noirs » avait brûlé comme une torche. Des cendres s'éparpillaient doucement au gré du vent... L'odeur de brûlé agressait ses sens.
Elle se sentit très seule, et s'affala sur une souche pour pleurer.
--
Devant la maison plus personne. Les pilotes sont partis, vraiment, et leurs corps achèvent de partir en fumée.
Pour un empathe puissant, quelqu'un très différent d'Anna qui pleure là-bas, à l'orée du bois, il y aurait beaucoup de chose à sentir ici.
Des effluves encore forts, s'atténuant de minutes en minutes.
Des effluves comme l'amour. Le réconfort. Le soulagement.
Mais l'amour prédomine.
Ici, quelque chose d'infiniment beau, comme les mains d'Heero dans les cheveux de Duo.
On entend des sirènes et la clairière est brutalement envahie par trois camions de secours, illuminée par une lumière rouge intermittente.
On dirait une fête de jeunes.
Anna tombe en arrêt devant un des pompiers. Il la serre dans une couverture de survie parce que le froid reprend possession de l'endroit, après la chaleur suffocante du brasier.
Ils se dévorent du regard. La vie reprend.
Déjà devant la maison, on ne peut plus rien sentir.
- Fin -
Bon…Vous avez lu jusque là ?
C'était pas trop chiant ? : S
Vous avez compris ? J'ai pas été trop obscur ?
Soyez indulgents siouplaît, c'est ma première fic !
, il n'y a plus personne. Une légère brume monte du sol.
Le soleil joue déjà avec la forêt.
L'observateur empathe sentira peut-être ici un effluve encore puissant, mais qui déjà semble s'éloigner, une idée comme l'amour, peut-être aussi le réconfort.
Peut-être aussi le soulagement.
Une idée magnifique et puissante. Le secret du bonheur qui déjà se dilue.
Sous les décombres, le laptop du Soldat Parfait, désormais inutile, s'allume et égrène les messages en attente.
