Les Parfaits Serpentards
Chroniques de la première année : partie 4
Harry, Mercredi, Pugsley et Hermione ouvrirent la porte qui menait au chien de garde. La porte avait été verrouillée, mais un simple Alohomora en avait eu raison.
Le chien à leur vue se mit immédiatement à gronder d'un air menaçant, mais cessa toute attitude hostile lorsque Mercredi s'avança vers lui et l'enlaça. « Salut, mon beau. » dit-elle d'une voix douce. « Comment la vie se comporte-t-elle avec toi ? »
Les trois têtes du chien léchèrent son visage tout à tour tandis qu'elle les grattait derrière les oreilles.
« D'après Ron, Hagrid dit qu'il faut utiliser de la musique pour le passer. »
« Orphée a fait la même chose. » nota Pugsley.
Harry eut un sourire dangereux et lança un sort.
« Qu'est-ce que c'était ? » s'enquit Hermione.
« J'ai juste rendu sourd l'ami à trois têtes de Mercredi. Si quelqu'un essaie d'entrer, il devra battre rapidement en retraite. »
« Vas-tu nous laisser passer ? » interrogea Mercredi.
La bête hocha ses trois têtes avec enthousiasme, dans un manifeste élan de bonheur, et s'empressa de reculer laissant découvrir la trappe qu'il avait protégée de son corps massif.
« Merci. » continua la ténébreuse jeune fille. « Nous serons de retour aussi vite que possible. »
Pugsley ouvrit la trappe, et sonda l'intérieur du regard. « C'est tout noir. » déclara-t-il.
Harry haussa les épaules et sauta à l'intérieur sans autres formes de procès.
« Harry ! » hurla Hermione.
« Je te prierai de baisser d'un ton lorsqu'on essaie de dérober un artefact inestimable ! » siffla durement Mercredi à travers ses dents.
« Désolée. » murmura Hermione. « Est-ce qu'il va bien ? »
Mercredi lança un regard à Pugsley avant de sauter à son tour dans le trou.
« Hermione. » dit Pugsley avec un soupir résigné. « Tu vas devoir arrêter de les questionner à tout va. Tu as probablement remarqué qu'ils ne sont pas comme moi. J'imagine que tu me considères être relativement normal. Mon idée d'une bonne vie est de m'amuser autant que possible, chercher à savoir combien de choses je peux faire exploser, et exécuter ma petite part de tueries quand cela m'est demandé. Ces deux-là ont une destinée différente. Ils seront amenés à diriger notre Clan. Je sais qu'ils te paraissent bizarres, et que la façon dont ils semblent être dénués de toute peur t'intrigue particulièrement, mais c'est parce qu'ils embrassé la mort. As-tu vu les carrosses que les autres années ont utilisés à la rentrée pour ce rendre à l'école ? »
« Ceux qui avancent sans être tirés par des chevaux ? »
« Ils n'avancent pas tout seuls – ils sont tirés par des Sombrals, et seules les personnes qui comprennent la mort peuvent les voir. Harry et Mercredi peuvent les voir. Moi je ne peux pas. J'en serai probablement capable l'année prochaine une fois que j'aurai réalisé quelques petites choses cet été. Donc, si le fait de sauter dans un trou sombre peut te sembler insensé, cela ne l'est pas pour eux. Harry y est allé en premier, et comme il n'a pas crié, cela signifie qu'il ne lui est rien arrivé. »
« Oh. » fit faiblement Hermione.
« S'il-te-plaît cesse de les questionner. Ils te tolèrent à cause de moi. Si tu prouves être ouverte d'esprit, intelligente et non exaspérante, ils finiront peut-être par t'apprécier – et si c'est le cas, alors tu auras leur amitié pour le reste de ta vie. »
« Ma vie ? » répéta-t-elle perplexe.
« Oui. » confirma Pugsley. « Ma famille a une très grande espérance de vie, en raison de notre sang mixe, et Harry ? Eh bien, Harry est juste Harry. »
« Je vais arrêter. » promit-elle. « J'ai toujours été comme ça en grandissant, posant trop de questions et m'aliénant toutes les personnes que j'exaspérais à cause de ça. »
« Hermione, tu possèdes une intelligence remarquable » dit Pugsley, « et ça va poser quelques problèmes, mais rappelle-toi qu'eux aussi, et qu'ils étudient la magie sous toutes ses formes depuis qu'ils sont petits. Pendant que j'étais dehors à jouer avec l'Oncle Fétide, ils absorbaient toutes les connaissances qu'ils pouvaient. »
« Mais, pourquoi ? »
Pugsley haussa les épaules. « Afin de pouvoir repousser les limites de la magie, j'imagine. Ce n'est pas le lieu pour une conversation poussée sur le sujet. Pourquoi ne viendrais-tu pas chez nous cet été ? »
« Vraiment ? »
Il hocha la tête. « Je te protègerai, Hermione, il ne t'arrivera rien. »
Elle se mit à rougir, ne sachant que dire.
Il saisit la main de la jeune fille aux cheveux broussailleux et l'amena vers la trappe. Sans hésitation, il sauta avec elle.
Ils churent dans l'obscurité d'encre pendant un moment, avant d'atterrir sur une surface douce.
Harry et Mercredi levèrent les yeux vers eux. « C'est gentil de votre part de vous joindre à nous. » dit Harry.
Pugsley lui adressa un sourire éclatant.
« Hééé. » cria Hermione d'une voix étouffée. « Quelque chose s'est emparé de mon pied. »
« Qu'est-ce que c'est Hermione ? » s'enquit Harry.
Elle prit une profonde inspiration et sembla se détendre un peu. « Je sais ce que c'est, c'est un Filet du Diable. »
Harry hocha calmement la tête. « Et comment peut-on échapper à son emprise ? »
Elle réfléchit pendant un moment. « Il aime les endroits sombres et humides, donc par le feu ? »
« C'est une solution. » soupira Harry. « Mais je n'aime pas blesser des plantes innocentes. »
Hermione se mordit les lèvres pour s'empêcher de hurler lorsqu'une liane s'enroula insidieusement autour de son cou.
« Arrête-ça. » ordonna tranquillement Harry, en tapotant la plante.
La liane se retira lentement, après avoir donné une légère caresse au cou de Hermione.
Harry et Mercredi étaient sereinement assis au sommet de la plante, Mercredi semblait jouer avec certaines lianes. « Prêts à continuer ? »
« Ouaip. » fit Pugsley. « Nous n'avons pas tous ton amour pour la vie du plante. »
« Tu peux nous laisser passer maintenant. » déclara Harry, et la plante se déplaça légèrement sur le côté révélant en dessous un corridor en pierre.
Harry et Mercredi se levèrent et empruntèrent la voie ainsi dégagée. Hermione et Pugsley se ruèrent à leur suite. Ils émergèrent dans une sublime pièce dont le plafond était situé à très grande hauteur et emplie de milliers de petits oiseaux voletant un peu partout.
« Des clés. » grogna Harry.
« Quoi ? »
« Ce ne sont pas des oiseaux, ce sont des clés volantes. Nous sommes supposés en attraper une à l'aide des balais qui se trouve là pour ouvrir la porte. »
« Je n'aime pas voler. » marmonna Hermione. »
« Hermione. » commença Harry avec un long soupir. « Prête très attention à ceci : si tu n'aimes pas un jeu, n'y joue pas. »
Hermione cligna des yeux de confusion.
« Tu ne suis les règles que parce qu'ils ont été instaurés par d'autres personnes. Ces règles pourraient être tout aussi bien faites pour le bien de la société, que pour celui de l'aristocratie, ou parce que quelqu'un de haut placé s'est levé du mauvais pied ce matin-là. Tu dois comprendre que les règles viennent avec des sanctions lorsqu'elles sont transgressées, mais une fois que tu as décidé que les sanctions étaient un risque nécessaire, tu peux ignorer les règles et faire ce que tu veux. »
« C'est monstrueux ! »
Harry se retourna violemment vers elle, et pour la première fois son masque d'impassibilité disparut. « Avant de faire des jugements, » siffla-t-il, ses yeux étincelants dangereusement, « je te suggère de jeter un long regard à ta société, comment elle traite les autres, avant de nous qualifier de monstrueux. »
Mercredi tandis le bras et effleura légèrement son épaule. Il sembla se calmer, et la vive lumière dangereuse s'éteignit de ses yeux.
« Apprends-lui, Pugsley. » ordonna-t-il abruptement.
Pugsley regarda Hermione avec déception. « Lorsque nous reviendrons, tu jetteras un œil sur les Loups-garous, les elfes de maison, les Vélanes et toutes les autres espèces et tu verras par toi-même comment elles sont traitées. »
Hermione hocha faiblement la tête et riva ses yeux sur ses pieds.
La voix de Harry était revenue à son ton soyeux et envoûtant. « C'est l'heure d'un peu de Pugsley-isme constructif. »
« Très bien ! » s'écria Pugsley, brandissant son poing en l'air avant de retourner vers le corridor obscur par lequel ils étaient arrivés. Il en émergea quelques secondes plus tard, en tirant un large canon derrière lui. Il le dirigea vers la porte, ignorant l'expression ahurie de Hermione. « Chaud devant ! » hurla-t-il, et il effleura le dessus du canon avec sa baguette.
Hermione se jeta instinctivement au sol. Harry et Mercredi ne battirent pas un cil tandis que le lourd projectile du canon détruisait la porte.
« Bon travail. » complimenta Harry avant de traverser l'issue récemment aménagée par Pugsley. Il s'arrêta une fois entré dans la nouvelle pièce et observa les alentours.
Les autres le rejoignirent en quelques instants. Ils se tenaient au bord d'un immense échiquier. Chaque pièce était imposante, et placée de telle manière qu'il n'y avait aucun moyen de passer.
« Hermione ? » interrogea Harry.
« Nous devons remporter la partie pour passer ? » tenta-t-elle. Harry demeurait silencieux et immobile. Une expression apparut le visage de la jeune fille, celle qu'elle avait toujours lorsqu'elle se démenait avec un sujet difficile. « Mais nous n'apprécions pas les échecs, alors nous utilisons les balais de la pièce précédente et nous volons par-dessus les pièces ? »
« Il y a encore de l'espoir pour toi. » murmura Mercredi.
Le visage de Hermione vira à l'écarlate sous l'effet de la joie; c'était la chose la plus proche d'un compliment qu'elle avait reçue d'eux jusque là.
Pugsley retourna joyeusement en courant dans la pièce précédente pour récupérer les balais. Il n'y en avait que trois, alors il échangea un regard avec Harry.
Harry en prit deux et en donna un à Hermione. Il enfourcha le sien et lança un regard à Mercredi, qui s'assit devant lui. Sans un regard en arrière, ils s'élevèrent dans les airs, et survolèrent l'échiquier pour atterrir de l'autre côté de la pièce. Pugsley et Hermione les suivirent, à un rythme plus hésitant pour Hermione.
« C'est la dernière. » dit Harry.
Hermione ouvrit sa bouche mais la referma immédiatement après.
Harry lui jeta un regard en coin et hocha la tête. « Hagrid a trouvé la bête, le Professeur Chourave a fait pousser le Filet du Diable, Flitwick a enchanté les clés et McGonagall a créé l'échiquier géant. Il ne reste plus que le Professeur Rogue. »
Hermione hocha la tête.
Harry ouvrit la porte suivante, et la referma instantanément ensuite. « Quirrell. » soupira-t-il.
« Quirrell ? » répéta Pugsley.
« J'ai oublié Quirrell. » expliqua-t-il. « Il y a un Troll dans la pièce suivante. Je ne veux vraiment pas le tuer. »
Mercredi hocha la tête et entra dans la salle en refermant la porte derrière elle. Il y eut un hurlement à glacer les sangs, suivi du bruit lourd de quelque chose de massif s'écrasant. Harry ouvrit de nouveau la porte et suivit les pas de Mercredi. Elle se tenait devant un large Troll, qui était étendu sur le sol, une grosse bosse sur sa tête.
« Ce qui explique pourquoi il y avait un Troll dans le donjon plus tôt; il y en a un qui a dû s'échapper d'ici. »
« Asservir un être doué de raison pour garder quelque chose qui ne devrait pas être dans une école. » fit observer Harry à l'intention de Hermione. « Et nous sommes monstrueux ? »
Elle détourna le regard.
Harry travers la pièce et ouvrit la porte de la salle suivante. Une fois qu'ils eurent tous franchi la porte, un feu aux inhabituelles flammes pourpre s'étendit derrière eux au niveau du seuil de la porte. Au même instant, des flammes noires apparurent, bloquant l'accès à la porte qui se trouvait devant eux, les piégeant efficacement dans la pièce.
Il y avait une petite table sur laquelle se trouvaient sept petites fioles contenant une potion. Un morceau de parchemin placé à côté leur donnait un indice. Hermione la saisit et la lut à voix haute avant de sourire de contentement. « De la logique, finalement quelque chose qui ne me fait pas me sentir comme un poupon de deux ans. »
« Vas-y. » l'invita Harry.
Hermione examina les bouteilles, tandis qu'elle se murmurait pour elle-même. « Toutes les informations dont nous avons besoin sont ici sur ce papier. »
« Excepté la taille des fioles. » fit remarquer Mercredi d'un air pédant.
Hermione l'ignora. « Celle-ci ! » s'exclama-t-elle triomphalement, en saisissant la plus petite bouteille. « Celle-ci nous permettra de passer à travers les flammes. Et celle-là nous permettra de revenir sur nos pas. » Son visage perdit son expression triomphante quand elle examina de plus près le contenu de la fiole. « Il n'y en a assez que pour une personnes. » marmonna-t-elle.
« C'est pourquoi tu la boiras. » déclara Harry.
« Moi ? » glapit Hermione.
Harry lança un regard à Pugsley, puis saisit la main de Mercredi. Ils se regardèrent dans les yeux pendant une éternité avant de tourner les talons et de marcher à travers le feu.
« Ce sont des fausses ? » demanda-t-elle à Pugsley.
« Non, ce sont des flammes tout ce qu'il y a de plus réel. La douleur est seulement temporaire Hermione, et il y a de nombreuses choses qui sont pires que la douleur. Prends la potion et traverse. »
« Et toi ? »
« N'oublie jamais que je suis un Addams. » déclara-t-il fièrement, et il traversa les flammes d'un air tranquille.
Hermione s'approcha plus près du feu et tendit la main, effleurant légèrement le feu avec ses doigts. Une douleur lancinante la traversa, mais quand elle examina son doigt, il n'y avait aucune trace de brûlure. Elle frissonna à la pensée qu'ils s'étaient exposés à pareille souffrance de leur propre chef. Elle but le contenu de la bouteille et les rejoignit de l'autre côté.
Pugsley était à genoux, respirant difficilement. Harry et Mercredi observaient un miroir qui se tenait au centre de la pièce. C'était un miroir sublime, aussi haut que la pièce, avec un cadre aux dorures élaborées, et qui reposait sur deux pieds griffus. Il y avait une inscription gravée au dessus du miroir : Erised stra ehru oyt ube cafru oyt on wohsi.
« Attention. » avertit Pugsley. « C'est un miroir magique. »
« Qu'est-ce qu'il fait ? » demanda Hermione.
« Je ne montre pas votre visage, mais ce que votre cœur désire. » répondit Pugsley, en indiquant du doigt l'inscription.
Hermione opina du chef et regarda à travers le miroir.
« Que vois-tu ? » interrogea Pugsley avec curiosité.
« Je suis la Ministre de la Magie. » dit-elle. « Je suis en train d'être inaugurée. C'est merveilleux ! »
« Ca suffit. » dit Pugsley en l'écartant de l'artefact. Hermione cligna des yeux plusieurs fois et se secoua.
« Un faible enchantement compulsif couplé à un autre enchantement. » commenta Harry. « Charmant. »
« Qu'avez-vous vu ? »
Pugsley eut un sourire heureux. « Je faisais sauter une église abandonnée. C'était splendide ! »
« Harry ? » demanda Hermione.
« Rien. » répondit ce dernier. « L'enchantement ne marcherait pas sur nous. Cela a seulement fonctionné sur Pugsley parce qu'il l'a laissé faire. »
« Puis-je demander comment ? »
« Le miroir emploie une habilité nommée Légilimancie. » expliqua Harry. « Pugsley est doué en Occlumancie. Ce sont tous deux des arts de l'esprit; le premier te permet d'entrer dans l'esprit de quelqu'un; l'autre étant une mesure de défense. Nous t'apprendrons comment protéger ton esprit si tu acceptes l'offre de Pugsley. Tu adoreras cet habilité; elle te permet d'ordonner ton esprit afin d'être en mesure de récupérer une information plus vite. »
« N'es-tu pas curieux ? » insista encore Hermione.
Harry se retourna pour lui faire face. « Cela n'aurait aucune importance si c'était le cas. » expliqua-t-il lentement. « Ma célèbre cicatrice était une cicatrice ensorcelée. Elle avait une connexion avec Voldemort. »
« Il n'est donc pas mort ? »
« Non. S'il l'était, il n'y aurait plus de magie pour alimenter la cicatrice. Nous avons cependant trouvé un moyen de bloquer la connexion. » Harry échangea un regard avec Mercredi, avant de retourner examiner le miroir.
« Nous avons découvert qu'elle était toujours active l'année dernière, quand mère nous enseignait la Légilimancie. » continua Mercredi. « Nous avons fait quelques recherches, et découvert que la cicatrice handicaperait probablement Harry lorsque Voldemort sera de retour. Nous ne pouvions laisser une faiblesse aussi manifeste se créer, alors nous avons essayé de trouver un moyen.
« Et nous avons trouvé. En fait, Mère a trouvé. Elle est géniale. C'était un sort que vous classifieriez de Noir, mais c'était le seul moyen pour bloquer la connexion. L'inconvénient était la douleur qu'il suscitait. Ben plus douloureux que tout ce que tu pourrais imaginer. Le maléfice était relié à une partie de son cerveau, au centre même de la zone qui contrôle la douleur. Elle devait être supprimée, alors le sort a cautérisé cette partie de son cerveau avant de la reconstruire sans la magie étrangère. Le sort avait été créé comme un sort punitif par les Egyptiens. Alors nous l'avons reçu et cela a eu l'effet inattendu de nous rendre immunes aux sorts affectant l'esprit. »
« Attends une minute, tu l'as pris aussi ? » s'étonna Hermione.
Mercredi l'observa pendant un long moment, mettant ainsi Hermione mal à l'aise. « Il y avait une chance de soixante-dix pourcent de mortalité. Je n'allais pas le laisser endure cela tout seul. »
« C'était la chose la plus douloureuse à laquelle j'aie assisté. » intervint Pugsley. « Et possiblement la plus brave aussi. »
« Il est impossible de décrire l'agonie que le sort à causé, et c'était bien pire pour Harry, parce que le sort de Voldemort le combattait aussi. Nous sommes restés inconscients pendant près d'un mois après l'avoir reçu, mais cela en valait la peine. Nous avons décidé de garder la cicatrice comme souvenir. »
« Mais durant la répartition… ? »
« Je peux projeter. » répondit brièvement Mercredi.
« J'ai trouvé. » les interrompit Harry. « Hermione, viens par ici. »
Hermione se dirigea vers lui. « Regarde dans le miroir, et pense au fait de donner la pierre à Pugsley. »
Elle fit ce qu'on lui demandait et lentement elle plongea sa main dans la poche de sa robe. Elle en sortir la pierre et la présenta à Pugsley.
Harry eut un reniflement. « Voldemort voulait la pierre pour lui-même, alors Dumbledore a enchanté le miroir pour que seulement quelqu'un qui ne voudrait pas la pierre pour son propre bénéfice puisse la récupérer. Il est bien trop optimiste à mon goût. »
Pugsley observa l'artefact dans sa main pendant une seconde et haussa des épaules avant de la présenter à Harry, qui la mit dans sa poche. « Allons nous coucher. » suggéra-t-il.
Ils revinrent sur leurs pas traversant sans mal les flammes qui avaient protégé le miroir, et Hermione but l'autre potion lui permettant de traverser les flammes pourpres. Le Troll était toujours inconscient, et ils survolèrent de nouveau l'échiquier. Une fois descendus de leurs balais ils les placèrent où il les avaient trouvés.
« Reparo. » incanta Harry, dirigeant sa baguette vers la porte que Pugsley avait détruite. La porte se reforma, et ils tournèrent les talons pour revenir à l'emplacement du Filet du Diable.
« Comment allons-nous remonter ? »
« Es-tu, ou n'es-tu pas une sorcière ? » interrogea Mercredi, sa voix quelque peu glaciale. « Wingardium Leviosa. » incanta-t-elle, et elle flotta jusqu'au plafond.
« Je ne sais pas si je peux faire. » confessa Hermione tandis que Harry s'élevait à son tour vers Mercredi.
« La Magie repose sur la croyance. » dit Pugsley. « Je crois en le fait que tu en es capable, et c'est tout ce dont tu as besoin. »
« Vraiment ? »
Il hocha vigoureusement la tête.
Hermione se regarda, et avec un parfait mouvement de sa baguette, elle énonça la formule et s'éleva, accompagnée par Pugsley.
« Pugsley, raccompagne Hermione à la Salle Commune des Gryffondors. »
« Entendu, Harry, je vous vois plus tard. » Il se plaça à côté de Hermione et ils s'apprêtèrent à emprunter le couloir menant vers la tour de Gryffondor.
« Hermione. » appela Harry.
Elle s'arrêta et se retourna vers lui.
« Tu as fait du bon travail. »
Il n'attendit pas de voir sa réaction, il se contenta seulement de faire volte-face et de s'éloigner, sa main dans celle de Mercredi et la clé de l'immortalité dans sa poche.
Elle se tourna vers Pugsley, qui lui souriait largement. « Un compliment de poids. » lui révéla-t-il. « Harry ne te mentira jamais, alors s'il a dit que tu as fait du bon travail, c'est que c'est vrai. »
« Ils sont tellement étranges. » dit Hermione. « Dans leur relation et tout le reste. »
« Tu pourrais essayer de parler à Mercredi. » suggéra Pugsley. « Peut-être te l'expliquera-t-elle. Tu ne seras probablement pas en mesure de comprendre maintenant, mais dans un futur proche, cela aura peut-être du sens pour toi. »
Elle acquiesça. « Nous avons transgressé tellement de règles aujourd'hui. »
« Et ? »
Elle se mit à sourire. « C'était excitant. » admit-elle. « Sommes-nous amis ? »
« Comme je te l'ai dit tout à l'heure, l'amitié pour eux, est un engagement à vie. Ils ne l'accordent pas légèrement, ou facilement. En ce qui me concerne, » finit-il alors qu'ils arrivaient à la Tour, « oui, je pense que nous sommes amis. »
Le jour suivant fut relativement paisible, bien qu'il y eût quelques discussions sérieuses qui se tinrent parmi quelques Gryffondors, mais ce fut le matin suivant durant le petit déjeuner que l'orage éclata.
Tout d'abord un Ron, Seamus et Neville extrêmement pâles et terrorisés entrèrent dans la Grande Salle. Vint ensuite un Quirrell boitant manifestement qui alla s'asseoir tant bien que mal à la table des professeurs. Il était incroyablement livide et tremblant, comme si une rage indicible parcourait son corps.
Finalement, quand tout le monde fut installé, les portes s'ouvrirent avec fracas et un sorcier à l'apparence antique entra telle une tempête, une expression furieuse peignée sur son visage ridé.
« Nicolas ? » s'exclama le Professeur Dumbledore sous le coup de la surprise.
« Un chien, une plante, une clé volante, un échiquier, un feu et un faible enchantement compulsif ? » s'exclama Nicolas Flamel. « Est-ce là l'idée que tu te fais d'une protection ? Je t'ai autorisé à la sortir de Gringotts, en dépit des conseils des gobelins, pour la placer entre tes mains, et tu la mets derrière quelque chose qu'un groupe d'enfants de onze ans peut passer ? »
« Ils ne l'ont pas passé. » répondit Albus en jetant un regard à Ron et aux deux autres Gryffondors.
« Pas eux, espèce d'idiot maladroit ! » rugit Flamel. « En sécurité ? Elle aurait été en sécurité dans le jardin de Rose de Perenelle. Au moins, elle aurait été sous la protection d'un Fidelitas ! » Il prit une profonde inspiration et balaya la salle du regard. Il s'interrompit dans sa recherche et marmonna un sort, puis hocha et se remit à balayer les tables du regard, jusqu'à ce que son regard s'arrête sur Harry et Mercredi. « Je suis Nicolas Flamel, le co-créateur de la Pierre Philosophale. »
« Hermione. » appela Pugsley. « Viens par là. »
« Je suis Harry Potter. » dit Harry, en se levant et en s'avançant vers le vénérable sorcier. « Voici Addams, son frère Pugsley, et Hermione Granger. »
« C'est formidable de vous rencontrer. » les salua gaiement Flamel.
« Nicolas… » commença Albus.
« Tu restes en dehors de ça. » gronda Flamel, la colère et l'hostilité clairement perceptibles dans sa voix pour toutes les personnes présentes. « Puis-je vous demander comment vous êtes parvenus à franchir les protections ? » s'enquit-il, sa voix retournant à la normale en s'adressant à eux.
« Mercredi a toujours eu une affinité avec les animaux, et nous avons demandé gentiment au Cerbère de nous laisser passer. De mon côté, j'apprécie beaucoup les plantes, alors j'ai demandé au Filet du Diable de nous laisser passer. Pugsley est doué lorsqu'il s'agit de faire exploser les choses, alors il a détruit la porte de la pièce aux clés volantes – que nous avons plus tard réparée. Nous avons ensuite volé par-dessus l'échiquier, Mercredi a invalidé le Troll – qui est toujours vivant, et nous avons tous trois traversé les flammes, bien que Hermione seule ait pris la potion, et ensuite Hermione a récupéré la pierre du Miroir et me l'a donnée. »
« Impossible. » argua Rogue. « Ces flammes sont bien pires que le Doloris. »
« Endoloris. » dit tranquillement Harry, en pointant sa baguette vers Mercredi.
Mercredi tomba sur un genou de surprise, avant de se mettre à frissonner et de se relever, et Harry arrêta le sort. « Merci. » souffla-t-elle avec un petit, mais heureux sourire sur son visage.
« Voulais-tu la présence des Aurors pour une raison précise ? » s'enquit calmement Nicolas.
Harry hocha la tête, et cela ne prit pas longtemps pour que le même Auror qui s'était présenté durant la visite de la famille n'ouvre de nouveau les portes de la Grande Salle avec fracas, accompagné de quelques Aurors différents.
« Mr Flamel. » fit-il sous le choc.
« Restez sur vos gardes, Kingsley. » dit Flamel d'une voix acérée.
Les Aurors hochèrent la tête, et firent un pas en arrière.
« Tu sais j'imagine, qu'il y a une meilleure façon de prouver à votre professeur qu'il a tort ? » dit Nicolas à Harry.
Harry acquiesça. « Mais Mercredi a été splendide cette année, alors elle méritait une récompense. » Il plongea sa main dans sa poche et en retira la Pierre Philosophale. « Vous savez. » déclara-t-il d'un air désinvolte. « Je pensais qu'elle serait plus grosse. »
« Donne-la moi ! » s'écria soudainement Quirrell.
Harry, Mercredi et Flamel se tournèrent vers lui, tout comme le fit pratiquement tout le reste de l'école.
« Pourquoi ? » demanda Harry avec curiosité.
« Laisse-moi lui parler. » déclara une voix glacée aux accents effroyablement aigus.
La Grande Salle devint complètement silencieuse.
« Maître, vous n'avez pas assez de force! »
« J'ai assez de force…pour ça… »
Quirrell leva les mains jusqu'à son turban et se mit à le dérouler. Le turban tomba à terre, et il se retourna lentement. Où le derrière de la tête de Quirrell aurait dû se trouver, il y avait un visage, le plus effroyable visage que la plupart des personnes présentes eût jamais vu. Il était d'un blanc crayeux avec des yeux rouges scintillants d'une lueur mauvaise et des fentes en guise de nez, semblable à ceux d'un serpent.
Des cris emplirent la Grande Salle.
« Silence. » ordonna calmement Harry.
Et le silence se fit.
« Voldemort, je présume ? » demanda Harry.
« Harry Potter… » murmura le visage. « Vois ce que je suis devenu. » déclara-t-il. « Plus qu'une simple ombre vaporeuse…Je ne peux avoir de forme que lorsque je partage le corps d'un autre…mais il y a toujours eu des personnes désireuses de me laisser entrer dans leur cœur et leur esprit…le sang de licorne m'a rendu des forces ces dernières semaines…le fidèle Quirrell en a bu pour moi dans la forêt… et une fois que j'aurai l'Elixir de Longue Vie, je serai en mesure de me recréer un corps…à présent…pourquoi ne me donnerais-tu pas cette Pierre que tu tiens en main ? »
Harry semblait pensif. « Hummm – eh bien, non, je ne crois pas. » finit-il par répondre.
« Ne sois pas stupide. » gronda le visage. « Il vaut mieux sauver ta vie et me rejoindre…ou tu rencontreras la même fin que tes parents…après tout, ils sont morts en me suppliant de les épargner… »
Harry eut un petit rire. « La Mort n'est pas quelque chose dont on doit avoir peur, lâche. Vous vous accrochez à la vie comme une maladie, tuant les autres pour préserver votre vie. Vous êtes faible, lâche et incompétent. Et à présent vous venez de révéler au monde entier que vous n'êtes pas mort, incluant Nicolas Flamel et tout un groupe d'Aurors. Votre incompétence est vraiment effarante. »
« Alors tu prévois de garder l'Elixir pour toi-même. » siffla Voldemort, tandis que Quirrell s'avançait vers Harry en marche arrière.
« Je ne crains pas la mort. » répondit sereinement Harry. « Je voulais juste un présent pour mon Oncle. »
« Tu vas la donner à un parent ? » s'exclama Voldemort avec incrédulité.
« Oh non, je voulais juste une faveur de Nicolas en guise de remerciement. » expliqua Harry avant de présenter la pierre à Flamel.
« Tu sais que la Pierre Philosophale pourrait te rendre riche au-delà de tes rêves les plus fous, et t'offrir la vie éternelle, n'est-ce pas ? » s'enquit Nicolas.
Harry haussa les épaules et se répéta. « Je ne crains pas la mort, et j'ai assez d'argent pour le reste de ma vie. »
« Je pense, » dit lentement Nicolas, « qu'il serait mieux de la détruire. »
« Très bien. » acquiesça Harry.
« Attends ! » hurla Voldemort, et Quirrell arrêta d'avancer.
Harry reporta son regard sur le Mage Noir déchu.
« Tu recherches la connaissance. » siffla Voldemort. « Je peux te donner cette connaissance. »
« Hautement improbable. » réfuta sereinement Harry.
« En échange de la pierre. » continua Voldemort. « Tout le travail que j'ai réalisé au cours de ma vie se trouve à Little Hangleton, dans une église abandonnée, dans la crypte sous l'autel. »
Harry le regarda pendant un moment qui sembla interminable aux yeux de l'auditoire. « Vous dites la vérité. » déclara-t-il finalement. « Très bien. » il lança la pierre à Pugsley. « Donne-la lui. »
« Non ! » s'écria Albus, mais il fut ignoré.
Quirrell saisit la pierre et éclata d'un rire triomphant. « Fais-nous sortir d'ici. » ordonna Voldemort. Il reporta son regard incandescent sur Harry. « Tu n'es pas ce à quoi je m'attendais. »
Harry haussa les épaules.
Quirrell se mit à courir et en un instant, il avait franchi les portes de la Grande Salle.
« Comment as-tu pu ? » souffla Abus depuis la table des Professeurs, d'une voix brisée.
Harry lui adressa un regard de mépris.
« Quatre. » annonça nonchalamment Pugsley dans le silence stupéfait de la Grande Salle. « Trois, deux, un. »
Il y eut un moment de latence, avant qu'une bruyante explosion ne fasse trembler les couverts sur les tables de la salle.
« Boum. » conclut Pugsley.
Nicolas échangea un regard avec Harry. « Je parie que ça a du faire mal. » fit-il sur le ton de la conversation.
Harry opina du chef. « Et nous aurons besoin d'un autre professeur de Défense l'année prochaine. » approuva-t-il.
« Tu me déçois grandement, Albus. » déclara Nicolas en se retournant vers le Directeur complètement stupéfié . « Si je peux voir du premier coup d'œil qu'il y a un problème avec l'un de tes Professeurs, sûrement en es-tu aussi capable ? »
« C'était évident. » renchérit Harry.
Pugsley mit sa main dans sa poche et en ressortit la vraie Pierre Philosophale et la redonna à Harry.
Harry adressa un regard à Flamel.
« Détruis-là. »
Harry la fit tomber au sol et l'écrasa du pied. Il y eut un crack sonore, et la pierre se brisa en des milliers d'endroits.
« Merci. » soupira Nicolas.
« Ne craignez pas la mort. » lui conseilla Harry. « Prenez votre femme et profitez de vos dernières années ensemble. »
« Un très bon conseil, jeune homme. » dit Flamel avec un sourire. « Je vais repartir avec les Aurors et faire savoir au monde Sorcier que Voldemort est quelque part dans la nature. »
« Est-ce que cela va poser des problèmes ? »
« Bien sûr. » répondit Flamel avec un sourire malicieux. « Mais ce n'est rien que nous ne puissions gérer. Envoie-nous ton oncle quand il sera prêt. Et j'aimerais que vous veniez aussi. Venez, Kingsley. »
« Et le sortilège impardonnable lancé ? » demanda Kingsley.
« Considérez-le comme un sortilège d'Attraction. » suggéra Nicolas avant de quitter la pièce.
Harry fit volte-face et retourna à la table des Serpentards, suivi de près par Hermione, Mercredi et Pugsley.
« Harry. » interpella Dumbledore. « Pourquoi n'as-tu pas défait Voldemort ? »
« Je l'ai défait. Mais vous ne pouvez pas tuer un spectre, il n'est pas réellement vivant. » répondit Harry. « Je devrai attendre qu'il récupère un corps avant de laisser Mercredi le tuer. »
« Oh, chouette ! » s'exclama avec ravissement Mercredi, un large sourire fendant son impeccable visage en deux.
« Merci. » finit par dire Dumbledore à Harry.
Harry haussa les épaules et retourna à son repas.
« Vous venez tous de voir que Voldemort n'est pas mort. » annonça tristement Dumbledore, en regardant les élèves. Il sembla marquer une pause dans la salle toujours aussi silencieuse, comme s'il s'attendait à une plus grande réaction des élèves. « Les temps qui se profilent seront difficiles, mais ensemble, nous surmonterons les épreuves à venir. »
« Professeur. » intervint poliment le Préfet-en-Chef. « Je pense que nous comprenons tous que Voldemort est de retour. Mais nous avons appris cette année qu'il y a beaucoup de choses effrayantes dans le monde, et il n'est que l'une d'entre elles. Et, eh bien, nous avons aussi appris que beaucoup de choses que nous pensions connaître à propos du Monde Magique s'avèrent être fausses. Nous avons aussi appris que parfois vous devez combattre le feu avec le feu, et que Harry, Mercredi et Pugsley sont bien plus brûlants que Voldemort. »
Il y eut une tonitruante acclamation des autres élèves suite à ce discours, mais les personnes qui se retrouvaient acclamées l'ignorèrent.
Ils se contentaient de prendre paisiblement leur petit déjeuner.
Mais ce fut à la dernière soirée avant la fin de l'année scolaire qu'il avait finalement pu mettre le doigt sur ce qui avait turlupiné sa conscience toute l'année durant.
« Mercredi ? » appela Hermione.
Mercredi ne détourna pas son regard de ce qu'elle faisait.
« Puis-je te demander quelque chose ? »
Mercredi déposa sa plume et se tourna vers Hermione, toute sa concentration sur la jeune fille aux cheveux broussailleux.
Hermione sembla fléchir sous le regard de l'impassible jeune fille aux cheveux noirs avant de raffermir sa volonté.
« Harry. » parvint-t-elle finalement à préciser du bout des lèvres.
« Quoi donc, Harry ? » Il y avait un ton d'avertissement dans la voix de Mercredi.
« Vous agissez, » commença Hermione, avant de s'interrompre et de tenter à nouveau. « Vous agissez comme si vous alliez être ensemble pour toujours. »
« En effet. » approuva Mercredi.
Cette réponse sembla déconcerter Hermione, mais elle se reprit rapidement. « N'êtes-vous pas, eh bien, un peu trop jeunes pour ça ? »
« Oui. » concéda Mercredi. « Mais dès que j'apercevrai la moindre once de puberté se développer en nous, je rectifierai ce problème immédiatement. »
Hermione se mit a rougir furieusement. « Ce n'était pas ce que je voulais dire. » expliqua-t-elle. « Je voulais dire émotionnellement.
Mercredi la scruta du regard pendant un long moment avant de replier impeccablement ses mains sur ses genoux. « Je connaissais ma destinée dès le jour de ma naissance. » expliqua-t-elle calmement.
« Je tuerais mon premier petit-ami avec une hache à l'âge de dix-sept ans. Je l'enterrerais dans le jardin et utiliserais sa voiture jusqu'à ce qu'elle tombe en ruine. Une fois l'âge de la retraite atteinte, j'aurais tué soixante-douze hommes, et je' aurais été riche au-delà des rêves des simples mortels, et j'aurais été complètement seule. Notre clan aurait grandi, et la vie aurait suivi son cours. »
« C'est horrible. » s'horrifia Hermione.
« Je sais. » acquiesça Mercredi. « Seulement soixante-douze morts. » Elle marqua une pause. « Mais alors ma mère est revenue d'un voyage en Angleterre avec Harry. J'avais cinq ans, et on m'avait demandée de l'accueillir dans la famille.
« Je prévoyais de le recouvrir de quelque que j'avais découvert dans le placard de l'Oncle Fétide, quand j'ai croisé pour la première fois son regard.
« J'ai vu une nouvelle destinée s'offrir à moi. Je n'aurais qu'un seul amour, lui, et je ne serais pas en mesure de tuer aléatoirement; je pourrais seulement tuer ses ennemis. Je devrais accepter un peu de lumière dans mon âme, tout comme il devrait accepter un peu de ténèbres dans la sienne, mais j'aurais une passion qui durerait à travers l'éternité, un amour qui ne mourrait jamais. »
« Alors tu as pris ta décision. » ajouta Hermione.
« Cela m'a pris quatre ans et demi pour la prendre. » acquiesça Mercredi. « C'était la chose la plus difficile que j'eusse jamais faite alors. La destinée que j'abandonnais était si tentante, mais à la fin, la réalisation que sans moi, Harry finirait dans une relation cauchemardesque, sans aucune passion m'a fait prendre ma décision. Harry était de la famille, et la famille passe toujours avant tout. »
Hermione était bouche bée.
« Je lui ai fait savoir ma décision il y a deux ans. »
« Que s'est-il passé ? » s'enquit Hermione. Mercredi lui raconta l'histoire.
- Deux ans auparavant -
Mercredi entra dans la chambre de Harry. Des chaudrons mijotaient tout autour de lui tandis qu'il travaillait, suivant avec concentration les instructions d'un grimoire imposant.
« Mercredi. » la salua-t-il.
« Harry. » répondit-elle, et elle s'assit sur son lit pour l'attendre.
Cela lui prit trente minutes pour terminer. Il préleva une certaine quantité de potion à l'aide d'une louche et la versa dans un tube à essai, avant de le lui présenter. « Un cadeau. » dit-il, et lui sourit d'un sourire qu'il ne semblait réserver que pour elle.
« Qu'est-ce que ça fait ? » s'enquit-elle avec curiosité.
« Essaie-la sur la prochaine personne qui essaiera de te persuader de 'se joindre' à elle à l'école. » suggéra-t-il. « Cela fera pousser des poils sur sa poitrine. »
« Sur les filles aussi ? » interrogea-t-elle.
Il opina du chef.
« J'ai pris une décision. » lui dit-elle sans préambule.
« A propos de nous ? » demanda-t-il.
Elle le regarda avec surprise. « Tu savais ? »
Il acquiesça « Au moment où je t'ai vue. »
« Que savais-tu ? »
« Que je pourrais avoir avec toi ce que Gomez possède avec Morticia. »
« La plupart des garçons n'aiment pas les filles. »
« Tu n'es pas une fille, tu es Mercredi. »
Elle ne put s'empêcher de le gratifier d'un bref sourire.
« Que se passe-t-il si je dis non. » interrogea-t-elle.
« J' irai à l'école tout seul, je me ferai de nouveaux amis, me ferai trahir par des représentants de l'autorité, je perdrai les personnes que j'ai laissées entrer dans mon cœur, et ensuite je mourrai, puis je gagnerai, et je finirai dans un mariage terne avec des enfants aux noms ridicules. C'est une vie pleine de douleur, de souffrance et de misère. »
Elle frissonna. « Oh, ça semble si, si – tentant. »
« Je sais. » approuva-t-il. « Ta décision ? »
« Dis-moi la tienne d'abord. » demanda-t-elle, et non l'exigea.
« Je te choisis. » déclara-t-il. « Aussi attirante que l'alternative puisse être, sans moi, tu finiras contente. »
Elle poussa une exclamation de choc. « Contente ? »
Il acquiesça. « Seule, après toutes ces morts, et avec tout cet argent, et notre clan grandissant. Tu seras contente. »
« Tu as raison. » souffla-t-elle avec une horreur abjecte lorsque la réalisation la frappa. « Je ne vais même pas être misérable ! »
« Je ne peux pas te laisser prendre cette voie. »
Elle ferma ses yeux. « Dis-moi. » souffla-t-elle dans un murmure, « que se passera-t-il si je te choisis ? »
« Je te donnerai ce dont tu as besoin, et même ce à quoi ton cœur aspire et dont tu n'as pas encore conscience. » dit-il d'une voix douce. « Quand nous serons plus âgés, je te ferai hurler, à la fois d'extase et d'agonie. Je te réfrénerai, te pointerai dans la bonne direction et je te laisserai tuer mes ennemis. »
« Je te permettrai de t'épanouir, de lâcher l'enfer sur ceux qui le méritent, et je t'accepterai pour ce que tu es, Mercredi Vendredi Addams. »
« Avec moi, tu ne seras jamais, au grand jamais, contente. »
« Comment me feras-tu crier ? » demanda-t-elle. Elle n'avait jamais ressenti les émotions qui la secouaient ainsi auparavant; la réalisation que sa destinée était son plus grand cauchemar la terrifiait d'une manière qu'elle n'avait jamais expérimentée de par le passé.
« J'ai parlé à Gomez. » expliqua-t-il. « Je lui ai demandé comment il pouvait vivre avec Morticia, une sorcière aussi puissante et violente.
« Et il m'a expliqué. Quand nous serons plus âgés, je te donnerai la douleur que tu désires, la douleur dont tu as besoin, et je t'amènerai en des lieux dont tu n'auras fait que rêver, je ferai disparaître la barrière entre le plaisir et la douleur pour toi. »
« Tu abandonnerais toute cette souffrance pour moi ? »
« Oui. »
« Je te choisis. » dit-elle simplement.
Il se plaça devant elle et saisit ses mains. « J'accepterai si tu me donnes une chose. »
« Quoi ? » s'enquit-elle.
« Tes larmes. »
Pour la première fois depuis qu'elle le connaissait, elle fut choquée. « Qu'entends-tu par là ? »
« Je veux ton âme, Mercredi, et je veux que tu me la donnes. »
« Elle est à moi, pourtant. »
« Plus maintenant. Je la prendrai pour te la garder, et je la rangerai près de la mienne. »
« Je n'ai jamais pleuré. » lui indiqua-t-elle.
« C'est pourquoi je veux tes larmes. » approuva-t-il. « Je t'ai vue sourire, je t'ai vue en colère, je t'ai vue arborer toutes les émotions possibles alors que nous apprenions à les dissimuler, mais tes larmes sont spéciales. »
« Je suis effrayée. » confessa-t-elle.
« Je le suis aussi. » répondit-il.
Elle prit une profonde inspiration. « Tu veux que je m'ouvre comme jamais je ne l'ai fait auparavant. »
« Et que tu me laisses entrer. »
« Et tu ne me laisseras jamais partir ? »
« Tu seras mienne pour l'éternité, tout comme je serai tien. »
Ce n'était pas ce à quoi elle s'était attendue. Elle avait pensé être celle qui le sauverait, pour la famille. C'était un choc que de réaliser qu'il abandonnait une aussi merveilleuse agonie pour elle, et que c'était lui qui la sauvait, et lui promettait tellement.
Seule une idiote choisirait une vie de contentement au détriment d'une vie d'agonie et d'extase. Et en outre, il lui serait toujours possible de tuer les personnes qui se placeraient en travers du chemin de Harry.
Elle ouvrit ses yeux et les leva vers lui. Elle imagina le contentement. Elle s'imagina vivant jusqu'à la fin de ses jours ainsi. Elle imagina une vie où personne ne la ferait jamais hurler.
Et lentement, les larmes se mirent à couler le long de ses joues pour la première et dernière fois.
Il se mut doucement, les collectant dans l'un de ses tubes à essai jusqu'à ce qu'elle s'arrête.
Il la regarda dans les yeux et se mit à boire ses larmes. « Tu ne pleureras plus jamais. » jura-t-il d'une voix douce. « Tes larmes m'appartiennent pour l'éternité. »
« Pour l'éternité. » acquiesça-t-elle, bannissant à tout jamais dans son esprit toute pensée de sa précédente destinée.
« Vous avez eu cette discussion à neuf ans ! » La mâchoire de Hermione menaçait littéralement de se décrocher.
« Nous avons toujours été précoces. » statua Mercredi avec le même ton qu'elle avait employé tout le long de son récit.
« Alors tu aimes Harry ? »
« Aimer ? Quel mot limitatif. » murmura Mercredi. « Il est mon obsession, mon désir, mon cauchemar, mon rêve, tout comme je suis le sien. Nous attendons ardemment le jour où nous serons assez âgé pour que nous puissions faire tout ce qu'il a promis, mais nous attendons avec patience que ces jours arrivent. »
« Je ne comprends pas pourquoi tu veux qu'il te fasse mal. »
« Tu ne comprendras jamais. » déclara Mercredi avec le premier soupçon d'émotion dans sa voix qu'elle lui eût entendu: de la pitié.
« Tu ne comprendras jamais ce que c'est que de se soumettre complètement à lui. Tu auras une vie pleine de normalité, de contentement, et de bonheur. » déclara-t-elle avec une once de dégoût à cette pensée. « J'aurai une vie dans laquelle j'effleurerai la démence, dans laquelle je serai puissante, dans laquelle je serai en contrôle, dans laquelle le contentement sera traité avec le mépris qu'il mérite. Il m'amènera aux endroits de l'esprit auxquels je ne pourrai jamais me rendre par moi-même et je l'aimerai aussi longtemps que cette univers existe pour avoir sacrifié sa propre misère pour moi. »
« La misère est une mauvaise chose. » statua Hermione.
« Oh non. » contra Mercredi. « La misère est une chose merveilleuse. Elle déchire ton cœur et ton âme, elle te fait réaliser que tu es vivant. Bon et mauvais, haut et bas, noir et blanc, ce sont tous des extrêmes, tous des idéaux, et si tu acceptes cela, alors la misère peut être ton plus grand rêve, et le bonheur ton plus grand cauchemar. »
« Cela ne semble pas juste, cependant. » dit Hermione d'une voix douce.
« Quoi donc ? »
« Harry faisant tout ça pour toi; toi te soumettant à lui. »
Quelque chose dans les yeux de Mercredi changea drastiquement.
« Ne pense jamais que notre relation est déséquilibrée. » sa voix était à présence plus froide que de la glace. « N'ose pas insinuer que je ne réponds pas à ses besoins; que je ne le fais pas crier comme il en a besoin, que je ne le pousse pas jusqu'aux frontières de la raison. »
« Ce n'est pas ce que je voulais dire. » protesta faiblement Hermione.
Mercredi la scruta du regard pendant ce qu'il lui sembla être une éternité. D'une voix légèrement plus chaleureuse, elle continua. « Ensemble nous avons vu des choses que tu ne peux pas comprendre, expérimenté des choses qui dépassent la raison, franchi des limites que des humains ne sont pas sensés franchir. Et pourtant nous sommes toujours là. Nous sommes ce que nous sommes parce qu'ensemble nous avons fait le choix d'être ainsi. »
« Merci, je crois. » murmura lentement Hermione.
Mercredi hocha la tête d'un air régalien et retourna à son essai.
Cette conversation avait effrayé Rogue en bien plus de points qu'il ne voulait l'admettre, même à lui-même.
Qu'une personne si jeune puisse comprendre que l'agonie et l'extase étaient aussi interdépendants était ahurissant.
Aucun Gryffondor ne pourrait jamais vraiment comprendre ce qu'il y avait de douloureux outre la douleur elle-meme et ce qu'il y avait de glorieux dans le Sortilège Doloris. C'était au-delà de leur esprits étroits. C'était quelque chose qu'il avait seulement commencé à appréhender une fois adulte, et le fait qu'une jeune fille de onze ans puisse le comprendre aussi parfaitement, l'effrayait purement et simplement.
Ils étaient les parfaits Serpentards parce qu'ils comprenaient la douleur, ils comprenaient le plaisir, et ils savaient comment obtenir ce qu'ils voulaient.
Et les parfaits Serpentards rendaient complètement ridicule sa peur de Voldemort, parce qu'elle n'était rien en comparaison de la peur qu'ils lui inspiraient.
Fin du Tome 1 : Chroniques de la Première année.
Nda: Deux chapitres en moins d' une semaine! Elle est pas belle la vie? xD. Maintenant je n'ai plus qu'a publier la suite de Naissance d'un Mage et d'Une nouvelle vie pour que vous me pardonniez mes publications tres aleatoires de ces derniers mois...n'est-ce pas? Quant a cette histoire, le tome 2 paraitra d'ici deux ou trois mois le temps de me remettre aux deux autres ( que diable, moi aussi j'ai envie de savoir ce qui va se passer dans Une nouvelle vie!). J'ai aussi creer un nouveau vote afin de connaitre votre histoire preferee parmi celles que je vous propose. Cela me permettra d'ajuster un peu mes parutions a l'avenir selon vos preferences. Donc n'oubliez pas (une fois que vous aurez laisse votre review bien sur ^^) de voter si vous desirez plus de chapitres de telle histoire plutot qu'une autre ^^.
Prochaine parution, le chapitre 9 de Naissance d'un Mage!
A bientot!
Ysfrael
