Quatrième 'poème'... assez éloigné de l'original dans le texte, mais pas dans la morale.

Disclaimer : La Fontaine, voile-toi les yeux. Monsieur Pratchett, je vous les rend sans (trop) les abîmer.

Rappels et autres : 'Bourreau-de-chien est le surnom donné par Sedatiphe à Veterini dans Ronde de Nuit.
Et Sedatiphe est (quand il s'y met) un imbécile : cela justifie un peu son attitude suicidaire.
Et c'est plein de Majuscules: je ne dirai pas qui m'a contaminée avec Trop Fort le Mangemort...

Texte original : http/ poesie. webnet. fr/ poemes/ France/ lafontai/ 5. html
(enlevez les espaces)

-

Benebu, je n'arrive toujours pas à avancer dans 'Planteur et le petit pain au lait' ; voilà en attendant...


-

-.-.-.-.-.-.-

-

Le Chêne et le Roseau

Sédatiphe dit un jour à Veterini
(D'un air ma foi condescendant,
Son nez fortement plissé de mépris) :
« Havelock mon ami, je vous trouve souffrant.
Vous êtes bien à plaindre
Malgré votre titre envié de Patricien,
Vous n'en restez pas moins Bourreau-de-chiens :
La moindre guilde vous fait craindre
Pour votre place comme pour votre peau. »

Veterini se fendit d'un sourire
Plus affûté qu'un couteau.
L'autre reprit, avec un petit rire :
« Moi au contraire je gouverne
Les Assassins sans peine.
Diriger d'une main de fer
Dans un gant d'octofer :
Voilà la devise d'un chef. »

Veterini hocha du chef,
Haussant un sourcil interrogatif.
Cela déplut à Sedatiphe,
Qui reprit d'un air courroucé
(Tant qu'à se suicider,
Autant que ce soit en beauté) :

« La moindre menace vous fait ployer,
Vous ne devez la vie qu'à votre lâcheté,
Vos manigances et vos sournoiseries:
Tout ce qu'un Assassin bien né honnit.
Tel le roseau, vous cédez face au vent
Plus vite encor qu'un Rincevent.
Prenez exemple sur moi :
Dirigeant la Guilde des Assassins,
- Ce qui croyez-moi n'est pas rien -
J'ai autant de fierté qu'un roi.
Sans pitié ni émoi
Je commande à la Mort. »

(A peine audible retentit le « QUOI ? »
De quelqu'un qui visiblement en doutait fort.)

« Votre compassion, répondit Veterini,
Part d'un bon et généreux naturel.
Mon cher, que cela ne vous porte pas souci :
Je m'accommode de ma situation sans fiel. »
Dans son sourire avenant
Se trouvaient un peu trop de dents.

C'est alors que survint un Incident
(Evénement plus que banal dans cette ville
Qui ne sait ce que veut dire 'tranquille').

Rincevent passa par là (en courant,
C'est évident).
Veterini s'écarta d'un mouvement leste ;
Sedatiphe, lui, resta planté là
Et se mit à jurer : « Peste !
Hors de question que je cède d'un pas. »
Le mage ignorait vraisemblablement
La conduite à tenir avec les Dirigeants,
Les Mains d'Octofer et autres Intransigeants :
Sans regarder, il fonça dans le tas
Et bien sûr Sedatiphe renversa.

Tandis que l'Assassin par terre rouspétait,
Veterini à la suite se préparait :
Qui disait 'Rincevent'
Disait forcément 'poursuivant'.
Le Patricien, dans un envol de robe,
Esquiva souplement
La Chose qui arrivait en bavant.
Avant que Lord Sedatiphe ne se dérobe,
Le Monstre lui écrasa l'estomac.
(Vu ses dents, c'était un moindre dégât.)

Le piétiné ne put se relever :
Comme de juste, un Bagage vint à passer
Et sur lui essuya sa centaine de pieds.
Veterini, fort courtoisement, le salua ;
Le Coffre se désintéressa de son cas.

Sedatiphe, plus qu'un peu froissé
(Au propre comme au figuré),
Lança d'un air guindé :
« Oui, mais moi je n'ai pas cédé. »
C'est qu'il n'avait pas vu le dernier arrivant.
Il tentait de se redresser
Lorsqu'il entendit un ton nonchalant :
« AH, MON... MAÎTRE. QUEL PLAISIR DE VOUS RENCONTRER. »
L'Assassin se figea brutalement :
Sa fierté n'en menait pas large.
La Mort le dépassa tranquillement :
« JE VOUS VERRAI A UN AUTRE MOMENT :
JE CROIS BIEN QU'IL VOUS RESTE UN PEU DE MARGE. »
Sedatiphe, toujours sur son séant,
Se dit en frémissant
Qu'il y avait pire sourire
Que celui de Veterini
Lorsqu'il tenait dans sa ligne de mire
Un adversaire insoumis.

Il suivait toujours ses pensées
Lorsqu'il fut ramené à la réalité
Par une féroce morsure
A la main, plus vive qu'une brûlure.
Le coupable s'enfuit, narquois, avec un « SQUEAK ! »

Veterini soupira : « Voilà le hic.
Vous vous préoccupiez de ma santé :
Elle ne me permet pas de supporter
La fierté et ses conséquences.
Je vous en laisse volontiers la jouissance. »

Cela dit, le Patricien s'éloigna,
Mais au passage il écrasa
Avec beaucoup de soin
L'autre main (intacte) de l'assassin :
En homme sensé, il a toujours su
Qu'un méfait n'est jamais perdu.

-

-.-.-.-.-

-


-

Voilà voilà, une apparition-éclair de Rincevent pour remettre un Assassin à sa place... et permettre à Veterini de faire quelques pirouettes.