Kurt avait les yeux écarquillés, la bouche entrouverte et le souffle coupé par ce qu'il voyait. Sebastian l'avait d'abord embarqué très tôt sur une navette les menant jusqu'à la statue de la Liberté, Kurt avait insisté pour ne pas y monter parce que la file d'attente devait dépasser les deux heures au moins. Mais il avait été assez proche d'elle pour sentir une certaine adrénaline le consumer rien qu'en réalisant qu'il était à New-York grâce à ce symbole qui rendait tout réel. Mais il était loin d'avoir tout vu parce qu'après ça, Sebastian l'avait emmené jusqu'à Times Square. Et à ce moment là, quand ses pieds touchèrent le sol, quand ses yeux entrèrent en contact avec les dizaines et les dizaines de gigantesques tableaux publicitaires et quand ses oreilles furent agressées par le bruit de la circulation, de la foule et des musiques qui se jouaient dans les rues, Kurt avait su. Il appartenait à cette ville.
- J'ai l'impression d'être minuscule. J'ai l'impression que tout est énorme, mon cœur bat si vite !
Il posa une main sur sa poitrine avant de se mettre à tourner sur lui-même, levant les yeux vers le ciel avec un énorme sourire. Sebastian lui, contemplait Kurt et la joie qu'il ressentait. Il n'était lui-même pas du genre émotif mais il devait s'avouer au fond que voir un tel bonheur prendre possession de son meilleur ami ne le laissait pas insensible.
- Je te l'avais pas dit, Porcelaine ?
Kurt s'arrêta de tourner et posa son regard sur celui de Sebastian, répondant simplement par un sourire lumineux et à ce moment la, Sebastian se mit à penser que Kurt était la plus belle chose qu'il avait vu dans New-York jusqu'à maintenant. Il secoua la tête pour chasser ses idées et tendit son bras à Kurt.
- On continue la visite ?
Bras dessus, bras dessous ils se mirent en marche. Enfin pas trop longtemps, parce que Kurt portait des chaussures légèrement inconfortables et ressentait l'envie de découvrir le métro New-yorkais.
- Je te préviens Princesse, c'est pas très charmant le métro. Tu vas déteste l'odeur et le bruit.
Ils attendaient sur le quai et Kurt semblait impatient.
- Je ne l'ai jamais pris ! A Lima, on a que le bus et-
Il fut coupé dans sa phrase par leur métro approchant, s'arrêtant de parler immédiatement, Kurt se boucha les oreilles au bruit du crissement des freins du métro, faisant une énorme grimace à Sebastian qui lui, semblait totalement naturel, peu dérangé et à l'aise par ce vacarme. Il poussa Kurt dans le dos quand les portes du métro furent ouvertes, forçant un peu entre la foule pour pouvoir y entrer.
- Dépêche toi, on doit pas être séparés.
- QUOI ?
Kurt criait, les oreilles toujours bouchées, n'ayant pas compris. Sebastian leva les yeux en riant; laissant tomber. Ils finirent par pouvoir entrer, les portes se refermant juste derrière Sebastian.
- C'est plutôt...Pénible.
Il n'avait fallut exactement que 2 minutes de trajet pour que Kurt en vienne à cette conclusion. Ils n'avaient pas eu de places assises, se retrouvant donc debout et serrés comme des sardines. Mais ce n'était pas la partie la plus dérangeante pour Kurt, il aurait presque pu s'en accommoder si la personne à côté de lui n'avait pas eu son bras levé pour se retenir et si l'affreuse et forte odeur de sueur n'avait pas imprégnée son nez, le forçant à détourner la tête vers un autre côté ou les choses n'étaient pas mieux. Derrière lui, Sebastian ne retenait clairement pas son sourire moqueur qui annonçait un "Je t'avais prévenu Princesse" et s'ils n'avaient pas été aussi nombreux, Kurt lui aurait probablement volontairement écrasé le pied.
- On arrive, attention tiens toi.
- Quoi ?
Cette fois, Kurt ne se bouchait plus les oreilles mas le bruit du métro, des sous-terrain et du monde autour d'eux l'empêchaient d'entendre clairement Sebastian. Il comprit ce que son ami lui avait dit quand il se senti partir en avant, lorsque le métro se mit à freiner. Il tentait de se retenir avant d'être rattrapé in-extremis par Sebastian derrière lui qui lui enlaça la taille, le faisant échapper de peu à la chute.
- Tu vas garder tes pas de danse pour plus tard Princesse. C'est pas très apprécié dans le métro !
Sebastian gloussa et laissa son bras entourer la taille de Kurt pour sortir du métro, les guidant vers la sortie de la station.
- Est ce que tu as faim ?
Kurt se mit à réfléchir et posa ses mains sur son ventre, pas très sûr.
- Est-ce que tu auras autre chose à me proposer qu'un hot-dog hyper calorique ?
Et lorsque Sebastian répondit négativement, Kurt fit de même en faisant croire qu'il n'avait pas faim. Mais il n'eut pas le temps de terminer sa phrase que Sebastian avait déjà traversé la rue pour retrouver le petit stand de nourriture à la vitesse d'un super-héros. Et c'est dans Central Park que Kurt avait eu la chance de déguster son sandwich plein de graisse sous le regard amusé de Sebastian qui prenait des allures de Proud daddy.
- Ensuite, on va où ?
L'enthousiasme de Kurt était touchant et communicatif, mais loin d'être convaincant.
- Et si on prenait quelques minutes pour discuter ? A peine sorti de ton avion, on a visité les quatre coins de la ville. Broadway ne va pas s'envoler si on fait une pause.
Kurt soupira fortement. Il savait ou son ami voulait en venir et il savait aussi qu'il allait s'aventurer dans les sujets qu'il n'avait pas envie d'aborder.
- Comment tu te sens ? Comment tu le prend ?
- Le fait que Blaine en ait eu marre de moi ? Très bien. Je m'y attendais, ça planait sur moi. Il est resté bien trop longtemps à mes côtés, le jour ou il allait se lasser devait forcément arriver. Les gens ne restent jamais.
Il se mit à fixer ses pieds. Peut-être parce qu'il ne pouvait pas regarder Sebastian dans les yeux lorsqu'il parlait de ça. Le sujet était bien trop délicat pour ça, parce que ses paroles étaient destinées à son meilleur ami aussi. Pour Kurt, ce n'était qu'une question de jours avant que ce dernier ne lui tourne le dos.
- Mais moi, je suis encore là. Et crois moi, je te supporte depuis longtemps.
Sebastian observa Kurt, voulant voir la réaction qu'il aurait suite à ça. Comment il allait justifier le fait que lui, n'était pas parti.
- Peut-être que pour le moment, tu n'as pas envie de me faire de la peine. Mais que tu seras lassé de moi, quand je serais devenu trop triste ou déprimant ou non-intéressant, toi aussi tu partira. Même si tu me promets de ne pas le faire.
Un silence se mit à planer avant que Sebastian ne se prenne la tête dans les mains et pendant quelques secondes, lorsque Kurt posa à nouveau le regard en sa direction, il crut que son ami pleurait. Avant de remarquer que ce dernier s'arrachait presque les cheveux tant il semblait énervé.
- Alors tu ne pourra jamais croire que je suis à tes côtés juste parce que j'en ai envie ? Est-ce que tu crois que je suis bien et gentil et compréhensif avec toi par pitié ? Tu ne peux pas croire un seul instant que c'est parce que moi aussi, je te considère comme mon meilleur ami ? Que toi aussi, tu me rend heureux ? Kurt, merde ! Tu pourrais arrêter de me mettre dans le même panier que les autres ?
Il se doutait qu'élever la voix n'allait rien arranger et parfois il se disait même qu'à la place de Kurt, après toute les déceptions et les coups durs que ce dernier avait subi, il agirait pareil. Mais ne pas être capable de faire comprendre à Kurt à quel point il l'aimait lui était insoutenable.
Et pour Kurt, ce qui était insoutenable c'était d'être incapable de montrer à son meilleur ami à quel point il avait besoin de lui. A quel point il se sentait ronger par ses insécurités et son anxiété. Il était persuadé que chaque bonne discussion, chaque délire ou chaque belle journée en la compagnie de Sebastian était la dernière. Il ne pouvait pas se projeter dans le futur avec lui parce que la boule qu'il avait dans l'estomac lorsque ce dernier n'était pas là lui faisait croire que Sebastian n'allait avoir aucun mal à trouver mieux, plus intéressant, moins déprimant et plus passionnant que Kurt. Il profitait de chaque instant parce qu'il était sur que l'un d'eux allait être le dernier.
- Excuse-moi d'avoir crié.
Sebastian se pinça la lèvre, réellement embêté. Kurt haussa les épaules et lui offrit un léger sourire, l'excusant.
- Tu veux continuer la visite ?
Sebastian leva ses fesses du banc qu'ils avaient occupés et s'étira, faisant craquer son cou pour énerver Kurt.
- En fait, je préfère rentrer pour me débarbouiller et défaire mes affaires.
Sebastian lui tendit alors la main, l'invitant à se lever et ne laissa pas leur mains se défaire quand ils se mirent à marcher.
- Tu sais, si je croisais Blaine quelque part, je lui lancerais un coup de poing supersonic et il regretterais de t'avoir laissé tomber.
- Coupe de poing supersonic ? Vraiment ?
- Ouais, j'ai lu ça dans le dernier comic que j'ai acheté ! C'est quand Barry Allen se bat contre-
Kurt s'arrêta de marcher et lança un regard à Sebastian, le jugeant d'un air blasé.
- Tu vas pas me parler de tes lectures de geek ?
- Okay pardon princesse, parlons plutôt de Barbie au centre commercial.
Kurt se mit à rire et à lever les yeux, Sebastian se mettant à danser autour de lui comme s'il tentait de le charmer. La discussion d'avant fut oubliée, Sebastian ramenant Kurt à son appartement, souriant tout les deux dans la bonne humeur habituelle qui les envahissait quand ils étaient ensemble.
Mais le sourire de Kurt sembla secrètement s'envoler quand, arrivés sur le palier, Nathan attendait Sebastian un sourire aux lèvres.
- Tu es sur Kurt ?
Kurt faisait des aller-retour dans la chambre que Sebastian avait aménagée pour lui. Défaisant sa valise qui était posée sur le lit, il marchait jusqu'à l'armoire, y rangeant consciencieusement ses vêtements. Sebastian le suivait dans chacun de ses pas s'assurant qu'il ne lui en veuille pas.
- J'en suis sûr Seb !
- Je peux reporter, je me sens mal de sortir avec Nathan alors que tu es là ! J'ai pas envie de te laisser seul à l'appartement.
Kurt haussa les épaules en sortant son pyjama de la valise.
- Ça va aller, je vais ranger mes affaires, faire un soin d'hydratation pour ma peau et j'irais sûrement dormir tôt, la journée était fatigante.
Sebastian continuait pourtant d'arborer une moue.
- C'est juste qu'on se voit pas souvent, je m'en veux de pas profiter de passer une soirée avec toi pour sortir avec lui.
- Je vais pas m'envoler Bastian. On sera ensemble demain soir, va vivre. T'en fais pas !
Sebastian posa ses mains sur les épaules de Kurt, le faisant se tourner face à lui pour voir son expression.
- Sur ? Promis tu vas pas déprimer ?
Kurt acquiesça et Sebastian l'entraîna alors dans une étreinte douce et longue, se serrant l'un contre l'autre sans vouloir se détacher.
- Tu aurais pu venir avec nous. Tu veux ?
- Pour tenir la chandelle? Non merci.
Sebastian avait bien tenté de répondre que ce n'était pas le cas puisque Nathan et lui n'étaient pas en couple, ce par quoi Kurt avait répliqué que çan'y changeait rien étant donné qu'ils allaient finir par coucher ensembles de toute manière. Sebastian avait donc quitté l'appartement, laissant derrière lui un Kurt finalement un peu boudeur, vexé et triste d'avoir à passer la soirée seul. Il s'était mis en pyjama et avait sorti son ordinateur pour regarder des Grey's Anatomy sans voir l'heure passer avant que quelqu'un ne frappe à la porte.
- Kurt c'est moi, j'ai oublié mes clés.
Sans hésiter le chatain quitta le canapé pour aller lui ouvrir. Kurt poussa un petit cri lorsque Sebastian entra dans l'appartement, le visage tuméfié.
Hey !
Voici déjà le quatrième chapitre. Celui-ci comporte un peu plus de descriptions, j'ai trouvé ça bien de décrire d'avantage afin de mieux pouvoir situer les personnages. Et New-york étant la ville de mes rêves, c'était plus fort que moi.
Les parties anxieuses de Kurt sont probablement les plus dures mais les plus simples à la fois à écrire. Je me plonge dans certaines ressources personnelles. Sebastian étant l'ami qu'on rêve tous d'avoir. J'espère que ce chapitre sera apprécié, j'avoue devoir me faire violence pour ne pas faire de chapitres extrêmement longs.
Enjoy !
