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Ton seul crime a été de m'aimer
Chapitre 4 : L'amour fait des miracles, encore suffit-il d'aimerEdward Cullen reposa le shampoing à sa place après s'en être préalablement servi, mais il resta bloqué devant le pauvre tube en plastique. Il l'avait posé à l'endroit, bouchon vers le haut et il s'en maudissait intérieurement. Mais, il ne pouvait pas se résoudre à le remettre à l'envers. Cela aurait prouvé à quel point Bella avait causé des changements en lui.
C'était elle qui lui disait toujours de le remettre à l'envers, soit disant parce que le shampoing glissait ainsi plus facilement vers le bouchon. Elle voyait toujours le côté pratique des choses, c'était une femme et c'était pour ça qu'il l'aimait.
Au bout d'un long instant de réflexion, il décida de remettre le tube à l'envers. Même s'il détestait devoir suivre les conseils de sa femme, il le fit. Il ne pouvait pas nier qu'elle avait raison.
Il sortit de la douche cinq minutes plus tard avec seulement une serviette autour de la taille et les cheveux encore dégoulinant d'eau qui lui donnait un air sexy, mais personne n'était là pour le constater.
Comme à son habitude, Edward s'habilla négligemment d'un tee-shirt blanc qui moulait ses muscles, un pantalon troué au genou gauche et sa veste en cuir qui lui donnait cet air de rebelle . Et il aimait ça. Car même s'il ne s'habillait pas de la sorte pour impressionner les filles, elles fondaient toutes. Et Bella n'avait pas été une exception.
Mais ce soir-là, il avait un autre but en tête. Au lieu d'écumer les bars à chercher un semblant de réconfort ou recoller les morceaux brisées de son âme, il voulait prouver à son épouse qu'il était redevenu celui qu'il avait été. Une mauvaise fréquentation. Il semblait faire une fixation sur ce détail mais c'était important pour lui. Il n'était plus le gentil lion en peluche mais le sanglant prédateur.
Dix minutes plus tard, il se retrouva devant le petit appartement d'Alice. Il n'était ni en avance, ni en retard; il n'y avait jamais eu d'heure pour arriver à ces fêtes de pacotille. Il avait roulé très vite mais la vitesse était une distraction pour lui. Il aimait sentir le vent dans ses cheveux auburn, l'adrénaline parcourir son corps, sentir son cœur battre frénétiquement… Il aimait la liberté. C'était tout ce dont il avait besoin, sentir la vitesse à travers son corps. Ainsi pendant quelques secondes, il se sentait mieux, il était détendu et sa tête ne fourmillait plus comme elle le faisait habituellement. Tout était beaucoup plus clair dans son esprit.
Sa moto ne passa pas inaperçu. Un groupe de garçon avait été ébloui par l'engin, si peu commun. Ils s'imaginèrent déjà tous chevauchant l'engin, regardant avec un air supérieur toute personne ayant le malheur de croiser leur regard arrogant, mais malheureusement, Edward Cullen ne partageait pas ce qui lui appartenait. Il y tenait trop pour laisser un groupe de lycéen boutonneux toucher à sa moto.
Lui aussi se fit remarquer par un groupe de fille qui ne cessait de lui ruiner les oreilles à force de hurler. Leurs cris s'étaient estompés quand l'homme au cheveux bronze s'était approché d'elles, mais à la vérité, il n'avait pas eu le choix s'il voulait entrer dans le petit appartement convivial de son amie. À peine était-il entré que quelqu'un avait sauté dans ses bras. Il ne cessait d'être impressionné chaque jour par l'hospitalité dont faisait preuve Alice envers toute personne ayant la chance de croiser son chemin. Elle savait mettre n'importe qui à l'aise dans les plus brèfs délais.
Viens, on est là. L'encouragea-t-elle en désignant des gens qu'il ne voyait pas.
Il espérait simplement qu'elle ne serait pas là alors pour s'en assurer, il tendait encore un peu plus le cou pour apercevoir ceux qui avait été ses amis mais il ne récoltait qu'un torticolis, car ils étaient cachés par une foule de buveurs.
Il se laissa entrainer par son amie qui le dirigea vers le canapé. Il commençait à distinguer la silhouette imposante du grand gaillard qu'était Emmett, debout là où il se souvenait qu'un canapé avait trôné et lui, il semblait s'amuser dans ce brouhaha infernal.
À mesure qu'il s'approchait d'eux, une boule commençait à faire rage dans son estomac. Il fut étonné de ressentir du trac, un sentiment qu'il n'avait éprouvé qu'avec Bella. Le jour où il lui avait demandé d'aller au cinéma la première fois, celui où ils avaient eu leur premier rencard, la fois où il lui avait proposé d'emménager avec lui, celle où il lui avait demandé de l'épouser …
Il se trouva idiot de ressentir ça, il n'avait aucun compte à lui rendre. Elle était partie intégrante de son passé et c'était là où était sa place. Alors, il tentait d'aller de l'avant et de se rendre jusqu'au canapé rempli de gobelet, sûr de lui.
– Il est venu. Se réjouissait Alice pour attirer l'attention de ses amis.
Ils se retournèrent tous pour les regarder. Et bien sûr, elle était là, confortablement installé dans le canapé beige, les jambes croisées avec un soda à la main. Elle semblait parfaitement à sa place, ici, si bien qu'il se demanda s'il était réellement judicieux de rester là. Il secoua plusieurs fois la tête pour se ressaisir. Ce n'était pas parce qu'elle était là qu'il devait quitter les lieux ! Il était ici autant à sa place que n'importe qui d'autre. Autant qu'elle, si ce n'est é eux, le groupe d'ami resta un instant à fixer la nouvelle venue. C'était si rare de le voir. Il passait son temps ils ne savaient où …
Celui-ci ne fut guère gêné de les voir le lorgner ainsi. C'était un bad-boy, le regard des autres ne le dérangeait pas. Il n'avait connu qu'une exception dans sa vie, c'était elle. Ses yeux chocolat si expressifs qu'il aimait tant regarder mais qu'il détestait décevoir. Or ce soir-là, elle s'entêtait à fuir ses yeux alors il ne put pas voir la déception peindre les prunelles de sa jeune femme, et il en fut heureux.
Elle, elle ne voulait pas avoir à supporter le regard dure de son mari, celui qu'elle avait aperçu le matin même. C'était trop dur pour elle. Ses magnifiques yeux verts était si perçants qu'elle avait eu l'impression qu'ils transperçaient son corps de part en part. Mais le regard de leur ami ne quittait pas le jeune homme alors, celui-ci ne prit pas le risque de fixer à son tour Bella. Il ne fallait pas qu'il montre aux autres l'importante place dont il tentait désespérément de détrôner son épouse.
– Edward, mon pote, ça fait longtemps. Cria tout d'un coup Emmett en lui donnant une tape virile dans le dos.
Celui-là avait toujours tendance à détendre l'atmosphère sans s'en rendre compte, comme un petit enfant. Mais contrairement à son esprit et ses états d'âmes, le corps d'Emmett avait grandi avec l'âge et sa force avait décuplé. Aujourd'hui, il tenait une poigne d'enfer et la gentille tape qui se voulait indolore s'était transformée en une frappe douloureuse qui empêcherait n'importe quelle personne de respirer quelques secondes.
Pourtant, Edward ne dit rien, il ne se plaignit pas, ne fit pas de remarque et son visage resta impassible. Aucune trace de douleur ne se fit jamais ressentir sur ses traits. Contrairement à un autre homme, cela lui était habituel, les coups de couteaux et les bleus étaient la famille avec laquelle il avait grandi. Il aurait pu recevoir une balle dans le tibia, il aurait souffert le martyr certes, mais jamais aucun cri, ni aucune plainte n'aurait franchi ses lèvres.
– Un type comme moi ne pouvait pas rester dans l'ombre trop longtemps. Plaisanta l'intéressé d'un air désinvolte.
Edward avait l'habitude de faire des remarques dans ce genre. Certains pensaient que cela faisait de lui un type arrogant qui se croyait indispensable, les autres trouvaient que cela rajoutait à son charme. La deuxième catégorie était beaucoup plus importante que la première, supporté par des fans-club féminin.
Ses amis eurent l'air de faire partie de la deuxième catégorie. La bonne humeur les envahissait déjà. Il avait l'impression qu'il venait de récupérer leur amitié, comme si le trimestre dernier n'avait jamais eu lieu. Mais ce n'était pas le cas, la douleur était là pour lui rappeler que tout cela était bien réel, qu'il ne s'agissait pas d'un de ses cauchemar dont il allait se réveiller suffocant et transpirant, et surtout, que Bella ne serait pas là pour apaiser son malaise. Mais la douleur, elle, se chargeait de l'accueillir. Et elle ne le quittait jamais.
Il aperçut même le sourire gêné de Bella, ses yeux le fuyaient et semblaient trouver le parquet passionnant, mais ses lèvres s'étaient adorablement étirées en un sourire qu'elle ne réussissait pas à effacer de son visage.
Content de te revoir, mon pote. Lui dit Jasper en lui serrant la main.
Quelle ne fut pas sa surprise quand Rosalie se leva pour le prendre dans ses bras. Leur relation s'était arrêté à la simple bise en guise de bonjour et d'un « au revoir » au moment de partir. Mais jamais ils ne s'étaient retrouvés aussi prêt, jamais elle ne l'avait prit ses bras de cette manière.
Beaucoup de chose avait changé.
Je suis contente que tu sois là … tu m'as manqué. Lui chuchota-t-elle au creux de l'oreille. Je serais toujours là pour toi, tu peux me demander ce que tu veux … même un catch dans la boue avec ton ex.
… vraiment beaucoup de chose.
Si elle n'était pas avec Emmett, il aurait cru qu'elle le draguait. C'était très étrange pour lui, il la considérait comme une sœur. Une demi-sœur plutôt. Elle aussi le voyait ainsi, pour elle c'était son petit frère. Si elle avait été logique, elle l'aurait considéré comme un grand frère. Mais le caractère de la jeune femme avait joué en la faveur du petit surnom. Elle était loin d'imaginer le passé de son frangin. Elle l'avait rencontré à une époque où Edward Cullen était quelqu'un de bien, à l'époque où il était sur le point de se marier avec Bella.
Ils s'étaient rencontrés deux ans auparavant. Un soir où Edward était sorti chercher de la crème glacée pour Bella. La pauvre, elle n'avait jamais vu la couleur de sa glace à la vanille. À la place, son petit-ami lui avait ramené une grande blonde bouleversée. Edward avait entendu les cris de Rosalie et s'était précipité vers l'endroit d'où ils provenaient. Celle-ci se serait faite violée sans l'intervention de son sauveur. Royce King, son petit ami de l'époque, avait trop bu ce soir là et avait failli commettre un acte impardonnable. Edward avait ramené la jeune femme dans l'appartement qu'il partageait avec Bella. Ils avait passés la nuit tous les trois, dans une atmosphère qui était loin de celle qu'Edward avait prévue de passer avec sa femme. Lui, il se faisait recoudre l'arcade sourcilière par sa futur femme et elle, elle ne parvenait pas à se remettre du choc.
Depuis ce jour, ils étaient devenu amis mais ne jamais aucune démonstration affective. Ils s'entraidaient, se disaient bonjour, au revoir et cela s'arrêtait là.
Rosalie était une femme qui ne faisait pas facilement confiance mais elle avait fait une exception avec Edward qui lui avait sauvé la vie. Elle ne montrait pas non-plus ses sentiments et même si elle avait été absente ces trois derniers mois et qu'elle ne lui avait jamais exprimé son soutien, elle n'en pensait pas moins. Il pouvait lui demander de jeter son verre sur Bella, elle le ferait. Il pourrait lui demander de causer une bagarre, elle le ferait. Elle aurait fait n'importe quoi pour son vieil ami, le seul frère de cœur qu'elle avait.
Les journées à l'appartement que partageait Alice et Rosalie ne devaient pas être de joyeuses pour Bella, car si Rosalie avait du mal à montrer ses sentiments et à se confier aux autres, ce n'était pas le cas pour montrer sa colère ou sa haine.
Et elle lui en voulait. Pour Edward.
Toutefois, la proposition de sa demi-sœur ne fut pas ce qui le surpris le plus. Il avait tout de suite remarqué l'utilisation de « ton ex ». Or il avait du mal à l'imprimer dans ses pensées. Pour lui, elle était sa femme tendre et douce, celle qu'il aimait passionnément et qui malgré cela, l'avait trahi.
Tout d'un coup, la proposition de la blonde lui plût. Il imaginait déjà sa petite brunette et la blonde se battre dans la boue et un sourire apparu sur son visage contre son gré.
Tu me connais. Je suis un gentleman, je ne touche pas aux femmes. S'il le faut, je ferais appel à toi. Lui chuchota-t-il en retour.
Elle parut satisfaite de sa réponse car elle retourna s'asseoir à l'endroit où elle se tenait précédemment. Leur petit échange ne passa pas inaperçu aux yeux de Bella qui fut jalouse malgré elle. Elle aurait tellement voulu être à la place de Rosalie et pouvoir susurrer des mots doux à l'oreille de celui qu'elle aimait pendant qu'elle aurait passé ses mains dans son indomptable tignasse.
Un éclair de tristesse passa sur son visage pendant quelques secondes avant qu'il ne redevienne aussi impassible qu'elle le pouvait. Mais elle avait toujours été une piètre comédienne et Edward eut le temps de reconnaître ce sentiment, il l'avait tellement vu peint sur son visage à l'époque où ils s'étaient rencontrés et où des filles trainaient un peu trop près de lui, jusqu'à ce que celui-ci ne l'invite et la rassure : elle était la seule qu'il voyait et qu'il ne verrait jamais. Il aurait pu reconnaître cette expression entre mille, c'était de la jalousie peut-être mêlée à de la tristesse. Oui, une infinie tristesse. Elle était simplement triste de ne plus être « la seule qu'il la voyait et ne verrait jamais » . Elle n'était désormais plus qu'une parmi tant d'autre, mais contrairement aux autres, elle avait déjà laissé passer sa chance.
Bien que cela lui arracha presque la bouche, il se força à la regarder droit dans les yeux et à lui faire un sourire sournois encore plus grand pour lui faire comprendre qu'il prenait un malin plaisir à lui faire du mal. Il fallait qu'elle souffre autant que lui avait souffert, c'était la loi dans laquelle il avait grandi.
Alors Edward, t'as fait quoi pendant tous ce temps ? Le questionna innocemment Emmett.
L'innocent ne savait pas que ce soir-là, Edward allait tout faire pour blesser Bella, de quelque manière que ce fut. Il fallait qu'elle comprenne ce qu'était la douleur avant qu'il n'est plus la force de la combattre. Il sentait déjà son corps l'appeler, ses yeux se river aux siens sans qu'il puisse y faire quelque chose, elle l'appelait par toutes les façons possibles. Il avait même l'impression que son esprit était relié au sien, comme s'il pouvait décrypter tout ce qui passait sur son visage. Mais c'était parce qu'il la connaissait si bien …
Tout un tas de chose. Répondit-il énigmatiquement.
De cette façon, il la laissait imaginer les pires situations possibles mais il comptait bien y aller pas à pas. Il voulait voir son « ex » déglutir quand elle entendrait toutes ces choses.
Mais encore ? Tu as fait quelque chose que tu regrettes ? Tu peux me le dire, je ne le dirais à personne. Tu peux me faire confiance. Lui dit l'ours avec un clin d'œil.
Bien au contraire, Edward ne voulait pas que son ami garde ça pour lui. Il voulait que Bella entende et qu'elle se sente coupable de ce qui était arrivé à son mari par sa faute au point qu'elle ne puisse plus en dormir.
Non, rien que l'ancien Edward n'aurait pas fait. J'en avais mare de ma Volvo alors je l'ai échanger contre une moto … Commença Edward.
Il n'y avait que Bella qui pouvait comprendre le véritable sens de ses paroles. Ce n'était pas une simple histoire de voiture ou de moto. C'était une histoire d'amour qui tombait en miette. L'ancien Edward n'était pas le Edward qui aimait sa petite-amie et qui l'avait demandé en mariage, c'était le Edward auquel on ne pouvait pas faire confiance, celui qui ne connaissait ni l'amitié ni l'amour, celui d'avant leur rencontre.
Les autres ne pouvaient pas comprendre le sous-entendu, ils ne l'avaient pas connu à cet époque. Et il avait suffisamment changé pour que le Edward passionnément amoureux puisse être l'ancien Edward. Dans les deux cas, Bella en souffrait.
Puis, il y avait l'histoire de la Volvo. Bella ne l'avait pas choisie chez le concessionnaire mais c'était elle qui l'avait supplié et convaincu d'acheter une voiture. Leur vie était devenu trop difficile avec une moto, alors il lui avait cédé. Ensuite, ils y avaient passé des moments inoubliables. Comme le jour où ils s'y étaient embrassés devant la chambre universitaire de Bella, ou bien celui où il l'avait emmenée faire une ballade parce qu'elle ne trouvait pas le sommeil, ou encore cette fois où ils y avait même fait l'amour. Sur la banquette arrière. Ce sentiment avait toujours régner dans l'habitacle.
Tous ces souvenirs étaient réduit à néant, la Volvo n'était plus. Il le savait, elle le savait et il l'avait fait exprès. Il avait acheté une moto, mais pas n'importe laquelle. C'était la moto qui avait bercé son adolescence, celle qu'il avait eu lorsqu'il en avait eu l'âge et elle représentait la liberté de chacun avant d'avoir un poids mort, ce que Bella pensait être pour son futur ex-mari. Elle était même étonné qu'il n'ait pas encore demandé le divorce.
Je pourrais l'essayer ? Intervint soudain Jasper.
C'était un amateur de sensation forte et chaque nouvelle moto passait la plupart du temps entre ses mains expertes. Edward avait confiance en lui; ça ne lui posait pas de problème de prêter sa bécane à un de ses amis. Mais il aurait aimé enfoncer encore un peu plus le clou qui servait à attrister sa chère et tendre. Ce n'était pas grave, elle souffrirait plus tard. C'était une femme sensible et par conséquent, elle était très fragile lorsqu'il s'agissait des opinions des gens qu'elle aimait, Edward le savait. Et il en jouait.
Bien sûr. Si tu veux on peut y aller ce soir. Annonça-t-il.
Jasper eut l'air surpris mais heureux, néanmoins. Edward savait qu'après l'amateur de sensation forte, la blonde bricolo voudrait essayer son engin, et ensuite se serait au tour du petit ami jaloux à la carrure d'ours qui voudrait prouver à son épouse que lui aussi en était capable …
Il n'y avait qu'une personne qui ne voudrait pas y monter. Bella n'avait jamais été à l'aise avec ces engins. Elle n'en avait jamais fait avant de rencontrer Edward et même après, elle n'en avait jamais fait seule. Les seules fois où elle était monté dessus, son mari l'avait accompagné et elle s'y était accroché comme une démente. Et le mari sadique s'en souvenait …
C'est vrai ? On peut y aller maintenant ? S'anima Jasper.
Le propriétaire de la moto acquiesça. Il préférait que ses amis soit sobre pour monter sur sa précieuse bécane, il y tenait trop pour risquer qu'une personne de son entourage, aussi importante soit-elle, la conduise avec ne serait-ce qu'avec un gramme d'alcool dans le sang.
Comme il l'avait prévu, ils partirent tous vers l'extérieur pour aller y jeter un coup d'œil. Bella ne savait pas si elle devait les suivre, peut-être que son mari ne voulait pas la voir, mais quand Alice commença à lui tirer le bras, elle sut que ce n'était pas la peine de résister.
Le groupe soudé qu'ils avaient autrefois formé semblait s'être déchiré en deux morceaux. D'un côté, il y avait Edward, le mari éploré, et Rosalie, celle qu'il ne valait mieux pas avoir sur le dos. De l'autre, il y avait Bella soutenue par la pauvre Alice qui était tiraillée entre ses deux amies, mais qui tentait néanmoins de mettre Bella à l'aise. Jasper et Emmett étaient entre les deux camps, comme s'ils ne voyaient pas le conflit qui les opposaient – ou du moins, ils faisaient comme s'il n'y avait aucun conflit et que le groupe d'amis inséparable dont ils faisaient autrefois partis, existait toujours malgré les épreuves.
Le groupe de garçon qui avait lorgné la bécane d'Edward à son arrivée semblait s'être considérablement approché de l'engin. Ils la regardaient sous toutes les coutures. Son propriétaire aurait pu se montrer flatté. Mais ce ne fut pas le cas d'Edward. Il était juste ennuyé.
Les gamins eurent de la chance que ce soit le tempérament de feu de Rosalie qui les chasse parce qu'il n'était vraiment pas d'humeur à perdre du temps avec ces imbécilités.
La jeune femme avait augmenté son allure et elle était bientôt arrivé jusqu'aux garçons, personne n'était assez prêt pour comprendre ce qu'elle leur disait mais cela eut l'air de fonctionné car le groupe apeuré lança vivement un regard vers Edward, qui semblait avoir du mal à retenir sa colère. Leur échange visuel ne dura pas longtemps. À peine les jeunes gens eurent-ils croisé le regard du rouquin qu'ils détournèrent la tête et partirent pratiquement en courant.
Je commence. Déclara le jeune blond.
Celui-ci monta sur l'engin, alluma les phares, et démarra. Il partit doucement au début, histoire de chauffer le moteur puis petit à petit augmenta sa vitesse mais il n'alla jamais aussi vite qu'il l'aurait voulu. La nuit était un obstacle de taille et il ne voulait pas prendre le risque de faire un accident de la route. Son ami ne lui aurait jamais pardonné d'avoir égratigné son bébé.
Il donna sa place à sa sœur mécano un quart d'heure plus tard. Celle-ci aussi semblait bien s'amuser, même si Edward l'avait obligée à mettre un casque. Puis, ce fut le tour d'Emmett qui était un peu moins expérimenté … Alice eut même le droit à une ballade avec son amoureux.
Au moment où celle-ci était parti, la boule qui bloquait l'estomac de Bella avait été considérablement augmenter par le stress. Elle se retrouvait seule avec un mari qui la détestait, la blonde qui voulait lui casser le nez et un costaud qui ne semblait pas se rendre compte de la situation.
Cependant, elle fut contente de sa présence. Emmett l'avait toujours considérée comme sa petite sœur et il n'avait jamais laissé personne lui faire du mal. Elle craignait simplement qu'il fasse une exception pour sa femme et son meilleur ami.
Edward se réjouissait de la situation. Il voyait bien que son épouse ne bougeait plus. Il était sûr que s'il lui adressait la parole, sa voix resterait coincée dans sa gorge et que seul un flot de bégaiements incompréhensifs sortirait de ses douces lèvres. Mais il n'en fit pas l'expérience et ne la mit pas plus mal à l'aise qu'elle ne l'était déjà. Mais il ne fit rien non plus pour la détendre, se contentant de la fixer avec un regard de tueur.
Elle, elle sentait bien le regard brûlant de son époux mais elle n'était pas certaine que c'était un regard appréciateur, elle craignait de ne lui inspirer que du dégout. Il n'y avait plus qu'eux deux : lui et elle, elle et lui.
Emmett semblait détourner l'attention de Rosalie par ses blagues salaces. C'était comme si elle venait de se débarrasser d'un ennemi et d'un allié en même temps. Il ne lui restait plus qu'à combattre le regard de son ancien amant. Elle savait que ce n'était pas lui-même qu'elle devait vaincre mais une partie de lui seulement.
C'était la même fierté qui recouvrait d'un voile le magnifique visage de son mari, celle qu'elle avait vaincue trois ans auparavant et dont elle n'avait plus entendu parler par la suite. Elle revoyait dans les yeux de son époux l'homme qu'il avait été avant qu'il ne change. Pour elle. Mais cette fois-ci, il ne semblait plus vouloir devenir un homme bon. Il ne faisait plus aucun effort pour et elle savait qu'il allait tout faire pour qu'elle abandonne de le remettre un jour dans le droit chemin.
La tâche s'annonçait ardue, mais l'idée de renoncer ne lui vint même pas à l'esprit.
Ils ne se dirent aucun mots durant l'absence de Jasper et Alice, mais l'air était tendu. Chaque geste que faisait l'un dérangeait l'autre, si l'un avait la malchance de soupirer l'autre lui faisait bien comprendre de ne pas montrer son ennui. Et bizarrement, l'un et l'autre était toujours les mêmes personnes. L'un était la femme qu'était Bella et l'autre n'était autre que l'homme inhospitalier qu'avait été et qu'était redevenu Edward.
Lorsque la moto revint enfin avec son conducteur et son passager, Bella fut énormément soulagée. L'air recommençait enfin à passer normalement dans ses poumons et la boule de son estomac s'estompait. Il ne lui restait plus qu'à convaincre Alice de retourner à la fête pour ne plus avoir à supporter son mari.
Cependant, son soulagement fut de courte durée.
Bella, tu veux faire un tour ? Lui demanda Rosalie faussement intéressée.
La jeune femme s'arrêta net de respirer. Elle avait cru que la torture était terminée, mais c'était loin d'être le cas. Bella était la seule à ne pas être montée sur l'engin et elle nourrissait un peur profonde. Et Rosalie se réjouissait de la situation.
Je ne préfère pas. Répondit calmement la jeune femme.
Elle savait que sa réponse était faible comparée à la phrase qu'elle aurait voulu prononcer dignement. Mais elle espérait que sa « rivale » se contenterait de sa réponse et la laisserait ainsi tranquille.
Pourquoi ? Si tu ne sais pas en faire, ce n'est pas grave. Tu peux aller derrière quelqu'un, comme Alice. Proposa la blonde avec un air faussement amical.
Derrière ce masque d'amitié feinte, Rosalie bouillonait. Elle savait qu'elle n'allait pas juste contrarier Bella mais qu'elle allait aussi faire le bonheur d'Edward.
Bella savait qu'elle n'avait plus le choix. Elle ne pouvait pas refuser, tout le monde se poserait des questions. Elle était certaine que Rosalie refuserait de lui servir de conducteur mais la seule chose qu'elle voulait, c'était qu'elle ne se retrouve pas seule avec son apollon sur l'engin mortel.
Je suis désolée Bella mais je ne sais pas conduire ces engins. S'excusa Alice qui tremblait depuis plusieurs minutes déjà. Je rentre, j'ai froid. Annonça-t-elle plus fort pour tous.
Alice fut vite suivie par Jasper. Bien que ce fut totalement légitime que de vouloir accompagner sa fiancée, Bella l'insulta mentalement de tous les noms qui traversèrent son esprit, bien qu'ils furent réduis. Il n'était plus que quatre, dont deux qui la lorgnait des yeux. Emmett était son dernier espoir et s'il refusait et la rejetait, elle n'était pas certaine de pouvoir conserver son masque d'impassibilité et de douceur. Elle craignait de sentir ses lèvres se déformer en un rictus malheureux et les larmes couler de ses yeux.
Elle pencha sa tête vers le bas et haussa un sourcil tout en le fixant pour le lui demander. Malheureusement, le jeune homme manquait cruellement d'expérience en la matière et même s'il pouvait conduire à une certaine vitesse, il se sentait incapable d'avoir un passager. La moto irait bien trop vite dans le décor.
Je suis pas sûr … la dernière fois que j'ai essayé avec un passager, Rosie a dû aller se faire recoudre … bredouilla son ami.
Elle trouvait étonnant qu'un type à la carrure d'ours se plante avec un poids plume, mais Alice lui en avait parler dans une de ses lettres. Alors, elle ne douta pas de sa sincérité.
Elle savait déjà que Rosalie refuserait avec un sourire démoniaque. Celle-ci aurait pris un malin plaisir à lui inventer une excuse bidon qui lui laissait clairement entendre qu'elle n'était pas la bienvenue.
Bella imaginait déjà son mari qui sautillait intérieurement de sa victoire. Elle allait être obligé de lui demander de l'aide, de se plier à ses règles mais ce n'était qu'une humiliation parmi toutes celles qui allaient suivre. Elle le savait.
Alors qu'elle se préparait mentalement à faire un pas vers son époux, celui-ci vint à sa rescousse.
Si tu veux, je t'emmène. Proposa-t-il en vrai gentleman.
Elle fut plus qu'étonné par son intervention, mais elle ne fit aucun commentaire. Elle aurait pensé qu'il aurait profité de la situation pour la rendre plus mal à l'aise mais jamais, elle n'aurait jamais osé penser qu'elle aurait le droit à un retournement de ses états d'âmes.
Elle était heureuse qu'il le propose alors elle acquiesça même si le stress reprenait le dessus sur son corps. Il devait y avoir une raison valable à cette soudaine gentillesse.
De son côté, Edward avait mené une lutte intérieur. Une partie de lui, la mauvaise, désirait la laisser patauger comme elle l'avait fait pataugé. Mais la meilleure parti de lui voyait toujours en elle la jeune femme qu'il aimait passionnément et qu'il voulait à tout prix protéger.
Il lui fallait faire un choix, le bonheur ou la souffrance. Le bonheur avait disparu en même temps que Bella à Boston et la souffrance s'était alors incrusté dans ses pores. Pourtant, une partie de l'amour qu'il ressentait encore pour elle tenait éloigné la souffrance qu'il voulait lui inculquer.
Le mauvais côté de lui-même était vaincu par l'amour qu'il éprouvait pour sa femme. Il se souvenait de tous les bons moments qu'ils avaient passés ensembles et alors, il refusait de la voir comme la manipulatrice des sentiments pour laquelle il voulait la faire passer dans son esprit.
Le bon côté de lui-même était vaincu par la douleur, celle qu'il avait ressenti lors de son abandon. Il la ressentait encore et cela penchait la balance vers le mauvais côté.
Malgré tout, quand il posa les yeux sur elle, toutes ses réflexions disparurent pour qu'il ne voit plus que la créature fragile qu'il avait sous le yeux.
Le jeune homme donna un casque à sa future passagère et enleva la béquille de sa moto. Même s'il n'en portait pas lui même, il n'était pas fou au point de risquer la vie de son ancienne amante. Il monta sur l'engin puis lui fit signe de monter derrière lui. La jeune femme y arriva avec un peu de difficultés, heureusement qu'Edward tenait fermement la moto pour ne pas qu'elle tombe d'un côté ou d'un autre.
Accroche-toi bien. Ordonna-t-il comme Bella ne le tenait pas par la taille.
Il n'eut pas besoin de lui dire. Ils avaient déjà fait de la moto ensembles et il lui avait expliquer qu'il fallait qu'elle se tienne à lui par la taille. Seulement, la jeune femme était légèrement gênée et elle ne voulait pas lui imposer son toucher. Mais apparemment, la question ne se posait pas. Elle n'avait pas le choix.
Edward fit ronronner le moteur en appuyant sur l'accélérateur mais la moto n'avançait pas. Ce qui effrayait encore plus Bella, c'était comme s'il se préparait à aller à fond et qu'il le lui faisait savoir. Néanmoins, il n'accéléra pas d'un coup pour le plus grand plaisir de Bella. Elle avait eu peur de tomber de l'engin par derrière s'il accélérait vivement.
Edward trouvait cette occasion superbe pour effrayer un peu sa femme. Il se disait que quoi qu'il fasse de toute façon, ce ne serait rien comparé à ce qu'elle lui avait fait, mais il se réjouissait quand même. Il allait lui montrer ce que c'était un homme un vrai, et pas cette mauviette de Jacob.
Il ne savait alors pas qu'il ne s'était rien passé entre son épouse et lui. Elle était partie pour sa carrière et rien d'autre. Malgré tout, un doute subsistait dans l'esprit de son mari torturé.
Elle n'était pas au bout de ses peines, car la ballade était loin d'être terminée.
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