at last, my love has come along
Kate aime l'ambiance du bar de Castle. Elle aime son obscurité constante, quelle que soit l'heure de la journée. Elle aime les morceaux de jazz qui sont diffusés constamment, souvent dépassés par les voix qui se mélangent dans la salle, mais toujours là. Elle aime l'odeur des banquettes en cuir, le mélange lointain d'alcool et de cigarette qui lui rappelle son enfance, ces films en noir et blanc que ses parents regardaient le soir et qu'elle venait voir en cachette parce qu'elle devait être au lit et non devant la télé.
Elle n'est pas venue ici depuis longtemps. Depuis qu'elle a accepté de l'épouser, de passer sa vie à ses côtés. Ils ont passé la soirée à s'embrasser, ce soir-là, malgré la présence de Ryan et Esposito, et cette fois n'est pas si différente.
Ils sont assis l'un à côté de l'autre et leurs mains s'entrelacent sous la table, leur rappelant qu'ils sont vivants. Ryan est en train d'expliquer sa frustration face au refus de sa femme de savoir le sexe de leur enfant, alors que Jenny le contredit parce qu'elle n'est d'accord avec aucune de ses raisons.
Kate sait qu'elle a pris la bonne décision. Son équipe est ici, pas à New York. Et maintenant qu'elle l'a retrouvée, elle est soulagée. Mais l'inquiétude ne la quitte pas, parce que Castle est de retour avec elle, et il aurait pu mourir aujourd'hui. Encore une fois.
- Kate ?
Elle tourne la tête en entendant l'écrivain sourit inconsciemment. S'ils n'étaient pas entourés, elle attraperait le col de sa chemise bleue et l'embrasserait, lui proposerait de s'enfuir et faire autre chose, quelque chose qu'ils savent bien faire ensemble. Il lui tend la main, et elle fronce les sourcils.
- Viens, j'ai quelque chose à te montrer.
Elle accepte son aide pour sortir box, sous les yeux curieux de leurs amis et collègues. Lorsqu'elle est debout, il dépose un baiser sur sa joue et du coin de l'œil, elle voit Lanie l'interroger du regard, prête à lui demander où il l'emmène. Kate est convaincue que sa meilleure amie est vexée de ne pas avoir été prévenue de la demande en mariage de Castle avant qu'il ne mette un genou à terre et pose la grande question.
- C'est une surprise privée, précise-t-il pour répondre à l'ahurissement général. Une surprise privée pour ma fiancée.
- A propos de ça… Beckett, tu nous expliques comment tu es passée de « Castle est un gosse de neuf ans » à « je veux l'épouser » ?
- Ce n'est pas de ton âge, répond Castle en vrillant les sourcils, s'attirant une grimace d'Esposito alors que Beckett pose sa main sur son torse, le poussant à se retirer.
Il l'emmène dans son bureau, où quelques bougies sont allumées, la cire coulant sur les coupes qu'il a posées afin de ne pas tâcher les meubles. Il lâche sa main et allume le tourne disque. Le léger crépitement résonne dans la pièce silencieuse alors que Kate essaie de comprendre ce qu'il veut, l'observant curieusement.
- Je déteste les surprises, tu sais ?
- Pourtant tu as aimé celle-ci, non ? demande-t-il en montrant du bout du nez la bague qui trône sur sa main gauche. Je l'ai cherchée pendant des semaines. C'est devenu une obsession, je ne trouvais rien qui me plaisait et je ne savais pas comment te demander de m'aimer jusqu'à la fin de ta vie, mais j'étais sûre de vouloir la passer avec toi, et quand j'ai su qu'on te proposait un autre boulot à Washington, j'ai cru que je ne finirais jamais de la chercher, cette bague que tu aimerais. J'ai débarqué dans un magasin que ma mère m'a conseillé, celui où j'ai trouvé tes boucles d'oreilles de la Saint-Valentin. J'étais énervé après toi, et pourtant je ne t'avais jamais autant aimée.
Il replace une mèche de ses cheveux derrière son oreille droite et encadre son visage de ses larges paumes, caressant ses pommettes roses du bout des pouces. Elle ferme les yeux, retient ses larmes. Il dépose un baiser sur son front, mais alors qu'elle s'attend à ce que ses lèvres se décollent de sa peau, il murmure contre son visage.
- Je suis tellement fier de toi, Kate. Je suis tellement fier de pouvoir dire qu'un jour, dans un futur plus ou moins proche selon la définition qu'on se fait de lointain, tu seras ma femme.
Sa bouche quitte son front et atterrit sur ses paupières, puis sur ses joues et enfin sur ses propres lèvres. Il l'embrasse lentement et elle lui répond doucement, sa langue se lançant dans une lente valse avec la sienne. A bout de souffle, elle remarque tout juste les mains qui se sont faufilées le long de son corps, l'une glissant autour de sa taille alors que l'autre s'est emparée de ses doigts.
- Je sais qu'on ne va pas se marier demain, mais je voulais t'offrir notre première danse.
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Lorsqu'ils remontent, Ryan et Esposito ne leurs laissent pas une seconde de repos. Quinze minutes, c'est assez pour faire des bébés, disent-ils. Mais ils attendent d'être rentrés pour s'exercer, sous la douche puis sous les couvertures. L'hématome qui s'est formé sur le torse de Castle est peu rassurant, mais il le compare à la cicatrice ronde qui a blanchit sur sa poitrine et Kate ne peut rien répondre parce qu'elle sait que malgré le temps qui s'est déroulé depuis sa fusillade, il se sent toujours un peu coupable.
- Arrête de t'inquiéter pour rien, Kate.
- Je ne m'inquiète pas pour rien. Tu t'es fait tirer dessus. Je ne peux même pas imaginer ce qui se serait passé si tu ne portais pas ton gilet pare-balles.
- Je ne peux pas mourir. Je dois t'épouser d'abord.
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Il la réveille plus tôt, le lendemain matin. Elle grogne, puis accepte son cadeau de retour et lui rend, sa bouche bien réveillée. Un peu plus tard, quand Ryan lui demande pourquoi elle est fatiguée – et le regrette immédiatement – Castle se retient de sourire.
Elle est toujours un peu inquiète, mais Castle a un don pour se mettre en danger et elle est plus paisible lorsqu'elle est devant lui pour le protéger.
Les paroles associées à ce chapitre correspondent à la chanson d'Etta James, At Last. Celles des chapitres précédents correspondant à A Hand To Hold, de Ben Howard. Je ne sais pas encore si je vais continuer avec cet accompagnement, mais j'ai pensé qu'intégrer ces chansons était important puisqu'elles m'ont bien inspirée pour ces petits OS.
Merci pour vos commentaires, ils me font vraiment plaisir.
