Titre : Chassez le naturel…
Auteur : Shanee
Personnages/Couple : Max/Logan, Max, Logan, Jace, Alec, Syl, Krit, Brin, Jondy, Mole, etc…
Rating : PG-13 pour quelques dialogues
Spoiler : Post 'Freak Nation'
Disclaimer : Dark Angel, ses personnages et son univers appartiennent à James Cameron, Echevarria et la FOX. Les autres sont de moi.
CHAPITRE IV :
10h 10, 17 septembre 2038, quelque part dans le Montana, dans un vieux bâtiment.
C'était une espèce de sous sol dont les ouvertures avaient été bouchées, mais il faisait si sombre qu'on avait du mal à distinguer quoi que ce soit. A même le sol, une trentaine de corps solidement ficelés avaient été déposés, éparpillés dans l'immense pièce. On pouvait entendre leurs respirations mais elles étaient si faibles et si ralenties que c'en était inquiétant. À ceci s'ajoutait un bruit suspect, comme le son du gaz s'échappant d'une bouteille, par intermittence. Au milieu de tous ces corps, Max gisait, inconsciente.
Flash-back
2020, Seattle, appartement de Logan.
C'était le fameux anniversaire de leur rencontre et Max venait d'expliquer à Logan ses périodes de chaleur et ce que ça lui avait fait faire. Logan lui avait fait la surprise de pouvoir se lever grâce à l'exo-squelette, mais il était retombé, démoralisé.
- Je suis désolé…
- Logan, tu n'as rien à te reprocher, tu ne dois pas avoir honte. Le fait que tu puisses ou non marcher n'a jamais été un problème, pas pour moi.
Ils se sourirent.
- Quel couple on fait, constata Logan.
- Pathétique.
- Désespérant.
- Mais bien assorti…
- Joyeux anniversaire.
Il l'embrassa puis ils s'embrassèrent.
- Dis, on devrait peut-être attendre que tu redeviennes toi-même, s'inquiéta Logan.
- Là, ce n'est pas Manticore, là c'est moi , le rassura Max et elle l'embrassa.
Flash-back
2022, Terminal City, appartement de Max et Logan.
La situation entre humains ordinaires et transgéniques s'étant améliorée, Max avait récupéré son boulot chez JamPony. Dans la rue, on la désignait sans cesse mais personne ne la menaçait et elle pouvait concilier ses deux emplois. Cinq heures par jour, elle livrait des paquets et, le reste du temps, elle s'occupait d'améliorer Terminal City. Mais le docteur Carr lui ayant conseillé de réduire ses efforts physiques, elle venait de décider de mettre JamPony de côté. La nouvelle que lui avait annoncé le médecin, méritait bien qu'elle fasse des efforts.
Elle s'installa dans leur petit salon et attendit Logan. Elle songeait qu'ils allaient devoir se dépêcher de reconstruire TC, parce que cet appartement était vraiment trop petit. Une chambre-bureau du Veilleur, une salle d'eau et une cuisine-salon, même si Max n'avait pas des goûts de luxe, elle trouvait que là, c'était quand même abusé. Et c'était pire pour certaines autres familles, toutes les pièces du quartier étaient occupées, il n'y avait même plus de place pour les rats et les cafards.
Logan rentra et l'embrassa.
- Alors, comment va la future maman ? s'inquiéta-t-il. Que t'a dit le docteur ?
Elle déboucha une bouteille de vin, en remplit un verre et le lui tendit.
- Bois un coup, lui conseilla-t-elle.
- Pourquoi ? Y a un problème ? Le bébé ne va pas bien, paniqua-t-il.
- Non, aucun problème de ce côté-là. Détend-toi.
- C'est toi qui ne va pas bien ?
- Non plus, rit Max.
- Ouf, tant mieux, souffla-t-il, et il bu une gorgée. Alors, il t'a dit si c'était une fille ou un garçon ?
- Assis-toi, lui conseilla Max.
- C'est une fille, une petite Max ?
- Bois un coup.
- C'est un garçon ?
- Rebois, se marra Max.
- Oui, alors ? s'enquerra-il.
- Les deux, ce sont des jumeaux.
Logan resta comme deux ronds de flans, puis lui sauta au cou, l'embrassa et fit des bonds dans la pièce. Il se précipita à la fenêtre, l'ouvrit et cria :
- Des jumeaux… Je vais être papa de jumeaux.
Max s'esclaffait de le voir dans cet état d'hyper excitation mais elle restait songeuse. Logan se calma et vint s'asseoir à côté d'elle.
- Qu'est ce qui ne va pas ?
- Je me demande comment ils seront, pour des hybrides ?
- Tu veux savoir s'ils seront intelligents comme vous et comme l'est Case, le fils de Tinga ?
- Oui.
- Qu'est ce que tu préfères ?
- Je ne suis pas sûre de vouloir qu'ils soient comme nous, j'aimerais qu'ils soient les plus normaux possibles.
- Ils seront comme ils devront être et ne t'inquiètes pas, ce sont des enfants de l'amour, et ça, c'est le plus beau bagage génétique qui soit.
Fin des flash-back
10h 30, Helena, hôtel Little Paradise, suite de Syl.
Assis dans le salon, les adolescents et Logan écoutaient attentivement Case expliquer ce qu'il savait.
- Ils se servent d'un gaz asphyxiant spécialement créés pour les félins, d'où son effet sur les séries-X et son probable danger pour nous, les hybrides.
- Mais comment se fait-il que Chris et Sunny n'aient rien eu ? s'informa Thaïs.
- Avant de diffuser le gaz, ils ont repérés leurs cibles avec un détecteur de chaleur corporelle, donc, à mon avis, ils ont échappé à leur radar.
- Quel plaie ce truc, soupira Hope. Mais, que je sache, en tant qu'hybride, on a une température médiane, non ? De toute façon, on est à l'abri ?
- Parle pour toi, moi je ne suis pas un hybride, protesta Sunny, j'ai la même température que les séries-X. Mais là, on s'écarte du sujet et puis je n'étais pas encore là au moment des disparitions.
- Ce que j'aimerai savoir, dit Logan, c'est qui est derrière tout ça et quel est son but ?
- Je n'en suis pas sûr mais c'est probablement le sénateur Moon ou le gouverneur Harris. En tout cas, c'est pour éviter la présence des nôtres au congrès et faire accepter cette proposition de loi aberrante.
- Mais que vont-ils faire de nos parents ? s'inquiéta Maïa.
- Je ne crois pas que leur but soit de les tuer, juste de les neutraliser quelque temps.
- C'est déjà ça, souffla Thaïs. Et maintenant que fait-on ?
10h 45, quelque part dans le Montana, aux abords du vieux bâtiment.
Quelqu'un regardait, à travers des jumelles, les gardes en noirs patrouillant. Ces individus étaient détendus et peu attentifs. Les jumelles se baissèrent.
A l'intérieur du bâtiment, dans la cave, le bruit du gaz s'était arrêté. Un des hommes, armé d'un M16, passait au milieu des corps, afin de vérifier leur stade d'inconscience. Au sol, il y avait une dizaine de X6, des X7 et quelques X8. Le garde bouscula un corps, celui de Brin. Elle respirait faiblement.
Flash-back
2020, Manticore, soir de l'incendie.
Brin, venant de rentrer de mission, était allongée dans sa cellule. Elle réfléchissait, quand une série d'explosion retentit. L'alarme incendie se déclencha. Il y avait le feu quelque part. Elle se leva et chercha à sortir, en vain. Elle entendait ses camarades essayant de défoncer les portes et criant au secours. Heureusement, les portes se déverrouillèrent et tous purent sortir.
Brin se dirigea vers le bâtiment central, vers le bureau de Renfro. Il était vide. Elle s'apprêtait à partir quand elle croisa Max, courant dans un couloir.
- Brin, fuis ! lui cria-t-elle.
- Qu'as-tu encore fait ? s'énerva Brin.
- Renfro a voulu faire un barbecue géant, et nous devions être les brochettes. Allez file, je te dis.
Brin hésitait. Dehors les TAC tiraient. Elle vit une X8 tomber. Brin couru ramasser la fillette et, la portant, rejoignit la forêt. Très rapidement, elle l'avait emmené à l'orée du bois, la balle n'ayant fait qu'effleurer la jambe de l'enfant. Là, Brin retrouva un groupe disparate de séries-X, qui ne savait où aller, ni quoi faire.
- Qu'attendez vous ? leur demanda-t-elle.
Tous se rangèrent au garde à vous ; il y avait trois X6, deux X7 et un autre X8.
- X6-263 au rapport, Sergent ! dit l'un d'eux.
- Repos soldats ! Nous devons partir !
- Mais sergent, pour aller où ? demanda l'un des X7
- Et pourquoi ? demanda un autre X6.
- Ordre 10-06. Notre commandement a décidé notre exécution ; nous devons fuir et vite.
- Mais... protesta X6-263.
- Pas de discussion ! Nous filons au Canada !
Brin avait pris son parti. Elle avait peut-être été reconditionnée en fidèle soldat, elle n'avait pas envie d'être descendue. Il n'y avait aucune raison qu'elle attende gentiment qu'on l'abatte.
Flash-back
2026, Floride, base militaire de Tampa.
Dans la caserne, une jeep s'arrêta devant une petite maison. Brin en descendit.
- Bonne soirée Capitaine, lui dit son chauffeur.
- Merci soldat, vous de même.
Elle rentra dans la maison. Un jeune fille d'approximativement seize ans gardait un petit bout de chou.
- Bonjour, dit Brin. Tout s'est bien passé ?
- Bonjour Capitaine, répondit la jeune fille, oui, Lake a été adorable.
L'enfant, qui jouait avec un puzzle, se retourna et couru vers Brin.
- Maman, regarde ce que j'ai appris aujourd'hui. Vas-y Liv.
La jeune fille lança un coup de pied retourné au garçonnet mais celui-ci le bloqua et fit tomber sa baby-sitter.
- Bien, constata Brin, mais Liv, dois-je te rappeler que tu es une X7 et que de ce fait, tu es censée agir comme tel.
- Mais il n'a que trois ans, protesta-t-elle.
- Et alors, dit sèchement Brin.
Lake était triste et, dès que Brin disparut dans son bureau, Liv prit l'enfant dans ses bras pour le câliner.
Fin du flash-back
Dans la cave, le garde continuait son inspection. Il s'arrêta auprès de Zane dont la respiration saccadée l'étonnait.
Flash-back
2021, Canada, forêt près de Vancouver.
Zane conduisait sur une petite route ; la radio diffusait de vieilles chansons et il les chantait à tue-tête. À une centaine de mètres devant lui, une voiture était arrêtée sur le bas côté. Zane se gara à proximité et descendit, muni de sa boîte à outil. Une jeune femme d'une vingtaine d'années donnait des coups de pied dans ses pneus d'exaspération et de colère.
Probablement blonds à l'origine, ses cheveux étaient maculés de violet et de turquoise. Elle avaient des yeux bleus, extrêmement bariolés de khôl et portait des vêtements de type touareg, amples et bigarrés. Elle avait l'air furieuse et ne cessait de jouer avec son portable qui manqua plus d'une fois d'atterrir violemment à terre et d'être piétiné. Zane la trouvait marrante.
- Que s'est-il passé ?
- Cette poubelle refuse d'avancer, maugréa-t-elle. Elle s'est mise à tousser et à fumer, puis, pfff, plus rien, elle a stoppé.
- Ok, je vais voir...
Zane s'était plongé dans le moteur et, en même temps, discutait avec la jeune femme. Comme il faisait très chaud et que le soleil tapait fort, il s'était mis torse nu, comptant sur ses cheveux pour lui masquer la nuque. La jeune femme l'avait ensuite détaillé attentivement, faisant presque une fixation sur ses abdos.
- Vous savez, vous pourriez vous faire engager aux studios, lui dit-elle.
- Comme quoi ? Mécano ?
- Je pensais plutôt comme acteur ou doublure corps.
- Non merci, je préfère l'ombre aux projecteurs.
- Comme vous voulez, mais c'est dommage, avec un corps comme ça...
Elle le regardait avec gourmandise. Cette fille l'intriguait, elle avait un franc-parler inhabituel, un petit quelque chose qui lui rappelait quelqu'un, mais qui ?...
Zane avait presque terminé de réparer la panne quand un convoi de l'armée passa à toute allure à côté d'eux. Instinctivement, il s'était raidi et avait détourné son visage. La jeune femme avait eu une attitude similaire, ce qui ne lui avait pas échappé. Ayant terminé sa réparation, Zane entrepris de remettre sa chemise. Il était mal à l'aise, quelque chose le titillait mais il ne savait pas quoi. Il tournait le dos à la jeune femme et arrangea son col, sans se soucier de sa nuque. Lorsqu'il se retourna, la fille le fixait étrangement, quelque peu stupéfaite, mais avec un curieux sourire se dessinant sur ses lèvres.
- Zane, murmura-t-elle.
- On se connaît ? demanda-t-il, méfiant.
- Abruti, dit-elle en riant et en lui sautant au cou. C'est moi, Jondy ...
Ahuri, Zane la serra dans ses bras.
Fin du flash-back
S'étant assuré que la respiration de Zane était régulière, le garde continua sa ronde.
11h 30, Montana, Butte.
À l'entrée de la ville, Lake interrogeait des passants. Son enquête l'avait mené sur la route le conduisant ici, mais là, il piétinait, plus aucune trace de ses fameux camions, ni des disparus. Il commençait sérieusement à se démoraliser, quand il reçut un coup de téléphone de McEnroy, lui apprenant qu'un groupe d'adolescents enquêtait à l'hôtel sur des disparitions similaires.
Lake décida d'interroger encore quelques personnes, et s'il ne trouvait toujours rien, de rentrer voir ces jeunes. Peut-être qu'eux en sauraient plus.
Midi, Helena, hôtel Little Paradise, étage de la suite de Syl.
Dans le couloir, le groupe d'adolescents et Logan sortaient de la suite, transformée en QG. Arrivant des ascenseurs, une jeune fille blonde, d'environ seize ans, à la peau mate, se dirigeait dans leur direction, accompagnée d'un groom. Avant de faire demi-tour, celui-ci lui désigna Logan. La jeune fille se précipita sur lui, furieuse.
- Qu'avez-vous donné à ma mère ?
- Pardon ? demanda Logan, abasourdi.
- Je veux savoir ce que vous avez fait prendre à ma mère ?
- Excusez-moi mais je ne vois pas de quoi vous voulez parler.
Ses yeux marrons ayant viré au noir, la fille empoigna Logan par le col et le plaqua contre le mur.
- Ne me prenez pas pour une imbécile ! cria-t-elle.
Immédiatement, Thaïs lui saisit le bras, la forcer à lâcher Logan et lui bloqua le poignet dans le dos.
- Toi, tu ne touches pas à mon père !
Mais la fille profita du mur pour y poser ses pieds et, en faisant une sorte de salto arrière, passa au-dessus de Thaïs, se retrouva dans son dos et la fit rouler à terre. Thaïs prit appui sur le sol et, tel un félin, bondit en l'air de manière à se dégager. Sans être essoufflées ni l'une, ni l'autre, les deux filles se mirent en position de combat, prêtes à s'affronter de nouveau.
Les autres étaient légèrement surpris, mais MJ et Sunny réagirent de concert et plaquèrent la blonde au sol.
- Hé ! protesta-t-elle. Lâchez-moi tout de suite !
- C'est vrai, c'est loin d'être loyal ça, renchérit Matthew, impressionné par la performance de l'inconnue.
- Bon, les deux impulsives, vous vous calmez ! râla Case. Ce n'est pas le lieu pour ce genre de démonstration, je rappelle à tout hasard qu'il y a des caméras partout.
- Qui êtes-vous et qu'avez-vous donné à ma mère ? continua la blonde.
- Oh, mais c'est une idée fixe chez toi... marmonna Thaïs. Les garçons, lâchez-là. Case a raison, on ne doit pas s'afficher.
MJ et Sunny la relâchèrent mais tous restaient sur leurs gardes.
- Qui est ta mère ? demanda Logan.
- Kate Curtis, dit la blonde, méfiante.
À ces mots, les autres se détendirent, soulagés.
- Je préfère ça, au moins tu n'es pas une Familière, souffla Matthew.
- Est-ce que quelqu'un aurait la bonne idée de répondre à mes questions et de m'expliquer ce qu'il se passe ici, râla la fille de Krit et de Kate.
- Viens ! lui dit Matthew. Suis-nous !
Ils retournèrent dans la suite.
12h15, quelque part dans le Montana, dans la cave du vieux bâtiment.
Dans le sous-sol, un autre garde manqua de trébucher sur Jondy, toujours inconsciente.
Flash-back
2009, Wyoming, bois autour de Manticore.
Les hélicoptères tournoyaient et les sections de soldats patrouillaient dans la forêt. Jondy était déjà loin de Manticore, mais pourtant elle avait l'impression de ne pas s'en être éloignée et que ses poursuivants la talonnaient de près. En atteignant l'orée du bois, elle découvrit une ferme, malheureusement pour elle, habitée, mais à côté, il y avait une grange, qui pouvait lui fournir un lieu de halte idéal.
Jondy entra dans la grange et se dirigea vers la mezzanine. À l'étage, elle découvrit un de ses camarades, endormi dans la paille. À son approche, le garçon se redressa.
- Ah, c'est toi, dit-il, soulagé.
- Oui, repose-toi, Zane ; je suis là.
Zane se rendormit et Jondy ramassa une vieille couverture pour l'en couvrir. Elle prit place près de la fenêtre et fit le guet.
Flash-back
2025, Canada, Vancouver, " Chimera Garage ".
Une petit bonhomme de trois ans sous le bras, Jondy descendait l'escalier qui joignait l'appartement au garage. Zane était déjà sous une voiture et seuls ses pieds en dépassaient.
- J'y vais, dit-elle.
Elle déposa le garçon sur le capot de la voiture et Zane émergea de sa planque. Elle embrassa son fils puis son mari, qui la barbouilla de cambouis, sous les rires du garçonnet.
- Bon à plus les enfants, soyez sage !
Et elle monta en voiture.
Fin du flash-back
12h30, Montana, Helena, hôtel Little Paradise, suite de Syl.
Dans le QG, la fille de Krit observait le tableau, tandis que Matthew finissait de lui expliquer la situation.
- ... et donc Logan lui a donné un somnifère pour qu'elle se repose...
- Et qu'elle cesse de faire ses remarques primaires sur les transgéniques, persifla Thaïs.
La bonde esquissa une ébauche de sourire gêné.
- Elle a tendance à parler sans réfléchir, l'excusa-t-elle. Mais, euh... dites-moi que vous ne lui avez rien dit sur mon père, enfin qu'il était un...
- T'inquiète, la rassura Matthew, tout sourire.
- Au fait, Cleo, quand mon frère aura fini de te draguer, il faudra que tu m'expliques comment tu fais pour cacher ce que tu es à ta mère, railla Thaïs.
- Eh oh, molo Thaïs ! la reprit Case. Je crois qu'on a mieux à faire pour l'instant qu'arbitrer un conflit stérile entre deux hybrides transgéniques impulsives, auto-entrainées et dotées d'un sale caractère.
12h 45, hôtel Little Paradise, salle de conférence " F.D. Roosevelt".
Des gens se levaient de leurs sièges et sortaient de la salle pour aller déjeuner. Le sénateur Moon et le gouverneur Harris discutaient, ils semblaient de bonne humeur. Pour le moment, tout se passait à merveille, il n'y avait pas de transgéniques pour hurler au scandale et les pontes ainsi que les intellectuels du pays paraissaient faciles à convaincre.
- Puis-je vous demander comment vous avez fait, mon cher ami, pour nous en débarrasser ? questionna Moon.
- Nous avons tous nos petits secrets, cher sénateur. Tout ce qui compte, c'est ce calme agréable et cette absence de contestation. Quoique je me demande encore pourquoi vous vous en êtes soucié ; quoiqu'il arrive vous pourrez toujours faire voter cette loi. Pourquoi vous embêtez-vous à ce point de l'avis de ces pseudo-intellectuels ?
- Le monde change, et je ne vous apprends rien en vous disant qu'enfin, notre beau pays remonte la pente... Et puis pourquoi se faire des ennemis alors qu'il est si facile de se les attacher ?
- Je vois, sourit Harris. Vous briguez vraiment le Bureau Ovale…
- Chut, fit Moon, confidentiel. Mais, pour en revenir à notre affaire, j'espère que nous n'aurons pas de sang sur les mains. Ça ferait tâche dans ma campagne...
- Ne vous inquiétez pas, j'ai donné des ordres précis et il n'y aura pas d'écart, je vous l'assure... Alors ? Puis-je compter sur votre soutien pour les prochaines élections ?
Derrière un rideau, Thaïs serrait les poings, se retenant d'aller assommer ces politicards qui ne voyaient que leur avenir propre là où tous les siens perdaient leur liberté si durement acquise.
Mais maintenant au moins, ils savaient qui était derrière tout ça, et si leur priorité était de secourir leurs parents, ils devaient envisager de combattre aussi sur le front politique. Seulement, peut-être que cette tâche pourrait être dévolue à Logan, le plus à même de les défendre.
13h 00, hall de l'hôtel.
Profitant d'une pause, McEnroy attendait Lake, qui rentrait, dépité d'avoir si peu de pistes.
- Alors ? demanda McEnroy.
- Chou blanc, aucun indice constructif, et toi ? Des infos sur ces jeunes dont tu m'as parlé ?
- Ils sont une dizaine de 15/ 20 ans, accompagné d'un dénommé Logan Cale, de Seattle.
- Cale ? Comme le commandant du Terminal City ?
- Exact, c'est son mari.
- Je vois et je suppose que s'il est là, sa femme devrait l'être aussi.
- Et elle a disparu... Finalement, tu as sûrement raison de t'inquiéter, il semble que quelqu'un en veuillent aux vôtres.
- Mouais... et où puis-je trouver ces jeunes ?
- Heu... Justement, cette fille qui monte l'escalator en fait partie, lui répondit McEnroy, en lui désignant Thaïs.
Lake s'éloigna derrière Thaïs et monta dans le même ascenseur qu'elle. Il la dévisagea attentivement, peut-être même avec un peu trop d'insistance. Du fait qu'elle était aussi jolie que sa mère, Thaïs attirait régulièrement l'attention et elle n'appréciait pas souvent d'être à ce point déshabillée du regard, c'est pourquoi, sans prévenir, elle gifla Lake.
- Hé ! protesta-t-il, en se tenant la joue.
- Recommencez à me mâter comme ça, et vos yeux terminent en pâté pour chiens, le prévint-t-elle.
Arrivée à l'étage de la suite de Syl, elle sortit, afin de rapporter aux autres la discussion des politiciens. Lake lui emboîta le pas. Devant la porte, elle se retourna, furieuse de sa présence.
- Vous en voulez une autre ? le menaça-t-elle, en agitant sa main.
- Non, pas vraiment.
- Alors, cessez de me suivre et dégagez.
- J'aimerais bien mais voilà, il faut que je parle à quelqu'un.
- Et oh, je suis pas psy, et si c'est une technique de drague, c'est bien la plus nulle que je connaisse.
La porte du QG s'ouvrit et Case, attiré par l'altercation, sortit.
- Un problème ?
- Non, juste un pot de colle, dit Thaïs.
- Désolé de vous décevoir, dit Lake à Thaïs, mais non, en fait, c'est vous tous que je cherche. Je crois que vous pouvez m'aider et réciproquement.
Et sous les yeux ébahis de Thaïs et Case, il entra dans la suite. D'un pas décidé, il se dirigea vers celui qu'il supposait être Logan, puisque le seul adulte du groupe.
- Logan Cale ?
- Oui ? répondit Logan.
- Lake West, je suis le fils de Brin, une des sœurs de votre femme.
- Ah... et je suppose que si vous êtes là, c'est pour retrouver votre mère, déduit Logan.
Les autres observaient le nouvel arrivant, sceptiques et méfiants. Tous ayant été élevés loin de la rigueur militaire, ils ne savaient comment réagir face à un des leurs, déjà engagé dans l'armée à leur âge et acceptant de se comporter comme ce que leurs parents avaient refusé. Toutefois les informations que Lake leur apportait, valaient bien qu'ils fassent des efforts.
Par lui, ils apprirent qu'il y avait une trentaine de séries-X à avoir disparu ce soir-là, et qu'un même nombre d'individus avaient agis de concert. Malheureusement, Lake non plus ne savait où les trouver.
13h 15, quelque part dans le Montana, dans la cave du vieux bâtiment.
Dans le sous-sol, Jace remuait légèrement. Elle ouvrit les yeux, quelque peu effrayée de se trouver dans cet endroit. Elle avait un mal de tête insupportable, et elle se rendit compte qu'elle saignait du nez. Ces mains n'étant pas attachées, elle réussi à s'asseoir et observa son entourage. Elle ne reconnaissait personne mais elle vit très clairement quelques nuques avec code-barres. Inquiète, elle tenta de se mettre debout mais elle vacilla ; ses jambes étaient comme du coton et sa vue se troublait. De plus, elle avait l'impression que toutes les cloches du Vatican résonnaient dans sa tête. Le plus rapidement possible, elle se dirigea vers le mur, et s'y retenant, fit le tour de la cave. Arrivée à proximité de la porte, elle entendit du bruit et décida de se laisser glisser au sol afin de faire la morte.
Un garde entra et passa à côté d'elle sans s'arrêter. Il faisait sa ronde. Un autre arriva.
- Sennet ! Pietri te demande à l'étage, tu devrais aller voir ce qu'il te veut. Je surveille.
- Pour ce qu'il y a à surveiller, marmonna le dénommé Sennet. Enfin… Au fait merci pour ton téléphone, ma femme s'inquiétait que je ne la rappelle pas.
Il lui tendit un cellulaire et sortit ; l'autre s'assit dans un coin et commença à jouer sur son portable.
De son côté, Jace réfléchissait. Elle n'était pas en état de prendre la place de cet homme mais elle pouvait toujours lui subtiliser son téléphone. Il fallait à tout prix qu'elle prévienne quelqu'un, afin qu'on vienne les sortir de là. Elle ignorait ce qui agissait sur leur métabolisme mais ce n'était probablement pas sans danger, il valait mieux que ça cesse et vite. Elle devait trouver un moyen de se repérer, afin d'être en mesure d'indiquer l'endroit où ils se trouvaient. Elle écouta donc attentivement les bruits ambiants. Le pépiement d'oiseaux était important, ce qui lui apprit que l'endroit de leur captivité était proche de la nature, elle n'entendait aucun son relatif à la civilisation, juste les voix d'hommes, patrouillant probablement à l'extérieur, et le vacarme d'un groupe électrogène. Un bruit plus confus lui parvenait régulièrement, celui d'une rivière ou d'un court d'eau ; il était calme et la berçait agréablement.
Soudain, elle entendit un crissement de pneu, et il y eu un fracas assourdissant, comme le bruit de la tôle froissée, de deux voitures s'heurtant, à ceci se rajouta le beuglement tonitruant de bovins effrayés. Le premier véhicule n'avait pas dû voir le second, qui probablement manœuvrait. Une portière claqua.
- Non mais ça ne va pas ! hurla une voix aux intonations rurales. Vous ne pouvez pas avertir que vous stationnez dans un virage ?
- Et oh, ça va, oui ? râla quelqu'un d'autre. Vous avez vu à la vitesse à laquelle vous déboulez. C'est de votre faute !
- Mais non ! Vous n'avez pas à encombrer la voie, cette coopérative est abandonnée depuis des années, et vous, vous vous arrêtez en plein milieu. Comment je vais faire avec mes vaches maintenant, hein ?
- Nous allons vous dédommager, Monsieur, dit une voix plus assurée et autoritaire, et mes employés vont réparer votre véhicule. Armstrong, Bagger, Vaslov, Duvallier, Krueger, réparez moi ça tout de suite. Quant à vous monsieur, nous sommes désolé de cet incident et j'espère que ceci vous indemnisera.
- Oh, c'est trop, beaucoup trop, merci.
Le garde de la cave, qui s'était levé afin de suivre l'incident, avait légèrement dégagé une ouverture, et Jace put voir, par la trouée, un bout de l'extérieur. Malheureusement ce qu'elle voyait était un camion de transport de vaches, à moitié encastré dans un vieil Hummer beige, et en arrière plan, des montagnes. L'homme sortit et Jace pesta contre elle-même ; elle ne lui avait pas dérobé son portable. Cependant, la chance était avec elle car l'individu l'avait bêtement oublié, et se hissant sur ses bras, elle rampa jusqu'au téléphone. Elle s'en saisit à bout de force, ce mince effort l'ayant épuisée. Elle s'allongea et observa le cellulaire. Heureusement, il captait du réseau, et Jace réfléchissait à toute vitesse à la personne à contacter, la plus à même de l'aider. Un nom lui vint immédiatement à l'esprit, Max.
Au même moment, à Seattle, Terminal City, maison de Logan et Max.
Gem, furieuse, pestait dans le salon. Les gamins n'étaient pas rentrés d'une de leurs virées nocturnes, et comble de tout, ils avaient osé emprunter la Ninja de Max. Gem savait très bien que Max n'autorisait personne à toucher à son bébé, et ces sales gosses avaient profité de son absence pour s'en servir. Puis elle rit, cette situation l'amusait ; elle adorait les jumeaux, et sa fille était tout pour elle, mais elle ne pouvait s'empêcher de sourire à l'idée de la punition que Max leur réserverait.
Alec descendit de l'étage et s'arrêta devant la table du salon. Il ramassa une feuille et se dirigea vers Gem.
- Je sais où ils sont allés, dit-il.
- Où ?
- Il semblerait que Max ait des ennuis. En tout cas, les jumeaux, Hope et les enfants de Jace sont allés rejoindre Logan dans le Montana.
- Tu penses qu'ils ont besoin d'aide ?
À ce moment, le téléphone sonna et ils se regardèrent, hésitant à décrocher. Le répondeur se mit en marche et, après le bip, ils entendirent : " Max, Max, je t'en prie décroche, disait une voix épuisée. C'est Jace, quelqu'un nous retient prisonniers… "
D'un même bon, Alec et Gem décrochèrent.
- Oui ? Jace ? Que se passe-t-il ?
- Alec ? Gem ? Où est Max ?
- Dis-nous où tu es ? Et avec qui ?
- Heu… je ne sais pas qui ils sont mais ce sont des nôtres. Nous sommes une vingtaine je crois. Ils nous ont drogués. On est dans un vieux bâtiment, une coopérative abandonnée, il y a une route jamais empruntée, on est dans le virage, à côté de la forêt, près des montagnes et il y a un cours d'eau à proximité. Sortez nous de là, on ne va pas tenir longtemps. Les autres sont tous inconscients mais…
- On arrive. Jace ?… Jace ?… Réponds !
Un bruit sourd leur parvint, et ils se regardèrent, inquiets.
- Allons-y, déclara Alec.
- Où ça ?
- On rejoint Logan. Je prends ma moto, tu monteras derrière moi.
Au même moment, quelque part dans le Montana, dans la cave du vieux bâtiment.
Dans le sous-sol, le téléphone gisant à côté d'elle, Jace était évanouie.
Flash-back
2019, Seattle, South Market.
Max venait d'accompagner Jace à son bus et lui avait donné les papiers relatifs à sa nouvelle identité.
- Fais en sorte que la vie de ton enfant soit réussie, lui dit Max.
- Si jamais on pouvait donner des nouvelles à Victor…
- Je me charge de contacter le père. Si Lydecker découvre qui c'est, il risque de sérieux ennuis… Il faut rester très prudentes.
- C'est bizarre, j'ai l'impression d'avoir fait un cauchemar.
- Je sais… C'est pour ça que je ne dors jamais… Fais moi savoir si c'est une fille ou un garçon.
- Fille ou garçon, son nom sera Max.
Jace monta dans le bus direction le Mexique.
Flash-back
2024, Seattle, Terminal City, Maison de Max et Logan.
Devant la maison de Max, Jace, enceinte de huit mois, tenait la main d'un petit garçon et tirait une valise. Elle observait la récente maison, dans cette partie totalement neuve de la ville interdite. Elle n'osait pas avancer et restait comme statufiée. L'enfant lui tira la main.
- Mama, como estas ? Papa esta aqui ?
- Max, s'il te plait. Essaye de ne pas parler Espagnol, lui répondit Jace, en s'essuyant les yeux.
- D'accord Mama. On y va ?
- Oui, mon poussin. On va y aller.
Jace s'agenouilla à côté de son fils et lui ajusta ses vêtements. Ses yeux étaient emplis de larmes et le petit Max les essuya avec sa menotte.
- Ne pleures pas Mama. Tout ira bien, et quand le bébé sera là, on retrouvera Papa.
Jace prit son fils dans ses bras et le serra fort. À ce moment, Max sortit de la maison et la regarda stupéfaite.
- Jace ? Qu'est ce que… ?
Max se précipita vers elle et la serra dans ses bras, puis se tourna vers l'enfant qui la regardait avec ses grands yeux noirs, peu intimidé.
- Bonjour toi, tu dois être Max, lui dit-elle.
- Oui, et vous ?
- Moi ? Je suis ta tante Maxie, lui répondit-elle en lui faisant un clin d'œil.
Max les entraîna à l'intérieur.
Quelques moments plus tard, dans le salon, les jumeaux jouaient avec le garçon, assis sur le tapis. Max servait un verre à Jace qui restait prostrée sur le canapé. Fire, la baby-sitter vint chercher les enfants et les emmena jouer à l'étage. Max s'assit à côté de sa sœur.
- Alors ? Qu'y a t-il de si grave ?
- C'est … Victor… Ils l'ont tué…
- Quoi ?…Comment ça ? Pourquoi ?
- Tu sais que nous cherchons à démanteler les cartels, et l'un d'entre eux, pour m'empêcher de continuer mon enquête, cherchait à m'effrayer. Et quand je suis rentrée avant-hier, Victor gisait dans la cuisine.
- Et ton fils ?
- Heureusement, il était à l'école… je ne lui ai rien dit…mais je n'en peux plus, je ne sais plus quoi faire… et pour le bébé… dit Jace, avant de s'effondrer dans les bras de Max, en pleurs.
- Tu vas rester là, on va s'occuper de vous… Lala, pleure, je suis là…
Max la serrait dans ses bras, et la berçait.
Flash-back
6 mois plus tard, dans le jardin de Max et Logan.
Allongées sur des transats, Max, Gem, Jace et Original Cindy surveillaient la marmaille jouant à l'ombre du parasol avec Fire. À côté, la petite Maïa dormait dans son couffin.
- Ca ne va pas vous gêner, tu es sûre ? demandait Jace.
- Mais oui, comme ça tu seras plus tranquille pour rebâtir ta vie, répondit Max. Et puis, dès que tout ira mieux, tu les reprendras.
- Merci, c'est vraiment un soulagement de les savoir en sécurité avec toi.
- De rien, je rendrai juste cette pauvre Fire complètement folle.
- Ne vous inquiétez pas pour ça, je l'aiderai, ajouta OC, sourire aux lèvres.
Les autres éclatèrent de rire. Et Original Cindy, pour prouver sa bonne foi, alla filer un coup de main à l'X6.
- Notre chère Original Cindy semble avoir trouvé sa proie, rit Gem.
Logan sortit dans le jardin. Les jumeaux se précipitèrent dans ses bras, suivi de près par Max Junior et Hope, et Logan les fit tourner dans les airs, chacun leur tour.
Les femmes regardaient le tableau, attendries.
- Et puis comme ça, MJ aura une figure paternelle auprès de lui, dit Jace, les yeux brillants.
Flash-back
2026, Mexique, Mexico, à la terrasse d'un café.
Jace et Juan discutaient autour d'un verre. Autour d'eux, les habitués les saluaient. Juan essayait de convaincre Jace de ses sentiments, et de sa volonté d'engagement.
- Je ne peux pas refaire la même erreur. Je ne veux pas qu'il t'arrive la même chose qu'à Victor, protesta-t-elle.
- Ca n'arrivera pas, Jace, je ne suis pas une cible aussi facile. Je suis inspecteur, je te rappelle et je sais me défendre. Je t'en prie, accepte.
- Je ne peux pas, et mes enfants qu'en fais-tu ?
- Ce seront les miens, ils vivront avec nous et à deux, on sera plus fort pour les protéger. Je sais bien que je n'ai pas tes capacités mais tu verras, tout se passera bien.
- J'aimerais vraiment mais…
Juan l'empêcha d'aller plus loin en l'embrassant.
Fin des flash-back
14h, Montana, Helena, hôtel Little Paradise, suite de Syl.
Dans le QG, toujours à la recherche d'indices, les postes avaient été réattribués. Logan, Sunny et Maïa se chargeaient de la partie informatique et, piratant divers satellites et sites, recherchaient un lieu d'emprisonnement possible. Hope rassemblait toutes les armes à leur disposition, tandis que Lake récupérait, sans aucun scrupule, le matériel de son unité. Cleo, Matthew, MJ, Thaïs et Case s'entraînaient. Mandy et Chris, quant à eux, patrouillaient dans l'hôtel.
Au bout d'un moment, le groupe qui combattait décida de faire une pause. Thaïs et Cleo n'avaient cessé de s'affronter, mais elles devaient bien admettre qu'elles étaient aussi douée l'une que l'autre.
- C'est bien joli tout ça, dit MJ. Mais il est temps que les autres participent. Hope, tu as fini ?
- Oui, répondit-elle.
- Alors attaque moi !
De leur côté, Sunny et Maïa stoppèrent leur recherche afin de s'exercer eux aussi.
Maïa était peut-être la plus jeune, mais elle était vive et savait bien se battre. Sunny, pourtant bien entraîné, n'avait pas souvent le dessus.
- De toute façon, Maïa, tu n'as pas besoin de t'exercer, dit MJ. Si on doit combattre, tu resteras ici.
- Pardon ? s'exclama Maïa. Tu l'as vu jouer où, ça ? Tu crois que je vais attendre les bras croisés que vous les libériez ? Tu m'as rêvée !
- Je suis désolé, mais tu n'iras pas. C'est trop dangereux et je dois te protéger.
- C'est ça. Compte là-dessus et bois de l'eau fraîche.
Case entreprit de changer la conversation afin d'éviter ce sujet de discorde.
- Thaïs, pourrais-tu aller chercher Chris et Mandy.
- Pas de problème, répondit l'intéressée.
Et elle partit
Elle les chercha dans tout l'hôtel, et commençait à désespérer de les trouver, quand parcourant le parc, elle entendit un bruit suspect qui lui fit lever la tête. Et là, elle vit cinq personnes combattant sur le toit. Elle traversa le hall telle une fusée, sans se soucier des autres clients, ébahis ; grimpa les huit étages quatre à quatre (l'ascenseur étant bien trop long à ses yeux) et parvint sur le toit, le tout en moins d'une minute. Là, elle découvrit Mandy et Chris aux prises avec trois individus, et à première vue, les transgéniques n'avaient pas le dessus.
- Que faites-vous ? demanda Thaïs.
- On se bat, ça se voit, non ? ironisa Mandy, en reprenant son souffle.
