Relecture par Brynamon.

Début Juin 2006


Chapitre 4 : A chacun son combat


POV GINNY

Je subissais une énième contraction quand nous arrivâmes à Sainte Mangouste. Une semaine s'était passée depuis notre départ de Forks. J'avais beaucoup souffert pendant notre séjour au Canada. Harry avait fini par écourter notre séjour car il ne pouvait pas rendre visite à Remus avant pratiquement trois jours suite à un incident à la prison. Nous avions donc laissé Teddy avec Rosalie pour qu'elle puisse l'emmener voir son père. Il avait de toute façon refusé de rentrer.

Harry avait choisit de repartir en Angleterre par prudence car il voulait que j'accouche dans un environnement familier et dans de bonnes conditions. Une fois arrivés, Harry m'avait déposée à la maison pour aller chercher James chez ma mère. Il était ensuite passé à son travail avec lui avant de rentrer. Ce fut un moment magique que celui de mes retrouvailles avec mon fils. Harry s'était occupé de lui pour que je me repose. J'avais vu mon médicomage le lendemain qui m'avait conseillé un repos total. Malgré cela, quatre jours seulement s'étaient écoulés avant que le travail ne commence.

Je serrai les dents pour ne pas hurler mais une plainte s'échappa malgré moi de ma bouche. J'avais souffert presque vingt-quatre heures avant d'accoucher de James. Mais là c'était pire ! J'avais d'abord ressenti une douleur diffuse toute la nuit dans le bas du ventre. Je ne m'étais pas inquiétée car je n'avais pas encore perdu les eaux. Cependant, en me levant ce matin la douleur s'était amplifiée jusqu'à en devenir pénible. J'avais réveillé Harry qui fut préoccupé par mon teint blafard. Il ne m'avait pas posé de questions, s'était habillé en un temps record, avait pris James encore endormi sous le bras et m'avais soutenu jusqu'à la cheminée. Il n'avait rien dit mais j'avais bien vu qu'il avait mal à son épaule.

Une fois dans la salle des urgences, il avait interpellé un médicomage.

- Ma femme va accoucher !

Je me posai dans la salle d'attente. Je m'assis puis me relevai puis me rassis. Mon dos, mes reins me brûlaient. Je frottai mon ventre pour espérer diminuer la douleur. Je sentis notre bébé remuer doucement. J'étais inquiète, j'étais qu'à six semaines de la date prévue…

- Mme Potter ?

Je levai la main en grimaçant.

Je sentis plus que je ne vis qu'on me soulevait par lévitation, je me retrouvai installée sur un lit roulant et je fus emmenée jusque dans une salle aux murs blanc et jaune pâle. Je ne sais pas qui avait essayé d'égayer cet endroit mais le résultat n'était pas concluant, cela restait une salle médicalisée.

Je tentai de rester calme. Harry arriva avec James dans ses bras pour me prévenir qu'il allait le poser chez maman et qu'il revenait tout de suite après. Il allait juste récupérer avant les affaires de James à la maison ainsi que son biberon.

Effectivement un quart d'heure après il était là. Il me prit la main pour me rassurer. La position couchée était atroce, je voulus me redresser.

Une jeune femme arriva pour m'ausculter. Ce n'était pas mon médicomage habituel mais j'avais anticipé qu'il ne soit pas présent. Elle voulut passer sa baguette tout le long de mon ventre pour vérifier le bien-être du bébé mais je l'écartai violemment pour me mettre assise. Harry rattrapa la jeune femme en s'excusant. Je sentis une nouvelle contraction arriver, douleur indescriptible partant du bas du ventre jusque dans les reins et remontant progressivement provoquant une sensation de consumation interne. Un gémissement puis un autre à chaque contraction. Une chose était sûre : je ne mettrai pas vingt-quatre heures à accoucher. Elle réussit à m'examiner puis s'en alla promettant de revenir bientôt.

Une heure passa comme ça. Je m'étais levée. La menteuse revint et demanda à Harry de me faire allonger pour vérifier l'état de mon col. Il me tendit la main que je broyai en subissant une énième torture. Mon cerveau ne fonctionnait plus qu'au rythme des accalmies de plus en plus réduites entre deux contractions. Je lâchai la main d'Harry qui se la massa, il suspendit son geste en voyant mon regard meurtrier.

- Tu te fous de moi ! C'est de ta faute si je suis ici et si je souffre le martyr, alors je te préviens Monsieur le géniteur, si tu ne veux pas toi aussi connaitre la souffrance abstient-toi de me remettre dans cette situation.

Je me tus submerger par l'angoisse, j'avais tellement mal que je voulais disparaitre. Je voulais que ça s'arrête. Je me sentis soulevée de terre et posée sur le lit.

- Vous n'avez rien pour la soulager ? Demanda Harry, visiblement ébranlé.

- Il est trop tôt, il faut que la dilatation commence avant de lui administrer quoi que ce soit.

Cette réponse me déprima. Je refoulai mes larmes, j'étais une Weasley oui ou merde ! Pas question de flancher. Tant pis j'attendrai.

- Il faut que je regarde le col, s'agaça la médicomage voyant que je voulais encore me relever.

Je fis un effort surhumain pour rester allongée. Harry voulut me reprendre la main.

- Me touche pas, criai-je à bout.

- Je dois percer la poche des eaux et vider votre vessie, annonça-t-elle après examen.

Elle s'activa mais je ne sentis rien, tant mieux. Elle partit encore une demi-heure. Une interminable demi-heure où je m'évertuai à respirer. Je souhaitai presque subir un doloris qui semblait être une ballade de santé à coté de ce que je subissais. La médicomage revint et m'ausculta à nouveau malgré ma désapprobation.

- Le travail commence vite, vous êtes déjà dilatée à sept.

- Vous n'avez rien pour la soulager maintenant ? Tenta Harry avec ma gratitude cette fois-ci.

- Il est trop tard, la potion n'agit qu'au début de la dilatation.

- Quoi ?

Malgré la douleur je me redressai agilement les yeux flamboyant de colère, elle sursauta et recula par prudence.

- Calmez-vous…C'est votre deuxième accouchement, ça ira vite.

Elle me fit prendre une position plus qu'inconfortable, en restant sur le dos je devais replier mes jambes vers moi. Elle me demanda de les tenir écartées. La contraction suivante fut comme de l'acide dans mon corps. Je sentis le bébé commencer sa descente.

- Poussez, cria-t-elle.

Je me redressai en prenant appui sur mes jambes, j'inspirai longuement et expirai en faisant pression sur mon abdomen. Je réitérai deux fois cette opération.

Harry se plaça vers la médicomage et regarda.

- Harry qu'est-ce que tu fais ? Articulai-je en suffoquant.

- Je veux voir notre bébé arriver. J'ai pas osé pour James…mais là c'est différent.

Je n'eus pas le temps de lui demander ce qui était différent. Je poussai à nouveau mais la médicomage s'agaça.

- Vous ne faites pas ce qu'il faut, le bébé est bloqué.

J'étais en nage, mais je pris sur moi et continuai à pousser. Subitement, elle s'approcha de moi et appuya sur mon abdomen. Je criai de douleur, Harry s'interposa

- Hey ! Vous faites quoi là?

- J'aide votre bébé à sortir, sinon il va manquer d'oxygène.

Harry retourna vers le fond et s'exclama :

- Je vois ses cheveux !

- Poussez-vous monsieur Potter, s'écria-t-elle en revenant face à moi.

Je poussai à nouveau, extenuée. Mais je n'y arrivai plus.

- Il faut pousser madame, le plus gros est fait ! Allez ! Allez ! Allez!

Harry revint vers moi et repoussa des mèches de cheveux collées à mon front.

- Je n'y arrive pas Harry.

- Essaie encore, s'il te plait…

Je levai les yeux vers lui et découvrant son air désemparé, je m'armai de courage et poussai comme une folle.

- Ça y est la tête est sortie maintenant une épaule par une épaule.

Sauf que la contraction qui suivie fut terrible, comme si mon corps voulait en finir une bonne fois pour toute. Je criai à plein poumon incapable de me retenir.

- Attendez, hurla-t-elle mais je ne pus m'empêcher de pousser encore dans la continuité de ma douleur. Le bébé s'extirpa de mon corps d'un seul coup manquant de glisser entre les mains de la jeune femme.

- Je l'ai ! Dis-t-elle rassurante. C'est une fille…


POV HARRY

Harry était assis dans le siège près du lit de sa femme. Elle dormait, épuisée par cet évènement intense. Il tenait sa fille dans ses bras, ne se lassant pas de regarder ses joues rougies et sa peau fripée ainsi que quelques mèches de sa grosse touffe de cheveux roux s'échappant de son bonnet. Elle ressemblait beaucoup à Ginny. Elle venait de s'endormir dans ses bras. Ils ne lui avaient pas encore donné de prénom car il hésitait. Ginny souhaitait l'appeler comme sa mère : « Lily », ce serait un bel hommage…

Elle était née sans complication malgré sa prématurité. Elle pesait un poids raisonnable de deux kilos cinq cents soixante-dix grammes pour quarante-sept centimètres. Elle respirait bien et était éveillée. Elle était restée longtemps contre Ginny afin d'être réchauffée. La médicomage avait lancé un sort de chauffage artificiel au-dessus d'elles pour favoriser le processus. Pendant ce temps, Harry était allé prévenir la famille de Ginny par la cheminée de la salle d'attente. Il n'avait pu joindre Ron mais Molly lui avait assuré qu'elle le préviendrait. Il avait prévenu aussi les collègues de Ginny qui avaient promis de passer la voir aussi.

Selon Molly, Ron était à l'hôpital auprès d'Hermione. Avant-hier, Harry avait été la voir avec James quand Ginny avait été assignée à son canapé. Il n'avait pas trouvé Hermione en forme mais elle tenait bon pour son bébé depuis bientôt dix jours qu'elle était là-bas. Elle était surveillée jour et nuit et avait un traitement pour aider leur fille à développer rapidement ses poumons. Il avait passé l'après-midi là-bas, racontant toutes ses péripéties car il voyait bien qu'elle avait besoin de se changer les idées. Ron lui en avait été reconnaissant mais Harry s'était sentit quand même inutile, les observant dans leur détresse commune. Ron avait été peu bavard, ce qui était souvent le cas quand il était anxieux. Il leur avait promis de revenir très vite et les avait laissés en privé.

Après avoir prévenu tout le monde, Harry était revenu dans la salle de travail. La médicomage finissait d'extirper le placenta du ventre de Ginny.

Beurk

Elle avait reçu quelques points de sutures car l'expulsion brutale de leur fille avait fait des dégâts. Il avait averti sa femme que sa famille passerait dans l'après-midi pendant les heures de visites.

Leur fille avait été nettoyée et habillée avec des habits choisis par Ginny et qu'Harry avait sorti de la valise : une grenouillère jaune trop grande et un bonnet assorti. Elle avait but son biberon de lait maternisée améliorée en raison de son petit poids. Elle avait eut un peu de mal, la tétine ne lui plaisait pas apparemment. Ginny s'était sentie coupable de ne pas vouloir allaiter mais Harry l'avait rassurée en lui rappelant son expérience désastreuse avec James. La médicomage avait confirmé en lui disant qu'elle s'adapterait assez vite.

Tandis qu'il admirait béat le visage de son enfant, Harry pensa à James. Il avait hâte de lui présenter sa petite sœur. Il ne savait pas ce que ça faisait d'avoir des frères ou des sœurs et il se réjouissait à l'idée que James connaisse ce lien fraternel. Elle gigota doucement dans ses bras tel un petit ver de terre. Il sourit ne pensant plus à tous les désagréments dans sa vie qui le contrariait depuis quelques jours…

Mais il savait que le temps du bonheur ne durerait pas.


POV RON

Maman venait de m'annoncer la bonne nouvelle, j'étais passé à la maison me changer après avoir été voir George au magasin, j'allai repartir quand la cheminée s'était mise en route. Elle était passée ici car George l'avait prévenue que j'y serais un moment. J'étais content pour eux et je me dépêchai de repartir à l'hôpital pour l'annoncer à Hermione.

J'étais fatigué et tous ces allers-retours n'arrangeaient rien. Les nuits étaient courtes. Je les passai à la maison avec réticence n'ayant qu'une hâte, rejoindre Hermione dès les premières lueurs de l'aube. Je la retrouvai souvent endormie. Je m'asseyais en général dans le siège invité en attendant son réveil. Je campai sur ce siège depuis plus d'une semaine.

Ses parents venaient aussi tous les jours et ses collègues avait envoyé des messages de soutien mais aucun ne s'était risqué dans le Londres moldu. Ce que je pouvais comprendre. Sa plus grande contrariété avait été de devoir confier James à maman. Nous avions aimé l'avoir près de nous. Un peu comme un apprentissage de ce que nous allions vivre plus tard.

Le plus inquiétant fut qu'elle s'était vite sentie épuisée, qu'elle commençait à avoir des contractions, qu'elle avait à nouveau des maux de tête et des nausées et que ses œdèmes avait empirés. D'où notre arrivée d'abord à Ste Mangouste.

En franchissant les portes de l'hôpital, je me sentis triste. Je me demandai pourquoi la chance n'était pas de notre côté. Quel mal avait-on commis pour que notre fille soit en danger ? J'enviais ma sœur en ce moment…

En longeant le couloir blanc menant à sa chambre, je croisai des infirmières, toutes me sourirent avec compassion. Elle commençait à me connaitre. En ouvrant la porte, je pénétrai dans cette pièce claire aux murs vert pâle et je vis qu'Hermione déjeunait. Il y avait des livres éparpillés un peu partout, et des photos de ses parents et de nous sur le meuble blanc près de son lit médicalisé. Je ne lui avais pas ramené de fleurs, elle n'en supportait plus l'odeur.

Elle sourit en me voyant. Elle persistait à me dire de ne pas passer mes journées ici mais je voyais bien qu'elle appréciait ma présence.

Elle était habillée, le plus légèrement possible c'est-à-dire d'une robe à bretelle blanche en coton, et les fenêtres étaient ouvertes. Elle souffrait de la chaleur surtout la nuit où elle avait des sueurs nocturnes. Plus les jours passaient plus je la trouvais différente physiquement. Son visage, son corps changeait, même ses cheveux. Elle mangeait aussi de meilleur appétit depuis qu'elle n'avait plus du tout de nausées. Elle se faisait plaisir en se disant que c'était pour donner des forces à notre fille. Peu m'importait qu'elle ait pris du poids tant qu'elles allaient bien toutes les deux.

Tous les examens étaient encourageants. Elle n'avait plus de contractions. Elle suivait un traitement pour diminuer sa tension et pour accélérer l'évolution des poumons de notre fille. Ses œdèmes avaient diminués. Elle ne souffrait plus de maux de tête.

Les médecins nous avaient prévenus qu'elle n'irait pas à terme car la situation restait critique. Mais plus on avançait dans le temps meilleurs étaient les chances pour Rose.

Hermione m'avait proposé ce prénom que j'avais tout de suite adopté. Elle l'avait entendu par hasard en regardant un programme à la télévision quand elle avait rendu visite à ses parents. La télévision… une invention moldue dont je ne me lassai pas.

Elle s'arrêta de manger et écarta les bras comme à chaque fois que je revenais en l'ayant laissé quelques heures. Je l'étreignis et l'embrassai tendrement.

- Ça va ?

Je la détaillai avec minutie comme à chaque fois que je revenais.

Elle haussa les épaules et sourit d'un air contrit.

- Tu connais la chanson Ron.

Oui je la connaissais. Fatigue, insomnie, angoisse, interrogations…

- Bonne nouvelle ! M'écriai-je, souriant à pleine dents pour essayer de lui changer les idées.

Piquée de curiosité elle me dévisagea.

- Ginny a accouché d'une petite fille.

- Elle va bien ? Ce n'est pas un peu tôt ?

- Oui elle va bien, elle n'est pas épaisse à ce que j'ai compris mais tout est normal.

Elle parut satisfaite de la réponse et se réjouit pour eux.

- J'aimerais être à leur place, dit-elle brusquement.

Je l'examinai avec attention.

- Oh Ron pourquoi ?

Elle éclata en sanglot. Elle pleurait beaucoup ces temps-ci. Comment lui en vouloir avec tout ce qu'elle subissait au quotidien : les douleurs liées à la grossesse, les prises de sang à répétition, les examens, les traitements, la fatigue et la peur.

Je vins sur le lit près d'elle et la pris contre moi. Elle cacha son visage dans mon cou et y resta longuement.

- Je ne sais pas pourquoi, répondis-je enfin.

Malgré moi l'émotion me brouilla la vue. Je me détachai d'elle et me levai pour cacher mon mal être. Je me mis vers la grande fenêtre et fixai ce que je percevais de l'horizon à travers mes larmes.

Je la sentis derrière moi et lui reprochai d'être debout. Elle prit mon bras et posa sa tête contre mon épaule. Nous restâmes sans parler le temps de laisser passer le coup de blues.

- Bientôt ce sera notre tour tu verras. Et elle sera en pleine forme aussi, affirmai-je avec conviction.

- Tu crois ?

- J'en suis sûr ! Ne t'en fais pas tu es entre de bonnes mains.

Elle avait besoin d'être constamment rassurée ces temps-ci et elle comptait sur moi. Je faisais de mon mieux, pas habitué à tenir ce rôle dans notre couple.

- J'ai bien fait de suivre les recommandations du Dr vampire.

- Moi aussi je lui en suis reconnaissante et tu as pris la bonne décision, je me sens mieux prise en charge ici. Je n'ai rien contre nos pratiques de la médecine magique mais ils ont encore du retard dans certains domaines.

Je comprenais, nullement vexé par ce constat.

- Je me demande comment ils vont ? Ajouta-t-elle.

- Qui ?

- Le Dr et sa famille. Harry semblait soucieux quand il est venu me voir ici avant-hier.

- Je peux me renseigner si tu veux ?

- Oui et pour Rosella aussi s'il te plait.

- D'accord…

- Tu crois que Remus va s'en sortir ?

- Je n'en sais rien, je me demande s'il est coupable.

- Mais non voyons Ron, ne dis pas de bêtises !

- Tu n'en sais rien, après tout ce qu'il a traversé, sa fuite et son amnésie….

Je laissai ma phrase en suspend. Mieux valait changer de sujet.

- Tu as vu le docteur ce matin ?

- Non…il ne devrait pas tarder. Oh ! S'exclama-t-elle en riant.

- Quoi ?

Elle me prit la main et la posa sur son ventre. Je sentis une bosse se former, un pied ?

- Elle va bien tu vois ! Dis-je triomphant.

Elle retrouva le sourire.

- Quand le docteur passera j'irai ensuite voir Ginny et ma nièce.

-Tu leur transmettras toutes mes félicitations, dit-elle en se serrant contre moi.

- Je ne partirai pas longtemps…

- Je…

Elle posa sa main contre son front.

- Je ne me sens pas très bien…

Alarmé, je l'emmenai vers son lit mais elle s'effondra avant qu'on y arrive.


POV ROSALIE

Harry et Ginny était partis depuis quelques jours. Ginny me faisait confiance mais Harry fut visiblement réticent de me laisser la charge de Teddy. Il avait constaté que son filleul ne comptait pas laisser son père. Il voulait le voir. Harry m'avait fait savoir que s'il me confiait son filleul, je devais bien en prendre soin et ne pas le mettre en danger. Je lui avais assuré qu'il pouvait me faire confiance. Il me fit savoir qu'il reviendrait dans quelques jours pour voir Remus et négocier avec le procureur pour le faire transférer à Azkaban en Angleterre le temps qu'il trouve des preuves pour l'innocenter.

- Parce que vous pensez vraiment qu'il n'a rien fait ?

- Oui et vous aussi vous devriez y croire si vous tenez vraiment à Teddy.

- Je l'espère pour Teddy mais je ne connais pas cet homme. De plus c'est un loup-garou.

- Vous êtes un vampire et je ne vous soupçonnerais pas pour autant si c'était vous qui étiez accusée.

Il marquait un point. Cependant rien ne pouvais me défaire de ce sentiment d'indignation que j'éprouvais contre cet homme car il avait déjà fait souffrir son fils par le passé et il continuait encore, qu'il n'y soit pour rien n'y changeait rien.

Nous nous étions quittés en ces termes peu cordiaux et dès le jour même je m'étais mise à la recherche d'une maison à louer. Teddy avait été ravi par cette initiative et m'avait accompagnée dans ma démarche. Il s'extasia sur une maison en particulier qui lui rappelait celle de sa grand-mère en un peu moins vieillot d'après ce qu'il m'avait décrit. J'allongeai les billets en payant trois mois d'avance et nous fûmes locataires en fin de journée sans autres demandes de papiers. J'avais choisi délibérément de vivre du côté sorcier car je semblais y être bien tolérée. Il faisait très beau temps dans la capitale canadienne et je ne voulais pas rester cloitrée dans une maison. Malgré tout je dus faire des allers retours dans la capitale non sorcier pour trouver des équipements adaptés.

La maison n'était pas grande mais était fonctionnelle. Ne pratiquant pas la magie j'avais décidé de refaire quelques aménagements adaptés à ma condition. Nous partîmes ensuite dans une brasserie pour que Teddy mange un morceau. La nuit été tombée, il était tard et Teddy commençait à être fatigué. En rentrant, il choisit la plus grande chambre et défit ses bagages contenus dans son petit sac de voyage. Il y avait pas mal de choses, des choses personnels qui égayèrent vite la pièce où je n'avais installé qu'un lit, un chevet et une commode au départ. Il alla se brosser les dents et se coucha en réclamant ma présence à ses côtés. Il passa une nuit un peu agitée mais moins que les trois derniers jours.

Deux jours plus tard, nous partions en direction de la prison escortés par un le chef des Aurors lui-même. Harry lui avait demandé d'avoir un œil sur son filleul. Cela m'avait agacée. Teddy se blottit contre moi et attendit que l'on arrive, regardant les ondulations de l'eau avec désintérêt. Il avait perdu à nouveau cet air heureux qu'il avait eu avec moi pendant presque trois jours. Je maudis intérieurement son père. En déposant le pied à terre, je découvris vraiment l'horreur de l'endroit où nous nous trouvions. En redressant la tête vers le ciel, j'aperçus qu'une partie de la bâtisse noire. Combien y avait-il de prisonniers ici ? L'atmosphère était glauque. Avais-je bien fait de l'emmener ?

- Par ici, intervint le chef des Aurors.

Nous le suivîmes et passèrent plusieurs portes, porte véritables ou portes magiques. Il y en avait une qui détectait les armes éventuelles. Les baguettes étaient évidemment interdites. Je sentais le regard de certains gardes, peu habitués je supposais à la visite d'une immortelle. Autant dans le monde normal je pouvais me fondre dans la masse autant parmi les sorciers je ne paraissais vraiment pas à ma place même si j'y étais tolérée.

- Nous allons vous conduire à la salle de visite mais avant, vous devez boire cette potion, m'expliqua l'un des gardes posté à l'entrée de la fameuse salle.

- Quelle potion ?

- Une potion pour amoindrir votre force. Nous ne prenons aucun risque.

- Vous croyez vraiment que je vais aider cet homme à s'échapper ? Dis-je incrédule.

- Nous ne prenons aucun risque ! Répéta-t-il.

- Il a le droit de faire ça ? Demandai-je à notre accompagnateur.

- Oui. C'est une potion légale uniquement en univers carcéral.

Teddy me serra la main.

- S'il te plait Rosie.

J'obtempérai avec répugnance.

- Vous croyez vraiment que ça va marcher sur moi ?

J'eus la réponse avant même qu'il ne réponde. J'eus comme un coup de barre.

- Frappez dans le mur derrière vous, me demanda le garde.

J'y mis toute ma volonté mais je ne réussis qu'à fissurer un peu le mur. Stupéfaite je regardai mon poing.

- Vous pouvez entrer, lança le garde en ouvrant la lourde porte grise.

Nous avançâmes dans la pièce. Le chef des Aurors nous indiqua qu'il nous attendrait ici. Nous avions trente minutes.

Un homme se leva à notre vue, Teddy me lâcha la main pour courir vers lui. A ce moment là je sus que cet homme était mon ennemi.


POV BELLA

Nous étions mercredi, une semaine s'était passée jour pour jour depuis que nous avions vaincu nos ravisseurs. Une semaine que Billy était mort. Je ne réalisai toujours pas.

Il était dix-sept heures, je sortais de mon évaluation. J'avais passé un examen blanc et je devais en repasser un autre demain matin. Je ne m'en étais pas trop mal sorti. Je ne m'étais pas trompée en prenant une direction littéraire. Depuis que ma nature sorcière s'était révélée, je me sentais plus sûre de moi et certains déclics s'étaient fait. Je commençai à écrire, je lisais encore plus et je réfléchissais à un plan de carrière plus précis.

Je roulais en direction de la réserve espérant pouvoir enfin parler à Jake de ce que j'envisageai pour cette prochaine rentrée scolaire. J'appréhendai sa réaction. Avec ce qu'il traversait en ce moment, il était plutôt à fleur de peau ces temps-ci. Tout le contrariait et il n'arrêtait pas de se disputer avec ses sœurs. Avec Rebecca c'était à cause de son besoin de diriger sa vie et avec Rachel s'était parce qu'il venait de découvrir qu'elle sortait avec Jared. Il était de trois ans plus jeune qu'elle et il faisait partie de la meute ce qui accentuait les tensions parmi le clan.

Je me garai vers sa voiture et allai frapper à la porte. Rebecca m'ouvrit et, avec sa gentillesse légendaire, elle me fit savoir que son frère n'était pas encore rentré.

- Je vais l'attendre alors si ça ne te dérange pas, dis-je en forçant le passage.

Elle commençait à me taper sur les nerfs avec son attitude. Elle ne me connaissait pas et se permettait de me juger.

Au moment où elle commençait à m'incendier, Jake franchit le seuil. Sa joie de me voir s'évapora en comprenant ce qui se passait.

- Arrête de t'en prendre à Bella ! Ce n'est pas à elle que tu en veux.

Elle ne répondit pas et se détourna pour quitter la pièce.

- Tu viens on va faire un tour…

J'acquiesçai et le suivis avec soulagement. Je ne voulais pas me mêler de leurs affaires de famille. Je me sentais comme une intruse.

Il balança son sac de cours sur le seuil et m'attrapa par le cou. Il m'embrassa le front et nous partîmes en direction de la plage. Cette longue ballade fut reposante et agréable. Nous avions enlevé nos chaussures, foulant le sable tiède de nos pieds nus. Le temps était un peu couvert mais très doux. Je profitai de cette quiétude pour aborder enfin le sujet de mon départ. J'avais trop tourné autour du pot, repoussant l'échéance pour x ou y raison.

- J'voulais de parler d'un truc important…

- Ah oui ?

- Oui.

- Vas-y je t'écoute.

Son sourire engageant me facilita la tâche.

- Je pense partir prochainement étudier dans une école de magie en Angleterre.

Son sourire s'effaça.

- Harry me l'a recommandée. C'est une école réputée, ajoutai-je pour le dérider.

- Non.

Je le regardai, surprise par cette réponse si directe. Il me lâcha le cou et s'éloigna. Je tentai de le rattraper mais il marchait trop vite. Je me mis à courir et le rejoignis essoufflée.

- Attend !

- Non Bella, laisse-moi ! On en reparle plus tard.

- Non on en parle maintenant ! Persistai-je agacée.

Il me fixa, ses lèvres plissés, sa mâchoire contractée laissait transparaitre son mécontentement.

- D'accord, tu veux savoir ce que j'en pense ? Tu ne partiras pas c'est clair.

Je vis rouge.

- Comment ça je ne partirai pas ? Tu as vraiment cru que je te demandais la permission ? Personne ne décide à ma place. Tu entends !

Je fulminai.

- Oui j'ai bien entendu. Fais ce que tu veux je m'en fiche.

- Tu m'énerves !

Je me détournai et repartis vers la maison. Il y avait une trotte mais je m'en fichai. Je marchai d'un pas vif pour extérioriser ma colère. Au fur et à mesure, je me rendis compte de la stupidité de la situation. Nous nous étions emportés pour rien au lieu d'en parler calmement. Je m'arrêtai et me retournai dans l'espoir de voir qu'il était derrière moi. Mais ce n'était pas le cas. Déçue, je continuai donc vers la maison.

Elle était à peine en vue que j'entendis des éclats de voix.

C'était Sam et Jacob.

- Tu n'as pas le choix ! La meute ne peut pas rester sans chef.

- J'en ai marre que l'on décide de tout à ma place.

- Arrête de te conduire comme un gosse, tu as des devoirs !

- Je ne dois rien à personne. J'en ai marre !

Ses sœurs étaient sorties, essayant de le raisonner. Mais je savais que c'était peine perdue… Ce n'était plus de la colère à ce stade, il souffrait.

Il provoqua Sam physiquement et ce qui devait arriver arriva, ils mutèrent et commencèrent à se battre sous nos cris effarées. Je m'approchai imprudemment et ce fut l'accident.


J'ai décidé qu'Harry et Ginny n'aurait que deux enfants, c'est comme ça !