Salut, salut!

Me revoilà pour un nouveau chapitre, désolée pour le délai, mais mon ordinateur me lâche en ce moment, du genre refus de charger ou même de démarrer...

Bref, je profite de l'ordinateur familial pour vous mettre en ligne ce nouveau chapitre, j'espère que vous allez aimer!

On se voit en bas!


#4

John souriait tranquillement, les yeux mi-clos, tandis que Sherlock posait le plateau repas sur la table. Une fois chose faite, ce dernier se tourna vers son ami et lui sourit à son tour. Cela faisait une semaine que chaque jour, il lui donnait son repas, et l'ancien soldat retrouvait peu à peu ses forces. La prochaine étape serait de le refaire marcher, de l'aider à pouvoir se lever seul... Avant de lui annoncer la vérité.

Pour l'instant, le blond semblait calme, persuadé que Sherlock n'était que le fruit de son imagination, mais ses rêves de plus en plus longs l'intriguaient, et il commençait à douter de sa propre santé mentale. Devenait-il complètement fou ou était-il sur le point de mourir pour que ses rêves restent autant présents ? Tout en soupirant, il leva les yeux vers son ami et murmura soudain :

« -Tu sais, je n'ai jamais cru que tu étais un imposteur. Je sais que c'était ta dernière volonté, de me faire croire ça, mais je peux tout simplement pas gober un tel mensonge. Je ne suis qu'un humain standard stupide, mais là Sherlock, je peux tout simplement pas y croire. Tu ne m'as jamais menti, et je sais que ce jour là, tu mentais.

-Pourquoi tu me dis ça maintenant ? » demanda le détective après un moment de stupeur.

L'ancien soldat haussa légèrement les épaules avec une moue. À vrai dire, il ne savait même pas lui-même pourquoi, mais il avait ressenti un besoin pressant de déclarer sa pensée.

Le brun resta un moment silencieux avant de demander d'une voix légèrement rauque :

« -Et pourquoi j'aurais sauté alors, si je n'étais pas un imposteur ?

-Pour me protéger. » répondit simplement le blond, ce qui fit sursauter son ami.

Sherlock plissa les yeux tout en se mordant la lèvre inférieure, mais n'osa rien ajouter, tandis que John retombait doucement au fond de ses coussins avec un léger soupir. Alors que les yeux du médecin se fermaient, le brun proposa :

« -Tu veux que je t'aide à prendre un bain ?

-Seulement si tu le prends avec moi » marmotta le blond sans ouvrir les yeux.

Et Sherlock lui en fut gré, car il venait de rougir d'un seul coup et mit quelques instants à retrouver une contenance. Il se leva et alla faire couler l'eau tandis que John retombait peu à peu dans les limbes. Soucieux de ne pas le laisser se rendormir, Sherlock se mit à lui parler depuis la salle de bain.

« -Au fait John, tu as raison... Tu comptes beaucoup pour moi.

-Pas assez pour que tu ne m'abandonne pas, remarqua aigrement son ami.

-Non... Mais je suis là maintenant. » souffla Sherlock en revenant vers le lit avec un air triste.

Il souleva avec facilité John, qui n'avait pas encore repris assez de poids pour que la manœuvre devienne plus complexe, et le porta jusqu'à la salle d'eau, dont il ferma soigneusement la porte, s'octroyant un instant d'intimité avec John. Ce dernier ne remarqua pas l'attention et une fois que Sherlock l'eut déposé sur la chaise qui se trouvait là, il commença doucement à se dévêtir, faisant passer son t-shirt bleu par dessus sa tête avec lenteur.

Le détective profita de l'action pour jeter un coup d'œil vers le torse pâle et mince du patient, notant qu'on apercevait ses côtes se dessiner sous sa peau. Il détourna le regard lorsque John retira son pantalon, se retrouvant nu devant lui, sans en ressentir la moindre gène. Sherlock se pencha vers lui, passa son bras autour de la taille de son ami et l'aida à se lever et à marcher jusqu'à la baignoire. Une fois John immergé, il se retourna pour attraper le coussin avec lequel il cala la tête de son ami avant de s'emparer du pommeau de douche et de mouiller doucement ses cheveux. John frémit et sa bouche se tordit en un sourire lorsqu'il murmura :

« -Le deal, c'était que tu vienne avec moi, Sherlock...

-Je... Je ne sais pas si c'est une bonne idée. »

John émit un faible grognement en guise de réponse, sombrant doucement dans le sommeil. Le brun le lava sans un mot, faisant attention à ne pas le réveiller, et une fois qu'il l'eût rincé, il s'assit au pied de la baignoire, les coudes sur le rebord, le menton appuyé sur les mains, contemplant son ami endormi.

Un léger pli de concentration se tenait entre les deux sourcils de John, et Sherlock se demanda à quoi il pouvait bien rêver qui le préoccupait autant. Doucement, il tendit la main vers la joue de son ami et l'effleura. Celui-ci poussa un petit soupir à ce contact, sans se réveiller, ce qui enhardit Sherlock, qui se mit lentement à explorer son visage du bout de son doigt. Il le passa sur ses lèvres sèches, ses joues creuses, la petite cicatrice qu'il avait au dessus du sourcil, ses cernes violets, ses oreilles, son menton, son cou, avant d'arriver au haut de son torse, qu'il caressa prudemment.

John remua légèrement, ce qui fit retirer la main du détective à tout vitesse. Le cœur battant, ce dernier se traita mentalement d'idiot, avant de sortir le blond de l'eau et de l'enrouler dans une serviette épaisse.

Il le rhabilla sans trop de problème, John se réveillant dans un demi-sommeil, et à peine l'eut-il rallongé dans son lit que ce dernier se rendormit à poings fermés, tandis que Sherlock reprenait sa place à son chevet sur son fauteuil, le menton dans les mains, réfléchissant à une vitesse folle.

John se tenait devant la tombe noire de Sherlock. Il ne pleurait pas, se contentant de fixer la sépulture en silence, tentant de comprendre pourquoi le monde était si injuste. Soudain, il aperçut dans le reflet du marbre un visage qui se tenait derrière lui, le regardant par dessus son épaule. Le blond sursauta, se retourna, mais comme il s'y attendait, personne ne se tenait réellement derrière lui. Reportant son attention sur la pierre tombale, le médecin plissa les yeux pour mieux contempler le visage qui y apparaissait. Il mit deux minutes à comprendre à qui appartenaient ces traits et sursauta; c'était ceux de Moriarty ! Le criminel consultant le regardait avec ironie, un petit sourire aux lèvres et un sourcil levé, interrogateur. John avait l'impression qu'il lui posait une question, un défi, sans qu'il puisse définir de quoi il s'agissait. Les yeux du blond se reposèrent sur les lettres en or qui formaient le nom de son ami et lorsqu'il retourna les yeux vers le reflet de Moriarty, celui-ci riait aux éclats. John fronça les sourcils, furieux, et fit trois pas en avant...

Pour se réveiller en sursaut, le docteur Willigan à ses côtés.

« -Tout va bien, John ? Demanda le médecin en lui souriant doucement.

-Oui... Oui, j'ai juste fait un rêve... Étrange. »

Le psychiatre hocha doucement la tête avant de se relever et de lancer d'un ton joyeux qu'aujourd'hui, ils allaient s'entraîner à marcher en salle de rééducation. John grimaça. Il n'aimait pas beaucoup s'y rendre, notamment à cause de la présence des autres patients du centre, qui le ramenaient toujours indirectement à se demander pourquoi il avait atterri ici. L'avantage d'être très malade, c'était qu'on pouvait éviter de sortir de sa chambre, mais John reprenait des forces à vue d'œil et ne pouvait donc plus rester terré dans son antre, aussi se laissa-t-il amèrement conduire en fauteuil à la salle de rééducation.

Le kinésithérapeute qui l'accueillit était grand, très grand, avec des cheveux roux flamboyants et un visage enjoué parsemé de taches de rousseurs. Il se présenta sous le nom de Andy, et pria John de l'appeler ainsi, avant de s'entretenir avec le docteur Willigan sur la démarche à suivre. Le patient ignora cette conversation et laissa son regard balayer la salle, qui était à son grand soulagement pratiquement vide, exceptée la présence d'une jeune kinésithérapeute accompagnée d'une patiente aux cheveux longs qui s'entraînait à monter des marches avec lenteur, sans lui adresser aucune attention.

Lorsque Andy revint vers lui, il lui annonça avec un grand sourire qu'ils allaient marcher un peu aujourd'hui avant d'éclater de rire devant l'air mortifié du blond. Il guida le fauteuil de John jusqu'à deux longues barres parallèles et l'aida à se mettre debout, lui conseillant de s'agripper aux deux barres. L'exercice dura un peu plus d'une heure, heure durant laquelle John dut inlassablement marcher le long des barres, aidé par celles-ci et Andy, au début. S'il s'était montré réticent au début, le fait de marcher un peu fit du bien à ses muscles et lui fit prendre conscience de sa faiblesse physique. En se regardant dans le miroir qui prenait tout un mur de la salle, John se reconnût à peine, et cela lui fit un effet étrange, plutôt désagréable. Il se concentra sur sa marche, laissant peu à peu ses muscles reprendre vie.

À la fin de la séance, Andy et le docteur Willigan le félicitèrent avec enthousiasme, et ce dernier raccompagna le blond à sa chambre. Celui-ci, exténué, se laissa mettre au lit et s'endormit presque aussitôt, trop fatigué pour rêver.

Lorsqu'il ouvrit les yeux, un brusque sentiment de panique s'empara de lui. Assis sur le fauteuil que Sherlock occupait normalement dans chacun de ses rêves se tenait le docteur Willigan, qui lui souriait gentiment, un plateau repas sur les genoux. La gorge noué, John gargouilla :

« -Oh non...

-Bonjour, John ! Vous venez de dormir plus de neuf heures d'affilées, bravo ! Comment vous sentez-vous ? » lança le psychiatre d'un ton enjoué.

Son patient ne daigna pas de lui répondre, tout entier dans son angoisse. Il serrait sa tête entre ses mains en gémissant doucement, en proie à un profond trouble. Au moment où le médecin allait lui demander ce qu'il se passait, le blond releva vivement la tête et murmura :

« -Je n'ai pas rêvé de Sherlock cette nuit.

-Ah, soupira Willigan. Oui, c'est vrai, vous avez eu un sommeil très calme. C'est la première fois depuis longtemps, n'est-ce pas ?

-Je n'ai pas rêvé de Sherlock ! » gémit le bond en commençant à se balancer d'avant en arrière.

Willigan se mordit la lèvre et s'assit prudemment sur le bord du lit de John avant de lui prendre la main.

« John... Vous n'avez pas à culpabiliser pour ça, au contraire ! C'est signe que vous allez mieux, et il me semble que dans vos derniers... rêves, Sherlock vous y encourageait, non ? »

Plongé dans son mutisme, le blond ne répondit tout d'abord pas, avant de finir par murmurer comme pour lui même :

« -Mon dernier rêve... C'était sur Moriarty... Pourquoi ?

-Moriarty ? »

Le blond expliqua en quelques mots son rêve, et le psychiatre resta un moment silencieux avant de dire doucement :

« Peut-être que ce rêve voulait vous pousser à envisager d'autres possibilités, d'autres options... Bon ! » fit-il en claquant dans ses mains avec force, tirant John de sa torpeur « Maintenant, il faut que vous mangiez un peu et que vous vous habillez, nous avons rendez-vous avec Andy aujourd'hui ! »

John fit une moue mais prit docilement son petit-déjeuner avant de se faire aider par Willigan pour s'habiller et de se laisser conduire en salle de rééducation. Le kinésithérapeute roux l'y attendait avec un sourire enjoué et toute la matinée durant, il dût se plier aux divers exercices que le jeune homme lui proposait. Quand un infirmier le ramena à sa chambre, John était moulu et tombait de fatigue. Il attendit que l'homme l'ai déposé dans son lit pour fermer les yeux et s'assoupit.

Il fut réveillé par le bruit d'une porte qu'on ouvrait, et se redressa brusquement. Sherlock se tenait devant lui, un sourire aux lèvres et un plateau repas dans les mains.

« Sherlock ! » s'exclama John.

Le détective s'immobilisa, surpris, puis haussa les épaules et déposa le plateau sur les genoux du médecin avant de prendre place sur son fauteuil. L'ancien soldat le couvait littéralement des yeux tandis qu'il mangeait son repas, et Sherlock finit par lui demandait ce qui n'allait pas.

« -Oh, au contraire, tout va bien, murmura John. J'ai juste cru pendant un moment que je ne te reverrai plus... Les séances de kiné me laissent toujours épuisé, et cette nuit je n'ai pas rêvé...

-Je suis content que tu ailles mieux, John, répondit doucement le brun.

-C'est vrai ?

-Évidemment... Que veux-tu faire ce soir ?

-Prends un bain avec moi » supplia John avec un petit sourire timide.

Sherlock secoua doucement la tête avec un sourire triste. Il avait la désagréable sensation que quelque chose lui obstruait la gorge et les poumons, l'empêchant de respirer normalement. Il était épuisé, épuisé de devoir jouer le rôle qu'on lui avait attribué, épuisé de ne pas pouvoir hurler à John la vérité, épuisé car il tremblait chaque jour en imaginant la réaction qu'aurait son ami en apprenant qu'ils lui avaient tous menti pour l'aider à guérir, épuisé de ne pas pouvoir avouer à John ce qu'il ressentait, épuisé de ne pas pouvoir céder alors qu'il en mourrait d'envie...

Son souffle devint plus court et sa vue se brouilla un instant sans qu'il ne comprenne pourquoi.

« Sherlock ? Tu pleures ? » demanda John en se penchant vers lui.

Le détective secoua la tête et eut un petit rire sans joie. Cela faisait des années qu'il n'avait pas pleuré, si ça lui était arrivé un jour ! D'un geste rageur, il essuya ses larmes et sourit.

« -C'est rien... Juste... Tu me manques.

-Mais Sherlock... Je suis là » murmura son ami en se penchant vers lui.

Avant que le brun n'ait pu comprendre ce qu'il se passait, John encercla son visage de ses mains et posa ses lèvres sur les siennes. Le détective resta un moment interdit, ne sachant pas quel réaction adopter, mais les lèvres chaudes du blond et son étreinte le firent mécaniquement fermer les yeux et se rapprocher de lui. John poussa un petit grognement de satisfaction en le sentant répondre à son baiser et s'enhardit à glisser sa langue dans la bouche du brun. Celui-ci n'en menait pas large. Tous ses sens étaient en alerte et une douce torpeur avait pris place dans son cerveau. Trop d'informations, trop de pensées s'y entrechoquaient, ne laissant que du brouillard. Maladroitement, le détective passa un bras autour du cou de son ami et se laissa aller avec délice dans ce baiser.

Alors que John passait sa main dans ses boucles brunes, le détective tressaillit soudain et se détacha vivement de leur étreinte. Se levant d'un bond de sa chaise, il s'immobilisa au bout du lit et se prit la tête entre les mains.

« -Sherlock..?, appela John, surpris.

-Non, John, non, je... Il ne faut pas, c'est mal...

-De quoi tu parle ?

-John, tu dois vivre ta vie, je ne peux pas... Je ne dois pas... »

Il se mordit rageusement la main pour ne pas se mettre à hurler. Combien de temps tiendrait-il encore ? Combien de temps avant que John ne se rende compte de la supercherie et qu'il le haïsse ? Un nouveau sanglot lui déchira la gorge et il appuya ses poings contre ses yeux avec force, tachant de chasser ses larmes. Non, il ne fallait pas qu'il pleure, pas devant John.

Celui-ci le fixait sans comprendre, assis dans son lit. Jamais ses rêves n'avaient pris de telles tournures, et il se demandait pourquoi ce Sherlock là se comportait ainsi. Soudain une idée lui traversa l'esprit et il murmura :

« Sherlock, il y a deux jours, j'ai fait un rêve étrange... J'étais devant ta tombe... Et derrière moi, enfin, derrière mon reflet dans le marbre, il y avait un visage... Celui de Moriarty. »

Le brun se tourna vers lui, toute larme envolée, et le regarda avec intérêt. Il revint s'asseoir sur son fauteuil et se pencha en avant pour l'écouter. John reprit :

« -Il souriait et avait l'air de me lancer un défi, ou quelque chose dans ce genre. Mais quand je me suis retourné, il n'y avait personne derrière moi... Il était juste dans le reflet... C'est stupide comme rêve, je n'ai pas compris son sens...

-Peut-être s'agit-il d'une sorte d'intuition, ou d'une question que tu te pose au fond de toi... » murmura Sherlock, le souffle court.

Le blond plissa les yeux, tentant de comprendre ce que pourrait signifier son rêve, et une idée saugrenue lui apparut, et avant qu'il n'ai eu le temps de la chasser, il murmura :

« Pourquoi lui serait en vie et pas toi..? »

Ses yeux s'écarquillèrent soudain sous l'effet du choc et il se mit à haleter.

« Pourquoi ne serait-il pas revenu me descendre... Alors que toi, toi tu es là... »

Voyant son ami entrer dans une crise de panique, Sherlock se leva à moitié. Apercevant son geste, John tourna la tête vers lui et son trouble augmenta un peu plus.

« -Pourquoi tu aurais ce genre de réaction si tu n'étais que le fruit de mon délire ?

-John, commença Sherlock.

-OH MON DIEU ! » hurla le médecin en agrippant aux rebords de son lit, pris de tremblements incontrôlables.

Son souffle devint encore plus coupé, et son visage tourna au rouge vif, marbré de plaques blanches sous l'effet du choc. Avant que Sherlock n'ait pu dire quoi que ce soit, le docteur Willigan et deux infirmiers rentrèrent brutalement dans la chambre, confirmant à John l'horrible vérité.

« Oh mon dieu, hurla-t-il de nouveau, c'est la vrai vie ! »

Et avant que le psychiatre ou Sherlock n'eussent pu faire un pas, il s'évanouit.

Il y eut un silence dans la chambre, durant lequel Willigan et Sherlock échangèrent un long regard. Comme pour confirmer ce qu'ils venaient de voir, Sherlock murmura :

« Il a compris. »


Badaaam!

Oui, j'aime bien finir en mélo xD

N'hésitez pas à laisser une review, c'est toujours génial d'avoir un avis sur ce qu'on fait :D

Et à la prochaine!

Votre dévouée Kyllia.