Bonjour, ce 4eme volet commence par un feed-back sur l'attaque de la pharmacie vue par Régina.

Pour répondre au commentaire de Zahazahar, concernant le chapitre 3, je voyais l'orphelinat dans un parc, c'est pourquoi, dans mon idée, depuis la grille, Emma voit de suite que les lieux ont changé. J'aurai peut-être dû le préciser effectivement.

Bonne lecture… et n'oubliez pas, les personnages OUAT ne m'appartiennent pas mais l'histoire si !


Chapitre 4: Une arrivée très discrète.

Elle ne l'avait pas vu entrer. En ce lundi après–midi, la pharmacie était bondée de monde : Bricoleurs du dimanche et malades du weekend qui avaient attendu le lundi pour aller voir leur médecin. Régina assurait l'ouverture seule avec Robin et faisait de son mieux pour accueillir les patients en leur donnant l'impression qu'elle se préoccupait de leur sort tout en ne perdant pas trop de temps avec chacun. Quand elle vit Madame Gracia devant elle, elle réprima l'envie de lever les yeux au ciel. Cette petite mamie était bien gentille mais là, ce n'était pas le moment !

Elle jeta un coup d'œil à la file qui s'allongeait derrière la vielle dame et découvrit la blonde qui se tenait juste derrière. Ses longs cheveux souples attirèrent son attention et elle se souvint immédiatement: c'était sa nouvelle locataire, Miss Swan. Elle était très pâle et visiblement elle n'allait pas fort. Elle ne semblait pas l'avoir reconnue. Du coup, Régina retourna aux histoires de Madame Gracia qui lui détaillait le pourquoi du comment de la prescription de son médecin, pourtant la même depuis des mois…

Régina se dit combien il devait être malheureux de finir sa vie seule, comme cette vieille dame, au point d'être amené à parler pour ne rien dire avec des inconnus, juste pour avoir l'impression d'exister. Attristée par ce constat, elle prêta un peu plus attention au discours de l'octogénaire. De temps à autre, elle relevait la tête pour surveiller sa voisine du coin de l'œil. Celle-ci semblait fatiguée, se frottait les yeux, les tempes et la nuque et gardait longuement les yeux fermés. Aïe ! Migraine ophtalmique se dit-elle. Il faut absolument que j'écourte le cas Gracia sinon Miss Swan va se trouver mal dans la pharmacie!

Elle était en train de préparer le traitement de la vielle femme quand tout à coup une bousculade, suivie d'un cri, la fit sursauter :

- « Que personne ne bouge ». L'homme qui était derrière Miss Swan l'avait cravatée et agitait nerveusement un revolver vers Régina.

D'un coup, l'ensemble de l'officine devint silencieux. Ils étaient tous pétrifiés. S'impatientant, l'homme menaça de nouveau :

- « La caisse et toute la morphine du stock, vite ! »

Le regard de Régina faisait des va-et-vient entre la blonde et son agresseur. Elle ne savait comment réagir. Ils n'avaient pas de morphine et la pharmacie venant d'ouvrir, la caisse était quasiment vide.

- « Vous allez vous bouger oui ? »

La pharmacienne commença à ouvrir la caisse dans l'idée de la remettre au malfrat espérant qu'il s'en contenterait. C'est alors que, contre toute attente, en deux petites secondes, la blonde retourna la situation : maitrisant son agresseur, elle le plaqua au sol, visiblement sans ménagement.

- « Allonge toi, face contre terre et lâche ce jouet »

Régina regardait la blonde, estomaquée: Elle semblait avoir retrouvé des couleurs et être parfaitement à l'aise dans cette situation pourtant si dangereuse. Elle finit de désarmer l'homme. Celui-ci se plaignait de la brutalité de la jeune femme. Il l'a bien mérité! pensa la brune. La réponse de sa voisine la laissa alors sans voix :

- « Ca mon grand, il fallait y réfléchir à deux fois avant de t'attaquer à un flic à l'aide d'un pistolet en plastique! »

Un flic ? Ainsi Miss Swan était policière ? Ruby ne lui avait rien dit de tel. Qu'avait elle dit déjà à propos de la situation professionnelle de la blonde ? Besoin de faire un break…une parenthèse… travail associatif… c'était très vague mais elle n'aurait jamais imaginé qu'elle soit policière. De toute façon, Ruby l'avait convaincue en lui expliquant qu'elle avait été sa colocataire pendant trois ans et qu'elle était sa meilleure amie.

Reprenant ses esprits, Régina croisa les yeux clairs de la blonde. Elle vit que celle-ci l'avait enfin reconnue et lui sourit brièvement avant de se rendre à l'arrière pour prévenir la police. Revenant à la boutique, elle constata que Robin était venu prêter main forte à la policière et maîtrisait maintenant l'homme au sol tandis que ce dernier ne cessait de râler. La blonde était en train de se relever. La pharmacienne se dirigea donc vers elle dans le but de la remercier quand elle la vit pâlir et défaillir. Elle se jeta sur elle, non pas pour l'empêcher de tomber, elle en aurait été bien incapable, mais pour accompagner sa chute et éviter qu'elle ne se blesse. Elle se retrouva donc à genoux au sol tenant la blonde inanimée dans ses bras.

- « Miss Swan, vous m'entendez ? Miss Swan ?»

Emma reprit rapidement ses esprits. Le visage inquiet d'une magnifique brune était penché sur elle. Ses yeux marron - non pas marron, plutôt noisettes- la fixaient tandis qu'une main douce et chaude balayait les cheveux qui étaient en travers de son visage. Elle referma les yeux. Ou suis-je ? Que m'est-il arrivé ? Elle réalisa que quelqu'un la giflait, tandis que la même voix, mais plus autoritaire cette fois, se faisait entendre à nouveau :

- « Miss Swan, réveillez-vous !»

La pharmacie, la migraine, l'agresseur,… ma proprio ! Les pièces du puzzle s'assemblaient peu à peu dans son esprit et elle finit par revenir à elle sur ce dernier constat: les yeux noisette n'étaient autres que ceux de Régina Mills !

Tandis qu'elle regardait tout autour d'elle, elle vit les patients de la pharmacie qui s'étaient agglutinés autour d'elles.

- « Ecartez-vous, laissez la respirer enfin !»

La blonde sourit malgré son mal de tête. La pharmacienne était une femme qui savait se faire respecter !

- « Miss Swan, ne bougez pas, vous avez fait un malaise.» Comme par magie la voix s'était radoucie.

- « Je suis désolée.. »

- « Ne le soyez pas, vous nous avez sorti d'une situation bien plus embarrassante ! Avez-vous souvent ce type de malaise ? »

- « Non, non, en général je prends des cachets avant que la crise ne s'installe mais là… »

- « Migraine, c'est bien ça ? » dit la brune d'un ton assuré.

- « Oui » répondit Emma dans un souffle avant de se passer la main sur le front.

- « Vous avez fait une chute de tension, ce n'est rien de grave. Nous allons nous relever tout doucement et vous allez venir vous allonger à l'arrière au calme. »

Emma, subjuguée par la voix protectrice, presque maternelle de la pharmacienne la suivit en silence. Celle-ci la fit alors s'allonger sur un lit d'examen.

- « Ne bougez pas, je vais chercher votre traitement. Que prenez-vous habituellement ? »

A peine quelques instants plus tard, elle revint avec les cachets demandés.

- « Je suis désolée, je dois retourner au comptoir, mon collègue Robin est occupé à maîtriser le malfrat et il n'y a plus personne pour servir. Profitez-en pour vous reposer un peu. »

La blonde acquiesça d'un hochement de tête, de toute façon elle était bien incapable de faire autre chose !

Quand Régina retourna à l'avant de l'officine, la patrouille de police venait d'arriver. L'homme qui les avait agressés se retrouva menotté et tandis que les policiers le relevaient, Régina ne put s'empêcher de remarquer combien il avait l'air hargneux ce qui rendait encore plus héroïque le geste de la blonde.

- « C'est vous qui l'avez maitrisé ? » demanda le policier à Robin ?

- « Non, non, pas du tout, c'est votre collègue, la blonde canon qui est à l'arrière! »

- « Elle s'appelle Emma Swan. » corrigea la pharmacienne d'un ton sec.

- « Swan ? Connais pas et toi ? »

Comme son collègue faisait non de la tête, le policier rajouta : « Comment savez-vous qu'elle est de la police ?»

- « Elle a dit au type qu'il avait eu tort de s'attaquer à un flic, alors j'ai pensé… » Bredouille Robin.

- « On peut la voir cette Emma Swan ?»

Régina s'interposa alors :

- « Elle se repose pour le moment, elle a fait un malaise, une chute de tension due à sa crise de migraine. Ne pourriez-vous pas repasser plus tard pour l'interroger ? »

- « Oui, c'est possible, mais il me faudrait au moins ses coordonnées, on ne sait même pas où elle habite ! »

- « ça je peux vous renseigner : Elle habite au 180 Beacon Street, appartement 17C, c'est ma voisine ! »

- « OK dans ce cas, on retourne au poste s'occuper de l'autre et on repassera en fin de journée vous interroger. Vous fermez à quelle heure ? »

- « 19h30 mais je ne pourrai pas rester ce soir, je m'occupe de mon fils ». Répondit Robin.

- « Dans ce cas, Madame, nous viendrons vous voir à votre domicile en même temps que votre voisine vers 20h. Cela ira ? »

Après accord de la pharmacienne, les policiers quittèrent les lieux non sans avoir pris les coordonnées de toutes les personnes qui étaient présentes au cas où.

Le reste de l'après-midi passa assez vite. Régina avait prévenu Granny qui était venue les rejoindre pour aider à absorber le surplus de travail lié à l'interruption. Son associée lui avait alors raconté en détail ce qui s'était produit. La vielle pharmacienne était heureuse du dénouement et de ne pas avoir été présente car elle avait horreur de la violence.

- « Tu dis que c'est ta nouvelle locataire qui vous a sauvés ? Tu ne m'avais pas dit que tu avais trouvé quelqu'un ! »

- « C'est une amie de Ruby, tu dois la connaitre. Miss Swan, Emma Swan. »

- « Emma ? Tu penses que je la connais, c'est la meilleure amie de Ruby, elles ont fait les 400 coups ensemble à la fac ! Une gamine adorable. Mais il y a une éternité que je ne l'ai pas vue. Je croyais qu'elle vivait à New-York. Alors, elle est de retour ? Où est-elle ?».

- « Pour l'instant, elle dort à l'arrière. Grosse Migraine ! » Expliqua brièvement Régina, amusée par l'emballement de son associée.

De temps en temps elles allaient à tour de rôle surveiller si la blonde avait besoin de quelque chose mais celle-ci était plongée dans un profond sommeil réparateur. Elle a l'air si fragile se dit Régina en regardant les traits pâles et les larges cernes bleutés qui descendaient sur les pommettes saillantes. Difficile de croire que c'est la même personne qui a maîtrisé le gars de tout à l'heure !

- « Elle n'a pas changé » murmura Granny sur son épaule. « Toujours aussi menue. Incroyable vu ce qu'elle est capable d'engloutir !» rajouta-t-elle en souriant avant qu'elles ne retournent toutes les deux à leurs autres patients.

Près de deux heures plus tard, Emma émergea de l'arrière-boutique, un peu déboussolée.

- «Ahhh, notre Belle au bois dormant est enfin réveillée » S'exclama Granny avec un franc sourire.

Reconnaissant la marraine de sa meilleure amie, Emma se jeta dans les bras que lui tendais celle-ci.

- « Granny, quel plaisir de vous revoir, comment allez-vous ? »

- « Visiblement mieux que toi si j'en crois ce qu'on m'a raconté. »

- « Mouais bof, c'est vrai que c'est pas terrible en ce moment mais ça passera ! »

- « Je te reconnais bien là, une vrai battante ! Alors comme ça tu es ma nouvelle voisine ?

D'un hochement de tête, la blonde confirma puis fit la grimace.

- « Fichue migraine, ça n'est pas encore tout à fait ça. Je vais rentrer finir de m'installer et me reposer, nous aurons l'occasion de nous revoir très bientôt je pense ».

- « Attendez Miss Swan, je vous raccompagne ! ». Régina qui observait leurs retrouvailles depuis quelques minutes s'approcha d'Emma :

- « Il est bientôt 6 heures et Henri, mon fils, ne va pas tarder à rentrer » ajouta-t-elle légèrement confuse devant le regard surpris de sa nouvelle voisine. « Et puis je m'en voudrai que vous fassiez un nouveau malaise en cours de route ».

Amusée par l'insistance maladroite de la brune, Emma sourit en guise d'accord.

- « Laissez-moi juste une minute le temps de quitter ma blouse. »

Tandis qu'elle repartait vers l'arrière de l'officine, Emma l'observa pour la première fois aujourd'hui et comprit pourquoi elle ne l'avait pas reconnue tout de suite. Madame Mills la pharmacienne n'avait pas grand-chose en commun avec la joggeuse rencontrée le vendredi précédent, pourtant déjà ravissante: perchée sur de hauts talons aiguilles, elle portait une jupe crayon gris sombre qui lui arrivait au-dessus du genou et un chemisier rose pâle cintré. Ses cheveux bruns étaient lissés dans un brushing impeccable. Alors qu'elle rejoignait Emma en enfilant une veste tailleur assortie à sa jupe qui soulignait sa silhouette élancée, la blonde termina son évaluation : les yeux noisette étaient habilement maquillés, on aurait dit que son regard pétillait et les lunettes à monture noire qu'elle portait lui donnaient un air sérieux-chic. Enfin, un magnifique sourire, souligné de rouge carmin, finissait de compléter le tableau. Un sourire ? La blonde réagit alors et secoua la tête en constatant que la brune la regardait avec insistance, amusée de la prendre en faute en train de la dévisager. Visiblement, elle se retenait de lui faire une réflexion et lui dit simplement en souriant plus encore:

- « On y va ? »

- « Je vous suis. »

En marchant le long de l'avenue, Emma réalisa combien elles étaient opposées : L'une brune, très classe, une vie bien établie, pharmacienne appréciée, heureuse mère de famille et visiblement riche, l'autre blonde, toujours habillée comme une étudiante malgré ses 35 ans, célibataire incasable et pour couronner le tout, un flic suspendu de ses fonctions et en cours de reconversion.

- « J'ai oublié de vous dire, la police passera ce soir vers 20 heures pour nous interroger. Comme vous n'étiez pas en état, j'ai pris la liberté de leur donner vos coordonnés ».

- « Vous avez bien fait, c'est normal. J'espère seulement qu'ils ne resteront pas trop longtemps. Je commence mon nouveau boulot demain matin. »

- « Vous êtes policière ? »

- « Oui et non ! On va dire que j'ai envie de changement. Je suis revenue sur Boston pour m'occuper d'enfants. »

Régina enviait la jeune femme. Granny avait dit d'elle que c'était une battante et le moins qu'elle puisse dire c'était que la démonstration de self défense qu'elle avait fait à la pharmacie l'avait impressionnée. Avec son blouson rouge et sa démarche assurée, elle ne semblait effectivement pas se laisser marcher sur les pieds. Alors pourquoi ce changement soudain et ce brusque repli sur Boston ? La jeune femme l'intriguait.

- « Avez-vous terminé de décharger vos affaires ? »

- « Non, comme je n'étais pas bien, j'ai juste monté le strict nécessaire. Il me reste encore la voiture à vider. »

- « Nous allons demander de l'aide à Archie et Will, ils auront vite fait à deux, donnez-moi les clés de votre voiture. »

- « Euh, c'est que la serrure de ma voiture est capricieuse, je crains de devoir descendre au garage pour l'ouvrir moi-même»

- « Et bien soit ! Nous y descendrons tous ensemble alors. »

En arrivant devant la Beetle jaune, Régina réprima un sourire : « C'est donc là votre voiture capricieuse ? » Emma ne dit rien et ébaucha un sourire navré. La voiture est aussi atypique que sa propriétaire…et elle semble elle aussi très fatiguée ! songea alors la brune mais elle ne dit mot pour ne pas vexer sa locataire.

Une fois sacs et cartons entassés dans l'ascenseur, les deux gardiens eurent tôt fait de décharger le tout dans le salon d'Emma. La brune rentra chez elle et Emma remercia chaleureusement les deux hommes avant de s'écrouler sur le canapé. Quelle journée !

Au bout de quelques minutes, elle sortit sur la terrasse pour prendre l'air avant de se remettre au rangement. Sa tête allait bien mieux maintenant grâce à la sollicitude de sa propriétaire qui, de plus, lui avait évité la corvée du transport des bagages.

- « Bonjour ! »

Emma se retourna et aperçut un petit brun souriant qui la regardait intrigué.

- « Bonjour gamin, tu dois être Henry, c'est cela ? »

- « Henry King-Mills et toi tu es qui ? »

- « Henry ! Cesse d'importuner Miss Swan s'il te plait. »

- « Laissez, il ne m'importune pas, nous faisions juste connaissance… » L'interrompit Emma « Je suis Emma, ta nouvelle voisine, enchantée de faire ta connaissance Henry King-Mills ! »

Le petit garçon sourit, très fier de lui.

- « Alors, tu vas habiter dans le bureau de mon papa ? »

- « Euh, je…euh… »

Voyant sa voisine mal à l'aise face à la question de son fils, Régina les rejoignit et se sentit obligée d'expliquer :

- « Mon mari utilisait votre chambre comme bureau quand les deux appartements étaient jumelés » puis, se tournant vers son fils, elle se baissa à son niveau, lui caressa tendrement la joue et ajouta : « Oui Miss Swan va habiter dans l'appartement à côté mais il ne faut pas la déranger. Tu ne dois pas aller chez elle comme tu le faisais avant avec Léopold. C'est chez elle maintenant. Plus chez toi. Tu as compris ? »

- «Oui M'man ».

-« Parfait ! Miss Swan, je suppose que vous n'avez rien préparé pour le repas. Que diriez-vous de partager le nôtre ? ».

- « C'est que je ne voudrai pas vous déranger. »

- « Vous ne nous dérangez pas et je vous dois bien ça ! Nous passerons à table dans 15 minutes, comme ça nous aurons fini et je pourrai coucher Henry avant le passage de vos collègues, cela ira ?»

Emma avait fini de ranger ses affaires. En fait, sa vie se résumait à pas grand-chose : deux valises, trois cartons, son ordinateur et son téléphone portable. Ce modeste bagage était bien représentatif de son histoire. Elle avait très peu d'attaches. Abandonnée à la naissance, elle avait grandi à l'orphelinat de Boston. Plusieurs fois, elle avait failli être adoptée mais la petite fille modèle qu'elle semblait être au premier regard était assez sauvage et ne s'acclimatait pas facilement.

Pourtant, une fois, elle avait trouvé une famille dans laquelle elle se sentait bien. Elle avait alors 6 ans. Chez les Booth, une famille d'accueil de Boston, elle s'épanouissait avec August, leur fils, à peine plus âgé qu'elle. Avec eux, elle avait passé deux années formidables. Malheureusement, un jour, les parents eurent un grave accident de voiture. Le père succomba sur le coup et la mère, grièvement blessée, ne lui survécut que quelques jours. Les deux enfants furent alors séparés, August allant vivre chez sa grand-mère à New-York et Emma retournant à l'Orphelinat.

Cela avait été terrible. Pendant les semaines qui suivirent, elle ne parla plus à personne. Seules les visites de son « frère » August la sortaient de son mutisme. Il venait une fois par mois avec sa grand-mère. Un jour, environs deux ans après le drame, les visites cessèrent sans explication et elle n'eut plus jamais de nouvelles d'August, pas même un appel ou une lettre... C'est à ce moment-là qu'elle commença à fuguer. Chaque fois, elle tentait de rallier New-York où elle recherchait son frère.

Elle finit par retrouver leur adresse mais la vieille dame et son petit-fils n'habitaient plus là et elle ne trouva personne pour la renseigner sur ce qu'ils étaient devenus. Elle cessa alors ses recherches mais continua à fuguer jusqu'à ce qu'elle rencontre Graham. Le policier avait alors pris la place de grand frère laissée vacante par August et Emma avait trouvé un nouvel équilibre auprès de sa famille qui l'avait en quelque sorte adoptée.

A part Graham puis plus tard Ruby, personne ne connaissait son histoire et les raisons qui la poussaient à être aussi méfiante envers les autres. Pendant leurs années à la fac, Ruby avait été d'un franc soutien pour Emma. Le hasard avait voulu qu'elles partagent leur chambre à la cité universitaire. Au premier abord, la grande brune un peu fofolle ne cadrait pas avec la blonde. En réalité, elles s'étaient découvert de nombreux points communs. Ruby avait perdu ses parents à l'adolescence et avait été recueillie par sa marraine. Comme Emma, elle souffrait de la solitude et de n'avoir pas eu de frères et sœurs. Les deux étudiantes devinrent vite inséparables jusqu'à ce qu'un soir, à l'occasion d'une soirée bien arrosée, leur complicité ne dérape. Le fait qu'elles aient couché ensemble fut toutefois vite oublié, d'un commun accord. Leur amitié était plus forte et quinze ans plus tard, leur attachement était toujours là malgré la distance.

Emma était perdue dans ses pensées quand Henry apparut à la fenêtre pour l'inviter à les rejoindre.

- « Emma, Tu viens ? Les lasagnes de maman sont prêtes ! »

- « Hmmm des lasagnes, je me lave les mains et j'arrive. »

Elle suivit alors le petit pour rejoindre l'appartement de ses voisins via la terrasse. Ils s'installèrent et mangèrent en échangeant d'abord des banalités sur l'école d'Henry. Puis celui-ci, curieux, posa plein de questions à la blonde. Il souhaitait savoir d'où elle venait, ce qu'elle venait faire à Boston, ce qu'elle aimait… Sa mère le tempéra un peu mais la blonde se faisait visiblement un plaisir de discuter avec lui, ce qui la fit sourire. Au grand soulagement de Régina, l'agression de l'après-midi ne fut pas abordée devant son fils. Elle ne souhaitait pas l'inquiéter inutilement. Au lieu de cela, ils parlèrent beaucoup de Boston, et rapidement la conversation s'orienta sur les bateaux, Emma ayant avoué à Henry que quand elle habitait Boston, elle adorait aller sur l'Esplanade pour regarder passer les diverses embarcations qui naviguaient dans la baie. Le petit était aux anges, les bateaux étaient également sa passion. Régina les observait amusée tandis qu'ils discutaient tous les deux. Miss Swan était vraiment une drôle de femme, tantôt forte, tantôt fragile. Et là, à la voir discuter avec Henri, un grand sourire aux lèvres, les yeux pétillant, elle lui fit penser à une adolescente…

Quel âge pouvait-elle avoir? Si elle a étudié avec Ruby, elle ne doit avoir que quelques années de moins que moi. En tout cas, je n'ai pas de soucis à me faire si je dois lui confier Henri, il semble l'avoir adoptée.

Réalisant que l'heure avançait, la maitresse de maison suggéra à son fils qu'il aille se préparer à aller au lit. Malgré quelques protestations de principe, celui-ci obéit et laissa les deux femmes seules.

- « Je vous remercie de ne pas avoir parlé de ce qui s'est passé aujourd'hui à la pharmacie ».

- « C'est normal, il est bien trop jeune, il sera confronté à la violence bien assez tôt, croyez-moi. »

La blonde avait repris un ton neutre, presque désabusé qui mit Régina mal à l'aise. Voyant que sa réponse un peu abrupte avait choqué son hôtesse, Emma rajouta :

- « Vous savez, dans mon métier, on voit de tout et la vie ne fait malheureusement pas de cadeau à beaucoup d'enfants… Alors autant préserver l'innocence d'Henry, il est tellement mignon ! »

Elle vit que son compliment avait fait mouche. La brune lui adressa alors un magnifique sourire, ce sourire qu'elle avait quand elle s'adressait à son fils… ce même sourire qu'elle lui avait adressé à elle, Emma, au moment de quitter la pharmacie.

- « J'ai cru comprendre que vous alliez désormais vous occuper d'enfants, visiblement vous êtes douée ! Je ne sais pas si Ruby vous l'a dit mais j'espérai pouvoir vous confier Henry de temps en temps… »

- « Oh oui, elle m'en a parlé. Ce sera avec grand plaisir. »

Elles se regardèrent en souriant puis Régina se leva pour débarrasser la table.

- « Attendez, je vais vous aider… »

- « Non reposez-vous, vous avez eu une journée difficile. »

- « Vous voulez rire, j'ai passé la moitié de mon temps à dormir…, vous par contre, quand avez-vous trouvé le temps de préparer ces délicieuses lasagnes ? »

- « Je ne travaille pas le lundi matin, j'en profite pour cuisiner, c'est une de mes passions »

- « En tout cas, je peux vous dire qu'elles étaient excellentes ! ». Régina voulait bien le croire, la jeune femme avait fait honneur à son plat et en avait même repris. « Vous êtes la Reine des Lasagnes ! » rajouta la blonde en souriant. Son hôtesse rougit et dut s'avouer qu'elle était très flattée du compliment, même s'il était un peu maladroit.

Elles finirent de tout ranger. Henry vint leur souhaiter bonne nuit et après une hésitation, il tendit les bras à Emma pour l'embrasser. Celle-ci se baissa pour lui rendre son câlin devant le regard attendri de sa voisine. L'enfant fila ensuite se coucher, suivi par sa mère.

- « Excusez-moi j'en ai pour deux minutes ».

Elle expliqua au petit qu'elle ne pouvait laisser Miss Swan seule le temps de lui lire une histoire. Le garçon acquiesça et se coucha sans broncher.

- « Eh bien, à n'en pas douter vous lui plaisez ! » dit-elle en revenant au salon.

- « Je fais souvent cet effet-là » dit la blonde en prenant un air convenu. Puis, devant l'air interdit de sa propriétaire, elle se ravisa. « Euh, je plaisantais, excusez-moi. Ce n'est pas ce que j'ai… Pffff, voilà ce que c'est que de vivre dans un poste de police : on développe un humour pas toujours très fin… désolée ! »

Régina la regardait s'empêtrer dans ses excuses. Elle ne doutait pas que la belle blonde devait faire des ravages autour d'elle mais elle avait été surprise du ton employé.

A ce moment-là la sonnette de l'interphone retentit : les policiers venaient les interroger.

- « Bonsoir Madame Mills, Inspecteur Blake. Voici mon collègue Harris qui va aller voir votre voisine. Pouvez-vous lui indiquer son appartement ? Elle ne répond pas à l'interphone. »

- « C'est normal elle est ici, entrez Messieurs. »

Ils rejoignirent Emma au salon. Celle-ci se leva pour accueillir ses collègues.

- « Bonsoir Messieurs »

- « Ainsi donc, voici le fameux Inspecteur Swan du NYPD ! » Dit le premier avec un grand sourire « Ce voyou de Peter n'avait aucune chance de s'en tirer avec vous! ».

La brune regardait sa voisine l'air interrogateur. Celle-ci semblait gênée, elle ne comprenait pas pourquoi.

- « Emma Swan, tout simplement s'il vous plait. J'ai été suspendue de mes fonctions, je ne suis donc plus inspecteur. »

- « Oui j'ai eu votre supérieur, l'inspecteur Humbert, il m'a expliqué comment vous lui avez réglé son compte à ce salaud ! »

Quel lourdaud ! se dit la blonde qui ne voulait pas évoquer l'affaire Mendell devant la pharmacienne de peur de la choquer.

- « Inspecteur, venons-en aux faits de ce jour vous voulez bien, je commence un nouveau job demain matin, je ne voudrai pas trop tarder, et je pense que vous non plus… »

- « Euh oui, oui… » S'étouffa presque le policier, vexé de s'être fait remettre en place par la blonde. Puis reprenant confiance, il s'adressa aux deux femmes : « Nous allons vous interroger séparément. Ce n'est qu'une formalité vu les circonstances ». Ils se séparèrent donc.

Une demi-heure plus tard, Harris et Emma rejoignirent les deux autres et les policiers prirent enfin congé.

- « Bonsoir Mesdames, merci pour vos témoignages et encore bravo Insp…, euh, … Miss Swan pour votre intervention. J'espère que Peter ne portera pas plainte pour violence à son encontre » rajouta Blake avec un petit sourire en coin. Visiblement il était très fier de sa petite vengeance…

Quand ils furent partis, Emma remercia une fois de plus sa propriétaire et prit congé. Demain sa nouvelle vie à Boston commençait ! Une fois couchée, elle eut du mal à trouver le sommeil. Elle revoyait sa journée et les yeux noisette revenaient sans cesse la hanter.

De son côté, Régina Mills passa une fin de soirée agréable. Quand elle eut fini de ranger, elle s'accorda un bain moussant et se détendit. Elle avait un sourire rivé sur ses lèvres en pensant combien elle avait bien fait de se décider à louer l'appartement voisin.


Et voilà ce sera tout pour aujourd'hui. La semaine prochaine, le quotidien s'installe maintenant que tous les personnages (enfin presque tous) sont entrés en piste.

Un grand merci à celles qui ont posté des reviews. Il y a peut-être quelques lecteurs mais ils sont très discrets ^^). Merci pour vos remarques et encouragements. Sachez que je réponds systématiquement en PM quand je le peux mais je voulais en particulier remercier ici la guest qui me suit depuis le chapitre un et m'envoie chaque semaine une sympathique review. Miss « Des bises » se reconnaitra sûrement ).

A bientôt et continuez à m'envoyer vos remarques et commentaires. Z.