Merci à Rock'xanne, encore, à Eliane and Katusha et à 5Pistache5 pour vos commentaires encourageant !

Merci aussi à ceux et celles qui ont mit mon histoire dans leur favorite story ! ;)

Bonne lecture !


Lever le voile

Lou-Anne ouvrit lentement les yeux. Elle avait fait un cauchemar dans la nuit – un cauchemar complètement absurde – et elle avait mal dormi. Elle se leva, pris quelques vêtements en s'étirant et alla directement à la salle de bain ; dans le cas où le passe-muraille arriverait par surprise comme le matin dernier. Quelques minutes après s'être habillé, Lou-Anne entendit Sirius l'appeler. Un sourire s'étala sur ses lèvres, bingo !

Elle le retrouva un peu après dans le salon, il regardait par la fenêtre. « Je me doutai que vous arriveriez tôt », lança-t-elle. Il se tourna vers elle en souriant, « je me doutai que vous vous lèveriez tôt », dit-il à son tour comme un jeu. Elle sourit et alla faire du café, elle ne parla pas durant un moment, elle mangea un yaourt et finit par lever les yeux sur Sirius qui l'observait. « Vous êtes resté auprès de votre filleul cette nuit ? Comment a-t-il réagit vous pensez ? » Il soupira, « je pense, qu'au fond de lui, il vous a cru. En tout cas, il veut vous croire.

- Il a contacté ses amis ?

- Oui, il a envoyé la même lettre à ces deux amis ce matin. J'ai lu ce qu'il a écrit. » Lou-Anne attendit puis l'encouragea à continuer d'un geste impatient de la main.

« Il a mis beaucoup de détail, il a particulièrement insisté sur le fait que vous sachiez comment je me suis enfui de Poudlard.

- Ca a du le marquer, tant mieux ! C'est dans la poche, alors !

- Ne criez pas victoire trop vite, Lou. Même si Harry est convaincu, et je pense qu'il va falloir encore une petite discussion entre vous, il reste à convaincre les autres. » Lou-Anne renifla, « c'est vrai. Et ils ne seront pas facile à convaincre, n'est-ce pas ?

- Non en effet. Mais vous avez tout de même une chance ! Ne vous en faîtes pas. »

Lou-Anne but son café en regardant Sirius se balancer d'un pied sur l'autre, la tête baissé. « Qu'y a-t-il, Sirius ? » dit-elle en croisant les bras. Il hésita et fit la moue. « Je pensais qu'on aurait pu aller voir Harry dès ce matin » Elle plissa les yeux, « Bien sûr. En fait j'avais prévu que vous me le demanderiez. Mais vous ne pensez pas qu'on devrait le laisser encore y penser ?

- Il y a réfléchi toute la nuit, je vous assure. Allons le voir.

- Bien, bien ! Je suis à vos ordres, monsieur Black ! » s'exclama-t-elle en riant.

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Lou-Anne avait du mal à l'admettre mais cette histoire, en vérité, l'amusait. Elle était curieuse de nature et avait une imagination fertile ; petite elle inventait des mondes peuplés d'elfes et de fées, elle se voyait voler au côté de Peter Pan ou voguer sur de grands voiliers à la conquête de nouvelles terres. Découvrir l'existence de la magie et des sorciers suscitait en elle une excitation particulière. Elle n'avait pour le moment pas pu assister à leur prodige mais Sirius lui avait raconté des histoires extraordinaires et décrit des créatures mystérieuses. Elle imaginait le grand phénix de ce Dumbledore, le vol de l'hippogriffe ou la beauté de la licorne, tous ces animaux merveilleux qu'on ne voyait que dans les contes.

Ses pensées s'arrêtèrent devant la petite allée du 4 privet drive.

« Alors, vous dites que sa chambre est derrière ? » demanda-t-elle. Sirius hocha la tête, « je vais voir si la voie est libre, attendez ici. En restant discrète, bien sûr, manquerait plus que l'affreuse tante vous invite à entrer ! » Lou-Anne lui lança un regard perçant avant de s'éloigner de l'allée. Elle attendit quelques minutes en observant les alentours. Little Whinging était bien trop carré – c'était le seul mot qui lui venait à l'esprit – à son goût, toute cette perfection qui cache la perfidie et l'hypocrisie sous une couche de bonne éducation. Lou-Anne secoua la tête et se reprit en souriant à demi, l'habit ne fait pas le moine, dit-on, et elle avait eu des amis qui vivaient dans une banlieue semblable, des gens simples et généreux. Ce qui n'était certainement pas le cas des Dursley.

Elle vit Sirius lui faire signe et le rejoignit prudemment.

« N'aurait-on pas du attendre la nuit pour venir ? chuchota-t-elle, je sais que vous êtes impatient mais là, tout de même, c'est risqué. »

Sirius grimaça, « vous l'avez dit, je suis impatient ! » Il l'invita à la suivre de la main. « Allez-y frappez à la fenêtre ! » lui dit-il. Lou-Anne chercha quelques petits cailloux, s'apprêta à lancer puis hésita.

« La tante est dans le salon, assura Sirius, elle n'entendra rien !

- Et le fils ? » demanda-t-elle. Sirius grimaça une nouvelle fois, « désolé, facteur inconnu !

- Vous auriez pu vérifier quand-même !

- Ne vous inquiétez pas tant, allez-y !

Lou-Anne lui lança un regard désapprobateur mais obéit. Les cailloux cognèrent les carreaux à plusieurs reprises. Ils n'eurent pas longtemps à attendre, la fenêtre s'ouvrit sur le garçon hirsute.

« Harry, chuchota-t-elle assez fort pour qu'il entende, rejoignez-moi au parc ! Il faut qu'on reparle de tout ça calmement. » Il sembla hésiter puis finit par hausser les épaules. Elle lui sourit gentiment ne sachant pas vraiment ce que cela voulait dire.

« Lou ! » cria tout d'un coup Sirius qui s'était éloigné, « partez vite, le facteur inconnu arrive à la cuisine ! »

Elle jura et s'enfui à temps pour ne pas voir le fils Dursley sortir dans la cour.

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Harry vit la femme sortir du jardin à toute vitesse avant que son gros cousin Dudley n'arrive. C'était comme si on l'avait averti se dit-il en pensant à Sirius. Peut-être qu'elle avait raison, peut-être qu'elle pouvait communiquer avec Sirius. Le cœur de Harry se gonfla d'espoir, il avait envie de croire en cette femme et il irait la rejoindre au parc ; seulement après avoir reçu la réponse de ses deux amis.

Il fixa l'horizon, Hedwige n'était pas encore rentré mais Harry en était sûr, elle reviendrait vite avec les lettres de Ron et Hermione. Il avait hâte de partager avec eux la joie de retrouver Sirius. Il en était sûr, ses amis approuveraient les preuves que la femme avait apporté et qu'il leur avait écrit. Il ne pouvait en être autrement.

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Le parc était déjà bercé par les rires et les cris des enfants qui couraient sous le regard bienveillant des parents. Sirius et Lou-Anne attendaient patiemment Harry, sur le même banc que la veille. Il était sûr que son filleul viendrait, elle était plus sceptique.

« Vous avez de la famille ? » lui demanda-t-il.

Elle tourna vivement la tête vers lui, fronça les sourcils et Sirius se mordit la lèvre. La question était peut-être maladroite. Peut-être que c'était un sujet sensible pour elle. Lou-Anne fini par sourire. « Bien sûr, j'ai mes parents et mon frère. Pourquoi ? » C'est la question qu'il s'était posé juste après avoir parlé. Il voulait la connaître un peu mieux.

« Depuis qu'on s'est rencontré, on a fait que parler de moi. Je voulais en savoir un peu plus sur vous. » Et il ne pu s'empêcher de plaisanter, « qui sait ! Je ne vous connais pas, vous êtes peut-être une dangereuse psychopathe moldu ! »

Elle rit. « Qui sait ? Vous êtes peut-être vous aussi un psychopathe ! »

Sirius eut un sourire amer, beaucoup de gens le pensent. Il songea soudain avec une boule au ventre qu'il lui avait parlé de sa condition de fugitif. Il ne voulait pas qu'elle croit quoi que ce soit mais elle ne lui avait posé aucune question. Il faudrait qu'il éclaircisse ce point à un moment ou un autre. Mais pas maintenant, il n'avait pas envie d'entrer dans ce genre de discussion. Il préférait la légèreté. Alors il continua de plaisanter. Elle souriait gentiment, répondait parfois. Jusqu'à ce qu'elle le vit, les cheveux en bataille, des vêtements trop grands pour lui. Lou-Anne sentit naître une boule d'anxiété. Elle connaissait cette sensation, elle n'avait rien à craindre du jeune homme pourtant. C'était ce que lui avait affirmé Sirius Black. Mais Sirius Black était invisible aux yeux du monde, il ne pouvait lui venir en aide, il ne pouvait appuyer ses dire auprès de son filleul et elle était une moldu sans défenses face à un sorcier qui, à l'image de la veille, affichait un visage méfiant et coléreux.

Harry vit la femme se lever. Il se forçait à paraître méfiant, il ne voulait pas qu'elle croit qu'elle avait gagné. Ne pas montrer un visage avenant s'avérait plutôt facile en réalité, Harry était en colère. Non pas contre cette inconnue, qui lui apportait un certain espoir, mais contre ses amis. Ses soi-disant amis. Il aurait au moins cru qu'ils seraient de son avis, qu'ils seraient heureux pour lui ; il avait reçu des réponses à ses lettres transpirant le soupçon et le scepticisme, lui sommant d'être prudent. Cette femme connaissait pourtant des choses que peu de gens savaient. Comment aurait-elle pu l'apprendre sinon par Sirius lui même.

Harry enrageait d'autant plus que ses amis n'avait pas tout à fait tord. Il s'était promit de faire attention et de lui soutirer la moindre information concernant son parrain. Il arrêta ses réflexions en fixant la femme qui se prétendait moldu comme si, d'un regard, il pouvait la percer à jour.

« Alors ? » dit-il sans préambule.

La femme déglutit difficilement et se gratta la gorge en regardant à côté d'elle. Harry suivi son regard jusqu'au banc vide.

« Votre parrain est juste là. »

Il sentait sont anxiété, il essaya de ce radoucir. « Je n'aurait pas du vous menacer hier.

- Ce n'est rien ! Je peux aisément comprendre ce que vous avez ressenti.

- Ah oui ? » dit-il dans un sourire ironique. Elle ne pouvait pas comprendre. Se retrouver une famille puis la perdre, puis la retrouver encore mais dans l'incertitude de la guerre, douter et se méfier ; ne pas pouvoir se réjouir et laisser exploser son cœur de joie au retour de sa seule vraie famille. S'était ce qui rendait Harry à fleur de peau, ce bonheur contenu l'étouffait.

« Vos amis vous ont-ils répondu ? » demanda-t-elle soudain. « Vous leur avez écrit n'est-ce pas ? Et vous avez envoyé votre chouette leur porter vos lettres ce matin même. Ont-ils approuvé le fait que je sache comment Sirius s'était enfui de Poudlard ?»

Elle marqua un point, Harry avoua qu'il ne s'attendait pas cela. « Sirius était avec moi quand j'ai écrit ? » Ce n'était pas vraiment une question ; il connaissait la réponse.

Elle hocha la tête. « Est-ce que vous me croyez maintenant ?

- Mes amis me conseil la prudence. » Il la vit jeter un œil du côté du banc vide.

« Ils ont raison, dit-elle. Mais vous devez tout de même me croire.

- Ce n'est pas si facile ! Je l'ai vu tomber. Je l'ai vu traverser ce voile.

- Il l'a bien traversé en effet mais apparemment cela n'entraîne pas vraiment la mort, » dit-elle en haussant les sourcils.

« Qu'en savez-vous ? Qu'en sait-il lui-même ? Il est peut-être un fantôme qui se croit encore vivant ! » s'exclama Harry. Il regretta aussitôt ses paroles en regardant la place vide à côté de la femme. Elle avait pâli, un peu, et il l'entendit chuchoter « est-ce que c'est possible ? » Il secoua vivement la tête et s'excusa auprès de Sirius. Elle le fixa malicieusement, « ça veut dire que vous me croyez ?

- Je n'ai jamais dit ça ! » répondit-il mais il ne put empêcher un sourire de barrer son visage.

« Il était sûr que vous me croiriez, dit-elle en se frottant les mains. Bon ! Et bien, ça c'est fait ! Ne reste plus qu'à convaincre vos amis et les membres de l'ordre !

- Mais je n'ai pas dit que je vous croyais ! » s'insurgea Harry. Elle se mit à rire, « je vous en prie ! Je veux bien que vous soyez méfiant mais tout de même ! Vous devez bien admettre qu'entant que moldu je ne devrai pas savoir toutes ses choses sur votre… Monde et sur votre parrain. »

Harry baissa la tête. Elle avait raison, c'était troublant mais il y avait toujours cette autre partie de lui qui doutait, renforcé par la réponse de ses amis à ses lettres.

« Et qui me dit que vous êtes bien une moldu ? »

Elle soupira et porta la main à son front. « Fouillez moi vous verrez bien que je n'ai pas de baguette !

- Vous n'êtes pas bête, vous l'aurez laissé au placard au cas où.

- Alors demandez moi, » elle hésita. « Je ne sais pas moi, quelque chose sur les moldus ! Un truc quelconque, un truc auquel un sorcier ne penserait pas ! »

Harry chercha une question à laquelle seul un moldu pourrait répondre. « Vous connaissez Bruce Willis ? »

Il ne sut trop pourquoi c'était ce nom qui lui était venu à l'esprit. Dudley avait tanné ses parents un moment pour aller voir son dernier film au cinéma.

« Bruce Willis ? » répéta-t-elle en fronçant les sourcils.

Harry eut une boule au ventre. Au fond, il voulait vraiment la croire.

« Bien sûr, continua-t-elle. C'est un acteur américain. » Elle sourit tout d'un coup, « il a même joué dans « Piège de cristal » » affirma-t-elle avec aplomb.

Harry ne connaissait pas ce film, à vrai dire il ne connaissait pas grand-chose au cinéma mais il se dit qu'un mangemort, déguisé en moldu, n'aurait certainement pas pris la peine d'apprendre ce genre de chose. Il sourit, soulagé malgré lui.

« Alors, lui demanda-t-il. Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Est-ce que Sirius a un plan ? Parce que mes amis sont très septiques à votre propos. Cela ne va pas être facile de les convaincre.

- Je sais, votre parrain l'a assez répété mais vous serez là pour m'appuyer, n'est-ce pas ? » dit-elle et Harry hocha la tête.

On verra bien comment cela se passera, se dit-il. On verra bien.