Jack : Je prends le bateau ! David ! Prépare-moi une trousse de secours au cas où et tiens-toi prêt ! Eirwen tu viens avec moi ! Simon tu nous guides !

Le Capitane empilait divers instruments qu'il souhaitait prendre avec lui dans le bateau : jumelles, radars, système GPS. Simon s'était installé à son bureau et avait les yeux fixés sur les images satellites affichées à son écran, Eirwen avait pris son pistolet dans le tiroir de son bureau et l'avait glissé dans son holster attaché à sa ceinture, espérant ne pas avoir à s'en servir tandis que David était parti deux étages plus bas afin de rassembler le nécessaire de 1ers secours. Le bruit métallique de l'escalier les avertit de son arrivée imminente.

Ianto se dirigea vers son ancien bureau, celui qu'il n'occupait désormais que très rarement, mais dans le tiroir duquel était toujours rangée son arme.

Jack : Qu'est-ce que tu fais Ianto ?
Ianto : Je viens aussi !
Jack : Oh non ! Tu restes avec Simon !
Ianto : Si tu crois vraiment que je ne vais pas participer aux recherches de notre … ami !
Jack : Tu ne fais plus partie de l'équipe active ! Tu restes là !
Ianto : Essaye de m'en empêcher !

Ianto planta son regard bleu dans celui légèrement plus clair de son patron. Jack le regarda. Il vit devant lui un Ianto des plus déterminés, le regard droit, qui ne scillait pas, la veine centrale de son front légèrement gonflée. Au fond de lui, Jack savait qu'il ne réussirait pas à le garder à distance cette fois-ci. Une légère sensation refit surface en lui, une sensation qu'il n'avait pas sentie depuis qu'ils s'étaient séparés : la fierté de voir l'être aimé faire face et agir. Il capitula.

Jack : Je crois que je n'ai pas le choix !
Ianto : Je crois avoir « mérité » de ne pas être laissé en arrière cette fois-ci ! Il s'agit de Bob !
Jack : Simon ! Réactive sa puce !

Simon se leva et ouvrit un des tiroirs du meuble situé derrière lui. Il s'empara d'une sorte de pistolet hypodermique et d'un flacon renfermant une puce. Ianto défit sa veste et son gilet de costume, ouvrit sa chemise et l'ôta également. Simon inséra la puce dans le chargeur et l'arma. L'informaticien appliqua l'objet à l'endroit de la minuscule cicatrice laissée par le précédent implant et lui injecta le nouveau qu'il réactiva grâce à l'ordinateur.

Simon : Voilà ! De nouveau traçable !
Ianto : Mouais …

Ianto profita d'être à moitié déshabillé pour aller enfiler des vêtements plus adéquats pour une chasse à l'homme. Moins de 5 minutes plus tard, vêtu d'un jean, d'un T-Shirt noir et d'un blouson kaki, il était de retour à l'étage et rejoignait Jack et Eirwen près de l'équipement qu'ils avaient amassé près de la sortie. Ils se saisirent des différents sacs et valises et sortirent par la porte circulaire qui les mena jusqu'à l'embarcadère auquel le bateau était amarré. Eirwen et Ianto fixèrent l'équipement, armes, radars, civière… tandis que Jack prenait place derrière le gouvernail. Le Gallifrey One était à Jack ce que le SUV était à Ianto, il en était le propriétaire attitré et il ne laissait que rarement une autre personne le diriger. Ianto se positionna à ses cotés, près des appareils de navigation et Eirwen, qui se souvenait de son seul et unique voyage à bord du bateau, vint immédiatement s'asseoir sur le siège dans la cabine, ce qui fit apparaître un léger sourire sur le visage de ses deux compagnons, sourire qui s'effaça presque aussitôt.

Jack mit le contact, les moteurs démarrèrent et il mit les gaz au maximum, profitant de sa légèreté dûe au fait que le SUV n'était pas à son bord. Comme elle l'avait pressenti, Eiwen fut collée à son siège. Ianto s'était accroché à une poignée, le visage fixé vers l'estuaire de la Taff. Les ponts se succédaient à une vitesse impressionnante et déjà, le barrage de la baie était en vue. Ianto avança la main vers le tableau de bord et décrocha la CB.

Ianto : Gallifrey One à Capitainerie. Ici Torchwood, autorisation 52 663. Demande urgente d'ouverture du barrage. Code rouge.
Voix : Capitaine Murray à Gallifrey One : désolé mais il va falloir attendre, la marée n'est pas encore assez haute pour permettre l'ouverture des portes.
Ianto : Shit ! Combien de temps ?
Murray : Une heure !
Ianto : Merci.

Il raccrocha et tapa furieusement contre le mur métallique de la cabine tandis que Jack amarrait le bateau à un ponton près de l'entrée de la Marina de Penarth.

Ianto : Fait chier ! J'avais oublié la marée !

Jack qui avait amorcé un geste de la main se retint. Il alluma son oreillette et commença à discuter avec Simon pour savoir s'il avait quoi que ce soit comme information. L'expression du visage du Capitaine n'annonçait aucun changement.

Une tension palpable s'était installée dans l'habitacle. Ianto et Jack avaient le regard braqué sur les immenses arcades bleues claires du barrage et Eiry, qui était un peu en retrait des deux hommes les regardait à tour de rôle se demandant si son buté de chef allait un jour pardonner à Ianto.

Au bout de cinq minutes, Jack sortit de la cabine sans un mot, sauta sur le ponton et se dirigea vers l'entrée du barrage. Ianto l'avait suivit des yeux jusqu'à ce qu'il disparaisse, puis s'était reconcentré sur les portes du barrage.

Eirwen : Tu devrais le rejoindre.

Ianto, surpris, se retourna vers sa coéquipière, le regard interrogateur.

Eirwen : Tu devrais le rejoindre ! Bob est … clairement quelqu'un d'important pour vous deux. Vous devriez être « unis » dans cette recherche.
Ianto : Il ne veut pas de moi.
Eirwen : Cesse d'être aussi buté que lui Ianto ! Fais le premier pas ! Ou le deuxième … Tu sais aussi bien que moi que lui, comme toi en crevez d'envie ! Je les vois bien vos regards en coin que vous baissez à chaque fois que l'autre est sur le point de le croiser, vos gestes interrompus, votre frustration lorsque vous vous frôlez de ne pas pouvoir aller plus loin…
Ianto : Mais comment … Crois-moi j'ai essayé de lui parler !
Eirwen : Parfois, Ianto, ce ne sont pas de mots dont on a besoin…

Il la regarda silencieusement avec un faible sourire et suivit le chemin que son supérieur avait emprunté quelques instants auparavant. Il s'arrêta à la porte, tourna la tête vers la jeune femme.

Ianto : Merci Eiry.
Eirwen : De rien, mais comment vas-tu faire pour le retrouver ?
Ianto : Je connais ses habitudes.

Et il sortit du bateau après avoir lancé un clin d'œil à sa coéquipière. Il retrouva Jack, accoudé au parapet du barrage. Il regardait le large avec une telle profondeur que Ianto se demanda s'il n'essayait pas, à l'inverse de Moise, de rassembler les eaux plus rapidement. Il se dirigea vers lui et, sans que celui-ci ne le vit, posa une main sur son épaule. Jack sursauta de surprise et se retourna brusquement prêt à faire face à un éventuel ennemi. Il fut tellement surpris que ce soit Ianto qui se trouva là qu'il dû s'adosser au muret.

Sans un mot, Ianto se rapprocha de lui et le serra dans ses bras. Pendant un instant Jack ne bougea pas, ne fit pas le moindre mouvement, restant immobile, tendu. Puis peu à peu, sa carapace se fissura et il leva les bras les plaçant autour du corps réconfortant son ami. Ils restèrent comme ça pendant plusieurs minutes, comme s'ils laissaient leurs corps se redécouvrir, leurs chaleurs se mêler de nouveau. Puis Ianto se recula, la tête légèrement baissée. Il semblait attendre quelque chose.

Jack avait bien compris que Ianto attendait qu'il lui dise quelque chose. Mais Jack savait également qu'il n'avait jamais les mots justes pour ce genre de situation. Il leva la main vers le visage juvénile lui faisant face et le souleva afin qu'il puisse échanger un regard. Puis il déposa au coin des lèvres du gallois un baiser qui les électrisa tous les deux.

Jack : On va le retrouver, je t'en fais la promesse ! Ensemble !

Ianto ému aux larmes ne put faire qu'un geste d'acquiescement de la tête. Il se retournèrent ensemble vers le large et attendirent que la Capitainerie leur donne le feu vert.

******************

Quelque part au milieu du canal.

Garde 1 : Le Roax est toujours inconscient monseigneur.
Grand Prêtre : Bien. Il faut qu'il le reste jusqu'à ce que nous soyons de retour sur Xandoria. Quand serons-nous prêts à partir ?
Commandant du vaisseau : Dans quelques heures. Nous devons encore purifier leur eau pour la rendre compatible à notre moteur hydraulique.
Grand prêtre : Tâchez d'accélérer les choses ! Le 257e jours du 28e cycle de la 4e rotation commence dans 7 heures. Le sacrifice requiert une précision horaire des plus serrée. Le Grand Xandor n'attend pas !
Garde et Commandant : Que le Grand Xandor soit loué !

Le prêtre quitta la salle de commande et se dirigea vers la salle où ils avaient enfermé Bob. C'était une pièce vide avec pour seul meuble une table sur laquelle avait été attaché le gardien de Torchwood. Il était, comme l'avait dit le garde, immobile. Seuls, derrière ses paupières clauses, ses yeux bougeaient.

**************

Une heure s'était écoulée. Jack et Ianto étaient revenus au bateau ensemble, sous le regard plus que ravi d'Eiry et bien que la situation soit encore inquiétante, l'atmosphère dans la cabine était beaucoup moins tendue.

La radio grésilla et ils entendirent la voix du Capitaine Murray.

Murray : Capitainerie à Gallifrey One. Préparez-vous à traverser.
Ianto : Bien reçu Capitaine, nous nous mettons en position.

Jack lança les machines et manœuvra afin de se placer perpendiculairement aux portes du barrage qui commençaient à se lever. 3 minutes plus tard, le Gallifrey One quittait la baie pour le canal. Ianto reprit contact avec Simon afin d'avoir la confirmation des dernières coordonnées GPS du point où la balise de Bob s'était activée la dernière fois.

Simon : Ianto, je t'envoie les coordonnées GPS sur ton ordinateur de bord.
Ianto : ok Simon, merci !

Ianto ouvrit son ordinateur et prit connaissance des coordonnées et les donna à Jack

Ianto : Latitude : 51.41890742069287 - Longitude : -3.0377197265625

Le Capitaine rentra les coordonnées dans l'ordinateur de bord et lança :

Jack : Ianto ! Cap au large !

Et comme si cela était évident il lâcha la barre et se positionna sur le coté. Ianto eut le réflexe de s'en saisir avant qu'ils ne dévient trop de la trajectoire et percutent le bateau de pêche qui arrivait en sens inverse. Il mit donc cap vers le sud et poussa les moteurs tout en suivant des yeux le point correspondant à leur situation qui clignotait sur l'écran.